HISTOIPiE GÉNÉRALE DE PARIS
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LES
ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES
DE PARIS
ÉGLISES, MONASTÈRES, COLLÈGES, ETC.
1>AR
ALFRED FRANKLî^
D E L A K I B L 10 T II È Q II E M A Z A li I N E
TOME DEUXIÈME
PARIS
IMPRIMERIE IMPÉRIALE
M DCr,C LXX
HISTOIRE GÉNÉRALE DE PARIS
COLLECTION DE DOCUMENTS
FONDÉE
AVEC L'APPROBATION DE L'EMPEREUR
PAR M. LE liARON HAUSSMANN, SENATEUR
PRÉFET DE LA SEL\E
ET PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DU CONSEIL MUNICIPAL
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES
DES
ÉGLISES, MONASTÈRES, COLLÈGES, ETC.
HISTOIHK GÉNÉRALE DE PARIS
LES
ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES
DE PARIS
ÉGLISES, MONASTÈRES, COLLÈGES, ETC.
PAR
ALFUED FRANKLIN
DE LA BIBLIOTHÈQUE M A Z A B I ÎV E
TOME DEUXIÈME
PARIS
IMPRIMERIE IMPÉRIALE
M DCCC LXX
lIRClnw
SOMMAIRES.
Digitized by the Internet Archive
in 2013
http://archive.org/details/lesanciennesbibl02fran
SOMMAIHKS.
CARMES DE LA l'LACE iMAUHEirr. — Ori^ri,,,. ,|,. l'ordie: son inslallation à Paris.
— Commencements de la bibliolhèf|ue; lej^s de Michel du Bec. — Bienfaiteurs divers :
Mathieu de Paris, Nicohis de Saint-Marcel, Jean Goulen, Jean de Vernon. — Laurent
Bureau. — La famille Corrozet. — Collection du baron de Boves. — Décadence de la
bibliothèque. — Jean Cuiville. — Jean Trucbet. — Beproches adressés aux (iarmes.
— Etat de la bibliothèque au moment de la Bévolution. — Estampilles et inscriptions
manuscrites sur les volumes qui en^'proviennent i
FACULTÉ DE MÉDECINE. — Enseignement de la médecine à Paris au moyen âge. —
Etablissement de l'école dans la rue delaBûcherio. — Commencements delà bibliothèque.
— Inventaire dressé lors de l'élection de cha(jue doyen. — Liste des volumes qui com-
posaient la bibliothèque en i3()5. — Règlement de la bil)liothè(pie, — Livres donnés
en garantie de sommes prêtées à la Faculté. -- Legs inqjortant fait à la bibliothèque
par le doyen Jacques Despars. — Prêt d'un ouvrage à Louis XL — Livres jjrovenant
de donations et d'acquisitions. — Vols commis à la bibliothèijue. — Agrandissement
des bâtiments de la Faculté. — Etat actuel des anciens bâtiments dans la rue de l'Hôlel-
Colbert. — Offre de Bonnet-Bourdelot à la Faculté. — Picoté de Belestre, fondaleui-
de la bibliothèque actuelle. — Don fait à la bibliothèque par la veuve d'Amclot de
Beaulieu, et augmenté par des legs de Philippe Hecquet et de H. -T. Baron. — Rédac-
tion d'un catalogue. — Ouverture de la bibliothè(|ue au public. — La Faculté fait
rechercher les ouvrages qui composaient l'ancienne bibliothèque; énuméralion de ces
ouvrages. — Dispositions des statuts relatives à la bibliothèque. — Nomination de
(ilaude Bourru connue bibliothécaire. — Installation de la Faculté dans les bâtiments
de la rue Saint-Jean-de-Bcauvais, puis dans le local qu'elle occupe aujourd'hui. — Liste
des bibliothécaires, de lyM) à la Bévolution. — Commentaires de la Faculté. —
Thèses de diverses catégories soutenues devant la Faculté. — Comptes des recettes et
des dépenses. — Manuscrit de Pajon. — Manuscrit de Bertrand. — Synopsis anonyme.
— Insignes et estampilles de la Faculté. — Préface du catalogue dressé par Claude
Bourru i o
COLLÈGE DE TOUBS. — Sa fondation. — Sa bibliothèque 67
nn LES ANCIENNES BIBLIOTIIEQUES DE PAHIS.
(iOLLKGK D'AUTUN. — Son origine. — Pierre Berlrancl. — Dispositions relatives à la
l)il)lio(liè(iue (le l'établissement. — Legs de Pierre du Colondiior et du président Ou-
(lard (le Moulins. — Liste des ouvrages dont se composait la bibliothèque en lAGs. —
Quittances constatant des acquisitions de livres faites par la bibliothèque. — Anéan-
tissement presque complet de la bibliothèque par suite de vols: |)ièce de vers latins
écrite à ce sujet par Pierre de Montchal fi<)
COLLÉGIi DE CHANAC OU DE SAINT-MICHEL. — Sa fondation. — Origine de sa
bibliothèque. — Inscription placée sur les livres H y
(;KLESTI\S. — Introduction de leur ordre en France. — Charles V fondateur de leur
église à Paris. — Don de livres précieux par Louis d'Orléans. — Libéralités de Phi-
lippe de Maizières. — Autres bienfaiteurs. — Règlement de la bibliothèque. — Nou-
veaux dons. — La bibliothèque s'enrichit de la confiscation des livres hétérodoxes. —
Testament de Charles de Hénaul en faveur de la bibliolhècpie. — Ouvrages rares que
renfermait cette collection. — Son catalogue. — Estampilles et inscriptions manuscrites
sur les livres. — Vente de la majeure partie de la bibliothèque 8()
(iOLLEtiE DE JUSTICE. — Son origine. — Disposition des statuts relative à la biblio-
lliè(pi('. — Libéralités du pn^sident Lizet, — Énumération des principaux ouvrages
compris dans l'inventaire de la bibliothèque loi
(COLLEGE DE BOISSY. — Son orignne. — Condition de sa fondation. — Gervais Le-
noir, son principal. — Sa bibliothèque io5
niBLIOTHÈQUE DU ROI. — Pépin le Bref et Charlemagne. — Bibliothèques d'Aix-la-
Cliapelle, du monastère de Saint-Gall et de l'île Barbe. — Louis le Débonnaire et
(iharles le Chauve. — Bible de ce dernier prince. — Louis IX et ses premiers suc-
cesseurs. — Jean II, protecteur des lettres; ses livres. — Agrandissement de celle
collection sous Charles V. — Traductions exécutées par l'ordre de ce prince. — Ins-
lallalion de la bibliothèque au château du Louvre. — Gilles Malet, bibliothécaire.
— Eloge (pie Christine de Pisan fait de la bibliothèque. — Inventaire dressé par
(iilles Malet. — Uécolement de cet inventaire après la mort de Charles V. — La
l)djliolhè(|ue s'enrichit de livres appartenant aux Juifs. — Antoine des Essarts succède à
Gilles Malet comme bibliothécaire. — Garnier de Saint-Yon et Jean Maulin. — La
ivliiirc sous Charles V. — Le duc de Bedford s'empare de la bibliothècjue. — Rétablis-
sement de cette collection par Louis XI. — Charles VIII. — Charles d'Orléans et le
comte d'Angoulème. — Translation de la bibliothèque à Blois. — Acquisition de la
collection de Louis de Bruges. — Essor que prend la bibliothèque sous le règne de
François P'. — Adam Laigre. — Guillaïune Budé. — Manuscrits grecs recherchés en
Orient. — Obstacles que rencontre Pierre Gilles dans cette mission. l>ierre Duchâtel.
— Translation .h' la bibliothèque ù Fontainebleau. — Lefèvre d'Étaples, Jean de La
Banv cl Melliii de Saiut-Gelais. — Inventaire rédigé à l'occasion du transport de la
SOMMAIRES. IX
bibliothèque. — Majjnificence de la nouvelle collection. — Modifications apportées à la
reliure au temps de François \" et de Henri II; blasons sur les plats. — Pierre de Mon-
doré et Gosselin. — La reliure sous François II. — Translation de la bibliothèque à
Paris sous Charles IX. — Jacques Arnyol, maître de la librairie. — La reliure sous
Charles IX et Henri III. — Dangers que court la bibliothèque {)endant la Ligue. — Guil-
laume Rose, Pigenat, le président de Neuilly, le président Brisson, Jacques- Auguste de
Xhou. — Translation dans la rue Saint-Jacques. — Manuscrits de Catherine de Mé-
(licis. — Nouvelle translation. — Ornements des livres sous Henri IV. — Casaubon.
— Projet de Louis XIII. — Abel de Sainte-Marthe. — Manuscrits de Philippe Hurault.
— La bibliothèque est transférée dans la rue de la Har[)e. — Jérôme Bignon. — Cata-
logue sous Louis XHl. — Mouvement dans le personnel au commencement du règne
de Louis XIV. — Bibliothèque de Bélhune offerte au roi. — Carcavi. — Translation dans
la rue Vivienne. — Cabinet des médailles. — Cabinet des estampes. — La bibliothèque
sous Colbert. — Acquisitions importantes. — Piecherche de documents en France et à
l'étranger en vue de la bibliothèque. — La reliure sous Colbert. — La reliure pendant
la régence d'Anne d'Autriche. — Estampille des livres. — Acquisition de manuscrits.
— L'abbé de Louvois. — Nouvelles acquisitions. — Nicolas Clément; catalogues de 1688.
— Manuscrits dérobés par J. Aymont. — L'abbé Bignon. — Manuscrits de Baluze. —
Installation de la bibliothèque à l'hôtel de Nevers. — Manuscrits du président de Mesme.
— Médaille frappée en l'honneur de Louis XV. — Collection de Colbert. — Armand-
Jérôme Bignon. — Ouverture de la bibliothèque au public. — Collections du maréchal
d'Uxelles et du médecin Falconet. — Ouvrages provenant des bibliothèques des Jésuites.
— Changement dans l'organisation de la bibliothèque à l'époque de la Révolution. —
Liste du personnel depuis le règne de Charles V. — Notice contenant un résumé de
l'histoire de la bibliothèque lo-j
COLLEGE DE LA MARCHE. — Sa fondation. — Legs de Beuvin de Winville en faveur
de cet établissement. — Inventaire de ses biens. — - Legs de Nicolas Warin. — Marque
d'un des volumes de la bibliothèque 9 1 g
COLLEGE DE MAÎTRE GERVAIS. — Son origine. — Charles V le protège et lui
donne des livres. — Bulle d'Urbain V en faveur de l'établissement. — Donation de
Robert de la Porte. — Gosselin, principal 226
COLLÈGE DE FORTET. — Testament de Pierre Fortet. — Document relatif à la biblio-
thèque de l'établissement. — Liste des ouvrages dont elle se composait à l'origine. —
Ouvrages dont elle s'enrichit 229
COLLEGE DE SËEZ. — Grégoire Langlois; inventaire des livres laissés par lui à l'éta-
blissement. — Dispositions des statuts relatives à la bibliothèque 233
CAPUCINS DE LA RUE SAINT-HONORÉ. — Installation de l'ordre en France. —
Sa bibliothèque à Paris. — Donation de Jean Dubois. — Les PP. Athanase de Mégrigny
II. B
X LES AiNClENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
ol Hcliodore. — Richesse de la hi])liolhèque. — Inscriptions sur les volumes. —
Extrait (lu cnfalorfue ^35
COLLÈGE DE LOUIS-LE-GRAÎ\D. — Installation des Jésuites en France. — Guillaume
Duj,,.;,!. — Bibliothèque à Paris. — Legs de Varade et de Pierre de Saint-André. —
Règlement. — Expulsion des Pères et pillage de leur bibliothèque. — Rétablissement
de l'ordre et reconstitution de la bibliothèque; legs du cardinal de Joyeuse, de Cra-
moisy et de la dame Diez. — Collection de Desportes. — Portrait de Fouquet sur les
livres. — Louis XIV protège le collège. — Prospérité de l'établissement. — Achille de
Ilarlay. — I^e P. Garnier. — Description de la bibliothèque. — Bibliothécaires. —
Nouvelle expulsion de l'ordre et vente de la bibliothèque. — La bibliothèque du nou-
veau collège se confond avec celle de l'Université. — Estampilles et marques. — Etat
de la vente des livres, médailles et curiosités appartenant au collège 2/i5
COLLÈGE DES GRASSINS. — Sa fondation. — Commencement de sa bibliothèque. —
Décadence de cette collection. — Marque des livres 2(37
.MAISON PROFESSE DES JÉSUITES. — Son origine. — Le cardinal de Bourbon. —
Etablissement d'une bibliothèque dans la maison. — Daniel Huet, bienfaiteur de la
bibliothèfiue; ca: Jibis de sa collection. — Personnel de la bibliothèque. — Elle est
vendue aux enchères. — Marques des livres. — Contrat de donation entre Daniel Huet
et les Pères de la m;iison aGç)
FEUILLANTS DE LA RUE SAINT-HONORÉ. — Jean de la Barrière. — Installation
de l'ordre à Paris. — Commencement de la bibliothèque. — Augmentation de cette
('ollection. — Jacques le Bossu, de Vassan. — Catalogue. — Marques, estampilles et
ins(ri|)tions manuscrites. — Installation d'une partie des bureaux de l'Assemblée natio-
nale dans les bâtiments du couvent 981
PÉNITENTS DE PICPUS. — Leur origine. — Leur bibliothèque, due à la libéralité du
cardinal Duperron. — Dispositions du règlement relatives à la bibliothèque, — Legs
du P. J. IlélynI. — Catalogue. — Marques et inscriptions sur les livres 287
FRERES DE LA CHARITE. — Installation de l'ordre à Paris par Marie de Médicis. —
Ril)liothè(pie. — Inscriptions manuscrites et marque des livres 298
RÉCOLLETS. — Installation de l'ordre à Paris. — La bibliothèque. — Le P. Jean Da-
niascène Lebrel. — Enumération des pièces du mobilier de la bibliothèque. — Forma-
lités relatives au prêt des livres. — Principaux ouvrages de la collection. — Inscriptions
manuscrites sur les livres 097
AUGI STINS DECHAUSSES. — Leur introduction à Paris par Marguerite de Valois. —
Le P. Amet. — (Commencements de la bibliothèque. — Le P. Bonaventure. — Les
SOMMAIRES. XI
PP. Germain el Léonard de Sainle-Catherine. — Le P. Eustache de Sainte-Agnès. —
Formalités relatives au prêt des livres. — Description du local de la bibliothèque. —
Cabinet d'antiquités. — Description des médailles. — Nombre des volumes. — Faci-
lité d'accès. — Inscriptions manuscrites sur les livres 3oi
CARMES DECHAUSSES. — Leur origine et leur installation à Paris. — Leur biblio-
thèque. — Devoirs du bibliothécaire. — Catalogue. — Estampilles et inscriptions ma-
nuscrites 3 1 1
JACOBINS DE LA RUE SAINT-HONORÉ. — Leur ordre à Paris. — Commencements
de leur bibliothèque. — Legs de Bruslé de Montplainchamp, de F. de Bosquet, de
Dufour et de Louis Piques. — Description du local de la bibliothèque; curieux tableau
qu'elle renfermait, — Cabinet de médailles et d'histoire naturelle. — Bibliothécaires. —
Estampilles et inscriptions manuscrites. — Installation d'un club dans le local. 3 1 5
MINIMES DE LA PLACE ROYALE. — Établissement de l'ordre à Paris. — Formation
de la bibliothèque. — Cette collection s'enrichit des donations de quelques membres de
la communauté. — Legs de Letenneur, de Decombes, du célestin de Goussencourt, de
Jean de Launoy et de l'abbé de Montigny. — Nombre des volumes. — Mauvais état
du local à l'époque de la Révolution. — Catalogue. — Inscriptions manuscrites et
marques 3^3
ORATOIRE. — Origine de la congrégation. — De BéruUe. — Bibliothèque. — Achille
de Harlay, bienfaiteur. — Autres donateurs. — Le P. Lelong. — Le P. Desmolets. —
Le P. Adry. — Nombre des volumes. — Richesse de la bibliothèque en manuscrits
orientaux. — Catalogues. — Inscriptions manuscrites et marques 337
PETITS AUGUSTINS. — Installation de leur ordre à Paris par Marguerite de Valois. —
Anne d'Autriche. — Leur bibliothèque. — Legs de Gilbert Mauguin et de Jean Pontas.
— Catalogues. — Visite du Provincial à la maison de Paris. — Nombre des volumes.
— Raretés possédées par la bibliothèque. — Inscriptions manuscrites sur les
livres 3A5
CONGRÉGATION DE LA MERCI. — Situation du couvent. — Bibliothèque; devoirs des
bibliothécaires. — Inventaire officiel du mobilier de la bibliothèque. — Marques et
inscriptions manuscrites 35 1
CAPUCINS DE LA RUE SAINT-JACQUES. — Fondation de leur maison. — Biblio-
thèque. — Extrait de l'inventaire du mobilier 35y
BLANCS-MANTEAUX. — Etablissement de l'ordre des Serfs de la Vierge et son remplace-
ment par l'ordre des Guillelmites. — Bibliothèque des Guillelmites. — Bue des Blancs-
Manteaux. — Maxence Favre, bienfaiteur de la bibliothèque. — Remplacement des
B .
x„ LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
Guillelmites par des Bénédictins de Saint-Maur. — Augmentation de la bibliothèque. —
Résistance opposée })ar la communauté à la saisie de la bibliothèque. — Catalogues.
— Inscriptions sur les volumes ^Bg
SÉMINAIRE DE L'ORATOIRE. — Les Frères Pontifes. — Établissement du séminaire.
Bibliothèque. — Pierre Delaplanche. — Legs du P. Thomassin. — Autres bien-
faiteurs. — Inscriptions sur les volumes , 365
BÉNÉDK^TINS ANGLAIS. — Leur installation à Paris. — Formation de leur biblio-
tlj^.quc. — Catalogue. — Inventaires partiels. — Estampille et inscriptions manus-
crites
CAPUCINS DU MARAIS. — Le P. Athanase Molé. — Commencements de la biblio-
tl],\q,x,i.. — Bienfaiteurs. — Enumération des principaux ouvrages de la bibliothèque.
— Catalogues. — Inscriptions sur les volumes 378
SÉMINAIRE SAINT-FIRMIN. — Son origine. — Dispositions du règlement relatives à
la bibliothèque, — Lectures recommandées aux élèves. — Etat de la bibliothèque au
moment de la Révolution. — Ex libris et inscriptions manuscrites 877
ÉGLISE SAINTE-MARGUERITE. — Son origine. — Jean-Baptiste Goy. — Les deux bi-
bliothèques. — Nombre des volumes de la grande bibliothèque. — Inscriptions manus-
crites sur les volumes. — Testament de Jean-Baptiste Goy. — Délibération prise par la
Fabrique au sujet du testament de Goy 38 1
CONGRÉGATION DE LA DOCTRINE CHRÉTIENNE. — Son institution; son installa-
tion à Paris. — Bibliothèque. — Catalogue. — Legs de Jean Miron. — Interprétation
des conditions du legs de Jean Miron par ses exécuteurs testamentaires. — Ouverture
de la bibliothèque au public. — Frais de l'inauguration. — Legs de Jacques Pinson-
nat. — Le P. Baizé, bibliothécaire. — Dépenses d'organisation et d'entretien de la bi-
bliothèque. — Catalogue. — Estampille, marque et inscriptions sur les volumes. —
Extrait du testament de Jean Miron 3g t
ORIGINE
DES
SUJETS GRAVÉS SUR ROIS ET SUR ACIER.
CARMES DE L/V PLACE MAUBERT.
I. Le couvent et ses environs. — Fac-simile hclwgraphique.
Plan de Vassalieu (ifiog) i
II. Inscription extraite d'un volume légué au couvent par Mathieu de Paris. — Bots.
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n° 5i26 .3
m. Note extraite d'un volume relié sur les fonds légués au couvent par Laurent Bureau. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n° 4o8 /i
IV. Marque birliographique de B. Bernard, iuron de Boves. — Bois.
Bibliothèque de l'Arsenal, sciences et arts, in-/r, n° 281 ti
V. Inscription collée dans les volumes légués au couvent par I>. Bernard , baron de Boves. — Bois.
Bibliothèque de l'Arsenal, sciences et arts, in-i", ri° 281 7
VI. Inscription collée dans les volumes légués au couvent par J. Cuiville. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, 11° 34833 8
VII. Première estampille du couvent. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, incunables, n° 1/160 A 10
VIII. Seconde estampille du couvent. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n° 2079 10
IX. Marque bibliographique du couvent. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, incunables, 11° i46o A 11
FACULTÉ DE MIÎDECINE.
X. La Faculté et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan dit de Turgot (1739) i3
XI. Fac-similé de la première page des Commentaires. — Bois.
Bibliothèque de la Faculté de médecine, manuscrits 18
XII. Lettre de la Faculté au roi Louis XI. — Planche sur acier gravée par E. Tavernier.
Bibliothèque de la Faculté de médecine, manuscrits 22
XIII. Marque d'Amelot de Beadlieu. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n" 5897 B 32
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
\IV. Ex LISRIS MANUSCRIT DE Ph. HeCQDET. BotS.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Philosophie, in-8°, n° 1 728 •«
XV. Estampille de H.-Th. Baron. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Philosophie, in-8°, n" 1 43o -^a
XVI. MÉDAILLE FRAPPÉE LORS DE LOUVERTURE DE L\ BIBLIOTHEQUE EN lyÛG. — BoUI.
Bibliothèque impériale, cabinet des médailles '^^
XVII. Note écrite par Gui Patin en tête du premier volume des CoMME^TAIliEs. — Bots.
Bibliothèque de la Faculté de médecine , manuscrits
WIII. Note écrite par Gui Patin en tête du second volume des Commentaires. — Bois.
Bibliothèque de la Faculté de médecine, manuscrits 5o
XIX. Grande estampille de la bibliothèque. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n" 6897 B 6°
XX. Petite estampille de la bibliothèque. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Littérature, n° 887 60
XXI. El LiBRis de la bibliothèque. — Bois.
Bibliothèque de la Faculté de médecine, manuscrits 61
XXII. Estampille ovale de la bibliothèque. — Bois.
Bibliothèque de la Faculté de médecine , imprimés 61
XXIII. Estampille actuelle de la bibliothèque. — Bois.
Bibliothèque de la Faculté de médecine 62
COLLEGE DE TOURS.
XXIV. Le collège et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Lacaille (1714) ^7
COLLEGE D'AUTUN.
XXV. Le collège et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Jouvin de Bochefort (1690) 69
XXVI. Titre de l'inventaire dressé en lûGa. — Bois.
Archives de TEmpire, série M, carton n" 80 7"
XXVII. Quittance DE 1/167. — Bois.
Archives de TEmpire, série M , carton 11° 80 83
COLLEGE DE CHANAC.
XXVIII. Le collège i;t ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plande B. Jaillot(i7i7) 87
CÉLESTINS.
XXIX. I^E couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Vassalieu (1609) 89
XXX. El LIBRIS MANUSCRIT DE ChARLES V. Bois.
Bibliothèque de l'Arsenal, manuscrits in-folio, n" TL 4' 90
XXXI. El LIBRIS MANUSCRIT DE PhILIPPE DE MaIZIÈRES. Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits fonds latin, n° 17830 91
ORIGINE DES SUJETS GRAVÉS SUR ROIS ET SUR ACIER. w
Pages.
XXXll. El LIBIIIS MANUSCRIT DE ClIARLES DE HÉNALT. Bois.
Bibliothèque Mazariiie, nouveau fonds, Littérature, n° ()7
XXXIII. El LiBnis MAiNUscRiT d'Antoine Becquet. — Dois.
• Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Histoire, in-lx°, n° 3553 yy
XXXIV. Marque birliograpiuque du couvent. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, doubles, n° 78/1 99
COLLEGE DE JUSTICE.
X XXV. Le collège et ses environs. — Fac-similé héliogrnpkifjue.
Plan de Jouvin de Rochefort (i6go) 101
COLLEGE DE BOISSY.
XXXVI. Le collège et ses environs. — Fac-simik héliograpitique.
Pian de Lacaille (1 7 1 '1 ) 1 o5
BIBLIOTHÈQUE DU ROI.
XXXVII. La bibliothîîque et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan dit de Turgot (lySg) 107
XXXVIII. Ex LlBIilS MANUSCRIT DU ROI JeAN. Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n" 67 109
XXXIX. Signature et note autographe de Charles V. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 487 111
XL. Ex LiBnis MANUSCRIT DE Jean Corbechon. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n°3i3 112
XLL Titre du catalogue rédigé en 1873 par Gilles Malet. — Planche sur acier gravée par
E. Tavernier.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 3700 1 li
XLII. Premier feuillet du catalogue rédigé par Gilles Malet. — Planche sur acier gravée par
E. Tavernier.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 3700 1 15
XLIII . Catalogue des livres donnés en 1^109 par le duc de Guyenne. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 9700 121
XLI\ . Titre de l'inventaire dressé en 1610. — Planche sur acier gravée par E. Tavernier.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français , n° 9700 122
XLV. Reçu donné en i4i 1 par Ant. des Essarts. — Bois.
Bibliothèque impériale , manuscrits, fonds français, n° 2700 128
XLVI. Premier feuillet de l'inventaire dressé en i4i3. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 9/180 laS
XL VII. Reçu donné le 10 janvier i4i5 par Jean Maulin. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 9680 127
XLVIII. Ex LiBBis manuscrit de Jean, comte d'Angoulême. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 687 18a
XLIX. Inscription placée sur les volumes provenant de la bibliothèque de Pavie. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° jSS 182
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Pages.
L. Inscription extraite d'un volume provenant de la bibliothèque de Blois. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 970 187
LI. Titre de l'inventaire de la bibliothèque de Blois en i5Mi. — Dois.
Bihiiothècpie impériale, manuscrits, fonds français, n° 566o 1 38
LU. Reliure aux armes de Louis XII et d'Anne de Bretagne. — Planche sur acier gravée par
E. Taveriiier.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° 11578 iho
LUI. Beliure aux chiffres de Henri II et de Diane de Poitiers. — Planche sur acier gravée par
E. Tavernier.
Bibliothèque Mazarine, Buffets ilit
lilV. Reliure aux armes de François I". — Bois.
Bibliothèque impériale , manuscrits , fonds français , n° 2 2 6 1 161
LV. Reliure au\ armes de Diane de Poitiers. — Bois.
Bibliothèque de l'Arsenal, manuscrits in-folio, n° TF g8 ilii
LVI. Beliure au chiffre de François II. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 1 186 1 4/i
LVII. F couronnée pris sur un volume relié pour François II. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 1186 i/ii
LVIII. Fleur de lis couronnée prise sur un volume relié pour François II. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 1 1 86 1 /i5
LIX. Deux C entrelacés pris sur un volume relié pour Charles IK. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 868 1/16
LX. Reliure au chiffre de Charles IX. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 780 1^7
LXI. Reliure portant la devise de Charles IX. — Bois.
Bibliothèque de l'Arsenal 1/18
LXII. Reliure exécutée pour Henri III. — Planche sur acier gravée par E. Tavernier.
Bibliothèque Mazarine, Buffets 1/19
LXIIl. Beliure au chiffre de Henri III. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds , Jurisprudence , in-8°, n° 56 1/19
LXIV. Beliure au chiffre de Henri IV. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 286 i56
LXV. Inscription frappée sur les volumes reliés pour Henri IV . — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 286 i56
LXVI. H COURONNÉE prise SUR UN VOLUME RELIÉ POUR IIenRI IV. Bois .
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 286 i5G
LXVII. M COURONNÉE PRISE SUR UN VOLUME RELIE POUR MaRIE DE MÉDICIS. — Bois.
Bibliothèque de l'Arsenal , manuscrits , in-8°, n° TL 3 1 2 1 58
LXVIII. Reliure aux armes de Marie de Médicis. — Bois.
Bibliothèque de TArsenal, manuscrits, in-8°, n" TL 812 i58
LXIX. Marque bibliographique de Hurault. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 976 169
LXX. Situation de la bibliothèque dans la rue de la Harpe. — Fac-similé héliographique.
Plan de J. Goniboust (iGSa)
ORIGINE DES SUJETS GRAVÉS SUR ROIS ET SUR ACIER. xvit
Pages.
liXXI. Situation dk i,\ iniiLioTiiiiQiiE dans la rue de la Harpe. — Fdc-simile héliograplwiite.
Plan (le Joiivin de Uoclief'orl ( lOgo) 1 63
LXXII. Reliure aux akjies de Louis XllI. — Bois.
Bibliothèque iMnzarine, imprimés. n° 3oi55 i64
LXXIII. A^CIE^'iyE estampille de la BiULioTiiiiQUE. — Dois.
Bibliothèque impériale, imprimés i65
LXXIV. Autre estampille de la bibliothèque. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° 187/19
LXXV. Marque bibliographique de P. et de J. Dupuv. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° GaiS 167
LXXVI. M0N0GR\MME DE P. ET DE J. DuPUY. Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° (jaiS 167
LXXVII. Marque bibliographique de Pu. de Béthune. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, londs français, n° 'jgoo 170
LXXVIII. Chiffre de I*h. de Béthune. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français , ir 2900 170
LXXIX. Situation de la bibliothèque dans la rue Vivienne. — Fac-similé héliographique.
Plan de Lacaille (1714) 17J
LXXX. Monogramme de Gaston d'Orléans. — Bois,
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n" 17554 175
LXXXI. Autre monogramme de Gaston d'Orléans. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° 17816 175
LXXXII. Monogramme de J.-A. de Thou. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, incunables, n° 583 1 E 177
LXXXIII. Marque bibliographique de J.-A. de Thou. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, incunables, n° 583i E 177
LXXXIV. Monogramme de Louis XIV. — Bois.
Bibliothèque impériale, cabinet des estampes 182
LXXXV. Plats d'une reliure exécutée pour Louis XIV. — Bois.
Bibliothèque impériale, cabinet des estampes tSû
LXXXVI. Reliure exécutée sous Louis XIV. — Bois.
Bibliothèque impériale, cabinet des estampes i83
LXXXVII. Marque bibliographique d'Anne d'Autriche. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° 39o88 i84
LXXXVin. Monogramme d'Anne d'Autriche. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Théologie, in-V, n" -299* i84
LXXXIX. Estampille de la bibliothèque. — Bois.
Bibliothèque impériale, imprimés i85
XC. Autre estampille de la bibliothèque. — Bois.
Bibliothèque impériale, imprimés i85
XCI. Estampille des doubles vendus. — Bois.
Bibliothèque impériale, imprimés i85
,„ LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Pages.
MaBQI E BIBLIOGRAI'IIIQI E DE Cil. DE MoMCIlAL. BoiS.
Bibliothèque Mazaiine , doubles 187
XCIIl. SlUNATlRE u'Em. Bk.OT. Boïs.
BiblioUièque Mazarine, nouveau fonds, Littérature, n" Ai^8 188
\CIV. MmIOI E BIllMOCiHAl'IlIQLE DE L.-E. BlGOT. Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Théologie, in-4°, n" 89 188
XCV. MaBOLE BinLIOGRAPHIQlE DE BiGNOX. Bois.
Bibliothèque Je l'Arsenal, in-A", n" 17809 H i9'J
XCV 1. MONOGBAMME DE BlG.\0\. Bois.
Bibliothèque de l'Arsenal, in-4', n° 17809 H 19-2
XCVII. Signature d'Etienne Baluze. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Littérature, n" 19/1 193
XCVIII. Plan de i-a BiBLiOTiiiiQUE en 175/1. — Planche sur acier gravée par E. Tavernicr.
Blondel, Arclùleclure française , t. III, |). 80 195
XCIX. MaRQI E BlBMOGRAPHIQrE DE DE MeSME. Bois.
Bibliothèque Mazarine, doubles ... 1 96
C. Croissants entrelacés qui figurent sur les reliures provenant de de Mesme. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, doubles 196
CL Monogramme de de Mesme. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, doubles 197
CIL Médaille frappée en l'honneur de Louis XV. — Bois.
Bibliothèque impériale, cabinet des médailles 197
cm. Petite marque bibliographique de Colbert. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Théologie, in-4°, n" 36--2 198
CIV. Monogramme de Colbert. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Théologie, in-4°, n" 36-? 198
CV. Grande maiique bibliographique de Colbert. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° 5ooo A 199
CVI. Autre monogramme de Colbert. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° 5o3o A 900
CVII. Ex i.iBnis MANUSCRIT DE C. Falconet. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Philosophie, in-8°. n° 1/483 9o3
CVIII. LSTVMPILLE DE LA BIBLIOTnliQUE. Bois.
Bibliothèque impériale, imprimés 208
CIX. Marque monogrammatique. — Bois.
Bibliothèque impériale, imprimés .209
COLLEGE DE LA MARCHE.
C\. Le collège et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan dit de Tiirgol (1739) .^jf^
CXI. Début de l'inventaire des biens de Beuvin de Winville. — Bois.
Archives (le l'Empire, série M, carton n" 171 220
OlUGINE DES SUJETS GRAVÉS SUR RO[S ET SUR ACIER. mx
P„,;es.
CXII. Titre de l inventaire des riens de IJeuvin de Winville. — Bois.
Archives de l'Empire, série M, carton n° 171 •2-21
CXni. Première partie de la marque du collège. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Littérature, 11° 050 -a-aA
TAIV. Seconde partie de la marque du collège. — Bois.
Hibliolhèque Mazarine, nouveau fonds. Littérature, n" 050 2^4
COLLEGE DE MAITRE GEKVAIS.
(',\V. liE COLLEGE ET SES ENVIRONS. — lùic-simik hcliographiquc .
Flan de Ducerceau ( 1 5 0 0 ) 22 5
COLLEGE DE FOUTET.
CX\ I. Le collège et ses environs. — Fuc-simile héliographique.
Plan dit de Tapisserie (i5/io) 229
CXVII. Titre de l'inventaire des livres de Pierre Fortet. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 863o 280
COLLEGE DE SEEZ.
CXVIII. Le collège et ses environs. — Fac-similé héliograpliique.
Plan de Lacaille (1714) 233
CAPUCINS DE LA RUE SAINT-HONORE.
CXIX. Le couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Lacaille. (171/1) 235
CXX. Marque bidliographique du codvent. — Bois.
Bibliothèque Mazarine 939
COLLEGE LOUIS-LE-GRAXD.
CXXL Le collège et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Bullet et Blondel (1O7G) 2^5
CXXII. Inscription placée dans les volumes légués au collège par la mère de Fr. Diez. — Bois.
Bibliothèque Mazarine , doubles , n° 1 3 i 0 2 5 1
CXXIH. Signature latine de Desportes. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, incunables , n° 2o5i 281
CXXIV. Signature française de Desportes. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, incunables, n° 2o54. 25 1
CXXV. Monogramme de Desportes. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Littérature, n° 1575 261
CXXVi. .Marque bibliographique de F. Fouquet. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° 6453 253
CXXVIL Aotre marque de F. Fouquet. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Histoire, in-4", n" 2670 254
CXXVIIL Marque bibliographique d'A. de Harlav. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, doubles 2 55
V, LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Pages.
CXXIX. Monogramme d'A. de Harlav. — Bots.
Bibliothèque Mazarinc , doubles 266
GXXX. Inscription placée dans les volumes légués au collège par A. de Hablay. — Bots.
Bibliothèque Mazarine, doubles 286
CXXXI. Estampille du collège. — Bots.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Histoire, in-k", n" 367.5 16-2
CXXXII. MaRQI E lilRLIOGRAPIlIQDE. BoiS.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° 899 A 262
CXXXIII. Estampille du Prytanée. — Bois.
Bibliothèque de l'Université, imprimés, n° HF.a.u. 89 269
COLLIÎGE DES GRASSINS.
CXXXIV. Le collège et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Jouvin de Bochefort (1690) 267
CXXXV. Marque birliographique du collège. — Bois.
Bibliothèque de l'Arsenal , imprimés, in-Zi°, n° 1875O 368
MAISOiN PROFESSE DES JÉSUITES.
CXXXVI. Le couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Vassalieu (1609) 269
CXXXVII. Marque birliographique de D. Huet. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° 6798 B 271
CXXXVIII. Ex LiBRis de D. Huet. — Bois.
Bibliothèque de l'Arsenal 979
(iXXXIX. Incrii'tion collée dans les volumes donnés par d. Huet. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° 1117 G 979
C\Ij. Autre e.\ libris de U. Huet. — Bois.
Bibliothèque de l'Institut, imprimés, 11° M 342 278
CXLI. Marque bibliographique de la maison professe. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° i83'!i9 B 276
GXLII. Autre marque. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n" 182/12 B 976
FEUILLANTS DE LA RUE SAINT-HONORE.
CXLIII. Le couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Vassalieu (1 609) a8i
GXLIV. Marque bibliographique des Feuillants. — Bois.
Bibliollièque Mazarine, nouveau fonds. Histoire, in-/i', n" 23Go 284
GXLV. Autre marque. — Bois.
Bibliothèque Mazarine , mniuiscrits, n" 3i56 985
GXLVL Estampille des Feuillants. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n° 2789 a85
ORIGINE DES SUJETS GRAVÉS SUR ROIS ET SUR ACIER. vxi
PÉMTENTS DB PICPIJS.
Pages.
GXLVII. Lk co^IVE^T et ses einvirons. — Fac-similé héliographique.
Plan (le Lacaillc (lyi'i) '^87
GXLVin. Maroue BinLior.RAPiiiQiJE des pénitents de Picpus. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimes, 11° G17 L 291
FRÈRES DE LA CHARITE.
CXLIX. Le couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Gomboust (1662) .. 298
CL. L hôpital au xvn" siècle. — Fac-similé héliographique.
Plan de Mërian (t 6 1 5 ) -j 98
GLI. Marque bibliographique de l'hôpital. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n" 2978 996
RÉCOLLETS.
CLII. Le couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Lacaille (171 4) 297
AllGUSTINS DÉCHAUSSÉS.
GLIII. Le couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan dit de Turgot (1 789 ) 3oi
CARMES DÉCHAUSSÉS.
CLIV. Le couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Lacaille (171 811
GLV. Estampille des Carmes. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, doubles 3 1.8
CLVI. Autre estampille. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Jurisprudence, in-8°, n" 338 3i3
JACOBINS DE LA RUE SAINT-HONORE.
GLVII. Le couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de B. Jaillot (1717) 3i5
CLVIII. Estampille des Jacobins. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Jurisprudence, in-4°, n°522 820
GLIX. Indications qui figurent sur les volumes provenant des Jacobins. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Littérature, n° 728 820
CLX. La bibliothèque des Jacobins en 1792. — Planche sur hois gravée par E. Deschamps.
Millin, Antiquités nationales , t. 1", p. 5^ 820
MINIMES DE LA PLACE ROYALE.
CLXI. Le COUVENT ET SES ENVIRONS. — Fac-similc héliographique.
Plan de J. Gomboust (1 652) 828
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
Pages.
CIAH. Inscription placée dans les volujies légués par Alex. Letenneur. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Philosophie, in-4°, n° 927 3>3/i
(lIAlIi. Inscription placée dans les volumes légués par Decombes. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, doubles 4
CLXIV. Marque primitive du couvent. — Bois.
Bibliothèque de l'Arsenal 333
CLW. Marque destinée au\ volumes in-folio. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, doubles 33/i
CLXVI. Marque destinée aux volumes in-quarto. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Histoire, in-/i°, n° 2388 33/i
(ILXVII. Marque destinée aux volumes in-octavo. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds , Litte'rature , n" 1290 335
(dAVlII. Marque frappée sur le dos des volumes. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Histoire, in-4°, n° 2388 335
ORATOIRE.
(jLXIX. Le couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Lacailie (171/1) 337
CLXX. Note autographe d'A. de Harlav. — Bois,
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n° 1075 338
CLXXL Lnscription placée dans les volumes légués par Païen de Montmor. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Jurisprudence, in-8% n° 617 SSg
CLXXn. Inscription placée dans les volumes légués par A. de Bardonenche. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Littérature, n° igg 339
(iLXXIIl. Marque riiîliographique du couvent. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, doubles 3^3
PETITS-ÂUGUSTINS.
CLXXIV . Le coun ent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Jouviii de Piochefort (1690) 345
COiVGRÉGATION DE LA MERCI.
(ilAXV. Le couvent et ses environs. — Fae-simile héliographique.
Plan do Goniboust (iGSa) 35i
CLXXVI. Ma rque bibliographique du couvent. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Jurisprudence, in-li", n° 'à-j5 354
(ILXXVIi. Autre marque. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n" 10870 B 355
CAPUCIINS DE LA RUE SAINT-JACQUES.
(.LXXVIU. I>E couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
I*l;m (le J. (lomboust (1 G52 ) 35^
ORIGINE DES SUJETS GRAVÉS SUR BOIS ET SUR ACIER.
XMll
BLANCS-MANTEAUX.
l'ogcs.
CLXXIX. Le couvent et ses environs. — Fac-similé hêlioffrapliique.
Plan de Jouvin (leRocbefort (1690) •559
GLXXX. Ex Linnis manuscrit des Gmillelmites. — Bois.
Ribliolhèque Mazariue, manuscrils , n" 1 335 36o
CLXXXI. Ex I.IBRIS MANUSCRIT DES BlANCS-AIaNTEAUX. Bois.
Bibliotlièque Mazarine, incunables, n" 9o3o B* 359
CLXXXII. Vue du couvent en 1706. — Fac-similé hèliographique.
Icônes monasteriorum congregationis Sancti Mauri 369,
SÉMINAIRE DE L'ORATOIRE.
CLXXXIII. Le séminaire et ses environs. — Fac-similé héliograpliique.
Plan de J. Goniboust (lôSa) 365
CLXXXIV. Signature de Delaplanche. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Philosophie, in-4°, n° 38o 366
CLXXXV. Ex LiBBis DE Delaplanche. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Philosophie, in-4°, n° 38o 366
BÉNÉDICTINS ANGLAIS.
GLXXXVl. Le couvent et ses environs. — Fac-similé hèliographique.
Plan de B. Jaillot (1717) 369
GLXXXVII. Estampille du couvent. — Bois.
Bibliothèque Mazarine , nouveau fonds, Théologie, in-4°, n° i3 371
CAPUCINS DU MARAIS.
GLXXXVllI. Le couvent et ses environs. — Fac-similé hèliographique.
Plan de Jouvin de Rochefort (1690) 373
CLXXXIX. Marque bibliographique des Capucins. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Littérature, n°55o 376
SÉMINAIRE SAINT-FIRMIN.
GXG. Le séminaire et ses environs. — Fac-similé hèliographique.
Plan de B. Jaillot (1717) 377
GXCI. Ex LiBRis DU séminaire. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Théologie, in-8°, n" 307 379
ÉGLISE SAINTE-MARGUERITE.
GXGII. L'Eglise et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Jouvin de Rochefort (1 690) 38 1
CONGRÉGATION DE LA DOCTRINE CHRÉTIENNE.
CXCIII. Le couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan dit de Turgot (1739) 391
iv LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Pages.
GXCIV. Ex LiailIS DE J. PlNSONNAT. Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Théologie, in-^°, n° io3o SgS
GXdV. SiGINATlIRE DU P. BaIZÉ. BotS.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds , Philosophie, in- 8°, n° 369 3g6
GXCVl. Estampille du couvent. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, doubles 898
GXCVII. Marque [iibliograpiiique du couvent. — Bois.
Bibliothèque Mazarine . doubles 898
LES
ANCIENNES BIBLI0THÈ()11ES
DE PARIS.
Fac-similé heliographique. Plan de Vassalieu (1609).
CARMES DE LA PLACE MAUBERT.
On sait que les Carmes regardaient comme leur fondateur le prophète Elie,
rrpour autant, dit Aubert Lemire, qu'il a été le premier qui a mené vie solitaire
frau mont Carmel'^'.Ti Ce qui est moins douteux, c'est que, quelques ermites
s étant réfugiés sur cette montagne pour se dérober aux attaques des Sarrasins,
Albert, patriarche de Jérusalem, leur donna, en 1112, une Règle qui fut approu-
vée en 1171 par Honoré III Saint Louis, pendant son séjour en Palestine,
eut l'occasion de visiter ce couvent: il emmena avec lui six des religieux; puis,
aussitôt de retour à Paris (1259), rr il leur aciieta une place sur Seinne devers
ffCharenton, fist fere leur méson, et leur acheta vestemens, calices, etc'^'n L'en-
droit qu'avait choisi le roi pour installer ses protégés était situé au port Saint-
Paul, sur l'emplacement qu'occupèrent plus tard les Célestins. Les Carmes se
Aub. Lemire. Histoire de l'origine et institu- de la ville de Paris et de ses environs, t. V, p. ihj.
tion de divers ordi-es , y 11 lecteur, p. ix. Joinvitle, Vie de saint Louis, édit. Micliaud,
Piganiol de la Force, Description historique p. 82 9.
II.
1
2 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
plaignirent bientôt des inconvénients que leur causait le voisinage de la Seine;
il paraît qu'elle débordait cbaque hiver, et que l'eau s'avançait alors jusqu'à la
porte du couvent, d'où l'on ne pouvait plus sortir qu'en bateau. Philippe V
écouta ces doléances; il acquit de Gui de Livriac, l'un de ses secrétaires, une
maison qui était située au bas de la grande rue Sainte-Geneviève, et, par lettres
patentes de décembre 1817, en fit don aux Carmes : rrDomum nostram, dit-il,
crquœ luit dilecti magistri Guidonis de Livriaco, clerici nostri, et quam ab eodem
rrcomparavimus, sitan in magno vico Sanctse Genovefœ, perpétua dona-
rrtione largimur^''. Il Ce changement de résidence fut autorisé par une bulle de
Boniface VII c^'.
De nombreuses libéralités permirent aux Carmes d'augmenter leurs bâtiments
et d'élever une vaste église. Ils eurent aussi de très-bonne heure une biblio-
thèque.
En août i3i8 mourut à Avignon Michel du Bec, cardinal-prêtre du titre de
Saint-Etienne in Celio-Monte, qui voulut être enterré chez eux, et qui, pour
obtenir cette faveur, leur légua mille livres parisis et tous les volumes qu'il pos-
sédait'^l Un extrait, sur vélin, du testament de Michel du Bec est conservé aux
Archives de l'Empire, et l'on y trouve énumérés les ouvrages, au nombre de vingt-
cinq environ, qui composaient la bibliothèque du prélat. On y remarque : une
bible en deux volumes, valde pulcra, dit le texte; une bible en dix volumes, com-
mentée; une autre bible, de format plus portatif; plusieurs ouvrages de saint
Augustin, entre autres la Cité de Dieu et les Commentaires sur la Genèse; le traité
De casu diaboli d'Anselme de Cantorbéry; la Somme des vertus cl des vices; les Médi-
tations de saint Bernard; le Decretum de Gratien et les Décrélales; les Œuvres de
Pierre de Tarantaise (Innocent V), en deux volumes; \ Histoire ecclésiastique de Pierre
Comestor; les Lettres de Pierre de Blois; la Somme de saint Jean-de-Dicu ; un
r
Commentaire sur les Epîtres canoniques et sur le Cantique des cantiques '"l Tous ces
ouvrages furent déposés et enchaînés dans la bibliothèque du couvent^^'.
Vin'jt ans après, le sous-prieur Mathieu de Pai'is donna aux religieux une
J. Dubreul, Tlieatre des antiquitez de Paris,
p. li^8.
Celle bulle esl reproduite duns Fëlibien, His-
toire de Paris, t. III, p. 219.
Exlrail du testament : rrReverendi patris do-
'rniini Michaclis, bone memorie, lituli sancti Ste-
fphani in Gelio Monte prcsbiteri cardinalis,. . . .
f [quij in sua ultima voluntate elegit sepuiluram in
rrecclesia nostra nova. . ., suosque iibros. . . pro
<f communi libraria et usu Iralrum nostri ordinis Pari-
irsius sludencium , necnon et mille libras parisienses
(f pro edilicatione ecclesie nostre novc . . . legavit. . . «
(Archives do l'Empire, série L, carton n° (jïîS.)
cBiblia in duobus voluminibus valde pulcra;
irbiblia in decem vokuninibus glossala; alia biblia
trnianualis; Augustinus super Genèses, cum aliis
cmultis in eodem volumine ; Augustinus de (jivitate .
"Cum multis aliis; Anselmus de Casu; de Viliis et
fr Virtutibus ; Meditationes Bernardi ; Decretum;
rfDecrelales; Scripta Pétri Tarentasiensis, in duobus
ff voluminibus ; Ystorie scolastice ; Epistole Pétri
rrBlesensis; Summa magistri Johannis de Deo; Pos-
rrlilla super Epistolas canonicas et Canticum Ganti-
ffcorum.î)
ffLibri(jue omnes predicti in comnmni libra-
rrria deponantur et incalcnentur. n
CARMES DE LA PLACE MAUBERT. 3
table des matières du Spéculum historiale de Vincent de Beauvais; on lit en effet
à la (in de ce manuscrit'^' :
11 faut encore mettre au nombre des bienfaiteurs de la bibliothèque, pendant
celte période : Nicolas de Saint- Marcel, qui lui donna le Commentaire d'Oj'igène
swr la Genèse^-^; et Jean de la Charité, religieux du couvent de Pont-Audemer
Plusieurs volumes furent encore laissés à la bibliothèque de la place Maubert
par Jean Goulen, Goulein ou Goulain, provincial des Carmes en France, person-
nage considérable sous Charles V, et qui traduisit pour ce prince quelques ou-
vrages Les inscriptions que portent les manuscrits provenant de Jean Goulen
sont longues et détaillées
Le prieur Jean de Vernon fit au même couvent des libéralités assez importantes.
Suivant le Bibliotlieca Carmelitana, il l'enrichit à la fois des ouvrages qu'il achetait
et de ceux qu'il composait ^""^ Le seul de ces volumes que nous connaissions est
un commentaire de saint Augustin sur les psaumes, en tête duquel on lit :
rrlstud psalterium, de dono domini Stephani de Breban, procuravit huic con-
rr ventui famosus in sacra pagina professer magister Johannes de Vernone n
rristarn tabulam dédit huic librarie Parisiensi
(fvenerabilis pater noster frater Matheus de Pari-
rrsius, tune proprior provincialis per Franciani.
ffAnno Domini m" ccc" xxx vuj. Qui eam fiiratus
ffuerit, anathema sil. « (Bibliothèque Mazarine,
Manuscrits, n° H 626.)
On ht à la fin: ce Hune libruni Origenis dédit
rrhbrarie conventus Parisiensis frater Nicholaus de
ffSancto Marcello, ordinis fratrum béate Marie de
ffCarmelo, lectorin sacra pagina." (Biblioth. inip.
Manuscrits, fonds latin, n° lySiS.) Une note placée
au verso du feuillet suivant nous apprend que, en
1 389 , ce volume appartenait au frère Nicolas Saoul.
On lit sur le second feuillet d'un manuscrit du
xiv' siècle: tr Frater Johannes Caritatis, lector in
"theologia, conventus Pontisaudomarei , dédit hune
fflibrum communi librarie conventus Parisiensis
ffCarmehtaruni.n (Bibliothèque impériale, Manus-
crits, fonds latin, n° 10695.)
Voyez plus bas notre notice sur la biblio-
thèque du roi.
rristum librum dédit librarie conventus Pari-
ftsiensis ordinis fratrum béate Dei genitricis Ma-
(trie de Monte Carmeli, reverendus niagisler bone
frmemorie, magister Johannes Goulen, conventus
iT Rothomagensis , ac in regno Francie legatus, cu-
rrjus sepultura habetur magnifiée elevata in isto
ffconventu, infra capellam Sancte Anne. Cujus ani-
ffuia quiescat in pace.51 (Bibliothèque impériale,
Manuscrits, fonds latin, n° 17978.) — trReve-
irrendns in Christo pater dominus ac dominus Jo-
rr bannes Goulen, summi Ponlificis in FVancia le-
ffgatus, alumnus et filius conventus CarmeUtarum
rrRothomagensium, dédit istum Johannis Ilalensis.
ff Franciscani, librum librariœ Garmelitarum Pari-
frsiensium.n (Bibliothèque impériale, Manuscrits,
fonds lalin, n" 17273.)
rrPostquam bibliolhecam Garmeli Parisiensis
ffampliasset, ubi et plurinia comparata volumina
rrvel a se scripla reposuerat. . . . « (^Bibliotlieca Car-
melilana, t. II, p. i38.)
Bibl. imp. Manuscrits, fonds latin, n° 1996.
CARMES DE LA PLACE MAUBEUÏ. 5
Laurent Bureau, qui fut évè(|ue de Sisteroii, provincial do Narbonne et con-
fesseur de Louis XII, était entré fort jeune dans l'ordre des Carmes, auquel
il portait une vive affection, comme le prouve le poëme (ju'il a composé à la
louange d'Elie'''. En 1/196, il donna quelques volumes au couvent de la place
Maubertt'^'; puis, en 1/198, il lui fournit l'argent nécessaire à la reliure de plu-
sieurs manuscrits. Les religieux, pour perpétuer le souvenir de sa générosité,
inscrivirent sur quel(jucs-uns de ces volumes la note suivante : crOrate pro fratre
ffLaurentio Burelli, Divioncnsi, Carmelitarum doctore, tlieologo Parisiensi, pro-
crvinciali Narbone, et cliristianissimi Francornm régis Ludovici XII coiilessore, qui
rr hoc volumen et complura alia religari fecit. Anno Dominice salutis m'^ quad™°
r nonage"° octavo. Ad cujus votum, in rei memoriam, ego frater Johannes Ghase-
rrrandi, regens conventus Parisiensis, meo manuali signo presens scriptum subsi-
(Tgnavi, anno quo supra. Ita est : Ghaserandi, avec paraphe'^', n Les Garmes avaient
donc déjà un certain nombre de bons manuscrits, et ce premier fonds ne devait
pas tarder à s'augmenter. En iBSa, un religieux nommé Thomas Sauvée ajouta
encore plusieurs volumes à la collection du couvent^*'.
Au mois de juillet i568, on enterrait dans l'église des Garmes le libraire Gilles
Gorrozet, le premier qui ait eu l'idée de publier en français une desciiption de
Paris Son épitaphe, placée dans le cloître, était conçue en ces ternies :
L'ail mil cinq cens soixante huit, Agé de cinquante huit ans,
A six heures avant minuit, Qui Libraire fut en son temps.
Le quatriesuie de Juillet, Son corps repose en ce lieu cy :
Deceda Gilles Corrozel, A l'anie Dieu lasse mercy
La famdle Gorrozet était fort attachée à la Maison des Garnies, et un parent de
Gilles, son fils peut-être, fut en iByi bibliothécaire du couvent. Il paraît avoir
rempli ses fonctions avec un grand zèle; car on trouve sur plusieurs manuscrits
des notes bibliographiques écrites de sa main, et qu'il a presque toujours pris soin
de signer (''l II laissa aussi quelques volumes au monastère, comme l'indique
cette inscription : ce Ex dono fratris Antho. Gorrozet, Parisiensis n
Nous avons encore à constater vers cette époque diverses libéralités, auxquelles
il est impossible d'assigner une date certaine. Parmi celles qui semblent avoir eu
le plus d'importance, d faut mentionner le legs du au frère profès Mathieu Mas-
In lauilem Eliœ palriarchœ Carmelitarum.
Bibliothèque impe'riale, Manuscrits, fonds la-
tin, n°' -loha et 2473.
Bibliothèque Mazarine, Manuscrits , n° T 608.
Une inscription à peu près identique se trouve
dans le manuscrit coté n° 3i84, fonds latin, à
la bibliothèque inqie'riale.
On lit il la fin : fflstuni librura dédit lihra-
frrie Parisiensi frater Thomas Sauvée, ordinis Car-
meli.n (Voyez, entre autres, à la bibliothèque Ma-
zarine, le manuscrit n° 678.)
La Jleiir des antiquités et singularitez de la
noble et trioinpliante ville et cité de Paris j et les noms
des rues, églises cl collèges, Paris, i53a, in-8°.
Lerougc, Curiosités de Paris , t. I, p. /io3.
Voyez à la bibliothèque Mazarine les manus-
crits cotés T hk, T 79, T 193.
Bihlioth. Mazarine, In''unab!es, n° igg'i H.
r, LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
cou et aux frères Riochus et Martin, tous deux anciens bedeaux de la Maison
Ce fut là le plus beau temps de la bibliothèque des Carmes. Il nous faut
descendre ensuite jusqu'au commencement du \v\f siècle pour trouver une nou-
velle donation à mentionner. Un sieur Bénigne Bernard, baron de Boves, person-
nage sans doute assez obscur et sur le compte duquel nous ne possédons aucun
renseignement, mourut le i3 septembre 1626. Anne Courtin, sa veuve, aban-
donna à la Maison des Carmes tous les livres qu'il possédait'^'. Aucune, peut-être,
de toutes les libéralités de cette nature que nous avons rencontrées ne témoigne au
même degré de l'importance qu'y attachait la donatrice, et de son désir d'en voir
le souvenir éternellement conservé. Chacun des volumes qui en proviennent porte,
frappées en or sur les plats, ces armoiries, assez peu gracieuses d'ailleurs :
rrlix liliris revcrciidi iic piissirni P. Matth.Ti
rrMasron, lui jus conveiiliis prol'cssi.fl (Bil)liolhèqiie
Ma/.ariiio, Incuiiahlcs, ii'" <2'S-2 A et 1A60 C. )
'''' f:Ilanc postillam dodil coiivcnliii Parisieiisi or-
(fdinis Iralriiiii healj Dei gciiilricis Marie de Monte
(rOarmeJi. lîioclius, (juondaiii Ijedellus liiijiis cou-
ff veatus Parisiensis. v (Biltliothèque Mazanne, Manus-
crits, n° T 20/1.) — TfEst de libraria Carmeiitartiin
tf l'arisiensium, et euni dédit Martiniis, qiiondatu
ft bedelUis istius conventus Parisiensis , ejusdem ordi-
fr (lis. Dklaleu.t (Hibl. Mazarine, Manuscrits, n°Ti i.)
Elle fit plus lard d importantes libéralités au
CARMES DE LA PLACE MAUBERT. 7
Elles sont, en outre, reproduites sur un immense ex lihris gravé qui est collé
dans l'intérieur au verso de la couverture. De plus, le premier feuillet de garde
est doublé par une grande planche imprimée dont voici ](i fac-similé :
JETEKNJE MEMORISE
NOBILISSIMVS DOMINVS
BENIGNVS BERNARD
BARO DE BOVES
PRO SVA IN DEVM P1ETATE,AC IN
pauperes mifêricordia^Collegio Parifienfi Fratrum
Carmelicarum, fuprcmae voluntatis
teftamento firniauit.
CLARISSIMA DOMINA
ANNA COVRTIN
DEFVNCTl VIDVA PIISSIMA
TESTAMENTl ARBITRA.
fumma religione adimpleuit.
ORATE PRO EO FT P^CE FKVJTVR. jiETERN
Obiit X I T I. ScptembriS:, decurfus x v. Luflris , Anno
Salucis reparatx M. D C XXVI.
Bcafus 'vir qui miferetur commodat jCfuin in Att^num non
commomhïlUT, Pfalm. c x i.
couvent des Filles du Saint-Sacrement, rue Cassette. Son testament, daté du 6 juin 1 653, a été imprimé,
( Piganiol de la Force , Descrip. de Paris, VII , 29 1 .) et se trouve aux Archives de l'Empire , sér. L , n° 777.
8 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
La bibliotlièque des Carmes fut fort délaissée à partir de ce moment; et, en
octobre 167^?, les religieux acceptèrent avec empressement un échange qui leur
fut proposé par M. de Carcavi, garde de la bibliothèque du roi. Moyennant une
i-ente perpétuelle de six minots de sel ils n'hésitèrent pas à se dessaisir de dix-
huit incunables et de soixante-sept manuscrits latins très-précieux '^l Colbert profita
de l'occasion pour leur prendre un magnifique exemplaire de la Bible de 1/162
Moins de quarante ans après, Jean Cuiville, docteur en théologie et prêtre de
Tulle, chercha à relever de ses ruines la bibliothèque des Carmes. 11 mourut le
6 avril 1708, et, par son testament, légua à ces religieux tous ses livres, au
nondire de 35o volumes. Il ne semble pas que cette libéralité ait rien changé à
l'incurie des bibliothécaires de la Maison; mais celle-ci fit du moins acte de gra-
titude envers son bienfaiteur. On colla en tête de chacun des volumes provenant
de son legs cette inscription imprimée :
ÎMMORTALITATI.
CLARIS. DD. MAGISTER
JOANNES CUIVILLE
PRESBYTER TUTELENSIS
DOCTOR THEOLOGUS
Die VI. Aprilis An. M. DCCVIIl.
DtFUNCTUS
MAIORl CARMELO
rARISlENSI
rianc ôc cxtcroj CCCL. Bibliothcca! fuJ»
libres tcftamento rehquit,
QUISQUIS LEGIS
SIC UTERE DONO
UT ORARE PRO DONANTE
ME M i N t R 1 V
Pi{janiol do In Foiro , Descr. de Paris , V, 1 63. Jacqiiemarti , Remarques sur len ahbaijes , col-
Jourdain, Méitioire liistoriquesur labihliolltèque Icjjialcs, etc. supprimées, p. 2.39.
Hoi), |). WXVI.
CARMES DE LA PLACE MAUBERT. 9
Jl est probable que .1. (uiiville eut des imitateurs et que plusieurs donations
succédèrent à la sienne, car, en 1722, le couvent possédait environ 10,000 vo-
lumes, et avait un bibliotliécaire, le frère Jacques Armand ''l
Le célèbre mécanicien Jean Tnichet, qui adopta, en entrant aux (larmes, le
nom de P. Sébastien, avait formé dans cette Maison un cabinet qui lut lon[>temps
une des curiosités de Paris; il contenait un très-grand nombre de machines de
toute espèce, que Truchet avait inventées et habilement exécutées lui-même Les
Carmes, aussi peu amateurs de mécanique que d'érudition, vendirent successi-
vement toutes les pièces qui composaient cette collection L'argent qu'elles pro-
duisirent ne fut, du reste, nullement employé en œuvres pies. Ces religieux
avaient une autre manière de le dépenser. On sait que leur nom était devenu un
ie])roche d'incontinence; et, la foudre étant un jour tombée sur leur église, le
P. André dit publiquement : rr Dieu a fait une grande miséricorde à ces bons
ff Pères de ne sacrifier à sa justice que le clocher, car, si le tonnerre s'étoit abattu
cfsur leur cuisine, ils étoient tous en danger d'y périr (''.n
Au moment de la Révolution, la bibliothèque des Carmes occupait une salle
assez élégante, et entourée de vingt-cinq armoires remplies de livres'^'. Presque
tous les écrivains de l'époque disent que les Carmes avaient alors environ
1 2,000 volumes'*''; cependant le prieur, dans Ylùat otliciel qu'il dut fournir à la
municipalité, se contenta de déclarer i,83/i volumes*' . Il ajoutait que le couvent
n'avait plus de manuscrits, ce qui était encore un mensonge, car 18 manuscrits du
couvent sont entrés à la bibliothèque nationale et les autres bibliothèques de Paris
en ont également reçu. Les religieux s'efforcèrent, par un moyen du même genre,
de conserver une collection à laquelle ils paraissaient auparavant tenir si peu. Le
16 avril 1791, le commissaire de police de la section Sainte-Geneviève fut averti
qu'un vol avait été commis dans la bibliothèque du couvent des Carmes; il s'y
rendit aussitôt et constata rc que le cadenas qui étoit à la porte avoit été arraché
cravec son piton ;ii on ne s'était pas arrêté là, la moitié des armoires avaient été
ouvertes, et un grand nombre de volumes manquaient. Quels étaient les auteurs
de ce vol? Le commissaire, dans son procès-verbal, n'en accuse point les reli-
gieux : «A la réquisition dudit sieur Housez'^j, et pour la propre satisfaction des
cr citoyens qui demeurent en ladite Maison, avons visité les chambres par eux
G. Lulelia Parisioniin erudita sui Icm-
poris , p. 120.
G. lirice, Nouvelle description de Paris , l. II,
p.
Pio-aniol de la Force, Description Itisiorifjiie de
Paris, t. V, p. iC3.
Menagiana, l. I, p. 19 G.
Catalogue des livres de notre bibliotlwque. Ar-
chives de l'Empire, série S, carton n° 37.3/1.
Tliiéry, Guide des amateurs et des étrangers
voyageurs à Paris, l. Il, [). 990. — Guéroull, Dic-
tionnaire de la France monarchique , p. 82.
Etat des revenus , rentes , fondations du courrai
et collège royal des grands (larmes, place Maubot.
Archives de ]"Eiiipire, série S, cnrlon n° '.]■]'.] h.
\oyez, à la Bibholhèqiie impériale, le cata-
logue spécial qui en a été dressé.
C'était le procureur du couvent.
II.
10 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
r occupées, ot n'y avons rien trouvé Les ouvrages volés finirent néanmoins
par reparaître, jiuisque, malgré la déclaration faite par le prieur, on constata,
lors (lu transport dans les dépots littéraires, la présence de 10,000 volumes
Nous ne connaissons qu'un seul catalogue de la bibliothèque des Carmes de la
place Maubei't, et encoi'e est-il nécessairement fort incomplet; c'est celui qui est
joini à ïl'Jnt fourni en 1790 par le couvent. Ce travail^ qui se compose de neuf
pa'jes in-folio écrites sur deux colonnes, porte en titre : Catalogue des livres de notre
l)ihliothè(jiu'. On lil à la lin : cr Cette collection de livres vient de nos devanciers,
f'.ladis nous avions des manuscrits, mais M. de Colbert les fit enlevei- poui- les
ff|)lacer à la bibliotliè(|ue du Roy'^'.n
Les (iarmes firent successivement graver pour leurs volumes deux estauqiilles.
Nous reproduisons ici celle que nous croyons la plus ancienne :
La seconde est plus grande; l'ovale qui figure sur la précédente et les ornements
dont il est entouré sont remplacés par un siiuple écusson accompagné des lettres
S. T. (SaïKid Theresa): l'exergue est placé entre deux filets et modifié:
la lin
L'estampille était presque toujours appliquée au commencement el à
des volumes. On la rencontre parfois frappée en or sur le dos, principalement sur
les m-ioho, où elle figure entre les deux derniers nerfs de la reliure.
Proch-vevlml pour roi J'ail avec cfraclion à la
liililiolliniiie des Cannes de In place Maubcrt. Archives
do l'Kiiipiie, série S, carlon 11° 878
Etat général des livres des maisons ecclésias-
tiques et religieuses du dêparlemenl de Paris. Ai'clii\ es
(le l'Empire, série iVl, carlon n°7()7.
Etal des rercnus, renies , fondations . etc. Ar-
chives de l'Eiiipii'e, série S, n° 'i')']'^h.
C A R M E S I ) E L A P L A C E M A U B E H T. 11
Ou Irouve aussi assez souveul, sur les plats des ouvrages relies, un (1 et un (i
etil relacés :
Les inscriptions manuscrites sont très-lréqueulcs el lrès-\ariées :
PflO (mVENTU FRATRUM CARMELITARUM 1^ [ RUE PARISIE\SI COMMOHANTWM.
EX LWRAItIA CARMEUTARUM MAURERTINORUM.
EX BIRLIOTHECA CONVENTUS ET COLLEGIJ REG1.I CARMELIT. PARISIENSIUM.
ISTE LIBER EST EX LIBRIS CARMEUTARUM PARISIENSIUM.
EX BIBUOTIIECA CARMEUTARUM PARISIENSIUM MAIGRIS CONVENTUS.
MAJORIS CARMEU MAUBERTINI PARISIENSIS.
DE LA BIBLIOTEQUE DU GRAND COUVENT DES CARMES DE PARIS.
\D USUM P. P. CARMEUTARUM PARISIENSIUM MAIORIS CONVENTUS.
Les Carmes de la place Maubert lui'ent, en 1790, léunis aux religieux du
même ordre qui habitaient la rue de Vaugirard, puis supprimés en 179--^. I^es
bâtiments qu'ils avaient occupés, d'abord transformés en manufacture darmes,
lui'ent démolis eu 181^, et sur leur eiuplacement s'éleva le marché couvei't qui
existe aujourd'hui.
FdC-3irriile héliographique.
Plan dît de T\irgol ( 1 739).
FACULTÉ DE MÉDECINE.
La médecine était-elle enseignée dans les écoles palatines? Cette (|nestioii,
longtemps controversée, est aujourd'hui résolue ])ar l'aiïirmative. Charlemagne
n'avait cependant pas une confiance exagérée dans la médecine, puisque, d'après
son chroniqueui', crplura arbitratu suo ([uam medicorum consilio laciebat ; n
néanmoins, en 8o5, par un capitulaire daté de Tiiionville il ordonna que l'art
de guérir ferait désormais partie de l'éducation. L'on sait, en outre, qu'il y avait
dans le palais d'Aix-la-Glia[telle un endroit nonnné Hipporralira tecla^^K
Il est incontestable aussi que la médecine figurait ])armi les cours faits aux
écoles de l'église Notre-Dame; les leçons se donnaient alors, dit Riolan, rren une
rr maison 011 il y avoit eudes estuves, entre f Hostel-Dieu el la maison defKvesque . i^
Or c'est précisément là qu'était situé, à cette époque, l'emplacement réservé aux
élèves du cloître II n'y avait d'ailleurs encore aucune réglementation fixe.
Jusqu'au commencement du xii*^ siècle, les maîtres professèrent ])resque tous, soit
chez eux, soit dans des salles louées à des particuliers qui habitaient la Cité;
Eginliard, Vita Caroli Magni ; clans Ducliesne,
Htsloriœ Francorum scriplores , t. II, p. loi.
Et. Baliize, Capilularia reguni Francorum,
t. I", p.
E. Dul)oiilay, Ilislorin Lnirersitalis Parisiensis ,
t. II, p. .572.
J. Riolan, (htrieuses recherches sur les escliolcs
en iiK-decine , p. qi. — rrA l'entrée de l'église, an-
fr dessons de la lonr qni est à main droite," dit
l'abbé LebeuF, Histoire de la cille et du diocèse de
Paris, t. I", p. 10.
Voyez ci-dessus, l. I", j). 1 et sniv.
1/t LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
c'était cependant le plus souvent dans la propre chambre du doyen qu'avaient lieu
les examens, les actes et les thèses ''^
Le xn*^ siècle vit renseignement se concentrer à Paris, qui, sous la parole élo-
qucnle d'Anselme, de Guillaume de Champeaux et surtout d'Abélard, devint ra-
pidement le loyer intellectuel de l'Europe. Le cloître de Notre-Dame ne put bientôt
plus suflire aux milliers d'étudiants qui affluaient dans la capitale; ils envahirent
le plateau de Sainte-Geneviève, et allèrent chercher des logements entre la place
Maubert et la Seine, et jusqu'à l'abbaye de Saint-Victor. Une organisation nou-
velle l'épondit promptement à ces besoins nouveaux. Vers l'année 1270, les dil-
lerentes spécialités représentées dans l'enseignement se formèrent en Facultés
distinctes et indépendantes les unes des autres, quoique toutes rattachées à
l'Uni veisité, leur mère commune, qui les associa à ses privilèges '2'. La Faculté
de théologie était déjà, en fait, transportée à la Sorbonne; la Faculté de droit
s'installa au clos Bruneau, rue Saint-Jean-de-Beauvais; et la Faculté des arts,
((ui comprenait la médecine, ouvrit ses écoles dans une masure située rue du
Fouarre'^', une des voies sombres et humides qui avoisinent la place Maubert*^ .
C'est en réalité de cette époque que date l'origine de la Faculté de médecine;
c'est alors qu'elle commence à avoir ses statuts, ses registres particuliers, et même
son sceau d'argent, dont l'achat fut résolu sous le décanat de Jean de Boset : cr Quod
fcsigillum lietde argento ad majorem confirmationem, n disent les statuts de 127/1,
qui furent rédigés par maîtres Jean de Parme, Jean Petit, Jean Breton, Pierre de
Neuchâtel, Pierre d'Allemagne et Bouret'^', les seuls médecins qu'il y eût encore
à Paris Tous alors enseignaient tour à tour, et pendant la durée de leur exer-
cice portaient le titre de maîtres-régents.
Bien que l'élude de la médecine fût interdite aux prêtres et aux moines'"', les
Clioinel , E^sai historique sur la médecine en
France, p. i o5.
^' J.-A. Hazon , Eloffe Itislori/jue de l'Université
de Paris, p. 85.
Cette rue, ouverte au commencement du
xin' siècle sur le clos Mauvoisin, qui dépendait du
(ief de Garlande, portait déjà à cette époque le nom
(le ricm Straminis [Cartulaire de Notre-Dame , t. IV,
p. 387); mais (Juillol, en i3oo, l'appelle nie de
l'Ecole, et le manuscrit de la bibliothèque Cotto-
nienne, en 1 4oo, rue des Escoules. On la trouve citée
dans les écrits de Pétrarque {Epistolœ de rchus se-
nililms, lib. I\, ep. i'), de Dante {Paradiso, c. x.
V. i3G) et de Uubelais {Pantagruel, liv. II, ch. x).
(ionime l'indique son nom laliu, l'expression rue du
Fouarre est tirée du vieux mot français fouare ou
feurre, qui dés'xfrnc paille.
Les maîtres ne renoncèrent cependant pas
encore à donner des leçons et même à faire subir
des examens dans leur demeure. Les statuts de
i35o décident que les examinateurs s'assembleront
chez le plus ancien des régents. Plus tard , en 1396,
nous voyons le doyen Pierre Desvallées déclarer
qu'un examen de bachelier a eu lieu chez lui, friu
ffdomo mea.n (Voyez les Co;/(«;CT(taiVes manuscrits
de la Faculté, t. 1", p. 3.)
Crevier, Histoire de l'Université de Paris, t. Il,
p. 55.
On voit, dans les Commentaires manuscrits de
la Faculté, qu'il n'y avait encore à Paris, eu iBgS,
que 3i médecins, 7a en i55o, 81 en i566, 40
en 1596, 85 en 1626, et 111 en i652. Or, en
1395, Paris comptait environ i3o,ooo habitants,
200,000 en i55o, 25o,uoo en 1 596 , et 53o,ooo
vers 1700.
A partir du xn° siècle seulement.
FACULTE DE MEDECINE. 15
docteurs étaient astreints au célibat, et cette règle subsista jus({u'à la réforme
o])érée dans l'Université, en i/i52,])ar le cardinal Guillaume d'Estouteville {^Guil-
lelmus TotaviUeus); dix ans auparavant, le doyen Gliailes de Mauregard, ayanl
épousé une veuve, avait été pour ce fait dépouillé de tous ses titres'''. Il va sans
dire que les Juifs ne pouvaient exercer la médecine ; Grégoire XIII, par une
bull(^ du 3o mars i58i, renouvela la défense qu'avaient faite à cet égard Paul IV
et l^ie IV. En 1/129, un décret du concile de Tortose défendit aux médecins de
faire plus de trois visites à un malade qui ne se serait pas confessé. Le concile dv
Paris, tenu la même année, sous la présidence de Jean de Nanton, archevêque de
Sens, leur ordonna d'engager les malades à se confesser, et de leur refuser toute
espèce de secours jusqu'à ce qu'ils eussent suivi ce conseil.
Les leçons étaient déjà très-suivies. Ce n'était pourtant pas un séjour attrayant
que le local de la iHie du Fouarre. Une escabelle, deux chandelles et (juehpies
bottes de paille éparpillées sur la terre nue'^' composaient tout le mobilier des
salles basses, où, dès cinq heures du matin, se pressaient les élèves. Le costume
des professeurs resta longtenq)s en harmonie avec ce milieu. On eut beaucoup de
peine à obtenir d eux qu'ils fissent leurs cours vêtus d'une robe convenable et
qui leur appartint; les statuts de i35o, dressés sous le décanat d'Adam de Fran-
cheville (^Adamm de Francovilla), les obligèrent à enseigner fin cappa rotunda.
frhonesta, propria, non commodata, de panno bono, de brunetta violacea t
En l'absence d'horloge, les étudiants se réglaient sur la cloche des églises voi-
sines : la messe des Carmes, qui se célébrait à cinq heures, donnait le premier
signal, puis venait, une heuie après, la sonnerie de frime à Noti-e-Dame. Quant
aux réunions solennelles de la Faculté, elles avaient lieu soit à l'église des Ma-
thurins, soit à Sainte-Geneviève-des-Ardents, soit à ]\otre-Dame, autour d'un
des grands bénitiers de ])ierre qui se trouvaient au pied des tours, r. 'm ecclesia
fParisiensi supra cuppam,n dit Héméré
Cependant, en 1869, l'école de médecine, devenue plus nombreuse et moins
pauvre, songea à se procurer un local spécial, distinct de celui qu'elle occupait
en commun avec la Faculté des arts. Elle acheta dans ce but, le -ih mai, une
petite maison située au coin de la rue de la Bûcherie et de celle des Rats t*^'; puis.
E. Duboulay, Histoiia U)ilrersilalis Parinicu-
sis, t. V, p. 54 1 .
Ibid. l. 111, p. /loo.
'^^ Cet nsa^e de faire asseoir les écoliers par
terre sur de la paille fut, eu i360, approuvé par
Urbain V, qui eu donna une explication assez sin-
gulière : rrScbolares Universitatis Farisiensis, au-
rrdieutes suas lectiones, sedeant in terra corani ma-
trgistris, non in scaninis vel sedibus eievatis a lerra ;
(fUt occasio superbiœ a juvenibus secludatur. n
II((T siiiil sluliild Fticiilliilis medkimp Piiii-
sins... aiino DoihIju iS.ïo , <hc i^i ineiists Oclohrts.
Cl. He'iiiéré, De [cadania Parisieiisi , j). ï)o.
— Voyez encore Dubi'eul, TItcaIre don (i)iliqiiile:
(le Paris, p. /i5i; et l abbé Lebeuf, lliitoiie de la
ville et du diocèse de Paris , t. 1", p. 2 1 .
J. Dubreul , Thealre des anli'/iiilei de Paris,
p. .ôGâ. — Eu octobre iGoo, eu faisant l'inventaire
des papiers de la Faculté, on trouva luie epistola
latina qui nieutionnail l'acquisition de rr|a place des
16 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
aussitôt installée dans cette demeure, elle s'occupa d'y réunir quel(|ues volumes.
La pensée était bonne, et on juge que son exécution ne devait pas exiger beaucoup
(le place, à une époque où l'école basait tout son enseignement sur des traduc-
tions (rilippocrate et de Galien, sur les préceptes de l'Ecole de Salerne, les vers
de Gilles de Corbeil, et quelques traités arabes d'Avicenne, d'Averroës et d'Isaac<>'.
Ce lurent à peu près là, en effet, les seuls ouvrages classiques jusqu'à Fernel,
qui , dit ïLazon , rr eut le rare honneur de voir ses livres enseignés de son vivant t^). -n
Nous avons cependant une preuve certaine de l'existence d'un commencement de
])ibliothèque à la Faculté dès l'année i^gi : le premier volume des Commentaires
nous apprend que, sous le décanat de Richard de Baudribosco '^^ l'école avait
donné en gage à Guillaume Boucher, médecin de Philippe de Bourgogne et de
(Charles VI, en retour d'une somme de 92 francs prêtée à la Faculté, les trois
ouvrages suivants :
Les Concordances de Pierre de Sainl-Flour
U Antidotarium d'Albucasis ;
Le Totiim Conlinens de Rhasès en deux volumes '"^ .
Lors de l'élection de chaque doyen, on dressait, en séance solennelle, un inven-
taire de tous les objets que la Faculté allait lui confier. Le nouvel élu en donnait
décharge à son prédécesseur, et s'engageait à les représenter lui-même intacts à
la fin de son exercice. Dans le premier inventaire de ce genre qui nous ait été
conservé, Pierre Desvallées [Peints de Vallilntsj, nommé doyen en iSqB, déclare
ff écoles des médecins qui sont en ia rue des Rais, en
rrdaUedii 2/1 mai 1869. n (T.-B. Bertrand , Annales
nictlki VIS. p. 83.)
Chomel, Essai historique sur' la médecine en
France, p. 117.
Hazon, Eloge Itislorique de la Facvllè de méde-
cine de Paris, p. 3.
Doyen de 1891 à 1092, suivant Clioniel.
Il fut, vers 1825, député de ia Faculté dans
des conférences relatives à la collation des bénéfices.
On le trouve désig'né sous iesnotns suivants :
Abulcasis, Uuckasis, Bulchasim, Azzahrawi , A:a-
ravius, Alzliaravius. Il était d'Azzalira près de Cor-
doue, et vécut au xi" siècle; cependant Casiri le
fait mourir en 11-29, et Freind au siècle seule-
ment. (]et Antidotarium est sans doute une des divi-
sions de son Al-Tassrif, (jui a été publié par Grimni ,
en 1519, in-folio , sous ce titi-e : Liber mediciiuc
iheoricœ necnon practicœ Alsaltravii. Il se divise en
deux parties dont chacune comprend quinze sections.
Dès 1A97, plusieurs traités d'Albucasis avaient été
inipriniés à Venise.
Rhasès ou Rasis exerça la médecine à Bagdad
et à Ray, et mourut vers gio. Son Contincns, (|ui
est divisé en dix livres , a été imprimé à Brescia , en
1 A80, sous ce titre : Continens Bliasis, ordinatus et
correcliis per clarissimum artium et medicinœ doc-
torei» , magistnini Hieroni/inum Suriainiin , mine in
Camnldulensi ordine dicatnni, -i vol. in-folio. C'est
très-probablement cette version que possédait la
Faculté. Ce traité, qui embrasse la médecine et la
chirurgie, est en grande partie tiré d'Aëtius et de
Paul. Rhasès n'en est évidemment pas te seul au-
teur, car on y rencontre les noms de plusieurs mé-
decins grecs moins anciens que lui, et qu'il n'a par
conséquent pu connaître. Il est donc probable que
ses disciples auront achevé et complété son livre;
ils ont toutefois négligé de le mettre en ordre.
rrMagister Guillelnnis Bouchei'ii habet Con-
r'cordancias Pétri de Sanclo Floro, Antidotarium
fr VIbucasis, et Totum Conlinens Rasis in duobiis
rr voluminibiis , in vadio dicto xxn Irancoruni. ul
rrcontinetur in alia |)apiro, in decanalu magistri
rrRichardi de Bodri Bo.icu.'n {Conimeiilnrii nis. viedi-
cinœ Fiicullat's Parisiensis , I. t'", p. 1.) — Voyez
ci-dessous la note 1, p. 18.
FACULTE DE MEDECINE. 17
avoir reçu les anciens statuts de l'école, un registre contenant ses privilèges, le
sceau de l'Université, plusieurs clefs, dont six à usage inconnu, etc. etc. et
en outre tous les livres qui composaient alors la bibliothèque de la Faculté;
c'étaient :
Un Abrégé des synonymes de Simon de Gènes
Un Traité de la lhériaque^'^>;
Une traduction du cinquième livre du CoIIiget d'Averroës ;
Un ancien Commentaire sur Avicenne;
Le second et le troisième livre des Canons d'Avicenne ;
Les Concordances de Jean de Saint-Amand
Deux traités de Jean Mesué : les Médicaments simples et la Pratique ;
V Antidotaire clarifié de Nicolas Myrepse^''';
Un grand volume contenant plusieurs traités de Galien;
Les Concordances de Pierre de Saint-Flour;
L Antidotariîim d'Albucasis ;
Le Totum Continens de Rhasès.
Il est indifféremment nommé, dans les ma-
nuscrits, Simo Januensis ou Geniastcs. 11 était de
Gênes et exerça quelque temps la médecine à Rome.
11 fut en même temps médecin et chapelain du pape
Nicolas IV; il s'établit sans doute plus tard en
France, car vers i29(), époque de sa mort, il était
chanoine de Rouen.
Galien a écrit un Traité de la thériaque, Ilepi
T>7s Q-ïjpiax-i)? , -CTpos Tïtacova, mais cet ouvrage lui
a été contesté. Il y a également un livre sur cette
matière dans les œuvres d'Averroës et dans celles de
Bernard Gordon.
' Averroës, Averrhoës , Averroys ou Averoïs
était de Cordoue, et vivait au xi" siècle. Le CoIIiget,
son œuvre capitale, est divisé en sept livres; il fut
imprimé pour la première fois à Venise en i482,
in-folio. Ses œuvres complètes, traduites en latin
j)ar le médecin juif Jacob Manlinus, forment onze
volimies in-folio, qui ont été publiés à Venise par
les Juntes, en i552. Une grande partie des ou-
vrages d'Averroës est encore inédite.
Avicenne mourut en 1087. Son Canori me-
dicinœ fut d'abord imprimé en arabe à Rome en
iSgS. Avant la fin du xv' siècle, on connaissait
déjà quatorze traductions latines de cet ouvrage;
la plus ancienne est due à Gérard de Crémone, et
la première édition ne porte ni date, ni lieu d'im-
pression.
Il était chanoine de Tournai, et vécut vers
II.
l'an 1900. 11 écrivit un long commentaire sur l'Au-
tidolaire de Nicolas Myrepse. On donnait peut-être
le nom de Concordanciœ à ses nombreux travaux
sur Hippocrate, dont un beau manuscrit était au-
trefois conservé à la bibliothèque de f abbaye de
Saint-Victor. (Voyez Chomel, Essai historique sur lu
médecine en France, p. 177 et 178.)
Mesué était fds d'un apothicaire persan. Son
Traité des médicaments simples a beaucoup de rap-
ports avec XAntidotaire de Nicolas Myrepse ; il a été
traduit en latin et imprimé à Venise en 1^71, sous
ce titre : Canones universaks de consolatione medici-
narutn simplicium, ex arabico in latinum translati.
Le mot Practica désigne un ouvrage plutôt astrolo-
gique que médical. Les œuvres complètes de Mesué ,
qui mourut vers 8A6, ont été publiées à Venise eu
i558, in-folio.
11 naquit à Alexandrie, et rédigea en grec son
Antidotarium vers l'an i3oo. Cet ouvrage fut tra-
duit en latin par Léonard Fuchs, qui le publia à
Bàle en iSig; une autre version, beaucoup moins
exacte et très-incomplète, avait été imprimée dès
1 5/11 à Ingolstadt par Nicolas de Reggio. C'est un
véritable Codex pharmacenticus , qui fut presque
aussitôt traduit en latin et adopté par la Faculté.
Tous les apothicaires furent alors obligés d'avoir cet
ouvTage chez eux et de se conformer h ses pres-
criptions. (Voyez A.-A. Monleil, Histoire des Français
des divers états, t. I", p. 38, note.)
3
18 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Ces trois derniers volumes étaient encore en la possession de Guillaume Bou-
cher
L'inventaire ((ui l'ut dressé Tannée suivante pour l'élection de Jean de Marie
comprend exactement les mêmes ouvi'ages.
Dès cette époque, la bibliothèque avait un règlement, (|ui a été retrouvé par
Sabatier dans un recueil de pièces manuscrites. Voici ce document, curieux à
bien des titres :
Spectatores manu sinistra ne utantor.
Libri suis forulis et ordinibus ne moventor.
Nemini, nisi sub chirographo mutuo, praebentor.
(îoinmodati , ne uHra niensem retinentor.
Inlegri et intaminati in suos ioculos referentor.
Plures quatuor senicl bue ne ingrediuntor.
Duas uitra horas no immorantor.
Qui libros rariores noverint, eoruni titulos
bibhophylaci lelinquuntor C-^).
On voit que la Faculté de médecine avait suivi le généreux exemple déjà
donné par la cathédrale et la Sorbonne, et qu'elle mettait ses richesses bibliogra-
phiques à la disposition des travailleurs. Nous montrerons plus loin que, comme
ra» -V» ^ ' /I ' f^t {'■''"''"''ntfirn ms. t^iadUilis timlicinn' l>(n-mcn.m, l. \ , p. \ \
J.-C. Sabatier, Recherches historiques sur la Faculté de médecine de Paris,
P-9-
FACULTE DE MEDECINE. 19
la Sorbonne, elle exigeait de l'emprunteui' un gage équivalent au prix du volume
prêté.
Ces livres, dons splendides accordés par des souverains ou légués par des
savants, étaient considérés comme le véritable trésor de la Faculté, et c'est à
eux qu'elle avait recours quand ses colîres étaient vides. Plus d'une lois elle
les engagea pour de fortes sommes, dans le cas, par exemple, où il s'agissait
d'envoyer des déj)utés aux conciles, aux états généraux En avril i3()'7, le
médecin Guillaume Boucher (Guillehnns Carnifcis ou Boucherii), dont nous avons
parlé, prêta une somme de quarante-huit livres à la Faculté, et reçut de nouveau
en garantie les Concordances de Pierre de Saint-Flour et le Contitiens de Rhasès.
La quittance délivrée à cette occasion par le doyen Jean de Marie nous a été con-
servée dans un recueil maimscrit, qui se trouve aujourd'hui à la bibliothèque de
l'école : Quittance du doyen de la Faculté, du dernier avril iSgj, par laquelle ilrecon-
noit avoir reçu de vénérable et discret homme Guillaume Carnificis, ez arlz et en
médecine, actuellement regent, la somme de à 8 francorum auri de cuno régis, sur la-
quelle ledit a engagé a livres : Totum Continens et les Concordances de Saint-Flour,
lesquels livres il avoit déjà engagés^^K ... La Faculté ne put restituer ces quarante-
huit francs d'or que treize ans après, en mars i/tio, presque au moment de la
mort de son créancier un autre recueil manuscrit nous en donne la preuve, et
nous apprend que, dans l'intervalle, sans doute pour répondre des intérêts de la
somme prêtée, on avait, cette fois encore, ajouté au nantissement \ Anlidotarium
d'Albucasis
A peine rentré à la bibliothèque, le Continens de Rhasès fut de nouveau donné
en gage; cette fois à Jean Lelièvre [Johannes Leporis), qui avait avancé trente
h'vres à la Faculté f^'. Enfin, quelques années après, ce volume fut prêté au
doyen Etienne de Rouvroy qui mourut sans l'avoir restitué. La Faculté fit des
démarches, et dut, en ikk6, envoyer une réclamation à Bourges, où demeuraient
alors les héritiers du défunt '''l
Hazon, Eloge historique de ta Faculté de méde-
cine de Paris, p. 65.
Instrumenta tum publica, tum privata in arca
Facultatis servata, p. 3 3 4. Ce recueil, dont un
double existe aux Archives de l'Empire , est d'autant
plus pre'cieux qu'il peut, jusqu'à un certain point,
remplacer les premiers volumes des Commentaires
manuscrits de la Faculté qui, comme on sait, sont
perdus. Voyez plus bas la notice sur les documents
historiques conserve's à la bibliolliècpie de l'école.
ffDie Dominica, sexta julii i/iio, obiit bonae
rmemoricB magister Guillelmus Carnificis seu Bon-
•-clierii. n (T.-B. Bertrand . Annales medici ms. p. 1 4
et 299.)
** ffDie martis i5 mensis martii iZiio, lue-
ffrunt . . . recuperati et redempti libri omnes Fa-
rrcultatis quos magister Guillelmus Boucherii liabe-
(fbat in pignore pro summa h8 lib. turonens. id est
ff Totum Continens Rhasis in duobus voluniinibus,
"Concordantiœ Pétri de Sancto Floro, et Antidota-
rrrium Albucasis. Facultas intègre satisfecit M. Bou-
ffcherii de praedicta summa. 1 (T.-B. Bertrand,
Annales medici ms. p. i5.)
Synopsis ms. rerum memoralilium , p. 2-2. —
T.-B. Bertrand, Annales medici ms. [). 3oo.
Doyen de 1 A 1 6 à 1 A 1 7 .
rri5 octobris ihkH . . . Meminit decanus ini-
ffpensarum 8 fr. pro litera passata per duos nota-
3.
20 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Cette même année i/no, la Libliotlièque s'enrichit du traité de Galien De
ntilùale partmm qui iui fut légué par Pierre d'Auxonne, médecin de Charles VI.
Il exigeait, dans son testament, que ce volume fût confié à tous les docteurs qui
voudraient en prendre copie; mais à charge par ceux-ci de dire ou de faire dire
une messe de requiem pour le repos de son âme L'année précédente, on avait
fondé une messe du Saint-Esprit, en faveur du médecin de Charles V, Evrard de
Conti^^', qui venait de mourir, et laissait à la Faculté quelques traités de Galien,
qu'il lui avait d'ailleurs promis depuis longtemps^*'.
Mais, si la bibliothèque acquérait des livres, elle en perdait aussi. Deux doyens,
Henri Thiboust*^' et Pierre Colomb t*^', avaient prêté de l'argent à la Faculté,
qui ne savait comment le leur rendre. Pour s'acquitter, elle se décida, le a dé-
cembre 1^87, à mettre en vente les œuvres de Turigianus, dont elle eut six écus
d'or^'''. Deux ans après Pierre Colombi mourut; il avait emprunté à la biblio-
thèque des livres qui ne se retrouvèrent pas dans sa succession. Ses héritiers, il
est vrai, offrirent de payer en argent la moitié de leur valeur^*', et la Faculté
semble avoir très-volontiers accepté cette transaction.
rrios pro mittendo Bituris , ad recupcrandimi librum
ffde Totiim continens, erga hœredes M. Stephani de
rrRouvroy.i {Synopsis ms. reruni memorabilium ,
p. ^1-)
rispi j^pei'as Twy èv àvdpûuov irwfxaTi fxo-
plwv ; c'est en physiologie Tœuvre capitale de Ga-
lien.
Riolan [Curieuses recherches sur les escholes en
médecine, additions, p. 9) et G. Patin [Lettres,
3o décembre i65o; édit. Reveillé- Parise, t. II,
p. 578) mentionnent, d'après les Commentaires ,
un manuscrit De uiilttate membrorum , qui aurait été
légué à la Faculté en 1090. L'erreur est évidente,
car les Commentaires ne contiennent rien de sem-
blable. Riolan et Patin ont mal lu la date, et
veulent certainement parler de la donation de Pierre
d Auxonne.
'^^ ffDie festo Decollationis S" J. |]. 1610, obiit
frmagister Petrus de Aussonno, qui legavit Facultali
ffrnedicœ librum Galeni de Utilitate Partium, qui
(tmanebit pênes decanum, et eum decanus concedet
trmagisiris qui voluerint légère; et qui ejus volebil
ffhabere copiam, tenebitur dicere aut facere dicere
rrmissam de requiem pro redemplione animai suœ.'n
(T.-B. P)ertrand, Annales medici ms. p. agg; repro-
duit en d'autres termes, p. 1/1. — Synopsis ms.
rerum memorabilium, p. 18.)
Evrard de Conti était très-instruit; il fit pour
Charles V une traduction des Problèmes d'Aristole.
(Voyez G. Naudé, De antiipiitate et dignitnte scholw
medicœ Parisicnsis , p. 44, et plus bas notre notice
sur la bibliothèque du roi.)
rrDie 99 maij i/ioa, Evrardus de Conty pro-
rrniisit se dare in testamento suo Facultati librum
ffS" textus Galeni, quod quidem fuit recuperatum
ffin decanatu magistri Yvonis Levis anno liog.
frFuit instituta de Sancto Spiritu missa ob legatio-
frnem supradictam.n (T.-B. Bertrand, Annales me-
dici ms. p. 1 1 .)
trDie i5 martii i4io,... Falcutas diligenter
ffinquisivi de recuperandis quibusdam libris , quos
fsuo testamento sibi legaverat magister Evrardus
rrde Conti. n (T.-B. Bertrand, Annales medici ms.
p. 298. — Synopsis ms. rerum memorabilium,
P-i6.)
Il avait été recteur de l'Université. Il fut trois
fois doyen, de i43o à i43i, de liSi à i439 et
de i439 à \kho.
w Doyen de i/i34 à i436.
ffDie 9 decenibris 1^37, pro acquitanda Facul-
fttate erga magistros Henricum Tbibout et Petruni
ffColumbi, magistri deliberaverunt imanimiter 11-
ffbrum Turigiani exponere venditioni, ex quoma-
rrgister Henricus Thiboust dicebat, quia Facullas
ffhaberet sex scula aurea.i [Synopsis ms. rerum
memorabilium , p. 38. — T.-B. Bertrand, Annales
medici ms. p. 317.) — Sur Turigianus, voyez plus
loin page 4o, note 1.
Hazon, Eloge historique de la Faculté de méde-
cine de Paris, p. G5.
FACULTE DE MEDECINE. 21
En revanche , nous trouvons deux donations à constater. Le doyen Jean Lévêque
légua à l'école, en i656, un manuscrit d'Avicenne et, vers 1A62, Guillaume
Musnier lui laissa un Compendium medicinœ, dont nous ignorons l'auteur*'^'.
Le nombre toujours croissant des élèves rendit bientôt insuffisante la petite
maison de la rue des Rats; mais il fut longtemps impossible, faute de fonds suffi-
sants, d'en acquérir une autre. Enfin, le jeudi 96 novembre i/iB/i, sous le décanat
de Denis-de-Soubz-le-Four, Jacques Despars, chanoine de l'Église de Paris,
médecin de Charles Vil, et l'un des hommes les plus distingués de sou temps,
convoqua solennellement la Faculté cr autour de l'un des grands benoistiersT) pour
aviser aux moyens de créer à l'école un logis plus convenable Despars propo-
sait d'acquérir une nouvelle maison et d'y réserver une place pour la bibliothèque;
il offrait, dans ce but, trois cents écus d'or, une grande partie de ses meilleurs
livres, amagnam partem suoriim meliorum librorum,ii et même des meubles,
ff utensilia ■)•) Despars fut remercié comme il le méritait; mais, bien qu'on pût
compter sur une faveur spéciale du roi, le moment fut jugé inopportun, à cause
de la guerre alors allumée contre les Anglais. Dans une autre réunion, tenue le
-10 mars 1^69, l'assemblée arrêta tr qu'elle achepteroit des Chartreux une vieille
cr maison size en la rue de la Bucherie, ioignant l'autre maison acquise par la-
cfdite Faculté long temps auparavant : ce qui fut fait pour le prix de dix livres
rr tournois de rente annuelle payable aux Chartreux n
Despars était mort quand cette acquisition fut décidée. 11 était resté jusqu'à la
fin fidèle à sa première pensée; car, outre les libéralités qu'il avait faites de son
vivant à la Faculté, il lui laissa par testament son célèbre commentaire sur Avi-
cenne, formant quinze volumes écrits de sa main sur vélin
''^ trAnno Domini ii56, ie 20° sept., undecima
(thora noctis, obiit magister Joannes Episcopi, el
(rdedit Avicennani Facultati medicinae.n {Comment,
ms. FacuUatis medicinœ Parkiensis , t. XXI , p. 1 14.)
— Jean Lévêque fut doyen de ii5o à ii53.
On lit dans l'inventaire dressé en lyiô :
flteni Compendium medicinœ, legatum Facultati
fper M. Guill. Musnerii;»! or Guillaume Musnier
fut doyen de 1 459 à i462. — Avicenne est auteui-
d'un Compendium medicinœ qui était très-estiraé au
xv" siècle; on en doit également un à (iiibert l'An-
glais, qui vécut vers 1 9 1 0.
Commentarii ms. Facultati.s medicinœ Parisien-
sis, t. Il , p. i36.
'''' rrOlTerebat 3oo scuta auri, magnam partem
ffsuorum meliorum librorum ot plura utensilia, ad
traptationem loci et librariam in dicta domo perd-
ffciendani. 11 (^Synopsis ms. rerum memorubilium .
p. hù.)
i. Dubreul, Théâtre des antiqinlez de Paris.
p. 5G2. — En i486, le doyen Richard Hélain ra-
cheta cette rente moyennant cent écus d'or.
aAnno Domini m° cccc° lvii", die tercia ja-
rrnuarii, hora prima vel cocirca post prandium,
ffdeccssit et dcbitum suum solvit honorandus.
fdoctus et recommendacione dignus , magister Ja-
ff cobus Despars , arcium et medicine doctor eximius .
ffthesaurarius ecclesie Tornacensis et canonicus ec-
rrclesie Parisiensis, in domo sua edificata in claus-
rrtro Nostre Domine; et sepultus est in ccclesia
(fejusdem, in capella Saneti Jacobi, rétro corum...
«■Ex testaniento legavit Facultati libros sequen-
frtes...j) Suit l'énuniération des volumes, au nombre
de quinze , qui composentle Commentaire des œuvres
d Aviconne. [Commentarii ms. Facultatis mcdicinir
Parisiensis, t. II, p. 180.) L'obit do Despars se
trouve dans le Nccrologe de Notre-Dame de Paris ^
à la date du iv des ides de sp])tembre. — On
22 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
La vieille maison nouvellement achetée fut démolie, et on allait commencer
à en édifier une autre sur son emplacement, quand une circonstance grave vint
interrompre les travaux.
Louis XI, qui, toujours tremblant pour sa vie, s'intéressait fort à la médecine,
désira avoir dans sa bibliothèque les œuvres de Rliasès. On ne connaissait alors à
Paris d'autre manuscrit complet de cet ouvrage que celui qui était conservé à la
bibliothèque de l'école. Jean de la Driesche, président de la chambre des comptes
et trésorier de France, alla donc, au nom du roi, trouver le doyen Jean Loiseau
[Johannes Avis), et le pria de confier à Sa Majesté les deux petits volumes formant
le Totum Contmens Rliasis; Louis XI s'engageait à ne les conserver que pendant le
temps strictement nécessaire pour rr en tirer copie, r Cette demande émut beau-
coup la Faculté. Comme on l'a vu, elle prêlait volontiers ses livres aux profes-
seurs et aux écoliers; mais elle comprenait qu'un volume, une fois entre les mains
du roi, serait bien difiicile à recouvrer. Les docteurs tinrent de nombreuses réu-
nions, et finirent par décider qu'ils ne se dessaisiraient de leur cher Rhasès que
sous bonne caution, savoir : douze marcs de vaisselle d'argent et un billet de cent
écus d'or qu'un riche bourgeois, nommé Malingre, consentait à souscrire pour le
roi. Dès que ces gages eurent été fournis, le volume fut remis au président de la
Driesche avec la lettre suivante :
Nostre souverain seigneur, tant el si treshumblemcnl que pius povons, nous nous recom-
mandons a vostre bonne grâce. Et vous plaise scavoir, noslrc souverain seigneur, que le président
des comptes maistre Jehan de la Driesche nous a dit que luy avez rescript quii vous envoyast
Totum Continens Basis pour le faire escrire; et pour ce quil nen a point, sachant que nous en
avons ung, nous a requis que luy voulsissons baillier.
Sire, combien que tous jours avons gardé tresprecieusement ledit livre, car cest le plus beau
et le plus singulier joyau de nostre faculté, et ne treuve len guerez de tel: neantmoins nous qui
de tout nostre cueur desirons vous complaire et aconiplir ce quil vous est agréable, comme tenuz
sommes, avons délivré audit président ledit livre pour le faire escrire; moyennant certain gaige
de vaisselle dargent et autre caution quil nous a baillée en seureté de le nous rendre, ainsy que
selon les estatuz de nostre dite faculté faire se doit, les quelz avons tous jurez aux sainctes euvan-
giies de Dieu garder et observer, ne autrement ne les povons avoir pour noz propres alfaires.
Sire, a lonneur et louenge de vous, et a lacroissement de iaditte faculté de medicine, nous
avons grant désir faire unes escolles et une tresbelle librairie, pour exaulser et eslever la
science de medicine en ceste vostre ville de Paris plus que onques mais, comme par ledit pré-
sident, auquel avons communiqué ceste matière, se votre plaisir est, serez adverti plus au long.
A quoy et pour les accomplir, avons besoing et mestier de votre tresbenigne grâce; si vous
suplions, sire, que icelle vous plaise nous impartir. Et a tous jours nous continuerons prier Dieu
pour vous et la Vierge Marie, afin quelle vous doint santé, bonne vie et longue, avec vray accom-
peut consulter encore sur ses libéralités : T.-B.
Bertrand, AnnnJeu vwdici ms. p. 28; Synopsis
ms. rcrum memorabilium , p. 5o; Hazon, Eloge
historique de la Faculté de médecine de Paris,
p. 6.'); Hazon, Notice des hommes les plus célèbres
de la Faculté de médecine de Paris , p. 16, et
L. Jacob, Traicté des plus belles bibliothèques,
p. 593.)
LES ANCIENNES B I BLI OTH EQ.U ES DE PARIS
r^^ij-^ <30^srÛ- tlv-yScv-îV^^ é^oW-K-^v^ /W^^TY <Xv*vv*<>, 9l-^X^,^
r
LETTRE DE LA FACULTE DE MEDECINE DE PAPvIS
AU P-OI LOUIS XI,
Franklin dir.
^A . Chardon atné , Paru-, r. J^aute^uille-'. 3o
E. Ta
FACULTE DE MEDECINE. 23
plissement de voz treshaulx et tresnobles désirs. Escript en vostre bonne ville de Paris le xxix"
jour de novembre.
Voz treshumbles et tresobeissans subiectz et serviteurs, les doyen, docteurs et maistres regens
do la faculté de medicine en luniversité de Paris.
An Roy nostre souverain seigneur
A la date de cette lettre , Jean Loiseau écrivait encore sur le registre contenant
les actes de son décanat : cr Plaçait pignus 19, marcarum argenti cum ili sterlinis,
rruna cum obligalione Malingre qui constituit se fidejussorem pro 100 sentis auri,
rr ultra pignus tr-aditum v
La Faculté avait profité de l'occasion pour apprendre au roi qu'elle était très-
pauvre, qu'elle avait depuis longtemps des projets d'agrandissement, et qu'une
subvention serait reçue avec reconnaissance; mais Louis XI lit la sourde oreille.
Le copiste qui avait été chargé de la transcription ne fut même payé que huit
ans après, si toutefois c'est à lui que s'applique la note suivante, extraite des
comptes de la chambre du roi : rrA Regnault Feulole, escripvain, demeurant à
cr Tours, pour le paiement de neuf cayers de parchemin, escripz en lettre bas-
er tarde, de plusieurs chappitres du livre de Rasis, et un petit traictié Du Régime,
crpour la persomie dudit seigneur, pour avoir fait enluminer plusieurs lettres d'or,
fc d'azur, et pour avoir relié et cousu en ung livre et icelluy avoir couvert de ve-
rrloux cramoisy, 9 liv. t ;î s. 6 d. t.
Le 'ih janvier lU'j'i, les œuvres de Rhasès rentraient à la bibliothèque, et la
Faculté restituait les gages qu elle avait exigés. Elle remerciait en même temps
messire Jean de la Driesclie de ses peines et soins, et lui rendait l'obligation nota-
riée qu'il avait dû signer en recevant le volume
Il semble que le prêt des livres, même aux professeurs de l'école, était alors
accordé beaucoup plus difficilement (ju'au siècle précédent, et entouré de ga-
ranties dont il n'était pas encore question dans le règlement que nous avons
donné plus haut. En mars 1^71, le doyen avait obligé, sous peine de parjure,
tous les docteurs à rapporter les volumes qui leur avaient été confiés '^l On en vint
Coiniiieittarii dis. Facullatis mcdicince Parisien-
sis, t. II, p. 297. — Lo commeiiremeiit de cfilte
lettre a éiè publié pour la première fois par G.
Naudé dans ses Additiom à l'hintoire de Louis XI ,
p. .38, avec de très-nombreuses variantes, qui ont
été successivement reproduites dans les ouvrages
suivants : Hazon, Eloge historique de la Faculté dn
médecine de Paris, p. ^i.3 ; E. Duboulay, Historia Uiii-
versitatis Parisiensis , t. V, p. 885; T.-B. Bertrand,
Annales medici ms. p. 33o; Sijnopsis ms. rerum
memorahilinm , p. 5t);L. Lalanne, Curiosités biblio-
graphiques, p. î35.
^' Ommentarii ms. Fticultiitis medicinœ Parisien-
sis, t. 11, p. -298.
Douël d'Arcq, Extraits de trois comptes de
la chambre du roi Louis XL Compte de i'i8i,
rrDie 2Û januarii 1 iy-i, restituuntur Facultati
^duo volumina Totiiis Coiilinenlis Uliasisper D. pr;p-
Tsidoin computorum , ipia; nuper Magestati commo-
Tdata fuerant. Conclusum est regratiandum esse
T(ioniino prœsidi de pœnis et laboribus sumptisper
Teum pro Facultate erga Majestatem; illiqiie suam
-robligationem per notariés confectam reddendam
fresse.') (T.-B. Bertrand , Annales medici ms. p. 33i .)
rrDie «2 0 martii 1 t . . . . Item significanduni
r'omnibus magisliis regenlibus et non regentibus,
fTut libres, quos liabenl a Facultate, infra dieni
24 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
à demander aux emprunteurs, non-seulement un reçu comme précédemment,
mais encore un gage d'une valeur supérieure à celle du volume Au mois d'oc-
tobre 1/171, Regnauld Leroi [Reginaldus Régis) ayant voulu emprunter un volume
d'Avicenne, sa demande fut repoussée, parce qu'il ne présentait pas en garantie
un objet d'un prix plus élevé que celui de ce livre, rrquia pignus non erat majoris
cr valoris n
Aussitôt que la Faculté eut été remise en possession de son cher Rhasès, elle
reprit ses projets d'agrandissement. Sur l'emplacement de la maison achetée aux
Chartreux, le doyen Guillaume Bazin fît commencer de nouvelles constructions
qui, jusqu'en 1/177^^', se continuèrent «petit à petit, des bienfaits des docteurs,
ftet aussi de l'argent qui devoit leur estre distribué pour leur assistance aux
ff actes y> En effet, chaque bachelier, après sa réception, était tenu d'aller rendre
visite à ses examinateurs et aux autres maîtres régents. Dans le principe ils leur
offraient, en témoignage de reconnaissance, des épices telles que de la muscade,
du gingembre, du poivre, de la cannelle. Quand ces substances furent devenues
communes, on les remplaça par des bourses plus ou moins garnies, qui finirent
elles-mêmes par ne plus représenter qu'une somme fixe; au xiv^ siècle les bourses
étaient estimées sept sois*'').
Les donations de livres continuaient, mais fort lentement. En septembre 1/172,
Charles de Mauregard léguait à la Faculté un commentaire sur YArspan^a de
Galien , et les régents votaient des remerciments à sa veuve et à ses exécuteurs
testamentaires**'. Durant les treize années suivantes, nous ne trouvons aucune
libéralité de ce genre à mentionner; cependant, dans l'inventaire qui fut dressé
en 1 /»85, pour le décanat de Richard Hélain on voit figurer, outre les ouvrages
que nous avons déjà énumérés, sept sermons très-richement ornés, et deux vo-
lumes des fameux Commentaires qui nous ont conservé l'histoire de la Faculté
rrmartis proximum ad decanum mitlanl, sub pœna
rrperjurii.n [Synopsis ms. rerum meniorabilium ,
p. 59.)
rrDie 20 marlii 1671, conclusum est. ...
fTSupplicantes magistros posse habere quemlibet !i-
ffbrum Facultalis, sed cum schedida et pignore valo-
ffris majoris.» (T.-B. Bertrand, Annales medici ms.
p. 829.)
Synopsis ms. rerum mcmorahilium , p. 5g.
— Mentionné par Cl. Hdmére', De Academia Pari-
siensi, p. 54.
Doyen de à liyS.
Synopsis ms. rerum memorabiimm, p. 61. —
Crevier, Histoire de l'Université de Paris, t. IV,
p. 356 ; il ajoute : rrJe ne puis dire dans quel en-
ffdroit, avant cette construction, les professeurs
(fdonnoient leurs leçons. 1
Félibien, Histoire de Paris, t. II, p. 867.
J. Dubreul, Théâtre des antiquités de Paris,
p. 562.
Commentariims. medicinœ Facultatis Parisien-
sis, t. I, p. 3.
rfDie ai septembris 1^72, post prandium,
r . . . . Facultas regratiata est niagistris quorum
ff opéra Arteni commentatam defuncti M. Garoli de
ffMauregart obtinuerat; item et execuloribus ejus
ff testament!, atque ipsius uxori, ob acceptum ab
ffeis libenlique animo concessum munus, gratias
ffegit. ■« [Synopsis ms. rerum memorabilium , p. 61.
— T.-B. Bertrand, Annales medici ms. p. 33 1.)
— Ch. de Mauregard fut doyen de ihhi à ikhb.
Doyen de i/i85 à 1/188, mort en i5i6.
Commcntarii ms. Facultatis medicinœ Parisien-
sis, t. III, p.
FACULTE DE MEDECINE. 25
En 1^91, Régnier Hannegrève légua encore à l'école deux beaux manuscrits
sur vélin, enluminés et bien reliés; l'un contenait un traité intitulé Alexander
loLTpos^-', l'autre le Colliget d'Averroës Enfin, en i5oo, le doyen Guillaume
Bazin'*' lui laissa par testament le seul ouvrage connu du médecin arabe Avenzoar'^l
Mais déjà la petite collection avait tenté la cupidité des voleurs. Un des régents
avait pour domestique un sieur Pliilbert, qui s'introduisit dans la bibliothèque et
y déroba plusieurs volumes, dont deux seulement purent être aussitôt recouvrés.
Le coupable fut arrêté et mis en prison pour trois mois'*^'. La Faculté dut prendre
des mesures sévères, et, sans écouter aucune réclamation , elle ferma momentané-
ment la bibliothèque'^^ En même temps, le doyen Richard Hélain donna deux écus
d'or pour acheter des chaînes de fer destinées à attacher les livres sur les tables'*'.
Ces chaînes étaient encore conservées à l'école de médecine en 1770 '°'; elles ont
disparu depuis, avec tant d'autres précieux souvenirs de cette époque.
Cependant la confiance tardait à renaître, et les donations, les legs de livres
devenaient de plus en plus rares. La Faculté y suppléa en achetant de ses deniers
quelques volumes. En janvier iBaô, elle acquit ainsi les œuvres de Galien et
en décembre 1 Say, celles d'Hippocrate Vingt ans après, Jean Desjardins (yoA.fm-
Doyen de 1675 à 1^77, mort en 1^91.
Certainement l'ouvrage suivant qui fut im-
primé à Lyon en iboh : Alexandri lalri practica,
cum expositione glossœ interlineans Jacobi de Parti-
bus el Simonis Januensis. L'auteur, Alexandre de
Tralies, était Lydien, mais on ne sait s'il vécut au
i\\ au v" ou au vi' siècle. On croit qu'il voyagea
en Gaule, et qu'il exerça surtout à Rome, où il
était connu sous le nom d'Alexandre le Médecin.
(fDie 25 junii 1^91, Facultas acceptât duos
rrlibros oplimos m. s. in pcrganio, bene religatos
"in assoribus, et illuminalos : Alexander ia-vpôs et
rrColliget Averroïs. n (T.-B. Bcrtiand , Annales medici
ms. p. 337.)
'''' Reçu docteur en i/iGG, élu doyen en 1672,
mort le 10 mars 1000.
ffDie 10 martii i5oo, suuni diem obiit ma-
(rgister Guill. Basiu . . . Hic tradidit ex legatione Fa-
ffcultati libruni Avenzoart, concatenandum cum
n-aliis in bibliollieca scholarum.fl (T.-B. Bertrand,
Annales medici ms. p. 3/15.) — Le mot Avenzoar
est, dit-on, la corruption d'Abou Merwan Ben
Abdel Melek Ben Zohr; on prétend aussi que ce
médecin vécut cent treute-six ans sans avoir jamais
été malade. Ce quil y a de plus certain, c'est
(ju'il était contemporain d'Averroës, qu'il naquit à
Sé ville et y exerça.
-17 januarii 1A97. ngitur de quodam Phil-
ffberto, quem M. de Castro commiserat utdomum
ffsuam et scholas servaret. Ille enim suffuratus fue-
i-frat multos e bibliotheca libros , quorum duo recu-
rrperantur diligentia decani.» [Sijnopsis ms. rerum
memorabilium , p. 82.)
TfDie k martii 1/197 queruntur adhuc
rr quidam quod adhuc clausœ essent scholae; alla-
frmen clausa fuit usque dum numerarentur libri. »
(T.-B. Bertrand, yl)i>ia/e.s»ie(/«c«?«.9. p. 3A2.)
frDiei2 novembris(i 509), Facultas egit gra-
rrtias an)plissimas magistro Richardo Helain,quod,
rrad ligandos in burello libros cum catenis ferreis.
rr duo scuta dedisset. 1 ( Synopsis ms. rerum memorabi-
lium , p. 101. — T.-B. Bertrand , Annales medici ms.
p. 355.) — Ces chaînes étaient rivées à une patte
de fer solidement fixée par des clous en haut de
la couverture, alors presque toujours en bois et
fort épaisse. On rencontre très -fréquemment des
manuscrits qui portent encore les traces de ces fer-
rures, mais bien rarement ils ont conservé quelques
anneaux de la chaîne qui les attachait. (Voyez à la
bibliothèque Mazarine le manuscrit coté T ài'j.)
Hazon , Eloge historique de la Faculté de mé-
decine de Paris, p. G6.
frDie 3o januarii i526, conclusum est ut
rf emerentur omnia Galeni volumina grœce scripta. 1
(T.-B. Bertrand, Annales medici ms. p. 366.)
ffDie 1 II decembris 1527.... Facultas voluit
Zi
26 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
nés de Hortis ou Hortensis) donna à ia bibliothèque un autre volume de Galien^^).
Mais de nouvelles soustractions eurent certainement lieu vers i555; car, à cette
date, on reprocha au doyen son incurie, on l'invita à veiller désormais plus soi-
gneusement sur la bibliothèque, et à faire rédiger un catalogue des volumes qui
restaient Ce travail fut-il exécuté? Gela est douteux. Près de dix ans plus tard,
en mars i56/i, nous voyons encore la Faculté désigner des commissaires pour
s'occuper d'un catalogue, et en même temps pour réclamer deux volumes pré-
cédemment empruntés par le doyen Jacques Hollier, qui était mort depuis deux
ans^^'.
Les pertes qu'avait subies la collection semblent avoir produit un décourage-
ment général. Les seuls témoignages que nous rencontrions à partir de ce mo-
ment nous présentent la bibliothèque comme bien déchue et à peu près abandonnée.
Le P. Jacob disait d'elle en i6/i2 : tell n'en reste à présent que la mémoire dans-
er les autheurs n Un Guide de 1716 confirme encore cette assertion : rrOn voyoit
cr autrefois, dit-il, aux écoles de médecine une bibliothèque assez curieuse, parce
rr qu'elle contenoit des livres sur des matières singulières, joint aux manuscrits
trdont elle étoit fournie n Enfin Bourru, dans la préface du catalogue qu'il ré-
digea plus tard, regrette les beaux manuscrits qui ont disparu de la bibliothèque,
et la splendeur dont, dit-il, on peut à peine retrouver les vestiges; il déplore
l'état d'abandon dans lequel on l'avait laissée, et n'hésite pas à l'attribuer au-
tant à l'incurie des doyens qu'aux larcins commis du dehors
La Faculté songeait d'ailleurs bien plus alors à augmenter ses bâtiments qu'à
conserver sa bibliothèque. En iSiQ, elle était devenue propriétaire d'une grande
maison voisine, croù pendoit pour enseigne les Trois Roys ^'^Kii Dix ans après, elle
faisait élever de trois pieds la salle qu'occupait la bibliothèque, et y installait sa
chapelle; les Commentaires ne songent même pas à dire dans quel endroit les
livres furent alors transportés En i568, la Faculté acheta une autre maison,
rrut Hippocralis liber emeretur. 1 [Synopsis iiis. L.Jacob, Traicté des plus belles bibliothèques
rermn memombiliutn , p. 19 1. — T.-B. Bertrand, publiques et particulières , p. .596.
Annales medici ms. p. .367.) Le Voyageur fidèle, ou le Guide des étrangers
Hazon, Notice des hommes les plus célèbres de dans la ville de Paris, p. ,'5 00.
la Faculté de médecine de Paris, p. 97. — Desjar- '"^^ rfVerum qiia mala fortuna accident, ut nunc
dins (ut doyen de iSai à iSaô, et mourut le ffagnosci vix queant veteris illius splendoris vesti-
3i janvier 15^7. ffgia, animo non capitur; nisi forsan extraneorum
' (rDie i5 nov. i555 , querilur niagister Nico- ffsubtilitas in subripiendis clanculuni et furtive .
rrlaus Vigoureux nuiltos e bii)liollieca libros scho- -rvel codicibus integris, vel librorum paginis, par
tflarum furlo ablatos; superstituni cataioguni fieri , rrfuerit cum incuria eorum quibus tanti thesauri
rra])liusque quani anlea clavibus illamoccludi petit. -rcustodia conimittebalur. 1 (E.-G. Bourru, Calalo-
ffBes ad decanuni domandalur. {Synopsis vis. re- gus librorum qui in bibliotheca Facultatis saluberrimœ
ruin memorabilium , p. 168. — T.-B. Bertrand, Parisiensis asservanlur, praefatio.)
Annales medici ms. p. ,388.) v') J. Dubreul, Théâtre des antiquités de Paris,
Synopsis ms. rerum memorab.p. 181. — J. Hol- p. 563.
lier lut doyen de i5/i6 à i568, et mourut en iSGa. rDie i4 noveiubris iSaS, de consilio archi-
FACULTE DE MEDECINE. 27
donnant sur la rue des Rats , et qui était appelée la maimndu Soufflet ; on l'abattit,
et sur son emplacement fut organisé un petit jardin botanique Quarante ans
plus tard, l'école acquit encore, mais cette fois au coin de la rue du Fouarre,
cfune maison où souloil pendre comme enseigne l image Saincte Catherine, avec
ff une grande masure pour y bastir un magnifique théâtre anathomique'^'. ri Celui-ci
tombait en ruine dès 1678; il fut alors restauré de fond en comble, ainsi que les
autres bâtiments de la Faculté, grâce à la générosité du chanoine Michel le Masle,
abbé Desroches qui dans la suite laissa toute sa bibliothèque à la Sorbonne'^'.
Cet amphithéâtre ne dura guère que quatre-vingts ans; on le démolit en 17^9,
et on en construisit un autre, tout à fait monumental, au coin de la rue de la
Bûclierie et de celle des Rats. Ce dernier, devenu propriété nationale pendant
la Révolution, fut vendu le 28 décembre 1810.
Il a subi depuis lors d'étranges transformations.
Sur la rue de l'Hôtel-Colbert, qui a remplacé la rue des Rats, on a percé dans
l amphithéâtre une porte qui sert aujourd'hui d'entrée à un estaminet, dont l'unique
salle est naturellement de forme à peu près ronde; deux billards y sont établis.
Au-dessous, dans les caves voûtées, se trouve un marchand de vins. Tout le reste
de l'amphithéâtre a été, jusqu'aux combles, coupé par des planchers, et divisé
en quatre étages qui renferment de petits logements; on arrive à ceux-ci par un
étroit escalier en bois, dont la niche a été pratiquée au dehors, dans l'espace que
la convexité de l'édifice laissait libre.
La façade qui donne sur la rue de la Bûcherie porte le numéro i3, et est oc-
cupée du haut en bas par un de ces établissements que Jacques de Vitry, au
xm*" siècle, regrettait de voir si fréquemment installés dans le voisinage des
écoles'^*. A côté, une porte cochère, également surmontée du numéro i3, donne
accès dans une maison où existe un lavoir public. La cour est très-étroite. A
gauche, juste en face de la loge du concierge, apparaît l'entrée principale et assez
f lectorum, construitur sacellum in eo loco in quo
Tjani videtur antiqua Ijibliolheca ad très pedes
freievata. '> {Synopsis ms. rei urn memoi abtliuiit ,
!'• 12 3.)
Lemaire , Paris ancien et nouveau, t. II , p. 6 1 1 .
Féliljien, llisloire de Paris, t. II, p. 867.
^' J. Dubreul, Thealre des antiquitez de Parts,
p. 063.
fflllustriss. abbas D. des Roches, in ecclesia
"Parisiensi prœcentor. donationem 3o,ooo lib. turo-
-ncnsiuni, menibranis pergamenis consignatam....
-ac regio sigillo munitani, misit ad decanuni, per
• nianus D. Gandin, baccalaurei theologi... ad in-
-staurationem scholarum vetustate collabentium. ^
[Synopsis ms. rerum meinorahilium , p. SgS.) —
Voyez encore : Remerciemenl à mcssirc Michel le
Masle, conseiller du roi en ses conseils d'Etat et
privé, chantre et chanoine de l'Eglise de Paris , abbé
Des Roches , etc. au nom de la Faculté de médecine
de Paris, par l'un de ses docteurs, pour le l'établis-
sement de leurs écoles. Paris, 16/1 .3, in-4°.
Voyez ci-dessus, t. I", p. 266 et suiv.
Voyez tome I", p. 3 , note 1 . — Voici un rap-
prochement assez curieux : en septembre i^gS, la
Faculté se décida à louer une maison contiguë aux
bâtiments de l'école, parce que, disent les Commen-
taires, rrinea meretricibus pernoctantibus una cum
ffsuis laenonibus, lupanar esset maximo Facultalis
ffdedecori.i {Synopsis ms. rerum memorabilium ,
p. 76.)
h.
28 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
élégante de l'amphithéâtre; un peu plus bas que le fronton qui la surmonte,
une longue plaque de marbre noir porte, en lettres d'or, l'inscription suivante :
AMPHITHEATflVM
y£TATE COLLAPSUM /ERE SUO RESTITUERUNT MEDICI PARISIENSES
A. R. S. H. M.DCC.XLIV. M" Elu Col de Vilars Decano
La porte d'entrée des autres bâtiments de la Faculté est dans le fond de la cour,
à droite de l'amphithéâtre. Les sculptures n'ont rien de remarquable, mais au-
dessous de la corniche supérieure se trouve une plaque de marbre, sur laquelle
on lit :
JERE D. D. MICHAELIS LE MASLE REGIA
SANCTIORIBUS CONSILIIS PROTONOTARII APOS-
TOLICI PR.ECENTORIS ET CANONICI ECCLESI/E
PARISIENSIS PRIORIS AC DOMINI DES ROCHES ETC
M. ANTONIO LE MOINE PARISINO DECANO
ANNO R. S. H. M.DC.LXXVIII
La Faculté, dit Hazon, rrfit placer sur la porte intérieure des écoles un marbre
«qui exprimoit, en lettres d'or, sa recoimoissance, avec deux figures de grandeur
rr naturelle, qui joignoient les armes de la Faculté avec celles de l'illustre abbé <''i-»
(Desroches). Ces sculptures sont aujourd'hui absolument méconnaissables. Quant
aux deux inscriptions que nous venons de rapporter, et qui n'avaient pas encore
été recueillies, elles sont devenues presque illisibles, et c'est à grand' peine que
nous avons pu déchiffrer la première. Il est indispensable de les faire promptement
Hazon, Eloge historique de la Faculté de médecine de Paris, p. yi.
FACULTE DE MEDECINE. 29
enlever, si l'on ne veut voir disparaître ces curieux souvenirs des anciennes écoles
de médecine. Leur vraie place est, au reste, tout indiquée d'avance dans la bi-
bliothèque actuelle, qui n'a que trop besoin d'ornements de ce genre.
Retournons sur nos pas.
Les études médicales devenaient chaque jour plus régulières et plus complètes,
et l'on songeait fréquemment à reconstituer une bibliothèque spéciale pour la Fa-
culté. Mais d'un côté le manque d'argent, de l'autre l'indolence des doyens, re-
tardaient sans cesse l'exécution de ce projet. Une occasion exceptionnelle finit par
se présenter.
Pierre Michon, plus connu sous le nom d'abbé Bourdelot, qui fut médecin du
grand Gondé, puis de la reine Christine, avait reçu de son oncle, l'orientaliste
Jean Bourdelot, une bibliothèque nombreuse'^'. 11 la laissa par testament à son
neveu Pierre Bonnet-Bourdelot, en exprimant le vœu qu'il la transmît à son tour
à l'école de médecine'^'. Bonnet continua à enrichir la collection qu'il venait
d'acquérir ainsi et, en 1691, six ans seulement après la mort de son oncle, il
l'offrit à la Faculté sous la seule condition qu'elle serait ouverte tous les jeudis
au public
L'école ne se prononça pas aussitôt. Elle nomma huit commissaires, qui, après
mûr examen, rtre diligenter examinata,n déclarèrent que cette bibliothèque ne
pouvait être acceptée '""^ la Faculté n'étant pas en mesure de faire face aux frais
qu'entraînerait son installation, et redoutant d'ailleurs que, si on lui voyait entre-
prendre de pareilles dépenses, on ne crût ses finances en trop bon état^'''. La vraie
raison de ces craintes n'est pas clairement exprimée dans les registres de l'école;
mais Bourru nous la fournit. La guerre que soutenait alors la France avait obéré
le trésor; on levait des taxes un peu sur tout, et l'on n'eût pas manqué d'imposer
lourdement la Faculté si on lui eût supposé des réserves f^'.
Legallois, Trailté des plus belles bibliothèques
de l'Europe, p. 128.
Hazon, Notice historique des hommes les plus
célèbres de la Faculté de médecine de Paris, p. 127.
Menaffiana, t. II, p. 111.
tfPetrus Bonnetus Bourdelot, régis chi-istia-
rrnissimi niedicus primarius, ... aiino 1 O91 medicis
ff Parisiensibus numerosam librorum supellectileni
ff quam ipse collegerat oblulit. n (E.-C. Bourru, Ca-
talogus librorum saluberrimœ Facultalis, prœfalio.)
ffEa lege ut eorura, conimodo loco colloca-
rrtoruni, singulis diebus jovis philiatris copia dare-
fftur. n (T.-B. Bertrand, Annales medici nis. p. 279.)
ffQuo quidem optimi viri beneficio potiri
rruondum datum fuit, quod quibusdam impensis
fftueri necessum fuisset.i (E.-C. Bourru, Cata-
logus librorum saluberrimœ Facultalis, praefatio.)
tfTum... quod, propter œrarii FacuUatis
rqjenuriam, oblalam a viro clarissimo D. Bonnet
ff Bourdelot librorum medicorum bibliothecam non
fraccipiendani esse a nobis satius existiniasset de-
ffcanus; tum ob temporum diflicultatem : ne dum
rrextruendis locis ad libres collocando.s idoneis
trmagnos sumptus l'ecissemus, hinc occasio snmere-
trlur sub opinione optimi rerum nostrarum status,
rrgravius quoddani a nobis vectigal expetendi.i
(T.-B. Bertrand, Annales medici ms. p. '277.)
(fTimebat eteniin Facultas saluberriina ne
fr propter bellum, quod tune temporis magnopere
ffsœviebat, subsidiis vexaretur, si quibusdam sum-
ff ptibus minus necessariis mentiretur, ut ita dicani ,
(rdivitias.n (E.-C. Bourru, Calalogus librorum qui
in bibliotheca Facultalis saluberrimœ asservantur ,
prœfatio.)
30 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Bourdelot comprit. Il voulut, de ses propres deniers, organiser ia biblio-
thèque"', et oiTrit, dans ce but, deux mille livres. Le doyen lui transmit les re-
mercîments de la Faculté, et accepta avec empressement; non toutefois sans
revenir de nouveau sur le triste état où se trouvait la caisse de l'école
Toutes ces négociations avaient employé près de deux années. Que se passa-t-il
ensuite? On ne sait. Le doyen regarda-t-il comme trop dangereux encore l'ar-
rangement proposé par le donateur, et la bibliothèque ne fut-elle pas livrée ;
on bien faut-il s'en prendre à l'incroyable désordre qui régnait alors dans la
Faculté? Ce qu'il y a de sûr, c'est que, peu d'années après, il ne restait déjà plus
trace de la belle bibliothèque de Bourdelot '^^
Malgré le peu de succès qu'avait eu celte tentative, elle fut bientôt renouvelée.
C'est à l'année 1783 que remonte en réalité l'origine de la bibliothèque actuelle
de la Faculté, et c'est au savant Picoté de Belestre que revient l'honneur de cette
création. Il avait réuni une collection très-précieuse, qu'il laissa à son ami Claude
Joseph Prévost, avocat au Parlement. Celui-ci, suivant les dernières volontés de
Belestre, était tenu de donner ces livres à un des établissements d'instruction de
l'Académie de Paris, afin qu'ils fussent mis à la disposition du public'^'. Cette
clause du testament était ainsi conçue : rc Je lègue à mon exécuteur testamentaii-e,
rrM, Prévost, advocat en Parlement, ma bibliothèque pour estre par luy établie,
ffen mon nom, au service public dans l'Université de Paris d'où je suis docteur;
fret ce dans le lieu où il trouvera qu'on voudra la recevoir, et estimera le plus
rc convenable f*^'. n Claude Prévost s'en dessaisit aussitôt en faveur de la Faculté de
médecine.
ff Causam recusationis intelligens M. Bour-
rrdelot, non satis laudanda largitate, ex suo œre
rret suismetipsis denariis bibliolliecam quam offe-
frrebat locavit. d (E.-C. Bourru, Catalogus librorum
saluherrimœ Faeullatis, prœfatio.)
ffDie 2 aprilis iGgS, decrevit Facultas con-
ff\ocata, cuni graliarum aclione, accipiendos esse
fra niagistro Pctro Bonnet Bourdelot libros quos
^•Facultati vir munilicus obtulerat; sed ea iege ut
rrbis mille libellarum summa, quam promiserat,
ffab ipso concederelur, ad suscipiendos necessario
rrsumptus, ut locandœ hiiic bibliothecœ locus para-
fe relur, quos Facultas ferre, pro œrarii sui pauci-
fftate, non poterat.n (T.-B. Bertrand, Annales me-
dici ms. p. 282.)
Hazon , Eloge historique de la Faculté de mé-
decine de Paris, p. 66.
'''' ffAst eheu, quœnam sunt rerum bumanarum
ff vices! Dum nemo bujusce bibliothecœ curam
ffgerit, inde brevi evanuit; jamque ex ea vix quid-
ffqiiam superest, nisi nomen collatoris munificen-
tftissimi. n' (E.-C. Bourru, Catalogus librorum salii-
heriimcE Facultatis , prœfatio.)
ffAb anno itaque lySS nostrœ bibliothecœ
rrrepetenda est origo. Neinpe M. Franciscus Pi-
rrcoté de Belestre, vir litteratissimus et preliosis-
ffsima librorum collectione dives, divitias hasce
rrlitterarias, auro cariores, viro consultissimo M.
ff Claudio Josepho Prévost, in Senatu Parisiensi
ffcausaruin patrono, amico suo, dum viveret, fide-
fflissimo, legavit, ut in Academia Parisiensi litte-
ff ratorum usui consecrarentur. n (E.-C. Bourru , Ca-
talogus librorum saluberriinœ Facultatis, prœfatio.)
— Ce passage est textuellement copié de l'ouvrage
intitulé : Ritus , usus et laudabiles Facultatis medi-
cinœ Parisiensis consuetudines , authoritate totius ejus-
dem Ordinis excusa. Paris, lySi, in-18, p. i3o.
H.-T. Baron, Catalogus librorum Facultatis
mcdicinœ Parisiensis bibliothecam componentium ,
p. 1.
FACULTÉ DE MÉDECINE.
31
Le samedi k juillet lySS, tous les professeurs furent convoqués, afin de sta-
tuer sur cette donation. Claude Prévost, invité à prendre part à la réunion, re-
nouvela son ofTre, et exposa les conditions dont il croyait devoir l'accompagner
pour réaliser les désirs du défunt. La bibliothèque serait conservée avec soin, et
installée de manière que le public pût en jouir; le catalogue, qui avait déjà
été dressé, serait signé par le doyen en exercice; de plus, à la fin de chaque
décanat, un récolement exact des livres aurait lieu, et décharge serait donnée
par le nouveau doyen à son prédécesseur ('l Ces conditions furent acceptées à
l'unanimité, et des remercîments adressés à Claude Prévost au nom de la Fa-
culté (^).
Huit jours après, le doyen H.-Théodore Baron se rendit rue des Deux-Portes,
au dernier domicile de Picoté de Belestre. En présence de deux notaires, il signa
l'inventaire qui avait été dressé, et prit possession de la bibliothèque ainsi que
rf[Anno Domini lySS], die sabbali 4° julii,
tfconvocali sunt doctores omnes medici in scholas
tfsuperiores, liora décima niatutina, per schedulam
ffab apparitoribiis singulis doctoribiis delatani : de
tf bibliolheca M' Francisci Picoté de Belestre , collegaî
crfato functi, recipienda deliberaturi. In haec comitia
ffintrodnctus est M" Ciaiidiiis Josephus Prévost,
f celeberrimus in Senatu Parisiensi causarum pa-
!t tronus , M' Francisci Picoté de Belestre testamenli
"Curalor, (jui . . . his verbis congregatam Facultatem
"allocutus est : . ... ffNoiiiino, in vini testamenli,
rrFacuUatem niedicinœ Parisiensem, ut accipiat
ff bibliolbecani M' Francisci Picolé de Belestre,
f^ejusdem Facullatis doctoris, publicis usibus, ejus
crnomine, inslituendain in loco, non soluni libris
(ftestalorisetaliis qui, si beneres prospèrent, incre-
miento eis poterunt esse, conservandis idoneo, sed
'reliam libroruni studiosis, ut facillime et iis fre-
tf quenter utantur,commodo, virisque litteratis digno,
"cuni tuta et assidua ipsorum custodia, viri litleris
'rinstrucli et i'acili librorum conmiunione, prout de
fboc conveniendum aut statuendum crit; ea efiam
rriege, ut vigilantissimus decaiins, et qui in ejus
rémunère ipsi succèdent, catalogum , ex decreto
ffSenatus a notariis et a me subscriptum, et quoties
flibri augebuntur nugendum, subsignent, salvaiii
rret integram remaneie bibliolbecam fidejubentes.
ffEt quoties munus decani in aliuni transferetur,
'•is qui illud siiscipiet eamdem fidejussioneni sub-
fTScribat, recognita ab ipso integritate bibliotbecœ,
trde qua Senatus cerlior fiet per actum qui in suis
rrtabulis referetur, auditis illusti'issimis regiis qua-
Tdrumviris, qui bibliotliecam quoties ipsis pla-
ffcuerit visitabunt; quœque visitabitur a rectore
fUniversitatis Parisiensis, tanquam patrimonium
cfacademicum, juribus et privilegiis Universitatis
rrgaudens. n [Commentarii ms. medicinœ Facullatis
Parisiensis, t. XIX, p. 9 3 7.)
frQuibus auditis, rein deliberationem missa.
ffrogatisque singulorum doclorum sententiis, om-
ffues, unanimi consensu, statuerunt accipiendam
tresse bibliolbecam M' Francisci Picolé de Belestre,
frcoUegœ falo functi, juxta verba quœ ad Faculta-
fftem habuit M" Claudius Josephus Prévost; ipsi
ffsummas agendas esse gratias pro hoc amplissimo
ftmunere, (pio Facultatem medicam Parisiensem
frdotare munificenlissime voluerit. [Commentarii
ms. medicinœ FacuUatis Parisiensis , t. XIX, p. ySg.)
ff Extrait de la minutie de l'inventaire fait
ffpar Gervais Laisné, l'un des notaires soussignés,
fret son confrère, le 5 janvier ly.jS et jom's sui-
ffvanls, après le décès de W François Picoté de
ff Belestre , docteur régent de la Faculté de médecine
rrà Paris.
ffLe i3 juillet 1783, au mandement dudit
ff M' Claude Joseph Prévost, advocat en Parlement,
ff audit nom d'exéculeur testamentaire dudit Fran-
-fçois Picolé de Belesli'e, les conseillers du roy,
rr notaires à Paris soussignez, se sont transportez
ffcn la maison qui appartenoil au défimt sieur de
ff Belestre, rue des Deux-Porles, dans l'appartenient
ffoù est resté la bibliothèque, et où estoient pré-
ffsents M° Hyacinthe -Théodore Baron, docteur
ffregent et doyen de la Faculté de médecine en
rr l'Université de Paris, demeurant isle Nostre-Dame,
'rriie des Deux- Ponts, paroisse Saint-Loiiis, et la-
32 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
de cent cinquante volumes*'' que, par l'intermédiaire de Claude Prévost, la veuve
de Jacques Amelot de Beaulieu, premier président à la Cour des aides '■^^ venait
frditte veuve Malleray. Ledit sieur Prévost a repré-
ffsenté Je catalogue qui a esté dressé, reveù et
ff reconnu par plusieurs personnes lettrés, et nota-
frment par plusieurs de Messieurs les docteurs de
fia Faculté de médecine, des livres coniposans la
"bibliothèque dudit deffunt sieur de Belestre, pour
rr estre laditte bibliothèque , conformément à ce qui
trest ordonné par les arrests de la cour du Parle-
ffinent des dix mars, vingt-quatre avril et vingt
fret un may, le tout de la présente année, établie
rren l'Université de Paris dans la Faculté de mé-
rrdecine, à l'endroit dont il sera convenu avec
rr Messieurs de laditte Faculté et ledit sieur Pre-
cfvost, suivant le décret de laditte Faculté, fait
rr entre eux en datte du quatre des présents mois
tret an. . . 1 (H.-T. Baron , Catahgus Ubrorum Facul-
tatis medicinœ Parisiensis bibliolkecam compoiieii-
tium, p. 3.)
Voyez Catahgus Ubrorum quos Facullatis me-
diciiue Parisiensis bibliothecœ adjun-xit nobilis fœmina
D" Amelot; dans le Catalogne de H. T. Baron,
p. io6 à io8.
rrlllustrissima femina Ammelot," disent les
Commentaires , t. XX, p. 282. — Voyezaussi Hazon,
Notice historique sur les hommes les plus célèbres de
la Faculté de médecine de Paris, p. 91/1. — Amelot
de Beaulieu avait possédé une très-riche biblio-
thèque dont le P. Jacob a fait l'éloge {Traicté des
plus belles bibliothèques publiques et particulières,
p. igS), et dont les volumes sont recounaissables
par la marque suivante , qui est presque toujours
frappée en or sur les plats :
Michel de Marolles écrivait un peu plus tard :
L'Amelotle a son prix; d'une maison puissante,
Elle est riche, elle est belle avec tous ses atraits.
.te n'entreprendrai pas d'en faire les portraits;
.Mais dans son grand dessein , on la voit excellente.
( M. (le Marolles, Paris ou description sncc'indu et nrttnUnfiins
assez ample de cette grande ville, p. A9. )
FACULTÉ DE MÉDECINE. 33
d'ofîVir à la Faculté Philippe Hecquct y ajouta environ treize cents volunies'^',
(ju'il tira de sa propre bibliothèque
Mais, pour que, selon le vœu exprimé parles donateurs, la nouvelle collection
pût être mise à la disposition du public, il fallait avant tout en rédigei' le cata-
logue. Ce travail fut aussitôt entrepris par le doyen Hyacinte-Théodore Baron
et la manière dont il fut exécuté prouve quels sentiments de gratitude l'école
conservait pour Picoté de Belcstre. On eut soin en effet de faire copier, en tête
de la liste de ses livres, toutes les pièces relatives à sa libéralité. Le catalogue
de Baron forme un volume in-folio, qui existe aujourd'hui à la bibliothèque de
la Faculté.
rrLibris M. deBelestre accessere, curisejusdem Né le 1 1 février 1661 , doyen de 17 la à 1 7 1 4 ,
n M. Prévost , libri D. viduœ Amelot. -o (E. C. Bourru , mort le 1 1 avrU 1 7.37. Il écrivait prescpje toujours
Catalogus librorum saluherrimœ Facultatis , prœfatio.) son nom sur la première page de ses livres :
et.
Voyez Catalogus librorum qui augendœ Fa-
cultatis medicinœ Parisiensis bibliotkecœ accesserunt,
ex liberalitate magisiri Philippi Hecquet, anliqui
decani; dans le Catalogue de H. -T. Baron, p. 109
à 202.
rrHuicce librorum collectioni, ex liberalitate
«■M' Philippi Hecquet, antiqui Facultatis decani, ad-
ffjuncta est nova librorum copia , ex ejusdem biblio-
ffthecadeprompta.17 (E.-G. Bourru, Catalogus libro-
rum saluberrimœ Facultatis, prœfatio.)
H.-T. Baron possédait lui-même mie assez
belle bibliothèque , et il donna plus tard plusieurs
précieux volumes à la Faculté; on trouve sur quel-
ques-uns d'entre eux cet ex libris :
norvATcReins.
M.IIyacifvthi ThccdoriBarcn
Anlùjf luB'acuyltuàs Medùcùux.
Ccfj-frcramRe^uy etEoccrcduiim
Prolo nvedico
11.
3
34
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
H est intitulé :
Catalogus
Librorum Facidtatis Medicinœ
Parisiensis Bibliolhecam
componentium.
Ex Dono et liberalitate M'"
Francisci Picoté De Belestre ,
CoUegœ clarissimi;
M' PhiKppi Hecquet, antùjui
facultatis nostrœ Decani;
et Nobiîis feminœ Antoniœ
de Brion, Viduœ Magistri
Amelot. in Senatu Parisiensi
Prœsidis :
M" Hyacinthe Theodoro
Baron , Parisino , tcrtium
Decano ,
anno ijSS t^'.
Ce catalogue est compris dans un volume
in-folio, dont a 65 pages seulement ont e'té em-
ployées.
On lit au verso de la couverture :
ffCe volume est le catalogue original des livres
trde la bibliothèque de la Faculté, qui doit rester
fcdans l'armoire des archives dont M. le doyen a
ffla clef, pour y inscrire les livres à mesure qu'il
T en survient de nouveaux . . .v
Le volume contient les pièces suivantes :
Extrait du testament de M. François Picoté de Beiestre.
Concession de la bibliothèque de M. de Beleftre à la Fa-
cilite de médecine par M. Prévost, son exécuteur testamentaire.
Décret de la Faculté pour accepter la donation de la biblio-
thèque de M. de Belestre.
Acte par-devant notaires de la délivrance de la biblio-
thèque de M. de Belestre, faite par M. Prévost à M. H. -T.
Baron , doyen; dont la rainutte est restée à M. Gervais, l'un
des dits notaires.
Calalo|;us librorum M' Francisci Picoté de Belestre, Facul-
tatis medicinœ Parisiensis doctoris.
Catalogus librorum quos Facultatis medicinœ Parisiensis
bibliothecœ adjunxit nobilis femina D" Amelot.
Catalogus librorum qui augendœ Facultatis medicinœ Pa-
risiensis bibliothfica; accesserunt, ex liberalitate magistri
Philippi lle((iuet, antiqui ejusdcni Facultatis decani.
Beconiioissance de M. Retieaume, doyen, successeur de
M. Baron , qui le décharge des livres donnés à la Faculté de
médecine de Paris par M. do Belestre, madame la présidente
Amelot et M. Hecquet.
M. Michaele Ludovico Reneaume decano, accessere biblio-
thecœ Facultatis sequentes libri . . . , ex liberalitate M. Jac-
ques... [et] aliorum doctorum.
Catalogus librorum quos vei dono dédit vel coUegit ad
augendam Facultatis bibliothecam , decanatus sui tempore ,
M. Reneaume.
Reconnoissance de M. Bourdelin , qui décharge M. Re-
neaume, son prédécesseur, des livres de la bibliothèque de
la Faculté el de ceux qui y ont été ajoutés jusqu'à la fin de
son décanat.
Catalogus librorum quos, n° loo. M"' Phiiippus Hecquet,
antiquus Facultatis decanus, testamento suo Facultati salu-
berrimîB reliquit, anno 1787, M" Ludovico Claudio Bour-
delin decano.
Reconnoissance de M. Chôme! père, doyen, qui décharge
M. Bourdelin des livres composant la bibliothèque de
la Faculté et de ceux y ajoutés jusqu'à la fin de son dé-
canat . . .
Reconnoissance de M. G.-J. de l'Epine, doyen de la Faculté
de médecine , qui décharge, en la personne de M. Chomel le
fils, la succession et les autres héritiers de M. Chomel père,
décédé étant doyen, au mois de juillet 1760, de tous les
livres composant la bibliothèque de la Faculté jusqu'à cette
époque.
Catalogus librorum veteris bibliothecœ qui extant.
Catalogus librorum qui accesserunt bibliothecaî Facultatis
medicina; Parisiensis, M° Guillelmo Josepho de l'Epine et
M° Joanne-Baptista Thoma Martinenq successive decanatum
gerenlibus, a mense novembris 1744 ad mensem novembris
1 750 :
Ex dono M' Eliœ Col de Viiars, antiqui decani.
Ex dono M' Joannis-BaptistiE Ludovici Chomel.
Ex dono M' Winslow.
Ex dono M' Marteau.
Ex dono M' Jacques.
Ex dono M' Boyer.
Ex dono M' Pousse, filii.
Ex dono M' de la Sone.
Ex dono M' Liger.
FACULTÉ DE MÉDECINE.
35
Ce premier fonds s'augmenta rapidement. Le chirurgien Jacques''^ et Miciiel-
Ijouis Reneaume'-* y ajoutèrent tous leurs livres*^'. Pli. Hecquet, en mourant,
donna encore cent volumes^'*'; et Eiie Col de Vilars légua toute sa biblio-
thèqueBien d'autres, dont les noms sont restés inconnus, vinrent successive-
ment apporter leur tribut à la collection de la Faculté
On entendait d'ailleurs cette fois la conserver intacte, et toutes les clauses im-
posées par P. de Belcstre furent pendant longtemps très-scrupuleusement obser-
vées. Voici, par exemple, le modèle de la décharge c{ue chaque doyen était tenu
de remettre à son prédécesseur lors de son entrée en exercice :
Je soussigné Louis Claude Bourdelin, docteur regent et doyen de la Faculté de médecine en
l'Université de Paris, déclare qu'au désir du décret de ladite Faculté du Ix"""" juillet 1783, re-
counoissance ayant esté par moy faite sur le présent catalogue des livres, tant de maistre Fran-
çois Picoté de Belestre que de ceux de M° Philippe Hecquet et de madame la présidente Amelol,
iesdits livres composant quant à présent la bibliotéque de ladite Faculté de médecine, ils
se sont trouvés en nature suivant le dit catalogue; reconnoissant qu'ils m'ont été délivrés
par M' Michel Louis Reneaume de la Garanne, cy devant doyen, qui en demeure quitte et
déchargé, au terme du dit décret. Fait à Paris dans les Ecoles supérieures de la Faculté ce
i5""' may 1788.
Bourdelin, doyen
Reconnoissance de M. Marteau , bibliothécaire en charfje,
qui, aux termes des statuts, s'est chargé de tous les livres
de la bibliothèciue , après en avoir fait la révision en pré-
sence de M. Baron fils, actuellement doyen, et de MM. de
l'Epine et Martinenq, ses prédécesseurs, ainsi que de tous
MM. les anciens bibliothécaires, à l'exception de M. de la
Cioye, qui éloit décédé le 26 octobre 1748. . .
Libri qui Facultatis medicina} Parisiensis bibliothecœ ac-
cesserunt. M" Hyacintbo Tbeodoro Baron decano , a mense
novembris anni 1760 ad mensem novembris 1766.
Reconnoissance de M. Paris , bibliothécaire actuel de la
Faculté , qui . . . s'est chargé de tous les livres compris au pré-
sent catalogue, ainsi que de ceux provenants de l'échange des
doubles . . .
Accesserunt, decano M" J.-B.-L. Chomel, Parisino, libri
(jui sequuntur.
État des livres de la bibliothèque de la Faculté. . . , lesquels
se sont trouvés doubles ou triples, et ont été échangés ou
vendus pour en acheter de nouveaux, conformément au décret
de la dilte Faculté du di.x-huit octobre mil sept cens cin-
(jiiante-trois.
Historia metallica Facultatis raedicina; Parisiensis, sive
coilectio numismatum, tum argenteorum, tum aaneorum,
qua; a decanis prÉedictas Facultatis excusa sunt; incœpta
M° Hyacinthe Théodore Baron decano, anno 175').
(Ces deux derniers inventaires sont à la fin du
volume, chacun avec sa pagination propre.)
Voyez M. Michaele Ludovico Reneaume de-
cano, accessere hihliolhecœ Facultatis seqiieiites libri,
ex liberalitate M. Jacques; dans le Catalogue de
H. -T. Baron, p. 207.
Doyen de 1 784 à 1 786, mort le 97 mars 1 789.
Voyez Catalogus librorum quos vel dono dédit
vel collcgit ad augendam Facultatis bibliothecam ,
decanatus sut tempore, M. Reneaume; dans le Cata-
logue de H.-T. Baron , p. 211.
ffCentum seiecta volumina,n disent les Com-
mentaires, t. XX, p. 289. — Voyez Catalogus libro-
rum quos, n° 100, magistcr Ptiilippus Hecquet,
aiitiquus Facultatis decanus, testamento suo Facultati
saluberrimœ reliquit, anno 1 7^7 : M° Ludovico Claudio
Bourdelin decano; dans le Catalogue de H.-T. Baron ,
p. 228 à 282.
Né en 1676, doyen de 17/10 à 1768, mort
le 26 juin 1 7A5.
Hazon, Eloge historique de la Faculté de mé-
decine de Paris, p. 66. — Catalogue manuscrit de
H.-T. Baron, p. 287.
ffINostram denmm bibliothecam paulaliin ad-
frauxerunt libri numéro multi, legati aut donati a
ffMM. Elia Col de Viiars, Helvetius, Jaques, Re-
ffneauiue, caeterisque doctoribiis qui opéra sua typis
trdemandala ut plurimum in Facultatis bibliotheca
trreponi curant, unde huic quolannis novœ fieri
rrpossunt, et rêvera fiunt accessiones. n (E.-G.
Bourru, Catalogus librorum saluberrimœ Facultatis,
prœfatio.)
Catalogue manuscrit de H.-T. Baron, p. 227.
5.
36 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
La Faculté décida encore qu'elle choisirait parmi les docteurs un bibliothé-
caire, qui serait élu pour deux ans seulement Cette dernière condition paraît
avoir été violée dès le principe en faveur de Jean-Louis-Livin Baude de la Cloye ,
le premier bibliothécaire qu'ait eu la Faculté. Il se chargea d'organiser la collec-
tion et d'en dresser un nouveau catalogue ; ces différentes opérations l'occupèrent
jusqu'à sa mort, arrivée le 26 octobre 17/1.8^'^'. On lit dans un passage des
Commentaires, que de la Cloye rrpro libris bibliothecœ sponsorem se dederat ac
rr fidejussorem erga Facultatem n
La nomination de Baude de la Cloye était faite surtout en vue de l'avenir;
car, fidèle à l'engagement qu'elle avait pris en acceptant le legs de de Belestre,
la Faculté avait résolu d'ouvrir promptement sa bibliothèque au public. Elle crut
dès lors devoir adjoindre au bibliothécaire un homme de service, qui resta
toujours désigné sur les registres avec le titre (ïapparitor'^''^^. Elle fixa en même
temps le chiffre des émoluments affectés à chacun de ces fonctionnaires ; le pre-
mier dut recevoir par an 3oo livres, et le second 5o livres Cette organisation
subsista sans changements jusqu'en 1792.
De la Cloye, nous l'avons dit, s'était chargé de la confection d'un second cata-
logue conqjlet. Ce travail fut achevé en 17/1.5; il forme un volume in-folio, qui est
aujourd'hui conservé à la bibliothèque Mazarine. La couverture porte ces mots :
Catalogue pour le service de la bibliothèque publique des Ecoles de médecine de Paris.
Puis on lit sur le premier feuillet de garde :
Catalogus librorum omnium in-folio, m-li°, in-8°, in-ia", et minori forma, qui pertinent ad
bibiiothecam Facultatis medicinae Parisiensis; a M° Joanne Ludovico Livino Baude de la Cloye,
primo hujus bibliothecœ prefecto, D. M. P. conscriptus, 17^6.
Enfin, sur la première page :
Calalogus aulhorum alphabeticus librorum impressorum manuscriptorumque bibliothecœ
Facultatis medicœ Parisiensis, a M" Baude de Lacloy. — P. D. B. désignât libros a magistro
Picoté de Bellestre, doctore ejusdem Facultatis, legatos. — A. D. vidua Amelot. — H. Hecquet.
ffVerum, ut novis deprasdationilms nulius
ffdeinceps daretur locus, Faeullas saluberrima unum
rr e suis doctoribus bibliothecœ in posterum prœfec-
rrturum fore decrevit anno 1787, M. Ludovico
ff Claudio Bourdelin decano : qui doctor in bienniuni
ffsolummodo eligitur, quo perfectissima inter om-
trnes doctores servelur ffiqualitas-n (E. -G. Bourru,
Calalogus Uhrorum saluhernmce Facultatis, prœfatio.)
'^^ Commentarii ms. medicinœ Facultatis Parisien-
sis, t. XXI, p. 258.
Commentarii ms. medicinœ Facultatis Parisien-
sis, t. XX, p. 9q3.
ffDecrevil... Ordo snluberrimus quolibet ciijiis-
rrque hebdomadis jovis die, quo solo vacant schoiae,
rc bibiiothecam aperiendam esse; eidem vero bihlio-
ffthecœ prœficiendum esse unum e suis doctoribus...
rrCensuit eadeni Facultas in bibliothecœ ministnmi
rrappeilandum esse unum e suis apparitorihus. 5:
(Commentarii vis. medicinœ Facultatis Parisiensis ,
t. XX, p. 333.)
^' rrDoctori quidem, pro suo honorario , sum-
rrmam trecentarum libellarum quotannis solvendam
rresse; apparitori aulem, pro sua opéra, quinqua-
rrgenta hbellarum sununam quotannis etiam esse
rrconcedendam. 55 (Commentarii ms. medicinœ Facul-
tatis Parisiensis, t. XX, p. 3 Si.)
FACULTE DE MEDECINE.
37
— I. Jacques. — R. Reneaume; ut in catalogo a D° Hiaciniho Thoodoro Raion, anli(iuo de-
cano, facto reperitur
A la fin de l'année 17^6, tout était donc disposé pour recevoii- ie public. Les
livres étaient classés de manière que tout volume demandé piit être aussitôt
trouvé; des trois catalogues (ju'on avait l'intention de faii'e, l'un était terminé, les
autres commencés; le discours qui devait inaugurer la séance d'ouverture était
tout prêt, et l'orateur bien disposé, crparata oratio, paratus orator;ii il ne man-
quait donc plus que l'examen et la permission de l'autorité supérieure
Le 28 janvier 1766, sur les quatre heures, le doyen, accompagné du biblio-
thécaire, se rendit chez le procureur général Joly de Fleury, pour lui annoncei-
que la Faculté attendait ses ordres, et le prier de donner aussi promptcmcnt que
possible l'autorisation nécessaire
11 avait été arrêté que la bibliothèque serait ouverte à tous ceux qui s'y pré-
senteraient, médecins, étudiants, lettrés, érudits les jeudis, de deux heures et
demie jusqu'au soir^^', pendant toute l'année scolaire, et fermée seulement pen-
dant les vacances de la Faculté, du 29 juin au ik septembre^"'.
C'est le 3 mars 17/16 qu'eut lieu la séance d'ouverture; le public avait été pré-
venu, et ffdès ce premier jour, disent les Commentaires, les amis de la médecine,
cret bien d'autres personnes, commencèrent à fréquenter notre bibliothèque nais-
Bibliothèque Mazarine, Manuscrits, n" SiaS.
ffQuamvis nondum publici juris facta foret
ffbibliotheca medica, non deses aut iners remanse-
frrat illius prasfectus. Ita jam in ordine sibi noto
rr coilocaverat onines codices, ut quemcunique li-
tfbrum, qui in ea contineretur, ab eo postularemus
rf(et saepe postulabamus, ob lites), illico sub manu
"•repertum ob oculos poneret. E tribus quos medi-
fftabatur catalogis, duos, si non perfecerat, saltem
rrdisposuerat; janijam igitur in graliam eruditorum
-et philiatrorum copiam illius pubiice facere para-
ffbamus. Parata oratio, paratus orator (Bourdelin ,
<rant. decanus). Expectabatur tanlum dios a pro-
fcuratore calbolico indicenda , ut recognoscerentur
«■soleniniteret avdevTfitâs omnia voluniina. n (Com-
mentarii ms. nmliciiiœ Facultaiis Paris, t. XXI , p . 4 1 .)
ffDie inartis 26° januarii 17^6, circa quar-
-lani horam vespertinam, integerrimum hune ma-
frgistratutn (Joly dn Fleury patrem) adivi, comitatus
fflaudalo .M"' de la Cloye bibliothecœ prœi'ecto. Ex-
(fposui pênes nos non esse, si nondum esset juris
ff publici. Libros esse in ordine dispositos; omnes
rfposse, statim atque vellet, eos recognosci; biblio-
«•thecae nostrœ prœfectum niliil antiquius habere
f-quam ut copiam illius faceret doctrinœ cupidis;
(rquotidiana experientia nobis eum coniprobasse ,
rfse non promittere plus quam posset. . . Quodju-
fr béret Curia, paratos esse nos exequi; produxisse
rfuos, et in nianus ejus substitut! integerrimi D°' de
rrBoullenois tradidisse unicum nostrum exempinr
fforiginale catalogi librorum bibliothecœ quod su-
ftperesset. Si quid amplius postularet, juberet. «
[Coinmentarii ms. medichw Facultaiis Parisiensis ,
t. XXI, p. il.)
ffCredidimus publicœ rei maie nos esse con-
ffsulturos, si diutius bibliothecam medicam, certe
ffnon aspernabileni , in gratiam phihatrorum, nec-
f non eruditorum , aperire et publico usui commo-
ffdare differremus. n {Commentarii ms. mcdicime Fa-
cultaiis Parisiensis , t. XXI, p. 5o.)
Nous suivons toujours les textes manuscrits.
Un Guiik de 17G0 dit que la bibliothèque de la
Faculté était ouverte de deux à cinq heures en hi-
ver et jusqu'à six heures en été. Voyez Jèze, Etat
ou tableau de la ville de Paris , considérée relative-
ment au nécessaire, à l'utile et à l'agréable, p. igG.
rrStaluit... Facultas saluberrima, ut biblio-
ftheca sua litteratis ac philiatris pateret omnibus,
frdiebus jovis totius aimi academici, scilicet a die
tr 1 h septembris ad diem 39 junii, cum Cacili libro-
'Tum communicatione. " (E.-C. Bourru, Catalogus
librorum saluberrimœ Facultaiis, prœfatio.)
38 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
rr santé et à y travailler ''1 ii Cette date mémorable ne lut pas seulement inscrite
dans les registres de l'école, une médaille fut frappée pour en perpétuer le sou-
venir f"^^; elle portait, disent les Commentaires^^', d'un côté la tête du doyen alors en
exercice, de l'autre l'inscription suivante : Bibliotheca publici juris facta, die jovis
3° MARTH, M.DCC.xLvi. G. J. DE l'Epune decano. Nous n'avous pu retrouver cette
médaille, et il faut peut-être admettre ici une erreur dans les Commentaires. Nous
i-eproduisons le fac-similé
de la seule pièce relative à notre Libliollièque que possède le cabinet des médailles
de la Bibliothèque impériale. L'inscription citée par les Commentaires s'y lit tex-
tuellement; mais le revers porte, au lieu de la tête du doyen, une vue du nouvel
amphithéâtre qui avait été inauguré par J. B. Winslovv, le i8 février de l'année
précédente.
Le service de la bibliothèque continua dès lors avec une grande régularité ; et
chaque année, à l'issue des vacances, une affiche placardée sur les murs de l'école
annonçait à tous la réouverture de la salle de travail
Cependant la Faculté se ressouvint qu'elle avait jadis possédé une bibliothèque,
peu nombreuse sans doute, car elle ne dépassa jamais trente-deux volumes,
frnunquam triginta supra duo volumina superavit^^^ n mais dont la valeur n'avait
rrAssiijnala igitur aperiendœ singulis hebdo-
frmadis bibliothecœ, ex prœscripto saluberrimi Or-
:f dinis , dies jovis ; ... et hac illa prima die , comnio-
fiiiti a professoribus scbolariini, pbiliatri aliique
fbene midli nostrnm nascentem bibliothecam l're-
frquenlare cœperimt, in eaque studere a sesqui-
frsecimda ad vesperam. {CommenUirii ms. medicinœ
Facultulis Parkiensis , t. XXI, p. 5o.)
(fNon laiiliini i'astis consecrata nostris fuit illa
ffdies, sed inscuipta numismate... cum capitedecani
rr ex adverso . . . n {Comment arii ms. medicinœ Facul-
lalis Parisieusis J, t. XXI, p. 5o.)
Commentant ms. medicinw Facultatis Parisien-
sis, t. XXI , p. 5o.
Voyez ci-dessus, p. 27.
• Cette affiche était ordinairement conçue en
ces termes : rr Anno Domini. . . die porro jovis i5°
rrmensis septembris, induciarum academicarimi re-
rfvolutis mensibus, saluberrima Facultas, juxta de-
ffcretum quod iatum est die 22 mensis novembris
rranno 1787, M° Ludovico Claudio Bourdelin de-
(rcano, philiatrorum utilitati maxime deserviens,
rrbibliothecam qua utitur, publica lileratorum, ma-
'rxime vero candidatoium in commoda, de novo
rrpatere voiuit, Dyonisio Claudio Doulcet prœfecto. "
{Commeutarii ms. medicinœ Facultatis Parisiensis ,
t. XXII, p. 72.)
Commentarii ms. medicinœ Facultatis Parisien-
sis , t. XXI, p. 119. — Ce sont les termes mêmes
dont se sert le doyen dans son compte rendu ; il est
plus exact que Bourru, qui écrivait pourtant en
1770 : rrBibliolbecaruni pretium in iibris manu-
rrscriptis olim constitisse, apudomnes in confesse est:
rrpariterque fatentur rerum Gallicarum scriptores
rrbibliothecam sahiberrimœ Facultatis Parisiensis,
•rhisce temporibus, • rarioribus fuisse instructam
FACULTE DE MEDECINE. 39
pu qu'augmenter avec le temps. Elle fit faire des recherches, et ces volumes, que
l'on croyait depuis si longtemps absolument perdus, on s'aperçut qu'ils existaient
encore, en grande partie du moins'". Ces précieux restes de l'antique bibliothèque
avaient résisté à bien des ennemis, et étaient munis encore des chaînes de fer qui
les attachaient autrefois Dans un grenier on retrouva vingt d'entre eux, muti-
lés par les siècles, entamés par les souris et les vers'^'. On les restaura le mieux
possible; ils furent placés de nouveau dans la bibliothèque, et la Faculté en
inscrivit tout au long l'inventaire sur ses registres. Mais le titre manquait à plu-
sieurs, et, comme on va le voir, il fallut pour les désigner en reproduire les pre-
mières ou les dernières lignes.
Voici cette curieuse énumération, qui ne dénote pas d'ailleurs des connais-
sances bien profondes en bibliographie médicale :
UEC EST EORUM QUI SUPERSUNT EX VETERI RIRLIOTHECA LIBRORUM PLERORUMQUE MANU-
SCRIPTORUM SERIES. QUOS VEL A TITULO, VEL A PRIMIS GODICUM VERRIS QUANDO MUTILA
INVENTA FUERUNT EXEMPLARIA, INDIGITAVIMUS.
I.
llSClPIT LIBER CANONIS PR1HIUS QUEM PRINCEPS AbOLHAY AB AvICENNA DE MEDICINA EDIDIT, TRANSLATUS
A MAGiSTRO GiRARDO Cremonensi, etc. M. S. véHii , in-l'olio , complet'*'.
II.
Jacobi Des Parts, de Ïornaco nati, expositiones primi libri canonis Avicrn.\* tertu, et puim/e
FEN QUARTi. ManuscHl in-follo, 1^53 '^'.
ffistiusmodi libris qui admedicinam spectarent. . .
"Tota... bibliotheca medicoriim Parisiensium duode-
ffcim circa manuscriptoruni numéro includebatur. i
(E.-G. Bourru, Catalogus ms. Ubrorum saluberrimœ
Facultaûs, prœfatio.)
ffUie veneris 9° septembris 1746, conveninius
ff institnere catalogum librorum veteris nostrae bi-
ffbliotbecœ, qui non adeo muiti erant amissi quam
fcredebantur. n {Commentarii ms. medicinœ Facuha-
tis Parisieiisis , t. XXI, p. loo.)
tr Qui [bibliolhecarius) pvet'wsas veteris bibiio-
trthecœ reliquias, quanta potuit diligentia collegit,
ttel in ordincni disposuit. Codices nempe nianu-
trscriptos, pierosque in carlha pergamena exaratos,
ffcatenis ferreis quibus oliinalligabantur adbucdiun
finstructos, eosque bibliotbecœ prœfectori custodiœ
ff commisit. ^ (Rtttis et usus Facultalis medicinœ Pari-
siensis, p. i3i.)
tt Addidimus etiam (qui deeral honos huic bi-
rrbliothecœ) manuscripta non pauca, qiiamvis niu-
(ftila quœdani injuria teniporuiii, non tanien ideo
"•parvi facienda, rclliquias antiquœ vestrœ bibiio-
frtbecœ, quaî duni celcbritate floruit, nunquam tri-
ffginta supra duo vohiniina superavit. Viginti quas
ff olim muribus atque tineis , in borreis derebcla , non
ffsinesunimo dolore videramus, cura tamen pos-
ff leriorura decanorum condita ... in hoc pulpito .
ffcollegimus, nunieravimus, inscripsiniusque cata-
fflogo.n {^Commentarii 7ns. medicinœ Facultalis Pari-
siensis, t. XXI, p. 119.)
Nous avons vu (page 10) qu'en iSgS la Fa-
culté posse'dait déjà deux vokimes d'Avicenne; tous
deux se retrouvent dans cette b'ste. (Voyez ci-dessous,
n° vn.) Par ces mots : Abolhay ah Avicennn, qui
plus loin sont écrits: Ahholay ah Avicenna, on veut
certainement désigner Avicenne , qui fut longtemps
nommé Aholi-Ahiscene. — On a compté, avant le
xv' siècle , treize traductions latines des œuvres de
ce médecin , outre celle de Gérard de Crémone.
Jacques Despars , qui était do Tournai , avait .
40
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
IIL
TuRiGiANi DE Florentia, postquam COMMENT ATORis , ETC. In-foUo , moitié papier, moitié parche-
min, mal conditionné; finissant par ces mots : rcUtrum vita alicujus individui possit prolongari.
frVallain O.^
IV.
AviCENNA LATiNo iDioMATE, iu cujus primo et ultimo folio se habet haec formula : ff Anno Do-
r'mini i Zi56 , le 20*^ septembre, undecima hora noctis , obiit M" Joannes Episcopi , et dédit hune
cf Avicennam Facultati medicinse; cujus anima requiescat in pace, amen.n In-folio, vélin, com-
plet (2).
V.
Liber in-folio, manuscriptus, in charta, cujus liber incipit hisce verbis : rrCAPiTULUM primum
rrDE ALOPECiA. Alopecia est casus capillorum cum ulceribus sive stammis. w Incomplet.
VI.
In-folio, in charta papiracea, manuscriptus, cujus in folio secundo legitur in linea octava
quartae columnœ : ffFRN 21, 3" : De membris generationis in mulieribus f^'.
VII.
Incipit liber canonis primus quem princeps Abholay ab Avicenna edidit, tractatus a magistro
Gerardo Cremonensi, in Toleto, de arabico in latinum. Verba Abholay ab Avicenna. Prologus'*>.
VIII.
In-folio, in charta pergamena, in cujus primo folio legitur in litteris purpureis : f Incipit
rfprologus in Tiphone medicinse ;n incomplet. Ultima verba : frnon subsequitur quies est
fr malus. ■>^
IX.
CoLLiGET Averrhoës. In-folio, parchemin, cujus in folio primo verso legitur : rrCaput 17"'", de
tf accidentibus supervenientibus. T) In ultimo legitur : fr Explicit liber Colliget Averrhoës. Amen '^'.11
X.
Incipit liber isagoge; in charta pergamena'*^'.
PU i/i58, iégaé à la Faculté son Commentaire sur
Àvicennc (voyez p. 91). Chacun des cinq livres
du Canon de ce médecin est divise' en fem ou sec-
tions.
Cet article renferme deux erreurs. Par le mot
Turigianus, on veut évidemment désigner Cruscia-
nm, qui était de Florence, et qu'on appelle indiffé-
l'enuueiit Tmsianus, Drusiams, Turrisanus de Tur-
rtsanis et Torrigeno de Florentia. La seconde bévue
du calalogueur confirme la première; au lieu des
mots postquam commentator, il faut lire plusquam
commentator, surnom cjui fut donné à Cruscianus,
à cause, dil-on, de sa subtilité. Ce Cruscianus
mourut à la fin du xiii' siècle; son princi]ial ou-
vrage , celui sans doute dont il est question ici . est
intitulé : Plusquam commentum in parvam Galeni
artem; il a été imprimé à Venise en i5oh.
Voyez p. 2 1 .
Le mot fen indique que l ouvrage désigné ici
est le Canon d'Avicenne. Le volume commençait
donc par la vingt et unième section du troisième
livre, qui traite de toutes les maladies qui peuvent
affecter chaque organe en particulier.
Voyez la note 4, p. 89.
Sans doute le manuscrit que la Faculté pos-
sédait déjà en lîJgS. Voyez p. 17.
Galien a fait un traité intitulé : E'uraycùyr) rj
ioLTpÔS.
FACULTÉ DE MÉDECINE.
XI.
Iii-l'olio, in charta pergamena, complet. Cujus prima verba : frCapuI, primum de divisione
Tmorbi ex, etc. De distinclione febris et divisione ejus, de calore febris, etc. n Ultima verba
ultimi folii : rtExplicit Compendium medicinae C'.n
XII.
In-folio, in charta pergamena. Incipit primum folium liisce verbis : rrlncipit iste canon. 15
Desinit per haec verba : rrExpliciunt regimenta acutorum Ypocratis cum commento Galeni
XIII.
In-quarto, vélin, six cahiers, deficiunt totidem. Post litteras rubras, scripla siinf hœc verba :
'rHomo enim est princeps omnium animalium ti
XIV.
In-folio, parchemin, vingt-cinq cahiers, cujus prinii codicis primum foliuin, numéro 1"
obsignatum, incipit per hœc verba : rln solutione humoris. n
XV.
In-folio, in charta pergamena, De conservanda valetidine l'''.
XVI.
Incipit liber de crisi. Incipit liber de criticis. En lettres rouges. Très-incomplet. Trois cahiers
en mauvais ordre. Vélin
XVII.
In-folio. Douze cahiers dépareillez en parchemin. Quorum folia recta GIL in litteris caeru-
leis, média purpurea (excepto ultimo codice).
XVIII.
In-folio, petit papier : trois cahiers. In-folio, parchemin, petit modèle : cinq cahiers.
XIX.
Quatre feuilles in-folio, en parchemin : f Caput decimum : De sanguine in inlestinis et sto-
macho retento.
Sans doute le Compendium mcdicinœ qui avait
été légué à la Faculté de médecine par Guillaume
Musnier en 1 662 (voyez p. 21). Les traités de celte
époque sur les fièvres sont très-nombreux ; les plus
estimés étaient ceux d'Averroës, de Jean Actua-
rius, de Jean de Gaddisdcn et de Gentilis; tous les
quatre ont été imprimés à Venise en i553, in-
folio.
On doit sans doute reconnaître ici le traité
suivant de Galien : De rictus ratione in inorbis ocutis ,
secundum Hippocratcin.
Peut-être a-t-on voulu désigner ici le Liber
II.
de animalibus d'Avicenne, qui n'est qu'une para-
phrase du ZmKYi ialopia d'Aristote.
Galien a fait un traité De regimine sanitatin .
qui a été traduit en latin par Pierre d'Abano. Mais
il est plutôt question ici du Manuel de l'école de
Salerne, qui fut. croit-on, composé vers 1 100 par
Jean de Milan, sous ce titre : Mediciiia Solernitana ,
seu de conservandœ borne v(deludinis jmecepta.
Aben-Ezra (mort en iiyi) a fait un opus-
cule De diebus criticis. On doit à Galien deux trai-
tés De crisibus et De criticis diebus qui se trouvent
presque toujours réunis.
6
à 2
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
XX.
Quatre cahiers in-folio en parchemin, quihus prima verba : rc Sudor praecipue in fronle et. . .
rtcapillis, est prinium signum in fronle; 75 ultima verba : trEx molli inflante O.»
On supposerait que la Faculté dût conserver dès lors avec un soin pieux ces
vingt volumes si pleins de souvenirs, et qui venaient d'échapper ainsi par hasard
à la destruction. 11 n'en fut rien. Les bibliothécaires qui se succédèrent à l'école
lurent tous de savants médecins, mais il ne se rencontra parmi eux ni un homme
vraiment possédé par la passion des livres, ni un ami des trésors historiques.
C'est en vain que vous demanderiez aujourd'hui un de ces vingt manuscrits, qui
devraient être l'orgueil de la Faculté, et qui témoignaient de son amour séculaire
poui- la science : aucun n'a survécu. Ils ont été relégués sans doute de nouveau
au fond de quelque grenier, et les rats, cette fois, ont achevé leur œuvre. Ne de-
mandez pas davantage d'anciens documents relatifs à l'école; il ne reste pas une
cliarte, pas une de ces pièces nombreuses que les doyens recevaient jadis dans les
magna scrinia de l'établissement, et qu'ils juraient de représenter intactes. Tout
est perdu, détruit, et l'histoire des origines de la Faculté eût été à peu près im-
possible, si un remords de conscience n'avait fait rendre à l'école, au milieu du
xvn*^ siècle, ses Commentaires primitifs, c'est-à-dire les registres de sa vie intime,
de ses recettes et de ses dépenses. Ils avaient été volés aussi, et il a fallu, pour
amener leur restitution, le hasard d'un jubilé réveillant les scrupules d'un dévot;
encore les premiers volumes, les plus précieux, avaient-ils été anéantis déjà par
les descendants du voleur*'-'.
Les anciens Statuts de l'école, ceux de 1276, de i35o, de lôgg et de i03/i
ne contiennent pas une seule disposition relative à la bibliothèque, le mot ne s'y
trouve même point. Ces statuts furent revus et complétés en 1761, sous le déca-
nat de H.-Th. Baron, et trois articles, fort sagement conçus, furent alors consa-
crés à la bibliothèque. Le premier, confirmant une décision déjà en vigueur, arrête
que le bibliothécaire sera choisi parmi les docteurs, et pour deux ans, bien que
son élection doive être confirmée à la fin de la première année. En outre, chaque
bibliothécaire sera désigné un an avant son entrée en fonctions Aux termes de
l'article suivant, il doit, aussitôt désigné, être assidu à la bibliothèque, examiner
Commentant ms. medicinw Facultatis Parisien-
sis, t. XXI, p. 1 i/i. — Reproduit dans le C«<rt%i<e
manuscrit de H.-T. Baron, p. 5235.
Depuis leur restitution, ils furent conserve's
dans une armoire spéciale dont le doyen avait la
clef. {BitHs et u.sus medicinw Facultatis, p. 16.) —
Voyez ci-dessous, p. /ig.
frSiiniliter el elijfnlur unus e doctoribus praî-
ff senlibus. cujus lidei bibliolhec;eprajfectura cominil-
(f tatur. Scilicet unus de majori ordine, duo vero de mi-
ff nori, proponantur ab electoribus; et cujus nonien
ffsorteductumeritadecano, in biennium bibliotlieeœ
frpraeficiatur. AlHcetbiennalissit bibliotliecœ prcefec-
rrtus , singulis tamen annis eligatur sive confirmetur,
ffdecani ad nistar; atque prolessorum more, unum
ffannum desi>jnetur antequam prœfecturam gerat. 1
[Staluta Facultatis medicinœ Paris, supremi senatus
autlioritate confirmataannoMDCCLi , art. Lxvii,p.^6.)
FACULTE DE MEDECINE. Ix'à
les livres et étudier le catalogue. Le bibliothécaire sortant transmet les ciels et
les livres à son successeur, en échange d'un reçu par lequel ce deinier déclare,
après vérification, que la bibliothèque lui a été remise complète et en bon état''^.
Enlin le bibliothécaire doit être présent les jours de séance publique pendant
trois ou quatre heures au moins, et fournir les ouvrages qui lui seront demandés;
il lui est aussi enjoint de tenir avec le plus grand soin les catalogues au courant
des acquisitions nouvelles
A pai'tir de cette époque, la bibliothèque de la Faculté, placée désormais au
nombre de celles croù l'on se fait un plaisir de communiquer les livres aux hon-
nêtes gens '^',11 entre dans une période régulière et calme, qui rend son histoire
sans intérêt. Les bibliothécaires continuent à se succéder tous les deux ans, sans
que d'ailleurs aucun nom célèbre figure parmi eux, et sans qu'aucune mesure
importante soit prise sur leur initiative.
Constatons pourtant qu'en octobre 1763 la Faculté, pour assurer la conser-
vation de la magnific^ue collection de thèses que possédait la bibliothèque, en
interdit d'une manière absolue le prêt au dehors, et n'en autorisa même la com-
munication qu'en présence du bibliothécaire Bourru, en constatant ce fait,
termine sa phrase par une exclamation qui nous montre assez l'utilité de cette
règle, et nous fait regretter, comme à lui, qu'elle n'ait pas été étendue à tous les
ouvrages rares ou précieux Quelques docteurs gardaient, en effet, si longtemps
les livres par eux enqiruntés, que le doyen fut invité, en juin 1770, à retenii-
leur traitement jus(|u à ce qu'ils les eussent restitués
La Faculté avait alors deux relieurs, les sieurs Protais et Piot ; elle les occu-
tr Bibliothecae prœfectus, slatim atque desi-
pgnatns erit, cuni eoprœfecto cui débet succedere,
•rbibliothecam assidue frequentet, omnes iibros re-
ffcognoscat et ad catalogurn conférât, ut, cum post
fraiiiuiin praefecturani ipse gerere incipiet, a pras-
ffdecessore suo iibros omnes et clavesaccipiet, eique
rcsyngrapham concédât, qiia teslabitur se, facta
' bibliolhecœ revisione, Iibros omnes catalogo de-
ffscriptos ab eo récépissé, praesente decano, eoque
'•salvam et integrani remanere bibliotbecam fide
rjubente.» [Staluta Fucultalis medicinœ Parisimsis ,
art. i.xvii, p. h"].)
rrPrae!ectus bibiiolbecae. tem[)nresui magistra-
frtus, assidue bibliotbecam frequentet, omnibus iis
rrdiebus quibus ipsa publicis usibus patebil, adsit-
rrque per très ve] quatuor boras ad minus, et pos-
-tulatos Hbros communicet. Sedulo inscribat biblio-
trtbecae catalogo Iibros omnes qui singulis annis
(raccedunt, eosdem in catalogo qui pênes decanum
r-est inscribi curet, onmesque successori suo, e.xacto
rprœfecturas tempore , bona lide restituât , prœsente
fret probante decano. n [Slalula Facultatis medicinœ
Parisiensis , art. lvix, p. 67.)
Durey de Noinvilie, Dissertation sur les biblio-
thèques, p. 55.
rfinfer toi Iibros, inulti sunt rari, quidam
rfrarioies, alii demum rarissinn'. E postremorum
rf numéro sunt Thèses in saluberrima Facultate Pa-
rrrisiensi propugnatœ, quarum colieclio servatur in
ffbibliolheca ab anno iSSg ad nostra usque tem-
rrpora, nec alibi repcriunda. Gui pretiosissimœ col-
f'iectioiii servandœ ila providit Facullas, ut, decreto
m 8 octobris lySS, tulerit nemini uiiquam com-
rrmissui'am fore ullam partcm hujusce collectionis,
frnisi in œdibus ipsis bibliolliecaj dicatis et prœ-
ff sente bibliothecœ prœfecto. 51 (E.-C. Bourru, Cata-
logus libvorum saluhervimœ Facultatis, prœfalio.)
ffQuod utinam idem etiam valeret decrelum
rrquoad rares et rariores 1 » ( E.-G. Bourru , Catalogus
librorum saluberrimœ Facullalis Paris, prœfatio. )
rrDenique cum bis nuperrimis annis consti-
rrteril multos doctores, incuria videlicet, crédites
6.
kli LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
pait fort peu, du reste, car, dans l'espace de dix ans, nous ne voyons appliquer
aux reliures qu'une somme de cent trente livres environ
La bibliothèque continuait pourtant à s'enrichir. La donation la plus impor-
tante qui eut lieu durant cette période est celle de J.-Cl.-Adrien Helvétius^^)^
médecin de Louis XIV et de Louis XV : il offrit tous les ouvrages de sa biblio- |
thèque qui ne se trouvaient pas dans celle de l'école Viennent ensuite des
libéralités assez considérables dues à Jacques-Bénigne Winslow'*^ à Jean-Baptiste-
Louis Chomel^^', à Louis-René Marteau, qui fut bibliothécaire de la Faculté, à
Jean-Baptiste Boyer^'^' et au docteur Liger
Edmond-Claude Bourru fut nommé bibliothécaire en 1771 Pendant l'année
qui précéda son entrée en fonctions, il avait étudié avec soin la bibliothèque et
dressé un catalogue très-complet des ouvrages qu'elle renfermait. Ce travail, qui |
forme deux volumes in-folio, est aujourd'hui conservé à la bibliothèque de la |
Faculté; il a pour titre : Catalogus libroruvi qui in bibliolhcca Factillatis saluberrimœ j
Parisiensis asservaiilur. Ordine aiilhorum alphabetico digeslus, cura et studio M. Edmundi \
Claudii Bourru, ejusdem bibliothecœ prœfecti; decano M. Ludovico Petro Felice Benalo \
Le ThieuUier. m.d.cc.lxx. En tête du premier volume se trouve une introduction
historique, à laquelle nous avons fait de fréquents emprunts et que nous repro-
duisons plus loin^'^).
11 y avait alors près de quatre siècles que la Faculté de médecine occupait le
petit pâté de maisons compris entre les rues de la Bûcherie, du Fouarre et des
Rats; et les bâtiments, malgré de continuelles réparations, croulaient de toutes
parts. 11 fallut les abandonner. J^a Faculté s'éloigna d'ailleurs fort peu de son
berceau. Soufllot avait presque achevé, sur la place Sainte-Geneviève, les nou-
velles constructions destinées à l'école de droit. La Faculté de médecine alla
s'établir dans le local que la Faculté de droit laissait libre. Il était situé rue Saint-
Jean-de-Beauvais petite voie étroite qui aboutissait d'un côté à la rue des
rripsis bibliothecœ iibros apud se retinere per lon-
ffgissimum teinpus, decrevit saiuberrimus Ordo ,
ffdie 16 junii 1770, hosce doctores mulctandos
rrfore, atque in poslerum emolumenta iis débita
rrpersolvere pœnes decanum non fore, usque duni
Tcommissos ipsis libres in manus bibliothecœ prœ-
rrfecti reponerent. (E.-G. Bourru, Catalogus libro-
rum salubcrrimm Facullalis, prœfatio.)
Cominenlarii im. medicinœ Facidlalk Parisien-
sis, l. XXI, p. 46 1 et 585.
Né le 18 juillet i085, mort le 17 juillet
1755.
Hazon, Notice sur les hommes célèbres de la
Faculté de médecine de Paris, p. 912. — Moréri,
Grand Dictionnaire kistoririue, article Hehétius.
]Né le (i avril iGGy, mort le 3 avril 1760.
Né vers 1700, doyen de la Faculté en 175/1
et 1755, mort en 17G5.
]Né le 5 août 1698, doyen de 1756 à 1760,
mort le 9 avril 1768.
Sur toutes ces donations, voyez le Catalogue
de H.-T. Baron, p. 287 à 2/16.
Commentarii ms. medicinœ Facultatis Parisien-
sis, t. XXIII, p. 42 1.
Bourru fut charge' en 1780 du cours de chi-
rurgie, et de celui de pharmacie en 178.3. Il fut
doyen de la Faculté de 1787 à 1798, et vécut jus-
qu'en 1828; il a publié l'éloge de Guillolin.
On ignore à quelle époque l'École de droit
s'installa rue Saint-Jean-de-Beauvais. Ce fut pour-
tant avant i4G4, car dans le cours de cette année
les bâtiments furent réparés aux frais des docteurs.
i
FACULTE DE MEDECINE. i5
Noyers et de l'autre à la rue du Puits-Certain. Précisément en face de la porte
principale de l'école, Robert et Henri Etienne avaient eu autrefois leur impri-
merie, et l'on voyait encore se balancer en l'air leur fameuse enseigne'", où figu-
rait un olivier entouré de cette devise : crNoli altum sapere, sed time. n
Le 1 9 septembre 177^, l'afTiche suivante fut apposée sur les murs de la Faculté :
La Faculté de médecine en fUniversité de Paris étant dans l'indispensable nécessité d'aban-
donner ses écoles sises rue de la Bucherie, à raison de leur vétusté, avertit le public que l'ou-
verture de sa bibliothèque, qui, suivant l'usage, devoit se faire le jeudi après la fête de l'Exal-
tation de la Sainte Croix, se fera cette année dans les anciennes écoles de droit rue Saint Jean
de Beauvais, bâtiment qu'il a plu à Sa Majesté lui accorder en attendant, et que la rentrée
de la bibliothèque, ainsi que celle des écoles, sera annoncée incessament par de nouvelles
affiches. Jacobus Ludovicus /Vllealme, decanus(^).
L'installation définitive eut lieu en 1776, sous l'administration du bibliothé-
caire Jean Roy'^l La bibliothèque fut placée au second étage, dans deux salles
situées au-dessus de la chapelle et qui mesuraient quatre-vingt-quatorze pieds
de long sur dix-huit de large
Cette translation ne modifia en rien l'organisation de la bibliothèque , qui ,
en 1789, était encore publique le jeudi, et aux heures que nous avons précé-
demment indiquées ''^^ ; le traitement du bibliothécaire et les gages de l'appari-
teur n'avaient pas changé non plus'^l Au commencement de la Révolution, la
bibliothèque renfermait environ quinze mille volumes ('^^ et avait pour bibliothécaire
le docteur Delaplanche
La loi du 18 août 1792 anéantit la Faculté de médecine et l'Académie de chi-
rurgie; celle du h décembre 179^ les reconstitua sous le titre à'Ecok de sauté,
bientôt remplacé par la dénomination actuelle. La Faculté fut alors installée dans
les bâtiments qu'elle occupe aujourd'hui et qui, avant la Révolution, apparte-
naient à l'Ecole de chirurgie; on y ajouta bientôt une partie du couvent des Cor-
deliers, sur les ruines duquel allait s'élever V Ecole pratique.
En liy.'), ils achetèrent adeux petites maisons et
frjardiii en la ruë du Clos Brunei ;n ces maisons
étaient conli^uës au local déjà occupé par la Fa-
culté. La grande porte d'entrée fut entièrement re-
faite en 1 675. Au-dessous d'un buste de Louis XIV,
on lisait en lettres d'or ces mots : schols; juris.
Le percement du boulevard Saint-Germain a
fait presque com[tlétement disparaître la rue Saint-
Jean-de-Beauvais, et il ne reste plus rien aujour-
d'hui des bâtiments de fancienne École de droit.
Piganiol de La Force, Description historique
de Paris, t. V, p. 878.
Commentarii iits. medicinw Facultatis Parisien-
sis, t. XXIII, p. G38.
Commentarii ms. medicinœ Facultatis Parisien-
sis, t. XXIII, p. 7.35.
Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers
royageiirs à Paris, t. Il, p. 3oi.
Leprince, Essai liistorique sur la hibliothhquc
du roi, p. 34/1.
Almanach royal, année 1789, p. 5o-2.
Commentarii ms. medicinœ Facultatis Parisien-
sis, t. XXIV, p. 833.
Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers
voyageurs à Paris, t. Il, p. 3oi .
''^ Commentarii ms. medicinœ Facultatis Parisien-
sis, t. XXIV, p. 8î23.
^6 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
L'aitide 6 de la loi de 179^ accordait à la Faculté un bibliothécaire qui, aux
termes du décret du 28 mars, avait le titre de professeur.
La bibliothèque de l'Ecole de chirurgie était placée dans la vaste salle qui
règne sur toute la façade de l'édifice, et où se trouve aujourd'hui le Musée OrJUa;
elle devait son origine à la générosité de Lapeyronie, qui, en 17^7, lui avait légué
tous ses livres, avec un revenu suffisant pour assurer leur conservation et le trai-
tement d'un bibliothécaire^". On réunit à la bibliothèque de l'École de chirurgie
les quinze mille volumes de l'ancienne Faculté de médecine, auxquels vinrent
presque aussitôt s'ajouter les livres de la Société royale de médecine
Cette triple collection, désignée dès lors sous le nom de Bibliothèque de la
Faculté de médecine, fut, en 1800, transportée dans les salles qui l'abritent
aujourd'hui. Foui'croy s'exprimait ainsi à ce sujet dans la séance d'ouverture de la
Faculté : cr Passerai-je sous silence l'heureux changement de la bibliothèque, res-
cr serrée, pendant les années précédentes, dans une galerie qui ne pouvait plus
rr contenir les livres dont l'école s'enrichit sans cesse, et qui ne permettait pas de
cries ranger méthodiquement? Une salle grande et mieux disposée, un local plus
rr vaste et plus tranquille, vous offrent aujourd'hui la collection la plus riche de
rr livres de médecine; l'ordonnance et le classement des ouvrages, si favorables
craux lectures assidues, aux recherches suivies, au complément de l'étude,
cr ajoutent maintenant un nouveau prix au riche dépôt de livres que possède notre
cr école. Le lieu qu'elle occupait auparavant laisse maintenant à l'agrandissement
ce des cabinets d'anatomie et de pathologie, à l'arsenal chirurgical, une enceinte
rr continue qui permettra bientôt de vous en offrir tout le développement, de
rrleur donner la disposition régulière et l'arrangement méthodique nécessaires
ce pour faire bien juger de leur richesse et bien profiter de leur ensemble '^l
Voici, d'après un relevé que nous avons fait sur les Commentaires, la liste des
bibliothécaires qui se sont succédé à la Faculté depuis la reconstitution de la
bibliotlièque :
17/16 à 17/19.
Jean-Lolis-Livin baude de la CLOYE.
Eloge de M. de La Pei/rouifi, dans [Histoire
de l'Académie de chirurgie, t. IV, annexe 1753,
|). xcviij. — Voyez, à la biWiollièqiie de la Faculté,
\ Inventaire des livres de feix messirc François de la
Peyronie, légués au collège de chirurgie par son tes-
lumcnl du 18' avril lyây. — L'estampille de la
bibliothèque de l'École de chirurgie était très-petite
et ovale; au milieu se trouvaient un G et un P
entrelacés, puis tout autour cette légende : biblioth.
ClIIRUB. PARIS.
\ oyez Inventaire de bibliographie et état des
livres de la bibliothèque de la ci-devant Société de
médecine, et des livres en feuilles, avec le nombre
d'exemplaires transportés dans la bibliothc'jue des
Ecoles nationales de chirurgie, 2g germinal an m.
— Archives de l'Empire, carton F", 119/1.
n° 109.
Séances de l'Ecole de médecinp de Paris, pre-
mier volume, séance du -2 3 vendémiaire an
FACULTÉ DE MÉDECINE.
1769 à 1751.
Charles PAYEN.
1751 à 1753.
Miciiel-Procope couteaux.
1753 à 1755.
T.-F. PARIS.
1755 à 1757.
Lodis-Réné marteau.
1767 à 1759.
Dems-Claude DOULCET.
1769 à 1761.
Alexandre-Louis DIENERT.
1761 à 1763.
Henri-Jacques MACQUART.
1763 à 1766.
Hugues CAPET.
1764 à 1765.
David VASSE.
1765 à 1768.
GERVAISE.
1768 à 1770.
Hugues GAUTHIER.
1771 à 1775.
Edmond-Claude ROURRU.
1775 à 1780.
Jean ROY.
1780 à 1781.
Roussel DE VAUZENNE.
1781 à 1783.
LECLERC.
1783 à 1785.
DURERTRAND.
1783 à
DELAPLANCHE.
48
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
APPARITEURS :
17/4C à 176^.
François-Louis BRET.
1 76^ à 1771.
Gaspard-Joseph POITEVIN.
1771 à 1789.
Théodore-Pierre CRUCIIOT.
Parmi les manuscrits que possédait alors la bibliothèque, 011 doit citer eu pre-
n)ière ligne le précieux recueil connu sous le nom de Commentai7'es^^\ et les trois
abrégés qui en ont été faits à diverses époques.
Dès l'origine, chaque doyen était tenu de rédiger une espèce de compte rendu
ou de journal, sur lequel il inscrivait minutieusement tous les faits relatifs à son
décanat : Piécettes et dépenses de l'Ecole, ses relations avec l'Université, l'Eglise
et le roi, les décisions prises dans ses assemblées solennelles, les noms des pro-
fesseurs et des élèves, les examens subis, les thèses soutenues, etc. etc. Cette
obligation fut, selon toute apparence, imposée au doyen depuis le moment où la
Faculté se forma en compagnie distincte'^', c'est-à-dire depuis la fin du xui^ siècle.
Les premiers registres sont malheureusement perdus , et ceux que possède l'école
ne commencent qu'à l'année iSgB; encore les deux plus anciens, comprenant la
période de soixante et dix-sept ans comprise entre 1 BgB et 1 /lya , ne sont-ils ren-
trés à la Faculté qu'au milieu du xvu*^ siècle, sous le décanat de Gui Patin.
Dans le premier de ces précieux comptes rendus, nous voyons le doyen dé-
clarer, le 6 novembre iSgS, qu'il a reçu crpapirum aliam, immédiate preceden-
cttem , quinque codices continentem; ■« et, sans admettre avec Riolan qu'on veuille
désigner ainsi rcinq gros volumes des affaires de l'eschole'^^, n cette phrase prouve
bien évidemment qu'il existait des registres de ce genre antérieurs à ceux que
nous possédons, et il est très-vraisemblable qu'ils remontaient à l'origine de la
Faculté.
On ne saurait trop regretter la perte de ces admirables documents, dont les
premiers doyens ne semblent guère avoir compris l'importance. Disons pourtant,
à leur décharge, que l'école n'eut qu'assez tard un centre fixe, et que ces registres,
conservés chez les doyens, changeaient bien souvent de place êt de mains. Puis
vinrent les troubles de Paris sous Charles V et Charles VI, la domination anglaise
sous Charles VII; les doyens s'enfuyaient et mouraient, abandonnant les papiers
Nous avons donné le fac-similé (ci-dessus
p. 1 8) des débuts du premier de ces Commentaires,
et nous l'avons imprimé en entier dans nos Re-
chcrchcs sur la bibl. de lu Faculté de méd. p. 87.
Hazon, Eloge historique de la Faculté de mé-
decine de Paris, p. -ih.
Riolan, Curieuses recherches sur les escholes
en médecine, p. 28.
FACULTÉ DE MÉDECINE. à9
(le la Faculté à des étrangers qui n'en connaissaient pas le prix, ou ne savaient
à qui les remettre
Le 2 0 décembre i65o, Gui Patin était doyen. Un de ses amis, qu'il désigne
seulement par ces mots, ce virum optimiun et medicae Facultatis Parisiensis aman-
ff tissimum, n lui apporta «un vieux registre en lettres abrégées et presque go-
thiques, dans ff lequel étoient marqués, de deux en deux ans, le nombre des
fr docteurs et des licenciés*^'; n enfin, le 16 février i65i, la même personne res-
titua un second volume qui fait suite au précédent, et comprend les années
1 /i 35 à 1 ^7 2. Ce sont les deux plus anciens registres que possède la Faculté, et il
V avait cent quatre-vingts ans qu'ils avaient disparu quand ils lui ont été restitués.
Les faits qui précèdent sont attestés par Patin lui-même dans une note écrite sui*
le compte rendu de son décanat^^l Ces deux volumes étaient, à ce qu'il parait,
restés cachés chez les descendants d'un ancien doyen; ceux-ci, voyant approcher
le jubilé de i65o, se firent conscience de les retenir plus longtemps'^'. Mais déjà
sans doute les registres antérieurs à iSgB étaient anéantis.
Les Commentaires se composent aujourd'hui de vingt-quatre registres. Les six
premiers sont de format petit in-folio; les autres, à partir du tome YII, deviennent
subitement grand in-folio. Tous sont reliés en parchemin; et, jusqu'au tome XVIII,
chaque volume est muni de fermoirs très-simples en cuivre.
Ces registres contiennent, sans interruption, tous les comptes rendus rédigés
par les doyens depuis l'année iSgB jusqu'à l'année 1786, dans l'ordre suivant :
Tome I" 1895 à ii35
— Il 1 A35 à 1 672
— III 1 472 à 1 5i 1
— IV 1 5 1 1 à 1 532
— V i532 ài5/i/i
— VI i5/i/iài557
Tome VII 1557 à 1579
— Vni 1572 à t597
— IX 1 697 à 1 6o4
— X 1606 à 161a
— XI 1 6 1 2 à 1 G 2 2
— XII 1 622 à i636
Gui Patin termine ainsi une note que nous
citerons tout àl lieure: rr Hortoritaquedecanosomnes
'^quimitii in iiac administranda j)rovincia sunt suc-
frcessuri, imo et ol)testor ac enixe rogo singulos, ut
rr utrumque codicem pro suramo ordinis nostri com-
ffmodo exacte custodiant, nec deinceps patiantur
rapud privatuu) quemquam doctorem vagari, ne
f iteruni perdant.') [Commentarii ms. medicinœ Facul-
tatis Parisiensis , t. XIII, p. /iC3.)
Gui Patin, Lettres, 3o décembre i65o; édit.
Réveillé-Parise. t. II, p. 578.
rfEst etiam observandum, me, initie mei de-
ffcanatus, mensis decembris die 20 anni iG5o, re-
f cuperasse per amicum , virum optimum , et medicae
ff Facultatis Parisiensis amantissimuin . duo codices
ffvetustissiinos ex Cominentariis iioslriu Facultatis,
ff quorum primus continet hisloriam rerum nostra-
rrrum et acta salulierriniae Facultatis. ab anno 189.^
frexcurreus usquc adannum i435. Secundus est ab
ffanno ii35 adannum 1/172. Uterque codex latebat
fra multis annis, pluribus qui me praecesserunt de-
ff canis incognitus , et plane inauditus. In utroque au-
ff tem , multa habentur optinia , scholae nostrœ digni-
fftatemet supra alias omnes antiquitatem manifeste
ffprobantia atque demonstrantia.n [Coinmentoni me-
dicinœ Facultatis Parisiensis, t. XIIl. p. hiVi.)
Riolan, Curieuses recherches sur tes escitoles
en médecine de Paris el de Montpellier, additions,
p. 1. — Hazon, Eloge historique de ta Faculté de
médecine de Paris , p. 20.
I.
7
50 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
Tome XIII i636 à i653 Tome XIX 1728 à 1733
_ XIV iG53ài669 — XX 1733317/16
— XV 166231672 — XXI 17/1631766
— XVI 1672 à 1690 — XXII 1766 à 176/1
— XVII 169031712 — XXIII 176/1 à 1777
— XVIII 171231723 — XXIV 177731786
On lit au verso de la couverture du premier volume :
Puis au-dessous :
Apperlum fit ex inventoriis bouormn F3cult3tis duos alios libros hune prœcedentes his teni-
poribus «?xtitisse, quorum pluries fit menti 0 sub his veibis : duas papyros antécédentes praesen-
lem qu* per decanos acta continenl.
Reneaume, decanus, 1735.
Le second volume porte la note suivante :
Die J^ûTTiîm'co 165^1 recepi ktx.nc
(les comptes rendus devinrent bientôt très-détaillés , et, à partir du xvi'' siècle,
les doyens adoptèrent un titre, une forme et des divisions qui subsistèrent à
peu près sans changements jusqu'à la Révolution. Voici, au reste, la composition
exacte de chacun de ces documents; pour en donner une idée plus complète,
nous l'ei'ons suivre chaque litre de quelques lignes choisies dans les dilTérents vo-
lumes.
AUXILIUJII MEUM A DOMINO f^*.
COMMENTARIUS
RERUM
IN SALUBERRIMA MEDICIN^E FAGULTATI PARISIENSI
GESTARUM
cum tabulis accepti et impensi.
A die decimo quinto mensis novembris anni m.dcc.lvii
Ad diem quintmn mensis novembris anni m.dcc.lviii
Magistro Joanne Baptista Boyer
decano
Cette formule varie fréquemment, et ne se
rencontre guère avant le xvn° siècle : les doyens
emploient alors indifféremment : rr Gloria in excelsis
irDeo.n — rr Intende in adjutorium meuin, Deus
Tsalutis meœ. n — rrUni et Trino,n etc.
Ce titre est moins complet dans les premiers
FACULTÉ DE MÉDECINE. 51
iiCS Commenlaires débutent toujours de la iiièiuc manière. Le premier cliaj)itre
n'a pas de titre spécial, et il est invariablement consacré au récit de la séance
tenue par les docteurs pour la nomination d'un nouveau doyen. Depuis l'origine
de la Faculté, l'époque de cette réunion était fixée au samedi qui suivait la Tous-
saint, ffj)rimo sabbatlio ])ost festum Omnium Sanctorum''). La séance était ou-
verte par un discours du doyen sortant, qui rendait ensuite compte de sa [gestion.
Voici la formule employée chaque année pour l'entrée en matière :
Anno Domini miilesimo septingentesimo trigesimo quarlo, die sabbati post feslum Omnium
Sanctorum sexto novcmbris, Facultas légitime coiivocata luit a Magisiro Tlieodoro Hyacinlho
Baron, tune decano, perschedulam ab apparitoribus delatam, decanum et professores electura.
Convenere fréquentes in scholas superiores doctores medici, hora décima matutina , post sacrum ,
more solito . . .
Hugues le Sage, en i33o, fut le premier doyen élu. Jusque-là cette dignité
appartenait de droit au plus ancien docteur, usage qui fut conservé par la Faculté
de théologie.
NoiVII\A ET COGNOMINA HONORANDORUM MAGISTUORUM BEGEMILM SALUBERRIM^ FACL'LTATIS
MEDICI PARISIENSIS.
Dans l'origine, les doyens se contentaient d'indiquer sous ce titre le nom et le
prénom de chaque docteur :
MarcusMyron, medieus regius {Année 1599.)
Plus lard, on y joignit tous les titres auxquels ceux-ci pouvaient prétendre :
Antonius de Jussieu, regiœ scientiarum Academiae, regiarumque Societalum Angliae et l^rus-
siœ socius, bolanices in liorto regio Parisiensi prolessor et demonstrator. [Atinée 1783.)
Ludovicus Claudius Bourdelin, Parisinus, antiquus Facullatis deeanus, regiai scientiarum
Academiae, regiaeque Societatis Berolinensis socius, in liorto regio chimia; jMofessor, et Gallia-
rum principum medicus primarius. [Année 1772.)
DiSPL'TATIOXES QUODLIBETARliE .
Ces Questions ou Thèses qiiodlibétaires précédaient l'examen de licence. Celte
épreuve durait, pour chaque candidat, six heures consécutives, de six heures du
volumes. Voici l une des formes les plus usitées : A partir du. siècle, on lit seulement : doc-
rCommentarius eorum quaj acta sunt eo tempore torum.
rrquo magisler .^Igidius Héron, Parisiensis, ex de- Il fut médecin de Henri Ht, et, en cette qua-
rfcreto Facultatis decani nnmere functus est. )i — lité, l acconipagna en Pologne. Il mourut le 1" no-
Gilles Héron fut doyen de 1600 à 1601, et de vembre 1 608. Quatre de ses ancêtres avaient succes-
1 Go3 à 1 606. sivenient, et pendant près de deux cents ans , rempli
Comment, ms. Facult. medicinw Paris. X , 6 1 0. les fonctions de premiers médecins des rois de France.
52 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
matin à midi. Le président de la thèse prenait le premier la parole, et argu-
mentait contre le bachelier, qui devait ensuite, de huit à onze heures, répondre
à toutes les objections qui lui étaient proposées par neuf docteurs. A onze heures,
les examinateurs faisaient au candidat une dernière interrogation qu'ils avaient le
droit de choisir en dehors de la thèse; c'est de là que vient le nom de quodlibétaire.
Après cette longue séance, si l'épreuve était favorable, le président se levait et
prononçait ces mots: «Audivistis, viri clarissimi, quam bene, quam apposite,
rcresponderit baccalaureus vester; eum, si placet, tempore et loco commendatum
rr habebitis. n
Dès l'année iBgS, il est question de thèses dans les Commentaires; mais ils n'en
fournissent les titres qu'à partir de 1676. Elles étaient primitivement in-folio, le
format in-quarto fut adopté en 1662. Quelques-unes soulèvent les questions les
j)lus étranges. Voici plusieurs exemples curieux :
19 mai i586, thèse de Simon Piètre : An per incantalionesjitcuratio?
19 juillet 1668, thèse de Claude Guérin : An utrum Thobiœ eœ piscis felle curatio
naturalis?
i685, thèse de Philippe Hecquet : An, ut virginalis , sic virilitatis, certa indicia?
3o juin 1692, thèse de Cl. Bourdelin : Ex qua parte manaverit aqua quœ pro-
fhixit e mortui Ckristi latere perforato lanceœ aculo mucrotie?
Les Commentaires indiquent toujours exactement, outre le sujet de la thèse qnod-
libétaire, les noms du président et du candidat :
Die martis k decembris (1577) ' disputavit de quodlibetaria ... M" Nicolaus Marchant, respoii-
(lonle Joanne de Gayette, Luietiano, de hac quœstione : Estne fœtus malri quam patri similior'''
Diejovis 17 decembris {1738) , disputavit... de cjuodhbetaria quœstione M" Johannes Baptisia
Ludovicus Chomel, respondente baccalaureo M° Francisco Felicitate Cochu, Sangermano in
Laya. Quaeslio fuittalis, alïirmative conclusa : An casti rarius œgrotant,facilius curantur?
Qu^STIONES CARDINALITIiE.
Quand le cardinal Guillaume d'Estouteville vint, en i/i52, examiner et ré-
former l'Université de Paris, il appela l'attention des professeurs de la Faculté
sur l'étude de l'hygiène, qui était encore fort négligée. Il ordonna que les ba-
cheliers soutiendraient une thèse sur cette branche importante de l'art médical;
et cette épreuve, en souvenir de son fondateur, prit et conserva le nom de Thesis
ou Quœstio cardinalitia , Thèse cardinale. Comme la thèse quodlibétaire, celle-ci
durait six heures de suite, de six heures du matin à midi. Les Commentaires sont
également très-complets à cet égard :
Diejovis marlii (1577), •"''spondit de cardinalitia quœstione M"" Joannes de Gayette, Lu-
leliamis, préside D° Gulielnio de la Barre. Quœslio autem erat : yln inp<rncutis, turgente ma-
lcria, codent die est purgandtim?
FACULTÉ DE MÉDECINE. 53
Dio jovis 8" apriiis (1765), disputavit ... M" Jacobus Antonius Millet de quœstioiie cardina-
litia: An litlcratis vita cœlebs'? et conclusit affirmative. Proponebat Antonius Petit, Aurelianus,
a sexta ad nieridieni.
ANTlQUODLlBETARliE QU/ESTIOINES , QU;E VULGO PASTILLARIyK NUNCUPANTUR.
Ces Quœstiones pastillariœ étaient une des épreuves subies par les licenciés qui
aspiraient au doctorat. Elles perdirent d'ailleurs beaucoup de leur importance
vers le xvn*^ siècle, en proportion de celle qu'acquéraient les Vesperies. Les Com-
mentaires indiquent ainsi les Quœstiones pastillariœ :
Die mercurii 91 novembris (157G), disputavit do pastiilaria M" Germanus Courtin, et
(juaistionem hanc proposuit candidate : An temperamentum simul cum setnine a générante trans-
funditur?
Die martis 27° februarii (1608), disputavit de pastiilaria quaestione M" Micliael Toulain,
doctor medicus, qui niedicinae candidato hanc quœstionem proposuit : An hystericis virginibus
Venus?
Qu/ËSTIONES IN ACTIBUS VESPERIARUM ET UOCTORATUUM AGITAT^.
La Vesperie précédait de quelques semaines la réception du bonnet de docteur.
Le candidat soutenait d'abord sur un point donné une discussion avec deux pro-
fesseurs. Le président prononçait ensuite un discours latin destiné à exposer au
récipiendaire la dignité et l'importance de la profession qu'il allait embrasser, et la
meilleure manière d'en remplir les devoirs :
Die martis 8 januarii (1577), vesperisatus fuit M"' Dominicus Bourgoing, préside D" Au-
jjustino Frondebeuf, qui quidem preses hanc candidato quaestionem proposuit : Estne cibus
calidior hyeme salutaris?
Die martis 3o° januarii (1601), M" Michael Toutain, licentiatus, respondet de vesperiarum
(juœstione, préside M° Nicolao Jabot, qui candidato hanc quœstionem proposuit : An dies nonus
criticus ?
QU;ESTIONES MEDICO CHUIURGIC^.
Ces thèses n'apparaissent que fort tard sur les registres de la Faculté. Elles
sont d'ailleurs en général indiquées avec autant de soin (jue les précédentes :
Die jovis 11° martii (173^), M" Johannes Baptista Boyer, régis consiliarius, et in Senatu
Parisiensi medicus ordinarius, disputavit... de quœstione quodlibelaria chirurgica. Talis fuit
(juœstio affirmative propugnata, respondente baccalaureo M° Jacobo Francisco Vandremonde,
Landraceno : An Jistulœ ani sectio chirurgica ?
Or\TIO^ES PUBLIC/E.
Le titre indique suffisamment à quelles matièies ce chapitre est consacré.
Voici d'ailleurs deux exemples :
U LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Dieu aidant.
M'"" Elie Coi de Vilars, docteur régent de la Faculté de médecine de Paris, conseiller mé-
decin ordinaire du Roy en son Châtelet, professeur de chirurgie en langue françoise, ouvrit ses
leçons par un discours public, qu'il prononça dimanche 29 novembre lyBS, à 3 heures après
midi, et par lequel il prouva que la chirurgie est plus redevable de sa perfection aux anciens
qu'aux modernes.
Dieu aidant.
Maître Noël Marie de Gevigland, docteur régent de la Faculté de médecine et professeur de
chirurgie en langue françoise, prononça, pour l'ouverture solennelle des écoles de chirurgie,
un discours public sur l'origine de la chirurgie, le dimanche 24 novembre 17^^, à li heures et
demie a|)rès midi.
Obitus doctorum.
Ce chapitre, qui n'existe malheureusement pas dans les premiers volumes,
renferme des documents très-curieux et qu'on chercherait vainement ailleurs.
Quelques-unes des notices qu'on y trouve prennent, surtout à partir du xvui^ siècle,
toutes les allures d'une petite oraison funèbre :
Die sabbali 3o^ octobris 173^, M" ytlgidius Adam, Constantiensis, hora sesquiseptinia ves-
pertina, obiit, morbo abdominis inllammalorio correptus, annum agens /jg"™. Ipsius corpus,
maxima comitante doctorum caterva, delatum est ad aedem Deo sacram sub invocatione S" Se-
verini, et sepultum est in ejusdem ecclesiœ ossuario. Collega; amicissimo det Deus requiem sem-
piternam !
Die jovis 29° septembris anni 1768, vitam cum morte commutavit M. Ludovicus Alexander
Viellard, San-Lauda?us ; sacris fontibus ablutus fuerat die 2t° mensis maii anni 171/1, in
ecclesia paiochiali Sancli Thoma; San-Laudœi. Repetita per plures continuos dies vasorum pec-
loris hœmorrhagia correptus, deinde tussi, febre continua usque ad quinquagesimum diem
protracla, pulmonum suppuratione confractus, suam mortem prœsagiens, hanc vidit impa-
vidus, ad sanctissima religionis sacramenta pie confugit, sagax etbonae mentis. . . . Postero die,
veneris scilicet, tumulo conditum fuit ejus corpus in ecclesia Sancli Eustachii; ipsius funeri
interfuit Facultas.
Demonstrationes anatomic^.
OPERA CIIIRURGICA, ET GALENICO CHYMICA [iN AMPHITHEATRO CELEBRATa].
D. A. (')
Jacques-Bénigne Win slow,
docteur régent et ancien professeur
de ia Faculté de médecine de Paris, professeur en anatoniie
et en chirurgie au Jardin roïal, etc.
Fera pour l'inauguration du nouvel amphithéâtre des écoles de médecine'^' un cours public
d'anatomie en langue françoise, et exécutera lui-même la dissection et la démonstration des
Dieu nidaiil. — Voyez pages 27 et 38.
FACULTÉ DE MÉDECINE. 55
parties du corps humain sur un cadavre masculin , comme ii a fait cy-devant dans l'ancien amphi-
théâtre.
Il commencera jeudi 18" lévrier 17^5, à. 3 heures après midi précises, dans l'amphi-
théâtre des écoles de médecine, rue de la Bucherie, vis-à-vis le petit pont de l'Hôtel-Dieu.
Défenses d'entrer avec cannes et épées.
DIEV AIDANT.
M. François Mery, docteur-régent
de la Faculté de médecine
en l'Université de Paris
et ancien professeur de chirurgie en langue françoisc ,
Expliquera publiquement, en faveur des étudians en chirurgie, tout ce qui concerne les
opérations chirurgicales, et les fera exécuter sur le cadavre d'un homme par M" Antoine Fran-
çois Barbault, habile chirurgien juré à Saint-Côme.
Il commencera son cours samedy deuxième décembre 17^1, à deux heures précises après
midy.
C'est en i63/i que la chaire de chirurgie fut créée à la Faculté, et Antoine
Charpentier fut le pretnier qui Toccupa. Les professeurs, lors de leur nomina-
tion, juraient encore de faire leurs leçons ce en robe longue, à grandes manches,
trayant le bonnet carré sur la tête, le rabat au cou, et la chausse d'écarlate à
(T l'épaule, n
ACTA, COMITIA ET DECRETA FaCULTATIS.
C'est le chapitix' le plus important et aussi le plus détaillé de chaque compte
rendu. On y trouve des renseignements précieux sur les relations de la Faculté
avec le Gouvernement et avec l'Kglise. Pour être intéressantes, nos citations de-
vraient être fort longues; nous ne donnerons que c[uelques lignes, qui sont re-
latives aux interminables querelles de la Faculté avec les chirurgiens :
Die jovis 99 mensis novembris (1576), convocatis in scholas superiores doctoribus, ut de
refrœnanda chirurgicorum publiée docendi in Academia facultatem sibi concedi postulantium
audacia et pervicacitate denuo concilium iniretur. . .
Res gest^ rN Academia Parisiensi.
Chapitre plein d'intérêt, et qui renferme un grand nombre de faits ignorés
relatifs à l'histoire de l'Université :
Die lunae 8° mensis augusti anni 1768, convocati sunt deputali Universitatis cum adjunctis
apud amplissimum l'ectorem in Grassinœo''', unde processum est ad majores Sorbonœ scholas;
ubi, habita prius eleganti et concinna oratione a M. Louvel , prœmia academica distributa
fuerunt, praesente illustrissimo Senatu Parisiensi.
Le collège des Grassins.
56 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Die mercurii 7 novembris 1676, habitis apucl Mathurinenses comitiis, ut nonnuUi seli-
gerentur ex Academia viri, qui de illius privilegiis atque immunitatibus et reiiquis ad restituendcE
Academiae rationem pristinumque illius splendorem ac dignitateni pertinentibus. . . nominati
sunt quatuor theologi doctores, fide, integritate, vitae innocentia, authoritate praestantes, acri
judicio et singuiari doctrina praediti. . . quorum fidei res tota fuit demandata. . .
Res gest^e apud chirurgos Parisienses.
Chapitre presque exclusivement consacré à l'indication des examens subis par
les étudiants en chirurgie :
Diejovis 9 3°septembris (17.33), dictusMaisonneuve,inler chirurgos barbitonsores receptus est.
Die venoris h" decembris 1733, dictus Pouchault fdius primo examine tentatus est.
ObSTETRICES MATRONiE EXAMINE IN yEDIBUS SaNCOSMIANIS TENTAT^E ET ADMISSE.
L'instruction des sages-femmes fut très-négligée jusqu'à la seconde moitié du
xvui^ siècle. Leurs examens, auxquels on attachait fort peu d'importance, avaient
lieu dans la maison Saint -Côme, qui appartenait à l'école de chirurgie. Les
Commentaires donnent chaque année la liste des sages-femmes qui ont subi leurs
épreuves :
Obstetrices apud barbitonsores chirurgos examinais et ad magisterium admissae. ... decano
. . . prœsente, annuente et probante :
Die lunœ 8° martii 173/1, dicta Duplessis. . .
Die lunae i5 junii (1772), dicla Gaumont. . .
Res GESTiE APUD pharmacop^os Parisienses.
Les pharmaciens étaient soumis à la Faculté et lui payaient une redevance qu'ils
venaient individuellement acquitter chaque année. Le jour de leur réception, ils
juraient en outre de consentir à laisser, deux fois l'an, visiter leur officine ])ar
le doyen, accompagné de quatre régents :
Die 3i augusti (1779), oiTicinas pharmacopœorum perlustravere MM. Le Thieullier decanus,
Bercher et Bellot pharmaciae professores, cum duobus doctoribus, concomitantibus pharmaco-
pa^orum custodibus.
Die martis 3o° mensis augusti anni 1763, cum duobus pharmaciae professoribus et cum tribus
pharmacopaeorum Parisiensium praefectis ... in horto pharmacopaeorum interrogavimus ab hora
nona matutina admeridiem , et a tertia vespertina ejusdem diei ad sextam, de utraque pharmacia
operationibus. Quibus quidem quœstionibus ubi satisfecit, ipsi designavimus diem mercurii sc-
quentem ad confectionem variarum prœparationum.
On voit que les examens subis par les élèves en pharmacie étaient devenus
très-sérieux, et roulaient à la fois sur la théorie et sur la pratique.
FACULTÉ DE MÉDECINE.
57
CODEX RATIONARIUS
ACCEPTI ET EXPENSI ORDINARIl ET EXTRAORDINARII.
PAHS PRIOR.
TABULA ACCEPTI.
Caput I. — Ex annuo reditii Facultalis(^).
Caput h. — A barbitonsoribus chirurgisf^'.
Caput III. — A baccalaureis, in quœstionibus quodiibetariispathologicis; pro stipeudio lec-
torum et registre.
Caput IV. — A baccalaureis, in iisdem quœstionibus; pro horto.
Caput V. — A baccalaureis, in iisdem quœstionibus; pro anatomia et schedulis non regis-
tratis.
Caput VI. — A medicina; candidatis, antequam ad examen admittantur; pro anatomia.
Caput VII. — A medicina; candidatis ad baccalaureatum admissis.
Caput VIII. — Ab iisdem, pro sacello et ornamentis.
Caput IX. — A baccalaureis emeritis, antequam ad licentiam admittantur; pro jure bur-
sarum.
Caput X. — A baccalaureis emeritis, pro muictis irrogatis.
Caput XI. — A baccalaureis emeritis , pro jure praesentationis et sacello.
Caput XII. — Pro primo licentiae gradu.
Caput XIII. — A licentiatis, pro doctoratu.
Caput XIV. — A licentiatis, pro aulaeorum usu.
Caput XV. — A reliqua pecunia, propter absentiam doclorum'''.
Caput XVI. — A medicinae studiosis, pro jure inscriptionum et sigilli'*'.
PARS POSTERIOR.
tabula expensi.
Caput I. — Pro rébus et negotiis Facultatis.
Caput II. — Pro honorario professorum, ex œre Facultatis.
Caput III. — Pro refusionibus Facultatis.
Caput IV. — Pro anatomia, operibus chirurgicis, pbarmaceuticis et cbymicis, in amplii-
theatro celebratis.
On lit sur le compte rendu de 1772 : ak
ffM° Guillotin , pro annua locatione majorum Fa-
Tcultatis aedium, accepit decanus. . .^5o iib.n
'''' On lit dans le compte rendu de i653 :] rrAc-
ffcepi a societate tonsorum cbirurgorum , qui debent
(fFacultati singulis annis quinque libellas, v lib.
fftur. 51
Les docteurs étaient tenus d'assister aux nom-
breuses messes que faisait dire la Faculté. Leur
présence était constatée par le bedeau, qui remettait
à chacun un petit jeton en plomb; ceux-ci étaient
échangés , le premier samedi du mois suivant , contre
une somme déterminée. Les absences étaient punies
d'une amende , plus tard répartie entre les docteurs
qui avaient été présents.
ffA medicinae studiosis, quorum nomina,
frpropria eoruni manu, in codice inscriptionum
ffscripta sunt : per totum mensis januarii 1768,
ffaccepi 564 lib.; mensis martii, 622 lib.; mensis
ffmaii, 468 lib. ; mensis octobris , 5.34 lib.n Chaque
élève inscrivait, en effet, propria manu, son nom sur
un registre ad hoc , et choisissait en même temps deux
professeurs qui devaient plus spécialement lui servir
de conseillers et de guides. Nous avons retrouvé à
la bibliothèque de la Faculté le registre autographe
des inscriptions prises de 17583 1774.
8
58 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Caput V. — Pro honorario professorum, ex œre Academiae.
Caput VI. — Pro honorario professorum , a rege concesso et a postarum quœstore solvendo'''.
Caput VII. — Pro rébus sacris'^'.
Caput VIII. — Pro rébus Academiae'^).
Caput IX. — Pro Facultatis bibliotheca'*).
Caput X. — Pro solvendis annuis pensionibus.
Caput XI. — Pro sumptibus factis occasione baccalaurei qui prœmiuni in concursu con-
secutus est.
Nous avons fréquemment cité dans nos notes trois autres précieux manuscrits
relatifs aux Commentaires et qui méritent une mention spéciale.
Manuscrit de Pajon.
Nicolas Ellain, dans le compte rendu de son décanat, en 1697, raconte qu'il
a l'etrouvé de vieilles chartes relatives à l'histoire de la Faculté. On n'attacha,
paraît-il, nulle importance à ces documents, sur lesquels d'ailleurs Ellain ne
fournit aucun détail. A la fin du siècle dernier, Pajon de Moncets, ayant ren-
contré par hasard ce passage des Commentaires, entreprit des recherches, et dé-
couvrit dans la sacristie de l'école un vieux coffre, fermé par quatre serrures;
il parvint, non sans peine, à l'ouvrir, et y trouva les curieux parchemins qu'avait
mentionnés Nicolas Ellain. C'étaient des titres, des statuts, des règlements, des
procès-verbaux et des pièces originales, dont la plus ancienne remontait à l'année
1 3 1 1 . Il réussit à les déchiffrer, et les fit transcrire ensuite avec beaucoup de
soin sur un registre in-quarto, que possède aujourd'hui la Faculté. Une seconde
copie fut sans doute bientôt jugée nécessaire, car M. Ch. Jourdain nous a dit
avoir vu aux Archives de l'Empire un double de ce travail. On comprend tout
l'intérêt qu'il présente, puisqu'il peut jusqu'à un certain point remplacer la
partie des Commentaires qui a été détruite.
En 1733, les professeurs recevaient : de la
Faculté, 90 liv.; de l'Université, 900 liv. ; dure-
venu des postes, 3oo liv.
trPro pane sacro in die Paschali, nomine Fa-
ffcultatis oblato in ecclesia Sancti Stephania monte,
'fpro cereis et oirertorio, solvit decanus 39 lib.
•ri4 s.n — rrLiulovico Brct, majori Facultatis ap-
rfparitori, pro mundatis per annum sacelli linteis,
tfpro pane azyme et vino ad missarum celebratio-
rrnem per annum snppeditatis, solvit decanus, 37
fflib. 16 s. 1 {Compte rendu de ij63.)
tfDie vi° aprilis (1601), in comitiis apudMa-
frthurinenses habilis, in (piibus actum est de ad-
r-niittenda resignatione GhristopLori Bois, librarii
ffj urati , in favorem Davidis Doucem-, distribuit ( de-
ffcanus) duodecim solides, n On sait que la corpo-
ration des libraires faisait partie de l'Université , qui ,
en 1969, 1975, i393 et i369,lui avait donné des
statuts très- détaillés. Les libraires ne pouvaient
mettre en vente aucun ouvrage avant qu'il eût été
examiné par l'Université, qui en fixait le prix.
(*) rfM" Henrico Jacobo Macquart, bibliothecas
ff Facultatis praefecto , pro annua pensione , ut aiunt ,
ffseu emolumento quod Facultas in honorarium
rrlargitur, solvit decanus libellas ter centum.'> —
ff Francisco Ludovico Bret, pro data per annum ad
rtcurandam bibliothecam opéra, libras quinqua-
ffginta. T! {Compte rendu de 1 y 60.)
FACULTÉ DE MÉDECINE. 59
Le volume est divisé en trois parties, qui ont pour titres :
Instrumenta, tum publica tum privala, in arca Facuitatis sctvata, in hoc codicc ordino chro-
nologico inscripta, ad rei memoriam, ad anliquorum Facuitatis niedicinai œvorum notitiam
inservienda. Ab anno i3ii ad annuin iSgS.
Alia instrumenta de quibus menlio in primo codice Facuitatis, nec non in secundo. Ab anno
iBgS ad annum ikki.
Synopsis rerum memorabilium (]u;jl' in omnibus Commentariis medicinœ Facuitatis Parisiensis
liabentur, quolquot in manus Nicolaï Ellain ab anno 1822 usque ad annum 1O06, tum vero
in nostras venire potuerunt ab eodem anno 1606 ad annum iG'yG.
La première pièce contenue dans ce recueil date donc de i3i 1; elle est inti-
tulée : Conquestto qmrulosa oblata ojjiciali Senoneusi a Claricia de Rothomago contra
sententiam excommunicalionis ojjîcialis Parisiensis. Les dix pièces suivantes sont
également relatives à cette Clarisse, qui exerçait la |)roi"ession de sage-femme.
Manuscrit de Bertiuno.
Tliomas-Bernard Bertrand, qui fut successivement professeur de chirurgie,
de pharmacie et de matière médicale, puis doyen en ly/jo, songea de bonne
heure à rassembler des matériaux pour l'histoire de la Faculté. Sa première
pensée fut de résumer pour lui-même, de la manière la plus claire possible, l'im-
niense collection des Commentaires. Ce travail, cjui forme un volume in-folio de
k8U feuillets, l'occupa en réalité pendant près de vingt ans.
On lit sur la couvertui-e :
Annales raedici a iSaà, seu de rébus medicis Parisiensibus ad modica' Faculiatis bistoriam
pertinentibus descripfis ad lyS^, cuni indice locupletissimo.
Puis au verso :
Inceptum opus januario, peractum cum indice alpbabetico novembii ejusd(Mn annl 1729, a
Tlioma Bernardo Bertrand, doct. medico Parisiens!.
Le feuillet de garde porte la note suivante :
Annales niedici ab anno iBa/t ad 1G9G, et ab anno 1696 ad 172^1, ex ipsismet Commen-
tariis excerpti, 1798 maio et julio mensibus, sub decanatu M. Geoffroy, decani de Facul-
tate optime meriti, addito indice alpbabetico a 182^ ad k novembris 172/i sub decanatu
M. Nicolaï Andry, (jui decimum nonum primus cej)it loinum inscribere (^ommentaiiorum Fa-
cuitatis medicae Parisiensis. — lidem Annales ab anno i324 ad annum 1780 descripti,
1781 incipiente. — li Annales medici pro medicis rébus Facuitatis commodati decano M"
Wartijienq aprili mense 17^17, ab ipsomet mibi redditi sunt 22 octobris 1767. Bcrirand,
D. M. P.
8.
60
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
Synopsis anonyme.
Ce manuscrit, exécuté sur le même plan que celui de Bertrand, est beaucoup
plus complet. Il forme un volume in-folio dont les pages ne sont numérotées
que jusqu'au folio 621. Il est précédé de deux tables très-détaillées et bien com-
prises. Ce manuscrit a certainement été fait par Pajon de Moncets; Hazon, dans
trois de ses ouvrages historiques, lui attribue un abrégé des Commentaires, qui
ne peut guère être que celui-ci, puisque aucune autre analyse de ce genre n'a
jamais été mentionnée. 11 faut cependant ajouter que Hazon cite toujours ce ma-
nuscrit comme étant in-quarto, et qu'en outre le nom de Pajon ne se trouve
pas une seule fois dans le volume que nous décrivons.
Le feuillet de garde a été arraché; on lit en tête de la première page : Rerum
m,emorabilium quœ continenlur in omnibus Commentariis Facidtalis medicinœ Parisiensis
ab anno i3a6 exscriplus. On trouve ensuite :
1° La liste des messes et des obits célébrés dans la chapelle de la Faculté;
2° Le rang attribué aux congrégations religieuses et aux corporations dans les
processions solennelles de l'Université;
3° Une liste alphabétique des docteurs, licenciés et bacheliers mentionnés dans
les Commentaires depuis l'année i635;
La liste des doyens de la Faculté et celle des censeurs de l'Université
jusqu'en 1/172;
5'' La tabh^ générale des matières.
Vient ensuite l'analyse des Commentaires, qui est précédée de ce titre : Synopsis
rerum memorabilium quœ in omnibus Conwientariis medicinœ Facultatis Parisiensis
habentur, quotquol in manus M. Nicolaï Ellain, ab anno i3aâ usque ad annum 1606,
tum vero in nostras venire potuerunt ab eodem anno 1606 ad annum usque 16^6, quo
decani munere fungebatur M. Morand.
Le 11 octobre 1697, la Faculté avait arrêté de prendre pour insignes trois
cigognes portant dans leur bec un rameau d'origan , et pour devise ces mots :
Urbi et orW^^K Les trois cigognes figurent sur les deux marques qui se rencon-
trent dans les volumes provenant de l'ancienne Faculté de médecine :
Synopsis ms. rerum memorabilium, p. 960. 28 mars i46o, conférait à tous ceux qui avaient
— Une bulle du pape Nicolas V, datée de Rome, reçu le grade de licencié dans l'Université de Paris
FACULTÉ DE MÉDECINE. 61
on les retrouve encore, mais cette fois avec la devise de l'Ecole, sur un grand
ex libris,
DD DoTn.
qui fut gravé en 1737, mais qui paraît n'avoir été collé que sur un nombre
très-restreint de volumes. H existe au commencement et à la fin du catalogue
de Baron.
La Faculté adopta ensuite une estampille ovale sans aucun ornement, et qui
portait seulement cette inscription ainsi disposée :
FACULTE de MEDECINE
Lors delà reconstitution de l'école en 1799, on fit faire l'estampille actuelle,
qui est ovale, très-grande et fort laide, elle représente la tête d'Hip[)ocrate , au-
dessous de laquelle on lit : inilOKPATHE. Elle eut d'abord pour légende les
le droit d'exercer et d'enseigner en tout lieu du
inonde, sans aucun examen ni autorisation pre'a-
labie ffEx tune, absque exaininatione et ap-
■'probatione publica, vel privala, vel aliquo alio
^novo principio. regendi atque docendi ubique lo-
frcoruin extra civitateni pra'dictani, liberarii babeat
cffacultatem " C'était un despbis reinanpiables
privilèges de l'Université de Paris. (Voyez Riolan,
Curieuses recherches sur les escholes en médecine,
p. 11 4.)
62 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
mois, École de santé de Paris , là frimaire an m, qui furent peu de temps après rem-
placés par ceux-ci : Faculté de médecine de Paris.
Comme dans toutes les bibliotliè(|ues de fondation moderne qui ont pu pos-
séder de bonne heure une marque gravée, on i-encontre très-rai-ement des ins-
criptions manuscrites sur les livres appartenant à la Faculté de médecine de
Paris.
FACULTÉ DE MÉDECINE.
63
PRÉFACE DU CATALOGUE DRESSÉ EN 1770
l'An Kdmo^d-Claidk BOURRU"'.
PRyEFATIO.
Hibliolhecarum pretium in libris manuscriptis oiini constitisso apud onines in coiiiesso est :
paiilerqiie fatentur rerum Gallicarum scriptores bibliotliecam saluberrima; F'acultatis Parisiensis,
hisce teniporibus, rarioribus fuisse instructam istius modi libris qui ad medicinam spectarent.
Neque mirum, quod apud viros lilteratissimos reperiretur librorura rarissimorum copia uberior.
Nibilominus tainen non putanduni est eam aut numerosissimam fuisse, aut sumptuosissimain,
quippe cum saluberrinius Ordo Parisiensis lalis semper fuerit, qui admirationem bominum in
se convertere maluerit quam in suppellectilem suam. Tota itaque bibJiotheca medicorum Pari-
siensium duodecim circa manuscriptorum numéro includebatur; quorum unusquisque (fatendum
est) tanli erat pretii , quanti difficile emi potuisset vel a rege cbristianissimo lune régnante,
Ludovico XL Verum qua inala fortuna acciderit, ut nunc agnosci vix queant vetcris illius splen-
doris vestigia , animo non capitur, nisi forsan extraneorum subtilitas in subripiendis clanculum
et furtive, vei codicibus integris, vel librorum paginis, par fuerit cum incuria eorum quibus
tanti thesauri custodia committebatur. Portasse etiam dum inclaruit ars typica sœculo quinde-
cimo, brevi e pretio suc amiserunt medicorum manuscripti, abieruntin desuetudinem, lacileque
dissipati sunt.
Multum tamen boni publici interesse videbatur, ut alicubi clarissimorum medicorum opéra
congererentur, quo pbiliatri ad artem medicam institui facile quirent, magistroruni libros per-
legendo, familiarique versando manu. Neque ullus sane huic aptior iocus quam in greniio salu-
berrimae Facultatis Parisiensis, cui medicos efformare et ad imaginem suam effingere semper
cordi fuit.
Hœc sensit M. Petrus Bonnetus Bourdelot, régis christianissimi medicus primarius, qui anno
1691 medicis Parisiensibus numerosam librorum supellectilem quam ipse collegerat obtulit. (Juo
quidem optimi viri beneficio potiri nondum datum fuit, quod quibusdam impensis tueri ne-
cessum fuisset. Timebat etenim Facultas saluberrima ne, propter bellum quod tune femporis ma-
gnopere sœviebat, subsidiis vexaretur, si quibusdam sumptibus minus necessariis mentiretur,
ut ita dicam, divitias. Causamrecusationis intelligens M. Bourdelot, non satis laudanda largitate,
ex suo œre et suismetipsis denariis bibliothecam quam ofl'erebat locavit. Ast eheu, quœnam sunt
rerum humanarum vices! Dum nemo bujusce bibliothecœ curam gerit, inde brevi evanuit, jamque
ex ea vix quidquam superest, nisi nomen collatoris munificentissimi.
Ab anno itaque 1783, nostrœ bibliotheca) repetenda est origo. Nempe M. Franciscus Picoté
de Belestre, vir litteratissimus et pretiosissima librorum collectione dives, divitias hasce litte-
rarias, auro cariores, viro consultissimo M. Claudio Joseplio Prévost, in Senatu Parisiensi cau-
sarum palrono, amico suo, dum viveret, fidelissimo, legavit, ut in Academia Parisiensi lillera-
torum usui consecraretur. Qui quidem M. Prévost commissam fidei suœ bibliotliecam Facultati
medicinœ concessit, juxta decretum latum die k julii 1783, M. Hyacintbo Tbeodoro Baron pâtre
decano. Libris M. de Belestre accessere, curis ejusdem M. Prévost, libri D. viduœ Amelot.
Huicce librorum collectioni ex liberalitate M. Philippi Hecquet, antiqui Facultatis decani,
Bibliothèque de la Faculté de médecine, manuscrits. Voyez ci-dessus, p. Ixli.
64 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
adjuncta est nova iibrorum copia ex ejusdem bibliotheca deprompta. Nostram demum biblio-
thecam pauiatim adauxerunt libri numéro multi, iegati aut donati a MM. Elia Col de Vilars, Hel-
vetius, Jaques, Reneaume, caeterisque doctoribus qui opéra sua typis demandata ut plurimum
in Facultatis bibliotheca reponi curant, unde huic quotannis novae fieri possunt, et rêvera fiunt
accessiones.
Verum, ut novis deprœdationibus nuUus deinceps daretur locus, Facultas saluberrima unum
e suis doctoribus bibliothecae in posterum prœfecturum fore decrevit anno 1787, M. Ludovico
Claudio Bourdelin decano : qui doctor in biennium solummodo eligitur, quo perfectissima inter
omnes doctores servetur œqualitas. Ut autem tôt et tantse collegarum liberalitates in publicum
cédèrent commodum, publici juris factae fuerunt, M. Josepho Guillelmo de l'Epine decano, anno
17/16; statuitque insuper Facultas saluberrima, ut bibliotheca sua litteratis ac philiatris pateret
omnibus, diebus jovis totius anni academici, scilicet à die ik septembris ad diem 29 junii,
cum facili Iibrorum communicatione.
Inter tôt libros, multi sunt rari, quidam rariores, alii demum rarissimi. E postremorum nu-
méro sunt Thèses in saluberrima Facultate Parisiensi propugnatae, quarum coUectio servatur
in bibliotheca ab anno iSSg ad nostra usque tempora, nec alibi reperiunda. Cui pretiosissimae
coHectioni servandœ ita providit Facultas, ut, decreto 18 octobris 1753, tulerit nemini unquam
commissuram fore uHam partem hujusce collectionis , nisi in œdibus ipsis bibliothecae dicatis
et praesente bibliothecae praefecto. Quod utinam idem etiam valeret decretum quoad raros et
rariores !
Denique cum his nuperrimis annis consliterit multos doctores , incuria videlicet, crédites ipsis
bibliothecae libros apud se retinere per longissimum tempus, decrevit saluberrimus Ordo, die
1 6 junii 1770, hosce doctores mulctandos fore , atque in posterum emolumenta iis débita persol-
vere pœnes decanun» non fore, usque dum commissos ipsis libros in manus bibliothecae praefecti
reponerent.
Dum bibliothecae Catalogum instauro, non potui temperare mihi quia haec omnia cum ad
historiam bibliothecae, tum ad praefecti Iibrorum obligationes spectantia non reticerem, ut, si
quae instituti jam ordinis perturbatio deinceps irrepat, haec potius redundet in praefectum biblio-
thecae quam in Ordinem saluberrimum. Nunc vero paucissima subjungam quae ad distributionem
praesentis Catalogi attingunt.
Hicce Catalogus digeritur juxta ordinem authorum alphabeticum; qui ordo et optimus et facil-
limus omnium foret, nisi in eo sequendo plurima bibliographis crucem figèrent. Adeo certum
est nullam esse methodum quae ab omni parte bona dici queat. Inter authores numéro pene
dicam infinités, multi sunt qui nullo, multi qui falso seu potius ficto, multi denique qui simili
nomine litteratis quotidie illudunt. Sed et alii sunt non pauci qui, mala impulsi libidine, pa-
truorum nomina latino vel graeco verlere idiomate ausi fuerunt, unde novae creantur bibliographe
molestiai. Hinc liquet quam malefido gressu ineunda mihi fuerit semita, et vepribus hispida, et
syrtibus lubriea, et scopulis aspera : citoque citius manum de Tabula, nisi pluries me edocuisset
experientia a labore improbo omnia vinci posse. Itaque insudavi per solidum fere annum et in
detegendis anonymorum , et in reformandis pseudonymorum , et in distinguendis homonymorum
nominibus. Non is tamen sum, fateor, qui omnis oppido erroris immunem me prestitisse putem;
opus inchoavi quod fortasse caeteri perficient. Verum si alicujus rei insimulandus sim in hac
parte, cuncla tamen ita disponi curavi, ut ex lapsibus meis nullum nasci queat incommodum.
Sic errores si non onmino tollantur, saltem minuentur : necmihiprobro,sed l'ragilitati humanae
vertentur.
Aulhores omnes appellandos secundum linguam cujusque vernaculam primo decreveram, se-
positis illis graecis et latinis ({uas induerant larvis. Verum exinde plus detrimenti quam emolu-
FACdLTK DK MKDECINK. 65
menti uasciliirmii hicvi aiiiiiio (((iicepi , ciiin iiotiora siiil iioiiiiiia Campanellau v. jf. qiiam
Thoiiia' (llocliellc; Pordiilcis, (|iiaiii Hai llioloinœi Ponloux; Scaligeri , (jiiatn .lulii vel Joseplii
(II' rEclicHc, elc. Idcirco lioniin omnium nomiiia sorvavi, sivc mutuaronlur a jfiœcis, sive a
latinis. Non idcn» l'nil do authoribus pscudonvmis : hos appeilavi et secundum nomina tictitia et
secundiim nomina vora. Homonymos distinxi, nomina cognominibus adjiciendo, ut iiutlus sil
errori locns. Tandom anonymos (piorum nomina expiscari non polui, ordinavi juxta mate-
riarum ordinem.
II.
9
FdC-simile hëliographique.
Plan de LacaïUe ( 1714 ).
COLLÈGE DE TOURS.
Révérend Père en Dieu Stephamis de Burgolio, Etienne de Rourgueil, archevêque
de Tours, acheta en i333 une maison dans la rue Serpente, y ajouta une cha-
pelle et y installa un collège*'', dont les écoliers devaient tous être originaires de
la Touraine'-l Ce petit établissement eut aussitôt un commencement de biblio-
thèque. Nous voyons en effet, dans les Statuts qui lui furent donnés, que le prin-
cipal était tenu de faire dresser l'inventaire de tous les livres appartenant au col-
lège; ceux-ci devaient être enchaînés dans la bibliothèque et ne pouvaient sortir
delà maison sous aucun prétexte*^'. Constatons encore que, d'après les mêmes
Statuts, chaque chambre était partagée entre deux écoliers, et que l'on confiait
une Rible au plus ancien des deux'*'.
Ce collège fut, en 1768, réuni à l'Université.
Dnboulav, Historia Universitatis Parislensis,
t. IV, p. -2^0.
J. Dubreul, Théâtre des nntiquitez de Paris,
p. 5i8.
rr Item, ordinamus qiiod de omnibus li-
(rbris, ornamentis ecclesiae, ustensilibus et aliis
n- rébus dictœ domus in eadem existentibus, fiât in-
(fventarium.
"Item, nullus mittat ustensiba et vasa extra
'rdonumi, neque libres, abqua ratione vel causa....
r'Omnesque iibri collegii incathenentur in iibraria,
fut nieiius conserventur. 1
"Item, dictus prineipalis caméras assignabit
"Scolaril)us, prout sibi melius videbitur faciendum.
ffErunlque duo in uno cul)iculo, et anliquior re-
"ceptus babebit bibliotbecam in suo cubiculo exis-
"tentein.-î (FéHbien, Hisloirc de Paris, t. III,
[). 690 et 62 1 .)
9-
i
!
i
i
I
Fac iimile héliograrhique.
PUn de Jouvin, de Hochefort ( 1676 ).
COLLÈGE D'AUTLN.
Ce collège doit son origine à Pierre Bertrand, qui fut successivement conseiller
au Parlement de Paris, chanceliei- de Jeanne de Bourgogne, évèque de Nevers,
puis d'Autun, et cardinal. Il possédait entre la rue Saint-André-des-Arts et la
rue de l'Hirondelle une maison que, dès l'année iBSy, il eut l'idée de convertir
en collège. Ce généreux projet fut réalisé quatre ans après''); le cardinal avait
alors acquis plusieurs propriétés contiguës à sa demeure primitive, et il les
attribua également à l'établissement qu'il créait. Les Statuts qu'il lui donna datent
de la même année; un des articles, le vingt-troisième, était consacré à la biblio-
thèque, et les termes dans lesquels il est conçu prouvent que le collège possédai!
déjà des livres, et que le fondateur attachait un grand prix à cette petite collec-
tion : rr J'ordonne, dit-iï, je règle, j'arrête et je prescris que tous les livres pos-
rsédés par les boursiers, et tous ceux qu'ils posséderont à l'avenir, seront déposés
fret conservés dans la bibliothèque de la maison; ils n'en pourront sortir sous
f aucun prétexte, ni être prêtés à personne i^
Le neveu de Pierre Bertrand, Pierre du Colombier, qui fut évêque d'Arras et
cardinal , s'intéressa vivement à cette fondation et lui fit d'importantes lil)éralités.
.Taillot. Ilcclicirlirs crilicjiicf; , Instori'jues rt to-
pograpliiqucs sur Pai is , quartier Saint- Aiidré-des-
Arcs, p. 1 3.
^' rFrœcipio (}uo(jiie. dis|)on() ac nrdino et sla-
rrtiio quoil omnes iihri cloimis ejiisdem, qiios lia-
■'bent el liabel)nnt in poslei'iini, ciisloiliaiitur et
rrteneanliir iii lihrarin doimis ipsiiis, iiec e\ti'a
rrdomuin eamdein qtioquomodo poiianliir, vel alicui
-commodenlur. - (Archives de I Kiiipire, série M,
carton n" 8o.)
TO LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Un peu pins tard, le président Oudard de Moulins, mort en 1898, lui légua une
somme assez considérable ''l Ni l'un ni l'autre ne semblent lui avoir laissé de
livres, et pourtant, à la fin du xv'= siècle, ce petit collège possédait une des biblio-
thèques les plus nombreuses et les mieux organisées de Paris; la salle qui lui était
affectée était garnie de dix tables doubles, de chaque côté desquelles on pouvait
s'asseoir, et qui étaient couvertes de livres enchaînés. La liste de ceux-ci est com-
prise dans l'inventaire de tous les biens meubles du collège, qui fut dressé en
juillet 1/162 par deux conseillers du roi, et qui est aujourd'hui conservé aux
Archives de l'Empire. Il a pour titre ^'^^ :
J. Dubreul, Tliealre ries antiquitez de Paris,
p. 626.
Iiii'cntfiire des biens meubles trouvez en l'oslel du
colttCfijC d'Aiislun, près Saint André des Ars à Paris.
Commancé à faire par nous Jehan Gouge et Guillaume
de Vie , conseillers du Roy notre sire en sa court de
Parlement et conniissaires en ceste partie, les xxix'
et xA-x' jours du mo/js de Juillet, l'an mil quatre cens
soixante cl deux. Et icellui avons parachevé, ainsi
qu'il appert par la conlinuacion dudit Inventaire, les
x' et ai' jours du inoijs d'Aoust enssuivant, audtlan
mil cccc LAU.
ffEt premièrement est assavoir que, en la iibrai-
rrrie diidil coliiége, a dix bancs doubles, à se seoir
(T d'une pari et d'autre, et ung poupitre; esquelz
fr bancs et poupitre ont esté trouvez encbaisnez
fries livres qui s'ensuyvent, qui sont intitulez sur
ff la couverture d'iceulx. Desquelx le premier s'en-
f'suit. » (Arcliives de l'Empire, série M, carton
n° 80.)
COLLEGE D'AUTUN. 71
Immédiatement après, suit, en ces termes, le catalop,ue de la collection du
collège
Questiones libri Pliisicorum Alberti de Saxonia Comiiiançant ou second fiieillel (ricelhii :
Accipitur, '5 et finissant ou penuitiine : trPost remissioneni. n
Item. Liber dictarum universalinni. Commaiiçant ou deuxiesme fueillet : ffEl nature, n et
finissant ou penuilime : tfSuniendi.'i
Item. Egidius super libro de Anima'^'. Commançant ou deuxiesme l'ueillet: r-Ad evidenriain
et finissant ou j)eniiltiine : rrinformavit. r
Item. Textus Etbicorum Commançant ou deuxiesme fueillet : rPecudum,n et finissant ou
penuitiine : trNon habet for. ii
Item. Priscianus minor^^'. Commançant ou deuxiesme fueillet : frVersum,ii et iinissant on
penultime : trVero Vi.n
item. Tbomas super posterioruiu et de Anima Commançant ou deuxiesme fueillet : -r Vidua-
rccionis,T7 et finissant ou penultime : ffEst levos.-n
Item. Philosophie Aristotilice. Commançant ou deuxiesme fueillet : trDictis,ii et finissant ou
penultime: r Corporels."
Item. Grecismus glosatus C*. Commançant ou deuxiesme fueillet ou texte : ffCum Igitur, ii et
finissant ou penultime : rrQuerit. ^
Item. Textus Logices Orguani. Commançant ou deuxiesme fueillet : frObmissis,n et finissant
ou penultime : ^De dilTinita.n
Item. Textus Logices et textus Etbicorum Commançant ou deuxiesme fueillet : 'fOmissis,"
et finissant ou penultime : rrMinor extremitas. t) (Non reperitur.)
Item. Albertus super libro Thopicorum Commançant ou deuxiesme fueillet : tcEum nietite,"
et finissant ou penultime : «Dici at.n (Non reperitur.)
Item. Priscianus minor. Commançant ou deuxiesme fueillet : tr Super astra valis ymago,ii
et finissant au penultime : «Ejusdem.»
Item. Textus Aristotilis. Commançant ou deuxiesme fueillet: ffPrimorum sunt,ii et finissant
ou penultime : 'fSepe.ii
Prima banca dupla a parte cappelle.
Primo. Questiones super primum librum Sententiarum Incipiens in secundo folio :
tf Taxa, 75 et finiens in penultimo : «Eis.T) (Non reperitur.)
Cet inventaire a été déjà publié, mais avec
de très-nombreuses variantes, par M. H. Cocheris,
dans son excellente édition de YHistoire du Diocèse
de Paris, de l'abbé Lebeuf, t. III, p. agi.
Commentaire, encore inédit, sur la Physique
d'Aristole , par le dominicain Albert de Saxe.
Gilles Colonna, dit Gilles de Rome [Mgidius
Rouianiis) , général de l'ordre des Dominicains. Un
commentaire sur le traité De anima d'Arislote a
été imprimé à Pavie, ligi, in-folio.
Le sixième livre de VElhique d'Aristote.
On appelait ainsi le recueil des traités les plus
élémentaires du grammairien Priscien. Ils ont été
réimprimés à Leyde, sous ce titre : Opéra minora.
Conniientaire de saint Thomas d'Aquin sur
deux ouvrages d'Aristote.
Grœcismus , de fguris et octo partihns or ado-
nis, sire grammaticœ regulœ versilnis lalinis expli-
calœ, par le grammairien flamand Ebrard de Bé-
thune. Cet ouvrage, alors très-répandu, et dont
on rencontre de nombreuses copies, a été imprimé
en 1487.
La Logique et YEtliiqve d'Aristote.
Commentaire d'Albert le Grand sur les To-
piques d'Aristole; ils sont ordinairement divisés en
huit livres.
Sur les Sentences de Pierre fjombard et leurs
commentateurs, voyez t. I, p. 1 G et 17.
72 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
lloii). Concordaiicic Biblie Incipiens in secundo folio : (-Ose,ii et finiens in penuitimo:
" Infères.
Item. Quidem textus Inslitute sine glosa Incipiens in secundo folio : c'Justicia,-n et finiens
in penuitimo : rDe falsis."
Item. Quidem liber de Actibus proplietarum. Incipiens in secundo folio : rrMiclii,w et finiens
in penuitimo : tfJuda.ii
Item. Historia scolastica Incipiens in secundo folio : tcTantum,îi et finiens in penuitimo :
"Besijjnans.n
Item. Liber Job. Incipiens in secundo folio : tr Maxime," et finiens in penuitimo : rfNon
r vincit. ri
Item. Epistole Pauli. Incipiens in secundo folio : «Miror, " et finiens in penuitimo : -f Au-
" le m.
Item. Actus Apostolorum. Incipiens in secundo folio : frDei,'5 et finiens in penuitimo :
r Amen. r>
Item. Psalterium glosatum. Incipiens in secundo folio : tr AImos,T> et finiens iu penuitimo :
Cornu,
Item. Sernio beati Augustini. Incipiens in secundo folio : trLacius,5i et finiens in penuitimo :
" In medio. ^
Item. Aliud Psalterium. Incipiens in secundo folio : rrBono in se,n et finiens in penuitimo :
tt Cylliara. -n
Item. Invenlorium Siruigie Incipiens in secundo folio : rr01ivaria,n et finiens in penui-
timo : crScropliuIatus.li
Item. Textus Sentenciarum. Incipiens in secundo folio : (rSed,ii et finiens in penuitimo :
tr Cul. n
Item. Gesselinus de'^'... Incipiens in secundo folio : trQuo casu," et finiens in penuitimo :
Petite, n
Item. Liber intitulatus Aqua super Lucam. Incipiens in secundo folio : ffBend ,11 et finiens in
penuitimo : f Universum.n
Item. Tabula Pliisicorum. Incipiens in secundo folio : Colores, n et finiens in penuitimo :
•• Credunt. n
Item. Liber Hisloriarum scolasticarum. Incipiens in secundo folio : ff Posteriora , n et finiens
in penuitimo : ftNavis.n
Item. Tractatus de Jurisdictione temporali et ecclesiastica Pétri Bertrandi in papiro. Inci-
|)iens in secundo folio : fflnfersunt,n et finiens in penuitimo : rfPerlinet ad.n
SëCUNDA 15ANCA DUPLA.
S'en suyvent les livbes trouvez ou second banc double
ENSUYVANT.
Primo. Ung livre appelle Prima pars Apparatus super Sexto et Clementinis domini Pelri
Voyez l. I, p. 17, note 10.
Les Inslilutes de Justinien.
Voyez t. I, p. 17, note 9.
Inventariuin partis chtrmgicalis medicinœ , par
Gui de Cliauliac. iinj)riin(' pour la pi'eniière l'ois
en 1^90.
Il y a eu ici au mot oublié. On a sans doute
voulu désiyuer Genseliniis ou Gancelinus de Gas-
sanhis, célèbre jurisconsulte, qui fut chanoine de
Béziers et professeur à Toulouse et à Montpellier.
Par le cardinal Pierre Bertrand, fondateur
du collège. Get ouvrage a e'té imprimé.
COLLEGE D'AUTUN. 73
Berlrandi Coiniuaiirant ou dcuxiesiue fuoillet : rrDiclis,ri et finissaiil ou peiuilliuio : r-Ex
rroventu.^
Item. Tercia pars Apparatus domini Pétri Bertrandi super Sexto et Cleineutini.s. Coniiiiançant
ou deuxiesine fueillot : rfOmnino in tex,r> et finissant ou penultimc : rfDoniinus.n
Item. Apparatus doinini Matliei super Clementinis et Paulus de Lazaris'"^'. Commançant ou
deuxiesine fueillet : 'fTas,ii et finissant ou penultime : ffEi.» (Non reperitur.)
Item. Digeste vieil. Commançant ou deuxiesine fueillet du texte : tcEis,Ti et Unissant ou pe-
nultime : tfEssent. ^
Item. Ung livre appelle Azo'^'. Commançant ou deuxiesme fueillet: rtlla,^ et finissant ou
penullime : ft Valebit. v
Item. La Digeste vieille sans glose. Commançant ou deuxiesme fueillet : «De marati,T5 et
finissant ou penultime : frDoiiaverit. 11
Item. La Digeste nove. Commançant ou deuxiesme fueillet : rrScripsit,:^ et finissant ou penul-
time : frEst. n
Item. Parvum volumen super Jure civili. Commançant ou deuxiesme fueillet : trLaborc,''
et finissant ou penultime : rrSacris.Ti
Item. La Digeste vieille. Commançant ou deuxiesme fueillet : f^Non vis,T) et finissant ou pe-
nultime : ffDi.n (Non reperitur.)
Item. La Digeste nove. Commançant ou deuxiesme fueillet : «Paulus," et finissant ou penul-
time : fQuod.ii
Item. Lectura'^' Chini super C.'^'. Commançant ou deuxiesme fueillet: rrNitur, n et finissant
ou penultime : r- Ypotliecam.i
Item. Lne Inforsade Commançant ou deuxiesme feuillet : ttSunt,fl et finissant ou penul-
lime : rr Probant. 1
Item. Textus Cleinontinarum. Commançant ou deuxiesme fueillet : rOffîcio,T: et finissant ou
penultime : tcEum.Ti (Non reperitur.)
Item. Encores une Digeste nove. Commançant ou deuxiesme fueillet : «In parte, w et finissant
ou penultime : trDemonstramus. «
Item. Libellus de Blanesco'^'. Commançant ou deuxiesme fueillet : »r\o,ii et finissant ou
|)enultime : rr Intéresse. (Non reperitur.)
Item. Bofredus Commançant ou deuxiesme fueillet : rrPrecor, •n et finissant ou penultime:
frDilectus.Ti
Item. Ung Code cum glosa. Commançant ou deuxiesme fueillet : frNobis,» et finissant ou
|)enultime : t Accusatore. n
Tercia banca dlpla.
S'en suyvent les livres trouvez ou tiers banc.
Primo. Summa Baymundina Commançant ou deuxiesine fueillet : 'fVigilia,ii et finissant
ou penultime : fflngratum.-i
Sur le sort qu'eurent plusieurs de ces ma- Gino de Pistoie mourut en 1387. L'ouvrage
iiuscrits dus à la plume de Pierre Bertrand, voyez désigné ici a été imprimé en ii83 sous ce titre :
plus loin. Quelques-uns d'entre eux ont cependant Leclura Cini de Pistorio super codice.
été reproduits dans la Bibliothèque des Pères. h'Inforliat.
'''' Apparatus super Clementinis, par Paulus de Un des nombreux ouvrages du savant juris-
Liazariis ou Leazariis. consulte Jean de Blanay.
Le jurisconsulte Portius Azon jouissait en- Le jurisconsulte Rofredo, né à Bénévent, et
core à cette époque d'une très-grande réputation. professeur à Bologne.
Voyez t. I, p. 9 0. note 1. La Somme de Raymond de Fenafort sur la
74 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
Item. Lcctura antiqua super SexIo. Commançant ou deuxiesme fueillet : r et
linissant ou penultime : ff Januarii. ^
Item. Lectura Guillermi super Ciementinis'''. (joinniançant ou deuxiesme fueillet: rrXîP,-"
et finissant ou penultime : rrUt supra, n
Item. Summa Confessorum '•^). Commançant ou deuxiesme fueillet : ffDe inquisitionibus,^'
et finissant ou penultime : ffinani se."
Item. Summa Lamberti super Deci'cto. Commançant ou deuxiesme fueillet: relus naturale,Ti
cl finissant ou penultime : tr Supra, n
Item. Notabilia Cbini f^). Commançant ou deuxiesme fueillet : rrlieis,!-) et finissant ou penul-
time: trUrbani.w (Non reperitur.)
Item. Henry Boubic en deux volumes. Le premier commançani ou deuxiesme fueillet : cr Vel ,
et finissant ou penultime fueillet: tfDe illa;ii et le second volume commançant ou deuxiesme
fueillet : rrExcuset,n et finissant ou penultime : «Glosa secunda.n
Item. .lohannes André en quatre volumes. La première partie commançant ou deuxiesme
fueillet : ffCI,ii et finissant ou penultime : tfSi;" la seconde partie commançant ou deuxiesme
fueillet: fin famam,')î et finissant ou penultime: rrDuplica; n la tierce parlie commançant ou
deuxiesme fueillet : tfDe Juda,T5 et finissant ou penultime : tfUt;w la quarte partie commançant
ou deuxiesme fueillet: ttQui,n et finissant ou penultime : ttDii.ii
Item. Decretum glosatuni. Commançant ou deuxiesme fueillet : 'tQuedani,ii et finissant ou
penultime : tr Befrigeria . ii
Item. Apparatus domini Guillermi super Clementinis. Commançant ou deuxiesme fueillet :
trPossitjT) et finissant ou penultime : ttNotatarum. iî
Item. Archidiaconus f''' super Sexto. Commançant ou deuxiesme fueillet: "Alias," et finissant
ou penultime : fin fi."
Item. Lectura Lamberti super Decreto. Commançant ou deuxiesme fueillet : trSub uno," et
finissant ou penultime : trGracianus."
Item. Compendium Bubricarum. Commançant ou deuxiesme fueillet : trLiberum," et finissant
ou penultime: trAdulter."
QuARTA BANCA DUPLA.
S'en suyvent les livres trouvez ou quart banc.
Primo. Spéculum juris'^'. Commançant ou deuxiesme fueillet : -f Fides," et finissant ou peind-
time : tf Invidiam. "
Item. Apparatus domini Jobannis André super Sexto Commançant ou deuxiesme fueillet :
trUt," et finissant ou |)enultime : rrFuit." (Non reperitur.)
pénitence et le mariage; elle est inédite, quoi-
(ju'elle ait été savamment commentée au xui° siècle
par le dominicain Guillaume de Rennes.
Probablement YAppœmlus Constilutionum Clc-
inentis V, par le bénédictin Guillaume de Laon.
On connaît une nmltitude d'ouvrages qui
portent ce titre; il est donc impossible de détenni-
iier lequel on a voulu désigner ici.
Voyez ci-dessus, p. 78, note 5.
Voyez t. I, p. 5.5 , note li.
Certainement un des ouvrages du célèbre
canoniste italien Jean André sur les Clci/icntiiies ou
les Décrétales.
Soit Guido Baisius, archidiacre de Bologne,
un des pi incipaux commentateurs des Décrétales ;
soit Guillaume de Cliampeaux, archidiacre de
Paris, dont la glose sur le sixième livre des Décré-
tales fut longtemps célèbre.
Sans doute le Spéculum judiciale de Guil-
laume Duranti, le célèbre évêque de Mende; il a
eu trente éditions de ikq'i h 1G68.
Voyez ci-dessus la note 5.
COLLEGE 1) AUTUN. 75
Ut'iii. Questiones mercuriales. Cominançans on (Iciixiesiuc rueillet : crMultis,''^ cl linissaiis ou
|)i'milliiiie : f'Oiiis.n (\oii repcritur.)
lloin. Questioiu's Fredi'iici, ou papier, (lotnmançaiit ou douxicsiiie lueillol : frBeiiedicti,'i el
linissant ou peiuilliuie : ff l'rebendas.
Item. Epislole (llenieiilis. Comniançaiit ou dcuxiesine fueillel : fln,'i el llnissani ou |)('uul-
tiuie : tf Sub.
Ueui. Decreluui. Comniançaiit ou deuxiesme l'ueillel : ctTificuui,Tî et finissant ou [«inultiuie :
Omnium. T)
Item. Lectura Innocencii Commançant ou deuxiesme (ueillet : rConsuetudo,'! et finissant
ou penuitime : trOuoniam.Ti
Item. Casus Heinardi ''^L Commançant ou deuxiesme fueillet : ttUni,5i et finissant ou [)enul-
linie : rr Appellacio. "
Item. ïextus tocius Juris civilis. Commançant ou deuxiesme l'ueiHet : rrMateria ,ti et (iiiissiiiil
ou penuitime : 'tReminiscentibus.
Item. Suninia llaymundi i^'. Commançant ou deuxiesme fueillet: f Forte, i et finissant ou
penullime : rCasibus.n (Non reperitur.)
Item. Apparatus Jobannis Andrée'*' super Sexto. Commançant ou deuxiesme fueillel :
"(iumque ad,-! el finissant ou penullime : rUti.ii
Item. Lectura Arcliidiaconi super Sexto. Commançant ou deuxiesme fueillet : rrNon,ii et
finissant ou penullime : « Necessarii. »
Item. Lectura Composlellani Commançant ou deuxiesme fueillel : Tp'iiil,'! el finissant ou
penuitime : ttSine. ■«
Item. Lectura Autentiquorum Commançant ou deuxiesme fueiifet : rcHiis,^-» et finissant ou
penuilinie : fDe boc. n
Item. Lectura Goffredi Commançant ou deuxiesme fueillet : rrMago,i^ cl finissant ou
penullime : ff Propositum.^
Item. Summa GofTredi. Commançant ou deuxiesme fueillet : ftErit,i5 et finissant ou penuitime :
" Absolvendus. -n
Item. Textus Sexti Decretaliuni. Commançant ou deuxiesme fueillet: rrHabere,^ et finissant
ou penullime : tf Suis.Ti
Item. Lectura Innocencii. Commançant ou deuxiesme fueillet: rflnter,n et finissant ou
penuitime : rrln Fi.y>
Item. Libellus Rofredi'*'. Commançant ou deuxiesme fueillet : ffUt,n et finissant ou |)enul-
lime : f -n (Non reperitur.)
Ilem. Textus sexti libri Decrelalium. Commançant au deuxiesme fueillet : trAqua,'^ et finissant
ou penuitime : trDignitalum.w
QuiNTA BANCA DUPLA.
S'en suyvent les livres trouvez ou cinquiesme banc.
Premièrement. La lecture Hostiensis en quatre volumes. Le premier commançant ou
Sans doute le célèbre commentaire d'Inno- Les Novelles de Justinien; c'est, dit-on.
cent IV sur les Décrétales. Accurse qui leur avait donné le nom dVfMfcw-
C'est le commentaire de Bern. de Composleile ihuptes.
sur \ei Décrétales : (Àtsus Bernardi siipra Décrétâtes. Summa super tltul'ts Decretaliuin , par le ca-
Voyez ci-dessus, p. 78, note 9. noniste italien Geoffroi de Trano.
''^ Voyez ci-dessus, p. y'i, note 5. Voyez ci-dessus, p. 78, note 8.
Encore le commentaire de Bernard de Com- Il s'agit ici du cardinal Henri de Bartholo-
|)os[elle sur les Décrétales. meis, plus connu sous le nom d'Henri do Suze,
76 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
deuxiesme fueillet : trUt,'' et finissant ou penuUime : frStatim;^ le second volume comniance
ou deuxiesme fueillet: rSeva," et finist ou penultime : rrinpi le tiers volume commance ou
deuxiesme fueillet : trMentem," et finist ou penultime : ffFu;w le quatriesme volume commance
ou deuxiesme l'ueillet : trSalibus,T) et finist ou penultime : rrTimeant.w
Item. Summa Hostiensis. Commençant ou deuxiesme fueillet : " Gracie, ti et finissant ou pe-
nultime : ffArpi.n
Item. Décrétales antiques. Commançans ou deuxiesme l'ueillet: rfBenius,n et finissans ou pe-
nultime : rrCujus.Ti
Item. Bosarium super Decreto'''. Commançant ou deuxiesme fueillet: ffigitur, r» et finissant
ou penultime : ff (juilibcl. ti
Item. Decretales glosate. Commançans ou deuxiesme fueillet: fr Prolapsus, et finissans ou
penultime : tfCanonice."
Item. Prima et tercia pars Apparatus doniini Pétri Bertrandi super Sexto et Clenientinis.
Commançant ou deuxiesme fueillet : 'rGenerosissimum,Ti et finissant ou penultime : tcEleclis;"
et tercia pars, commançant ou deuxiesme fueillet: ftConjujfati,^i et finissant ou penultime :
ftDilectus. 11
Item. Unum Beperlorium dudit Pierre Bertrand, en quatre volumes. Le premier commançant
ou deuxiesme fueillet: trDiaconum,i> et finissant ou penultime : rBone;" le second volume com-
mançant ou deuxiesme fueillet : 'rNon,ii et finissant ou penultime : rrinstimavi ; ri le tiers volume
commançant ou deuxiesme fueillet : rr . . . . ,n et finissant ou penultime : tcOupicepi le quatiiesme
volume commançant ou deuxiesme fueillet : rr Sacerdoti,ii et finissant ou penultime: ffPassio. n
Item. Leclura Innocencii. Commançant ou deuxiesme fueillet: "Demum,w et finissant ou pe-
nultime : Et si. -9
Sexta banca dupla.
ItKM, ou SIXlESMIi BANC ONT ESTÉ TROUVEZ ET INVENTORIEZ LES LIVRES QUI s'eN SUYVENT.
Premièrement. Ung livre de théologie appelle Compendium théologie. Commançant ou
deuxiesme fueillet : trEt 1,15 et finissant ou penultime : trDe confessione."
Item. Ung autre livre appelle Methaphisica et Phisica sancti Thome Commançant ou
deuxiesme fueillet : rtQui,:? et finissant ou penultime : rfldeo.n
Item. La Légende dorée'^'. Commançant ou deuxiesme fueillet : fBria," et finissant ou penul-
time : ff Suljjugatus. w
Item. Euvangelia Mathei. Commançant ou texte du deuxiesme fueillet : ttFilii,ii et finissant
ou penultime : rcPontifici.n
Item. Summa Egidii de Bonia super de Generalione. Commançant ou deuxiesme fueillet :
tfColorem,^ et finissant ou penultime : frQuoniam. n
Item. Summa Raymundi. Commançant ou deuxiesme fueillet : trin , ■>< et finissant ou penultime :
tt n (Non reperitur.)
Item. De Regimine principum Commançant ou deuxiesme fueillet : frDictis,T) et finissant
ou penultime : rflmmundi.ii
qui fut un des plus célèbres canonistes du xm' siè-
cle; il mourut évèque d'Oslie. L'ouvrage désigné
ici, le Commentarius in epislolas decrctalcs , a été
souvent réimprimé.
Titre exact d'un ouvrage de Guido Baisius.
Ce sont les commentaires de saint Thomas
d'Aquin sur la Métaphysique et la Plujsiqve d'Aris-
lote.
Par Jacques de Voragine ; très-souvent réim-
primée et même traduite en français.
Egidio Colonna , déjà cité plus haut.
Leplus célèijre des ouvrages d'Egidio Colonna.
COLLÈGE D'AIJTUN.
Ilem. Habundancia oxemploruni. Comniançant ou deuxiesme fuoillel : t Ali(|uando, n cl linis-
saiit ou ponultimc : ttCredebaiil.'i?
Itein. De aclis et de exilio bcali Tbonie Canluariensis in papiro. ComniançaiiL ou deuxiesme
leuillet : ?rExis(ens,'i el finissaul ou peiiultime : rc Habundancia. vi
Item. Epistole de sompno Pbaraonis'^'. Comniançant ou deuxiesme fueillel : ffNemo,^ cl linis-
sant ou penullime : ttP. a.-n
Item. Liber Pbilosophoruni moialium. Comniançant ou deuxiesme luciliet : 'rFui,^ cl finis-
sant ou penullime : rfCum.15
Item. Lucas giosatus. (^ommançant ou deuxiesme tueiHet : rr Scribere , n et finissant ou penul-
lime : frDe liiis. ii
Item. Flores Historiarum. Commançant ou deuxiesme lueillet : 'rRcx,^ et linissantou penul-
lime : rrTum. Il
Item. Secunda Secunde beati Thome'^'. Commançant ou deuxiesme iueillel : (tAd,T' et Unis-
sant ou penullime: ccPer edificalionem.'» (Non reperilur.)
Item. Prima Summe de tbeologia. Commançant ou deuxiesme lueillet : frOuolibel,^ cl linis-
sant ou penullime : tr Anime. ■»
Item. De Miseria condicionis liumane'*'. Commançant ou deuxiesme Ineillel : r'\'ou,n cl
finissant ou penullime : tflnquit.ii
llem. Manipulus llorum Commançant ou deuxiesme lueillet: frSunt,i5 et Unissant ou pe-
nullime : rrNovit.
Item. Cronice romanorum Ponlificum. Commançant ou deuxiesme lueillet: trSi,^' et finis-
sant ou penullime : fcMundi.n
Item. E{)islole Senece''''. Commançant ou deuxiesme fueillet : tfFinile,5) et finissant ou pe-
nullime : trQue.'n (Non reperilur.)
Item. Textus Ethicorum C'. Commançant ou deuxiesme fueillet : •rAliquid,w cl finissant ou
penullime : frNe.T)
llem. Textus Sententiarum Commançant au deuxiesme fueillet : rrDe ïrinitate,ii et finissant
ou [)enullime : tcGaudia.w
Item. Quesliones Ethicorum. Comraançans ou deuxiesme fueillet: tcMeta lanquam,ii et finis-
sans ou penullime : rrNe.^
Item. Dislincliones Mauricii Commançans ou deuxiesme fueillet : 'tAbissi,r) et finissans
ou penullime : frPonuntur. n
Item. Les Sermons saint Bernard Commançans ou deuxiesme fueillet : rrErgo,ri et finis-
sans ou penullime : rrLucla.ii (Non reperilur.)
llem. Sermones sancti Jacobi Commançant ou deuxiesme fueillet : ;fCensu,Ti et finissans
ou penullime: ;rOrdines.T>
Tbomas Becket.
L'exposition sur le songe de Plumion, par Jean
(le Limoges, moine de Clairvaux , a été souvent im-
primée. Daimoii en n publié l'analyse dans ïllistoire
littéraire de la France, t. XVIII, p. 3c)3.
La seconde seconde de saint Thomas d'Aquin.
De contemptu mundi, sive de iniseriis liunianœ
conditionis , par le pape Innocent III.
'^^ Manipulus forum , seu historia Mediolani , ah
origine iirhis usque ad annuin iSji , par Galvaneo
Fiamma.
Sans doule les \-ih cpistohe ad Luciliitm.
D'Aristote.
<*> Voyez t. I, p. lO.
Dislinctiones super oninia Jvre nomina, seu die-
lionarium scripturw divina- , j)ar le dominicain irlan-
dais Maurice. Voyez Xllistoire Utiéralre de la France,
t. XXI, p. 182.
On possède de sainl Bernard 3/io sermons.
Ce sont les sermons attribués à saint Jacques
de Nisibe: ils ont été publiés en arménien et en
latin.
78 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Ilciii. Quesliones Phisicorum(^), in papiro. Conimançans ou deuxiesme fueiHet : (f Quesilura , 55
cl liiiissans ou penultime : rrinnocens.
llciu. Pi'overbia socratorum. Commançans ou deuxiesme fueiliet : «Que constans,T) el finis-
sans ou penultime : r Adolescentia.n
llem. Quesliones Adam Commançans ou deuxiesme lueillel : rrEz,-o et finissans ou penul-
time : "
llem. Johannes Ciisostomus. Commanrant ou deuxiesme fueiliet : ftlile,'^ et finissant ou pe-
nultime : rtQui sien
Item. Tractatus de Abstinencia. Commauçant ou deuxiesme fueiliet : (fMortem,^ el finissant
ou penultime: rrL. I. in tabula.
Septima banca.
Item, ou septiesme banc ont esté trouvez les livres qui s'en suivent.
C est assavoir : Piimus Sentenliarum secundum Egidium de Koma. Commançant ou deuxiesme
fueiliet: ffQuoniam tacte,n et finissant ou penultime : ffSed mereor ergo.n
Item. Quartus Sentenciarum seu Quolibeta. Commançans ou deuxiesme fueiliet: tEx hoc,n
et finissans ou penultime : fcEjus.15 (Non reperitur.)
item. Prima pars Summe sancti Thome. Commançans ou deuxiesme fueiliet: tf Opéra, et
finissans ou penultime : a Gênera.
Item. Une Bible abrégée Pétri Commestoris Commançant ou deuxiesme fueiliet: ffQuc
■■lucem," et finissant ou penultime : frOccidentem triplieandum. ti
Item. ïertia pars Summe sancti Tbome. Commançant ou deuxiesme fueiliet : trLor et est ille,n
et finissant ou penultime : tcOperis.» (Non reperitur.)
Item. De Proprietatibus rerum'*'. Commançant ou deuxiesme fueiliet: trTine retenla,r) et
finissant ou penultime : trTatoris.^i
Item. Quartus Sententiarum sancti Tbome Commançant ou deuxiesme fueiliet : ffQuod,ii
et finissant ou penultime : ff Supponitur. n ( Non reperitur. )
llem. Secunda Secunde sancti Tbome. Commançant ou deuxiesme fueiliet: te Humana," et
finissant ou penultime : rrMonito. (Non reperitur.)
hem. Itinerarium démentis pape'**'. Connnançant ou deuxiesme fueiliet : rr Ac dilfinicionis,»
et finissant ou penultime : tfMisterium.r)
Item. Sermones Innocencii pape Commançans ou deuxiesme fueiliet : trModum," et finis-
sans ou penultime : ffVerba.n
Item. Secunda Secunde Tbome. Connnançant ou deuxiesme fueiliet : ff Lumen, et finissant
ou penultime : trjudicem.n (Non reperitur.)
Item. Euvangelia Jobannis glosata. Commançans ou deuxiesme fueiliet, ou texte : "Et
ffVerbum erat," et finissans ou penultime, ou texte : fcQuid a le.v
> D'Aristote.
■ ' Quest. qmdlibetales , par Adamus Hibernicus.
' ' G est Y Hisloria scolaslica de Pierre Comestoi-.
Voyez t. I, p. 17.
C'est la célèbre encyclopédie de Barthélémy
lie Glaiiville; il en a été f;iit douze éditions entre
1 'jyy et iltfjh. Voyez plus loin notre notice sur la
Itibliollièque du Uoi.
Le commentaire de saint Thomas (f Aquin
sur les Sentences de Pierre Lombard : il a eu cinq
éditions pendant le xv' siècle.
Ouvrage attribué à saint Clément. (Voyez t. I .
p. 1 8, note 9.)
Ce sont certainement les Sermons du [)apc
Innocent \.
C()LLli(;K D'AUTUN. 79
llem. Medilaciones Bernardi Coiiimaiifaiis ou dciixiosiiic! fïicillc^l : " Soctiiidiiiii , (.-l liiiis-
sans ou ])(nniUiine : ttPulciiludo.r)
Ifem. Tabula circa libros saiicii Tboiue. Coniiuanranl ou douxicsirie fucillt'l :"Zai'ah,-- l4
Unissant ou penultime : rfVcl potentia.i
Itoni. Manipulus (loin m. Commanranl ou dcuxiosnic lueilleL : rtFaclis,T) et linissanl ou pu-
nullinic : ffDixi."
Jk'ui. Declaraliones ditliciliuni docloruni in LbeoIo<;ia. (lonnnanrans ou d(ni\iesnit' liicillel :
rSocunduni quos,i5 et finissant ou penultiinc : frGranunalico.'^
Ilcni. Dyalogues sancli Gregorii Comniancans ou deuxicsnu! rucillct : -Vcnalii, - cl (iiiis
sans ou j)enullinio : tf Desiderat.
Item. Textus Sentenliaruni. Conniiançant ou deuxicsnii; l'ueillet : rrUlruni,ii et linissanl ou
penultime : «Lucem.ii
llem. Hisloiia scolasiica. Commançant ou deuxiesme l'ueillet : 'fUe creatione,-- etfinissanl ou
penultime : fr Priora. -o
Item. Prima pars Sunnne de Théolojjie. Conunançant ou deuxiesme fueillel : •• Dignilalem, ^
et finissant ou penultime : trAlimenti.n (Non reperitur.)
Item. Prima Secunde, cum Sunnua contra Gentiles'^', in uno volumine. Commançatil oi;
deuxiesme lueillet : r Ad seplinuim,-^ (!l finissant ou penultime : "Per ven.'i
Item. (Juesliones antique super librum Senlenciarum. Commaneans ou deuxiesme l'ueillet:
(fVel aliquod,Ti et finissans ou penultime : frDispensandum. 11
Item. Liber Calholicon Commançant ou deuxiesme l'ueillet : ff AulTero. abstuli,'" et finis-
sant ou penultime : "Sic circumspectus. 11
Item. Quedam leclura Senlenciarum. Commançant ou deuxiesme rneillet : tIu foro peui-
fftencie,fl et finissant ou penultime : rrQuod continualur in eis sic.
Ottava banca.
ItRM, en UUITIESMK BANC ONT ESTli TROUVEZ LES LIVRES QIH s'eN SUVVENT.
C'est assavoir : Liber Moi-alium Gregorii'^) super .lob. Commançant ou deuxiesme l'ueillet :
" Solitarius,Ti et finissant ou penultime : rrMala.n
Item. Tractatus de Kxempcione. Conunançant ou deuxiesme l'ueillet: rEciam monere,^ el
finissant ou penultime : "Cum causis.n
Item. Soliloquium Augustini beati cum pluribus aliis tractatibus. Commançant ou deuxiesme
feuillet : rcParo,'! et finissant ou penultime : trEligere. n
Ileu!. Ex|)osilio Canliqua Canli(|uorum'^'. Commançant ou deuxiesme lueillet : r:SulIiniis,r et
finissant ou penultime : rcVilare.11
Item. Repertorium beati Gregorii. Commançant ou deuxiesme lueillet : tc" xix", n el finissant
ou penultime : 'rTenebra.^i
'' Sans doute le recueil des douze trait('s tliëo- niiensis; il a eu une nndlitiule d'éditions sous ce
logiques ou moraux de saint Bernard. titre : Siinima graiinnitliralis vahle nolnhilis qua-
Ouvrage faussement attribué à saint Gré- fY(///o//co)i c'est une véritable encyclopédie
goire. (\ oyez t. I, p. 17, note H.) des connaissances humaines au xui" siècle.
La première SECONDE de saint Thomas (l'Aquin C'est le commentaire à la fois historique et,
el son célèbre Suiiiimi catliolicœ fidei contra (lentiles. allégorique fin pnpe Grégoire 1" sur le livre de Job.
Ce dernier ouvrage, imprimé cin(j fois pendant le Les Sollhqiirs de sainl Augustin sont divisés
w" siècle, a élé louldernièrcmenl traduit en français. en deux livres ; ils furent composés en 087.
Ouvrage de Jean deBalbi. dit Johanne-i Ja- Peut-être d'Isidore de Séville.
80 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
Ileni. Summa Thome contra Gentiles. Commançanl ou deuxiesme fueiliel : fr Consideratio ,
et finissant ou penultime : frPer. |
Item. Divei'si libri beali Augustin!. Coramançans ou deuxiesme fueiiiet : tfScire,i> et finissans |
ou penultime : (fGratia.'w
Item. Sermones domini Pétri Bertrandi. Commançans ou deuxiesme fueiiiet: ttDilectus,'-
et finissans ou penultime : ff Circumveniamus. ii
Item. Qiiedam Expositio psalteriiad modum sermonum in parvo volumine, usque ad ilium
psalmum: tfOui régis Israël, intende, etc.n Incipiens in secundo folio: ftNominum psalterium, n
etfiniens in penultimo : fflla ab uno. n
Item. De Exemplis Sancte Scripture '2>. Commançanl ou deuxiesme fueiiiet : fltem sanavit,-^
et finissant ou penultime : rrYsaac.-n (Non reperitur.)
Item. Tercius summarum Tbome. Commançant ou deuxiesme fueiiiet : ffQui sic,n et finis- i
sant ou penultime : rrPost.w (Non reperitur.)
Item. Concordancie Biblie Commançant ou deuxiesme fueiiiet : rrPharisei consilium,^ et
finissant ou penultime : t Induit rex. n
Item. De Civitate Dei, seu Expositio''*'. Commançant ou deuxiesme fueiiiet : rrBe iterum,n et j
finissant ou penultime : trAnimum.w j
Item. Questiones super potestate apposiolorum. Commançant ou deuxiesme fueiiiet : ctHiis,-^ j
et finissant ou penultime : crVerum.ii
Item. Textus glosatus super Job Commançanl ou deuxiesme fueiiiet : rrErranti,'^ et finis-
sant ou penultime du texte : rrNobis amen.fl
Item. Prima pars Speculi historialis Commançant ou deuxiesme fueiiiet : '-Plicandum,!!
et finissant ou penultime : tr Coma, -n
Item. De Civitate Dei Augustini. Commançant ou deuxiesme fueiliel: ff Postulat, 'î et finissant j
ou penultime : rrTenuimus.:? (Non reperitur.) i
Item. Statuta collegii Commançant ou deuxiesme fueiliel: « Opperibus,^ et finissant ou j
])enullime : rrProcuralor. ^ I
Item. Racionale divinorum officiorum'^'. Commançant ou deuxiesme fueiliel : ffSic igitur, n
et finissant ou penultime : ffinvenitur. t» 'Î
Item. Jobannes Damascenus. Commançant ou deuxiesme fueiliel: (fSic igilui, ■« et finissant
ou iienultime : ttAlium.'i i
.... ... . I
Item. De Trinitate Augustini Commançant ou deuxiesme fueiliel : ftLecturas,r. et finissant
ou penultime : trFugit.^
Item. Régule beatorum Benedicli et Augustini Commançanl ou deuxiesme fueiliel: Mo. i
et finissant ou penultime : wObedienciam.Ti
Item. Aurelii Aug. Gan'^^'. Commançanl ou deuxiesme fueiliel: frDe luce, 11 et finissant ou
penultime : tfNisi mc"
Par Jean de Limoges , moine de Clairvaux.
Ouvrage de Nicolas de Hannapes, le dernier
des patriarches latins de Jérusalem; il a étë publié
en 1 533 sous ce titi-e : Virtutum viliorumque exempla
ex sacris liltcris excerpla.
Voyez t. I, p. 17.
Le traité de saint Augustin.
Ce commentaire peut être attribué soit à
saint Thomas, soit à Pierre de Blois, soit à Pierre
de Chartres.
Parle dominicain Vincent de Beauvais, lecteur
de saint Louis et précepteur de ses fîls.
Ils dataient de i36i.
Titre exact du célèbre ouvrage de Guillaume
Duranti , évêque de Mende.
Ce traité est divisé en 1 5 livres ; il se trouve dans ■
le tome VIII des OEuvres complètes de saint Augustin . 1
('°) Voyez t. I", p. 18, note 5. '
Sans doute un ouvrage de saint Augustin, '
dont le prénom était Aurelius. 1
COLLEGE D'AUTUN. 81
Item. Postilla super Cantica Canticorum. Commançant ou deuxiesme fueiHel: rr Sacra Scrip-
tura,» et finissant ou penulliinc : ttEt magis.fl
Item. Liber de Unitate catholice fidei. Commançant ou deuxiesme fueiHet : «Consideracio,"
et finissant ou penultime : «Per.» (Non reperitur.)
Item. Textus Summarum. Commançant ou deuxiesme fueillet : tr Facultatem , w et finissant
ou penultime : ftMo.Ti
Item. Sermoncs Pétri Damiani et Epistole ejusdem'^', in papiro. Commançant ou deuxiesme
fueillet : trTunc suscifavit ,7) et finissant ou j)enultime : «• Potenciam. n
NoNA BANCA.
Item, ou neufviesme banc ont esté trouvez les livres qui s'en suyvent.
Primo. Milleloquium Aujjustini Commançant ou deuxiesme fueillet: (fDqlce,i5 et finissant
ou penultime : rt Salomon,
Item. Prima pars Milleloquii Augustini. Commançant ou deuxiesme fueillet : ff Ecclesiam , ^
et finissant ou penultime : crExponi. ■»
Item. Ung livre appelle Epistole canonice Jacobi^^K Commançant ou deuxiesme fueillet, ou
texte : trNichil,T) et finissant ou penultime : ttEt auge.n (Non reperitur.)
Item. Liber de Doctrina fidei Commançant ou deuxiesme fueillet : rrVitatis,Ti in textu, et
finissant ou penultime : trQui.'"
Item. Epistole Pauli*^'. Commançant ou deuxiesme fueillet, en glose : tr Proprias, n et finis-
sant ou penultime : trEoquo.^i
Item. Concordancie sine originale Andrée de Cultili. Commançant ou deuxiesme fueillet :
«Obedienciam,n et finissant ou penultime : frServire.r»
Item. De Laudibus Marie, cum pluribus. Commançans ou deuxiesme fueillet : te Vos autem,iî
et finissans ou penultime : trZaca.x
Item. Genesim glosatam. Commançant ou deuxiesme fueillet, ou texte : «Celum,?' et finissant
ou penultime : rtTabernaculum.n
Item. Sermones beati Augustini'^'. Commançans ou deuxiesme fueillet : cfUt erraverit,n et
finissans ou penultime : rtCum contra. 75
Item. Le premier et second volume de la Bible. Le premier commançant ou deuxiesme
fueillet: trSecula," et finissant ou penultime : frMortem;i le second volume commançant ou
deuxiesme fueillet : rtEorum,T) et finissant ou penultime : "Et men.ii
Item. Textus Biblie secundum antiquam translacionem. Commançant ou deuxiesme fueiliel :
r Apperit,T) et finissant ou penultime : t? Vo.w
Décima banca.
Item, et ou dixiesme et derrenier banc ont esté trouvez les livres qui s'en suyvent.
Et premièrement. De Lyra, en troys volumes très beaulx. Le premier volume commançant
ou deuxiesme fueillet : tt Questionibus,'' et finissant ou penultime : tfExecucione;" le deuxiesme
Les Sermons et les Lettres du cardinal Pierre
Damienou Damiani, imprime'sen i642eteni663.
Par Barthélémy, évêque d'Urbin. Il a été im-
primé en iblili ; ce sont des pensées extraites des
œuvres de saint Augustin, et classées par ordre
alphabétique.
La célèbre Epîlre encyclique attribuée à saint
Jacques le Mineur.
Peut-être le traité de la Doctrine chrétienne
de saint Augustin.
Les Épîtres de saint Paul.
Les Sermons de saint Augustin , au nombre
de près de 700, forment le tome V de ses OEuvres
complètes.
c Ce ne peut être que son célèbre commentaire
sur la Bible. Voyez t. I, p. i3, note 1.
II.
82 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
\olume commançant ou deuxicsme f'ueillet : tfOniuia sint,r) et finissant ou ponulliinc : ttSalis-
frlacioncm;'! et le Iroisiesme volume commançant ou deuxicsme l'ueiliet : e Sationis,ii et finissant
ou penullimo : frEt di;n et sont touz cscripz d'une main.
Item. Le Diclionari en troys volumes escripz de lettre courant. Le premier volume comman-
çant ou deuxiesme l'ueiliet : rrVi et alibi,'! et finissant ou penullimo : rfDominus;r) le deuxiesme
volume commançant ou deuxiesme fueillet: rrFacta sunt,Ti et finissant ou penultime : « Homi-
num;:î et le tiers volume commançant ou deuxiesme fueillet : rrFantibus.r) et finissant ou pe-
imltime : Transi vi t.
Item. Textus Sentenliarum. Commançant ou deuxiesme fueillet : trNos enim,w et finissant
ou penultime : trinvenit. t>
Item. Formularium litlerarum. Commançant ou deuxiesme fueillet : rrNecesse,^ et finissant
ou penultime : ftlllam.n
Item. De Verbis domini beati Augustini. Commançant ou deuxiesme fueillet : rrDixit,w et
finissant ou penultime : rrNon credunt.n
Item. Calholicon'^). Commançant ou deuxiesme fueillet: «In T. dcsinens,i: et finissant ou
[)onultime : rrllle ab.x
S'en suyvent autres biens trouvez en la chappelle dudit collieoe comme coffres,
LIVRES d'église ET AUTRES CHOSES.
Et premièrement. Ung cofl're de noyer d'environ quatre piez, en serrure et sans clefz.
Item. Ung autre coffre de cbaigne'^' assis emprès l'autel à couste' senestre, long de quatre piez
ou environ.
Item. Ung autre coffre de noyer, derrière l'autel dessus dict assis, ouquel on met le missel et
le calice là où on cbanto chascun jour, lequel coffre a de longueur quatre piez ou environ.
Item. En la dicte chapelle ont este trouvez ung Bréviaire, enchesné ou poupitre de la senestre
partie de la dicte chappelle. Commançant ou deuxiesme fueillet du psaultier: rt Corde, et finis-
sant ou penultime : trlnestimabiles.^
Item. Ung autre Bréviaire de demy temps, noté, pareillement enchesné oudict poupitre. Com-
mançant ou deuxiesme fueillet du psaultier : tf Permanebunt," et finissant ou penultime : fr Sicut. -n
Item. En l'autre poupitre, de l'autre cousté de la dicte chappelle, ungBreviaire de demy temps.
Commançant ou second fueillet : rr Miserere, 75 et finissant ou penultime : ttManus.Ti
Item. Ung Psaultiei' glosé, enchesné oudict poupitre. Commançant ou troisiesme fueillet: rtSur-
ffgunt impii,w et finissant ou penultime, in textu : tfDominum.n
Item. Ung Bréviaire noté, enchesné. Commançant ou deuxiesme fueillet du psaultier : t Audi-
mil, r et finissant ou penultime : fr Requestam. w
Item. Ung livre des Passions, noté. Commançant ou second fueillel de la Passion : rtEtilli,^
et finissant ou penultime : crimpleretur.
Item. Deux Grès'*) à chanter, notez. Le premier commançant ou deuxiesme fueillet : ff Am,Ti et
finissant ou penultime: frCon;T) et l'autre commançant ou second fueillel : rrPervenit, a et finis-
sant ou penultime : rr Honestalis. a
Item. Ung demy temps d'anliphone, noté. Commançant ou deuxiesme fueillet : "Pro ut, 71 et
finissant ou penultime : trErat in.n
Item. Les Cantiques. Connnançans ou troisiesme fueillet : "In mandatis,'" et finissant ou
[)enultime : rcVincula;^ et n'est pas complet.
Voyez ci-dessus, j). 79, note h. L'ancienne langue disait Grael, Greal, Grerl,
Voyez ci-dessus, p. 79, note h. Grh, pour Graduel.
De chêne.
COLLKCK D AIJTUN. 83
llom. l iijf PsaullicT, ciiclicsiic' en l'aulrc poiipiln;. Coiniiiançaiil ou second l'ueillel : ffTalem,n
et finissaiil ou pemilliino : rduiii.i-
Ilein. Ung petil Missel à fermouers (l'aqfeiit. (loiuinançaul ou second fueillet : frEt m\v et
finissant ou penullinie : r Ab onini in(]uiiianiento. n
hem. Uny autre «frand Missel. Coniniançant ou second fucillel: ff llonoribus,!^ et finissant ou
penullinie : tr Interna pocius.n
Item, {ju^ Prosel '' noié. Conuiian^-ant ou second fueillet : fSuperaj-o et finissant ou penul-
linie ; rPervenitur. 11
Item. Deux chandeliers moyens de cuyvre, cslans sur ledicl autel et servans cotliidienne-
inent à icellui.
Ileni. Ung autre petit chandelier de cuyvre.
On voit que le cardinal Bertrand avail léjjiié ses ouvrages au collège. La plu-
part des autres manuscrits avaient certainement été achetés des deniers de la
Maison. On conserve, en etl'et, aux Archives de l'Empire, treize quittances écrites
sur parchemin, et qui sont aussi précieuses pour fhistoire littéraire du xv*^ siècle
que pour l'histoire particulièi'e du collège. Nous les reproduisons textuellement,
en nous contentant de les classer par ordre de dates
Offrait ^ f^-^^^-^^jC^C^ oa^i^î..».»^ .-vw .|!^-UWt-/v»<^>^G^
' <i — — ^ —
Ego Johannes Versoris, presbiter Sagiensis diocesis'^', confileor vendidisse venerabilibus ma-
gistris de collegio Augustodunensi Quartum scripti sancti Thome, sic incipientem in îî" folio :
rPotestpatere, T) et in penultimo ante tabulam sic finientem : tr Egredientium intelligibilia;5i item,
primam parlem Sunime dicti doctoris, in 2° folio sic incipientem : rrHumanos ordinal, et in
penultimo ante tabulam sic linientem : «Quia sic corani homineni,^ pro precio viginti octo
On nomme prose le chant rimé qui se dit
avant f Évangile les jours de l'êtes solennelles.
frJe Andry Le Musnier, libraire, et l'un des
«quatre principaux, congnois et confesse avoir vendu
raux niaistres et escoliers du collège d Autun, de-
ifvant saint Andry des Ars, le tiers livre de l'escript
-de saint Thomas. Lequel livre ce comiiiance an
"Second feilliet : irErat creabile.r et Ihiissant au
r penullinie feiUiet: ffRespicit pe;'' pour le pris est
trsomme de quatre escus et demy; laquelle somme
trj ay receu , et m'en liens pour copiant. El le promet
rrgarenlir envers tous et contre tous; lesmoing
frmon signet manuel cy mis le i\° jour de mars mil
rrcccc Lxvii. Andry LE MusNiER. n (Archivcs de TEm-
pire, sërie M, carton n° 80.)
Le diocèse de Sëez.
Sli LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
scutorum, que ab eis recepi per dominum principalem dicli collegii, et promisi dicfos liljros
erga omnes guarantisare, teste meo signo hic apposito. lo" martii, anni 1467.
Versoris.
Ego Laurencius Pouirelli, presbiter, principalis bideilus Facultatis théologie Parisiensis Uiii-
versitatis , confiteor vendidisse venerabiiibus magistris et scolaribus collegii Eduensis Questiones
de potentia Dei sancti Thome, sic incipientes in secundo folio : t-Modum intelligendi ,r) et in pc-
nultimo ante tabulam sic finienles : rtA nulla aVia.v Item, Questiones de malo et virtutibus in
conimuni, in eodem volumine, dicti doctoris, sic incipientes in 9" folio : ff Actionem nec,n et
finientes ante tabulam in penullimo folio : rrHumanitas;5i precio decem scutorum ambos, que ab
eis recepi per manus magistri Guillelmi Ericii, et promicto dictoslibros erga omnes garentizare,
teste signo meo manuali hic apposito. Anno Domini millcsimo quadringenlesimo sexagesimo
seplimo, die vero vicesinia tercia mensis marcii.
L. POLTRELLI.
.le Pasquier Bon Homme, l'ung des quatre principaulx libraires de l'Université de Paris, con-
fesse avoir vendu aux maistre et escoliers du collège d'Aulun une Nouvelle .lehan Andre'e'" sur
le Sexte, avec les Mercuriales d'iceluy, tout en ung volume; commencent ou second fueiilet :
rflmmutat,i5 et finissent ou penultime : frGloria super;T) pour le pris et somme de treize escus;
la quelle somme j'ay receu, et m'en tieng pour content et bien payé, et promès iceulx desus-
nommés envers tous et contre tous garentir. Item, depuis j'ay recou dix sols pour avoir relié la
première partie saint Thomas et pour avoir garny le Quart dudict saint Thomas, tesmoing mon
signe manuel cy mis. Le xxiiii" jour de mars avant Pasques mil cccc lxvii.
Bon Homme.
Ego Johannes Marescali, in artibus magister et injure canonico licentiatus, conliteor vendi-
disse magistris et bursariis collegii Eduensis, fundati Parisius, quasdam Decretales incipientes
in secundo folio anteriori, in textu : frEt illa non est generans neque genita,n et finientes in
penultimo folio : rrln diocesi tua vaca;" pro precio et summa viginti sex scutorum auri, (|uaiii
confiteor récépissé, ac de eadem quitto dictos magistros et bursarios, et garanlisare promitto
adversus quoscumque, teste signo meo manuali hic apposito. Anno Domini millésime cccc" Lxvni",
die prima mensis junii.
Marescali.
Ego Bellengarius Mercatoris, presbiter, magister in Iheologia ac magister venerabilis collegii
.lusticie, diocesis Rothomagensis oriundus, confiteor vendidisse venerabiiibus magistro et scolari-
bus bursariis collegii Eduensis, Parisius fundati , quatuor scripta Johannis Scoti, quorum primum
iiici])it in secundo folio : «N. . . . esl,-n et finit in penultimo : trSed non;n item, secundum
incipit in secundo folio : tfVerbo et,n et finit in penultimo : frNon vult;» item, tercium incipit
in secundo folio : ^El infinitas,T) et finit in penultimo ante tabulam : f^Nova in quantum pi
ilem, quartum incipit in secundo folio : rrPeccator est,n et finit in penullimo : «Prêter illum.-^
Et hoc pro precio viginti scutorum auri que realiter et manualiter ab eis recepi; et promisi
promictoque dictos libres erga omnes garanlizare, teste signo meo manuali hic apposito. Anno
Domini niillesimo cccc'"" sexagesimo octavo, die vero xxvii" mensis junii.
Berengarius Mercator.
Ego Stephanus (lervasii , presbiter, in tbeologia magister et venerabilis collegii Arecurie '•^1 |)riii-
Voyez ci-dessus, p. 7/1, note 5. Jean André Pour Harcuriw ou Haricvrite, le collège
a intitulé Novellœ ses commentaires sur les Décré- d'Harcourt.
talcs ot sur le Sexte.
COLLÈGE D AUTIIN. 85
cipalis magister ac provlsor, confileor vendidisso vonerabilibus magislro ot scolaribus bursariis
coUegii Eduensis, Parisius i'undali, qucndam librum in pergaiiiono, vocatum : Terciam parterii
Summo sancti Tboiiic do A([iiiiio, incipieiitem in secundo folio : rr Angustias, n o.l fmicntein in
piMiulfinio ante tabulam : rSicut liiiea;n pro precio decem scutoriim, qiio ab ((isdein magislro
et scoiaribiis confiteor récépissé , et eos quicto; et dictum libruin promisi et promicto garentisare
adversus quoscumque, teste signo meo manuali hic apposito. Anno Doniini milicsimo «piadrin-
gentesimo sexagesimo octavo, el die tercia niensis decembris.
Gervasii.
Je Pasquior IJon Houmie, l un des ([uatri! |)rincipaulx libraires de l'Université de Paris, con-
fesse avoir vendu aux maislres et escoliers du coHiége d'Authun deux livres en parchemin,
nommez : Le Premier et le Second de l'escript de saint Thomas; le Premier commençant au
second feullet : rrFinem proporcionenti , ^ et finissant devant la tabh; au penultime : frDe isia ra-
frtione;^ et le Second commençant au second feullet: rfMundus constat, '5 et finissant devant
la table au penullinu' : tt Absolvenle sed de; 15 pour le pris et somme de neuf escus et seze
solz parisis, la quelle somme j'ay receu et m'en tiens pour content et bien paie; et pi-omectz
iceulx dessus nommez envers et contre tous garentir, tesmoing mon seing manuel cy mis. Le vu*
jour de décembre, l'an mil quatre cens soixante et huit.
Bon Hommk.
Je Jehan Guymier, Wm des quatre principaulx libraires de l'Université de Paris, confesse
avoir vendu aux maisire et escoliers du colliége d'Authun, c'est assavoir : Métaphisique, Ethi-
ques, Politiques et la Réfhorique d'Aristote, tout en ung volume escrips en parchemin en loctre
de forme, commençant le dit total volume au second feullet : rrLevia homini noscere,'» et finis-
sant au penultime : frSi ipsi nostri;'^ pour le pris et somme de quatre escus d'or, la quelle
somme j'ay receu et m'en tiens pour content et bien paie; et promectz iceulx dessus nommez
envers tous et contre tous garantir, tesmoing mon seing manuel cy mis. Le w" jour d'avril , fan
mil quatre cens soixante neuf.
J. Guymier.
Ego Bardinus Heredis, dyocesis Rothomagensis, vendidi magislro et bursariis collegii Eduen-
sis, Parisius fundati , Quolibeta sancti Thome. in pcrgameno, incipientia in 2° folio: "In Chrislo
t^non fuit,T) et finientia in penultirao ante tabulam : rrHumanitatem;T) precio quatuor scutorum
auri,que realiler recepi, et eos quilto; quem quidem librum promitto eis garantizare apud
quoscumque, teste signo meo manuali hic apposito. Anno Domini m° cccc sexagesimo nono,
et die vicesima secunda januarii.
Bardinus.
Je Pasquier Bon Homme, l'un des quatre principaulx libraires de l'Université de Paris, con-
fesse avoir vendu aux maistre et escoliers boursiers du colliége d'Authun quatre livres de la
Somme de frère Asteuxe'^', de l'ordre des frères Mineurs, en parchemin et en cayers, commençant
au second feulliel : frDicturi ergo in hoc libro,Ti et finissant au penultime devant la table :
••Utrum hoc sacramentum in antiquo;^ pour le pris et somme de seze escuz d'or, laquelle
somme j'ay receue et m'en tiens pour content et bien paié; et promectz iceulx dessus nommez
livres garentir envers tous et contre tous, tesmoing mon seing manuel cy mis. Le xvii" jour
de may, l'an mil cccc soixante dix.
Bon Homme.
Le minorité Astesano. L'ouvrage cité ici a pour litre tantôt Summa Astesana, tantôt Stimma de
casibvs comcicnhœ; il a été imprimé en liGg.
86 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Jo Pasquier Bon Homme, l'im des quatre principaulx libraires de l'Universilé de Paris, con-
fesse avoir vendu aux maislre et escoliers boursiers du coliiejje d'Authun unes Clémentines, en
[»arcbemin, avec la glose ordinaire , commençans au second leullet : r Vobis sub nosira , n et finis-
sans au penultime : rtEt articules ad causam;'i et ce pour le pris el somme de six escuz et demy
d'or, la quelle somme j'ay receue et en quicte les dits maistre et escoliers; et leur promectz ga-
rantir les dites Clémentines envers tous et contre tous, tesmoing mon seing manuel cy mis.
Le xx° jour de juillet, l'an mil quatre cens soixante unze.
Bon Homme.
Ego frater Estephanus Brulefer, ordinis fralrum Minorum, confiteor vendidisse magistro et
scolaribus bursariis venerabilis collegii Eduensis, Parisius fundati, quodam Ouollibela Johannis
Scoti, in pergameno scripta, incipientia in 2° folio : tt Inlelligitur |»er diflinitionem id quod in-
ff telligilur per diflinitum,Ti et finientia in ante penultimo : ffEt lotaliter cui lalia;^ et hoc precio
quadraginta solidorum Parisiensium, quos vero quicto, et dicta QuoHibeta garentizare promiclo;
el in fidem et testimonium promissorum meum signum manuale hic Parisius apposui. Anno
Domini millesimo cccc""" septuagesimo quarto, et die septima mensis septembris.
F. Stephanus Brulefer.
Cotte bibliothèque, rassemblée au prix de tant de soins et de tant de dépenses,
lut, en 1 67 G , presque anéantie par des voleurs; au nombre des ouvrages enlevés
figuraient, entre autres, tous les manuscrits du fondateur. Il paraît que les voleurs
furent arrêtés et poursuivis; car, suivant J. Dubreul, Pierre de Montclial, alors
boursier du collège, adressa au rapporteur de Talfaire les vers suivants :
Donec Palladium Trojana mansit in arce.
Non sunt victrices Pergama passa manus.
Hoc ubi nocturno Diomedes abstulit astu ,
Concidit, heu! Danaum Troia superba dolis.
Quid nisi venturum expecles, domus Heddua'*', casum ,
Heddua Palladio (proh dolor!) orba tuo?
Cui lot priscorum preciosa volumina Pairum
Subripuil vafra furcifer arle latro.
Vos, o purpurei, veneranda oracula, Patres,
Quos pênes est tanli criminis arbilrium,
Vos pielas, vos jura rogant, succurrile rébus.
Ut cadat in dirum débita pœna caput'-'.
Ici s'arrête pour nous l'histoire de la bibliothèque du collège d'Autun. 11 est
probable que cet événement ralentit beaucoup le zèle des boursiers en faveur de
leur collection, et que ce qui restait de celle-ci au xyu!*" siècle devint la propriété
du collège Louis le Grand, qui, en 176/1, absorba la vieille fondation du cardinal
Beiirand. Les bâtiments de ce collège furent alors affectés à l'école gratuite de
dessin; ils ont été aliénés en 1807.
Pour Edua. Il nous a été impossible de trouver dans la
J. Dubreui, Théâtre des antiquitez de Paris, Bibliothèque des Pères le passage auquel renvoie
P- Sa^- Dubreul avant de citer ces vers.
FaC-si.nile hehogrtirhiquo.
ÎUn de B. Jaillot ( d7i7).
COLLÈGE DE CHANAC OU DE SAINT-MICHEL.
Le collège de Clianac lut fondé, vers i3/i8, dans la rue dcBièvre, iii viro de
Bievria, par Guillaume de Clianac^'', quatre-vingt-quatrième éveque de Paris, qui
lui laissa j)ar testament loo livres de revenu annuel, des ornements pour la
chapelle, et crdes livres de diverses sciences, avec inhibition et défense d'en alié-
rrner. n Ce commencement de bibliothèque fut placé dans une salle située an-
dessus de la chapelle
Trente-six ans api'ès, un neveu du fondateur nommé, comme lui, Guil-
laume de Chanac, et qui fut cardinal et éveque de Mende, légua au collège
a 00 livres tournois, sa crosse, sa mitre a et certains livres pour estre encliaisnez
Tcn la librairie n Cette prescription ne fut malheureusement pas observée, car,
dès les premières années du xvn'^ siècle, il n'y avait plus un seul volume dans la
bibliothè(jue de ce collège^ '.
.Nous ne connaissons aucune estanq)ille au Jiom de cet établissement, mais
nous avons rencontré sur un certain nombre de volumes l'inscription suivante :
BIBLIOWEC/E S" MIŒAELIS.
Guéranl , Carlul. ceci. Paris, i. IV, p. 5y. Malinjyre, Anliquilet de Paris, p. 33 1. —
Cl. Malingre, Antiquité: de Paris, p. oi)!. Sauvai, Histoire de Paris, I. Il, p. 877.
Piganiol de la Forco. Description histori'jue J. DubrcuL Théâtre des antiquilez de Paris
de Paris, t. V, p. 3/)0. p. 0-29.
88 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Ce collège, dans lequel le cardinal Dubois avait fait ses éludes fut, en
1763. réuni à l'Université; une partie des bâtiments qu'il occupait existe encore
entre la i iie de Bièvre et la rue Maître-Albert (ancienne rue Perdue).
"' Oevior, Histoire de l'Universilé rie Paris, t. Il, p. ho-.
Créé eu 126/1 par Pierre de Moroii, qui deviut pape sous le uom de Céles-
tin V, i'ordre des Célestius l'ut introduit en France au commencement du
xiv*^ siècle; mais il n'y prit réellement quelque extension qu'après son installation
à Paris, sur un terrain situé aujourd'hui entre la rue Saint-Antoine et le quai
Morland. C'est là que les Carmes avaient eu d'abord leur couvent; ils l'abandon-
nèrent en i3i8'^^ pour aller s'établir au bas de la grande rue Sainte-Geneviève
(place Maubert). Un riche bourgeois de Paris, nommé Jacques Marcel, l'acheta
et y mit deux chapelains; puis, en i352, Garnier, son fds, le donna à six frères
Célestins qui étaient restés jusqu'alors près de Compiègne Cinq ans après,
Charles V posa la première pierre d'une église destinée à remplacer la chapelle
])rimitive, que ces religieux trouvaient déjà trop humble.
Voisins de l'hôtel Saint-Paul, où résidait Charles V, les Célestins eurent une
large part aux dévotes lii)éralités de ce prince'^'. Il les crrenta moult richement,
fffist fere leur esglise tant belle et notable^*), n vint lui-même la consacrer, et lui
lournit les livres liturgiques nécessaires à l'office divin 11 fut en réalité le vrai
fondateur de ce couvent, et les religieux le mentionnèrent à ce titre dans leur né-
crologe : tfObitus l'egis Karoli quinti et domine Johanne de Borbonio, ejus con-
crsortis, qui edificaverunt hoc monasterium''''. n
Vovez ci-dessus, p. 1 . roi Charles V prend les Célestins sous sa protection.
Piganiol de ia Force, Dcscrijjlion historique Christine de Pisan, Histoire de Charles V,
de Paris, t. IV, p. 181. 3° partie, ch. xi.
Voyez J. Dubreiil, Théâtre des nntiquilet de Piganiol de la Force, Description historique
Paris, p. 678. On trouve dans Félibien, Histoire de Paris, t. IV, p. i83.
de Paris, t. III, p. lijS , la Charte par laquelle le Le nécrologe des Célestins est conservé à la
1)0 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Louis d'Orléans, fils puîné de Charles V, hérita de la prédilection de son père
pour les Célestins, en même temps que de son amour pour les lettres et les arts;
on sait qu'il réunit une belle collection de livres, qui, transmise à Charles d'Or-
léans et à ses successeurs, devint la bibliothèque de Blois, une des plus précieuses
ac([uisitions qu'ait faites celle du Roi. Louis d'Orléans ne donna aux Célestins que
trois ouvrages, mais d'une grande valeur. Ce fut d'abord une magnifique Bible
in-folio sur vélin, que Charles V avait fait exécuter pour son usage personnel, et
([u'il lisait, dit-on, tout entière chaque année, nu-tête et à genoux Ce précieux,
volume, conservé aujourd'hui à la bibliothèque de l'Arsenal porte encore cette
double inscription autographe :
^^^^ ^
yvkjC^ 'QvCvc Y Cy^^X' irvî^
Le duc d'Orléans offrit un peu plus tard aux Célestins une autre Bible très-
bibliothèque Mazarine; c'est un volume in-folio, sur
vélin, qui porte le n° H Syi. Une copie très-in-
complète de ce manuscrit, et composée seulement
de treize feuillets de vèlin, existe aux Arcliives de
l'Empire, série S, carton n° 87/13; on lit en tête :
Modus fundationis conventus Celestinomm Beale Ma-
rir de Paris'mn, ordinis Sancti Bcncdicti... Sequimtur
misse bette J'undnte.
rfBiblia sacra , Caroli V. Francoruiii régis sn-
rrpientissimi jussu, in membraiiis vitulinis egregie
ffdescripta, quœ per singulos annos, nudo capite
rret flexis genibus, teste l^hilippo Mazerio. venera-
rrbundus lectitabat rex. n (D. Becquet, GaHicce Ca-
leslinoruin coiigregalionis tnonasteriorum fondntiones .
p. 17.)
Manuscrils in-fol. n" TL li\
CÉLESTJNS. 91
l'iclie, eu quatre volumes in-folio, rrescripte en veelin par des relifjicuscs et
i|ui, jusqu'au wif siècle, servit poui* les lectures du réfectoire''^'. II leur donna,
enlin, un beau bréviaire destiné à l'infirmerie Les religieux mentionnèrent en
ces termes les libéralités du prince sur leur registre des fondations pieuses :
f-Kundatio unius misse quotidiane. . . pro domino Ludovico, duce Aurelianensi ,
rrlilio doniini régis Karoli quinti. . . a quo habuimus c libras pro reditu . . . cuni
r- pluribus jocalibus . . . et pluribus libris^^'.n
Nous trouvons dans le même manuscrit la mention suivante : crFundatio unius
remisse alte in anno, in cappella domini Pbilippi de Maiseriis. . . Dimisit etiam
crnobis plures reditus et multa volumina librorum'^'. n Pendant l'année qui pré-
céda la mort du roi Charles V, un de ses plus fidèles serviteurs, devenu son con-
seiller' intime, le brave et intelligent Philippe de Maizières, avait dit adieu au
monde, et, renonçant à servir son pays autrement que ])ar la plume, avait choisi
pour retraite le couvent des Célestins, sans doute en raison de l'affection que
leur portait son maître. Il y composa, sous le nom du Pauvre pèlerin, des ou-
vrages inspirés par un ardent amour de l'humanité, et y mourut le 29 mai ikob ,
après avoir disposé de la presque totalité de ses biens en faveur du monastère
qui lui avait servi d'asile. Nous avons trouvé parmi les manuscrits de la Biblio-
thèque impériale une copie du curieux testament de Philippe de Maizières
On n'y voit spécifié aucun legs de livres; mais il est probable que la bibliothèque
du Pauvre pèlerin avait été l'objet d'une donation antérieure, car on rencontre,
à la fin de quelques volumes provenant des Célestins, la note suivante, qui date
de la fin du xiv*' siècle'"' :
tmurttmlj xtpu
J. Dubreul, Tlœalre des (mtiquitez^ de Paris.
p. 684.
L. Jacob, Traiclc des plus belles bibliolltèques ,
p. boli.
J. Dubreul, Théâtre des anltquitez de Paris,
p. 680.
'''^ Fundationes Celestinorum , p. 5. Bibliothèque
Mazarine, manuscrits, n" i985.
Page tx.
'''' (rLa copie du testament de messire Philippe
rde Maisières, chancelier de Cypre. qui. par hu-
milité, se nomme luy mesme en ses cscrits le
-povre vieil pèlerin... Supplie le couvent des Ce-
rf lestins que, lanlost et sans arrest que Tame sera
r partie du corps, la charogne du pèlerin soit des-
rtpouillëe toute nue, excepté que une petite pièche
ffde sac ou d'un touillon de cuisine en forme d'un
Tescu soit mise et bien attachée sur les membres
'-honteux... Escrit tellement quellement de la main
rrdu povre pèlerin en sa celle des Célestins de Paris,
rnon pas sans paoïir attendant son jugement, en-
ffviron l'an de grâce 1892. « (Bibliothèque impé-
riale, manuscrits, fonds latin, n° iSoyy, ancien
fonds de Saint-Victor, n° 999.)
Bibliothèque impériale , manuscrits , fonds
latin n° 17380, ancien fonds des Célestins, n° i5.
92 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Le nécrologe des Célestins nous révèle plusieurs autres libéralités, faites vers
la même époque en faveur de la bibliothèque du couvent. Les seules auxquelles
nous puissions assigner une date certaine sont presque contemporaines. Eu
1870, Adam de Melun et son frère Guillaume, archevêque de Sens, donnèrent
à la Maison des livres de théologie et de philosophie : ccMissa quotidiana pro
frdouiino Adam de Melduno, milite, et pro domino Guillermo, archiepiscopo
frSenonensi, fratre suo, a quibus habuimus ccccc francos... cum ccrtis libris theo-
frlogie et philosophie, n Cet exenqde fut bientôt imité par l'évêque Claude de
Grandmont, qui, suivant le Gallia christiana, 'mourut en i3oi : « Obitus domini
rr démentis de Grandimonte, quondam episcopi Lodovensis, de cujus bonis
rr habuimus plures libros''^' et octoginta francos. n
Le dépouillement du nécrologe nous fournit encore les mentions suivantes :
rr Obitus magistri Martini Senescali. . . qui dédit in libris juris canonici et civilis
rr circiter centum francos. 11
rr Obitus Pétri Barbou, civis Parisiensis'^^ qui dcdit ... unam Bibliam glosatam
cr in xuij voluminibus. 11
Aux indications qui nous sont fournies par le nécrologe, il faut joindre celles que
nous avons puisées dans l'examen d'un nombre considérable de volumes prove-
nant du monastère des Célestins.
En i/i83, après la mort de Jean Cœur, quatre-vingt-septième archevêque de
Bourges Geoiïroi Cœur, son héritier, donna au couvent un manuscrit sur lequel
on trouve cette note : crNotum quod hune librum dédit huic monasterio dominus
ffGoll'redus Cordis, miles, et dominus de la Ghaucée, post mortem domini archie-
rrpiscopi Bituricensis , tanquam hères ipsius; presentibus et acceptantibus Fr.
rrHelya Foi'elli, priore, et Fr. Thomas Sablon, procuratore Celesthiorum de Pai-i-
crsius*^). n Le h février 1689, douze ans avant sa mort, JeanBudé, secrétaire du
roi, audiencier de la chancellerie de France et père du savant Guillaume Budé,
le bibhothécaire de François I", voulut avoir part aux prières des religieux, et
leur offrit dans ce but un très-beau volume, à la fin duquel on écrivit : crAniio
cr Domini m° cccc° octogesimo nono, nij februarii, honorabilis ac discretus vir ma-
crgister Johannes Bude, notarius et secretarius domini nostri régis, ac cancellarii
rrFrancice audientiarius, hune librum dédit nobis Celestinis de Parisius, in puram
rr elemosinam , ut sit particeps precum nostrarum''^). n
En 1 5 1 /i, autre libéralité, faite par le conseiller Jean Lecoq, à l'instigation de
Gallia christiana , t. VI, col. ôbg.
Le iiiunuscriL de la bibliollièque Mazarine
porte : r... certes libros théologie. •«
Le manuscrit de la bibliothèque Mazarine
ajoute : rr... et uxoris sae.-n
Il mourut le 2 5 juillet, et lut enterré à le-
glise des Célestins, dans la chapelle dite depuis des
ducs de Gesvres. (Voyez le Gallia chrisliana, t. II.
p. 88, et Beurier, Histoire du momslcvc des Céles-
tins, p. 386.)
'''' Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n° 1112.
Ibid. incunables, n° 910 M.
CELESTINS. 93
son fils Jacques, reli<jieiix célcstin : rrHunc librum donavit conventui Gcicstino-
rcrum Béate Marie de Parrhisius, devotissimus senator ejusdem urbis, Johannes
«Le Coq, ordini nostro deditissiuius, intuitu fdii sui fratris Jacobi Le Coq, pro-
fffcssi. Aniio Domiiii iBi^, die lo inciisis sepleiiilM'is. Orale pro eo'''.T) Enfin,
le 18 juillet 1 5/1/1, Jean Legraiii oilVit au couvent un manuscrit des œuvres de
Galien, qui lut placé à l'infirmerie; on lit à la fin : ce Donné à renffermerie
rrpar M*^ Jehan le Grain. L'an i5/i/i, ce 18 juillet'^'. it
Les inscriptions suivantes ne portént pas de date, et il nous a été impossible de
leur en assigner :
p-Iste liber est Celestinorum Béate Marie de Parisius, quem dédit magister
crNicholaus de Melietz, Sancti Martini Turonensis prcpositus, ob amorem fratris
ffJobannis Poucliin, intus prol'essi n
rriste liber est Celestinorum Béate Marie de Parisius, quem dédit magister
ctLudovicus de Melietz, prepositus ecclesie Sancti Martini Turonensis, ob aino-
crrem fi^atris Joliannis Poucbin, intus professi'*'. n
fr iste liber est magistri Job. Yseberti de Autissiodoro, quem dédit, cum pluri-
rrbus aliis bonis, conventui Celestinorum de Parisius '^'.ii
crHec Biblia optime impressa et totaliter compléta, cum interpretationibus no*
trminum hebraïcorum, sigiiataque. . ., est de monasterio Celestinorum... Hanc
frdederunt buic monasterio parentes fratris Pétri Solder, pro suo usu quamdiu
rc placuerit patri priori ^^K v
rdste liber est Celestinorum... quem dédit frater Gudlermus l^inet, aale pio-
rr fessionem suam '""^ n
cr Celestinorum. . . ex dono fratris Jo. Roches, ante professionem suam'^^.ii
rrHoc volumen, cum aliis quam plurimis , dédit nobis Celestinis Parisius, ante
rrsuam professionem, frater Droco Charron n
criste liber est Celestinorum... ex dono fratris Guillelmi Charpentier, ante
cf suani professionem t^"'. n
cr Celestinorum. . . per fratrem Stephanum Rousselli de Pontisara apportatum^^''.
cfiste liber est Celestinorum... acquisitus per fratrem Petrum la Vache huic
ff monasterio f'^'. -n
Ln frère profès, nommé Gui de Vitry, donna au monastère un grand nombre
d'ouvrages précieux, et, en téte de chacun d'eux, on plaça une note ainsi conçue :
rrHunc librum dédit huic monasterio frater Guido de Vitry, professus ejusdem
Bil)liotlièc]ueMazai'ine, incunables, 11° ai 3i8. Bibliothèque Mazarine, incunables, numéros
Ihid. manuscrits, n° 1281. it/iyo*, 1/17/1 G, 12178 A.
Ihid. incunables, n° 1.587 B. Ibid. incunables, n° 26653 G.
Ibid. incunables, n° 2o55 G. Ihid. incunables, n° 16871 A.
Ibid manuscrits, n° io83. Ibid. incunables, n° 1279 H.
Biblia sacra, Venise, i/i83, in-/i°. Biblio- /èiVi. manuscrits, n" 12/i/i.
ihèque Mazarine, incunables, n°0i7 H". Ihid. manuscrits. n°
9à LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
fr Celestinorum de Parisiiis*^*. n Une autre libéralité, considérable aussi, fut faite
au couvent par un religieux de la même famille, Ambroise de Yitry : cr Iste liber,
-lit-on à la fin, est Celestinorum Béate Marie de Parisius, quem dédit frater
rrAmbrosius de Vitry, ante professionem suam'^lT) Cette formule crante profes-
crsioneni suanm se rencontre dans la plupart des inscriptions de cette nature; on
est donc fondé à supposer que pendant longtemps on exigea des nouveaux reli-
gieux qu'avant de prononcer leurs vœux ils fournissent un volume à la biblio-
thèque; c'était une règle adoptée dans quelques monastères, chez les frères de la
Sainte-Croix , par exemple
Nous ne possédons point d'autres détails sur l'origine de la bibliothèque des
Célestins. Nous sommes encore plus heureux que Maichel, qui déclare qu'il n'a
rien découvert sur ce sujet, et que le bibliothécaire lui-même Ji'a pu lui fournir
aucun renseignement'*'.
La bibliothèque avait cependant déjà un règlement fort détaillé, inséré dans
les Constit'Ulions de l'ordre. Voici la traduction du chapitre xiv, qui est consacré aux
devoirs du bibliothécaire :
crLe bibliothécaire doit classer tous les livres du couvent dans la bibliothèque,
Bibliothèque Mazarine, incunables, n°' ^72,
i56oG*, 1862 F.
Ibid. incunables, n"' i4i6o A, i863 C*^ et
12936 B*.
* * Voyez t. P', p. 332.
ffEjus originem atque progressum non œque
ffuc anlecedentium historica enarratione persequi
apossum, quia fontes, exquibus ea coaluit, mibi a
frbibliolhecario nunquani fuerunt indicati, neque
-eos investigando alibi invenire potui.n (Maiche-
lius, Introduclio nd liisloriam Uterariam de prœci-
puis bibliothecis , p. 108.)
DE OFFICIO BIBLIOÏHECARII.
''Ad bibliotbecavium pertinet omnes libros mo-
frnasterii eo ordine in bibliotlieca collocare, ut sin-
ffgulis facultatibus suus sit certus locus proprio ti-
'rtulo inscriptus; et libri ipsi singuli singulis etiam
r'tuni auctorum tum subjectoruni titulis exterius
•-insigniti. Omnium librorum catalogura ordine al-
■pbabetico digestum liabere, et libros ipsos, ne
■rinjm-ia aut ignorantia nionaslerio pereant, ipsius
-monasterii et congregationis nomine interius in-
"scribere. Libris studentibus, ut opus fuerit. de
f|)rœlati licentia distribuere, et. ne distraliantur
n-aut perdanlur, caulionem a sumentibus accipere,
Tet tandiu retinere donec libros reddiderint. Libros
''de prœlati licentia externis niuluo forte conces-
-sos, diligenter annotare, cum eorum nominibus
f'quibus concessi fuerinl, eosque suo tempore se-
ffdulo requirere et reciperc. Bibliothecam niundam
fret corapositam tenere, ex libris subinde pulverem
rrexcutere, et cavere nealiquo eventu quomodolibet
fccorrumpantur. Sane in loco publico, prœsertim in
frmajoribus monasteriis, extent quidam communio-
frres libri, quos unusquisque pro ratione studiorum
ffsuorum libère adiré et consulere possit. Fratres
rrautem nostri ne in cellis suis libros babeant, nisi
fquoseis prior permiserit; nec in bis aliquid scri-
(fbant, notent aut deleant. Nullus etiam libros ul-
rrlos exportet aut exportari curet extra monaste-
rrrium, neque vero etiam de novo in monasterium
trimportet aut importari faciat, nisi conscio et con-
rrsentiente majore. Libri auteni proliibiti non com-
ffburantur quidem aut projiciantur, sed sub clave
n-recludantur. Qui etiam provinciali suo tempore
trexibeantur, ut prœvio diligenti examine, quinam
trex ipsis reservari debeant, ipse de prioris et sa-
ffpientum consilio prudenter statuât. Ejusdcfu curas
ffsit ut aliquid, juxta monasterii facultatem, quot-
rrannis emptioni librorum tribuatur. Denique clavis
rrbibliothecœ sit tantum pênes bibliotbecarium, et
rf(ut summum) patres priorem et suppriorem;
ffqui etiam nullum librum inde sibi aut altcri sii-
rrmant, nisi adhibita cautione supradicta. n (Consli-
tutiones frntnnn Celestinorum provincicr franco-gnlli-
canw, pars xii, liber II, p. 88.)
CÉLESTINS. 95
frde manière que chaque matière occupe un endroit spécial et clairement dési-
ff gné ; les livres eux-mêmes porteront chacun extérieurement inscrit le nom de
rr l'auteur et le titre du sujet qui y est traité. Le bibliothécaire possédera un ca-
r' talogue rédigé par ordre alphabétique; de plus, afin d'éviter les pertes que l'in-
rr justice ou l'ignorance pourraient faire subir à la Maison, le nom du couvent et
ff celui de la congrégation figureront dans chaque volume. Le bibliotiiécaire prê-
fctcra, avec l'autorisation du supérieur, des livres à ceux qui en auront besoin
f-pour leurs travaux; mais, afin de prévenir les détériorations ou les pertes, il
tr exigera des emprunteurs une caution qu'il conservera jusqu'à ce que les volumes
traient été restitués. S'il arrivait que, de l'avis du supérieur, des livres eussent
crété prêtés à des étrangers, le bibliothécaire prendrait exactement les noms des
iT emprunteurs, et aurait soin, au moment voulu, de réclamer les volumes et de
ffles recouvrer. Il veillera à ce que la bibliothèque soit toujours propre et bien
cr rangée , battra fréquemment les livres et s'assurera qu'aucun risque ne les me-
fcnace. Dans les monastères importants surtout , il pourra être mis en commun
rr un certain nombre de volumes dans un endroit accessible à tous les religieux;
rret chacun aura le droit de venir librement les consulter pour ses travaux. Nos
rr frères ne pourront avoir des livres dans leur cellule qu'avec la permission du
rr prieur, et ils auront soin de n'y rien ajouter, noter ou effacer. Que personne
m'emporte ou ne laisse emporter des livres hors du couvent, que personne n'en
rr introduise ou n'en laisse introduire sans l'autorisation du supérieur. Les ouvrages
rr défendus ne seront ni brûlés ni jetés, mais enfermés sous clef. On les présentera
rrau provincial lors de sa visite, afin que, prenant conseil du prieur et de per-
rr sonnes prudentes, il décide en dernier ressort quels sont ceux qui doivent être
rrmis à part. Le bibliothécaire veillera à ce que tous les ans une certaine somme,
r: proportionnée aux ressources du couvent, soit affectée à l'achat de livres. Enfin
rrle bibliothécaire seul, ou tout au plus le prieur et le sous-prieur, auront une
rr clef de la bibliothèque; mais ces derniers ne pourront emprunter de livres sans
rr fournir la caution ordinaire, -n
Les prescriptions si nettement exposées dans ce règlement n'ont certainement
pas toujours été observées; mais il est certain que le monastère consacrait tous
les ans une petite somme à l'acquisition d'ouvrages qui lui manquaient. La biblio-
thèque de l'Arsenal possède, en effet, un registre u\-k° qui est intitulé : Cata-
logue des livres achclcs par les Célesiins; table de quelques-uns et qui renferme la
liste d'une partie des livres achetés par la Maison entre iC6i et 1670. Au reste,
les donations continuaient encore à cette époque. Le i5 mars iGGi, le P. Obr\
offrit au couvent deux cent cinquante volumes environ, dont le catalogue est
aujourd'hui conservé à la bibliothèque Mazarine Constatons encore pour
Bibliotli. de l'Arsenal, manuscrits, n° 889 L. la bihliolhhqitc le i5mars 16G1. Bibliothèque Maza-
Catalogue des livres que le R. P. Obri/ a mis à une , manuscrits , n" .3 1 88.
96 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
mémoire le don à\m beau missel du xv^ siècle sur lequel on lit : et Ce présent
ce messel a été donné aux Pères Gélestins de Paris par Monsieur Le Noir, apoticairc ,
rren 167/i '".•)■>
Michel de MaroHes, ordinairement si emphatique, est très-sobre d'éloges pour
cette collection :
On peut considérer aussi la Célestine,
dit-il Il est vrai que Marolles écrivait en 1 67G , et que la bibliothèque était sans
doute alors en assez mauvais état, car, en 1682 , elle dut être entièrement remise
à neuft^'. Gomme composition, c'était pourtant déjà l'une des plus riches collec-
tions de Paris; elle renfermait, vers 1700, sept à huit mille volumes''*', près de
douze mille en 1722 et avait alors pour bibliothécaire le P. Becquet'^', biblio-
graphe instruit, qui l'éleva rapidement au chiffre de dix-sept mille volumes
Les Gélestins passaient d'ailleurs pour être fort peu assidus au travail; en re-
vanche, ils possédaient la plus belle batterie de cuisine qu'on pût voir'*', et les
omelettes à la Gélestine furent longtemps célèbres.
Au miheu du xvm* siècle, deux personnages éminents contribuèrent à enrichir
la bibliothèque des Gélestins. Marc-Piené Voyer d'Argenson, qui remplit pendant
près de vingt ans les fonctions de lieutenant général de police, envoyait à ce cou-
vent la plupart des ouvrages hétérodoxes dont il ordonnait la confiscation Di-
sons en passant que ce magistrat fut le grand-père de Marc-Antoine-René de
Paulmy d'Argenson, dont la riclie collection, achetée en 1786 par le comte
d'Artois, est devenue la bibliothèque actuelle de l'Arsenal.
En février 17/11, Gharles de Hénaut, conseiller au grand conseil, k vir bene
rr litteratus, dit Becquet, laissa par testament sa bibliothèque aux Gélestins''"';
Bibliothèque iMazarine, manuscrits, n° 228.
Micliel de Marolles, Paris ou description suc-
cincte de celle grande ville, p. 4 7.
D. Becquet, Gallicœ Celestinorurn congrega-
lionis monasleriorum fundationes , p. 16.
J. G. Némeitz, Le séjour de Paris, c'est-à-dire
instructions jidclcs pour les voyageurs de condition,
t. I", p. 272.
G. Wallin, Lutetia Parisiomm erudita sui tem-
poris, hoc est annorum hvjus sœculi xxi et xxii ,
p. 120.
rrQuodsummam rei altinet . praestare possum
trlectori liane bibliotliecain libris instructissimam
fresse; in qua ornanda prœclare bactenus nuinere
ffsuo perfunclns est doniinus Becquetus, hujus or-
rfdinis aLque convcntus socius, qui jam per phires
tfannoshuicbibliotliecœ prœest , eamque elegantioris
ffliteraturœ notitiam tenet, quœ huic officie perfecte
rrrespondet.'i (Maichelius, Inlroduclio ud hisluriam
literariam de prœcipuis hibliolhecis Paris, p. 109.)
— Germain Brice écrit de son côté : rfLe B. P. An-
fctoine Becquet, né à Paris, qui en est bibliothé-
rrquaire, fort entendu dans le choix des bons livres,
rapporte tous ses soins pour la rendre plus ample
«•qu'elle na été jusqu'ici, quoique le nombre des
tf livres qu'elle contient soit déjà assez considérable. 1
[Nouvelle description de la ville de Paris, t. Il,
p. 3o3.)
Piganiol de la Force , Description historique de
Paris, t. IV, p. 261.
Jordan, Histoire d'un voyage littéraire fait en
1 795, p. 1 iG.
Piganiol de la Force, Description historique
de Paris, t, IV, p. 261.
D. Becquet, Celestinorurn motiasierioriwi fun-
daliones, p. 18.
CELRSTINS. 97
elle se eoiiiposait de (juaLic mille volumes choisis avec soin et bien reliés'".
Presque tous jjortent la note suivante, écrite d'une main déjà tremblante :
Tn ^ag^ ^odii^ Confilu>
Nous ne pouvons d'ailleurs expliquer cette date de 1710, qui est contraire à
celle que lournissent Piganiol de la Force et même Becquet, le bibliothécaire
alors en fonctions. La bibliothèque Mazarine possède le catalogue manuscrit de
la coHection de Hénaut; il forme deux volumes in-/i° qui ont pour titre : Caialo-
giis lihronwi CI. V. D. Caroli de Henaut, in magno Galliœ consilio miatonis, anno
Becquet donna ou légua sans doute aussi ses livres au couvent, car l'inscription :
se rencontre fréquemment sur les volumes de la Maison. 11 mourut en 17.30, et
nous ne savons quel fut son successeur, dont Jordan disait en 1782 : rrLe biblio-
rrthécaire est fort peu chargé de science, et n'a pas l'air fort spirituel '^l n
La bibliothèque des Célestins était située au-dessus de l'un des dortoirs**); elle
se composait d'une galerie assez élégante et décorée de pilastres ioniques
sculptés avec soin. Au fond, de plain-pied avec la galerie, s'ouvraient deux
arrière-cabinets'''). Outre les ouvrages que nous avons cités déjà, on remarquait
dans cette bibliothèque un grand nombre d'ouvrages imprimés pendant le
xv'^ siècle'^). Citons, avant tout, l'édition princeps (en caractères mobiles) du
célèbre Spéculum humanœ salvationis, dont on ne connaît que quatre exemplaires;
celui des Célestins fut acheté par le duc de La Vallièrc et est aujourd'hui à la
Piganiol de la Force, Description de Paris,
t. IV, p. 261.
^' Bibliothèque Mazarine, manuscrits. n'"'Si'jh
et 8175.
Jordan , Histoire d'un voyage littéraire ,
p. 116.
G. Brice, Description de la ville de Paris,
l. Il, p. 3o3.
II.
Maichelius , Introductio ad historiani litera-
riam, p. i 1 1 .
Piganiol de la Force, Description de Paris,
t. IV, p. 261. — Le cabinet des estampes de la Bi-
bliothèque impériale possède six grandes esquisses
au crayon relatives à cette bibliothèque {Topogra-
phie de Paris).
.4ntonini. Mémorial de Paris, t. I", p. 2o3.
i3
98 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Bibliothèque impériale de Vienne'''. On remarquait encore la glose de Nicolas
de Lyra sur la Bible, édition de 1/172 et la Bible latine de Gering, Crantz
et Friburger la première qui ait été imprimée à Paris. Le cabinet des manus-
crits était relativement moins riche. On y voyait pourtant l'original du Songe
du vieux pèlerin, composé par Philippe de Maizières pour l'instruction de
Charles VI'*'; le cardinal Du Perron faisait tant de cas de cet ouvrage qu'il
se rendait, dit-on, souvent au couvent des Gélestins exprès pour le lire'^'.
Parmi les manuscrits modernes figuraient presque tous les travaux de l'avocat
Etienne Garneau, qui se retira chez les Gélestins en iGSo'*^'. Puis un volume
qui rappelle la passion que ces religieux avaient pour la musique : cfG'étoit, dit
rrPernetti, un traité des articles de foi selon leur analogie avec la musique, ou
tfla musique de la foi. L'auteur prétend que tout ce qui appartient à la foi con-
rrsiste dans le poids et la mesure; il dérive de là le rapport de la foi avec la
rr musique. Le bécarre et le bémol y ont leur comparaison; la basse, la taille et la
T haute-contre désignent la foi, l'espérance et la charité; les articles de foi sont
remarqués par les jointures des doigts; c'est la tablature des sons'^'. n Le Lyonnais
François de Larbent, auteur de ce singulier travail, l'avait légué à Gharles de
Lorraine, archevêque de Reims, qui le donna aux Gélestins.
On avait joint à cette bibliothèque, dont l'accès était assez facile pour les sa-
vants'^', un cabinet de curiosités, où l'on voyait deux momies d'une très-belle
conservation
Le dernier bibliothécaire des Gélestins fut le père L.-F. Daire, qui donna plu-
sieurs manuscrits au couvent ''"'.
Nous ne connaissons qu'un seul catalogue de la bibliothèque des Gélestins. Il
est rédigé par ordre alphabétique, ne porte pas de date, et forme un volume
in-folio qui a pour titre : Bibliotheca Cœleslmorum Parisiensiiim. On trouve à la suite :
Catalogue des Livres que le R. P. Ohry a mis à la Bibliothèque le i5 mars 1661 ; puis,
Appendix Bibliothecœ PP. Celestinorum Parisiensium, ordine alphabetico per auctorum
agnomina^^^\
J.-M. Guichard, Notice sur le Spéculum huma'
nœ salvalionis , p. 36.
D. Becquet, Celestinorum monasteriorumfun-
dationes, p. ly.
A. Ghevillier, Origine de l'impr. de Paris, p. 79.
Le véritable titre de ce manuscrit, qui forme
trois volumes in-folio, est ainsi conçu : Cy est le
livre appelé le Songe, adressant au blanc faucon a
bec et pieds dorés.
Piganiol de la Force, Description de Paris,
t. IV, p. a6/i.
Hurtaut et Magny, Dictionnaire historique de
Paris, t. II, p. i32.
Jordan, Histoire d'un voyage littéraire fait en
ijsS, p. 116.
Pernetti, Recherches pour servir à l'histoire de
Lyon, t. I", p. 33 1.
Durey de Noinville , Dissertation sur les bi-
bliothèques, p. 5o.
Le géographe parisien , etc. t. I", p. SaS. —
Jèze , Etat ou tableau de la ville de Paris relativement
à l'utile, etc. p. 197.
Voyez le Catalogue des manuscrits déposés chez
les Célestins par le P. Daire. Bibliothèque impériale,
manuscrits, fonds français, n" iSago.
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n° 3 188.
CÉLESTINS. 99
Les Gélestins avaient pour armoiries : cr d'azur à une longue croix entortillée
ff d'une S d'argent et accostée de deux fleurs de lis d'or;n ces diiTérentes pièces
se retrouvent dans l'estampille de la bibliothèque :
LS désigne la ville de Sulmone où était le monastère du Saint-Esprit, cliel-
iieu de Tordre, et les deux Heurs de lis avaient été accordées aux Gélestins par
Philippe le Bel. L'estan^pille que nous venons de reproduire était frappée en or
sur les plats des volumes. On ne la rencontre jamais dans l'intérieur; elle y est
remplacée par des inscriptions manuscrites qui, conformément aux termes du
règlement de la bibliothèque, indiquent à la fois le nom de la congrégation et
celui (hi couvent :
ISTE LIBER EST DE CENOBIO CELESTINORUM DE PARISIUS.
ISTE LIBER EST MONASTERII CELESTINORUM BEATE MARIE DE PARISIUS.
CELESTINORUM PARISIENSIUM.
ISTE LIBER EST DE CONVENTU FRATRUM CELESTINORUM DE PARISIUS.
DES CELESTINS DE PARIS.
Les Gélestins poussèrent si loin le désordre et l'immoralité, qu'en 1778 on fut
contraint de les supprimer; ils obtinrent plus tard de rentrer dans leur couvent.
i3.
100 LES A^CIEN?^ES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Mais, pendant l'année qui précéda leur disgrâce, ils vendirent en secret un grand
nondîre de volumes dont la majeure partie fut achetée par le duc de La Val-
lière et le marquis de Paulmy'-'.
L'église des Célestins, i-emplie de monuments liis1ori(|ues de la ])lus haute im-
portance, a été démolie après la Révolution, et ce qui i-estait des hâtimeiits fut
alors converti en caserne.
Mémoires secrets, dits (le linchauinont , 91 n\'vi\ Miilin, Ariliqnités nationales, Célestins. t. 1".
1776, t. IX, p. i33. 1». i<57.
?ac-3iniile héliographique.
Flan de Jouvin de Kochefort ( 1676 )
COLLEGE DE JLSTICE.
Jean de Justice, clianlre de Bayeux et chanoine de Notre-Dame de Paris,
mourut en i353. Il ordonnait par son testament qu'un collège, destiné à des
étudiants des diocèses de Rouen et de Bayeux, serait établi dans quelques mai-
sons qu'il avait acquises de l'Hôtel-Dieu, et qui étaient situées rue de la Harpe,
presque en face du collège de Sens. Ses intentions lui-ent réalisées, dès l'année
suivante par ses exécuteurs testamentaires, Denis Duclei- et Guillaume Racine.
Ceux-ci rédigèrent, quatre ans après, les statuts du collège, et l'un des articles
qui y figurent nous prouve qu'il y avait déjà dans cette maison un commence-
ment de bibliothèque. «Chacun, y est-il dit, jurera de conserver fidèlement
fr comme siens les livres de l'établissement, et de ne les prêter au dehors à per-
rr sonne. Ces livres seront déposés et enchaînés dans une librairie, où tous ceux
trqui en auront besoin pourront entrer et étudier. Nous voulons qu'on inscrive
rravec soin sur un registre conservé dans la librairie les titres des volumes et les
rt noms de ceux qui les auront offerts ii
Nous manquons ensuite de renseignements jusqu'au milieu du xvi* siècle. Le
Jaillot, Quartier Sainl-André-des- Arcs, p. 85.
— Voyez J.-V. Le Clerc, dans Vlltsloire littéraire de
la France, t. XXIV, p. 2/16.
tritem quilibet jurabit libros domus siciit suos
fffideiiter cuslodire, nec extra (loinutn aliciii coni-
frmodare. Qui siquidem libri in una libraria inca-
(T tenati ponanlur, ubi onines qui loquetuin quœrere
rrvoluerint intrare poleriint et studere. Et vohiimis
rrquod iioiiiina libroruni scribantur in libraria in
ff registre speciose, et noniina illoruni qui prœdic-
fftos libros erogaverunt. n (Arcbives de l'Empire,
série M, carton n" 187.)
102 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
fameux président Lizet, mort abbé de Saint-Victor en 1 55^, fit de grandes libé-
ralités au collège de Justice, et lui légua sa bibliothèque, dont le très-curieux
inventaire est conservé aux Archives de l'Empire. Il débute ainsi : r? Dudict jour
crde vendredy, quinziesme jour des dicts mois et an'^'. . . . furent inventoriez les
ce livres trouvez en l'estude de la maison du dict defîunct et autres lieux en icelle
cf maison, apportez et inventoriez en icelle estude. . . . par Caillot du Pré et Jehan
rcde Roigny, libraires jurez en l'Université de Paris, après serment par eulx faict
cren la manière accoustumée, eu égard au temps qui court '-^n
Nous citerons quelques-uns des ouvrages mentionnés dans cet inventaire.
PREMIEREMENT, LES LIVRES DE THEOLOGIE ET SAINCTES LECTRES.
Une Bible de Anvers, impression, relié en ung moyen volume. Prisée quinze sols tournoys.
Les œuvres sainct Grégoire, impression de Paris, relliés en ung volume. Prisez vingt solz
tournois.
Les œuvres sainct Jehan Crisostome, impression d'AUemaigne, relliés en cinq volumes. Prisez
cent solz tournois.
Les œuvres de Berchorius relliés en quatre volumes. Prisez vingt solz tournois.
Les œuvres de sainct Cirille, impression de Paris. Prisez sept solz six deniers tournois.
Les œuvres sainct Hillaire, impression de Paris. Prisez sept solz six deniers tournois.
Les œuvres sainct Clément, impression d'Allemaigne. Prisez douze solz six deniers tournois.
Les œuvres de Nicolas Cusanus reliés en deux volumes. Prisez vingt solz tournois.
Theopliilatus : sur les Evangilles, impression d'Allemaigne. Prisé dix solz tournois.
Les œuvres sainct Ambroise, relliés en trois petitz volumes. Prisez quinze solz tournois.
Opuscula sancti Crisostomi, tous relliés en cinq volumes. Prisez ensemble quinze solz tournois.
Ung volume des Concilies généraulx, impression d'Allemaigne. Prisez vingt solz tournois.
AULTRES LIVRES TANT DE GRAMMAIRE, POISIE, PUILOZOPIIIE QDE HISTOIRES.
Vita? Plutarchi, impression de Paris. Prisé douze solz six deniers lournois.
Opéra Platonis, impression de Paris. Prisé douze solz six deniers tournois.
Cornélius Tacitus, en ung grant volume. Prisé douze solz tournois.
Paulus Emilius, grant volume. Prisé douze solz six deniers tournois.
Baptista Fulgosus, grant volume. Prisé dix solz tournois.
Titus Livius, impression de Paris. Prisé dix sept solz six deniers tournois.
Appianus Alexandrinius, Angélus Politianus, Livius, Eutropius, Amuonius monachus, Dioni-
sius Halicarnassus, reliiez en six volumes. Ensemble prisez trente solz tournois.
Strabo : de Citu orbis. Prisé troys solz tournois.
.\lexander ab Alexandro, relié en ung grant volume. Prisé douze solz tournois.
"> Juin thbli.
Archives de l'Empire , série M , carton n° 1 87.
Savant bénédictin du xiv' siècle, premier
traducteur de Tite-Live. — Voyez plus loin,
p. 1 10.
Le célèbre cardinal Chryiïlz ou Krebs, connu
sous le nom de Nicolas de Cusa.
Il ne s'agit pas ici de Théophyiacte , rhistoricn
byzantin; mais de son homonyme, qui fut arche-
vêque d'Acride en Bulgarie, et mourut vers 1070.
COLLEGE DE JUSTICE. 103
AUTRES LIVRES EN HUMANITE, GRAMMAIRE ET HISTOIRES.
Opéra Xenoplientis, rellié en ung volume couvert de perchemyn. Prisé quinze solz tournois.
Marrobius : de Bello Gothorum..., en quatre petitz volumes. Prisez ensemble dix solz tournois.
AUTRES LIVRES TANT EN DROICT CANON QUE CIVIL.
La lecture O de Panorme rellié en neuf petitz volumes. Prisé six livres tournois.
Lambertus : de Jure patronatus, impression de Rome, rellié en ung volume. Prisé trente solz
tournois.
La lecture de Jo. de Turre Cremata'^), super Decreto, rellié en quatre volumes. Prisé quatre
livres dix solz tournois.
Innocentius: super Decretales. Prisé huict solz tournois.
Cinq volumes delà lecture de Panorme, telz quelz. Prisez ensemble vingt solz tournois.
LIVRES EN DROICT CIVIL.
Ung cours de droict, première impression, avec les Institutes sans sommaire, rellié en six
grans volumes telz quelz. Prisez dix solz tournois.
Ung autre cours avec les glozes et sommaires . . . , relié en cinq moyens volumes. Prisez sept
livres dix solz tournois.
Angélus : super Instituta. Prisez dix solz tournois.
Jo. Fabri(^) : super Instituta. Prisez huict solz tournois.
Matheus de Afïlicfis : in Usibus feudorum, impression de Venise C'', rellié en trois volumes.
Prisé cinquante solz tournois.
Lectura Fulgosi, ung volume. Prisé sept solz six deniers tournois.
Lectura Francisci Aretini , relié en deux volumes telz quelz. Prisez douze solz six deniers tournois.
Quarente cinq grans volumes tant de traictez que répétitions que lectures de plusieurs doc-
teurs, non parfaictz ... Prisez ensemble dix livres tournois.
AUTRES LIVRES TANT DU DROICT CANON QUE CIVIL, RELLiÉS EN PARCUEJIYN.
Ars notariatus. Prisé sept solz six deniers tournois.
Placentinus super Codice, d'AUemaigne Prisé sept solz six deniers tournois.
AUTRES LIVRES EN MEDECINE.
Arnaldus de Villa Nova tel quel. Prisé dix solz tournois.
Le mot lectura était à peu près synonyme de
glossa ou co?nmentariu,<t.
Sans doute Antoine Benaccelli, dit Panormita.
Jean de Torquemada.
Le jurisconsulte Angelo.
'^^ Jean Lefèvre, jurisconsulte français qui mou-
rut en i.S/io.
^^'i Matthieu d'AfTIitto, mort vers i5io.
(') i53/i, in-folio.
Sans doute l'édition de Mayence, 1.536, in-
folio.
Les œuvres d'Arnauld de Villeneuve furent
publiées pour la première fois à Lyon, en i5o^i.
in-folio.
lOà LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PAULS.
AUTRES LIVRES TANT EN DROICT CANON QUE CIVIL, RELLIEZ EN PARCHEMYN ET OOUVERS
DE PARCHEMYN.
Lectura Hipoliti de Marciliis '^), rellié en ung volume. Prisé quinze solz tournois.
Concilia Stephani Bertrandi de Carpentras, rellié en trois vol lûmes Prisé cjuarenle cinq solz
tournois.
Quatre volumes de répétitions imprimez à Venise. Prisé cent solz tournois.
Concilia Alexandii de Imola rellié en deux volumes. Prisé trente solz tournois.
Lectura Marci Mantue Prisé vinj}t solz tournois.
LIVRES EN THÉOLOGIE, RELLIEZ ET COUVERTZ DE PARCHEMYN.
Le répertoire des œuvres sainct Augustin et sainct Jhérosine, reliiez en deux volumes. Prisé
ensemble dix solz tournois.
Cassidiorus : de Annima. Prisé dix solz tournois.
LIVRES EN THÉOLOGIE, BLANCS, NON RELLIEZ.
Glossa ordinaria intellinaria , dernière impression de Lyon, non rellié, en sept volumes. Prisé
quinze livres tournois.
Deux opéra Lizeti, impression de Lyon et Paris. Prisez ensemble vingt solz tournois.
LIVRES EN DROICT, AUSSI BLANCS, NON RELLiÉS.
Opéra Alciati, impression d'Allemaigne, avec le répertoire en six volumes. Prisé soixante solz
tournois.
Practica criminalis. Prisé sept solz six deniers tournois.
AUTRES LIVRES TANT EN HUMANITÉ, HISTOIRES QUE POISIE, NON RELLIEZ.
Les œuvres de Cicero, impression d'Allemaigne. Prisé soixante solz tournois.
Opéra Aristolelis, impression d'Allemaigne, trois volumes. Prisé cinquante solz tournois.
LIVRES EN FRANÇOIS.
Perceval le Gallois. Prisé six solz tournois.
Les Coustumes de Bretaigne et Poiclou. Prisez ensemble quatre solz lournoiz.
Trente-cinq volumes tans grans , moyens , que petis , escriptz à la main , tant en parclieinyn que
papiers, telz quelz. Prisez le tout ensemble cinquante solz tournois.
Plusieurs meschans papiers tant escriptz à la main que imprimez. Prisez ensemble ciiui solz
tournois.
Le collège de Justice fut recotistruil eu 1761 et réuni à l'Université en 176/1.
Imprimé à Bologne, i5oi, in-folio. Alexandre de Imola mourut eu 1/187.
Les Conseils et non les Concî/es d'Etienne Marc Benavides. surnommé Marco Maiiluano ,
Bertrand, jurisconsulte originaire de Carpentras. mort en 1689.
ont été imprimés en i532 en six tomes in-tolio.
Pûc-simile héliographique.
Plan de Lacaille (17i4).
COLLÈGE DE BOISSY.
Par son testament, daté de i353, Godefroy de Boissy, clianoine de Chartres
et clerc du roi Jean, ordonna qu'aussitôt après sa mort tous ses biens seraient
vendus et la somme qui en proviendrait distribuée aux pauvres de Paris et de
Boissy-le-Sec ; à moins, ajoutait-il, que ses exécuteurs testamentaires n'en trou-
vassent un meilleur emploi. Son neveu, Etienne Vidé de Boissy, ajouta à cette
libéralité une pai'tie de sa propre fortune, et fonda en i 358, dans la l'iie du cime-
tière Saint-André, un collège qu'il destina à des membres de sa famille^'*. C'est
de tous les collèges de Paris le seul qui ait été établi sous une condition de ce
genre. A défaut de membres de la famille Vidé, les boursiers devaient être pris
dans le village de Boissy ou sur la paroisse Saint-Andrè-des-Arts; mais, dit la
charte de fondation que nous traduisons textuellement, rr pourvu qu'ils soient du
f petit peuple, point nobles et pauvres, comme nous et nos pères l'avons été. n
Les statuts ne menlionnent pas la présence d'une bibliothèque dans ce collège;
ils ordonnent seulement la lecture de la Bible pendant les repas. L'établissement
eut, plus tard, de riches protecteurs, Michel Chartier et Guillaume Hodey, entre
autres, qui, sans doute, s'efforcèrent de combler cette lacune; mais le collège fut
si mal administré, ([u'au xvu*^ siècle il ne possédait plus un seul volume.
Son principal, Gervais Lenoir, y vécut pendant quarante-six ans comme dans
une maison qui lui eût appartenu et sans y admettre aucun écolier; crie collège
Abroge chronologique de la fondation el histoire du collège de Boissij, 1 72 A . in-fol. p. 1 . — Article 7.
106 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PAUIS.
rotait alors dans une telle obscurité, qu'il n'était point connu, même dans la rue
f on il est situé. '•>
Des réclamations surgirent enfin. Un arrêt du 27 janvier força Lenoii- ce à mettre
rrun écriteau sur la porter et à rendre compte des revenus de l'établissement.
Cette dernière clause était fort embarrassante, puisque le principal avait employé
les rentes du collège à ses dépenses personnelles. Il mourut sur ces entrefaites,
et le procès traîna en longueur; ses héritiers furent cependant condamnés, le
27 septendjre 1686, à restituer au collège une somme de i/i,5oo livres et à
lui abandonne!' la bibliothèque que Lenoir y avait i"asseniblée ])our son propre
usage'''.
Cette collection semble avoir eu une réelle importance. On consei've, en ell'et.
aux Archives de l'Empire un volume in-folio de 17/1 pages, couvert en parchemin,
(fui est intitulé Catalogue des Livres de la hihJiolèque du collège de Boisstj , et qui
comprend la liste de cinq mille volumes environ. Ceux-ci sont classés avec beau-
coup de soin suivant l'ordre des matières. Vient ensuite le catalogue des manus-
crits, au nombre d'une centaine, puis une table détaillée par noms d'auteurs;
enfin une liste des ouvrages anonymes.
Abrégé chronologique de la foitdation du collège de Boissy, p. 5. — Arcliives de l'Empire, série MM,
rarinii n° ?)C)8.
FiC-simile héliographique.
Flan dit, de Turgot (1739).
BIBLIOTHEQUE DU ROI.
I.
Pépin le Bref semble èlre le premier roi de France qui ait songé à léunir
quelques \olumes; ou cite comme lui ayant a])partenu un Antiplionier, un Res-
ponsal, la Dialectique d'Aristote et les livres de saint Denis l'Aréopagite, présents
du pape Paul I"''*. Son fils Cliarlemagne rassembla dans son palais, à Aix-la-
Gbapelle^- , une biblioLlièque vraiment considérable pour l'époque, rr magnam
frcopiam libroruni,n dit Eginliard, et qui , suivant Maichelius, renfermait plusieurs
ouvrages composés ou écrits par lui, crin qua plui-es codices manu ejus exarali
f continebantur^'^l t On dit que Gernandus servit de bibliothécaire à Gharlemagnc'"',
qui eut aussi des livres an monastère de saint Gall et à l'île Barbe Leidrade,
puis Agobai'd, tous deux archevêques de Lyon, furent successivement à la tête*"* de
On lit (Inns une lettre du pape I^aul 1" ù Pé-
pin : rDirexiiuns etiani Excellcnlissinue l^rœcellen-
r-tia? vestr;e et libros, quanlos reperire potuinuis,
'■itl est. Antij)lionale et Responsale, insiinnl Arteni
-oraniniaticani Aristolelis, Dionysii Aiiopajjitai li-
rbros, geonielricani, oitli()!>rapbiani , graiiunali-
-cani. onines grœco eloquio scriplores, necnon et
-liorologiuni noctui'nuni. ^ (Voyez 1). Bouquet,
liecueil (les historiens des Gaiilex, t. V, p. 5i3.)
rNam ut nunc oniitlam Caroliini iMagnuiu.
"illustrissiini vestri generis auctorem . qui et biblio-
:-lhecani sin,oiilaiein in suo palatio instiluit . etc. . .
((j. Gesner, Bibliolheca inslilula etcollecla, epislola
nuncupatoria , p. ,').)
' ' Maichelius , Introdiiclio ad liislorium literariiuii
de prœcipuis biblioth. p. i. — .Sur le.s connaissances
liltéiaires (le Cliarlemagne, voy. J.-J. Ampère, Ilisl.
lin. de la France avant le xn' siècle, t. III, p. 36, et
B. Hauréau, Cliarlemagne cl sa cour, p. ao et suiv.
Morboff, Pohjhislor, t. L lib. I, j). /i6.
Bibliolheca veterum PatruiH , t. XIV, p. 2 33.
Histoire de la bibliothèque du lioij. Bibliollièque
Sainte-Geneviève, manuscrit Z f i . Ce manuscrit
n'a point de pagination.
108 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
f-ettc dernière collection. MaLillon cite un diplôme de Charlemagne qui autorise
les religieux de Saint-Bertin à tuer dans ses forêts les cerfs et les daims dont les
peaux seraient nécessaires pour la reliure des ouvrages appartenant à l'abbaye ('\
L'empereur ordonna en mourant que tous ses livres seraient vendus, et l'argent
qui en proviendrait distribué aux pauvres
Louis le Débonnaire et Charles le Chauve possédèrent quelques volumes,
rriibri in thesauro. Le premier eut successivement pour bibliothécaires Ebbon,
archevêque de Reims, et le poète Garward La bihliothèque du second était
sous la garde d'Hilduin abbé de Sithiu, puis de Saint-Denis, qui avait compilé
pour Louis le Débonnaire la Vie de saint Denis. Charles partagea ses livres entre
son fils et les abbayes de Saint-Denis et de Compiègne '^l Dans le nombre se
trouvait le magnifique manuscrit encore connu sous le nom de Bible de Charles le
Chauve, et qui est un des plus précieux monuments littéraires de la seconde race;
le début de chacun des livres de l'Ecriture sainte, et parfois des pages entières,
sont tracées en lettres d'or qui ont conservé leur lustre et leur éclat Possédé
longtemps par l'abbaye de Saint-Denis, les religieux, au xvi* siècle, songèrent
à se défaire de cet admirable manuscrit; Henri IV le leur confisqua, et, le
ao août i5()5, un arrêt du Parlement ordonna qu'il serait déposé à la biblio-
thèque du Hoi. 11 en a été récemment enlevé, et est aujourd'hui conservé au
Musée des souverains.
Les témoigages de l'amour de Louis IX pour les livres sont nombreux Il
ffConcessimus Autlando abbali et uionacliis
ffcx monasterio . . . ubi sancti Audomariis atque
ffBertinus Christi confessores corporc i-equiesciinl .
(fiit ex nostra indulgentia in eoruin proprias sil-
ffvas licentiam liaberent eoriini bomines veiialio-
ffiiem exercere, unde fratres consolationem habere
rrpossint, tani ad vobimina bbrorum tegenda . . .
ffData VII kal. apribs, aniio \\ regiii noslri.^i (Ma-
rrbillon, De re diplomatica , lib. VI, p. 611, n° cxcix.
— Voyez encore ie Carlulaire de l'iihhdije de Saint-
lieiiin, t. T', p. ^S.)
trStatuit ut ab bis, qui eos babere velleiit,
ffjiisto pretio fuissent redenipti, pretiiiniquo in
ffpauperes erogalum.n (Eginbard, Vila Caroli impc-
raloris, cap. xxxiii.)
Histoire littéraire de la France, t. IV, p. 9 2 3.
<*' Morbolï, Polyhistor, t. I, lib. I, p. fiô. —
Struvius , Introductio ad nolitiam rei litterariw , p. ()5 .
''^^ frLibri nosiri qui in ibosauro nostro sunt, si-
ffcut disposiluni babeiiuis, inler Sanctum Diony-
frsium et Sanclain Mariam in Conipendio et lîbum
Tuoslruni disperliantur. " (Ét.Baluze, Uegum Frnn-
corum capitularia , t. Il, col. aO/i.)
On le trouve décrit dans le nouveau Traité de
diplomatique, t. III, p. 88.
' ' Voici l'un des plus naïfs : frLi benoiel saint
rfLoys enlendanz que len ne doit pas despendre le
fftens en clioses oiseuses ne en demandes curieuses
ffde cest monde, lequel tens doit estre emploié en
rrcboses de pois et meilleurs, sestude il metoit a
fflire sainte escriture; car il avoit la bible glosée,
•ret originaux de saint Augustin et dautres sainz , et
^'autres livres de la sainte escripture, csquex il
f'iisoit et fesoit lire moult de foiz devant lui el tens
rdentro disner et beure de dormir, cest a savoir,
••quant il dormoit de jour; mès pou li advenoit
rrque il dormist a tele beure; et quant il convenoit
«■que il dormist, sidemoioit il pou en son dormir.
irEt ce meemes fesoit il moult de foiz après dormir
n-jusques a vespres, quant il nestoit emI)esoigné de
rrcboses pezans . . . Cbascunjour. .. il senraloit en
rrsa cbambre; et adoncques estoit alumee une cban-
rrdele de certaine longueur, cest a savoir de trois
rrpiez ou environ; et endenientiei'es que ele duroit.
■r il lisoit en la bible ou en un autre saint livre ; et quant
rrla cbaiidele estoit vers la (in, un de ses cba])elains
4
RiniJOTHEOUK DU UOI. 109
autorisa les savants à venir consulter un certain nombre d'ouvrafijcs qu'il avait
réunis dans une salle spéciale à la Sainte-Chapelle. Lui-même s'y rendait pai'l'ois,
à ses heures de loisir, pour y lire (juelques traités des Pères de TEf^lise qui avaient
été copiés par ses ordres; mais, en mourant, il partagea cette collection entre les
quatre communautés religieuses qu'il ailectionnait le plus^''.
C'est ])our Philip])e le Hardi que le dominicain Laurent composa, en i -a-yC), la
Somme des vices et des vertus, qui l'esta si longtemps célèbre.
Philippe le Bel et ses trois fds léguèvent leurs livres à des couvents. Au reste,
dans l'inventaire qui fut dressé après la mort de Louis le Hutin, on ne voit figu-
rer, en dehors des ouvrages de dévotion, qu(» cinq volumes^' : le Roman du Reclus,
le Tournoiemenl de rAiilechrisl, un Traité des Echecs et deux Chronifjues.
Philippe VI aima trop la guerre ])our songer à rassembler une bibliothèque.
Le roi Jean , au contraire, protégea les lettres et encouragea les essais qui se pro-
duisirent sous son règne. Il rechei'chait déjà les beaux livres alors qu'il n'était
(jue duc de Normandie, car un acte du a/i octobre iS/iy nous apprend que
Thomas de Maubeuge, libraire à Paris, lui avait vendu rrun roumant de mo-
r alité sur la Bible ii quatoi'ze florins d'or '^l On conserve à la Bibliothèque impé-
riale un volume à la fin duquel est écrit :
et ces lignes sont d'autant plus précieuses qu'on ne connaît d'autres signatures du
roi .lean que celle-ci et celle qui figure au bas d'une lettre adressée à son fds le
19 juillet 1.357 i358. Il avait avec lui, le jour du désastre de Poitiers, un
exemplaire de la Bible qui est aujourd'hui au British Musevm, et sur lequel on lit :
rrCest livre fust pris ove le roy de Fraunce à la bataille de Peyters ii
Pendant sa captivité, il montra les mêmes préoccupations. Le aB janvier i358,
on voit figurer dans ses comptes, pour 32 deniers, rr Marguerite la relieresse, pour
rrestoil apelé, et lors il disoit compile avecqiies lui. 1
( Vie de saint Louis, par le confesseur de la reine
Marguerite , dans le Recueil des tiisloriens des Gaules ,
t. XX, p. 79.)
Voyez, t. 1", p. 2i3, la notice sur la biblio-
thèque de la Sainte-Chapelle.
Histoire de In hibliotJièque du Botj; manuscrit de
la bibliothèque Sainte-Geneviève. (Voyez à la fin de
cette notice. )
L. de Laborde, Les ducs de Bourgogne, t. f".
p. /i5().
Bibliotlièque impériale, manuscrits, fonds
français, n° 6y.
' Documents inédits, rapport au ministre, p. 1 18.
110 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
rr relier un livre où la Bible en françois estoit contenue , et le couvrir tout de neuf,
ret mettre quatre fermoirs neux;r et pour 3 sols G deniers, le 12 mars, cr Jacques
^•le relieur de livres, pour relier un des bréviaires de la chapelle, mettre unes
rrais toutes neuves, et le couvrir d'une pel vermeille, le broder et blanchir;-
puis crpour avoir mis quatre clés de laiton et les petits clous à les estachiers à
rMin l'oman de Guilont' L'année suivante, rrafin que Philippe, son quart fds,
rduc de Bourgoigne, évitast le péchié d'oiseuse, ^i Jean commande à son premier
chapelain Gaces delà Buigne un poëme sur la chasse. A Londres, au moment de
rentrer en France après la paix de Bréligny, il achète un manuscrit de Garin le
Loherain rpour un noble ou G sols 8 deniers, n et le Tournoiement de l' Antéchrist
pour 1 0 sols.
Jean ne possédait cependant au moment de sa mort qu'une douzaine de
volumes : deux Bibles latines, lemarquables par l'élégance de l'écriture, le fini
des vignettes et la beauté du vélin, des fragments de la version fiançaise de la
Bible commencée par Jean de Sy; la MoraJilc des nobles hommes sur le jeu des
échecs et le Miroir liislorial de Vincent de Beauvais, traductions qui furent présen-
tées au roi par Jean de Vignay, religieux de Saint-Jacques du Haut-Pas un
dialogue latin composé par Guillaume de Couches, et où Henri II, duc de Nor-
mandie, figure comme interlocuteur; un très-riche bréviaire; un extrait des Chro-
niques de Nangis et de Guillaume de Tyr; le roman du Saint-Graal; la traduction
de Tite-Live ^^"^ faite, sur l'ordre du i"oi, par le bénédictin Pieri-e Bercheure ; un
missel; enfin Garin le Loherain , le Roman du Picnard et le Tournoiement de V Antéchrist,
tous trois achetés par le roi en Angleterre.
Cette petite bibliothèque ne pouvait que s'augmenter entre les mains de
Ciiarles V, qui montrait un vif amour pour l'étude et les dispositions les plus
bienveillantes en faveur des lettres'^'. Robert Gaguin, et après lui le P. Jacob et
Henri d'Orléans (duc d'Aumale) , Notes et do-
cuments retalifs à Jean, roi de France , et à sa cap-
tivité en Angleterre, p. 97 et 109.
ffA très noble et excellent prince, Jehan de
r- France, duc de Normandie, et aisné fils de Phi-
r lippe, par la grâce de Dieu roy de France, je
'•Jelian de Vignay, vostre petit religieux entre les
'raultresde voustre seigneurie, paix , santé et joye,
rret victoire sur vos ennenn's. Très cher et redoubté
iT seigneur, pour ce que j'ay entendu et sçay que
rfvons v(?ez et ouez volentiers choses proufitables
rret lionnestes. et qui tendent à l'information de
ff bonnes meurs, ayje mis un pelit livret de latin en
ffrançoys, lequel m'est venu à la main nouvelle-
ff nient... 71 (Les Ecliecs moralises, prologue.)
frC'est le ronimans de Titus Livius. et premiè-
rr rement s'ensuit le prologue du translateur. A
frprince do très souveraine excellence, Jehan, roy
r-de France par grâce divine, frère Pierre Berceure,
ff son petit serviteur, prestre à présent de Saint-Eloy
ffde Paris, toute humble révérence et subjection.
[i) Pierre Berceure ou Berchoire, et plus exacte-
ment Bersuire, du nom de Bressuire, sa ville natale.
ffDès le temps que vouseustes premièrement
ffcognoissance, vous avez lousjours aymé science, el
ffhonnoré les bons clercs, et estudié continuelle-
ffinenl en divers livres et sciences, se vous n'avez
ffcu aultre occupacion. Et avez l'ait faire et trans-
fflater plusieurs livres, tant pour plaire à vous,
ff comme pour proufTiter à vos subgectz.-^ (Haoul di'
Presles. Traduction de la Cite de Dieu, prologue du
translateur.)
RinLIOTHKQUE DU ROI. III
E. Duboulay, ont dit que ce prince ijjnorait la lan<}iie latine; niais cette assertion,
très-invraisenihlable, est démentie, de la manièi-e la plus formelle, par Christiiu;
de Pisan^'^ Il faut cependant reconnaître que les ouvrages entrepris sur l'initiative
de Charles V sont presque (ous des traductions du latin et dn grec en français :
rrde si grant providence f u , pour la grant amoui' (ju'il avoit à ses successeurs, (pic
cran temps à venir les volt pourveoir d'enseigneniens et sciences introduisiblcs à
rr toutes vertus, dont pour celle cause fist par solennelz maistres, et soufïisans en
cr toutes les sciences et ars^'-', translater de latin en françoiz tous les plus notables
r livres Son précepteur, Nicolas Orcsme, devenu grand maître du collège; de
Navarre traduisit les PoUliques, les Klliùjucs, les Kionomiqiies et le Traité du ciel
et dumonde d'Aristote ainsi que les Remèdes de tune et l' autre fortune de Pétrarque.
Evrard de Gonty, médecin du roi, entreprit une version des Problèmes d'Aristote
Jean Golain, Goulain ou Golein, provincial des Carmes, mit en français le Ratio-
iial des divins offices ^'^\ les Collations de Jean Cassien, plusieurs opuscules de Ber-
Le livre dci fait cl boniieti meurs du stiffc roi/
Charles V; voyez le chapitre xii, inlilulé ('i dit coin-
inenl le roij Charles aiinoil lirres et des belles Innitlacions
qu'il en fist faire : rr...Mais non-obstanl que l)ien en-
rrlendist le latin , et que ja ne fust besoing que on lui
rrexposasl... et encore chapitre m : rrll éloit anieur
(le la sapience et niesmes imbué eu ycelle... El pour
ffce que peut estre n'avoit le latin, pour la force des
termes soubtilz , si en usage comme la langue fran-
rrçoise, list de llie'ologie translater plusieurs livi'esde
frS. Augustin et autres docteurs.') Voyez aussi Tabbe'
Lebeuf, Dissertations sur l'histoire ecclésiastique et
civile de Paris, t. 111, p. Sgo.
fril fist en tous pays querre et cberchier et
rr appellera soy clercs solemnels, philosophes fondez
rren sciences mathématiques et sp(?culatives. « (Chris-
tine de Pisan, Le livre des fais et bonnes meurs, etc.
i" partie , chap. xv.)
Christine de Pisan , Le livre des fais et bonnes
meurs, etc. S' partie, chap. xii.
Duboulay, Hist. Universitatis Parisiensis , l. IV ,
p. 977. — rfOresme... fit prendre [à Charles] legoust
ff des belles lettres , c'est pourquoy ce prince luy donna
frordre de chercher des livres pour en composer une
rr bibliothèque, n (Histoire de la bibliothèque du Roy,
manuscrit de la bibliothèque de Sainte-Geneviève.)
Oresme reçut cent francs , en 1871, pour la
traduction des Ethiques; celle des Politiques fut r('-
compensée par une pension : voyez Crevier, Histoire
de l'Université de Paris, t. II, p. /127 , et Van Praet,
Inventaire ou catalogue des livres de l'ancienne biblio-
thèque du Louvre, p. 60. Enfin Oresme termine en
ces termes sa version des livres du ciel et du monde :
"YA ainsi, à l'aide de Dieu, j ay accompli le livre
trdu ciel et du monde, à commandement de très
rrexcellent prince Charles, quint de cestnom.par
ffla grâce de Dieu roy de France; lequel, en ce fui-
Tsant, m'a fait évestpie de Lisieux.'^
G. Naudé, De anliquitate et dignilale scholw
mcdieœ Parisiensis , p. hh.
L'exemplaire original, qui est aujounfhui à
la Bibliothèque impériale ( fonds français , n" iSy),
porte la signature de Charles V :
El ces lignes également tracées de la main du roi :
112 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
nard Gui, et les Chroniques de Guillaume de Burgos. Jean Corbeclion^^' ou Corbi-
clioii, religieux augustin et chapelain du roi, donna une version de la compilation
encyclopédique que Barthélémy de Glanville avait publiée sous le titre de Proprielate
rermn. Cet ouvrage fut très-souvent réimprimé dans la suite à la fin d'un exem-
plaire sans date qui est aujourd'hui conservé à la Bibliothèque impériale, on lit :
rr Cestuy livre des Propriétez des clioses fut translaté de latin en francoys l'an de
cf grâce mil ccc.lxxu, par le commandement de très puissant et noble prince Charles
crie quint de son nom, régnant en ce tems en France puissamment. Et le translata
ffson petit et humble chapelain frère Jehan Gorbichon, de l'ordre Saint-Augustin, n
Simon de Hesdin olfrit à Charles V une traduction des sept premiers livres de
Valère Maxime version qui fut terminée en i/ioi par Nicolas de Gonesse; on
conserve à la bibliothèque Mazarine un magnifique manuscrit (xiv'' siècle) de cet
ouvrage. Raoul de Presles fît pour le roi la première traduction française de la
Cité de Dieu de saint Augustin'*'; commencée le jour de la Toussaint 1871, elle
fut achevée le 1" septembre 1 876, et récompensée par une pension de koa livres,
plus tard portée à 600 livres. Charles V commanda encore à Jacques Bauchant
une traduction des Voies de Dieu, et à Denis Foulechat le Pohjcratique de Jean
de Salisbury. Ces ouvrages, et beaucoup d'autres «que plusieurs scavans per-
ffsonnages présentèrent encore à Charles V, et qu'il recevoit très volontiers '^', t)
prirent place dans sa bibliothèque.
Charles V avait employé des sommes considérables à la restauration du château
du Louvre qu'il voulait transformer en manoir d'habitation. 11 y installa sa biblio-
thèque, qui était restée jusque-là dans le palais de la Cité; deux étages d'abord,
puis les trois étages de l'une des tours, furent consacrés aux livres du roi.
M. Le Roux de Lincy a publié, d'après un manuscrit de la bibliothèque de l'Ar-
senal, le compte des dépenses faites par Charles V au château du Louvre'^'; et ce
Ce Jean Corbeclion paraît avoir eu une bibliothèque assez nombreuse; on lit en efTet, sur plusieurs
manuscrits du \iv' siècle, la mention suivante :
Voyez, entre autres, à la bil)liotlièque Mazarine
les manuscrits cotes 169 et 3i3.
rrLe grand propriétaire de toutes choses très
«rutiles et profitables pour tenir le corps humain en
cr santé, contenant plusieurs et diverses maladies, et
«dont ils procèdent, et aussi les remèdes; idem,
ffles propriétés du ciel, de la terre, des bestes, des
rroyseaulx. . . translaté de latin en François par
ffpar M. Jean Corbechon, docteur en théologie, s
i'aris, 1 556, in-folio.
frCy commence la translation de Valère le
ffGrant, laite et compilée par frère Simon de Hes-
ffdin, de l'ordre de Saint Jehan de Jérusalem, doc-
rrleur en théologie à Paris, à la requeste de très
ffhault et très puissant prince Charles le quint, roy
rrde France, n
C'est le premier livre imprimé à Abbeville ,
1 ^86 , 2 vol. in-folio.
L. Jacob , Traicté des plus belles hihlioth. p. hh2>.
Bevuc arcliéologhjve , année i85'2.
HIBLIOTllEgUE DU ROI. 113
document, qui renlermc j)lusieurs particularités intéressantes, nous apprend que
l'appropriation du nouveau local lut entreprise dans les premiers mois de l'année
1867. Par un marché passé le i/i mars, Jacques du Parvis et Jean Grosbois,
Imchiers, se cliargèrcnt, moyennant 5o francs d'or, de diminuer d'un pied et de
transporter à la tour du Louvre les pupitres et les roues qui garnissaient la bihlio-
thè([ue de la Cité; ils Iburnirent en même temps d'autres sièges trde merien
frnuefn pour remplacer les anciens qui furent trouvés crtrop viez^''.ii Le nouveau
local fut organisé avec un grand luxe; les murs de la salle du premier étage
furent entièrement lambrissés de bois d'Irlande sculptés, et les voûtes recouvertes
de bois de cyprès. Le k mai i368, on paya 18 francs d'or au crcagetiern Pierre
Lescot, qui avait garni les deux étages de grillages destinés à défendre les livres
des atteintes des croyseaux et autres bestes'^'. ■ii Les volumes, suivant la coutume
de cette époque, étaient enchaînés et posés à plat sur des lettrins ou pupitres
disposés tout autour de la pièce Enfin, ce qui tendrait à faire supposer que
le roi venait parfois travailler au mUieu de ses livres, il avait voulu que trente
chandeliers et une lampe d'argent y restassent allumés pendant la nuit'*>.
La situation de la tour qui renfermait cette bibliothèque a été déterminée de la
manière la plus rigoureuse par M. A. Berty dans son travail sur la Topographie
historique du vieux Paris^^\ Appelée d'abord rr tour de la Fauconnerie -n elle occu-
pait l'angle nord-ouest du Louvre, et prit le nom de retour de la Librairies après
que Charles V y eut installé ses livres.
rrA Jacques du Parvis et Jean Grosbois, hu-
-chiers, pour leur peine d'avoir dessemblé tous les
ff bancs et deux roes qui esloient en la librairie du
(rRoy au palais, et iceux faict venir aud. Louvre,
i-avec les lettrins et icelles roes estre'cies chacune
-d'ini pied tout autour; et tout rassemble' et pendu
"les lettrins es deux derraines estages de la tours,
ffdevers la Fauconnerie, pour mettre les livres du
rrRoy; et lambroissié de bois d'Illande le premier
ffd'iceux deux estages tout autour par dedans, au
rpris de l francs d'or, par niai'cbé faict à eux par
Tled. raaistre Jacques, xiv" jour de mars 1.367.
-•depuis, pour ce que les sièges estoient trop viez
-ont esté faictz de merien nuef que lesd. buchiers
'onl quis, dont led. marché leur a esté creu de vui
f- francs, tant pour ce que pour courbe et siages de
r Lx pièces de grans bois. 1 ( Compte des dépenses faites
par Charles V au château du Louvre, n° 1 06 , p. 98.)
ffA Pierre Lescot, cagetier, pour avoir faict et
"treillissé de lil d archasau devant de deux croisiées
Tde châssis et de deux fenestres flaraengés ez deux
rderraiiis estages de la tour devers la Fauconnerie,
(faud. Louvre, où est ordonné la librairie du Roy,
M.
ff pour deffense des oyseaux et autres bestes , à cause
rret pour la garde des livres qui y seront mis; pour
rrfil d'archas, crochet de fer et peine de ce, par
rrmarchié faict à luy par led. maistre Jaccjues,
(ri" jour de mai i3G8, et quictance 3 juin ensui-
rrvant, en xvui francs d'or xnn 1. vu s. p.n (^Compte
des dépenses faites par Charles V au château du Louvre,
n" 108 , p. 99.)
ff A Andrieu du Verger, febvre , pour x treillis
fcde fer, deux cents petits gons et deux cents cro-
rrchets de fer, pour la librairie du Roy, et illec
rr ferré deux forts huis, et plusieurs autres besognes
rrdeson mestier par lui fnicteset livrées aud. chastel
"du Louvre, laquelle le Roy nostred. seigneur luy
rrdoitxxiui l.uu S. VI d. « [Compte des dépenses faites
par Charles V au château du Louvre, n" 1 17, p. 3i.)
Sauvai , Histoire des antiquités de la ville de
Paris, t. Il, p. i5. Il faut cependant remarquer que
cette dépense se trouve portée , non au compte de la
tour de la Librairie, niais à celui de la grosse tour.
f'*' T. I", p. l^5. Voyez aussi le plan qui accom-
pagne la page 129.
Voyez ci-dessus les notes 1 et 2.
1 5
ïlà LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Gilles Malet, valet de chambre préféré ('',puis maître d'hôtel de Charles V, joignit
à ces titres celui de bibliothécaire; et il dressa, en iSyS, un inventaire des livres
dont il avait la garde. Ce travail, qui est conservé à la Bibliothèque impériale
forme un volume in-folio de i 3o feuillets; il est en papier, écrit en lettres de note
à longues lignes, et relié en maroquin rouge aux armes de France.
Le titre, en lettres de forme, est ainsi conçu : crCy après en ce pappier sont
rrescrips les livres de très souverain et très excellent prince Charles, le (Juint de
r ce nom, par la grâce de Dieu Roy de France, estans en son chastel du Louvre, en
fftroiz chambres l'une sur l'autre. L'an de grâce m.ccc.lxxui. Enregistrés de son
r commandement par moy. Gilet Malet, son varlet de chambre. Cinq lignes
d'une autre écriture portent ces mots : crLes livres contenus cy après en ce livre
rront estés inventoriés par maistre Jehan Blanchet'^', secrettaire du Roy, du corn-
er mandement de mons. de Bourgoigne, le vj*^ de novembre mil ccc nij''\ Et tous y
contestez trouvez, exceptez ceulz qui sont signez et escrips sur les marges avoir
r: estez bailliez par le Roy, dont Diex ait l'ame. Et ce fait ledit maistre Jehan a prise
ffla clef desdictes n| chambi-es, et portée au Roy avecques un roule'"' qu'il a fait
rrde la coppie des diz livres. n Enfin au-dessous: cr Plusieurs des livres cy après
fc contenus ont esté recouvers depuiz que ce présent inventoire lu fait, si que il
rrne se fault pas arrester aux couverturez. n
Gilles Mallet consacre à chaque salle un chapiti'e spécial. La rc première chambre
rr pai- bas 11 renfermait a 7 6 manuscrits; la r- chambre du milieu, n 2 55, et la rr nj*^
rr chambre au plus hault,n hkk; ce qui donne un total de 978 volumes.
Ce catalogue est un document précieux pour notre histoire littéraire. On y
trouve des Bibles latines et françaises, des Missels, des Psautiers, des Heures, des
Bréviaires; la Légende dorée, les Vies des Saints, des relations de miracles; peu
d'ouvrages des Pères, mais un grand nombre de traités d'astrologie, de géoman-
cie et de chiromancie, sciences dans lesquelles Charles V avait une grande foi. La
médecine comprenait seulement quelques ouvrages d'Hippocrate, des fragments
d'Avicenne et des traductions de l'arabe. La jurisprudence était représentée par
les Décrétales, le Digeste et trois ou quatre coutumes de diverses provinces.
I^es livres d'histoire étaient assez nombreux. La plupart de ces volumes contenaient
d'ailleurs de magnifiques miniatures, étaient revêtus de riches étolTes et garnis
de fermoirs en métal précieux'-''. Aussi Christine de Pisan parle-t-elle avec admi-
n-Le roy Charles avoit un sien variai de du wii' siècle, à l'archevêque de lioiien; il passa de
ffchanibre, lequel, pour cause que en lui savoit là dans la bibliothèque de Golbert, où il était enre-
fpplusieurs vertus, moult ainoit. Celluy, par especial gistré sous le n° 1008. Acquis parie roi, il lut
rrsur tous autres , souverainement bien lisoit et d'abord coté 83 Si ^ • il fait aujourd'hui partie du
rrponcloit, et entendens homs estoit. « (Christine de fonds français, et porte le n° 2700.
Pisan, Le livre des fais et bonnes tueurs du sage roy Voyez ci-dessous, p. 1 19.
Charles, 3° partie, chap. xxi.) Voyez ci-dessous, p. lâo.
Ce manuscrit ap|)artenait. au commencement De tous rfles lieurs de livres - qui ont travaillé
LES ANCIENNES BIB
A. Franklin dir .
PREMIER FEUILLET E
pTHÈOUES DE PARIS
mmlm
nenr
<^ w ^ h C"
CATALOGUE DE 1373
BIBLIOTHKOUE DU ROI. 115
ration de rrla belle assscmbiée de notables livres et belle librairie qu'avoit
rrCbarles V de tous les plus notables volumes (|ui par souverains aucteurs ayent
cresté compiliez, soit de la saincle Esci ipture, de théologie, de philosophie, et de
r toutes sciences, moult bien escripts et richement adornez; et tout temps les
cr meilleurs escripvains que on peust trouver occupez jjour luy en tel ouvrage n
Le coiu't extrait (pii suit suflira pour donner une idée du travail de (jlilles
IVIalet :
Une Bible historiée {fiant en un volume, el est en François, à iiij feruioers d'arjjiint des
armes de la royne de Bourbon f^-, couverte de cuir rouge à empraintes Enmarge:Le Roy(^)
l'a prise le wix'' de décembre iiij" et xvii).
Une Bible eu un volume, en Irançois, et est couverte de cuir rouge à empraintez. Eu inanje :
Donnée par le Roy à Monss. d'Alcnçon quant Tarest de la confiscacion de la ducliié de
Bretagne fu pronuncié
Une Bible en un volume, en françoiz, couverte de soie à queue à deux fermoers d'argent.
En marge : Portée à S. Germain en Laye Tan lxxvhj , et mise pour le Roy en son estude.
Une Bible en un volume, en françois, couverte de cuir rouge à enq)raintes, à mj l'ermoers.
En marge : Bailliée au comte de Flandre xxviij" de jenvier inj"" et i.
La Bible historiée toute à ymages, qui fu de la royne Jehanne d'Evreux historiée toute à
ymages et toute figurée.
Le premier livre de Tristan de Léonnoys et du roy Marc de Cornouaille, en un estuy de
cuir blanc.
L'original de Titus Livius, en françois, la première translacic n qui en fu faite'"', escript de
mauvèse lettre, mal enluminé et point yslorié. En marge : A Mor'ss. de Bourbon, xnj* d'ottobre
iiq"' et xij.
Les Gestes du roy Peppin et de sa femme Berthe au grant pi , et les Gestes de Charlemaine,
ryraés, bien escript, en iij coulombezC^', bien ystorié, et en très grant volume. En marge : A la
Royne , xxiv'= d'aoust iiij" et x. — Le Roy les lui a ostées, et données à Monss. de Coucy.
Le Livre du Trésor''^', le Bestiaire''*), l'Ymage du monde <'^', tout figuré et historié.
Gode en françois, couvert de soie ynde'''*' et vermeille, et ferme 3rs d'argent.
Décrettalez en plus petit volume, et fermoers d'argent.
Unez Groniques de France, en françois , couvertes de veluyau''"'* à fieurs de liz et boullions'^*)
d'argent, bien escriptes. En marge : Le Roy les prinst xvj" de décembre iiij", il les a rendus.
pour Charles \ , Mathieu Gongnëe est le seul dont
le nom soit venu jusqu'à nous.
Christine de Pisan, Le livre des fais et bonnes
meurs du sage roy Charles, chap.
Enrichie de miniatures.
Blanche, femme de Pierre le Cruel, roi d'Es-
pagne.
Ornements frappés à froid sur le cuir.
Charles VI.
Pierre II, troisième fils de Charles II, comte
d'Alençon.
Le 18 décembre 1878.
Lanière attachée à la couverture pour la lier.
Louis de Maie.
Jeanne d'Evreux , troisième femme de Charles
le Bel.
(") Par Pierre Bercheure. (Voyez ci-dessus, à la
page 1 10.)
Colonnes.
Par Brunelto Lalini.
Par Richard de Fournival.
Par Gautier de Metz.
Soie azur.
Velours.
Ornements façonnés avec des fils d'or cl
d'argent.
i5.
116 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Les Espitrez Sénèque à son amy Lucile; et en la fin du livre est la table de ce qui contenu y
est, escripte de plus menue lettre. En marge : A monss. d'Anjou , . . . vj" de mars iiij".
Les Espistres et Evangiles, couvertes de veluyau ynde, lesquellez furent translatez par maistre
Jehan de Vignay; [et ne sont pas enluminez] mais ellez sont bien escriptes.
Un Livre faisant mencion de Dieu, des Angelzt^' et du Ciel, des Elémens, des vij Sages, des
Métaulx, des Bestes, de Paradis, d'Enffer, et autres choses, couvert de cuira queue.
Le Governement des Roys et des Princes, selon Gile l'Augustin En marge : Le Roy le prinl
xiiij" d'ottobre iiij'^ et i.
Cirurgie de maistre Guigo'''', en un très gros livre bien escript, que donna au Roy Monss.
d'Angiou.
Regnarl, rymé et historye' couvert de cuir rouge à empraintes.
Le Governement des Roys et des Princes, avecques plussieurs autres choses de médecine, à
savoir son corps garder en santé; escript de lettre boulenoise''''.
Un Psautier en françois et en latin, couvert de veluyau sanguin fourré de cendal jaune.
Le Livre du Trésor, appellé maistre Brunnet Latin t^'.
Le Procès messire Robert d'Artoiz en lettre de note, couvert de drap de soie.
La Vie S. Loys, roy de France, et les Faiz de son Voyage d'oultremer. En marge : Le Roy
fa devers soy.
Les Fables Ysopet'-'', le Bestiaire maistre Richart de Furnival d'Amiens, ystorié et rymé.
Le Jeu des Eschez moralisé, qui s'appelle Moralité des noblez hommes, em prose.
La Vie S. Loys et ses Miracles, couvert de drap d'or marramas, à fermoers d'argent, etem
prose.
Messire Guillaume de Maureville, qui parle d'une partie des merveilles du monde et des
pays, couvert de veluyau ynde; et le donna au Roy maistre Gervaise Chrestien son premier
phisicien. En marge : Le Roy fa prins xx" de novembre iiij" et xij.
Végesse : de Chevallerye couvert de drap d'or, à fermoers d'argent.
La misérable Condicion humaine couverte de veluyau vert, en un petit livret.
De l'Angnelet qui pour Dieu fu rosty; où sont oroisons et dévocions em prose, couvert de
veluyau vermeil à fermoers d'argent.
Le Livre des Eschez moralisé 'i^', couvert de veluyau vermeil à queue, à fermoers d'argent à
oignez blanz; et le donna au Roy monss. de Rerry son frère.
Le Livre du sacre des Roys, en latin et en françois, tous les mislèrez, vestures et officiers,
figurez et historiez, couvert d'un drap dor, et fermoers d'argent. En marge : Le Roy fa prins
pour son sacre, v'' d'otobre inj^f^*'.
Le Miroer de l'Eglise, translaté par frère Jehan de Vignay.
La Vie S. Martin de Tours, très parfaitement bien escripte et ystorié, em prose, à fermoers
d'argent esmaillé de France et Bourgongne.
Ces mots sont rayés dans l'original.
Par François Ximenès.
De regimùie principum de Gilles de Rome.
Guy de Chauliac, chirurgien du xiv° siècle.
Le roman du Renard.
Écriture lourde et arrondie.
Brunetto Latini.
Condamné, le 19 mars iSSa. au bannisse-
ment perpétuel.
Les fables d'Ésope.
Maître Gervais Chrétien, l'ondateur d'un
collège dont il sera parlé plus loin.
Végèce , Epitome rei militaris.
Liher miserirr conditionis humanœ , par le pape
Innocent III.
Voyez ci-dessus, p. 110.
Charles VI fut sacré le k novembre i38o.
BIBLIOTHEQUE DU ROI. 117
Un livre appelé les Voiez de Dieu, que Irainslala un ser<{cnt d'armes du Roy, nommé Jacques
Baucliant de S. Quentin, et est couvert de veluyau ynde.
Végesse : de Clievallerye, em prose, très bien escript et yslorié, couvert de veluyau célestin''',
et fermoers d'argent des armes d'Auceirre.
Cliançons, Pastourelles, Courronnéez, Demandes d'amours, Serventois de Nostre Dame, en
un livre couvert de parchemin.
Motès et Conduiz en un cayer couvert de parchemin.
Avaluement'3) des Monnoyes, en un cayer très petit.
Un livre de la Cité de Dieu C*', en deux volumes très grans, couvert de soie à queue, à iiij fer-
moers d'argent chascun. En marge : A monss. d'Anjou, xvij" de novembre luj".
Le Romant de la Rose, le Testament maislre Jehan de Meung, rymé, très bien escript et ystorié.
Un livre à une chemise de soie longue, nommé le Racional de l'Eglise'^', à fermoers d'argent
esmaillez, et le translata maistre Jehan Goulain. En marge : A monss. d'Anjou , viij d'ottobre uij'".
Un livre nommé Polithiques et Ycononiiques C^', couvert de soie à queue, à ij fermoers d'ar-
gent haschiez des armes de France. En marge: A monss. d'Anjou, vij'' d'ottob. uij".
Un livre dont les aiz sont couvers de brodeure à fleurs de liz et deux fermoers d'or : de la Per-
fection S. Jeh. l'Évengéliste. Eti marge : Donné au Roy par niad. d'Orléenz
Un Messel en françois, couvert de brodeure à aigles, à deux fermoers d'or ans armes de la
Royne. En marge: A monss. de Bourgongne'*', m.cccc et iij, xviij* d'avril, par commandement
du Roy.
Policralicon translaté en françois par frère Denys Foulechat, couvert de belle soie à queue,
et fermoers d'argenl.
De Celo et Mundo, en françois, translaté par maistre Nicole Oresme, évesque de Lixiex; cou-
vert de soie vermeille à queue, à ij fermoers d'argent dorés, haschiés aus armes de France. En
marge: A monss. d'Anjou'^"'.
Valerius Maximus couvert de soie vermeille à queue, très bien escript et ystorié. Enmarge:
A monss. d'Anjou , vj" de mars iiij".
Un livre de Code en françois, couvert de cuir rouge à inj fermoers, du conte de Saint Pol.
En marge : Rendu par le Roy au conte de Saint Pol.
Du roy Artus, de la Table Ronde, et de la Mort dudit roy, très bien escript et enluminé, et
de grant volume, à iij coulombes. En marge : Le Roy l'a fait baillier à la Royne iiij'" et iiij.
XX' d'avril.
Les Croniques d'Outremer, et comment Mahommet conquist presque toute la terre de Surye,
et Godeffroy de Rillon.
Croniques assembléez de Julius Cessar et de Goddefroy de Billion, en pappier, en prose.
Le livre de Proprietatibus rerum, de frère Barthélémy, Angloiz, de l'ordre des Frères Meneurs,
couvert de cuir noir, à iiij fermoers f'^).
Jaune.
Cantiques.
Evaluation.
Traduit par Uaoul de Presles. ( Voyez ci-dessus ,
p. 112.)
Le Rational des divins offices de Durant, évê-
que de Mande. (Voyez ci-dessus, p. 1 1 1.)
Traités d'Aristote, traduits en français par
Nicolas Oresme. (Voyez p. i i i .)
Valentine de Milan, morte à Blois, en 1/108.
Philippe le Hardi.
Policrnticon seu de mgis curialium, par Jean
de Salisbury. (Sur Denis P'oulecliat, voyez p. 112.)
Voyez ci-dessus, p. 111.
Traduction commencée par Simon de Hesdin
et achevée par Nicolas de Gonesse.
Isabelle de Bavière.
Voyez ci-dessus, p. 112.
118 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
La Passion et Résurrection de Jhésuchrist, Viez de plusieurs Sains, em prose, très bien escripi ,
et es marges les armes de Chambly^''. En marge : A mad. de Bar, xw]" de février iiij" et xi|.
Digeste vielle, en françois.
Enforçade sans aiz, couvert d une pel '-^^ de parchemin.
Alixandre rymé et ystorié d'encre sans couleurs '^^
La Guerre du roy de France et du roy d'Angleterre f*^', et les Faiz du roy de Navarre'''' et de
ceulx de Paris (|uant ils furent contre le Roy, escript en un pappier, sans aiz, couver! de jiar-
cliemin.
Le Jeu qui se fait par le Jeu des Dez, bien ystorié et bien escript.
Guillaume d'Orenge'*', rymé.
Le Reclus de Moi léenz, en un caier, rymé.
La Vie et les Faiz de César, em prose, en deux coulombez , bien escript. En marge : Le Roy l a
à Beauté''^', xij" de septembre nij" et xiij.
Un livre du Sacre des roys de France, en françois et latin , couvert de drap d'or.
Des vij Péchiez morlelz, en un petit livre, em ])rose, et Comment on se doit conlesser.
Un livre de Chant, bien noté, bien escript et enluminé, en latin, et à point dorgue.
Médecine et Cirrurgie pour oyseaux de proie.
Le Coustumier de Normandie. En marge : Baillé par le Roy au bailli de Rouen''"'.
Un livret des Monnoyes bien escript.
Solinus : des Merveilles du monde.
Un livre nommé Instilude''^'.
Un Messel grant, noté, en un volume, à l'usage de Rouen, couvert d'une chemise de soie à
queue; que donna au Roy le cardinal de Beauvaiz C^'. En marge : Baillé par le Boy à monss. de
Guienne, son ainsné filz, le viij" d'avril mil iiij" et x, pour sa chappelle.
Ethiques glozéez, couvert, et à ij fermoers. wîrtrge : Donné aus escolles maislre Gervèse.
Ethiques, couvert de cuir noir, à iiij fermoers. En marge: Donné par le Boy à maislre Ger-
vèse
Hypocras C^', couvert de cuir blanc à i fernioer.
Un petit livret couvert de cendal vermeil à queue, où sont les Heurez Noslre Dame et au(res
choses, h ij fermoers d'argent. En marge: Baillé à mad. Katerine iiij" de février iiij'' et nij.
Les Heurez de Chevalerye, couvert de soie à (jueue, en un petit volume. En marge : A
monss. le Dauphin ''^'.
Introductoire Alkabice interprèle de Jehan d'Yspalence en un caier, sans aiz, couvert
de cuir vert, fermé à ij lasnières.
Arishmétique, couvert d'une pel velue dont le poil est cheu.
Un petit livret en françois ; de la nature du Zodiaque, couvert de parchemin.
Famille de la femme de Gilles Malet.
Infortiat.
Peau.
Roman en vers de Lambert le Coui t.
Dessins à l'encre et non enluminés.
Jean II et Édouard III.
''^ Charles le Mauvais.
Guillaume de Bapaunie.
"' Un des châteaux de Charles V, près du bois
(le Vincennes.
Oudard d'Otteville, ou Guy Chrétien.
'''' Par Nicolas Oresrne.
Les luslilvles de Justinien.
Le cardinal Dormans. fnndatenr du collège
de Beauvais à Paris.
Au collège fondé par inaîire Gervais Chré-
tien. (Voyez plus bas.)
Hippocrate.
Catherine, bile de Charles V, morte en i;]88.
<") Charles VI.
L'astrologue Alchabitins.
Jean de Séville.
BIBLIOTHEQUE DU ROI. 119
Ua Vie S'' Haiilliciiil <' , loync de France, très l)ieii escripte, en un c<ii(!r couverl de par-
chemin.
Un pelil livret plat, en latin, nommé Bestiaire, (ijjuré, ([ue Gilet a donn(! au Roy.
Un très viez caier intitulé : Incipit prœfacio Pelri Aba-lardi
La Vie S'" Crotilde'*', en lalin, couvert de soie, à ij fermoors d'arjfenl.
Un très bel Psaultier. en grant volume, escripl (l(! grosse lettre et ancienne, (jue on a donné
au Roy à Notent le Roy, à une chemise blanche à (jucuc, à ij lernioers d'argent. Eu margr : l'resté
par le Roy à messire Philippe de Maisières sa vie durant.
Un Psanllierà nieiulref'") volume, à une chemise pertuisée ('■', très bien yslorié et Irès bien
escripl.
(iéomeiicie, en un vie\ livre dont les aiz ne sont poini couvers, à ij l'ermoers.
Un livre couvert de veluyau ynde, très plat, qui se nomme Lamentacio super Jherusalem , de
Negligencia christianorum , qui vint de messire Philippe de Maisièrez
La moitié d'un Bréviaire, dont les aiz sont couvers de brodeure de France et de Bourgongne
endentées, à ij l'ermoers d'or e.smail lez de France.
Le Psaullier pappe Urbain en un quaier de [)appier couvert de ])archemin.
Ars notaria '^l, dont les aiz ne sont point couvers de cuir, mais est lié de cordez.
Autres plussieurs caiers touchans Astronomie, liez en un troussel de nulle value.
Une piau de parchemin . où sont plussieurs ystoires (jue fist maistre Jehan de Lignan ''"^
Chai'les V mourut au château de Beauté le 16 septembre i38o. Presque
aussitôt Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, associé à la régence, chargea le se-
crétaire du roi, Jean Blanchet, de faire un récolement de l'inventaire dressé par
(iilles Malet. Celui-ci se traiisj)()rta au Louvre le 6 novembre, et constata quetou;-
les volumes portés sui' l'inventaire étaient encore en place, à l'exception de ceux
qui avaient été donnés ou ])rètés par le feu roi"". Il fit en même temps exécuter
une copie du catalogue et le remit au roi avec la clef des trois chambres. Cette
copie, en forme de rouleau, existe à la Bibliothèque impériale^'-'; elle se com-
pose de dix-neuf feuilles de parchemin cousues ensemble , et chaque feuille a
environ soixante et dix centimètres de longueur. Sur le premier feuillet, on lit ces
mots à demi effacés : Inventoire des livres du Roy Charles le Quint. Le titre est à peu
''' Sainte Bathil'le, femme de Clovis II.
Gilles Malet.
Pierre Abélard.
Sainte Clotilde.
Moindre.
Trouée.
Sur Philippe de Maizières, voyez ci-dessus
p. yi.
Urbain V.
Traclaius de arte notarin, par Rolandinus.
L'astronome Jean de Lignano.
On lit page xl v" du catalogue de Mallet :
r Item, comme après le Irespassement dudit
fffeu l'oy Charles, qui fut en septembre mil ccc
f mj", ledit inventoire, ainsy fait et escript par ledit
"feu messire Giles, fut recelé le vi' jour de no-
frvembre oudit an nij" par feu maistre Jehan
fBlanchet, secrétaire du roy nostre dit seigneur,
rdu commandement de feu monsseignenr le duc de
rrBourgoigne derrenièrenient trespassé, et y furent
rftouz iceulx livres trouvez, exceptez ceulx qui es-
rrloient signez, sur les marges dudit inventoire.
rravoir esté baillez à diverses personnes par ledit
"feu roy Charles ou de son ordonnance, comme
rril est escript ou q" fueillet dudit présent livre ou
rf inventoire. 1
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds de
Baluze, n° ^97.
120 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
près le même que celui de l'inventaire de 1873 : Cy après en ces roillez sunt escrips
les livres de très souverain et excellent prince Charles, le quint de son nom, par la
grâce de Dieu roy de France, lesquielz estotent en son chastel du Louvre, en trois
chambres lune sus l'autre, l'an de grâce mil cccc soissante et Ireze, enregistrés de son
commandement par moy Gilet Malet.
Le duc de Bourgogne approuva la gestion de Malet et le confirma dans ses
fonctions de bibliothécaire Malheureusement on continua à prêter des volumes
aux seigneurs de la cour, qui ne se firent aucun scrupule de les garder ; la plupart
des ouvrages que prit le duc d'Anjou, à son départ pour l'Italie en i38o, ne
repassèrent point les Alpes. En revanche, lorsque les Juifs furent chassés de Paris
en iSgB , on découvrit au faubourg Saint-Denis, dans une maison qui leur appar-
tenait, cent quatorze volumes et une quantité d'extraits de la Bible et du Talmud;
tous furent, par ordre du trésorier de France, transportés au Louvre et délivrés
à G. Malet Quelques années après, vingt volumes furent donnés à la biblio-
thèque par le duc de Guyenne, fils aîné du roi, et alors chef du conseil de régence.
G. Malet les catalogua à la suite de l'inventaire général; il eut seulement soin de
placer en tête de la liste l'avertissement suivant : cr Ce sont les livres que noble
fret puissant prince monss"" le duc de Guyenne, ainsné fils du roy Charles, le vj''
ffde ce nom, roy de France, a envolez en la librarye du roy mondit seigneur au
«Louvre, par maistre Jehan Daussonval, confesseur et maistre d'escolle de mon
ffdit seigneur de Guienne, et les quelz ont esté receuz et mis en la dicte librarye
frpar moy Gilet Malet, maistre d'ostel du roy mon dit seigneur, et garde de ladicte
rr librarye, le vij*^ de jenvier mil nij*^ et nuef '^'.n
ff . . .Item, que assez tost après, c'est assavoir Inventaire de Gilles Malet, p. wxvij. — Voici
ffle cinquiesme jour du mois de novembre l'an la liste des ouvrages cités dans ie/«c-«M;27e que nous
n-mil CGC iiij", et fut à Reins le Roy nostre sire , qui donnons ci-contre :
ff à présent est , bien acertené par mess, ses oncles et rfUne Bible en françois, en très g-rant volume,
ff autres de son conseil de la bonne garde que a voit recouverte d'une cbeniise de soie à queue, à ij fer-
fffaicte ledit feu raessire Giles des livres dessus; et rmioers d'argent à testes dorées,
rroy le rapport dudit maistre Loys Blancbet, voult frJosephus, escript en françois, en lettre de note,
fret ordonna, par ses lettres données ledit jour, rrcouvert de veluyau azuré, à ij fermoers de cuivre
fftranscriptes en la fin de ce présent compte, que ff dorez, à tissuz de soie.
tricellui messire Giles feust tenu pour quitte et des- rr Titus Livius, en françois, en très grant volume,
ffcbargié de touz les livres qui par l'ordonnance rrcouvert de cuir, qui autres feiz fu au Roy, à ij fer-
ff dudit feu roy Charles avoient esté baillez, sanz en rrmoers d'argent esmaillé à fleurs de liz, très bien
rrdemander autre quictance ou enseignement que trystorié et e.-îcript.
fflesdictes lettres, desquelles lettres ladicte vefve et frLa première partie de la Cité de Dieu, en fran-
rrenfans ont entencion de eulz aidier en plusieurs reçois et lettre de note, couvert de cuir à empraintes,
reparties de ce présent compte. n (Inventaire de rf à ij fermoers de latton dorez.
G.Malet, p. XL v°.) ff L'autre partie, paroillement escripte en françois,
'^^ Sauvai, Histoire de la mile de Paris, t. II, rret aussi couvert, et ij telz fermoers.
p. 280. — Velly, Histoire de France, t. XII, p. 1 91. ff Le livre des Propriétés des choses, en françois ,
Mais ce fait est contesté par Jourdain, Mèmaire his- rrescript de lettre de note, couvert de cuir à eni-
torique sur la bibliothèque du roij, p. v. rrpraintes, à ij fermoers d'argent des armez de Mon-
122 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Gilles Malet mourut en janvier 1610 et Antoine des Essars, rr escuyer, varlet
rr Lrenchant du Roy,^^ lui succéda. Malet laissait deux fds : Jean, cf chevalier et
cr maistre d'ostel du Roy, n et Charles, ft licencié en lois;n conjointement avec leur
mère Nicole de Chambly, ils remirent tous les volumes au nouveau bibliothécaire
Un autre inventaire fut aussitôt dressé par trois officiers de la chambre des comptes,
et transcrit à la suite du catalogue de Malet, sous ce titre : crlnventoire des livres
rrdu roy Charles nostre sire, vj"^ de ce nom, estans eu une tour de son chastel du
ff Louvre en trois chambres ou estaiges l'une sui- l'autre. Commencé à faire le
frxxui]'" jour de janvier l'an mil cccc et dix et autres jours ensuivans, par sire
•rMichiel de Laillier, et maistre Nicolas des Prés, conseiller maistre, et Jehan Le-
ff bègue, clerc, notaire, et secrétaire et greffier en la chambre des comptes du Roy,
nostre dit seigneur, à Paris, à ce commis par le commandement de bouche de
rr nosseigneurs desdiz comptes. En la présence de messires Guillaume de Senliz,
rr seigneur de Praelles, exécuteur, et Jehan Malet, chevalier, héritier en partie
rcde feu messire Giles Malet, qui, par l'ordonnance de feu le roy Charles, derre-
rcnièrement trespassé, en avoit eu la garde : après ce, toutes voyes, que lesdiz
rrtagu, par avant grant maistre d'ostel du Roy.
ff Ovide Methamorj)hoseos, en François, de leUre
ffde note, couvert de cuir à empreintes, et ij fer-
'rmoers de la ton.
ffUn Greel [Graduel) pour une église, noté, et
ffcouvert de cuir à queue, à ij fermoers de laton.
ff Ethiques, en françois, et lettre de note, couvert
f-de cuir à empraintes, et ij fermoers de laton. n
On a découvert, vers 180/1, dans l'église de
Soisy-sous-Etioles (Seine-et-Oise), une pierre con-
sacrée à rappeler le souvenir do G. Malet. Cette
pierre est gravée en creux et rehaussée de couleurs
dont le dessin enluminé forme tableau. Un C>hiist
en croix occupe le centre, et autour de lui sont
rangés divers personnages, paimi lesquels tigurenl
Gilles Malet , recouvert d'une armure, et sa femme,
en jupe et riche corsage. L'inscri|)tion suivante est
gravée sur l'encadrement de la pierre : Monseignieur
Giles Malet, chevalier, seigniedr de Villepescle,
CONSEILLIER ET MaISTRE DOSTEL DU RoV, ClIASTELLAIM
DE PoNT Sainte Maxance, Visconte de Corbeil et
SEIGNIEUR DE SoiSY. MaDAME NiCOLE DE ChAMBLY SA
FEME. Cette pierre, dit M. de (ïuilhermy, est peut-
être aujourd'hui le seul monument où Gilles Malet
soit représenté. (Voyez L. I^acour, Anmiaiic du bi-
bliophile, année 1 86a , p. i /12 , et le Magasin pillo-
resffue, année 1861, p. 1 70 et 286, où la pierre a
été re])roduite.)
ff . . .C'est le compte de madame Nichole de
rrChanibly, vefve de feu messire Giles Malet, à son
ff vivant chevalier et maistre d'ostel du Roy nostre
ffsire, de messire Jehan Malet, chevalier et maistre
ff d'ostel dudit seigneur, et de maistre Charles Malet,
•r licencié en lois, enfans dudit feu messire Giles et
ffde ladicte dame, des livres estans ou chastel du
ff Louvre, en trois chambres l'une sur l'autre, dont
ff ledit messire Giles a eu la garde : c'est assavoir
'f depuis l'an mil ccc lxxiij jusques ou mois de jan-
ffvier mil cccc et dix, qu'il est alé de vie àtrespas-
ff sèment; après lequel trespassement ladicte vefve
ffot enl'ans ont rendu lesdiz livres à Anthoine des Es-
Tsars, escuier, commis de par le Roy nostre dit
ff seigneur à la garde d'iceuz, ])ar inventoire nouvel-
'fleiuenl fait, et commencé par messeigneurs sire
ffMicliiel de Laillier, conseiller et maistre des
ffconqites dudit seigneur, maistre Nicolas des Pi'ez.
ff conseiller et correcteur desdiz comptes, et Jehan
ff Le Bègue, greffier de la Chambre d'iceulz comptes,
ff et achevé par ledit Le Bègue ... ; lequel inventoire
'f nouvel commence ou lu]" fiieillet de ce présent
ff volume ou livre. Touz lesquelz livres estans en
ff l'ancien inventoire. . . ont esté trouvez esdictes
ff chambres, exceptez toiilesvoyes ceulz qui sont es-
ffcripz en ce présent compte, lesquelz ont esté
ff baillez et délivrez tant par feu le roy Charles le
ff Quint, dont Dieux ait l'ame, comme par le roy
ff notre sire qui à présent est. . . [IiweiUaire de
Gilles Malet, \). xl.)
LES ANCII-
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^rv^vdjÇjè M^03**v*w>t glÈrCwvÇ ffikyi^- S|
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RE DRESSE EN 1410
12/i LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
ff exécuteur et héritier orent premièrement juré et affermé ausdiz commissaires
cr qu'ilz n'avoient onques veu ne sceu que ledit deffunct eust eu aucun inventoire
rrdesdiz livres devers lui, et que s'aucun inventoire en y avoit, on le devroit
rr trouver en l'une desdictes trois chambres. En la présence aussy de Anthoine des
rrEssars, escuier, varlet trenchant du Roy nostredit seigneur, et commis de nouvel
rrpar lui à la garde d'iceulz livres, et de sire Bureau de Dampmartin, hourgoys
rrde Paris, qui le plus du tems y vacqua à reprendre lesdiz livres, pour et ou
ff nom et du consentement dudit Anthoine, et lequel les reprint au plus près que
ff faire ce pot, et non mie au juste selon l'ordre de l'ancien inventoire fait par
ff ledit feu messire Giles, commençant ou nj*' fueillet de ce présent livre; lequel
ff livre fut lors trouvé en la basse desdictes chambres, en la présence des susdiz;
ffet ne porent lesdiz commis en tout garder l'ordre dudit ancien inventoire
ffpour la grant multitude de livres et difficulté qui y estoit, mesmement que
ff lesdiz livres n'estoient mie de renc et en ordre esdiz trois estages, et que
ff plusieurs d'iceuz livres, qui dévoient estre ou bas estage ou chambre d'icelle
fftour, estoient en l'un des deux autres, et semblablement des autres qui
ff dévoient estre es autres deux estages. Ce présent inventoire parfait et achevé
ffpar ledit Bègue, par l'ordonnance de nosdiz seigneurs des comptes, pour les
ff grandes occupations desdiz sire Michiel et des Prez, en la présence toutesvoyes
ffet du consentement dudit messire Jehan Malet, et dudit Anthoine des Essars ou
ff Bureau. Apres la parfection duquel inventoire, en fut le double baillé audit An-
ffthoine, comme il est escript et signé de sa main en la fin de ce présent inven-
fftoire, ou vj^xuj^ fueillet de ce livre ''In Au revers du dernier feuillet du nouvel
inventaire, Antoine des Essars écrivit en effet ce récépissé, dont nous donnons
le fac-similé ^-^ : ffJe Anthoine des Essars, escuier, varlet trenchant, conseiller
ffet garde des deniers de l'espargne et de la libraierie du Roy nostre seigneur,
ff confesse avoir eu et receu de Messieurs des comptes du Roy, nostredit seigneur,
fren six cayers de parchemin contenans lxxij foillez, le double de ce présent inven-
fftoire, deuement collationné par maistre Jehan Le Bègue, notaire et secrétaire
tr du Roy, nostredit seigneur, et greffier en ladicte chambre, avec les hvres contenuz
fret déclairez en icellui, depuis le liij'^ fueillet dudit présent inventoire jusques cy.
ff Lesquelz livres sont en une tour du chastel du Louvre , en trois chambres ou estaiges
ff l'une sur l'autre, desquelles chambres ou estaiges les clefs me furent baillées par
ff l'ordonnance desdictes gens des comptes dès le vij*^ jour de juillet derrenier passé.
ffTesmoing mon saing manuel cy mis le xj'^ jour de mars, l'an mil cccc et unze.
ffANTiioiiNE DES EssARS. n Deux ceut sept volumes étaient absents, et l'on comptait
environ deux cents acquisitions nouvelles, ce qui plaçait la bibliothèque dans le
même état que quarante ans auparavant.
Inventaire de Gilles Malet, p. luj. — Voyez page i-23.
126 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
Un exilait des Mémoriaux de la chambre des comptes, qui nous a été conservé
par J. Dubrcul nous apprend que, le 19 mai 1/112, Charles VI remplaça
des Essars par Garnier de Saint- Yon; celui-ci est qualifié de crcommissus ad
ffcustodiam librariae Régis in Lupara, et aliorum etiam librorum, quocumque loco
rrfuerint, ^1 ce qui prouve bien que le roi possédait encore des livres ailleurs qu'au
Louvre
Moins d'un an après, Jean Maulin, clerc du roi, succéda à Garnier de Saint-Yon,
destitué, comme son prédécesseur, pour avoir pris parti contre la maison d'Or-
léans On dut dresser un autre inventaire qui, cette fois, ne fut pas inscrit à
la suite de celui de Gilles Malet; il forme un petit in-folio, écrit sur vélin en
lettres de note et à longues lignes II commence ainsi :
rrlnventoire des livres du roy Charles nostre sire qui à présent est, estans en
ffsa librarie du Louvre. C'est assavoir en une tour, en trois chambres l'une sur
r: l'autre. Commencié le mercredy xviij^ jour d'octobre l'an mil cccc et xuj par
rr maistres Thomas Daunoy et Jehan Delacroix, conseilliers et maistres des comptes
ffd'icellui seigneur, et Jehan Le Bègue, notaire et secrétaire dudit seigneur, et
rr greffier en la chambre desdiz comptes, à ce commiz par les gens des comptes
cf d'icellui seigneur; en la présence de Guillaume des Molins, frère de la femme
rt Garnier de Saint Yon, qui derrenièrement en avoit la garde, et de maistre Jehan
rr Maulin, clerc d'icellui seigneur en laditte chambre des comptes, auquel Maulin
rr ledit seigneur en avoit de nouvel baillé la garde. Toutesvoyes n'y fu mie ledit
rr Guillaume présent tout au long, ainçois quant esté y ot par aucuns jours se
rr excusa de plus y venir, disant qu'il se attendoit à ce que fait en seroit par lesdiz
r' commiz, et semblablement lesdiz maistres Thomas et Delacroix, pour autres
rr charges et occupacions qu'ilz orent es affaires du Roy et autrement, n'y porent
rrmie longuement vaquer. Si fu ledit inventoire achevé par ledit Bègue, présent
r ledit Maulin, et y furent trouvez les livres qui ensuivent, n
Jean Maulin écrivit à la fin la déclaration suivante :
rr Je Jehan Maulin, clerc du Roy nostre sire en sa chambre des comptes à Paris,
rret garde de sa librarie estant au Louvre, congnois et confesse avoir eu et receu
rrGarnerius de S. Yon, scabinus villœ Pari-
trsiensis, commissus ad cuslodiam iibrariœ Régis in
ff Lupara, et aliorum etiam librorum, quocumque
'•loco fuerint, loco Anlonij de Essartis, causis certis
Tad hoc ipsum regem moventibus exonerati, per
ffcius literas datas octavo maij liis , sic signatas:
ffPar le Roy, presens messire Philippe de Poictiers,
rrrnessire Gu'ard de Graneual , et autres. Calot. Duo-
ffdecimoque mensis eiusdem prœstitit solitum iura-
rr nienlum. (Dubreul, Théâtre des antiquilez de Paris,
p. 781.)
Voyez d'ailleurs Van Praet, Inventaire des
joyaulx, reliques et autres choses estant en lEstude
du Roy, en la tour du boys de Vincennes, eiiiprc la
liaulte chambre , en la présence de inonss. de la Ri-
vière, Giles Malet et Heuitequin Durivier, orfèvre et
vai-lez, de chambre du Iloy. Fait le .if jour davril
ccc iiij'".
Pierre des Essars, frère d'Antoine, fut con-
damné à mort et exécutë le 1" juillet iAi3.
Bibliothèque impériale, manuscrits, autrefois
Supplément français, n° 178'^ aujourd'hui Fonds
français, n° (jA3o. Nous donnons, page isS, le
fac-siniile du premier feuillet.
128 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
ce en ma garde touz les livres et autres choses contenuez et déclairéez en ce présent
rr inventoire , contenant soixante neuf fueillez escripz, exceptez ceulz qui sont
ffcontenuz et déclairez cy dessoubz es cincj prouchains fueillez ensuivans. Duquel
ce inventoire le double contenant quatre vins dix huit fueillez en papier, avecques
ff les clefz d'icelle librarie, m'ont esté baillez par maistre Jehan Le Bègue, clerc,
rr notaire et secrétaire d'icellui seigneur, et greffier en ladicte chambre des comptes,
ce qui par messeigneurs desdiz comptes avoit esté commis audit inventoire faire,
r moy présent. Tesmoing mon saing manuel cy mis, le x*^ jour de janvier, l'an mil cccc
ce et quinze'^'. Mauli\. ^
Un nouvel inventaire fut rédigé à l'avènement de Charles VII, en lûaS, par
trois commissaires de la chambre des comptes ; en présence de Garnier de Saint-
Yon, redevenu bibliothécaire en juillet i/n8, ils passèrent cinq jours à ce tra-
vail. La collection ne renfermait plus que huit cent cinquante-trois volumes, et
trois libraires experts jurés les estimèrent deux mille trois cent vingt-trois livres
quatre sols.
L'original de cet inventaire semble aujourd'hui perdu, mais la bibliothèque
Sainte-Geneviève en possède une copie faite au xvu*^ siècle. On lit à la fin :
ce Le deuxiesme jour de mars i636, un certain escrivain me vint apporter un
ce gros cahier de papier contenant soixante huict feullets, pour le voir et en
ce prendre copie Je trouvay que c'estoit l'inventaire original fait par trois com-
cemissaires députez l'an i/i23, les ii, 12, i3, \ h et i5 d'avril, des livres de
cela bibliotlièque du Roy estant au chasteau du Louvre en trois chambres, après le
cedécez du roi Charles sixiesme, avec la prisée qui en fut faite par trois libraires,
ce Garnier de Saint Yon estant garde de ladite bibliothèque ou librairie. Le nombre
cèdes volumes desdits livres, tous manuscrits, la plus part en parchemin, se monte
ce à huit cent cinquante trois, et l'évaluation de la prisée à deux mil trois cent
ce vingt trois livres quatre solz^^ln
Inventaire de iâi3, p. lxiiij.
Bibliothèque Sainte -Geneviève, manuscrits,
n° Q, f. 5 . Une autre copie, également du xvn* siècle .
existe à la bibliothèque Mazarine, manuscrits, n° H,
igSA. Dans les deux manuscrits, chaque article est
accompagné d'une estimation indicpiant le prix de
l'ouvrage. Ce catalogue vient d'être publié par
M. Douët-d'Arcq, sous ce titre : Invenlaire de la
bibliothèque du roi Charles VI fait au Louvre en lâaS,
par ordre du Régent, duc de Dedfort. M. Douët-d'Arcq
a emprunté au manuscrit de la bibliothèque Ma-
zarine la désignation des volumes et leur prix d'es-
timation, et en même temps il a relevé leur titre
exact sur l'inventaire de Gilles Malet.
En i83o. J. Barrois estimait que cette somme
pouvait représenter 261,592 francs de notre mon-
naie (voyez Bibliothèque protypographique , p. xij).
Voici comment débute cet inventair : «L'an de
frgrace mil cccc vint et trois, les xj°, xij', xuf, xiv" et
"xv" jours du mois d'avril avant Pasques, par l'or-
fl-donnance de messieurs les commissaires ordonnez
rrpar le Boy nostre sire sur le fait des obsecques,
"funérailles et inventoire de feii nostre sire le roy
rr Charles VI" de ce nom, dernier trépassé, et en la
rfprésence de messieurs maîtres Philippes de Builly,
rr conseiller du Boy nostre sire en sa cour de Parle-
rrment et tbrésorier de la Saincte-Chapelle du Palais
rr royal à Paris, Jacques Branlart, aussy conseiller
rrdudit seigneur en sa cour de Parlement, de sire
rMichel de Cailler, conseiller et maitre des comptes
BIBLIOTHEQUE DU ROI.
On a pu voir, par l'extrait que nous avons donné du catalogue dressé par
Malet, (juelles riches reliures portaient presque tous les volumes de cette collec-
tion. On employait surtout alors, pour recouvrir les livres, le cuir blanc ou ver-
meil, le velours, les draps de soie et de satin. Une belle reliure empruntait à la
l'ois l'art de l'orfèvre, de l'émailleur et de l'imagier. De forts clous de cuivre pré-
servaient du frottement les étoffes qui garnissaient les plats et les pierres pré-
cieuses qui y étaient parfois enchâssées. Les fermoirs en or, en vermeil, en argent,
en cuivre, ou même en fer, avaient surtout pour objet de tenir sans cesse en
presse le vélin, qui se dilate au contact de l'air chaud; ces fermoirs étaient presque
toujoui's émaillés et ornés soit de figures finement gravées, soit des armes du sei-
gneur auquel le livre appartenait.
La précieuse collection rassemblée par Charles V allait disparaître au milieu
des orages qui bouleversèrent la France au commencement du règne de Charles VII.
Le duc do Bedford, régent du royaume au nom de Henri VI, fut plus qu'un gé-
néral habile, il aima les lettres et sut les protéger; de superbes manuscrits exé-
cutés par ses ordres existent encore Les livres réunis au Louvre devaient
naturellement exciter sa convoitise; il vint les visiter dès i^aB, s'en fit présente!'
l'inventaire, mais n'osa point encore s'en emparer. Il fallut quatre années pour
dissiper ses scrupules : en 1629, il domia une décharge conqjlète à Garnier de
Saint-\on, compta douze cents livres à Pierre Thiéry, entrepreneur du mausolée
de Charles VI et fit passer en Angleterre les ouvrages que contenait la tour
du Louvre. Tous ces faits étaient attestés pai' des notes écrites à la fin de l'in-
ventaire de 1628.
On y lit :
Le vendredy xxij jour de juin mil cccc xxv, très haut prince et mon très redouté seigneur
mons. .lehan, régent du lioyaume de France, duc de Bedt'ord, demoure content de tous les
livres cy dessus désignez et spécifiez, montans par prisée à la somme de deux mil trois ceni
vingt et trois livres quatre sols parisis, lesquels il a receus de Garnier de Saint-\on, jadis garde
desdits livres, et en acquitte et décharge ledit Garnier; et en témoin de ce, j'ay, par son ordon-
nance et commandement, escript de ma main cesl présent article, et signé de mon seing ma-
nuel, fan et jour dessusdits.
Petmel.
rrd'iceluy seigneur, el de M' Andry Courtevache,
rrclerc desdils comptes, conunissaires, avec autres,
rrsur le fait desdits ohsecques; par Girard Maucler
fret Adam Deschamps, clers notaires jurez d'iceiuy
trseigneur en son Chàtelet de Paris, fut fait inven-
rftoire des livres appartenons audit feu seigneur,
ffcstans et trouvez en sa lihrairie du chastel du
rrLouvre à Paris, et montrez par Garnier de Saint
rr Yon , garde de ladite librairie. Et les livres qui
rr trouvez ont esté, prisez par maitres Jean Merles,
rr Denis Goutillier et Jean de Sautigny, libraires jurez
rren l'Université de Paris, après qu'ils ont juré de
ffles priser bien et justement. ■■î
Voyez le Magasin pittoresque, année 18J9.
p. 3oo, et Vallet de Virivilie, Notice de quelques
manuscrits précieux sous le rapport de l'art, écrits cl
peints en France durant l'époque de la domination an-
glaise.
Boivin, Dissertation sur la bibliothèque du
Louvre, dans les Mémoires de l'Académie des ins-
II.
17
130 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Depuis la quittance et décharge desusdites, mondit sieur le Régent a baillé en garde tous les
livres en ce présent papier escriplz et désignez, lequel Garnier l'a tenu et obligé de luy en
rendre compte bon et loyal. Escript de ma main ledit xxij* jour de juin mil cccc xxv, sous mon
seing manuel.
Petmel.
Le samedy xv" jour doctobre, l'an mil cccc xxix, très haultet puissant prince mons"^ le Régent
du royaume de France, duc de Bedford, se tient comptant de tous les livres désignez et déclarez
cy devant en cest présent inventoire, et en quitta en ma présence Garnier de S' Yon, et veut
qu'il en fut et demouràl quille et deschargé, en tesmoing de laquelle chose j'ay, par l'ordon-
nance el mandement de monseigneur le Régent, escript cest présent article de ma main et signé
de mon seing manuel, l'an et jour dessusdif.
J. Salvain
Charles VII ne songea pointa réparer cette perte. Mais Louis XI, qui, suivant
les expressions mêmes de Robert Gaguin , crcallebat litteras, et supra quam
rr regibus mos est, erat eruditus '2', n s'efforça de rétablir la bibliotbèque du
Louvre. Il y plaça d'abord quelques volumes épars, depuis Charles V, dans diffé-
rentes maisons royales. Ce premier fonds reçut, en mai 1/172, un accroissement
assez considérable par la mort de Charles, duc de Berry, qui avait institué pour
héritier Louis XI, son frère Charles aimait les lettres, et il avait été un des
j)remiers à former une collection de livres imprimés'*'. A ces volumes le roi
réunit presque aussitôt la bibliotlièque des ducs de Bourgogne, dont les Etats
lurent alors réunis à la France; cette bibliothèque, fondée par Philippe le Hardi
était devenue rapidement, grâce à la prodigalité de ses possesseurs, l'une des plus
belles et des plus considérables de l'Europe. Elle s'augmenta d'abord, sous son
fondateur, d'une collection rassemblée par son beau-père, Louis de Maie'''', comte
de Flandre; les immenses richesses et les goûts littéraires de Philippe le Bon con-
rrlptioHs, t. II, p. 760. Boivin reproduit là une
circonstance également affirmée par Sauvai et par
Félibien, niais dont raulhenticilé nous semble con-
testable. Nous n'en avons pas trouvé trace d'ailleurs
dans les documents manuscrits.
L'auteiu' anonyme de l'iiistoire manuscrite de
la bibliothèque du Roi dit : ffJ'ay veu un Tite
rrbive, à la fin duquel ces mots estoient escritz :
ffCe livre a esté envoyé des parties de France par
"le duc de Betfort, régent, au duc de Gloceslre,
" son beau frère, en Angleterre , l'an ili-ili; il a esté
rrrapporté depuis en France par hazard. (Biblio-
thèque Sainte-Geneviève, manuscrits, Z f 1.)
Rob. Gagnin, Competidium super Francorum
ffestis, lib. X, p. cxli.
Voyez le Catalogue des livres qui paraissent
avoir composé la bibliotbèque de Louis XI. Biblio-
thèque impériale, manuscrits, fonds français.
n° 2919, in-folio. Voici comme cet inventaire est
désigné dans le marmscrit : Livres en français es-
criptz h la main à Tours devant l'hostel monseigneur
(le Dvnois.
Vallet de Viriville, Histoire de l'instruclion
publique en France, \). 907.
Voyez , dans la Bibliothèque protypographique
de J. Barrois, p. io5, ï Inventoire des livres rou-
mans de feu monseigneur Philippe le Hardi, que
maislre Richart le Conte , son barbier, a euz en garde
à Paris.
Voyez, dans Barrois, p. 110, Inventoire de
Marguerite de Maie, héritière de Flandre, veuve de
Philippe le Hardi.
BIBLIOTHKQUE DU ROI. 131
tribuèrent encore à l'enricliir''^; Charles le Téméraire avait fait aussi d'impor-
tantes acquisitions
Louis XI eut pour sa bibiiotliècjue un cnluinineur ou litie, Jean Fouquet, et
successivement deux bibliotbécaii-es, Laurent Palmier et Robert Gaguin 1^'em-
prunt qu'il fit à la Faculté de médecine des œuvres de Rliasès, dont il voulaif
avoir une copie, et les difiicultés que rencontra cette demande, sont restés cé-
lèbres dans l'histoire de la bibliographie
Charles VIll, malgié les guerres continuelles qui remplirent son règne, con-
tribua à augmenter le dépôt du Louvre. Depuis Robert d'Anjou, le protecteur de
Pétrarque et de Boccace, Naples possédait une bibliothèque qui, sous Alphonse 1"
et Ferdinand d'Aragon, princes aussi éclairés que cruels, était devenue réelle-
ment précieuse. Charles VIll, pendant sa rapide expédition en Italie, put s'em-
parer d'une partie de cette collection; il la rapporta en France, où Robei t Gaguin
l'ajouta aux livres rassemblés par Louis XI.
Mais déjà la maison d'Orléans possédait à Blois une bibliothèque, précieuse
surtout par la beauté des volumes que le duc Louis, fils de Charles V, avait fait
exécuter à ses frais. Cliarles d'Orléans eut pour les livres le même goût que son
père, et s'efforça d'augmenter la collection que celui-ci avait laissée. Un premier
inventaire en fut rédigé au mois de mai i/iiy, par P. Renoul, secrétaire du
prince Dix ans après, on songea à l'aliéner pour payer la rançon du prince;
un nouvel inventaire fut alors dressé (3i mai 1/127) P'^'' 'ii^ître Jehan de
Tuillières, tclicencié en lois^'''.") Cet inventaire comprend quatre-vingts volumes,
parmi lesquels figurent des bibles, des évangiles, des missels, des ouvrages théo-
logiques, des romans, et quelques poëtes latins, mais pas un livre grec. L'année
Voyez A. Pincliart, Miniaturistes , enlumineurs
et calligraphes emploijés par Philippe le Bon et Charles
le Téméraire, 1868, in-8°.
'"' Voyez Gabriel Peignot, Catalogue d'une partie
des livres composant la bibliothèque des ducs de Bour-
gogne au xv' siècle, et J. Barrois , Bibliothèque
protypographique , p. 117.
* ' L. Jacob, Traicté des plus belles bibliothèques ,
p. 448. — On a contesté ce titre à Robert Gaguin.
Cependant sur son épitapbe, longtemps conservée
au couvent des Malliurins , il était qualifié de Selectœ
Ludovici XI bibliothecœ authoris et prœfecli. ( Voyez
Piganiol de la Force, Description de Paris, t. VI,
p. 293.)
Voyez ci-dessus notre notice sur la biblio-
thèque de la Faculté de médecine.
Robert Gaguin mourut le a 2 niai i5oi, et
non en i5o2, comme le disent toutes les biogra-
phies. Voyez un extrait de son épitaphe reproduit
dans G. Brice, Description de Paris, t. 111, p. l>-2.
Archives de l'Empire, série K. n° 534.
Il a été publié avec des notes inléi'ossantes
par M. Le Roux de Lincy dans la Bibliothèque de
l'Ecole des chartes [t" série, t. V, i843, p. 69).
Voici le titre de ce précieux document :
ffS'ensuient les livres de monseigneur le duc
ffd'Orliens, par maislre Jehan de Tuilies, licencié
ffcn lois, et lieutenant de monsieur le gouverneur
ffde Blois, devers lequel ilz ont esté en garde bailliés
ffet délivi'és le dernier jour de niay l an mil quatre
ff cens vingt sept, à messire Jehan de Rochechouart,
rr chevalier, seigneur deMortemar, chambellan, et
"inaistre Pierre Sauvage, secrétaire et conseiller de
"mon dit seigneur le duc, par lui ordonnés et
rr commis àyceulx livres retraire et rassambler, pour
rten faire et disposer par le dit seigneur de Mor-
fftemar, selon ce que mon dit seigneur le duc lui
ffdoit avoir naguères ordonné et commandé. «
'7-
132 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
suivante, le duc d'Orléans ayant appris que les Anglais préparaient une expédi-
tion sur les bords de la Loire, craignit que sa collection de livres et d'objets d'art
ne tombât au pouvoir de l'ennemi; il les fit transporter d'abord à Saumur, puis
à la Rochelle, où on les installa dans l'hôtel de Jean de Rochechouart, sire de
Mortemart.
Charles d'Orléans et son frère Jean, comte d'Angoulême, retenus captifs pen-
dant vingt-cinq ans, cherchèrent dans les lettres une consolation aux peines de
l'exil. Tous deux, instruits pour leur époque, s'efforcèrent de racheter quelques-
uns des manuscrits que le duc de Bedford avait enlevés de la tour du Louvre;
et, quands ils revinrent en France (i/i/io), ils rapportèrent une soixantaine de
volumes que Charles d'Orléans expédia à Blois, où les livres de son père avaient
été replacés en i/i36. On conserve à la Bibliothèque impériale quelques manus-
crits provenant de la bibliothèque de Charles V, et qui, après avoir été emportés
à Londres par Bedford, y furent rachetés soit par Charles d'Orléans, soit par
Jean d'Angoulême, et revinrent avec eux en France. Le plus curieux peut-être de
ces précieux monuments de notre histoire littéraire est \e Ralional des divins ojfices ,
exécuté en 187/1 pour Charles V^'l II porte Yex lihris et la signature de ce prince
(it on lit en outre sur la couverture ces mots :
Louis XII, lils de Charles d'Orléans, avait conservé poui- Blois, sa ville natale,
une prédilection très-marquée ; il y transporta tous les ouvrages que renfermait
encore la Tour du Louvre'^', les réunit à la bibliothèque de son père, et plaça
celle-ci sous la direction de François du Refuge, son aumônier. Pendant son
éphémère conquête du MHanais, il trouva le temps d'envoyer à Blois (1699) la
belle bibliothèque que les Visconti et les Sforze avaient formée à Pavie, et qui ne
comptait pas moins de mille manuscrits grecs, latins, italiens et français Sa
campagne contre les Etats vénitiens lui permit de s'enq)arer d'une partie de la
précieuse collection qui avait fait les délices de Pétrarque; l'infatigable érudit
l'avait rassemblée avec des peines extrêmes ; il la traînait avec lui dans tous ses
voyages, et avait fini par la donner, en 1 862 , à la république de Venise. Louis XII
enrichit encore sa bibliothèque d'une collection appartenant à Louis de Bruges,
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds cette collection, et qui sont aujourd hui à la Bil»lio-
français, n° /(Sy. thèque impériale, on lit ces mots, que nous em-
Nous les avons reproduits ci-dessus, p. 111. pruntons au volume coté fonds français, n° ySS :
G. Naudé, Addillon.s à l'hisl. du roij Louis XI,
p. 87. — Jourdain, Mémoire historique sur la bi-
hliotltkiiie du Roy, p. vnj.
Sur presque tous les volumes provenant de
BIBLIOTHEQUE DU ROI. 133
seigneur de la Gnithuyse. Le cabinet de ce savant bibliophile était, après celui
des ducs de Bourgogne, le plus beau et le plus nombreux de toute la Flandre.
Louis de la Gruthuyse avait fait exécuter lui-même, à Bruges et à Gand, la plupart
des manuscrits qu'il possédait. Le format des volumes, la beauté du vélin et de
l'écriture, la richesse et la quantité des miniatures, le luxe des reliures en velours
garnies de coins, de clous et de fermoirs dorés, attestent que rien de ce qui peut
rendre des livres précieux n'avait été épargné par leur opulent possesseur. Après
sa mort (1692), cette collection passa à son fds Jean de Bruges, qui la donna ou
la vendit à Louis XII; on ne sait rien de précis à cet égard, mais la dernière sup-
position est la plus vraisemblable. En effet, afin de transmettre à la postérité le
souvenir de son amour poui- les livres, le seigneur de la Gruthuyse avait multiplié
dans les siens ses armes et sa bannière, avec son chiffre et sa devise'^'; or tous
ces emblèmes furent, lors de la réunion des deux bibliothèques, effacés ou re-
couverts par les armes du roi '^l
Nous avons une preuve certaine de l'importance que ces acquisitions avaient
donnée au dépôt de Blois; car, le monarque l'ayant montré à L. Bolognini,
qu'Alexandre VI venait de lui envoyer comme ambassadeur, celui-ci le fit figurer
dans l'ouvrage qu'il consacra, quelques années après, aux Quatre merveilles de la
France
François l", sous qui les arts allaient briller d'un si vif éclat, portait aux lettres
un réel intérêt, que la création du Collège de France suffii-aità prouver. La bi-
bliothèque du Roi prit, pendant son règne, un rapide essor.
Au moment où François I'"'' monta sur le trône, la collection de Blois avait
pour bibliothécaire l'aumônier de la reine, Adam Laigre, qui touchait par an
soixante livres tournois'*'. Il fut remplacé en i5i8 par le dominicain Guillaume
Gruthuyse portait : au 1 et 4 d'or, à la croix
(le sable, qui est Gruthuyse; au 2 et .3 de gueules,
au sautoir d'argent, qui est Van derAa. Son cimier
était un bouc ou capricorne issant de sable , accolé
d'azur et accorné d'or dans un vol d'hermine de
trois rangs. Pour supports deux licornes, et au-
dessus la devise : Plus est en vous ; en flamand :
Meer es in u.
Voyez Van Praet, Recherches sur Louis de
Bruges, seigneur de la Gruthuyse; suivies de la no-
tice des manuscrits qui lui ont appartenu, et dont la
plus grande partie se conserve à la bibliothèque du
Roi.
Hic est bibiintheca novis plena artibus : alque
Piuribus antiquis
L'ouvrage est intitulé : De quatuor singularita-
tibus in Gallia repertis ; il fut adressé par l'auteur
à Symphorien Champier, qui l'inséra dans son
hvre De triplici disciplina, Lyon, i5o8, in-8°;
le volume n'a point de pagination.
La pièce suivante a été publiée dans le Bulle-
Ictin du Bibliophile du mois d'août i868, p. 445 :
ff Je Adam Laigre, prebstre, aumonnier de la Hoyne
fret garde de la librayrie du Roy nostre sire, es-
irtant en son chasteau de Bloys, confesse avoir eu
fret receu de maistre Jacques Viart, recepveur du
rrdommaine de la conté du dit Bloys, la somme
(fde quinze livres tournois à moy ordonnée pour
n-la garde de la dicte librayrie pour les moys d'oc-
(rtobre, novembre et descembre iceiluy inclus. De
ff laquelle somme de xv l. l. f me liens pour con-
(ftent et bien paié, et en quicte le dit seigneur, re-
ffcepveur et tous autres, tesmoing mon seing ma-
trnuel cy niys, le xxix° jour de descembre l'an mil
ffcinq cens et seze.
Adam Laigre. »
13/i LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Petit, qui lut successivement évêque de Troyes et de Senlis, et qui dressa un
inventaire de la bibliothèque. Ce travail, transporté, on ne sait comment, à la
Bibliothèque impériale de Vienne, a été récemment publié par M. H. Miche-
lant; il porte pour titre : S'ensuit le répertoire, selon l'ordre de l'alphabete, de tous
les livres, volutnes et traictez en françoys, italien et espaignoï, couvers de veloux et non
rouvers, de la librairie du très chrestien roy de France Françoys, premier de ce nom,
estant pour le présent à Bloys; lequel répertoire a esté commencé, moyennant la grâce de
Nostre Seigneur, parfaict et accomply par frère Guilielme Peruy^^\ de Tordre des frères
Prescheurs , indigne chapelain, très obéissant suhject et immérité confesseur dudict sei-
gneur, ïan de grâce mil cinq cens et iviii, et de son règne le quatnesme
Mais bientôt, trouvant la bibliothèque de Blois trop éloignée, François I'^"' en
commença une nouvelle à Fontainebleau, et, s'il faut en croire le P. Dan, la
confia d'abord au savant Pieire Gilles'^*.
Le personnel de la bibliothèque du Roi s'était composé jusque-là d'un biblio-
tiiécaire en titre et de quelques copistes. François I" créa en iBys» une place supé-
rieure à celles-ci, celle de maître de la librairie du roi. Cette charge, destinée sur-
tout à récompenser le mérite littéraire, fut aussitôt considérée comme une des
plus honorables et des plus élevées de l'Etat. Le savant Guillaume Budé'*^ en fut
pourvu le premier, et le roi ne pouvait, sous tous les rapports, faire un meilleur
choix. Le goût des livres était héréditaire dans la famille de Budé : son père était,
dit un biographe, rc librorum emacissimus; ii lui-même ne voulut pas regai'der comme
une sinécure la haute position qui venait de lui être accordée. Passionné, ainsi
que le roi, pour la littérature grecque, il mit tout en œuvre pour se procurer
des manuscrits en cette langue et obtint à cet égard de François I'^'' l'appui
le plus complet. Jean de Pins, évêque de Rieux, et Guillaume Pcllicier, évêque
de Montpellier, successivement ambassadeurs de France à Venise, emportèrent,
avec leurs instructions diplomatiques, l'ordre d'acheter tous les manuscrits grecs
qu'ils pourraient trouver, et de faire copier ceux qu'on refuserait de leur vendre ''^l
Pam (Petit).
Catalogue de la bibliothèque de François I" , a
Blois, en i5i8, puljlié d'après le manuscrit de la
Bibliothèque impériale de Vienne, par II. Michclant ,
i863, in-8°.
ff Apres la description de ces bains et de ces
rrestuves, ie viens au dernier estage de ce depnrte-
ffment, qui est la gallerie où a esté autrefois la
ff librairie que ie grand roy François a voit dressé
fren celle maison royale avec un grand si)in et cu-
frriosité, dont il donna la cbarge au docte Pierre
rfGiliius. . . . (j'estoit bien une des choses les plus
ff considérables de ce lieu, où ce Prince n'avoit rien
ff épargné pour recouvrer tous les livres et tous
ffles itianuscrils les plus rares et les plus curieux
ffqui fussent point ailleurs, ayant poui" cet effet
ffenvoyé ledit Gillius et plusieiu's autres person-
frnages en Asie, en Grèce et en diverses parties du
ff monde. " (P. Dan, Le trésor des merveilles de la
maison royale de Fontainebleau , p. 98.)
<*' Génébrard, Chronoffraphiœ libri IV, p. 718.
ffiM. Budé, l'un des docles personnage s de la
ffchrestianté, en fut quelque temps le premier gar-
ffdien et recbercheur, pour de jour en jour l'em-
ffbeilirde nouveaux volumes.» (Brantôme, Vies des
grands capitaines, édit. Jaunet, t. III, p. 'J^y.)
Charron, Mémoires pour servir à l'histoire de
Jean de Pins. — D'Aigrefeuiile , Histoire ecclésiastique
BIBLIOTHEQUE DU ROI. 135
Jérôme Fondule, envoyé à la reclierche de documents du môme genre, rassemble
soixante volumes (ju'il paye douze cents écus, et François I" lui compte quatre
mille écus d'or ])our ses dépenses de voyage. Le roi, d'ailleurs, contre l'avis de
son bibliolliécaire, préférait encore les manuscrits orientaux aux manuscrits grecs;
Guillaume Postel, Juste Tenelle et Pierre Gilles partent pour le Levant, munis
de sommes importantes, de puissantes recommandations, et pleins d'ardeur pour
la mission qui leur est confiée Pieri-e Gilles, oublié en Asie Mineure, voit ses
ressources équisées; la misère le force à vendre les manuscrits qu'il avait achetés;
il est mis en prison doit s'engager dans les troupes de Soliman II et faire
avec lui une campagne contre les Perses''. Des secours arrivent enfin et lui
permettent de racheter sa liberté. Quoi([ue malade déjà, il recommence ses re-
cherches; arrêté de nouveau par le manque d'argent, il sollicite sans relâche
l'intercession de puissants protecteurs et ne peut revoir la France que sous
Henri II. A la môme époque, les savants étrangers payaient l'accueil qu'ils rece-
vaient à la Cour, en enrichissant la bibliothèque du Roi; parmi les plus célèbres
ou du moins les plus généreux, on cite : Antoine Eparque, le poëte de Corfou'^^,
Jean Gaddi et François d'Asola, le beau-père du fameux Aide Manuce La col
lection de Fontainebleau fut encore augmentée des volumes appartenant au con-
nétable de Bourbon ('î, dont tous les biens furent confisqués en lôaS; le cata-
dc Mo)ilj)ellier. — Pollicier, dans une lettre ([ui nous
a ëlé conservée, écrivait au roi, le -29 août i.Sio,
(|u"il avait à farauds frais réuni un nombre considé-
rable d'ouvrages syriaques, hébreux et grecs, et
qu'il occupait huit écrivains pour faire copier les
manuscrits qu'il ne pouvait se procurer à prix d'ar-
gent. A son retour en P'rance, l'ellicier quitta la
Cour et se retira à Montpellier, où il forma une
bibliothèque très -précieuse. (Teissier, Vies des
hommes illustres tirées de de Thou, t. I", p. 200.)
A. Chevillier, Origine de l'imprimerie de Paris,
p. 996. — G. Naudé, Additions à l'histoire du roij
Louis XI , p. i65. — Maiclielius, Introductio ad
historiam literariam de prœcipuis hibliothccis , p. 10.
— B. G. Struvius, Introductio ad notitiam rei lil-
ternriœ et iisum hihliothecarum , p. 87. — Histoire
manuscrite de la bihliolhcque du Boy.
Se. de Sainte-Marthe, Gallorum doctrina illus-
Irium qui nnstra memoria jloruerunt elogia, lib. I,
p. i3.
Teissier, Vies des hommes illustres tirées de
de Thou, t. I". p. -2^19.
frSire, il y a environ huit ans qu'il pleut au
tfeu Roy, de saincte mémoire, envoyer un des miens
ffà Constanlinople et autres lieux de Grèce, cher-
'fcher et amasser des livres anciens, pour l'accom-
ff plissement de sa librairie. Il y a mis si grande di-
rrligence qu'il en a arresté im granrl nombre, et
"l'eust envoyé par delà si les deniers que ledit Sei-
ffgneur avoit ordonné luy eussent esté délivrez,
ff Parce, Sire, que ce seroit dommage de perdre un
"si grand thresor, à faute de si petite somme, i'en
^ruy bien voulu donner cet advertissement à vostre
'f Majesté, pour entendre son bon plaisir, et suivre
'fson saint vouloir. Monsieur de Mascon, qui est
«auprès de vous, a conduit cet affaire; il vous en
rrpoura donner plus certain advis. et à moy decla-
ration de vos commandemens, lesquels attendant ,
frie vais continuer mes prières à Dieu pour vosti'e
f santé et prospérité. De Rome, ce 1 1 janvier 15/17.
rrSî^ne'le cardinal d'Armagnac. 1 (G. Ribier. Lettres
et mémoires d' Estât des roy s , princes , ambassadeurs
et autres ministres sons les règnes de François 1",
Henri II et François II , t. II, p. 99.)
Voyez Fabricius, Bibllotheca grœca, t. X.
p. 470.
Renouard, Annales de V imprimerie des Aides,
t. III, p. 85.
Jourdain, Mémoire historique sur la biblio-
thèque du Boy, p. \i.
136 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
logue des livres fut dressé, le 19 septembre, par un commissaire du roi nommé
Pierre Antoine; il a été publié par M. Le Roux de Lincy"'.
Budé mourut en i5/io, après avoir pleinement justifié ces deux vers du vieux
Lascaris :
Augusti ut Varro, Francisci bibliopolam
Auget Budaeus, Paliadis auspiciis.
Il eut pour successeur Pierre Duchâtel, alors évêque de Tulle, et l'un des
plus nobles caractères de cette époque. Le cardinal du Bellay l'avait recommandé
à François I", qui le prit auprès de lui, et le chargea, dit-on, de l'endormir chaque
soir par la lecture de quelque auteur'^'; il ne tarda pas à reconnaître son mérite,
et sut le récompenser.
Une mesure importante marqua le début de l'administration de Duchâtel; ii
décida François l^*" à réunir à sa collection de Fontainebleau la bibliothèque qui
était restée à Blois, et que, comme on le verra tout à l'heure, François F"" n'avait
pas entièrement perdue de vue. Lefèvre d'Etaples,le célèbre helléniste, en était
bibliothécaire à la fin de mai i53o, et venait de rédiger l'inventaire des volumes
qu'elle renfermait; c'est du moins ce qui résulte de la lettre que Marguerite de
Navarre écrivait alors au connétable Anne de Montmorency : ce Le bon homme
ffFabri m'a escript qu'il s'est trouvé ung peu mal à Bloys. . . , et pour changer
rr d'air yroit voulentiers veoir ung amy sien pour ung temps, si le plaisir du
ffRoy estoit luy vouloir donner congié. Il a mis ordre en sa librairie, cotté les
rr livres et mis tous par inventaire, lequel il baillera à qui il plaira au Hoy ^^'.ii La
démission de Lefèvre d'Etaples fut acceptée, et on le remplaça par Jean de la
Barre, qui avait été attaché à la maison de François, comte d'Angoulème. Jean
de la Barre eut lui-même pour successeur Mellin de Saint-Gelais, abbé du
Reclus. Ce fut sans doute à la sollicitation de ce dernier que François I" rendit
l'ordonnance du 8 décembre i538, dont les sages dispositions sont encore en
vigueur. Par cette ordonnance, le roi prescrivait aux libraires de remettre un
exemplaire de toutes leurs publications rren grand ou petit livre, ès mains, disait-
^il, de nostre amé et féal conseiller et aumosniei' ordinaire l'abbé de Reclus,
ff Mellin de Saint-Gelais, ayant la charge de nostre dicte librairie estant en nostre
frclialeau de Blois, ou aultre personnage qui par ci-après pourra avoir en son lieu
^rladicte charge et garde. ... le tout à peine de confiscation
Mellin de Saint-Gelais fut le dernier garde de la librairie de Blois ; des lettres
patentes du 22 mai ibkk ordonnèrent que la collection tout entière serait trans-
portée à Fontainebleau. Deux maîtres des comptes, Jean Grenaisie et Nicolas Dux,
Catalogue de la bibliothèque des ducs de Bour- Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds de
gogne, i85o, in-8°. Bëlbune, n° 85ii, p. 79.
Bay\e , Dictionnaire historique , arlieh Cbastel Renouard, Annales de l'imprimei'ie des Aides ,
(du). t. I,p. 63.
BIBLIOTHEQUE DU BOI. 137
allèrent dresser l'inventaire des rr livres, sphères, ^dobes et autres choses ii con-
servés à Blois; le tout fut mis en ballots, et, parles soins de Mellin de Saint-
(ielais, transporté à Fontainebleau. Mathieu La Bisse, chargé, avec Mellin de
Saint-Gelais, de veiller sur la nouvelle collection, prit possession, le 22 juin
1565, des livres provenant de la bibliothèque de Blois. Ceux-ci d'ailleurs restèrent
l'econnaissables. Les bibliothécaires de Blois, Jean de la Barre surtout, avaient
été très-prodigues d'inscriptions sur les volumes; on y trouve encore aujourd'hui
mentionnées, tantôt la date de leur acquisition, tantôt diverses circonstances im-
porlantes, telles que la demande que le roi en avait faite, tantôt môme des in-
dications assez naïves, celle-ci par exemple"^ :
^/^^jT^ L/Ï^c^ ctrJ4i\m^
destinées à faire connaître la place qu'ils occupaient dans la bibliotlièque,
L'inventaire rédigé à l'occasion de ce transport a pour titre : Inventaire original de
la hibliolhèqiie de Blois lors du transport à Fontainehleau^'^^ ; et il commence ainsi : k Inven-
fr taire fait par nous Jehan Grenaisie, licencié en loix, et Nicollas Dux, conseillers
crdu Boy et maistres ordinaires de ses comptes à Blois, à ce commis par la cham-
rbre, en vertu des lectres patentes dudit seigneur, données à Sainct Germain en
et Lave le vingt deux'"*^ jour de may dernier passé, signées François, et au des-
ffsoubz, par le Boy, de Laubespine, seellées de cyre jaune du grant seel dudit
rr seigneur, de tons les livres estans en la librarye de Blois, tant en langue latine,
rr grecque, hébraïque c[ue vulguaires, ensemble des sphères théoriques et autres
ff corps d'astrologie, pour iceulx transporter dudit Blois à Fontainebleau, selon
rr qu'il est mandé par ledit seigneui" pai- ses dictes lectres. A veoir faire lequel
rr inventaire ont assisté vénérable maistre Mellin de Sainct Gelaiz, conseiller dudit
«seigneur, abbé commandataire de Beclus, Jehan de la Barre, commis à la garde
ffde la librairie dudit Bloys.n
On lit sur le dernier feuillet : rrLe quatriesme jour de l'an mil cinq cens qua-
crrante et quatre, noble et discrète personne maistre Melin de San Gelais, con-
cseiller du Boy nostre sire, son aulmosnier ordinaire, abbé commendataire de
cr Beclus en Brye, a confessé avoir receu de nobles hommes maistres Jehan Gre-
rrnaisie et Nicolas Dux, aussi conseillers dudit seigneur.. . les livres, sphères,
crglobbes et autres choses contenues et déclairées par les inventaires cy dessus
rrescriptz. . . n Cet inventaire se compose de 128 feuillets, et nous y voyons que
Bibl. imp. manuscrits, fonds français, n° 970. Un double de cet inventaire existe dans le même
Ibul. manuscrits, fonds français, n" 5GGo. fonds, n° 1 29()9.
11. 18
138
LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
BIBLIOTHEQUE DU ROI. 139
la bibliothèque de Blois renfermait alors 1,890 volumes, dont 109 imprimés
seulement. H faut y ajouter une quarantaine de manuscrits grecs que le vieux
Constantin Lascaris venait d'apporter de Naplcs^''.
Nous ne pouvons déterminer aussi exactement le nombre do volumes que pos-
sédait à ce moment la bibliothèque de Fontainebleau. Un catalogue des maimscrils
grecs fut dressé, sous François I", par lo célèbre calligraphe Ange Vergèce, dont
l'écriture était si belle qu'elle servit de modèle pour la fonte des magnifiques
caractères grecs do Uobort Estienne:
Ange Vergèce grec, à la gentilo main,
Pour l'écriture grecque écrivain ordinaire
De vos granpère et père et le vosire. . .
dit Baïf dans une épître dédicatoire à François l'''.
Le catalogue dressé par Vergèce contient la liste de 960 manuscrits Quel-
ques volumes dédiés au roi, d'autres qui lui furent donnés par Louise de Savoie
sa mère et Marguerite do Valois sa sœur, augmentèrent encore la bibliothèque
de Fontainebleau, qui ne renferma cependant jamais plus de 200 volumes im-
])i-imés, en y comprenant ceux qui avaient été apportés de Blois.
Nous avons dit déjà que la bibliothèque de Fontainebleau était installée au
ff dernier estager du château. Tous les écrivains de l'époque ont célébré sa ma-
gnificence et l'afTabie hospitalité qu'y recevaient les savants de tous les jjays. C'est
là que Ramus persécuté allait chercher un studieux asile, tandis que ses ennemis
pillaient à Paris sa propre bibliothèque, déposée au collège de Presles^^'. François
de Belleforest, cjui écrivait au milieu du xvi^ siècle, décrit ainsi les magnificences de
la colleclion de Fontainebleau : cr Colle librairie et superbe bibliothèque, dressée
i-'iadis par les roys Egyptiens en Alexandrie, ne fut onc plus belle ny plus riche
rque celle que Françoys, premier du nom, a ordonné en ceste sienne maison,
r: n'ayant espargné frais aucun ny la peine d'un grand nombre d'hommes do
rr grand sçavoir, qu'il a envoyez par toute la Grèce et Asie pour recouvrer les
On sait que ce savant rassembla une. très-
précieuse bibliothèque qu'il légua au sénat de Mes-
sine. Elle a été depuis transportée en Espagne, et
l'ait aujourd'hui partie de la bibliothèque de l'Es-
curial. (Voyez Villeniain, Lascaris, note C, et les
FJogia (le Paul Jove.) rrll faut remarquer, dit G.
friNaudé, que Janus Lascaris Rhyndacenus, exilé
frde Conslantinople, a le premier trouvé, ou au
T moins restably et remis en usage les grandes let-
i-tres, ou pour mieux dire majuscules et capitales
-de l'alphabet grec, esquelles il fit imprimer l'an
m4()4 des sentences morales et autres vers qu il
f dédia à Pierre de Médicis, avec une fort longue
rrépitre liminaire où il finforme de son dessein el
rde la peine qu'il avoil eue à rechercher la vraye
rr figure de ces grandes lettres parmy les plus
ff vieilles médailles et monumens de l'antiquité, r
(G. iVaudé, Additions à lliisloire du roy Louis XI ,
P-
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds
grec, n° 3o66.
' ' Voyez J. E. Freigius, Vila Pétri Lïami, et
Antoine Teissier, Eloges des hommes savaiis tirez de
l'histoire de M. de Tliou, t. II, p. /109.
18.
UO LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
rr meilleurs livres qu'on pourroit trouver pour l'enrichissement de cesle biblio-
rrtheque, que les Princes estrangers ont souhaité de voir venans en France pliis-
rrtost que les plus exquis thresors et plus riches ioyaux cpii soyent en ce royaume.
frQnoy plus? Ce grand Roy, sçachant que les Muses ayment les solitudes, et
rrPallas les lieux de repos, et que la laborieuse Dyane fuit les villes oiseuses, a
rr aussi fait dresser icy le temple des Muses et la retraite de Palias, et les courses
rrboscageres de Diane la chasseuse; et au reste, si i'estoy quelque grand poëte ou
cr disert orateur, ie bastiroy aussi quelque belle œuvre sur le los tant du Roy qui a
rr fondé ce temple Palladien, que de la magnificence du bastiment et richesse
rrdes livres, tableaux, effigies et choses rares qui sont en ceste bibliothecque,
rrmais ayant défaut de ce, et laissant ceste charge à ceux qui ont gousté l'eau
rrcaballine et aux bons livres, et en la faveur des Roys, et qui ont le cœur haucé
rret hardy pour se voir recompensez de leurs peines, je passeray outre '''.n
Duchâtel survécut cinq ans à François ^^ Ne trouvant pas chez Henri II des
dispositions aussi généreuses que chez son père'"^', il renonça à augmenter le
nombre des volumes de la bibliothèque, et chercha surtout à assurer la conser-
vation de ceux qui restaient en multipliant les reliures. Celles-ci, d'ailleurs,
étaient devenues depuis longtemps moins riches et moins pesantes; il avait fallu
renoncer aux pierres précieuses, au velours, aux belles étoffes, quand on s'était
trouvé en présence de plusieurs centaines de volumes à pourvoir. Le fer et le
cuivre avaient disparu aussi; le carton remplaça les lourds ais de bois, et les
armes du souverain en devinrent presque le seul ornement. Un exemplaire des
poésies latines de Fausto Andrelini, que l'auteur fit relier pour l'olTrir à Louis XII ,
porte sur sa couverture en veau fauve estampé un porc-épic avec la devise du roi
cominus et eminus. On sait que l'ordre du Porc-Epic avait été institué par Louis
d'Orléans, grand'père de Louis XII. La bibliothèque du Louvre possède un vo-
lume dont la reliure a pour seul ornement au milieu des plats une bande où
alternent les armes de France et des porcs-épics. Le très-précieux exemplaire sur
lequel nous avons fait exécuter le fac-similé que nous donnons ci-contre, appar-
tient à la bibliothèque Mazarine'^^; outre l'écu de France et les porcs-épics, on y
voit figurer les hermines, pièce principale des armoiries d'Anne de Bretagne.
La plupart des volumes qui furent reliés à Blois sous le règne de Louis XII
sont l'œuvre d'un prêtre nommé Gilles Mannequin.
Les reliures exécutées sous François P' sont en général très-simples; le cuir et
le maroquin noir y furent presque seuls employés par Jean le Faulcheur, qui se
Séb. Munster, La cosmonrapliie universelle de
loul le monde; édition revue et complétée par Fr.
de Belleforest, t. I, p. 333.
ff Henry II, quoy que bien instruit en sa jeu-
ffnesse, fut tellement diverty par les guerres qu'il
rr continua avec Cbarles Quint, qu'il n'eut gueres
rr moyen de caresser ou favoriser les muses. -o (G.
Naudé, Additions à Vhisloire du roy Louis XI ,
p. 167.)
Imprimés, n" iiSyS.
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARI^^
RELIURE AUX ARMES DE LOUIS XII
ET D'ANNE DE BRETAGNE;-
% . OufJan aîné. Paris .
Franklin di
lavprnier se
RELIURE EXÉCUTÉE POUR HENRI M
Ch. ûiardon-.cùné^. Paria, r.//au.f.e/èuille',ii
RIBLIOTIIÈOUE DU ROI. l'il
(|iuililiait (le rrlil)iaire cl relieur ordiiiaii'c du voi.-n Les F couronnés, parfois suivis
(le la lettre 1», fi^rurenl sur presque toutes; assez fréquemment, les plais sont
ornés des armes de France, au-dessous desquelles s'étend une salamandre :
Le blason de Claude de France accompagne quelquefois celui du voi; et
1(!S dauphins unis aux salamandres indiquent que le volume a été relié sous
François I*""", mais pour le Dauphin.
Avec le règne de Henri II s'ouvre une des plus belles époques de la reliure.
L'amoui- du l oi pour Diane de Poitiers vint se manifester jusque sur les livres
de la bibliothèque. Autour des armes de France, accompagnées d'ornements
exécutés avec un goût exquis, sont semés des H et des D entrelacés, des crois-
sants, des arcs, des carquois et d'autres emblèmes de la chasse. Parfois les
armes de France sont remplacées sur les deux plats par la devise équivoque
que Henri II avait adoptée :
DONEC
TOTVM
IMPLEAT
ORBEM
mais alors les croissants dominent, et sont beaucoup plus nombreux que les mo-
nogrammes. Les mêmes initiales et les mêmes symboles se rencontrent encore sur
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n' 2261.
\fi-2 LES ANCIEÎSNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
]es volumes, extrêmement rares, qui furent reliés aux armes de la favorite. Le
manuscrit sur lequel nous avons pris cet élégant blason :
appai'tient à la bibliotlièque de l'Arsenal, et nous a été si^^nalé par M. Jules
Cousin.
Pierre Ducliàtel mourut le 2 février i552, regretté de tous les savants, qui se
souvenaient qu'il avait osé défendre Robert Eslienne contre la Sorbonne, et Et.
Dolet contre le roi. Pierre de Mondoré devint maître de la libraii'ie, et la place
de garde fut, peu de temps après, donnée au mathématicien Jean Gosselin.
Bibliollièqiic de l'Arsenal, manuscrits in-folio, n" ÏF ()8.
BIHLIOTHEQUE DU ROI. là'A
Leprince, tous les historiens qui l'ont précédé et presque tous ceux qui l'ont
suivi disent que Henri II, confirmant l'ordonnance rendue en i53G par Fran-
çois 1", avait enjoint aux libraires de fournir à la bibliothèque du Roi un exem-
plaire sur vélin et relié de tous les livres qu'ils inq)rimeraient pai- privilège. Or
cette ordonnance n'a jamais été rendue que par Raoul Spifame, un pauvre diable
monomane, qui eut l'étrange idée de composer un recueil de trois cent six arrêts
ou règlements qu'il publia vers i558, sous le nom de Henri II et comme ayant
été promulgués par lui. Ces arrêts supposés ont d'ailleurs été pris au sérieux par
de véritables érudits, le président Boubier et Abel de Sainte-Mai the entre autres.
Voici le texte de l'ordonnance rendue par Spifame en faveur de la bibliothèque
du Roi, ordonnance qui pendant deux cents ans a été regardée comme parfaite-
ment authentique :
rrLe Roy, pour l'amplification des bonnes lettres chrestiennes, et toutes choses
rrhonnestes et profitables, et cntretenement de ses librairies et biblioteques ,
fr(ju'il a establies pour exercer et employer les bons espcritz de ses subieclz, sca-
rrvans, et lettrez, et toutes personnes vertueuses, et gens amateurs de bons
cf livres, et notables elucubrations, A ordonné et ordonne que doresenavant ne
rc sera baillé aucun privilège d'imprimer, que ce ne soit à la charge que tous
ff livres qui s'imprimeront luy en sera baillé et présenté un, imprimé en parche-
ff min de vellin, relié et couvert comme il appartient luy estre présenté, pour estrc
remis en sa bibliothèque et librairie de son chasteau de Fontainebleau; et après
rricelle bibliothèque de Fontainebleau fournie, estre mis en sa librairie de son
ff chasteau de Rloys, et consequemment aux autres, ainsi qu'il sera par luy advisé
cret ordonné '^^ r
Deux catalogues des manuscrits grecs de la bibliothèque de Fontainebleau
furent dressés sous Henri II par Constantin Palaeocappa, et recopiés par Vergèce.
L'un est disposé par ordre alpliabétique, l'autre par ordre de matières; tous
les deux sont conservés à la Bibliothèque impériale
François II régna une année à peine, et c'est de cette époque que datent les
persécutions religieuses qui assombrirent si longtemps notre histoire ; la seule
acquisition que la bibliothèque ait faite sous ce prince a précisément cette triste
origine. Le président Aimar de Ranconnet, un des hommes les plus savants du
xvi^ siècle, fut, sous prétexte de rehgion, jeté à la Bastille par le cardinal de Lor-
raine; il y mourut de chagrin en iBBg, et ses livres confisqués entrèrent à la
bibliothèque de Fontainebleau
Les reliures au chifl're de François II sont naturellement assez rares. Au milieu
n . S[)ify me , Dicœarchiœ Ilenrici régis christia-
nissiini progymnasmata, 8' arrêt. Le volume u n
point de pa^'ination.
Manuscrits, fond^ [,n-cc, n"' 3oG5 et 3oC6.
Maicheliiis, Iiitrodudio ad hisloriam litera-
riam, p. 1-2. — A. de Sainte-Marthe, Discours au
Boj sur le rélahlissemcnt de la hibliotJièque royale de
Fonlniuehlcau (sans pagination).
làà LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
(les plais un écusson ovale renferme les armes de France, au-dessous desquelles
sont deux F couronnées et parfois suivies du nombre II'' :
Sur le dos, entre les nerfs de la reliure, alternent des F
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonils français, n° 1 186.
BIBLIOTHÈQUE DU UOI.
et des fleurs de lis toujours surmontées d'une couronne :
Plusieurs de ces reliures, commencées sous François II, ne furent achevées que
sous Charles IX; celles-ci portent semés sur les plais plusieurs C entrelacés et cou-
ronnés; on peut en voir un exemple dans la marque que nous venons de reproduire.
A l'avénement de Charles IX, protecteur de Ronsard et poëte lui-même, on
pouvait espérer une ère favorable aux lettres; mais les luttes religieuses en déci-
dèrent autrement. La bibliothèque du Roi n'acquit sous ce règne aucune collec-
tion nouvelle, et elle perdit un de ses chefs. Pierre de Mondoré, soupçonné d'at-
tachement au calvinisme, dut en iBGy se retirer à Sancerre, où il mourut trois
ans après'''.
Contrairement à une assertion universellement acceptée jusqu'ici, ce fut vers
cette époque, et en tout cas sous le règne de Charles IX, que la bibliothèque du
Roi fut transportée de Fontainebleau à Paris. Le fait est établi d'une manière
irréfutable par une lettre très-toucliante de Gosselin, adressée plus tard à tous
les amis de la littérature : rrll y a, dit-il, trente quatre ans et plus que j'ay la
r charge de garder la librairie du Roy, qui est un des plus beaux thrésors de ce
-royaume; durant lequel temps je l'ay gardée plusieurs années dedans le chas-
ffteau de Fontainebleau, et puis, par le commandement du roy Charles IX, je la
fffeis apporter dans ceste ville de Paris'-', n Nous ne savons d'ailleurs où la biblio-
thèque fut alors installée. Gosselin demeui'ait près de l'église Saint-Nicolas-des-
Champs, mais il résulte des termes mêmes de sa Remonstrance qu'il ne logeait pas
à la bibliothèque.
Pierre de Mondoré eut pour successeur le savant Jacques Amyot, qui avait été
le précepteur du roi et celui de ses deux frères. Le célèbre helléniste fut le pre-
Pierre de Mondoré sétait formé à Orléans
une riche l)ibliothèque, où dominaient les auteurs
grecs et les ouvrages de inalliéiuati(jups; elle fut
pillée pendant la Sainl-Barthélemy : rrSed ob reii-
-gionis causam. quum Sanceras ad Ligurim con-
■ fiigisset. contraclo ex uiœrore m^rbo, animaia
-Deo reddidit. Bibliotlieca etiam ejus, onuiiuin li-
-broruni copia instrucla. mathematicis prœserlim
-et grœcis, illisque iiiajoiein parlem nianuscriplis .
f-alque ipsins studio emendatis. barbara is(a in;-
II.
rrmanitate direpta est. (Corn. Tollius, De infe-
Ucilatc litleralorum , à la suite des Analecta de
calniiiilate litteratorum , p. /iG-2.) — Voyez aussi,
sur ce point, J.-A. deTbou. Htsl Jiiœ sui lemporis,
lib. LU.
Ensuit une remonstrance touchant la garde de lu
librairie du Boi/, addrcssée à toutes personnes qui
aliment les lettres, par Jean Gosselin, (>arde d'icelle
lihrairie; publiée par Edouard Fournier, Variétés
historiques et littéraires, t. 1, p. i.
'!)
MG LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
inier, dil-on, qui songea aux services que ce précieux dépôt pouvait rendre aux
érudits, et il consentit à communiquera quelques-uns d'entre eux les manuscrits
dont ils avaient besoin
On fit relier sous Charles IX un assez grand nombre de volumes, et tous sont
faciles à reconnaître. Quelques-uns portent au milieu des plats deux C entrelacés,
el sur le dos un semis du même monogramme ^-^ :
()uand les plats sont ornés du fer que nous reproduisons à la page suivante,
le chill're IX qui s'y trouve est parfois remplacé par deux G, et, alors, sur le dos
figure, entre chaque nerf, un double C surmonté d'une couronne.
Lf'princc, E.ssni lii.sloritiiw siii- la bibliollù'quc BibliolliP(|ue impéii.ile, iiiamisciils . fonds
du Uni . |t. O.S. français, n" 868.
BIBLIOTHÈQUE DU ROI. 1/j7
Les reliures les plus éléjfantes sont ornées des armes de France placées an
sommet (riin ovale; au-dessous de l'écu se trouvent deux petits C entrelacés
et suivis du rliitlre IX, puis le titre de l'ouvrafje :
Quand le titre de louvrage n'existe pas sur les plats, l'ovale est rempli par plu-
sieurs C couronnés, et au bas figure le nombre IX.
Enfin, sur quelques reliures, infiniment plus lares, on rencontre l'emblème
Bitjliolhèfjne iinjiiîi-iale, iiiamiscrits. fonds franrais, n° ySo.
U8 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
que le chancelier de THopilal avait fourni au roi : deux colonnes surmontées d'une
couronne et accompagnées de cette devise : Pietale el ju8lilia^^\
Henri lli eut pour les belles reliures le môme {ijoiit que son ])ère. Son oi-
donnance somptuaire du mars i583, qui défendait aux bourgeoises de porter
des pierreries, les autorisait à en orner leurs livres d'heures. Le roi lui-même
n'alla cependant pas jusque-là. La marque distinctive des reliures exécutées sous
son règne est un double écusson aux armes de France et de Pologne, enlouiv
Hibliolliôquc (le l'Arsoiiai.
I
LES ANCIENNES B I BLIOT H È(^U ES DE PARIS
RELIURE EXECUTEE POUR HENRI III
BIBLIOTHÈQUE DU BOL l/i9
du collier de Tordre du Saint-Esprit, avec la devise Spes mea Deus ou Manet iil-
lima cœlo; au-dessous de l'écu se trouve une H couronnée
On sait dans quel désespoir fut jeté Henri III par la mort de la princesse de
Coudé, Marie de Clèves; c'est alors quil institua l'ordre des Pénitents et ses lu-
gubres processions, en même temps qu'il couvrait de têtes de morts ses vêtements
et jusqu'aux aiguillettes de ses chaussures. Les reliures faites pour lui, à cette
époque, portent les traces de cette singulière monomanie. Les plats sont couverts
de squelettes, de crânes desséchés, de larmes, de croix, d'ossements dorés, argen-
tés ou estampés sur maroquin noir. Parfois, d un coté du volume se trouve le
nom de Jésls et de l'autre celui de Marie, puis la devise Mémento niori. Ces reliures,
où le deuil est loin d'exclure le luxe, sont aujourd'hui très-recherchées. Le volume
(jui a foin ni le fac-sitnile que nous publions appartient à la bibliothèque Mazarine;
les ornements hmèbres y ont été frappés en argent; ils sont en or sur un exem-
])laire, identiquement semblable pour tout le reste, que possède la bibliothèque
du Louvre, dans la collection Motteley.
La bibliothèfpie du Roi faillit être anéantie pendant la Ligue. Tandis que la
collection particulière de Henri III était vendue à l'encan devant l'Hôtel de Ville*-',
deux ligueurs forcenés, Guillaume Rose, évêque de Seidis, et le curé François
Pigenat, firent plusieurs tentatives pour s'emparer des livres du roi; un peu plus
lîibliollièquo Mazarine. non vrau fonds, jiiris- [je\wince. Essai historifpic sur lu liihlintlipque
priidcnoo, in-8", n" 56. du Roi, p. 33.
150 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
tard, ce fut le tour de deux maîtres des comptes, MM. de Joelmy et Dupré.
Gosselin, qui avait alors près de quatre-vingt-dix ans, semble avoir montré peu
d'énergie dans cette circonstance. 11 fit d'abord appel à l'influence du président
Brisson; mais il craignit sans doute ensuite de se voir compromis avec les li-
gueurs, car, deux mois avant le siège de Paris, il se retira auprès du roi à Saint-
Denis, puis à Melun. Avant son départ, il eut cependant soin de or très bien fermer
rr la porte d'icelle librairie avec une bonne serrure et un bon cadenat, et par dedans
rravec une forte barre, n Mais le président de Nully, peu scrupuleux sur le choix
des moyens, ne recula point devant refi"raction; il fit tout simplement rr rompre la
rr muraille pour entrer en la dicte librayrie, n et, une fois en possession, il la garda
six mois, jusqu'à la fin de mars; quand il dut la rendre, il manquait déjà bien
des volumes. Tous ces faits nous sont attestés par le pauvre Gosselin, qui, réduit
à l'impuissance, protesta du moins par écrit et voulut conserver à la postérité le
souvenir de ces attentats, en même temps que les noms des misérables qui les
avaient commis; il a raconté tous ces faits en tête d'un des manuscrits de la biblio-
thèque, les Marguerites hisioriales de Jean Massue'^'. Voici cette note, le plus pré-
cieux document qui existe sur l'histoire de la bibliothèque du Roi pendant la
Ligue :
ff Mémoire que le président de Nully, durant la Ligue et durant la trêve, s'est
r saisi de la librairie du Roy, environ la fin de septembre, ayant fait rompre la
ff muralle pour entrer en la dicte librairie, laquelle il a possédée jusques environ
ffla fin du mois de mars en l'an iSg/i''^', qui sont six mois; durant lequel temps
ff on a couppé et emporté le premier cayer du présent livre, auquel cayer estoient
ff contenues choses remarquables'^'. Item, durant le temps susdict ont esté emportez
ff de ceste dicte librairie plusieurs livres dont le commissaire Chenault feist enqueste
ffbientost aprez que ledit président eut rendu iccllc librairie. Gosselin, ita est.
Ce volume est aujourd'hui à la Bibliothèque
impe'riale. D'abord coté 7292, il porte maintenant
le numéro gSô dans le fonds français; c'est un bel
in-quarto sur vélin , qui a pour titre : La Marguerite
des vertus et vices, composé par frère Jean Massue.
Une note de M. P. Paris porte de plus : domestique
de Jehan de Chahannes, comte de Dampmartin, com-
posé en làgj. Sur le dernier feuillet, on lit: Les
margarites hystoriatles composées par ung prieur, con-
tenantes plusieurs faictz et dictz vertueux ou vicieux de
certaines personnes tant grandi seigneurs que aultres.
ff Au président de Nully, qui ce jour se pré-
(Tsenta pour faire la révérence à Sa Majesté, elle
(f fist demander par Sanssi en quelle qualité il la lui
T vouloit faire , auquel ledit président ayant respondu
frque c'estoit en qualité de son très-humble ettrès-
f obéissant sujet et serviteur, le Roy l'ayant entendu ,
rrlui renvoya dire par Sanssi qu'il ne tenoit point
frpour ses sujets ni pour ses serviteurs ceux qui fes-
fftoientde l'Espagnol, et qu'il ne laissast pas, si
ff bon lui sembloit, de s'en aller avec eux.n (Lestoile.
Journal de Henri IV, 22 mars
ffCe jour ou escrivit en grosses lettres sur la
ff porte du président deNulli : fr François, pendés cest
ff homme nieschant.îi II avoit eù un billet deux jours
ffauparavant, ayant esté esconduit de la recjueste
frqu'il avoit présentée, qui portoit qu'attendu son
ffâge et sa qualité il lui fust permis de se retirer
fren l'abbaye Saint-Viclor-lez-Paris ou en quel-
ff qu'autre Moinerie des Fauxbourgs.n (Lestoile,
Journal de Henri IV, 27 mars i5ç)li.)
Il contenait une généalogie de la Maison de
Chabannes, dont il ne reste plus, en effet, que les
deux derniers feuillets.
BIBLIOTHÈQUE DU ROI. 151
rritem, ung docteur de Sorboiine et évesque de Senlis, nommé monsieur Rose,
rr familier amy du président susdict, a faict amende honorable en la cour de parle-
frment, par arrest de la dicte cour, pour avoir prononcé. . . durant la Ligue, et
fr encores depuis, paroles indignes d'ung homme de sa qualité; il feist celle amende
crie jour de septembre 1598.
ff Davantage ledict évesque et ung docteur de Sorbonne, nommé Pégenac ''^ ont
rr faict ce qu'ilz ont peu pour posséder ladicte librairie; mais feu de bonne mémoire
rrle président Brisson, à ma requeste et solicitation, a empesché leur intention,
cf Lesquelz, par après, sont allez inssiter la chambre des comptes pour venir mettre
crics (?) en ladicte librairie. Monsieur de Joelmy et Monsieur Dupré, maistres des
c"Com])tes en ladite chambre, ont vouleu entreprendre ce que lesdits docteurs
>T n'a voient peu faire; mais mondicl seigneur président leur a encores rompu leur
rr desseing comme il avoit faict auparavant, n
Dans une lettre publiée plus tard, Gosselin raconte les mêmes faits, mais avec
([uelques variantes qui ne manquent pas d'importance, rr Dieu m'a faict la grâce
rr d'avoir fidellement gardé icelle librairie, et d'avoir empesché plusieurs fois qu'elle
c-n'ayt esté dissipée ou ruynée, et signamment depuis le commencement des der-
c-niers troubles, que quelques-uns des supposts de la Ligue ont voulu s'ingérer
cr d'entrer en icelle, souz couleur d'y vouloir donner ordre selon leur façon, lesquels
cj'ay empesché, par la grâce de Dieu et par l'a y de de Messeigneurs et amis, et,
rr voyant que je ne pourois plus résister contre la force de tels supposts, estimant
r aussi qu'ils auroient plus de hardiesse d'entrer en la dicte librairie en ma pré-
rsence, me contraignant, par emprisonnement de ma personne, leur en faire
cr ouverture, qu'ils n'auroient pas en mon absence, j'ay très bien fermé la porte
•rd'icelle librairie avec une bonne serrure et un bon cadenat, et par dedans avec
rr une forte barre, et me suis absenté de ceste ville de Paris deux mois devant
rr qu'elle ait esté assiégée, et me suis retiré à Saint-Denis, où estoit Sa Majesté, et
rrpar après me suis réfugié en la ville de Meleun, qui estoit en l'obéissance du
rrroy, là où j'ay esté jusques à la dernière trêve, durant laquelle le président de
rrNully, qui pour lors avoit moult d'autorité en ceste ville de Paris, meu d'une
cr particulière affection, s'est adressé à la dicte librairie, a fait crocheter la serrure
cret le cadenat dont la porte d'icelle était fermée; et ne pouvant ouvrir icelle
reporte, à cause qu'elle estoit fermée par derrière avec une forte barre, il a fait
cr rompre la muraille afin d'ouvrir la dicte porte, est entré en icelle librairie avec
cr telle compagnie qu'il luy a pieu, et y est allé plusieurs fois avec ses gens, qu'on
cra veu s'en aller avecques luy portans d'assez gros pacquets soubs leurs man-
crteaux, et a possédé la dicte librairie, ainsi qu'il l'a voulu, jusques au temps que
cr ceste ville a esté réduite en l'obéissance du roy, et que Sa Majesté lui a mandé
François Pigenat.
152 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
rcde me rendre les clefs d'icelle librairie, et remettre en la dicte librairie les livres
rr d'icelle si aucuns en avoit pris, et le dict président m'a seulement rendu les clefs,
fr disant qu'il n'avoit pris aucune chose dedans la dicte librairie n
On voit que, dans cette nouvelle rédaction, Gosselin passe sous silence le rôle
si honorable qu'il avait auparavant attribué à Barnabe Brisson. Gosselin avait sans
doute été trompé, comme bien d'autres, par la conduite dissimulée du savant
président, qui, au dire de Mezeray, s'efforça pendant la Ligue de rc nager entre
ffdeux eau\,T) soutenant tout haut les Seize et protestant en secret de son atta-
chement au roi; on sait d'ailleurs que cette politique ne lui réussit guère. S'il
faut en croire quelques écrivains, pas plus que le président de Nully, il ne res-
pecta la bibliothèque ; mais il mit moins de franchise dans ses yoIs et se garda
bien de renverser aucune muraille. Suivant l'abbé Tricaud, Brisson alla prendre
des livres à la bibliothèque , et , les ayant portez chez lui , suivant sa coutume , pour
rrles examiner plus à loisir, et dans le dessein de les remettre ensuite à leur rang,
fffut prévenu par la mort, . .; et sa veuve, qui trouva ces livres parmi ceux de
rson mari, sans démêler s'ils estoient de la bibliothèque Royale ou non, les vendit
rravec les autres'-'. n Scaliger dit tout crûment que Brisson emporta chez lui une
bonne partie de la bibliothèque du Roi, et que sa veuve les vendit ensuite pour
presque rien, pour un morceau de pain^^'.
Amyot était mort pendant l'année qui précéda ces événements, et Jacques-Au-
guste de Thou, un des hommes les plus instruits et un des caractères les plus
respectés du \\f siècle, venait de lui succéder. Les dangers qu'avait courus la bi-
bliothèque au milieu des derniers troubles déterminèrent Henri IV à la transporter
en un lieu plus sûr. Des lettres patentes du mai ib^li, qui ne purent d'ail-
leurs recevoir leur exécution qu'en mai lôgB, ordonnèrent qu'elle serait installée
rue Saint-Jacques, dans les bâtiments du collège de Glermont, aujourd'hui lycée
Louis-le-Grand**'. Il appartenait aux jésuites, qui, chassés de France à la suite do
l'attentat de Jean Ghastel, venaient de l'abandonner; eux-mêmes avaient réuni
dans cette maison une bibliothèque composée d'au moins vingt mille volumes,
Ensuit une remonslrance touchant la garde de
la librairie du Hoy, addressée à toutes personnes qui
ayment les lettres, par Jean Gosselin, garde d'icelle
librairie.
Essais de littérature pour la connaissance des
livres, t. I, p. i5.
ffBarnabas Brissniins bonam paiieni libro-
«mim regioriini in doiiium suani tran.slulit. Post
f casuni ejus, vidiia avara fnisto paiiis, si ila ioqiii
rrfas est , (livendidit. '^(Jos. ScaWger, Epistola- , iib. I,
epist. L.viii.)
(f Du iiiercredy iv oclnbre. La Cour, après avoir
ffoy les coniniissairos coiuniis par icelie, cpii ont
"faict procéder aux réparations de ce qui estoit ne-
ffcessaire au colieg'e de Clerniont, pour y mettre
f'Ia bibliothèque du Roy, a ordonné et ordonne que
'fdes deniers procedans de la vente des meubles
ffdes Jesuistes et revenus des immeubles, les mas-
'* sons, menuisiers, cbnr[)enticrs . serruriers et autres
frmanœuvres qui ont travaillé ausdils ouvi'ages.
T réparations, et ce qui a esté l'aict de l'ordonnance
rrdesdicts commissaire,-;, seront les premiers et avant
fftous autres payez de leuis ouvrages, salaires,
ffclc. ... « [Deslinalion du colli'ge de VAcrmont pour ta
bibli'jtlièqiie du Roj , dans Félihion. Ilisloircde Pai-is ,
I. V, p. -2 8.)
BIBLIOTHÈQUE DU BOI. 153
qui furent en {jrande partie dispersés'''. La seule acquisition inq)ortanle que fit
la bibliothèque du Uoi pendant son séjour dans ce local eut pour objet les manus-
crits provenant de la succession de Catherine de Médicis.
Le cardinal Ridolli, neveu de Léon X, avait possédé une riche bibliothèque,
presque exclusivement composée de manuscrits; après sa moi't, elle fut achetée
[)ar le maréchal Strozzi Celui-ci périt au siège de Thionville en juin i558;
il laissait un fds, à qui Catherine de Médicis, sa parente éloignée, enleva la col-
lection, en donnant pour prétexte que celle-ci provenait de la bibliothèque des
iMédicis et en promettant d'ailleurs de la payer un jour, ce quelle se garda bien
de faire'*'. Catherine mourut ])erdue de dettes; on ne ti'ouva rien chez elle, dit
Brantôme, r rien, pas mesme un seul sol . . . elle estoit endehtée de huit cent mille
rr escus T) A Cette époque, la collection se composait de huit cents volumes en-
viron; Jean-Baptiste Benciveni abbé de Bellebranche, aumônier et bibliothé-
caire de Catherine, les avait apportés du château de Saint-Maur, et les gardait
chez lui rue Plâlrière '^'. Jacques de Pleurs et Barnabe de Ceriziers, maîtres de la
chambre des comptes, chargés de faire l'inventaire de tous les biens meubles laissés
par la reine, dressèrent aussitôt (19 août iSSq) la liste de ces manuscrits, qui
lurent confiés à la garde de l'abbé de Bellebranche. Mais les nombi'eux créanciers
de la reine ne voulaient pas laisser échapper ce gage précieux; ils firent mettre les
scellés sur les manuscrits, et ceux-ci allaient être vendus'*', quand le président
de Thou intervint, déclarant qu'ils devaient faire retour à la couronne. Pierre
Pithou rédigea une déclaration'^', aux termes de laquelle le roi ordonnait rrque
frtous les anciens exemplaires hébreux, grecqs, en latin et en françois, italiens et
ff autres, trouvez entre les meubles de la defîuncte royne, mere des roys ses pre-
Voyez ci-dessous notre notice sur la l)iblio- ninnnscrils après la prise de Constantinopie par
tlièque du collège I>ouis-le-Grand. Mahomet II.
'''' fril paroissoit bien aussy que ce grand capi- rr Du despuis la mort dudictmareschal, la royne
rtaine estoit bien amateur des lettres, car il avoit «mere la retira, aveeque promesse d'en rescompan-
ffune très belle bibliothèque de livres. Je ne diray rrser son fils et la luy payer un jour; mais jamais
ff pas de luy comme le bon rompu le roy Louis XI di- fril n'en a eu un seul sol. Je sçay bien qu'il m'en a dicl
(fsoit d'un prélat de son royaume, qui avoit une rf d'autres fois, en estant mal contant.» (Brantôme .
-très belle librairie et ne la voyoit jamais, qu'il Vies des grands cnpilaines , t. II, p. a^^ig.)
frressembloit un bossu qui avoit une belle grosse Uranlome^Vtesdesdaines illustres, t.l^p.Sb. —
rr bosse sur son dos et ne la voyoit pas. Mais M. le Voyez Debtes et créanciers de la royne mère Catherine
frmareschal visitoit, voyoit et lisoit souvant sa belle de Médicis, documents publiés par l'abbé G. Chc-
fflibrairie; elle estoit venue du cardinal Ridolphe, valier, 1869, in-8°.
ff et acheptée après sa mort , qui estoit un très sçavant Le nom de ce personnage a été fort défiguré :
ff prélat. Elle estoit estimée plus de quinze mille le Parlement l'appelle Benclievinij, Félibien Bene-
rescus pour la rareté des beaux et grands livres momj,L.iAe:GhBencirigni Beneiregnius ,
rqui y estoient. n (Brantôme, Vies des grands capi- et M. B. Hauréau, Bencivennij.
taines, édit. Jannet, t. Il, p. aig.) Histoire de la bibliothèque du Roy, manuscrit
L. Jacob, Traicté des plus belles bibliothèques, de la bibliothèque Sainte-Geneviève,
p. /i.58. — Catherine était fille de Laurent de Mé- Grosley, Vie de P. Pithou, t. I, p. Sa A.
dicis. qui avait, en effet, acheté plusieurs de ces Grosley, ibid.
154 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
te decesseurs . . . . seroient mis és mains du sieur d'Emery, conseiller d'Estat, que
cfle dit seigneur a choisy et nommé pour maistre de sa librairie, qui les prendra
rrpar inventaire, pour demeurer le trésor uny aux meubles de la couronne de
cr France'^'. Ces lettres patentes sont du juin iBg/i; le 17 août suivant, elles
furent enregistrées au Parlement, qui arrêta que «la dicte bibliothèque seroit
rr transportée avec celle du deffunct roy, sans aucune innovation ou dérogation des
«droits et hypoteques des créanciers, lesquels, nonobstant ledict transport, de-
crmeureront en leur force et vertu ^^'.n Malgré cette assurance, les créanciers for-
mèrent opposition. Les choses traînèrent fort en longueur, mais de Thou ne se
décourageait point; en mars 1697, nommer trois commissaires : Pellerin,
Lassilé et François Pithou , qui furent chargés de dresser un autre inventaire et
de faire l'estimation de la collection. Ils déclarèrent qu'elle valait cinq mille quatre
cents écus, ccencores, ajoutaient-ils, qu'elle ne se puisse assez estimer, tant pour
«la rareté et bonté des ditz livres, qui ne se pourroient trouver ailleurs, que pour
cf estre une bonne partie d'iceulz non imprimez et les ditz livres originaux et
frnon copies, dignes d'estre reservez en France pour la postérité, conservation
ffdes bonnes lettres, et pour l'honneur du royaulme, et impossibilité de pouvoir
fccoHiger et assembler à présent une telle bibliothèque pour quelque prix et en
ff quelque pays que ce soit'^ln L'estimation avait donc été fixée surtout en vue de
l'acquisition que méditait le roi. Aussi de nouvelles difficultés surgirent, et, le
k novembre 1698, Henri IV mandait encore à de Thou : :rJe vous ay cy devant
rr escript pour retirer des mains du nepveu du feu S' abbé de Bellebranche la
rr librairie de la feue Roine, mere du Roy mon seigneur; ce que je vous prie et
rr commande encores un coup de faire, si jà ne i'aviés faict, comme estant chose
rrque je désire, affectionne et veulx, affin que rien ne s'en esgare, et que vous la
rr faciès mettre avec la mienne. Adieu '"^'.n Benciveni venait en effet de mourir; le
procureur général en donna avis au Parlement, qui déclara qu'il ne regardait plus
les volumes comme en sûreté, et rendit (sB janvier 1 699) un arrêt ordonnant que.
Félibien, Histoire de Paris, t. II, p. 1289,
et t. V, p. 95.
Félibien, Histoire de Paris, t. II, p. 1289,
et t. V, p. 2 5.
Un extrait de cet inventaire a été publié par
M. Le Roux de Lincy dans le Bulletin du bibliophile,
année i858, p. 926.
Publiés.
rrNous soubzsignez, commis et nommez pour
'Aa prisée et évaluation de la bibliothèque et livres
fr hébreux, arabes, grecs, latins, François et italiens
frqui ont appartenu à la reine mere deffuncte Ca-
rrlherine de Médicis, certifions à tous ceux qu'il ap-
rrpartiendra avoir veu, visité, feuilleté ensemble-
trment, au logis du sieur abbé de Bellebranche, tous
rret ung chascun les volumes, livres, papiers des-
^quelz le catalogue et indice est cy dessus trans-
rr cript , qui sont pour la pluspart grecz , escriptz à la
frmain, antiens, et nous ont estez représentez par
tr ledict sieur abbé, et que tous les dictz livres, vo-
rrlumes, papiers à nous représentez vallent bien,
tf argent contant, cinq mil quatre cens escus. . . .
T Faict ce xx' mars mil cinq cens quatre vingtz dix
Tsept. -n
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds de
Dupuy, n° /107. — Berger de Xivrey, Recueil des
lettres missives de Henri IV, t. V, p. 62. — De Thou,
Historiœ sui temporis, lib. XCIV, p. 887.
BIBLIOTHEQUE DU ROI. 155
crà la conservation des droicts de qui il appartiendra, n la bibliothèque de Cathe-
rine serait déposée au collège de Glermont, mais à part, pour ne pas être confondue
avec celle du roi, et confiée à Gosselin, garde de la librairie, qui s'en chargerait
et sur l'inventaire cy-devant faict'^'.n Pierre Dominique Benciveni, neveu de
l'abbé de Bellebranche, fit encore quelque résistance, et il fallut un nouvel arrêt
pour le déterminer à céder. Le 3o avril, le conseiller Denis de Here, délégué à
cet eflet, se fit représenter tous les volumes provenant de la succession de Cathe-
rine de Médicis''^', et surveilla leur transport au collège de Glermont, où ils furent
installés dans une salle contiguë à celle qui renfermait la bibliothèque du Roi'^'.
Maichelius se trompe quand il avance que crmulti ex illis libris in pulcherrimo
crmaroquino ligati erant^*);Ti ils furent, en effet, reliés magnifiquement, mais un
peu plus tard, et même, dit-on, du produit d'une rente qui appartenait aux Jé-
suites, et que le roi touclia pendant tout le temps que dura leur expulsion A
l'époque de la mort de Catherine, très-peu de volumes étaient reliés. Parmi ceux-
ci, les uns portaient un semis de K et de G entrelacés et couronnés; les autres
montraient sur leurs plats le curieux emblème que la reine avait adopté depuis la
mort de Henri II, une montagne de chaux vive sur laquelle tombent des larmes,
et comme devise ces mots : Ardorem extincta teslantur vivere jlamma. Cet ornement
était, au reste, non pas frappé en or par le relieur, mais peint en miniature, et
placé soit aux coins de la reliure, ainsi qu'on le voit sur un manuscrit de la biblio-
thèque de l'Arsenal, soit au milieu de la couverture, comme le prouve un magni-
fique exemplaire conservé à la bibliothèque du Louvre, dans la collection Motteley.
Les Jésuites ayant obtenu leur rappel en 1606, la bibliothèque du Roi dut
cfDu lundy xxv janvier m.d.xcix. Sur ce que
fie procureur gênerai du roy a remonstre' à la
frcour le decez n'agueres advenu de i abbé de Bel-
(flebranclie, au logis duquel avoit esté mis en dé-
«post la bibliothèque de la feuë royne mere du
trdefl'unct roy, ordonnée par le roy régnant estre
(rniise ès mains de raessire Jacques-Auguste de
rThou , conseiller au Conseil d'Estat et président
rrenladicte cour, non encores exécutées, au moyen
ffde l'opposition des créanciers d'icelle deffuncte
trdanie royne, preleiidans que icelle bibliothèque
ffdoit cstre vendue à leur prollict; requérant, at-
<r tendu que le logis où est de présent icelle biblio-
frtheque est loiié à personnes estranges, n'y seroit
"seurement, qu'il y fust pourveu par la cour. . . .
trA ordonné et ordonne que, à la conservation des
tr droicts de qui il ap[)articndra , ladicte bibliothèque
(Tsera transportée au collège de Glermont, proche
fret séparé la bibliothèque du Roy, et mise en la
▼garde de M. Gosselin, garde de la librairie dudict
tf seigneur, qui s'en chargera sur l'inventaire cy-
ff devant faict, lequel à cette fin sera représenté et
ffi eceu en présence dudict procureur gênerai du
rrroy ou de l'un de ses substituts, le syndic des
(rcréanciers appellé, pour y demeurer jusques à ce
«que lesdicts créanciers oys sur leur dicte opposi-
rtion en soit ordonné. Et pour l'exécution du pre-
ssent arrest a commis maistre Denis de Tiere,
ff conseiller du roy." (Félibien, Histoire de Paris,
t. V, p. 38. Voyez aussi même ouvrage, t. Il,
p. 1252.)
Voyez Inventaire de la bibliothèque de Cathe-
rine de Médicis, fait en iSgg. Bibliothèque impé-
riale, manuscrits, fonds de Baluze, n" loolo^
Leprince, Essai historijue sur la bibliothèque
du Roi , p. 38.
Maichelius , Introductio ad historiam literariam
de prœcipuis bibliothecis , p. i3.
L. Jacob , Traicté des plus belles bibliothèques ,
p. liC)-2.
20.
156 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
abandonner la rue Saint-Jacques. Elle fut transportée dans une salle du cloître
du jrrand couvent des Cordeliers situé sur l'emplacement occupé aujourd'hui
par les cliniques de l'Ecole de médecine, Lestoile, qui visita alors cette collection,
nous dit que l'on y voyait rr force manuscripts de la main de messire Angelot*-'
ff (la première du monde en matière de graecq'^'), et des reliures magnifiques et
cr exquises de toutes sortes, dont y en a beaucoup qui valent mieux que le dedans n
Ce n'était, d'ailleurs, là, aux yeux de Henri IV, qu'une installation provisoire.
Par son ordre, le cardinal du Perron, le duc de Sully, le président de Tbou et un
conseiller du Parlement allèrent, le 28 décembre 1609, visiter les collèges de
Tréguier et de Cambray, qu'il était question de supprimer, tret à la place d'iceux
rr collèges, dit Lestoile, Sa Majesté veut faire édifier un autre plus magnifique,
fcqui sera appellé Collège royal, dans lequel sera mise la biblioteque du Roy^^'.r
Mais la mort de Henri IV vint interrompre tous ces projets.
Un grand nombre de volumes avaient été reliés sous ce règne, et presque tous
en maroquin rouge. Les ornements qui les couvrent sont très-variés. Tantôt les
armes de France et de Navarre, accompagnées d'une H couronnée, figurent des
Piganiol de la Force, Description historique de
Paris , t. m, p. 1/12.
Ange Vergèce.
Voyez ci-dessus, p. 189.
'''' Journal du règne de Henri IV, i 7 octobre 1607.
''^ Lesloile, Journal du règne de Henri IV, 28 dé-
cembre iGog. — Voyez encore : Histoire de la bi-
bliothèque du Roij, niaimsci'it de la bibliolbèqiie
Sainte-Geneviève; — Cl. Malingre, Antiquités de Pa-
ris, p. 363 ; — JLe Mercure françois, année 1 0 1 1 ,
p. ^07; — Piganiol de In Force. Description histo-
rique de Paris, t. V, p. 386.
BIBLIOTHEQUK DU ROI. 157
deux cotés de la couverture; tantôt elles ne se trouvent que sur l'un des plats,
et snr l'autre on lit cette inscription :
\>e dos porte, en généial, des H surmontées d'une couronne :
La même lettre, parfois suivie du nombre IIII, se rencontre assez fréquemment
aux quatre coins de la couvei-ture.
Le relieur du roi sous Henri iV était Nicolas Eve ou (llovis, son lils, (|iii
moururent entre iGio et 1620'''.
Pendunt près ilun siècle, la famille Eve a
brillé dans la reliiiiT et la t\ pograpliie. Clovis I"
l'ut, croit-on, relieur seulement. Nicolas se fil de
plus imprimeur, et sa marque (ypng-rapbique, as-
sez rare d'ailleurs, re|3ri'sente le groupe d Adam
et \t.\c. On suppose que Nicolas mourut vers 1610.
Clovis II, son fils, lui succéda et exerça jusque
vers 1690.
158 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Les l'eliures aux armes de Marie de Médicis portent son chiffre sur le dos et son
blason sur les plats :
on ne le trouve guère, au reste, que sur les ouvrages qui lui furent offerts, et sur
quelques-uns de ceux qui furent reliés pendant les quatre années de sa régence.
Au moment où la bibliothèque du Roi fut transportée rue des Cordeliers, elle
était sous la garde d'isaac Casaubon, désigné, dès 1601, pour remplacer Gos-
BibliotlicqiK! de l'Arsenal, manuscrits in-8°, n° TL, 3i2.
BIBLIOTHEQUE DU ROI. 159
selin, qui mourut presque cenleuaire en 1606. Les dernières années de ce vieux
serviteur, successivement bibliothécaire sous quatre rois, furent abreuvées d'amer-
tumes. H avait fui Paris à l'époque de la Ligue, et, pendant son absence, rr aucuns
crde ceux qui estoient en ceste ville vinrent en son logis, auprès de Sainct
rr Nicolas des Champs, où il avoit laissé sa femme, et ravirent tout son bien,
rr tellement qu'il ne luy demeura rien.:-' Il réclama auprès de Henri IV. Celui-ci
linitpar écouter ses doléances, et ordonna au trésorier de l'épargne de lui payer
seize cent soixante-six écus deux tiers que Gosselin eut encore bien de la peine à
obtenir, si toutefois il les obtint^'-'. Sa mort fut, selon toute apparence, le résultat
d'un accident; il mourut «tout bruslé, dit Scaliger, estant tombé dans son feu,
cret à cause de son âge, estant seul , ne s'est pu relever On soupçonna d'abord
son domestique, mais il fut relâché faute de preuves; voici, au reste, le récit très-
complet que Lestoile donne de cet événement: cr Gosselin, gardien de la librairie
r-du Roy, âgé de près de cent ans, homme de bien et grand mathématicien, fust
" en ce tenqjs trouvé mort dans une chaise près de son feu , tout havi et bruslé et
frdéjà vert, ayant esté aissé seul par son homme, qui gagna tout aussitost le haut
fret s'enfuist, ayant veu ce prodigieux accident, et craignant qu'on ne luy voulust
rr imputer. De fait, son corps, porté au Chastelet, fust visité des chirurgiens, qui
cflui trouvèrent un coupa la teste, mais ne vouloient asseurer que ledit coup fust
rde cheute ou d'elîort qu'on lui eust fait. Ce qui rendist le valet plus soubçonné,
rrestoit qu'il sembloit malaisé qu'un homme de son âge tombé dans le feu se
rrpeust, tout bruslé qu'il estoit, relever et asseoir dans une chaise, comme il
rr avoit fait. A quoi on respondoit que le serviteur, qui avoit toujours esté tenu
rrpour fidèle et esprouvé tel de son maistre, avant que s'en aller le voulust, tout
r-mort possible, l'asseoir dans sa chaise, pour lui rendre ce dernier service. Mais
rrla descharge principale du valet fust qu'on ne trouva faute aucune, ni à son
r- argent, ni à autre chose quelconque qui lui appartinst ii
Après l'assassinat de Henri IV, Casaubon qui était protestant, ne se crut pas
en sûreté à Paris; il gagna l'Angleterre, où il conserva, jusqu'à sa mort, arrivée
en 161/1, ses pensions, ses appointements de trois mille livres^^', et son titre de
Ensuit la copie du mandement par lequel le
Roy mande très expressément à maistre Baltliasar
Gobelin, ihresorivr de l'Espargne , qu'il paye à Jean
Gosselin , garde de la librairie Royale , les gages qui
lui sont deuz et les deniers qu'il a desboursez pour
l'enlrctenement de la dicte librairie. Pièce publiée par
M. Edouard Fournier, Variétés historiques et litté-
raires, t. I, p. 7.
Ensuit une remonstrance touchant la garde de
la librairie du Roy, addressée à toutes personnes qui
ayment les lettres, par Jean Gosselin, garde d'icelle
librairie.
Scaliger ana , ]). 178.
Lestoile, Journal du règne de Henri IV, âo no-
vembre 160/1.
Michel de Marolles, dit rrcincj à six mille
rr livres" :
Casaubon et Rigaiid curent le soin des livres
Sous les deux derniers rois, qui les traitèrent bien ,
Ordonnant a tous deux un honnête entretien,
A chacun tous les ans cinq à six mille livres.
{Paris ou description succincte et néantmoins assez
ample de celle grande ville, ii. 43. )
Marolles exagère cerlainement , et il n'a pas ici
160 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
garde de la bibliothèque du Roi. On voit dans son Journal (|u'il n'avait pas (Micoi-e
quitte'' la France à la fin de septembre iGio, car, le 29 de ce mois, il fit les
honneurs de la bibliothèque au jeune Louis XIII, qui, dit-il, parut examiner
avec un très-vif intérêt les trésors qu'on lui montra
]\icolas Rigault, qui remplit les Ibnctions de garde de la bibliothèque pendant
l'absence de Casaubon, fut nommé à sa place en i6i5. Deux ans après mourut
le président de Thou, et le titre de maître de la librairie échut à son fils François
de Thou, (|ui n'avait encore que neuf ans. La direction absolue de l'établissement
se trouva donc concentrée entre les mains de Rigault.
Le moment était, d'ailleurs, peu favorable. La régente ne se préoccupait guère
de bibliographie, et quant au roi, dépourvu de toute initiative, il comprit bientôt
que, sous ce rapport encore, il devait laisser l'autorité à Ricljelieu.
Le marquis de Brèves, qui avait été pendant vingt-deux ans ambassudeui- à
Gonstantinople, en avait rapporté de beaux manuscrits syriaques, arabes, persans
et turcs, ainsi que d'admirables caractères typograj)hiques pour l'impression de
ces difïérentes langues. Vitré fit l'estimation de toutes ces richesses, et, sur l'ordre
de Richelieu, les acheta au nom du roi*'^^ Mais le cardinal commençait à réunir
pour lui-même une bibliothèque; il ne laissa entrer ni caractères ni manuscrits
dans celle du Roi; il s'empara de tout, et refusa de rien payer Plus tard, après
la prise de la Rochelle, il y ajouta la bibliothèque publicpie de cette ville.
Louis XllI eut cependant l'idée assez étrange de rétablir une bibliothèque royale
à Fontainebleau. Est-ce encore Richelieu qui s'y opposa? on ne sait. Ce qu'il y a
de sûr, c'est cjue le roi se contenta de faire revivie le titre de garde de cette biblio-
thèque. Il fut donné en iG'jy à Abel de Sainte-Marthe qui. le 2 mars, prêta
son excuse ordinaire , car le vers eût été aussi mau-
vais, mais aussi juste, s'il eût dit : rrdeux à trois
f mille livres. 1
ftJussus sum a rege bibliothecam ipsi osten-
ffdere. Vidit optiinus rex illos thesauros, el sibi id
rfgralissinuim esse spectaculnm ostendit.n (Casau-
bon , Epliémérides , iv Icalend. septembris 1610.) —
Lestoile raconte ainsi le même fait : rLe dimancbe
tfag, le Roy alla aux Cordeliers, où, estant entré
f-dans le réfectoire, prist plaisir à voir disner les
rf moines Il alla après voir la bibliothèque, où il
fffut conduit par le père Cotton et Casaubon, qui
ff entrèrent en dispute et conférence ensemble de la re-
rrligion.n {Journal du règne de Henri IV, août 1610.)
L. Jacob , Traiclé des plus belles bihlioth. p. i 80 .
Sur cette affaire, qui donna lieu à de longues
contestations, consulter une brochure anonyme inti-
tulée : Histoire du procès que l'on renouvelle de temps
en temps à Vitré, à cause de l'achat que le roi l'a obligé
de faire des poinçons , des matrices et des manuscrits
turcs, arabes et persans que M. de Brèves avoit ap-
portés du Levant.
fr Aiijourd'huy huitième février mil six cens
ff vingt sept, le Roy estant à Paris, et ayant mis en
ff considération les sei'vices que le sieur de Sainlc-
ff Marthe faisné luy a faits en plusieurs occasions,
ffpour le mérite desquels Sa Majesté luy auroit cy-
ffdevaut fait expédier un bi'evet de conseiller en
ffson Conseil d'Estat; désirant en outre le gratifier
ff et favorablement trailter, et estant pleinement sa-
fftisfait de ses écrits faits pour la grandeur et gloire
ffde son nom, ensemble de sa suflisance et fidélité ,
ffSadite M.ijesté luy a fait don de la charge et oflice
ffde conseiller en son Conseil d'Estat et garde de
ffsa bibliothèque royale de Fontahiebleau , à la-
ff quelle elle auroit joint et affecté la soamie de
ff quinze cens livres de pension; que Sadite Majesté
ffluy auroit cy-devant accordé pour gages dudit
RIHLIOTIIKQUK DU ROI. IGl
scniRMit (Ml celte (jualité'''. Au mois d'août i G/iG, Abcl donna sa démission en faveui'
de son (ils; mais cehii-ci ne voulut pas se contenter d'nne sinécure, et il supplia le
roi de reconstituer la bibliotliè(jne, puisqu'il avait nommé un bibliothécaire; c'est
l'objet d'un mémoire qu'il ])ul)lia en i GhS sous ce titre : Discours nu Roi/ sur le réUi-
hlissemeiil do la bibliollièquc roijalc de Fonlaùiehieau. ce On lireroit, dit-il, un avantafife
rr très considérable du restablissement de cette bibliothèque pour l'insli'uction de
rr Monseigneur le Dauphin pendant son séjour à Fontainebleau. Comme cette ins-
rtruclion est de la dernière importance et pour liiy-mesme et pour l'Estat, et
rr qu'elle demande une infinité de connoissances pour orner et pour enrichir avec
rrplus de succez la seconde teste du monde, il seroit presque impossible que l'on
rrs'acquitast d'un employ si diflicile sans le secours d'une ample bibliothèque,
'•puisque les sciences sont liées les unes aux autres, et que souvent une mesme
'• matière est répandue en plusieurs volumes et traitée diiTeremment par diH'erens
rr auteurs. A cét entretien muet on pourroit faire succéder l'entretien des doctes,
rr qu'une bibliothèque attireroit en cette maison royale, et s'exerçant avec eux
redonner plus d'action à son esprit pour agir avec plus d'elï'et. J'ajoûteray qu'à la
rrveuë de tant de livres et de gens qui s'y attacheroient, ce prince en un âge plus
rr avancé seroit encore invité à la lecture, qu'il seroit à souhaiter qu'il eust moyen
rrà toute lieure de s'y divertir et d'apprendre; et qu'enfin il en sera de mesme de
rr Messeigneurs les enfans de France qui ponri ont naître à l'avenir, n Nous avons
dit que ce galimatias obtint tout le succès qu'il méritait : la bibliothèque de Fon-
tainebleau ne fut point rétablie, et Abel (II) de Sainle-Mai'the, mort en 170G,
n'eut point de successeur,
La bibliothèque du Roi ne s'enricliit guère, sous Louis XIII, que des manuscrits
de Philippe Hurault, évèque de Chartres. Il les tenait de son père, le chancelier
de Chivei'ny, qui lui-même les avait reçus de Jean Hurault, seigneur de Boistaillé,
conseille!' d'Etat et ambassadeur à Constantinople sous Charles IX. Cette collection
se composait de quatre cent dix-huit volumes, dont cent cinquante en langue
grecque. Pierre Dupuy et deux experts désignés par les héritiers en firent l'esti-
rrortice de garde de la ljil)liotlic(jiie, pour en eslre
ffpayé sur les deniers tanl ordinaires quextraordi-
rrnaires de son espargiie, voulant pour cet eiïel
irque toutes lettres nécessaires luy en soient expe-
Tdiées, et cependant le présent brevet qu'elle a
"Voulu signer de sa main, et fait contresigner par
rmoy conseiller en son Conseil d'Estat et secre-
ff taire de ses commandemens et finances. Signé
ffl^ouis, et plus bas Le Heauclerc."
Brevet d'Abel de Sainle-Marthe de la cliavffe de
Garde de la Bibliothèque roi/ale de Vonlainehleau ;
dans A. de Sainte-Marllio, Discours au Roy sur le
11.
rèlahlisscmcnt de la bibliotliciiuc royale de Fontaine-
bleau, preuves, p. 19.
rr Aujourd'buy deuxième jour de mars mil six
rrcens vingt sept, M. Abel de Sainte-Marthe a fait
rret presté le serment qu'il estoit tenu de Testât et
rrolHce de garde de la bibliothèque royale de Fon-
rrtaiuebleau , e's mains de Monseigneur de Mariilac,
rrgarde des sceaux de France, moy conseiller se-
rrcretaire de Sa Majesté et de ses finances pre-
rrsent. Signé Le Coq." {Discours au Boy sur le réta-
blissement de la bibliothèque royale de Fontainebleau ,
preuves, p. 91.)
2 1
102 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
rnatioii (1622), et fixèrent le prix à douze mille livres Presque tous porlaient
sur les plats les aruies de la famille de Hurault :
{[()[■ à la croix d'azur, cantonnée de quatre ombres de soleil de <|ueules. L'on
trouve, en outre, au commencement de plusieurs d'entre eux, le nom de leur
premier possesseur et des renseignements écrits de sa main sur l'origine du ma-
nuscrit et même sur le prix qu'il l'avait payé.
La même année, la bibliothèque du Roi changea encore une fois de hxal. Les
Cordeliers, qui tenaient à en débarrasser leur cloître, offrirent au roi de la faire
transporter rue de la Harpe, au-dessus de l'église Saint-Côme, dans une nuiison
qui leur appartenait, et dont, au reste, ils exigèrent un loyer. Deux des anciens
plans de Paris indiquent cette maison et mentionnent la destination qui venait de
lui èire donnée : celui de Gomboust, dressé en i652,
L. Jacob, Traicté des plus belles hihliothcques
publiques et particulières , p. 465, — Voyez encore
à la Bibliollièque impériale : Procès-verbal de Ni-
colas Rigault et Pierre Dnpmj, portant ('caluatiou
des livres, etc. fonds îles cinq cents Colbert. mi-
uiéro 5/1.
BIRLIOTHÈOUH DU ROI.
(M celui (le .loiiviii de Roclieforl, qui fut dressé vers t6go;
1G3
il y avait cependant alors près de quaranle ans que la bibliotlièque du lloi avait
abandonné la maison de la rue de la Harpe. Les livres y furent placés dans la
longue galerie que reproduisent les deux plans; à son extrémité était une petite
salle destinée aux niaïuiscrits '^l Un peu plus tard, la bibliothèque agrandie occu])a
le premiei- et le second étage; de là les noms de rr haute et basse librairies n qui se
rencontrent dans quelques actes de cette époque. Nicolas Rigault obtint, près de
la bibliothèque, un logement qu'il conserva jusqu'en i635; il fut alors nommé
conseiller au parlement de Metz, et les deux frères Pierre et Jacques Dupuy
devinrent gardes de la bibliothèque Enfin François de Thou, ayant été déca-
pité en iG^a, fut remplacé par le savant Jérôme Bignon t-^'. La bibliothèc|ue du
Hoi ne renfermait encore à cette époque que six mille volumes
On se plaignait depuis longtemps de l'imperfection des catalogues. Isaac Ca-
saubon, trois ans, il est vrai, avant d'être nommé bibliothécaire, s'exprimait ainsi
au sujet du catalogue alors en usage : rr Video multos libros in album illud non
rresse relatos, neque est quicquam eo catalogo ineptius Casaubon ne paraît
cependant pas s'être occupé de remédier au désordre qu'il signalait si énergique-
ment. Cette tache échut à Nicolas Rigault.
Avant de quitter la bibliothèque, il termina avec l'aide de Sanmaise, de Hau-
tain et de Piene Dupuy, un catalogue complet de la collection. Ce travail, con-
servé encore aujourd'hui à la Bibliothèque impériale'*'', forme deux volumes petit
Histoire de la hihlioûque du Roy, manuscrit
de la bibliothèque Sainte-fienoviève.
D. Huet, Commentarius de rébus ad eumperti-
nentibus, lib. I , p. 06.
Taisand, Vies des Jurisconsultes, p. 71. —
Maichelius, Iniroduclio ad liistoriam lilerarium de
prœcipuis bihliothecis , p. \h.
'''' Mémoires sur quel'iues bihliothkpes de Paris ,
rassemblés par le P. Léonard de Sainte-Catherine.
liibliotlièque impériale, manuscrils, fonds français,
n° 9269-1! (ancien fonds des Petits l'ères, n" lyj.
J. Casaubon. Epistol'C, t. I", p. i3o.
Fonds latin, n"' io3G'i et io3()5.
21 .
ICâ LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS,
in-folio, reliés en maroquin rouge, aux ai mes de Louis Xlil ;
il n poui' titre :
GATALOGUS
HIBLIOTHECAE
REGIS GHRISTIANISS.
DESCRIPTUS ANÎNO CIL) IDC XXII.
On lit au-dessous :
Pars I. Gonliiiet iibros manuscriptos Hebraïcos, Graecos, Arabicos t'I vcliistiofes Laliuos.
I'ars II. Continet ii])ros manuscriplos Lalinos iccontiores.
Pars III. Continet Iibros manuscriptos Gallicos, Ital. Hisp.
Pars IllI. Conlinet libres impressos lypis antiquis lîcbraïcos, Giaecos, Lalinos.
I^ARs V. Conlinet Iibros impressos lypis antiquis Gallicos, Ital.
Le catalogue des livres d'impression moderne forme trois autres xoliiiiies in-
folio , intitulés :
CATALOGLlS
LIBRORUM
TYPIS IMPRESSORUM
B1RL10TI1EC.\E REGIAE.
Ils sont conservés également à la Bibliothèque impériale, mais parmi les im-
primés.
BIBLIOTHÈQUE DU ROI. 165
En tète de chacun de ces cinq volumes se trouve l'inscription suivante, qui est
imprimée sur une feuille double, et collée sur onglet :
LVDOVICVS-REXCHRISTIANISS.
PIVS- FELIX -SEMPER-AVG.
INTER • GRAVES • BELLI • CI VILIS C VRAS
SCRIPTORVM-VETERVM-BIBLIOTECAM
AB -LVDOVICO • Xïl • FRANCISCO • i
HENRICO-II-CAROLOIX
HENRICO • MAGNO • CONGESTAM
INSTAVRAVIT
ATQ- AD • VSVS • P VBLICOS
SEDE- COMMOUISSIMA • CONLOCATAM
CODICIB-EXQVISITISSIMIS-COMPLVRIB
AMPLIFICARI
REGIA- MVNIFICENTI A • I VSSIT
On se tromperait étrangement si, aux termes de cette inscription, on croyait
(jue la bibliothèque du Roi fut publique dès 1622. Le projet de publicité existait
sans doute déjà, mais il ne reçut son exécution que beaucoup plus tard. Vingt
ans api'ès, dans une lettre datée de Paris, 22 août i6/i3, H. Grotius s'engageait
encore à employer tout son crédit pour faire pénétrer Isaac Vossius dans cette
bibliothèque ^'^
Mais ce fut, croyons-nous, vers cette époque que l'on commença à marquer
d'une estampille les livres de la bibliothèque. Le premier modèle enq)loyé laisse,
au reste, foi't à désirer sous le rapport de l'exécution :
on
(|ui, probablement, lui succéda.
Pnestantium ac eiudilorum virorum epistoice, epist. dlxxxviii , p. 826.
IGG
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES Dl^ PARIS.
II.
De nouveaux mouvements eurent lieu clans le personnel durant les premières
années du règne de Louis XIV. Bignon obtint, en i G5 1 , la survivance de sa charge
en faveur de son fds, nommé Jérôme comme lui. En i6/i5, Rigault avait traité
de la sienne avec les frères Dupuy; mais, Pierre Dupuy étant mort au mois de
décembre i65i, son frère Jacques resta seul en possession de la place cju'ils oc-
cupaient ensemble, aux appointements de quatre cents livres par an Lui-même
mourut le 17 novembre i656, et légua au roi la riche bibliothèque qu'il avait
rassemblée, et qui se composait de neuf mille volumes imprimés et d'environ
trois cents manuscrits il suppliait en même temps Louis XIV de vouloir bien
donner une cliarge militaire à son neveu, seul héritier du nom de Dupuy. Le roi,
par lettres patentes enregistrées au Parlement le 7 avril i6h^'^^\ accepta ce legs'*'.
MM. Talon, Fouquet et Bignon se rendirent au domicile de Dupuy et chargèrent
L. Jacob, Traiclé des plus belles bibliothèques
publiques et parltculières , p. Aya.
Nouvelle biographie générale, t. XV, p. 877.
— Leprince, Essai historique sur la bibliothèque du
Iloi, p. 167. — Jourdain, Mémoire histori'iue sur la
bibliothèque du Boy, p. \.\iv, dit deux cents manus-
crits seulement, et Petit-Radel, Essai sur les bi-
bliothèques anciennes et modernes, p. 2A5, donne le
chiffre de deux cent vingt-trois.
aVeu par la cour les lettres patentes du roy
''données à Paris le 20 mars dernier, par lesquelles
ff ledit seigneur, après avoir fait voir en son conseil
"le testament de feu son amé et féal conseiller en
'fses conseils Jacques du Puy, vivant garde de la
rt bibliothèque dudit seigneur roy, attaché soubs
rfle contre scel desdites lettres, auroit agréé et con-
rrlirmé ledit testament, et accepté le legs fait à son
"prolit par iceluy; et en conséquence, conforme-
'rment aux clauses et conditions y contenues, veult
'■et luy plaist que la bibliothèque, ensemble les
rf manuscrits et autres livres, cartes et tableaux à
rrluy léguez par ledit feu sieur du Puy, soient et
cf demeurent unis inséparablement à sa bibliothèque
'rpour n'en composer à l advenir qu'une seule, qui
ff demeurera soubs la garde de son amé et féal con-
rrseiller en ses conseils, le sieur Colbert, prieur de
ffla maison de Sorbonne, auquel et à ses succes-
'fseurs en ladite charge il deffend le transport
rr desdits livres hors du lieu destiné pour leur con-
r-servation, enjoinct à ses améset féaux conseillers,
ffses advocats et procureur gênerai, et maislre de
ffsa bibliothèque, et à leurs successeurs, delà visiter
rrdeux fois l'année, et de tenir la main à la con-
rrservation d icelle, conformément à l'intention du-
ffdit sieur du Puy. Ladite cour a ordonné et or-
rr donne que lesdites lettres seront registrées au
rr greffe d'icelle pour être exécutées selon leur forme
ff et teneur, n
Les catalogues de cette cullection sont très-
nombreux; nous citerons seulement : Inventaire des
titres et chartes de M. Dupuy, 2 vol. iti-folio, Biblio-
thèque impériale, uianuscrits, fonds français,
n" i3ooi et 1 3oo5 ; — Catalogue des manuscrits de
la bibliothèque de du Puy, 2 vol. in-folio. Bibliothè-
que impériale , manuscrits, fonds français, ti" 2/1/182
et 2/i/i83 (ancien fonds des Missions , n" 2o5); —
Inventaire général des volumes manuscrits de M. du
Puy, 2 vol. in-folio, Bibliothè(jue impériale, ma-
nuscrits, fonds français, n" 23/126 et 28/127 (an-
cien fonds de Mortemart, n°' 69' et Sg"); — Inven-
taire des manuscrits faisant partie de la collection
rassemblée par Pierre du Puy, 2 vol. in-folio, biblio-
thèque Mazarine , manuscrits . n° 1 8 1 1 E.-F ; — Ca-
talogue des manuscrits de M. du Puy, 3 vol. in-foli.i,
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds fi'ançais,
22677 à 22679 (ancien fonds de la Sorbonne,
11°' 1 1 26 à 1 1 28) ; — Table alphabétique des manus-
crits de MM. du Puy, 1 vol. in-folio. Bibliothèque
impériale, manuscrits (ancien fonds des catalogues,
n° 220). Dans tous ces inventaires figure le précieux
recueil de pièces historiques dont nous parlerons
plus loin.
I5IBLI0TIIÈQUE DU UOI. 167
iiii siil)sliliil du procureur nriKM'al de faire riuvcutaii'c de la l)il)li()lli(k|ue , opéra-
lion rendue lacile par l'exisleiice d'un catalogue que Jacques avait drcssi' lui-
inèine. Ce travail ne lut ce|)endant achevé que le i"' octobre, et les livres furent
alors délivrés à Nicolas Colbert, ([ui avait remplacé l)uj)uy couinie garde de la
bibli()t!iè(|ue du Roi. Les volumes provenant de cette collection sont faciles à recon-
naître; ils portent en général sur les plats les armes de leur premier maître,
et sur le dos. entre chaque nerf de la l'eliure, figurent deux A entrelacés :
En outre, la signature de Dupuy se trouve très-fréquemment sur la première
page des manuscrits'".
' Feu d ërudits ont laissé un nom plus univei-
sellenienteslinié que lesdeux frères Dupuy. fqunrum
trcerte iiomen vera laus est," dit Huet. Leur père.
Claude Dupuy, jurisconsulte distingué, élève de
Tiirnèhe et de Cujas, était parent de l'illustre de
Thon. Comme lui hildiopliile . il avait réuni un
certain nombre de manuscrits anciens qu'il légua à
ses deux fils , Pierre et Jacques.
Ceux-ci eurent presque en tout des destinées
communes. Tous deux donnèrent leurs soins à l'ad-
mirable collection du président de Thoii ; Ions deux
furent gardes de la bibliothèque du Roi: tous deux
168 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Le grand Golbert, en faisant donner la place de garde à son frère, entendait
avoir bientôt un pouvoir absolu à la bibliothèque du Roi , et son infatigable génie
rêvait déjà pour elle des destinées que le temps s'est chargé d'accomplir. En effet,
Nicolas Golbert fut nommé évêque de Luçon en 1661, et son frère, déjà surin-
tendant des bâtiments du roi, eut, sans titre officiel, la direction de la biblio-
thèque, qui ne possédait encore que 16,766 volumes
Sous l'énergique impulsion donnée par Golbert, elle prit un rapide accroisse-
ment. Nous allons voir les dons et les achats se succéder sans interruption.
En i663, Hippolyte, comte de Béthune, chevalier d'honneur de Marie-Thé-
rèse, offrit au roi la riche bibhothèque que son père, Philippe de Béthune, frère
du fameux duc de Sully, avait réunie au prix des plus grands sacrifices pécu-
jiiaires, pendant plusieurs armées de missions diplomatiques dans toute l'Europe*-^'.
eurent poiu- les livres une véritable passion, et
composèrent le plus riche recueil de pièces histo-
riques qui ait jamais existé.
Quand de Thou sentit la mort approcher, il
songea à assurer l'avenir de la riche bibliothèque
qu'il avait réunie avec tant de sollicitude. Il tenait
à ce qu'elle ne fût ni vendue ni dispersée, et vou-
lait qu'un homme instruit et sûr se chargeât de la
surveiller jusqu'au jour où elle pourrait être remise
entre les mains de ses enfants. Personne n'était
plus digne et plus capable de remplir cette tâche
que Pierre Dupuy : rr [ Ejus bibliolheca'] , dit de Thou
tfdans son testament, custodiam Petro Puteano, co-
rrgnato ineo, et multis nominibus mihi caro, donec
fflilii adolescant, committo...') Ces volontés furent
ponctuellement observées; Pierre Dupuy continua
d'administrer la collection du pr-ésident, tandis que
sou frère en dressait le catalogue.
Ils formèrent en même lemps une belle biblio-
thèque destinée à leur propre usage , et pour laquelle
ils dépensèrent jusqu'à vingt mille écus. Ajoutons
qu'ils communiquaient volontiers les richesses bi-
bliographiques qu'ils avaient ainsi acquises , et qu'ils
étaient liés avec tous les savants de leur époque ;
ce fut Pierre Dupuy qui mit Naudé en relations avec
le cardinal Bagni. Ils ne vinrent habiter la biblio-
thèque du Roi que vers i6/i5, et ils y installèrent
alors leurs livres. Tous deux tinrent à honneur de
|)erpétuer les savantes conférences dont de Thou
avait pris l'initiative, et qui avaient lieu tous les
jours à la bibliothèque.
Pierre Dupuy, en mourant (iZi décembre i65i),
légua une partie de ses manuscrits au (ils du pré-
sident de Thou. Jacques Dupuy mourut cinq ans
après, le 17 novembre i656.
On peut consulter sur l'histoire de cette biblio-
thèque : Huet, Commentariius de rehus ad eiiin perti-
neiitibus, lili. I, p. C5; — Lestoile, Journal de
Henri IV, \" octobre iSgi; — Scévole de Sainte-
Marthe , Gallorum doctrhia illustrium qui noslrn me-
moria Jloruere elogia, lib. IV, p. lao; — Leprince,
Essai historique sur la bibliothèque du Pioi, p. i56;
— L. Jacob, Traicté des plus belles bibliothèques ,
p. 558; — Illustrissiini viri J.-A. Thuaiii testamen-
tum, à la suite des Commentarii de vita sua, p. ici ;
— Naudé, Bibliographie politique , traduct. de Ch.
Challine, p. 6; — Mich. de Marolles, Mémoires,
t. Il, p. â 18; — Taisand, Vies des Jurisconsultes ,
p. 788; — Vigneul-Marville, Mélanges d'histoire
et de Ulléralure , t. II, p. 219; — Struvius, Intro-
ductio ad notitiam rei litterariœ, p. ^97 ; — Nie.
Rigault, Vita Pétri Putcani.
Leprince , Essai historique sur la bibliothèque
du Ptoi , p. /iG.
Philippe de Béthune, comte de Selles et de
Charost, remplit sous Henri IV et sous Louis XIII
de nombreuses missions diplomatiques. Envoyé
successivement en Italie, en Savoie, en Ecosse et
en Allemagne, il put se livrer à sa passion pour les
documents historiques, et recueillit toutes les lettres
et toutes les pièces authentiques qu'il put se pro-
curer. Il y ajouta, dans la suite, des tableaux, des
statues, des antiquités de tous les genres; et, en
i652 , Christine de Suède offrit cent mille écus de
la collection complète. Loret le constate en ces ter-
mes dans sa Ga:,elle du 1 0 mars :
L'iilusire reine de Suéde,
Qui, comme cLaciiri sçait, possède
Un esprit haut et généreux,
Des belles-leltres amoureux,
Ayant api-is, des fois plus d'une,
BIBLIOTHÈQUE DU HOI.
169
La collection, dont Christine de Suède avait oU'ert cent mille écus, renfermait
alors mille neuf cent vinjjt- trois manuscrits modernes, fcdes tableaux originaux,
fret crayons aussy des plus excellens peintres d'Italie et de France, antiens et
rr modernes, et des statues et bustes de marbre et de bronze antiques n Cette
donation fut accept/'e par lettres patentes du 21 décembre i663^'''; les ouvrages
Que le sieur comte de Béthune
Dans son cabinet de Paris
Avoit d'excellents matiuscrits,
Comme aussi pluzicurs antiquailles,
Sçavoir : quantité de médailles.
Reliefs, portraits, crayons, tableaux.
Des plus rares et des plus beaux,
A fait proposer audit comte
Une somme d'or qui se monte.
Tant en justes qu'en quart-d'écus ,
Justement à cent mille écus.
S'il vouloit vendre sa boutique
A cette reine magnifique.
Hippolyte de Bélhune, qui avait hérité des goûts
de son père , refusa cette offre et travailla à aug-
menter sa précieuse collection. Il ne se borna pas
à rassembler les manuscrits relatifs à la politique
et à l'histoire; il forma une bibliothèque complète,
où étaient richement représentées la théologie, la
jurisprudence, la philosophie, les sciences et les
belles-lettres. Michel de Marolles, qui s'était in-
téressé à la formation de ce cabinet, s'exprime
ainsi dans ses mauvais vers sur les bibliothèques de
Paris :
Les recueils à la main du comte de Béthune
Où je pourrois encore prendre quelqu'interet ,
Pour l'avoir augmentée en manière de prêt,
Dont la commodité seconda sa fortuoe.
On peut consulter sur l'histoire de cette biblio-
thèque : Michel de Marolles, Paris ou description
succincte et néantmoins assez, ample de cette grande
ville; — Loret, La Muze historique , n" du lo mars
1 65 2 ; — J.-F. Jugler, Bibliotheca historiœ litlcrariœ
selecta, t. I, p. 216; — Leprince, Essai historique
sur la bibliothèque du Roi, p. 161; — Moréri, Grand
dictionnaire historique, article Béthune; — Mich.
de Marolles, Mémoires, t. III, p. 289; — Catalogue
des lettres originales contenues dans les manuscrits de
Bélhune, 2 vol. in-folio. Bibliothèque impériale,
manuscrits (ancien fonds des catalogues).
Lettres patentes du 21 décembre i663. Bi-
bliothèque impériale , manuscrits, fonds des 5 00
Colbert, n° 54 , feuillets 822 et 828.
rr Louis, par la grâce de Dieu roy de France
fret de Navarre, à tous présens et à venir, salut.
«La mémoire des recommandables services qu'a
ff rendus à la France, sous les règnes des roys
Henry 3 , Henry A surnommé le Grand , et Louis 1 3
ff nostre très honoré seigneur et père, le feu s' comte
ffde Bélhune de Néelles et de Charosts, chevalier
rrde nos Ordres, gouverneur de la persoime de
i-f notre très cher et très amé oncle le duc d'Orléans ,
«second fils du roy Henry le Grand, premier gen-
fftilhomme de sa chambre, et surintendant de sa
rr maison, et lieutenant de sa compagnie des gens
rr d'armes, lieutenant du roy en Bretagne, chef du
rr conseil des despesches estrangères , et plus antien
rrconseiller d'Estat, l'ayant esté 56 ans; lesquels
rrservices ont signalé son zèle, sa prudence et sa
rr capacité, tant par ses diverses andjassades ordi-
r naires et extraordinaires à Bome , Venise et Savoye ,
rren Alemagne, Angleterre et Escosse, et autres
rives grands emplois dont il a esté honoré, notam-
rrment celuy qu'il eut dans le royaume, d'une si
rr particulière confiance, par l'envoy vers la reine
rr Marie de Médicis nostre grand mère, s' estant re-
rr tirée de Blois à Angoulesme en l'année 1619, les-
rrquels l'ont occupé presque toute sa vie, ne nous
ffdoit pas moins estre agréable que ses laborieux et
rr utiles seings, que marque le reciieil de très grand
rr nombre de manuscrits originaux qu'il a laissez ,
r- montant à 2000 volumes et plus, et que nosire
^-aiué et féal chevalier de nos ordres et chevalier
"d'honneur de la reine nostre très chère espouse et
rr compagne , le sieur comte de Béthune son fils aisné .
rrnous a supplié vouloir accepter. Gomme c'est une
f recherche et un travail de 70 années, bien avancé
rrpar le père, amplifié et achevé par le fils, et que
rrla dignité et la rareté des matières dont il est
rrremply a donné subject aux princes estrangers
rrde luy en faire proposer le transport hors le
rr royaume, avec des avantages qu'un autre moins
•rzelé et fidèle que luy eust peu n'en estre pas seu-
"leinent tenté, mais les eust volontiers acceptez, il
^a creu aussy qu'un ouvrage de cette nature et de
rr cette importance devoit estre conservé en son en-
rrtier, et que, pour empescher qu'après sa mort il
rrne fust divisé par ses héritiers en autant de por-
rr tiens qu'il y aura de testes au partage desdits
n.
2'2
170 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
imprimés furent intercalés avec ceux de la bibliothèque du Roi, et les manuscrits
formèrent un fonds spécial , encore désigné il y a quelques années sous le nom de
Fonds de Béth itne. La plupart des volumes qui en font partie sont luxueusement i-eliés
en niaroquin l'ouge et portent sur les plats les armes de la famille de Bétbune,
el sur le dos un double P surmonté d une couronne de comte :
A la même époque, on acbetait, par les soins de Colberl, l'incomparable re-
cueil connu sous le nom de Manuscrits de Brienne ; son histoire, encore assez obs-
cure, doit ti'ouver place ici. Il semble ressortir des opinions souvent contradic-
toires qui ont été émises à cet égard, que quatre personnes ont concouru à la
"biens, ces manuscrits devoyent estre unys el incor- "grâce iGC3, et de nostre règne le 9 1. Signé Louis,
rrporez aux autres pièces rares de nostre Courone. . . fret sur le reply par le Roy : de Guénegaud, et scelle's
ff Uonud à Paris , au mois de décembre, Tau de rrsur Incqs de soye du grand sceau de cire verte. s
BIBLIOTHEQUE DU ROI. 171
ci-éalioii de ce recueil. Nicolas Lefèvre, précepteui- de Louis XIII, avait rassemble
plusieurs manuscrits cm-ieux, qu'il lé<]ua au président de Tliou Celui-ci les
|)rêta à Pierre Dupuy, et les lui abandonna quand il mourut'-'. D'un autre côté,
Pierre Pitliou avait commencé un recueil de traités et de pièces rares relatifs à notre
histoire (3'. Ce travail fui, après lui, transmis à Dupuy, qui le continua. Enfin
plusieurs manuscrits peu connus, appartenant à Peiresc, augmentèrent encoie
cette collection qu'Antoine de Loménie allait rendre sans rivale. Ce ministre
avait réuni un nombre immense de documents originaux rares ou uniques; il les
confia à Dupuy, afin qu'il les nn't en ordre. Celui-ci en fit faire sous ses yeux une
copie par un sieur Vallier; M. de Loménie s'en contenta et laissa les originaux à
Dupuy*''. Ces deux recueils eurent cliacun une fortune dilTérente. Pierre Dupuy,
en mourant, légua tous ses manuscrits au président de Thou(°'; les originaux des
pièces historiques en faisaient partie. Ils furent donc achetés en 1G80 par M. de
Ménars, avec la bibliothèque de de Thou'^'. Ils passèrent de là entre les mains du
procureur général Joly de Fleuryt''^ qui, en 176^, les céda au roi, avec les ma-
nuscrits que hii-meme avait rassemblés (^'. Quant à la copie faite sous les yeux de
Dupuy, elle fut reliée par Le Gascon en trois cent cinquante-huit volumes, et
Antoine de Loménie la donna à Henri Auguste, son fils, qui, dès 161 5, avait la
survivance de la charge de secrétaire d'État. Richelieu lui acheta, moyennant qua-
rante mille livres''"', tous ces manuscrhs pour le roi; ils entrèrent ensuite, on ne
sait comment, dans la bibliothèque de Mazarin. Après l'arrêt de vente de cette
bibliothèque, le 29 décembre 1 65 1'"', le roi écrivit au procureur général Fouquet
pour ordonner que ces manuscrits fussent déposés chez le comte de Brienne, à
qui il les confiait. Le procureur général les garda en dépôt et en fit faire l'inven-
taire par Denis Godefroy. Mazarin, revenu au pouvoir, les reprit à Fouquet; et,
quand le cardinal fut mort, Colbert, nous venons de le voir, les restitua à la
bibliothèque du Roi.
Cet établissement s'enrichit encore, en 1 G6-j , de la collection de Raphaël Trichet
du Fresne''-', qui, successivement bibliothécaire de Gaston d'Orléans et de Cliris-
'' Scëvole de Sainte-Marthe, Galloruin doclrina
illustriuni qui iioslra motitoria floniere elogia, lib. V,
p. i6i .
Leprince, Essai liislorigue sur la hibliollwquc
du Roi, p. i5g.
J. Boivin , Vila Pétri Puleaiii , p. 9 2 . — Dissert,
historique touchant la bibliotli. de P. Pitliou, p. 76.
^' Leprince, Essai historique sur la bibliolhèi/ue
du Roi, p. 1 Go.
Dissertation historique touchant la bibliothèque
de P. Pithou, p. 78.
Micli. de Marolies, Mémoires, t. II, p. aiq.
— \oyez Catalogue des manuscrits que P. Dupuy a
légués au président de Thou. Bibliothèque Mazarine.
manuscrits, n° SaoS.
Lemaire, Paris ancien et nouveau, l. III,
|). 988. — Vigneul-Marviile, Mélanges d'histoire et
de littérature , 1. 1, p. 97.
W Mich. de Marolies, Mémoires, t. H, p. 218.
I^eprince, Essai historique sur la bibliothèque
du Roi, p. 1 67.
Nie. Bigault, Pétri Putcani cita, p. 59.
Voyez plus loin notre notice sur celte biblio-
thèque.
J.-F. Juglei', Ribliotheca historiée litterariœ
selecta, p. 2 1 ^i.
aa .
172 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
tine de Suède avait parcouru l'Europe pour réunir des livres curieux. Sa biblio-
thèque particulière était composée d'environ douze cents volumes, qui allaient
être vendus par sa veuve quand Colbert les fit acheter pour le roi''^'.
Colbert, bibliophile passionné, se formait dans le même temps une bibliothèque
qui bientôt égala presque celle du roi. Le soin en était confié à un bibliographe
très-instruit, M. de Carcavi, qui avait abandonné une charge de conseiller au
grand conseil pour se livrer exclusivement à la recherche des ouvrages précieux.
Colbert, voulant récompenser son zèle, le nomoia, en i663, commis à la biblio-
thèque du Roi. Depuis le départ de Nicolas Colbert, le service avait été lait par
l'historien Antoine Varillas, qui, ami des deux frères Dupuy, leur avait été donné
comme adjoint
Mais des modifications plus importantes se préparaient. Les nouvelles acqui-
sitions dont la bibliothèque venait de s'enrichir l'avaient tellement augmentée,
que le local de la rue de la Harpe ne pouvait plus lui suffire. Colbert, qui tenait
à l'avoir sans cesse sous les yeux, la fit, en i 666, transporter rue Vivienne, dans
une vaste demeure dont il était propriétaire, et qui se trouvait presque contiguë
à son propre hôtel
C'est de cette même année 1666 que date l'installation à la bibliothèque de
D. Huet, CoDunenUirius de rehua nd cnm per-
linentibvs, lib. Il , p. i 1 1.
Le catalogue avait même déjà été publié : Cn-
Inlogus lihrorum hihliolheae Raphaelis Tricheti dit
Fresne, Parisius, apud viduam et hœredes, ruë du
Mail, 1669, in-h'. En tête est un joli portrait de
Tricliel.
' J.-F. Jugler, Bibliolheca histonœ liUeraviœ
■selecla, t. I, p. 21/1.
Congédié en i()63, Varillas, qui avait tou-
jours eu un logement à la bibliothèque, ne voulut
pas s'en éloigner; il se retira dans la communauté
de Saint-Gôme, avec une pension de 1,200 livres
que le roi lui accorda.
Voyez G. Brice, Nonvelle dcscviplioii de Paris ,
t. I, p. .3iù; — Félibien, Histoire de la ville de
Paris, t. 11,. p. lAcjS; — \)\.\d\ef>tte , Becherches sur
une ancienne galerie du palais M azarin, e^c. p. 3; —
et le plan de Lacaille dont nous donnons un frag-
ment en fac-similc.
RIRLIOTIIKQUE DU ROI. 173
deux spécialités qui y forment aujourd'liui des départements importants, celui des
médailles et celui des estampes. Rappelons en quelques mots leur origine.
François I" est le premier de nos rois qui ait eu l'idée de réunir des médailles;
il en fit déposer près de deux cents au garde-meubles, oii elles étaient conservées,
dit le P. Dumolinet, dans un coffret de vermeil refait en manière de livre ^'V^
d'autres étaient enchâssées dans des coupes, dans des salières, dans des aiguières,
dans des plats d'argent ciselé. Henri II ajouta à ce premier fonds une assez belle
collection provenant des grands-ducs de Toscane, et que Gatlierinc de Médicis,
sa femme, avait apportée d'Italie. On réunit cette collection à celle de François l*^"",
et toutes deux furent placées à la bibliothèque du Roi, alors au château de Fon-
tainebleau. Charles IX enrichit ce cabinet par l'achat de celui qu'avait formé à Lyon
le célèbre bibliophile Grolier'^'; en même temps il enleva toutes les médailles de
Fontainebleau, les fit transporter au Louvre dans un local spécial, et créa une
place de amaistre des cabinets, médailles et antiquités de Sa Majesté. -i Antoine
Rascas de Bagarris, gentilhomme provençal, en fut, croit-on, pourvu d'abord .
Henri IV lui acheta les médailles qu'il avait rassemblées, et l'autorisa à acquérir tout
ce qui lui serait présenté dans ce genre. Bagarris a raconté lui-même les entretiens
pleins d'intérêt qu'il eut à ce sujet avec le roi^'*'. Il fut moins heureux auprès de
l'indolent Louis XIII et se retira. Sa place resta vacante pendant trente-trois ans,
et fut donnée, vers 16/1/1, à un conseiller d'état nommé Jean de Chaumont
En 1657, Gaston d'Orléans légua au roi le riche cabinet de médailles qu'il pos-
sédait à Blois, et l'abbé Bruneau, son bibliothécaire, fut nommé intendant du ca-
binet du Louvre, en remplacement de Ghaumont. Mais, Bruneau ayant été, deux
ans après, assassiné dans le Louvre même par un voleur, on craignit pour le dépôt
qui lui était confié; le roi réunit alors, sur la tête de Nicolas Golbert, la charge
d'intendant des médailles à celle de garde de la bibliothèque, et, en 1 667, la col-
lection fut transportée rue Vivienne, dans les bâtiments de la bibliothèque'''', où
Garcavi se chargea de les classer.
Golbert, pour augmenter ce précieux dépôt, envoya des savants à l'étranger,
avec ordre de rechercher des monnaies et des médailles. M. Vaillant parcourut
Voyez le Mercure de France, n° de mai 1719,
p. iG.
J.-\. de Tliou, Historiarum stii leuiporis lib.
.xxxvni, p. 106. — Une histoire manuscrite dn
Cabinet des médailles du Roy, qui appartient à la
bibliothèque Sainte-Geneviève, cite parmi les per-
sonnes qui avaient alors à Paris des collections de
médailles : le prince de Condé, le chancelier de
l'Hospital, les cardinaux de Bourbon, de Lorraine,
de Tournon, d Armagnac, de Ghàtillon, de Givry,
les ducs de Nevers , de Lorraine , de Montmorency,
le président Brisson, la princesse de Gondé, Diane
de Poitiers , etc. elc.
Marion-Dumersan, Histoire du cabinet des mé-
dailles, p. ik'j.
Voyez Pl. de Bagarris, Nécessité de l'usage
des médailles, Paris , 1611, in-h".
INiceron, Mémoires pour servir à l'histoire des
hommes illustres, etc. I. XL, p. iç)o.
'''' Jourdain, Mémoire historique sur la bibliothèque
du Roy, p. xMx. — E.-J.-B. Bathery, Notice histo-
rique sur l'ancien cabinet du Roi, p. G.
17/1 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
l'Italie, la Grèce, l'Egypte et la Perse; tout l'Orient fut exploré par MM. de Mon-
ceaux, Wansleben, Petis de la Croix, Ant. Galland, de Nointel et P. Lucas. On
achetait en même temps les collections réunies par l'abbé Séguin, doyen de Sainl-
Germain-l'Auxerrois; par MM. Tardieu, lieutenant de police; Lauthier, acquéreur
de celles de Peiresc, de Sère, conseiller d'Etat, le comte de Brienne, Charron,
auditeur à la cour des comptes, et de Trouenne, intendant du duc d'Epernon.
Après la mort de Colbert, Louvois fit transporter (168/1) le cabinet des mé-
dailles à Versailles rf près de l'appartement de Sa Majesté, qui prenoit plaisir à y
cr venir presque chaque jour au sortir de la messe -n Après avoir i-ecu, dans l'es-
pace de soixante et dix ans, des accroissements considérables, ce cabinet fut, en
1761, replacé à la bibliothèque du Roi, où on lui avait ménagé un grand salon
faisant suite à la galerie qui longe la rue Richelieu
Le cabinet des estampes n'a pas d'histoire; un legs de Gaston d'Orléans (1 667)
en composa le premier fonds, qui s'augmenta bientôt de l'admirable collection
rassemblée par Michel de MaroHes'*' et de nombreuses gravures exécutées par
l'ordre de Louis XIV 11 s'enrichit ensuite successivement par des achats, et des
donations émanant de MM. de Gaignères, Clément, de Beringliem, maréchal
d'Uxelles, Fevret de Fontette, Bégon, comte de Caylus, etc. C^''
Revenons maintenant à Colbert et aux trésors qu'il continuait d'accumuler rue
Vivienne.
Dans le Luxembourg, alors palais d'Orléans, Gaston, frère de Louis XIII, avait
l'éuni une bibliothèque dont les contemporains se sont plu à célébrer les mer-
veilles. Elle était installée dans le grand pavillon de droite à l'extrémité de la
longue galerie où Rubens avait peint la vie de Marie de Médicis. Les boiseries,
d'une extrême délicatesse de travail, étaient ornées de riches peintures, et cliaque
tablette, bordée de crépines d'or, était entièrement garnie de velours Enfin les
volumes, reliés presque tous par Le Gascon'"', étaient couverts, d'une manière
Maichelius, Introductio ad Jitstoriam Utero- G. Duplessis, Le cabinet du Roi, collection d'es-
riam de prœcipuis bibliothecis , p. /i8. — G. Brice, d'estampes commandées par Louis XIV, dans le Bi-
Nouvelle description de Paris, t. I, p. 3^g. bliophile français, numéro du i" juin 1860, t. III,
Leprince, Essai liistorique sur la bibliothèque p. 87.
du Roi, p. 975. J. Duchesne, Description des estampes ex-
Mavxon \)vLmeT?,an , Histoire du cabinet des inc- posées dans une galerie du palais Mazarin, etc.
dailles, p. i58. avertissement, p. vi. viii et i\. — G. Duplessis,
On lit dans la préface du catalogue qu'il pu- Le département des estampes à la Bibliothèque impé-
biia en 1666 : rr . . . de toutes lesquelles choses, rialc , passim.
ff j'ay recueilly cent vingt trois mille quatre cents Il porte encore le nom de Parillon de la Bi-
rrpièces de plus de six mille maistres, en quatre bliothcquc sur le plan du Luxembourg publié par
"Cents grands volumes, sans parler des petits qui J. Mariette.
rfsont au nombre de plus de six vingts, ce qui ne L. Jacob, Traicté des plus belles bibliothèques,
n-seroit pas indigne d'une bibliothèque royale, où p. ^77.
rrrien ne se doit négliger. (Voyez encore Michel de Ed. Fournier. Histoire de la reliure en France,
MaroUes, Mémoires, t. I'',p. i53, 198, 288, 289.) p. lAo.
HIBLIOTIIÈQUE DU KOI. 175
uniforme, en veau fauve, et portaient, tantôt sur le dos, tantôt sur les plats, le
cliiflre de leur maître, un double G surmonté soit d'une couronne.
soit d'une fleur de lis,
3C
Gaston mourut en février 1660, et laissa au roi par testament toute sa coUec-
lion, dont les manuscrits étrangers, au nombre de cinquante et un, faisaient la
principale richesse
L'infortuné Fouquet possédait à Saint-Mandé trente mille volumes précieux, qui
furent mis en vente après sa disgrâce. Carcavi dressa aussitôt un inventaire des
livres compris dans cette collection, et qui ne se trouvaient pas à la bibliothèque
du Roi; celle-ci acquit ainsi plus de onze cents volumes, dont la plupart étaient
reliés aux armes du malheureux ministre^-'.
Christine de Suède cherche à acquérir la bibliothèque de Gilbert Gaulmin,
doyen des maîtres des requêtes; elle recule devant le prix exorbitant, rrimmane
Gaston ne se contentait pas de réunir des vo-
lumes ; par ses ordres, Trichet du Fresne enlreprit
plusieurs voyages d"où il rapporta des médailles an-
tiques, des objets d'art et de précieux manuscrits,
que Bruneau, médecin et bibliothécaire du prince,
se chargeait d'examiner et de classer. Du reste.
Gaston possédait , à ce qu il paraît , une connaissance
approfondie des médailles : rr Je puis dire sans flat-
frteric , écrit naïvement le P. Jacob , que ni Alexandre
(r Sévère, empereur romain, ni Atlicus, grand ami
ffde Cicéron, ni le docte Varronn ne l'ont dépassé
en celte science. Mais le duc d'Orléans apportait
dans son amour pour les livres la même bassesse
de sentiments cpii l a déshonoré en politique : on
verra plus loin avec quelle mesquine jalousie il s'ef-
força, pendant la Fronde, de presser la vente de
la bibliothèque du cardinal Mazarin.
Gaston eut pour bibliollx'caire le malheureux
])oëte Lasserre, celui dont Boileau .s'est tant mo-
qué; puis l'abbé Bruneau, savant numismate,
qui devint intendant du cabinet des médailles au
Louvre, et y fut assassiné en 1666.
Parmi les ouvrages légués au roi par Gaston se
trouvait une admirable collection de planches d'his-
toire naturelle; le prince les avait fait peindre en
miniature et sur vélin par Nicolas Robert, d'après
les plantes de son jardin botanique et les animaux
de sa ménagerie à Blois. Golbert ordonna de pour-
suivre ce travail; il fut repris par Jean Joubert,
qui eut pour continuateurs Nicolas Aubriet, puis
Madeleine de Basseporte. Au moment de la Révo-
lution ce précieux recueil comprenait près de six
mille planches, qui font aujourd'hui partie de la bi-
bliothèque du Muséum.
Sur la bibliothèque de Fouquet, voyez plus
loin la notice consacrée au collège Louis-le-Grand.
176 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
rrpretiiim^'', n qu'on lui en demande. Mais Colbert n'hésite pas; il fait donner aux
héritiers de Gaulmin 2,685 livres, en échange desquelles 127 manuscrits hé-
braïques, 661 manuscrits arabes, persans ou turcs, deux manuscrits grecs et
61 5 volumes imprimés '"-Wiennent enrichir la bibliothèque du Roi^^l Celle-ci ac-
quiert encore, dans le courant de la même année 1G67, la collection particulière
de M. de Carcavi'*'.
Colbert était un des exécuteurs testamentaires de Mazarin. Un arrêt du 1 2 jan-
vier 1668 l'autorise à échanger, contre des doubles de la bibliothèque du Roi,
les précieux manuscrits provenant de la succession du cardinal. Il s'empare ainsi
de 2,096 manuscrits, qui furent payés tant bien que mal
MM. de Monceaux et Laisné, qui voyageaient alors dans le Levant, reçoivent
de Colbert des instructions spéciales, et ils envoient à Paris non-seulement des
manuscrits, mais jusqu'à des peaux de maroquin destinées aux reliures.
Le petit-fds du président de Thou désirait alors vendre l'incomparable biblio-
thèque de son grand-père Colbert la laissa échapper, et M. de Ménars finit
par l'emporter sur le roi^'''; mais une lettre adressée à ce sujet par le vendeur à
D. Huet, Commentarius de rehus ad eum per-
tineiitibus, iib. II, p. 106.
Jourdain, Mémoire historique sur la biblio-
thèque du Boy, p. XXXI.
J.-F. Jugler, Bihliotheca historiœ litterariœ
selecta, t. I", p. 2 15.
Leprince, Essai historique sur la bibliothèque
du Roi, p. 52.
Voyez plus loin tous les détails de cette opé-
ration, dans notre notice sur la bibliothèque du
collège Mazarin.
D. Huet , Commentarius de rébus ad eum per-
tinenlibus, lib. VI, p. 890 à 892.
Jacques-Auguste de Thou, le célèbre histo-
rien , était le troisième fils de Christophe de Thou ,
premier président au parlement de Paris. Destiné
d'abord à l'état ecclésiastique, il passa ses pre-
mières années dans le cloître de Notre-Dame, au-
près de Nicolas de Thou , son oncle , qui était cha-
noine de cette église et conseiller au Parlement.
Celui-ci, nommé bientôt évêque de Chartres, laissa
le canonicat à son neveu, qui le conserva près de
quatorze ans. Ce fut là, en iSyS, que de Thou,
âgé de vingt ans à peine , commença à rassembler
cette bibliothèque qui était appelée à devenir une
des plus célèbres du xviT siècle.
Dès le principe, il ne négligea aucune occasion
pour l'enrichir. Le savant Pierre Pithou , qui avait
lui-même réuni une assez considérable collection de
livres, exprima le vœu, en mourant, que sa biblio-
thèque fût conservée par sa famille ou livrée en en-
tier à une seule personne. De Thou s'empressa d'ac-
quérir tous les manuscrits, et de s'assurer le concours
dévoué de François et de Jacques Pithou. Nicolas
Lefèvre, le savant précepteur de Louis XIII, lui
légua ses manuscrits, et nous savons par Scévole
de Sainte-Marthe et par L. Jacob qu'il en avait
une magnifique collection.
Pendant ses fonctions de maître de la librairie,
de Thou s'était réservé, dans l'établissement, un
cabinet de travail oii se réunissaient presque chaque
jour les savants les plus célèbres de l'époque , qui
tous s'honoraient d'être ses amis ; et c'est certaine-
ment en souvenir de cette douce et sérieuse inti-
mité qu'il ordonna par testament que sa biblio-
thèque fût toujours tenue à la disposition de ceux qui
pourraient en désirer l'accès.
De Thou a dit avec vérité qu'il avait formé cette
cr nobles bibliothèque, comme l'appelle Michel de
Marolles, tr magna diligentia ac sumptu.5) Ses fré-
quentes missions auprès des souverains étrangers,
ses fonctions au Parlement, la rédaction même de
son admirable histoire, ne lui firent point oublier
un instant sa passion pour les livres. Dès qu'il
était informé qu'il s'imprimait un bon ouvrage en
Allemagne ou en Hollande, il y envoyait du grand
papier, fabriqué à Paris exprès pour lui; les vo-
lumes lui étaient ensuite expédiés en feuilles, afin
qu'il pût mettre à part les plus belles, et com-
poser ainsi un exemplaire sans défauts. Les reliures
HIHLIOTHKQUE DU ROI. 177
M. de Carcavi nous apprend que la bibliothèque du [\ôÏ reuleiinait alors l renie
élaiont egnleiiient surveillées avec le soin le plus par Le Gascon en maroquin rouge, vei't ou cilron,
niinulioiix; suivant Struvius, il y consacra plus portaient sur le dos le inonop-raniine <le leur pos-
(le :> 0.000 ('eus. Presque tous les volumes, couverts sesseur.
et sur les plats un écusson, (pii fut assez souvent sifion oflVe les armes du président île Thon accolées à
mndilié dans ses (h'Iails, et dont la dei'nière dispo- celles de (iaspanle de la Cliastre, sa seconde femme :
Ismaël Doulliau, père de ruslronomi! du même
nom , puis le savant Pierre Dupuy, eurent successi-
vement la garde de celte bibliothèque, (pii , au com-
mencement du dix-septième siècle, renfermait |)rès
de mille manuscrits précieux et plus de huit mille
volumes. Elle avait déjà une telle réputation en
iô<)8, que le pape Léon XI, qui, avant son pon-
lilicat. était venu en France pour régler la paix
de Vervins, voulut la visiler, et avoua qu'il n'en
existait pas une pareille en Italie. Cette magni-
II.
iique collection était alors installée dans le bel liùlel
de la famille de Tliou; Gbristophe favait l'ait coiis-
ti'uire vers i 58o, à l'extrémité de la rueSainl-.Vndri'-
des-Arts, près de l'église de ce nom.
Jusqu'à sa mort, arrivée le 7 mai 1 G 1 7. de Thon
s'occupa d'enrichir sa bibliothèque et d'augmenter
une assez belle collection de médailles qu'il avait
récemment commencée. Il n'a pas oublié, en écri-
vant son testament, ces deux objets, qui avaient
tenu ime si grande place dans sa vie, et la lecture
23
178 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
mille volumes : rrJe vous envoie, écrivait M. de Thou, l'extrait du catalogue quil
fie ses dernières volontés à leur égard sulTirait
pour nous prouver tout i'amour qu'il leur portait :
il confie provisoirement sa bibliothèque à P. Dupuy,
qui la remettra plus lard aux lils de de Thou, l'in-
lérêt de la famille comme celui des lettres exigeant
qu'elle ne soit ni dispersée ni vendue : rrBiblio-
frlhecam nieani, xl amplius annorum spatio,
fr magna diligentia ac sumplu congestam, quam
ffintegram conservari, non soluni fauiiliœ rnece,sed
(fctiam rei lilterariœ interest, dividi, vendi ac dis-
i<-sipari veto; camque communem, cum numisma-
frtibus antiquis aureis, argenteis et aereis, inter
fffdios, qui litteris operam manabunt, facio, ita
cfut etiam exteris aliisque philologis ad usum pu-
rrblicum pateat. Ejus cusiodiam Petro Puteano,
ffcognato meo, et niullis nominibus mihi caro, do-
ffuec fiiii adolescant, coniniitto, qui et libros manu-
rrscriptos iis qui opus habebunl utendos darepote-
rrrit, modo de iilis reslituendis idonee caveatur. i
Les volontés de de Thou fiwent ponctuellement exé-
cutées; sa bibliothèque passa à ses descendants, et
P. Dupuy continua à en avoir la direction , tandis
que son frère s'occupait d'en dresser le catalogue.
Elle fut bientôt célèbre par toute l'Europe. Peu de
temps avant la mort de François-Auguste de Thou,
fils aîné du célèbre premier président , et qui fut dé-
c<ipité à Lyon en i6iâ , son beau-frère M. Picardet,
procureur général au parlement de Dijon, avait
laissé une certaine quantité de bons livres qui, par
les soins de Dupuy, vinrent encore augmenter la bi-
bliolhèque de la rue Saint-André-des-Arts. Enfin
P. Dupuy mourut en iG5i, et légua tous ses ma-
nuscrits à la riche collection qu'il avait tant contri-
bué à former; dans le nombre se trouvaient toutes
les pièces originales du célèbre recueil connu sous
le nom de Becueil de Loméiiie.
L'amour des livres fut longtemps héréditaire dans
la famille de Thou. En i6/ig, quand le Parlcnunl,
décidé à ne plus garder aucune mesure contre Ma-
zarin, ordonna la vente de ses biens et de sa riche
bibhothèque, du sein même de la cour de justice
irritée, une voix s'éleva pour défendre cette pré-
cieuse collection; de Thou rappela qu'elle rrestoit
rrdesja destinée au public, que par conséquent il
ffcstoit d'avis de la conserver. . . et que ce seroit
"un dommage irréparable pour les lettres de la
«dissiper ou diviser, n On sait que ces sages paroles
ne parvinrent à calmer que momentanément la co-
lère des Frondeurs, et que la magnifique collec-
tion de Mazarin finit par être vendue aux enchères.
En 1670, la bibliothèque de de Thou fut mise en
vente par l'abbé de Thou, qui n'avait guère trouvé
que des dettes dans la succession de son père; il
avait fallu deux ans à Ismaël Boulliau et à Joseph
Quesnel pour dresser le catalogue de ce précieux
cabinet. Le président de Ménars en donna trente
mille livres; et la célèbre Bibltolheca Thuana, qui
renfermait alors mille manuscrits , tous rares , et
plus de neuf mille volumes imprimés, quitta le vieil
hôtel de Thou, et, sous le nom de Bibliotheca Me-
narsiana que lui donne Santeuil, fut installée chez
M. de Ménars, dont l'hôtel touchait à celui de Col-
bert. Elle n'y retrouva pas l'aiïection et les soins que
lui avaient si longtemps prodigués le vieux président
de Thou et son ami P. Dupuy. Son nouveau pro-
priétaire s'occupa peu de l'augmenter, et en 1706
il la vendit pour 36,3oo hvres au cardinal de
Rohan Soubise, évêque de Strasbourg.
Celui-ci possédait déjà un commencement de
bibliothèque; il habitait rue du Chaume l'admi-
rable hôtel qui porte encore son nom, et la collec-
tion qu'il venait d'acquérir fut placée dans les appar-
tements du rez-de-chaussée. Le cardinal en avait
compris toute la valeur : il choisit pour bibliothé-
caire l'abbé d'Oliva , Italien d'une grande érudition ,
qui rendit à la bibliothèque de de Thou une partie
de l'éclat dont elle avait joui sous son premier maître ;
elle devint de nouveau un centre intellectuel, où
les savants de toutes les nations étaient sûrs de
trouver toujours un affectueux accueil. L'abbé d'Oliva
s'occupa surtout de compléter cette l'iche collection
que la négligence de M. de Ménars avait rendue
déjà un peu arriérée; il mit au courant les ouvrages
périodiques, et fit venir de l'étranger toutes les
productions de quelque valeur et des manuscrits
très-précieux. Trente-six années de soins augmen-
tèrent à tel point cette bibliothèque, qu'elle finit
par renfermer plus de quinze mille volumes im-
primés , dont l'abbé d'Oliva dressa le catalogue en
vingt-cinq volumes in-folio. La collection de l'hôtel
Soubise, alors ffla mieux choisie qu'on put voir,"
passa , après la mort du cardinal , à son héritier, le
maréchal prince de Soubise, que la déroute de Ros-
bach a rendu si tristement célèbre. Par une assez
étrange coïncidence, ce maréchal choisit pour bi-
bliothécaire C.-F. Dupiiis, le savant auteur dcVOri-
ffine des cultes.
Après la faillite Guéinenée, les descendants de
BIBLIOTHEQUE DU ROI. 179
rrvoiis a plu (le me commiinicpier, o.l suis surpris que, dans les Ironie mille vo-
cf lûmes à (pioi monte la bibliothèque de Sa Majesté, il (m manque encore ce
rr nombre . . v
Enfin, l'année suivante, on acheta, moyennant 25,ooo livres, la collection tout
entière du médecin J. Mentel, savant bibliophile, rr admirablement versé, dil
r- Michel de Marolles, dans la connoissance de tous les beaux livres, aussi bien
rrque dans les secrets les plus importants de sa professionnel r» Sa bibliothè([ue
avait eu pour premier fonds une partie de celle de J. Passerat, qui était mort au
commencement du siècle; quelques années plus tard, il avait acquis encore une
certaine quantité de livres provenant du cabinet du savant professeur]. Grangier,
et en i6/i3 il se trouvait posséder rr quatre à cinq mille volumes bien reliés et
crbicn conditionnés Sa bibliothèque s'au<)nienta rapidement à partir de cette
époque; car il recherchait avec une égale ardeur tout ce qui concernait la théo-
logie, la jurisprudence, la philosophie, l'histoire et les belles-lettres; Naudé, son
la famille de Soubise mirent en vente cette splendide
bibliollièque, qui comprenait au moins cinquante
mille volumes. Les enchères durèrent plus de quatre
mois, du 1 2 janvier au 22 mai 1 789 ; faites sur un
mauvais catalogue rédige' à la hâte par le libraire
Guillaume Leclerc , elles produisirent seulement
2()0,ooo livres.
On peut consulter sur l'histoire de celle admi-
rable collection : Niceron, Mémoires pour servir à
l'histoire des hommes illustres de la république des
lettres, t. IX. p. 3i'J, et t. V, p. '19; — Grosley,
Vie de Pierre Pittion, t. Il, p. 2 46; — Lomeir, De
bibliothecis liber, p. 807 ; — Scév. de Sainte-Marthe,
Gallorum doetrina illuslrium qui noslra memoria jlo-
ruere elo<>ia, lib. 111, p. 82, et lib. V, p. 161; —
L. Jacob, Traicté des plus belles bibliotlicques , p. 56o ;
— Michel de Marolles, Mémoires, t. Il, p. 219; —
Sauvai, Histoire de Paris, t. 111, p. 62; — Piga-
niol de la Force, Description historique de Paris,
t. IV, p. 339; — Vigneul-Marville , Mélanires d'his-
toire et de littérature, t. 1", p. 26; — G. Naudé,
Advis pour dresser une bibliothèque, p. 189; —
Leniaire, Paris ancien et nouveau, t. 111, p. 288;
— Leprince. Essai historique sur la bibliothèque du
Roi, p. 56 et 354; — llluslrissimi viri J.-A. Thuani
testameiitum, ù la suite des Commentariorum de vita
sua libri sex , p. 1 o4 ; — Dissertation historique
louchant la bibliothèque de Pierre Pithou, p. 71; —
.1 Imanach royal, année 1 709 , p. 2 1 9 ; — G. Brice ,
ï\ouvelle description de Paris, t. II, p. 92; — Le-
rouge, Curiosités de Paris, t. I", p. 292; —
Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers voya-
geurs à Paris, t. 1", p. 584; — Journal contenant
ce qui s'est fait et passé en la Cour de Parlement sur
le sujet des affaires du temps présent, p. 8i; —
J.-C. Némeitz, Le séjour de Paris, ou instructions
curieuses pour les personnes de condition, etc. t. 1".
p. 2 7 6 ; — Nouvelle bioffi-aphie générale, article Oliva ;
— Ed. Fournier, L'art de la reliure en France, p. 1 1 5 ;
— Struvius , Introdiictio ad notiliam rei lilterarue ,
p. 98 ; — P. Lacroix , Curiosités de l'histoire des arts,
p. 179; — Journal de d'Ormesson, t. 1", p. 178.
— Journal des Savants, année 167g, p. 229; —
Santeuil, Opéra omnia, 1" partie, p. i56; —
D. Huet, Commentarius de rébus ad eum pertinen-
tibus , lib. VI, p. 890; — Bulletin du Bouquiniste ,
n" du 10 octobre 4 868; — Mémoires sur quelques
bibliothèques de Paris, rassemblés par le P. Léonard
de Sainte - Catherine , Bibliollièque impériale, ma-
nuscrits, fonds français, n° 22592 (ancien fonds
des Petits-Pères, n° 17); — G. Brunei, Diction-
naire de bibliologie catholique, p. 588; — P. Paris,
Les manuscrits françois de la bibliothèque du Roi,
t. IV, p. 189 et suiv. 43i et suiv. — A. -P. Fau-
gère, Journal d'un voyage à Paris en iGô'j et 16Ï18 ,
p. 86 et 493.
Leprince, Essai historique sur la bibliothèque
du Roi , p. 56. — Jourdain , Mémoire historique sur
la bibliothèque du Roy , p. xxxni.
Michel de Marolles, Mémoires, t. 11, p. 217.
— Voyez aussi sa Description succincte et nèantmoins
assez ample de Paris, p. 4i et 44.
L. Jacob, Traicté des plus belles bibliothèques,
p. 534.
23.
180 LES A?yCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
ami intime, lui légua plusieurs ouvrages ^'l Quand Mentel mourut, sa bibliothèque
l'enfermait dix mille volumes et plus de cent manuscrits excellents.
Depuis longtemj)s la bibliotlièque du Roi recevait chaque année, par les soins
des ambassadeurs d'Angleterre, de Hollande, d'Allemagne et d'Italie, presque tout
ce qui s'imprimait dans ces contrées. En 1670, M. de Verjus, membre de l'Aca-
démie française et ambassadeur en Portugal, avait envoyé deux cent cinquante
volumes, tous relatifs à l'histoire de la Péninsule, de l'Asie, de l'Afrique et de
l'Amérique'^'. Le président Doat a l'ordre de parcourir le midi de la France et de
faille copier dans les archives des ditlérentes villes, dans les maisons religieuses,
les archevécliés, etc. toutes les pièces relatives soit à la politique, soit à l'iiis-
toire. crNous vous commettons, disaient les lettres patentes, ordonnons et dépu-
re tons, pour vous transporter dans tous les trésors de nos chartes, et dans toutes
rrles archives des villes et lieux, archevêchés, évêchés, abbayes, prieurés, coni-
rr manderies et autres communautés ecclésiastiques et séculières. ... et dans les
rr archives des archevêques, évêques, abbés, prieurs, commandeurs C|ui en pour-
rrroient avoir de séparées de celles de leurs chapitres, vous faire représenter et
rr délivrer tous les titres que vous jugerez nécessaires pour la conservation des
rr droits de notre couronne et pour servir à l'histoire, pour en faire des copies,
rrque vous ferez collationner en votre présence par votre grellier, dont vous
rr signerez les actes Voulons qu'à cet elîet les gardes des trésors de nos
rr chartes et des archives de nos provinces de Guyenne, de Languedoc et pays de
rrFoix, et tous autres qui seront chargés desdits titres et qui les auront en leur
rr pouvoir, soieut tenus de vous les représenter, et vous délivrer ceux que vous
rr aurez choisis; pour être les copies ainsi par vous extraites, envoyées au garde de
rr notre bibliothèque royale '"l n Doat part, et, dès 1667, il envoie à Colbert qua-
rante-trois ballots de copies émanant du Béarn et du Languedoc, et représentant
])lus de trois cents volumes. Alland, président à l'élection de Grenoble, reçoit
une mission analogue pour le Dauphiné, tandis que Godefroy, garde des archives
de Flandres, est chargé d'opérer dans le nord^^'. Le dominicain Jean-Michel
Wansleben rapporte d'Orient six cent soixante manuscrits hébraïques, syriaques,
coptes, arabes, grecs, turcs et persans '"^^ Petis de la Croix et Antoine Gallaud
vont recueillir des manuscrits à Constantinople, et y traduisent les Confessions
Leprince, Essai hislorique sur la bibliothèque
du Roi, p. 57.
Chomel , Essai hislorique sur la médecine en
France, p. 70 el 71. — Il en existe 1111 catalogue à
la Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds latin,
11° 9870.
Jourdain, Mémoire hislorique sur la biblio-
ihèque du Iloy, p. xxxi\ .
Leprïoce, Essai hi'.lorique, p. S!o5.
Jourdain, Mémoire historique sur la biblio-
thèque du Roy, p. XXXV. — Leprince, Essai histo-
rique, p. 58 et 206.
Le Journal de son voyage a été imprimé à
Paris en 1C77, et on le traduisit presque aussitôt
en anglais. 11 existe manuscrit à la bibliothèque de
Gotha et à la Bibliothèque impériale do Paris, l'onds
dos mamisci'it^ italiens. n° /4 35.
BinLlOTlIKOUE DU ROI. 181
(le foi tl(>s E<>liscs jjroc(jucs. Le vova'jeiii' aiifrlais Bruce ollVe an roi une iiia<>iii-
li(jiie copie du livre d'Enocii, (ju'il a trouvé eu Abyssiuie. (ïassiiii lui donne
liuil cents volumes de uiatliéniatiques. Le couvent des Carmes de la place Mau-
bert possédait une belle bibliolbèque ; on négocie avec les religieux, et, nioyen-
nanl une rente perpétuelle de six minots de sel, ils livrent au roi dix-liuit incu-
nables et soixante-sept manuscrits latins Un peu ])lus tard, Colbeii enti'eprend
de s emparer de tous les manuscrits de Tabbaye de Moissac ; il y envoie l'abbé de
Foulbiac, qui travaille le chapitre et obtient son autorisation; celle de l'abbé com-
mendalaire de Moissac, M. d'Estrades, alors ambassadeur à Venise, fut accordée
plus facilement encore, et, au mois de juin 1678, la collection, composée de
cinq cents manuscrits, entrait à la bibliotbè([ue. En 1680, un trésorier de France
à Montpellier, nommé Boudon, envoie à Colbert douze tonnes remplies des ma-
nuscrits du collège de Foix ; et, l'année suivante, il s'empare de la collection
appartenant aux chanoines du Puy En même temps, M. de Rignac, conseiller
à la cour des aides de Montpellier, donne au roi cent quatre manuscrits.
Nicolas Colbert, qui, passé de l'évêché de Luçon à celui d'Auxerre, avait tou-
jours conservé le titre de garde de la bibliothèque, mourut en 1676; il fut lem-
placé par Louis Colbert, fils du ministre. Enfin la bibliothèque du Roi fit, en
iG83, deux perles irréparables : le grand Colbert mourut, et Carcavi se retira.
Le marquis de Louvois, surintendant des bâtiments, ])rit la direction de la biblio-
thèque, mais il la consei'va un an à peine. Il se fit céder la charge de maître de
la librairie par Bignon, celle de garde par Louis Colbert, et les réunit toutes deux
sur la tète de son fils Camille Le Tellier, alors âgé de neuf ans seulement. Car-
cavi avait été remplacé ])ar l'abbé Gallois, (|ui céda j)i'esque aussitôt ses fonctions
à l'abbé de Varès'*'; celui-ci mourut l'année suivante et eut pour successeur Mel-
chisédech Théveimt, qui administra l'établissement pendant la minorité du jeune
surintendant.
Nous avons oublié de mentionner un fait qui eut lieu en 1G81, ce année, dit
cr naïvement Leprince, qui sera à jamais rcinar(|uable par la visite dont Louis XIV
rdaijjna honorer sa bibliothèque. Sa Majesté y vint, accompagnée de Monseigneui-,
crde Monsieur, de M. le Prince et des plus grands seigneurs de la Cour. Après
■••que Colbert eut montré tout ce qui y étoil le plus capable d'attirer l'attention,
f-le Roi fit aussi l'honneur à l'Académie des sciences d'assister à une de ses assem-
cfblées qu'elle tenoit encore dans la bibliothèque n
' Voyez ci-dessus notre notice sur cette bibiio-
llièqiie.
l'iganiol de la Force. Description historique
de Paris, t. V, p. 1 63.
Jourdain, Mémoire liisloiirpie sur la btllio-
tlivq'IC (lu Iloij. J). WXVII.
ffli'abbe' de Varez a été mis à la [ilace de
rrM. (jallois, pour avoir soiu de la bibliothèque du
'rlioi; cela lui donnera un logement et mille écus de
rrreiile. 7) [Journal de Dan/jeau, iSaviil i68/i.)
l.epriuce. Essai Itistorique sur la bibliothèque
du Iloi , p. 6-J.
I8l> LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
Colbert, dont le vaste génie embrassait à la fois tous les détails de la lâclie
immense qii'd s'était imposée, avait accordé à la question des reliures une atten-
tion sérieuse, et une immense quantité d'ouvrages reçurent, sous son adminislra-
lion, de magnifiques couvertures de maroquin rouge. Des L entrelacées et cou-
l onnées sont frappées sur le dos entre chaque nerf,
ou u y trouve plus d'ailleurs aucun emblème.
BIBLIOTHÈQUE DU BOl. 183
Les seuls ornements sont les armes de France. Le fac-similé (|iie nous donnons ici
est pris sur un des grands volumes d'eslampes qui furent reliés avec les ballots
de maroquin rapportés du Levant pour la bibliothèque. A partir de cette époque,
on ne trouve guère sur les reliures que les armes de France, accompagnées d'un
entourage plus ou moins élégant. Quelques modifications successivement ap-
portées dans la forme des fleurs de lis permettent seules de distinguer les unes
I8â LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS,
dos autres les reliures exécutées sous Louis XIV, sous le Régent, sous Louis XV
et sous Louis XVI. Une assez grande quantité de volumes reliés pendant la régence
d'Anne d'Autriche portent les armes de cette princesse au milieu des plats,
qui sont en outre souvent couverts soit d'un semis de lleurs de lis, soit d' \
enlrolarés :
Antoine Ruette lut relieur de la bibliotiièque depuis la fin du règne de Louis XIII.
Dans un registre des dépenses de Louis XIV, qui est conservé aux Archives do
l'Empire, on lit, à la date du 3 juillet i65o, que le roi, rr voulant gratifiei- et
rr lavorablement traiter Antoine Ruette, son relieur de livres ordinaire, en consi-
rr dération des bons services qu'il lui a rendus et au feu roy son père, lui accoi-de
ffson logement sa vie durant dans le Collège l'oyal.n Ruette eut pour successeui's
Rernache et Nyon, qui, comme la plupart des relieurs de cette éj)0(pie, étaieiil
('•tablis aux environs de l'église Saint-Ililaire Les relieurs du roi lurent ensuile
Dubois, Padeloup, (|ui demeurait place de la Sorbonne, et Louis Douceur. En-
Priulelles, Les (ulies,scs de la rillr de Paris [iCxjj) , p. 90.
BIBLIOTHÈQUE DU ROI. 185
lin, suivant Lepi'ince, à la fin du xyiii*^ siècle, le cr relieur des livres de la biblio-
rrlhèquen était crM. Durand, relieur du clergé de France, rue du Mont-Saint-
rrHilaire, vis-à-vis le Puits-Certain'"', n
On se décida , vers la fin du règne de Louis XIV, à modifier l'estampille que
l'on apposait sur le premier feuillet de cliaque volume. Le nouveau modèle, beau-
coup plus petit que le premier, et comme; lui toujours imj)rimé en rouge,
est également loin d'être irréprochable au point de vue artistique. Il fut, dans la
suite, remplacé par un timbre aussi laid, mais plus simple.
Les doubles, dont la bibliothèque jugeait à propos de se défaire, recevaient,
avant de quitter l'établissement, une autre estampille
qui garantissait les droits de l'acheteur.
La bibliothèque continua, sous Louvois, à s'enrichir de nombreux achats faits
au dehors. Pendant que Mabillon adressait d'Italie plus de trois mille volumes au
roi'-', M. d'Avaux en envoyait de Hollande, M. d'Obeil d'Angleterre, M. Pique-
tière de Suède, Gallandde Turquie, et Besnier faisait parvenir de Constantinople
deux cents manuscrits provenant de la «bibliothèque du Grand Seigneur '^'. n Un
arrêt du 3i janvier 1689 confirmait celui de François ^^ et forçait les libraires à
exécuter les prescriptions relatives au dépôt légal. On s'occupait en même temps
d'un catalogue dont nous parlerons plus loin, et une note écrite de la main même
de l'un des employés nous apprend que la bibliothèque possédait alors (1688)
quarante-trois mille volumes imprimés.
Le Tellier, archevêque de Reims, oncle du jeune Louvois, avait provisoirement
Lepviixce . Essai litstorùjue , avertis?,, x\j. Jourdain, Mémoire historique sur la hihlin-
D. Tassin, Histoire littéraire de la Congréga- tlièque du Roy, p. xl.
lion de Saint-Maur, |). aïo.
18G LES ANCIEA?JES BIBLIOTHÈQUES DE PABLS.
]a direclion supérieure de la bibliothèque; mais, depuis Colbert,le surintendant
des bâtiments du roi y prétendait certains droits. Un arrêt du conseil les annula.
Le 2 1 aoijt 1691, il fut décidé que l'abbé de Louvois aurait le titre de cr maître
trde la librairie, intendant et garde du cabinet des livres, manuscrits, médailles
crct raretés antiques et modernes, et garde de la bibliothèque de Sa Majesté,
rrsous l'autorité de Sa Majesté seulement, nonobstant qu'il soit porté par ses pro-
rr visions d'avril 168/1 qu'il devoit l'exercer sous l'autorité et direction du sur-
rr intendant des bâtimens, dont Sa Majesté le décharge et dispense, lui et ses
rr successeurs en ladite charge Et seront les dépenses qu'il conviendra faire
crpour la bibliothèque, le cabinet des manuscrits, médailles, raretés et autres,
rr concernant les fonctions et exercice de ladite charge, ordonnées par Sa Majesté,
cret les estats et ordonnances signées d'elle, et contresignées par le secrétaire
cr d'Estat et des conimandemens, ayant le département de sa maison ^''.r)
On bâtissait alors la place Vendôme, et Louvois avait résolu d'y transférer la
bibliothèque du Roi. Tout un côté de la place était réservé dans ce but, et des
plans avaient même été dressés et approuvés puisque, le 1 2 mars 1691, Michel
Germain écrivait à son ami Magliabecbi : rcRien n'égalera la magnificence de cet
rr édifice; on y entrera par huit degrés. Vous prendrez sans doute part à cet auguste
cf logement des Muses qui font vos uniques délices ii La mort de Louvois fit
abandonner ce projet Les acquisitions continuaient d'ailleurs, et l'établissement
commençait à se trouvei' fort à l'étroil rue Vivieniie; on lit, dans la lettre ([ue
nous venons de citer, que les volumes rrétoient arrangés sur de simples tablettes
crdans vingt ou vingt-cinq chambres, ii
Le jeune abbé de Louvois, en entrant en fonctions, ])rit l'initiative d'un projel
qui malheureusement éclioua; il voulut rendre publique la bibliothèque du
Roi. ]Nous avons vu (qu'aucun essai n'avait été fait dans cette voie depuis Amyot,
qui consentit à prêter des manuscrits à quelques savants privilégiés. En 1691,
Les adresses de la ville de Paris publiaient encore des notes comme celle-ci : rrLes
rr curieux, par faveui-, peuvent avoir quelque entrée dans la bibliothèque du
rrRoy, rue Vivienne (■'l n Louvois, l'année suivante, résolut d'ouvrir deux fois par
semaine cette bibliothèque rrà tous ceux qui voudi'oient y venir estudier n et,
pour fêter le jour de l'inauguration, il m'égala plusieurs sçavans d'un magnifique
rr repas 11 Diverses causes firent presque aussitôt interdire l'entrée de l'établisse-
ment, qui ne devint détinitiveinent public qu'en lySS.
Lepriiice, Essai histo)-i(jiie sur la hihliothl'qnf se trouvent <iu cnhinot des estampes de la Bil)li()-
duRoi, ]). 67. tlièque impériale, Topogi-Kpliie de Paris, quartier
Voyez Tliiéry, Guide des amnleiirs et des étran- de la place. Vendôme, l, h.
gers l'oyogeurs à Paris, t.\,\). i<j~. Les adresses de la ville de Paris, mdc\ci.
Correspondance inédile de Mahilion et de Mont- p. 1 1.
faucon, [. II, p. .Siy. Mercure galant , novembre iGQâ, p. ."Jâo.
Une partie des plans (pii avaient été dressés Mercure galant , novembre 1692, p. .'îâo.
BIBLIOTHÈQUE DU ROI. 1S7
L abbé dcLouvois fut un bon administrateur, tout dévoue au soin do la collection
qui lui avait été confiée; mais Colbert n'était plus, et la bibliotliè([ue du l»oi ne
retrouva jamais les jours brillants que sa prodigieuse activité savait lui prépare)'.
Les donations et les achats devinrent moins multipliés et moins inqiortants. Ils
ne cessèrent cependant point. En i G97, l'empereur de la Chine envoya au roi,
])ar l'intermédiaire des missionnaires jésuites, quarante-neuf volumes en langue
chinoise; la bibliothèque n'en possédait encore que quatre, c{ui provenaient des
livres de Mazarin^'l En 1699, on acheta, pour livres, treize manuscrits sortis
de la belle bibliothèque de J. Brodeau^^^ . En 1700, un médecin arabe, nommé
Nosrallah Gildé, offi'it au roi un manuscrit du Pentatenque, en langue hébraïque,
et trois manuscrits arabes renfermant une histoire des Druses. Maurice Le Tellier,
archevêque de Reims, donna cinq cents manuscrits précieux î^^. Au mois de sep-
tembre de la même année, on acheta trente-cinq manuscrits relatifs à la Lorraine.
Le mois suivant, le P. Fontenay rapporta de la Chine douze gros volumes chinois
Jourdain, Mémoire historique sur la hiblio-
ihèfjue du Roij, \).
^' Voyez L. Jacob, Tvaiclé des plus belles hihlio-
ihèques , p. 5 02.
Ils se divisaieiil ainsi: 3oG nianiiscrils latins,
111 grecs. 53 français, ili orientaux, i(i italiens.
Ils provenaient presque tous du surintendant Fon-
quet, et avaient appartenu avant lui à Charles de
Montclial , archevêque de Toulouse, dont ils por-
taient la marque sur les plats :
■2!,
188 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
et tartares. Le célèbre P. Faure avait réuni une nombreuse bibliothèque; il la
légua à Le Tellier, qui céda les manuscrits au roi'''. L'abbé de Louvois par-
courait alors l'Italie et y recueillait de curieux ouvrages pour la bibliothèque.
En 1708, M. de Sparvvenfeld, maître des cérémonies de la cour de Suède, envoya
le premier manuscrit en langue russe qu'ait possédé la bibliothèque. En même
temps, D. de la Pai-re, procureur général de la congrégation de Saint-Maui',
acquit à Rome le précieux manuscrit qui contenait les textes de Pétrone et de
Catulle, et plusieurs morceaux encore inédits de Tibulle, de Properce et de Glau-
dien^'-^l Enfin, en 1706, on acheta quatre cent cinquante manuscrits provenant
de l'admirable bibliothèque de la famille Bigot '^l
Ils étaient au nombre de 276, et furent paye's
1 ,.5oo livres. On peut consulter sur la bibliothèque
(lu P. Faure : Lemaire , Paris ancien et nouveau , 1. 1 ,
p. 906; — Journal des Sçavans , année 1698 , p. i 34 ;
— Legallois, Traitté des plus belles bibliothèques ,
p. 199; — Bibllolheca Tclleriana, avertissement;
— Catalogus manuscriptorum Antonii Faure, Biblio-
thèque impériale , manuscrits , fonds latin , n° 1 7 1 7 /i .
Leprince, Essai historique sur la bibliothèque
du Roi, p. 72.
Cette bibliothèque fut commencée par Jean
Bigot, doyen de la cour des aides de Noruiandie.
Son fils Louis Emeric la compléta et en fit une des
meilleures de Paris; il entreprit dans ce but de
nombreux voyages en Italie, en Angleterre, eu
Hollande et aux foires de Francfort. A sa mort,
elle comprenait vingt-deux mille volumes environ,
et était estimée /io,ooo livres. Plusieurs ouvrages
provenaient des précieuses collections de Groslier et
de de Mesmes.
La signature d'Em. Bigot se trouve sur le titre de
plusieurs volumes,
et presque tous portent son e-r libris, avec ses armes :
Souvent le nom manque au bas de fécusson,
qui est quelquefois soutenu par deux lévriers. Jean
Bigot avait employé un autre ex libris, semblable,
sauf dans quelques détails, à celui que nous re-
produisons, mais qui est gravé avec beaucoup
moins de soin.
Par son testament, daté de 1689, Em. Bigot
recommanda à sa famille de conserver religieuse-
ment cette collection, et ordonna même qu'un fonds
spécial , pris sur le produit de la vente de ses meu-
bles, fût affecté à son entretien. Ses espérances
furent trompées. Ses héritiers conservèrent la biblio-
Ihèquc quelrpies années, puis se décidèrent à la
vendre ; le catalogue , rédigé par Pi'osper Marchand ,
fut publié en 1705.
On peut consulter sur l'histoire de cette biblio-
thèque : Nicei'on , Mémoires pour servir à l'histoire
des hommes illustres de la république des lettres,
l. VIII, p. 86; — Ménagiana, t. I, p. 2/10 et 292;
t. II, p. 3i 1 ; t. ni, p. 63; — Vigneul-Marville,
Mélanges d'histoire et de littérature, t. I, p. 211;
— Dictionnaire de Bayle, article Bigot ; — Leprince ,
Essai historique sur la bibliothèque du Roi, p. 7/1;
— Journal des Savants, année 1706, p. lioo; —
BIBLIOTHÈQUE DU ROI. 189
Nicolas Clément, d'abord employé comme copiste par Garcavi chez Colbert,
était entré à la bibliothèque avec le titre de commis adjoint en 1670; son zèle
le fit passer sous -bibliothécaire en 1 691, après la mort de Melchisédech Thévenot.
Clément, plein d'activité et d'ardeur, s'était dévoué à la rédaction du catalogue
des livres imprimés de cette innnense collection. Commencé vers 1675, il lui
achevé en 1686 : l'ordre alphabétique comprend six volumes in-folio; Tordre
méthodique en remplit ([uatre; ces dix volumes existent encore à la Bibliothèque
impériale.
Mécontent de son travail, Clément entreprit presque aussitôt de le refaire, e( .
(juatre ans après, il avait achevé les catalogues dits de 1G88, qui fui'ent mis au
net par le laborieux écrivain Buvat. L'ordre alphabétique comprenait vingt et un
volumes in-folio. Sans cesse interfoliés ])our être tenus au courant des acquisitions
nouvelles, ces vingt et un volumes en forment aujourd'hui quarante-cinq, (jui
constituent le catalogue usuel de la Bibliothèque, et sont déposés dans la grande
salle de travail. On lit sur le premier feuillet :
Notifia
VniversaJis A Iphahetica
Authorum omnium,
Quorum Lihri vel Tractatus
Typis itnpressi,
In Bibholliccâ Regid exta.nt ;
In qud, quanlùni Jicri poluil,
Sivgnlonini Nomen, Cognonien,
Pallia, /Elas, Dignitates,
Instiiula prœmiUuntur ;
Varia interdùni de iis
Erudilorum Jiidicia exhihenlur
Lncubralionum Tiluli
Recetisentur.
Buvat a écrit à la fin du dernier volume : cr Haec notitia authorum alphabetica
crdescribi finita est 21 tomis, sicut et catalogus ordine materiarum dispositus et
r 16 tomis digestus, Joannis Buvat Catalaunensis manu, die 29 martii,an. lyi/i.^i
Le catalogue méthodique en quatorze volumes dont parle ici Buvat avait été achevé
par lui dès 1701, comme l'indique cette note qui termine le dernier volume :
rrJoan. Buvat Cathalaunensis hoc volumen ut et alia tredecim catalogi
cr BibliothectB Begiae, scripsit et finivit anno 1701.11
On s'occupait en même temps, et depuis 1682, de rédiger un nouveau cata-
P. Paris, Les manuscrits françois de la bibliothèque bibliologie, p. io5; — L. Jacob, Traicté des plus
du Tioi, t. I. p. 90; — G. I^runel, Dictionnaire de belles bibliothèques, p. 680.
190 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
lojjiie des manuscrits; il forma huit volumes in-folio et fut complété vers 1G90. Le
juif Louis de Compiègne et l'abbé Renaudot s'étaient chargés d'inventorier les
manuscrits hébreux; les manuscrits turcs et persans l'avaient été par Dipy et
Petis de la Croix, les manuscrits arabes par d'Herbelot, les manuscrits grecs par
Ducange et Colelier, et les manuscrits latins par les PP. Mabillon et Placide.
Clément passait ajuste titre pour un des meilleurs employés de l'établissement.
(|uand son imprudence devint la cause d'un vol qui eut alors un grand retentis-
sement. Un prêtre du Dauphiné, nommé Jean Aymont, avait abjuré le catholi-
cisme pour se marier, et s'était retiré à la Haye. Il parvint, en 1706, à sur-
])rendre la confiance de Clément, et eut, par son entremise, un passe-port pour
se rendre en France. Là, il fut présenté au cardinal de Noailles, qui entreprit de
le convertir et le fit admettre au séminaire des Missions étrangères. Aymont
avait déjà publié quelques ouvrages, et s'occupait de recherches historiques; il
obtint, sur les instances de l'archevêque de Paris, la faveur de travailler à la
bibliothèque du Roi, où Clément le laissa souvent seul. Après un an de séjour,
Aymont retourna subitement en Hollande, et ses propres indiscrétions fournirent
bientôt la preuve qu'il avait dérobé une douzaine de manuscrits très-précieux,
et qu'en outre il avait arraché et détaché à coups de canif des feuillets et des mi-
niatures dans plusieurs volumes, entre autres dans la magnifique bible de Charles
le Chauve. Des poursuites furent commencées, mais elles demeurèrent à peu près
sans résultat ''^
Clément ne se consola jamais de cet événement, et pour réparer, autant que
possible, le tort qu'il avait causé à la bibliothèque, il lui légua un riche recueil
de portraits gravés, qui renfermait plus de dix-huit mille pièces
On gardait à la douane, depuis quinze ans, une caisse que personne ne récla-
mait; le contrôleur général la fit ouvrir, et on y trouva cent quatorze volumes
tartares, qui furent déposés à la bibliothèque. Cet établissement s'enrichit encore,
en 1709, des livres appartenant à Haudicquer de Blancourt, gendre de François
Duchesne; accusé d'avoir contrefait d'anciens titres de noblesse, il fut condamné
à une prison perpétuelle, tous ses biens furent saisis, et un arrêt du 10 juil-
let 1708 attribua ses manuscrits à la bibliothèque du Roi. L'année suivante, le
comte de Pontchartrain y envoya vingt-trois manuscrits grecs, arabes, turcs et
persans, qui avaient été rapportés d'Orient par P. Lucas; et M. de Valincourt
offrit au roi ti'ois cents cartes manuscrites présentant une topographie complète
de l'Irlande. Enfin on acheta, en 1712, huit cent cinquante volumes qu'avait
réunis Charles Bulteau, doyen des secrétaires du roi^^*; deux cent quatre-
Leprince, Essai historique sur In bibliothèque
du Roi, p. 78. — Sur loiile cette affaire, voyez
li. Hauréaii, Singularités historiques et littéraires,
j). 2 86 et siiiv.
B. de Montfaucon, Eloge de Clément, en tête
des Hexaples d'Origène. — G. Duplessis , Le cabinet
des estampes h la Bibliothèque impériale, p. 7.
Sur l'origine de la biljliotlièque de Charles
BIBLIOTHEQUE DU ROI. 191
vingt-dix manuscrits provenant de la collection de Melchiscdech Thévenot*^', qui,
en 1 C8/i, avait remplacé comme garde l'abbé de Varès, et vingt-neuf planches de
la description de Tliôtel des Invalides ])ar Boulancourt. Presque en même temps,
Caille du Fourny, auditeur de la Chambre des comptes, laissait au roi six porte-
feuilles remplis de pièces relatives aux duchés de Lorraine et de Bar et Antoine
Galland lui léguait cent manuscrits orientaux La bibliothèque renfermait alors
(171^) au moins soixante et dix mille volumes W.
M. de Gaignières avait donné au roi, dès 1711, sa magnifique collection, qui
comprenait des imprimés, des manuscrits, des tableaux, des cartes et des estampes;
ces richesses, déposées d'abord chez M. de Clerambault, qui avait été chargf'
d'en dresser inventaire, entrèrent à la bibliothèque pendant la première année
du règne de Louis XV.
Mais plus l'établissement s'augmentait, plus l'insullisance du local se i'aisail
sentir. Le sui'intendant obtint du régent l'autorisation de le transporter dans la
grande galerie du Louvi-e; les plans et devis furent arrêtés, et l'on commençait à
poser les tablettes, quand l'arrivée de l'infante dEspagne, qui devait habiter ce
j)alais, vint arrêter les travaux Louvois mourut sur ces entrefaites (5 novembre
1718), et l'abbé J.-P. Bignon lui succéda '''l Son premier soin fut de classer à la
hibliotlièque trois cents volumes environ légués par son prédécesseur; lui-même
se défit aussitôt des collections ([u'il avait rassemblées, et donna au roi ses manus-
crits orientaux. 11 eut aussi l'idée de dresser un nouvel inventaire de tout ce que
renfermait la bibliothèque; mais ce travail, commencé en octobre 1721, ne fut
point achevé. C'est enfin à Bignon que l'on doit la division de l'établissement en
quatre départements : celui des manuscrits, celui des imprimés, celui des titres et
généalogies, et celui des estampes. Les médailles étaient encore à Versailles. En
conséquence de cette nouvelle organisation, Jean Boivin fut nommé garde des
manuscrits, l'abbé de Targn\ eut les imprimés, Guiblet les titres, et Deiahaye les
estampes.
Bulleau et de son frère Louis, voir io préface du
catalogue de la Bibliothcca Biiltcliiann , qui fut pu-
blié en 171Q, et ie Journal des Savants, anne'e
1712, p. 64.
Sur cette collection , voyez : Ménagiana, t. II,
p. 178; — Michel de Maroiles, Paris ou descrip-
tion succincte de cette grande ville, p. 5o ; — Journal
des Savants, année 1696 , p. 68.
Leprince, Essai liistoriqiic sur la bihliothequc
du Roi, p. 1 98.
Niceron, Mémoires pour servir à l'hisloirc des
hommes illustres, t. Vf, p. i8().
Jourdain, Mémoire histori'fue sur la biblio-
thèque du Roi/, p. i.iii.
Leprince, Essai historique sur la bibliothèque
du Roi, p. 85.
La famille Bignon régna à la bibliothèque du
Pioi pendant plus d'un siècle et demi; c'est à elle
que Villiers faisait allusion, en 1796, dans un
rapport à l'Assemblée nationale, quand il disait
que la bibliothèque avait été rr réservée à quelques
rr familles privilégiées dont elle semblait être l'héri-
ftage.s Jérôme Bignon, le chef de cette dynastie
de bibliophiles, possédait une magnifique biblio-
thèque, qui rr renfermait les meilleurs livres en toutes
rr sciences. T) Quand il mourut, en i656, il la laissa
à Jérôme son fils, qui lui-môme la transmit à son
fils Jean-Paul. Cette bibliothèque était alors devenue
192 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
On acquit encore à cette époque six cents manuscrits provenant de la biblio-
thèque de Philibert de la Mare, conseiller au parlement de Bourgogne et huit
frl'ime des plus nombreuses et des plus accomplies
fr qu'on puisse avoir." Composée d'environ soixante
mille volumes, elle remplissait toute la partie supé-
rieure de la maison qu'occupait Bignon, rue des
Bernardins, et était sous la garde de l'abbé Bor-
nemann.
Une marque fort simple figurait seule sur les
plats :
et sur le dos des volumes
l'ar une exception assez rare, même à cette époque,
Bignon rme refusoit pas l'entrée de sa bibliothèque
craux curieux, et recevoit très-bien les étrangers. «
(3n retrouvait en lui le zèle éclairé et la sévère
probité qui avait été une des gloires de son grand-
père; aussitôt qu'il fut nommé à la bibliothèque
du Roi, il songea à se défaire de la sienne, afin de
pouvoir se consacrer tout enlier à celle dont les
intérêts venaient de lui être confiés. Il mit de côté
ses livres chinois, tarlares el indous, les donna à
la bibliothèque du Roi , el vendit tout le reste.
Sur la bibliothèque de la famille Bignon, voyez :
Pérau, Vie de J. Bignon, Paris. 1767, in-i-j ; —
J. C. Némeitz, Le séjour de Paris, etc. 1. 1, p. 27/1 ;
— Alinanacli roi/al, année 1709, p. 219; — L.
Jacob, Traicté des plus belles bibliothèques, p. 5oo;
— Le Voyageur fidèle, etc. p. 819; — Mémoires
de l'Académie des inscriptions , t. XVI, p. 876, el
t. XL , p. 1 87 ; — Taisand , Vies des Jurisconsultes .
p. 71; — Maichelius, Litroductio ad historiam lite-
rariam de prœcipuis bibliothecis , p. ^9 et 5o.
Il mourut en 1716. Sa collection fut vendu
BIBLIOTHEQUE DU BOI.
193
cents manuscrits qui avaient appartenu au savant Etienne Baluze. Celui-ci, ori-
ginal jusqu'à la fin, avait institué pour légataire universelle une femme étran-
gère, quoiqu'il chérit ses livres et qu'il eût, de sa belle écriture, mis son nom
presque sur chacun d'eux,
Au lieu d'imiter les bibliopiiiles de son temps, qui, désireux de voir leur col-
lection leur survivre, exprimaient le vœu qu'elle ne fôt pas dissipée après eux,
lîaluze fit une clause spéciale pour ordonner le contraire : rr Je défends et prohibe
rr expressément, dit-il, la vente de ma bibliothèque en gros, voulant ([u'elle soit
cr vendue au plus offrant et dernier enchérisseur, afin que les curieux en puissent
avoir leur part, y ayant une très-grande (quantité de livres rares, difficiles à
«trouver, et que les gens de lettres seront bien aises d'avoir l'occasion d'acquérir, ii
Sa volonté, à cet égard, ne fut point respectée. Les livres imprimés furent, il est
vrai, vendus aux enchères, mais Bignon obtint du duc d'Orléans l'autorisation
d'acheter les manuscrits pour la bibliothèque du Roi. B. de Montfaucon et le
P. Lelong en firent l'estimation, et ils furent payés 3o,ooo livres ^'l
7.000 livres aux libraires Ganeau et Moette. La
bibliothèque du Roi leur paya a,5oo livres les ma-
nuscrits; encore Ganeau se réserva-t-il ceux qui
renfermaient des notes autographes de Sauniaise.
Etienne Baluze fut peut-être le plus gai et le
plus original de tous les érudits du xvii' siècle. Sa-
vant de premier ordre, mais en même temps ami
ge'néreux et joyeux convive, il fit longtemps de sa
maison le rendez -vous de tous les hommes dis-
tingués de son époque, et c'est surtout à lui que
l'on doit l'introduction en France de ces soupers
littéraires dont l'usage se prolongea avec tant d'é-
clat jusqu'à la fin du xvni" siècle. Successivement
secrétaire de trois archevêques, il remplaça, en
1662, Carcavi, comme bibliothécaire de Golbert,
et son zèle éclairé contribua pour une large part
à la formation de l'admiralile bibliothèque de ce
ministre.
Après la mort de Golbert , cette collection passa
à son fils, le marfpiis de Soignelay. Mais Baluze,
ne trouvant pas auprès de celui-ci ffles mêmes
fragrémons.-" renonça à cette position et se retira,
en 1700, dans une jolie maison dépendante du
collège des Ecossais. Il y installa avec nu certain
luxe la belle l)ibliotliè(pie qu'il sélait formée et
dont il dressa alors lui-même le catalogue. Elle
renfermait quatorze mille volumes imprimés et près
de mille manuscrits, auxquels il faut joindre envi-
ron cinq cents recueils de pièces originales , conte-
nant un nombre considérable de bulles pontificales,
de chartes, lettres, actes de différents rois et mi-
nistres; des titres relatifs aux abbayes, aux monas-
tères, aux églises, aux conciles; des décrets, des
ordonnances, des testaments, des délibérations po-
litiques, etc. et enfin toutes les œuvres manus-
crites de M. de Marca.
Accusé, en 1709, d'avoir voulu soutenir, dans
son Histoire de la maison d'AuL-ergne , les prétentions
du duc de Bouillon sur la |)rincipauté de Sedan,
Baluze fut exilé. Ses livres, pondant son absence,
restèrent en dépôt à l'abbaye de Sainte-Geneviève;
on les lui rendit en 1713. après la paix d'Utrecht,
quand il obtint son rappel. 11 mourut en 1718,
et le catalogue de sa collection fut publié l'année
suivante.
On peut consulter sur l'histoii'e de cette biblio-
thèque : Taisand, l ies des Jiirisconsiilles, p. igS;
— J. G. Némeitz, Le séjoar de Paris, etc. t. I.
p. 9.80; — G. Brice, Xourelle de^cri/ition de Paris,
t. III, p. Sgfi; — Leprince. Essai hisloriqite sur la
hibliolkèrjiie du I\oi , p. 1 9O : — Journal des Savants ,
année 1719. p. 207; — Niceron, Mémoires pour
servir à l'histoire des hommes illustres, etc. t. I,
p. 19?
Lectori, en lêlo du catalogue de la
19/i LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Le local de la rue Vivienne devenait chaque jour plus insuffisant : crFatendum
rrest, disait à cette époque Maichelius, hune locum non respondere prœstantiœ
rcatque amplitudini hujus bibliothecœ, neque hic adparere dignum patella opér-
er culum n On commençait en outre à craindre réellement pour la solidité de
l'édifice, car les planchers pliaient sous le poids immeuse des livres qu'ils suppor-
taient. Les considérants d'un arrêt rendu le ii octobre 1720 portent que, rtle
rr sieur abbé Bignon ayant voulu faire mettre les lieux en état, la maison oii ladite
rr bibliothèque est actuellement s'est trouvée si caduque et si surchargée, qu'il
cra fallu en étayer diligemment la plus grande partie '^'.n La chute de la fameuse
banque de Law venait précisément de laisser libre l'hôtel de Nevers, dans la rue
Richelieu; Bignon le demanda pour la bibliothèque du Roi, et le transport des
livres commença aussitôt
Les nouveaux bâtiments, situés entre les rues Neuve-des-Petits-Champs, Vi-
vienne, Colbert et Richelieu, avaient été en grande partie construits par Mazarin,
qui les avait habités pendant toute sa vie et y avait accumulé ses richesses artis-
tiques et sa magnifique bibliothèque Après sa mort, le palais fut divisé en deux
lots. Le premier, donnant sur la rue Vivienne, fut attribué au duc de la Meille-
raie, époux d'une nièce du cardinal, et porta jusqu'en 1719 le nom d'hôtel de
Mazarin. Le second lot, situé du côté de la rue Richelieu, échut au marquis de
Mancini, et devint l'hôtel de Nevers; la banque de Law y eut ses bureaux, et le
célèbre financier venait de quitter la France quand ce local fut accordé à la biblio-
thèque du Roi, qui comptait alors quatre-vingt mille volumes imprimés et seize
mille manuscrits La galerie, qui servait naguère de salle publique de lecture,
avait été élevée par Law et n'était point terminée; du moins les portes ni les
fenêtres n'étaient pas encore posées.
Au reste, il fallut tout le crédit de l'abbé Bignon, appuyé par le comte de
Maurepas, pour faire ratifier cette prise de possession, et c'est en 172/1 seule-
ment que l'on put obtenir les lettres patentes en vertu desquelles Louis XIV affec-
tait à perpétuité l'hôtel de Nevers à l'installation de la bibliothèque du Roi. On
eut presque aussitôt l'idée d'agrandir les bâtiments du côté de la rue Richeheu, en
construisant une galerie transversale pour relier les salles de l'est avec celles de
l'ouest; mais ce projet dut être ajourné par suite des réclamations de la marquise
Bibliotheca Balaziana; — Piganiol de la Force,
Description historique de Paris, t. III, p. \hh\ —
G. Brunei, Dictionnaire de hihliologie, p. to6i; —
Alf. de Bougy, Histoire de la bibliothèque Sainte-Ge-
neviève, p. 1 o3.
Maichelius, Introductio adhistoriam literariam
de prœcipuis bihliothecis (1721), p. 48.
Arrestdu Conseil d' Estât du roij, concernant la
Bibliothèque de Sa Majesté, p. 2.
En septembre 1721.
Voyez plus loin notre notice sur la biblio-
thèque du collège Mazarin.
Maichelius, Introductio ad historiam literariam
de prœcipuis bibliothecis , p. 17. — L'année suivante
(1722) le nombre des imprimés était le même,
mais la bibliothèque possédait deux mille manus-
crits de plus; voyez G. Wallin, Lutetia Parisiorum
erudita stii temporis, etc. p. 116.
BIBLIOTHEQUE DU ROI. 195
de Lambert ('l Au mois de mars 1698, le duc de Nevers lui avait cédé l'extrémité
de la galerie qui s'avance vers la rue Colbert; elle y avait dépensé des sommes
importantes, avait même fait élever à ses frais le corps de logis encore existant
rue Colbert, n° 12. Ses droits furent reconnus, et l'on dut, pour agir, attendre la
mort de la marquise, qui arriva en 1783
Les acquisitions, un instant suspendues, reprirent avec d'autant plus d'ardeur
que le nouveau local offrait toute facilité pour le classement d'un nombre im-
mense de volumes. On y apporta d'abord les deux vastes globes de Goronelli,
offerts à Louis XIV par le maréchal d'Estrées et qui étaient restés jusque-là
à Marly On vit arriver ensuite tous les livres du cabinet du Louvre qui venait
d'être réuni à la bibliothèque du Roi (1722); la collection particulière de
Dacier, laissée à Louis XV par testament; les cent vingt-neuf gravures des ta-
bleaux de Van der Meulen, retraçant le règne de Louis XIV (172/1); un recueil
de soixante mille pièces diverses imprimées et manuscrites, données par Morel
de Thoisy, rt trésorier payeur des gages de la cour des monnoyes'*^' ; r> la bibliothèque
musicale léguée au roi par Sébastien de Brossard; un nombre considérable de
volumes expédiés de Madrid, de Lisbonne, d'Amsterdam, de Venise, de Londres,
de la Haye, de Saint-Pétersbourg, ou achetés aux foires de Francfort et de
Leipsick; enfin plusieurs ouvrages liturgiques donnés par le P. Lebrun, de l'Ora-
toire (1727). Les abbés Sevin et de Fourmont furent envoyés à Constantinople
pour copier le catalogue de la bibliothèque du Sultan (1728); ils rapportèrent
en outre plus de six cents manuscrits. Le directeur de la Compagnie des Indes
fut invité à mettre à profit ses relations avec l'Orient pour procurer au roi des
Anne-Tliérèse de Marguenat de Coiircelles,
fille d'Etienne Marguenat, seigneur de Courcelles,
mort maître des comptes en i65o.
Archives de l'Empire , st^rieQ , carton n° 1 1 58.
— Frédéric Lock, dans le Bulletin du Bouquiniste ,
année i865, p. 38i.
Nous reproduisons ci-contre, d'après V Architec-
ture française, de Blondel (t. III, p. 80), le plan
des bâtiments qui composaient la bibiiolhè(jue du
Roi en 1754. Les lettres de renvoi sont ainsi expli-
quées :
A, pieds-droits désignant le commencement d'un
mur de séparation entre les deux parties de la cour.
B , escalier conduisant au premier.
C , escalier conduisant au premier.
D, salles renfermant les presses, les papiers
d'impression, les doubles des épreuves, etc.
G, atelier occupé par M. Pierre, peintre du roi.
H, atelier occupé par M. Restout, peintre du roi.
I, bureaux, salles de rédaction des catalogues.
K , chapelle. On y dit la messe les dimanches et
fêtes seulement.
M, salle des globes.
N , escalier conduisant au cabinet des médailles.
R, escalier.
T, cour autour de laquelle se trouve le logement
de M. Bignon.
Voyez le tome I , p. ni.
Voyez Ph. de la Hire, Description et explica-
tion des globes qui sont placés dans le pavillon du
château de Marly, Paris, 1706, in-8''. — La salle
qu'ils occupent aujourd'hui à la Bibliothèque im-
périale fut construite pour eux en 1781.
J.-F. Jugler, Bibliotheca historiœ Ulterariœ se-
lecta, t. I, p. 217. — E.-J.-B. Rathery, Notice
historique sur l'ancien cabinet du Boi , p. 10.
Les pièces relatives à la jurisprudence forment
385 volumes, la théologie en remplit 172, l'his-
toire 8G, et les belles-lettres là- — Leprince, Essai
historique sur la bibliothèque du Roi, p. 222.
35.
196 Î-ES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
mamiscrits persans et sanscrits. En 1729, deux cent soixante manuscrits, conservés
jusque-là à Versailles, sont transportés rue Richelieu; on acquiert six cents manus-
crits appartenant aux héritiers du président de Mesmes''' (1 ^Si), et quatre-vingt
mille estanqies provenant de l'évêque du Puy, fils du marquis de Beringhen.
De Mesmes eut pour bibliothécaire Florent
Gbrélien , puis Gabriel Naudé, qui lui dédia son
Advis pour dresser vue bibliothèque. La Croix du
Maine, Fauchet, Passerai, Turnèbe et Lambin ont
fait l'éloge de cette collection, que Christine de
Sui'de cbei'cba à acquérir. Les ouvrages qui com-
posaient ce cidjinol avaient été clioisis avec un très-
grand soin et se faisaient plutôt remarquer par leur
mérite réel que par leur condition. Les reliures
étaient , en général , assez simples ; plusieurs d'entre
elles, cependant, avaient reçu les armoiiies du
célèbre magistrat, (pii portait : écartelé. au 1 d'or
au croissant de sable, aux 9 et 3 d'argent à deux
lions léopardés de gueules posés l'un sur l'autre,
au 4 d'or à une étoile de sable au chef de gueules
et en pointe coupé et ondé d'azur.
BIBLIOTHÈQUE DU BOI. 197
Pour perpétuer le souvenir d'acquisitions si nombreuses, l'Académie des ins-
criptions fit frapper, en 17.32, une médaille qui olTrait d'un côté le buste de
Louis XV et de l'autre ces mots j)lacés au milieu d'une couronne formée de lauriei-
et d'olivier : Quod bono reipublic^ liter. consuluit bibliothecA regiâx, millib. codd.
Mss. AUCTÀ M Dcc xxxu. Cette médaille, cr témoignage immortel de juste reconnois-
trsance,n comme dit Leprinco existe, mais en bronze seulement, au cabinet de
la Bibliotlièque impériale.
Frapper une médaille en l'honneur de Sallier ou de Sévin nous eût paru beau-
coup plus logique. Il est assez étrange de célébrer ainsi le mérite d'un roi qui
cnricliit sa propre bibliothèque, et l'on sait de reste que Louis XV n'employait
pas précisément ses loisirs à des études bibliographic[ues ou littéraires.
Après la mort de Colbert, l'admirable bibliothèque qu'il avait formée échut
lin monogramme assez élégant :
On pent consulter sur cette bibliothèque: La Ci'oix
fin Maine, Bihliotlù-que française, t. I , p. 36g; —
.1. Passerai, Œuvres poétiques ,\>. 3 et 6; — Bur-
mann , Sylloges epislolurum , t. III, ]). i6i; — Le-
gallois, Traitlé des plus belles hihUothèques , p. 127;
— G. Naudé, Advis pour dresser une bibliotlièque ,
p. G et dédicace; — Warée, Curiosités judiciaires,
p. 29; — P. Paris, les Manuscrits frauçois de la
bibliothèque du Roi, t. I, p. 16; — Leprince, Essai
historique sur la bibliothèque du Fioi, p. i<)'j; —
Michel de Marolle.s, Paris ou description succincte et
néantmoins assez ample de cette grande ville, p. h h;
— L. Jacob, Traicté des pins belles bibliothèques ,
p. 538 et appendice.
Essai historique sur la bibliothèque du Roi,
p. 96.
Colbert avait commencé à former sa biblio-
thèque vers i658; il y engloutit des sommes im-
198 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
à son fils le marquis de Seignelay. On en dressa l'inventaire'", où nous voyons
les volumes imprimés estimés hi,Skh livres, et les manuscrits i3,oi^ livres. Le
marquis de Seignelay eut le bon esprit de conserver Etienne Baluze pour biblio-
thécaire, et il veilla à ce que les acquisitions commencées par son illustre père
fussent continuées. Le marquis de Seignelay mourut le 3 novembre 1690, et la
bibliothèque devint la propriété d'un autre fils du grand Colbert, Jacques Nicolas,
archevêque de Rouen. Celui-ci s'occupa de l'augmenter et en rendit l'accès facile
aux érudits, «strenue laborat in augenda et illustranda haec bibhotheca , 1? dit
Maichelius*^'. Bien que Maichelius prétende encore qu'elle était «non in mole sed
rc in bonitate Xdpts, n il résulte de l'examen du catalogue qui en fut dressé plus
tard'^) qu'elle renfermait environ soixante mille volumes, reliés avec un grand
luxe , aux armes
et au chiffre
du célèbre homme d'État.
nienses, et employa pour l'augmenter jusqu'à ses
agents diplomatiques. En 167^ , il acquit la biblio-
thèque de Chandelier; en 1676, celle d'André Du-
chesne et les manuscrits de Claude Hardy; en
1676, celle de l'académicien Balesdens. Sa riche
collection, qui fut successivement administrée par
Carcavi, par Etienne Baluze, par les abbés Du-
chesne et Guillaume Milhet, était installée dans son
hôtel de la rue Neuve -des -Petits -Champs, où,
suivant Legallois (Trailté des plus belles hibliolhhques
de l'Europe, p. 126), il lui avait réservé une salle
ff fort propre et fort agréable, n
Bibliothèque impériale, manuscrits, mélanges
de Colbert, n° 77.
Maichelius , Introductio nd hisloriam literariam
deprœcipuis hihliothecis, p. 61. — Voyez aussi \Al-
manach royal, année 1709, p. 219.
Bibliotheca Colbertina, seu catalogus libroriiiii
BIBLIOTHÈOUE DU ROI. 199
Parmi les iii-folios, un nombre considérable d'ouvrages étaient revêtus de splen-
dides couvertures de maroquin rouge, qui portaient sur les plats les armoiries de
Colbert : d'or à une couleuvre d'azur posée en pal.
bihliolhccœ qiKP fuit primum illmlriss. V. dom. J.-B.
Colbert, rcfjtii admitiislvi , drindo illiisiri.ss. V. doni.
J.-B. Colbert. marchio)ti.s de Selijiielay ; postea l'cier.
et illiistr. d. .I.-Mc. Colbert, Rotliomairensis nrcliie-
jmcojil , (te demnm illiisiriss. d. Ctiroli Leonorli Col-
bert, coiiiitk de Seigiieliiii, Pai is. i 798 , 3 vol. in-8°.
200 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
et son monogramme à chaque coin :
L'archevêque de Piouen laissa cette magnifique collection à son neveu Charies-
Eléonor Colhcrt, comte de Seignolay. Plus curieux d'argent que de science, ce-
lui-ci vendit d'ahord les imprimés aux enchères^'', et les manuscrits allaient avoir
le même sort, quand le roi intervint. En août 1728, quatre experts furent nom-
més, l'ahbé Sallier et Falconet pour le roi, le P. Montfaucon et Lancelot pour
M. de Seignelay; mais il ne purent s'accorder sur festimation de ces trésors, et
quatre années se passèrent en contestations. Le petit-fds de Colhert prit alors le
parti d'olfrir (février 1732) tous les manuscrits au roi, en le priant de régler
lui-même la somme qu'il jugerait à propos d'en donner. On s'arrêta au chiffre de
3oo,ooo livres, dont la quittance fut passée le 27 mai 1782 par-devant M"' Bronod
et Junot, notaires à Paris; et, le 1 1 septeiubre de la même année, la collection
fut transportée à la bibliothèque du Roi.
On acheta encore près de huit mille volumes tirés du cabinet de M. de Cangé
(août 1733); puis Lancelot donna au roi deux cents manuscrits et cinq cents
portefeuilles remplis de pièces détachées. En 178/1, fabbé Sallier fait entrer à la
bibliothèque quatre cents chartes du xi%iu xv^ siècle, presque toutes revêtues de
sceaux précieux; M. de Targny obtient tous les manuscrits de l'abbé Drouin.
M. de la Baslie, ambassadeur en Italie, envoie un grand nombre de volumes; le
La Bibliollièque du roi en acheta mille environ.
Lej)rince , Essai Imlorique sur la hihUotlteqnc
du roi, p. 207. — Le catalogue dTmberl de Cangé a
été publié en lySS, in-ia; il est aujourd'hui très-
recherché. Sauf" dans deux ou trois exemplaires, le
nom de Cangé ne ligure pas sur le titre.
BIBLIOTHEQUE DU ROI. 201
comte de Fronlay, ambassadeur à Venise, tous les livres arméniens que renfermait
cette ville; le marquis de Villeneuve, ambassadeur à Constantinople, des manus-
crits orientaux; et le marquis de Bonnac, ambassadeur en Suisse, plusieurs ma-
nuscrits turcs.
Pendant cette jiériodc, quelques cliangements avaient eu lieu dans le personnel
de l'établissement. Boivin, mort le 29 octobre 1796, avait été remplacé par
l'abbé Sallier. Le 3 mai 1737, le décès de l'abbé de Targny permit de donner
son enq)loi à Tabbé Sévin, qui lui avait été adjoint depuis longtemps. Celui-ci
mourut en 17^1, et eut pour successeur Melot, de l'Académie des Inscriptions.
Enfin l'abbé Bignon, parvenu à sa quatre-vingtième année, se retira (17/11) cl
laissa la place à son neveu Bignon de Blanzy, qui mourut en mars 17/13, et eut
pour successeur Armand-Jérôme Bignon, son frère.
Un événement très-important avait eu lieu dans l'intervalle. La bibliothèque
du Roi s'était décidée à suivre l'exemple que lui donnaient déjà à Paris quatre
bibliothèques; elle avait, en 1735, ouvert ses portes au public.
VAlma7iach royal de 1 709 s'exprime ainsi : rrEn attendant qu'on luy ait donné
crun vaisseau propre pour placei' tout le monde, les sçavans qui se font connoître
rf y sont toujours aussi bien reçus que dès les premiers jours de cet établisse-
rment''';!! ce qui signifie qu'on n'y pouvait entrer qu'au moyen de puissantes
recommandations. L'abbé Bignon résolut de modifier dans le sens le plus libéral
cette organisation; il obtint, le 11 octobre 1720, un arrêt du conseil, qui était
ainsi conçu : rrLa bibliothèque du Roy sera ouverte à tous les sçavans de toutes
ffles nations, en tout temps, aux jours et heures qui seront réglez par le biblio-
ccthécaire de Sa Majesté, et il sera préparé des endroits convenables pour y rece-
rr voir lesdits sçavans et les mettre en état d'y vacquer à leurs études et recherches
ravec toute commodité. Outre lesdites entrées accordées aux sçavans, ladile
cr bibliothèque sera ouverte au public une fois la semaine, depuis onze heures du
rc matin jusqu'à une heure après midi; et seront alors toutes les personnes que Sa
T Majesté a déjà attachées à ladite bibliothèque, ainsi que les autres qu'Elle se
cr propose d'y attacher encore, sous les ordres dudit sieur bibliothécaire, obligées
rrde se trouver durant ledit temps és sales, cabinets et galleries d'icelle, pour
r satisfaire la curiosité de tous ceux que l'envie de s'instruire y attirera n II faut
noter comme un fait très-remarquable, la distinction, déjà jugée nécessaire à cette
époque, entre les lettrés et le public proprement dit. Mais toutes ces bonnes
Alinanacli royal, année 1709, p. -218.
Arrest du conseil d'Estal du roy concernant la
hlhllollicf/iie de Sa Majesté, articles 3 et
L'article -2 était ainsi conçu : ffll ne sera tiré
(fde ladile bibliothèque aucun livre, médaille, ni
f antre chose quelconque inscrite sur les inven-
11.
fftaires ou catalogues, sous prétexte de le prêter
trà qui que ce puisse être, ou pour toute autre
«raison, sans un ordre exprès de Sa Majesté, si-
trgné par le secrétaire d'État ayant le département
irde sa Maison, et adressé au bibliothécaire de Sa
ff Majesté. T
2G
•202 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
intentions restèrent d'ailleurs longtemps encore à l'état de théorie; VAlmanacli
royal de 1721 et celui de 1722 l'avouent avec un certain embarras : ce Les Liblio-
fftèques, y est-il dit, ayant été de tout tems regardées comme les trésors dos
sciences et des arts, il est juste qu'il y en ait de publiques dans cette capitale du
ffi'oyaiime, afin que les particuliers qui ont du génie, sans avoir la commodité
ffdes livres, ne manquent pas de ces moyens pour cultiver et faire valoir leuis
rrtalens. La bibliotèque du Roy avoit été destinée à cet usage, qui avoit déjà été
recommencé il y a quelques années'^', et qui n'a discontinué C[u'à cause de la peti-
rrtesse du lieu où elle se trouve, en comparaison de la nudtitude de volumes
ff qu'elle renferme ^'l n Cincj ans après, on déclare d'une manière positive que rrla
rr bibliotèque sera ouverte au public trois fois la semaine, depuis onze heures du
rr matin jusqu'à une heure après midi^^'.i^ Mais cette promesse n'était pas encore
réalisée en lyS/i, car, à cette ànte ,V Alnianach 7'oijaJ annonce encore que, rc quoique
rrles travaux que le Roy a ordonné depuis quelque tems pour l'embellir n'ayent
frpas encore permis de la rendre publique à des jours et heures marquées, les
rrsçavans et les curieux françois ou étrangers y trouvent en tout tems un accès
fr facile W.T C'est l'année suivante que ces projets, si longtemps dilférés, reçurent
leur exécution; on lit, en effet, dans un Guide de 1786 : rt Quoique les travaux
rr qu'on fait faire à la bibliothèque du Roi ne soient pas encore finis, on ne laisse
rrpas d'y recevoir les mardis et vendredis jusqu'à midi ceux qui y vont pour
f étudier; et ceux c|ue la curiosité seule y conduit y trouvent toujours un accès
rr facile auprès des pei'sonnes à qui M. Bignon en a confié le soin '^'.n L'Almanacli
royal de 1787 confirme purement et simplement cette asseiiion''''. Ajoutons que
les vacances duraient du 8 septembre au i5 novembre, et qu'aucun changement
n'eut lieu dans cette organisation jusqu'à la fin du xvui*' siècle.
On travaillait alors activement à l'impression du catalogue des livres imprimés,
dont la rédaction avait été confiée à Capperonnier, Boudot et Sallier. Le premier
volume parut en 1739, le sixième et dernier en 1753-. ils furent l'objet de cri-
tiques assez vives Les trois premiers volumes sont consacrés à la théologie, les
deux suivants aux belles-lettres, le sixième à une partie de la jurisprudence. En
tète se trouve un Mémoire historique sur la hibliollièquc du Roy, résumé fait avec
soin, mais fort incomplet pour les temps qui précèdent le règne de Louis XIII;
l'auteur a cependant le mérite d'avoir ouvert la voie et facilité la tâche de ses
successeurs. Le Catalogus codicum manuscriplorum hihliolhecœ regiœ devait ])araîti'e
Allusion il la teatalivo faite en ifig-j.
AliiKiiiarh vdijal, années 1 7-3 1 et 1 732 , p. 'j5 3.
Abnanach royal, année 1727, p. 281.
Abnanach roijal , année 1734, p. 3ii.
S. de Valhebcrt. L'agenda du roijagciir à
Paris, p. 08.
Abnanach royal, année 1737, p. 393.
Voyez J. Saas, Lettre d'un académicien à M*"
sur le catalogue de la hihUothè'iuc du Roi, s. i. n. (1.
in-i 2.
L'alibé Jourdain, entré comme secrétaire à
la bibliothèque e'' juillet 172/1.
niBLlOTIIKQUE DU ROI. 203
en inniic temps ([iic celui des imprimés; quali'e volumes seulement fui-eiit pu-
bliés, de 1739 à 17/1/1.
La retraite et la mort si rappi-ocliées de deux surintendants avaient momenla-
némont ralenli les ac([uisilions; elles reprirent en 1706 par l'achat de cinquanle
manuscrits du savant Ducann^e, pres(|ue tous l'elalifs à la Picardie, et (jui lurent
j)ayés au moyen dune l'entc via<jèrc de trois mille livres'''. Le 3 avril, on eut
trois cents précieux volumes appartenant à la cathédrale de Paris Dans le
cours de la même année, la bibliothèque du Roi reçut encore la collection d'es-
tampes du maréchal d'Lxelles, (!t quatre cents manuscrits de M. de Sérilly qui
i'orniaient le plus riche recueil de jurisprudence qu'il y eût alors en Europe,
ï/année suivante, on acheta pour vin^jt-deux mille francs les trois mille trois cents
médailles rassemblées par M. de Cary Ce fut bientôt le tour d'un des plus pré-
cieux cabinets de Paris, celui du médecin Falconet, qui avait réuni près de
cinquante mille volumes'*'. En 17/12, il ofïVit à Louis XV tous ceux de ses livres
qui ne se trouvaient pas à la bibliothèque du Roi '■'', s'en réservant seulement l'usage
pendant sa vie '°'. Falconet mourut en 1762'^', et Capperonnier fut alors chargé
' ' Leprince , Essni historique sur la bibliolhèfjue
du Roi, p. 208.
Voyez tome 1", p. 38 et suiv.
Mai'ion-Duinersan , Histoire du cabinet des
médailles, p. 161.
Mémoires secrets dits de Backaumont , 9 fé-
vrier et ili novenil)re 176-2, t. t, p. ho et lAG.
— Avertissement , en tète du Catalogue de la biblio-
thèque de Falconet, p. v.
Le Tliieullicr, UrerislaudatioC. Falconet, p. 20.
Avertissement, en tête du Catalogue de la bi-
hlinlhcque de Falconet, p. vi.
Le nom do Falconet fut, pendant plus de deux
siècles, célèbre dans la médecine. Camille Falconet
était le pelit-rds d'André Falconel , qu'une intime
amitié unissait à Gui Patin, et c"est sans doute dans
la fréquentation du savant bibliophile que le jeune
homme puisa cet amour des livres qui, autant
que ses travaux scientifiques, l'ont recommandé à la
postérité. Dès i'iîge de vingt et un ans, il commença
à former sa bibliothèque, et il poiu-suivit celte tache
juscpi'à sa mort arrivée soixante et dix ans plus tard.
Devenu médecin du duc de Bouillon, il se concilia
rapidement ralTection de celle famille, et, quand
mademoiselle de Bouillon mourut, elle lui légua la
belle bibliothèque qu'elle tenait de son père. Ce
n'était au reste pas pour lui seul que Falconet réu-
nissait tant de volumes; connue Gui Patin, il met-
tait avec empressement ses trésors bibliographiques
à la disposition non-seulement de ses amis, mais
même de toutes les personnes studieuses. Un de
ses biographes nous dit que la célèbre devise de
Grollier ciit dii figurer sur tous ses livres, et un
ouvrage publié de son vivant nous déclare que
(fsa bibliothèque pourroit être mise au rang des
rrbibliolhèques publiques, puisque les gens de
rrlellres ont la liberté d'y aller faire les recherches
rrdoiit ils ont besoin. n On assure même quil lui
arrivait souvent de racheter des ouvrages qu il
avait prêtés, supposant que, puisqu'on ne les lui
rendait pas, on les avait perdus, ou i'on désirail
les garder. Ouand l'âge le força de renoncer à sa
profession, il se livra tout entier à la recherche des
seules richesses qu'il ail jamais souhaitées : frlotus
fffnit in augendis avidilale spleudida diviliis quibus
ffsolis vota excitari poluissent alque cumulari.n
Nous n'avons pas rencontré (Vex libris gravé sur
ses volumes, mais il écrivait souvent au milieu du
litre cette phrase :
qui ne présente guère d'autre variante que la date
de l'année où il avait acheté le livre.
Outre les ouvrages déjà cités, on peut consulter
2G.
20/1 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
fie l'examen des volumes; après dix-huit mois de travail, il y prit pour la biblio-
thèque onze mille soixante et douze volumes estimés au moins vingt mille livres.
Le roi n'avait cependant donné à Falconet qu'une rente de douze cents livres ré-
versible sur la tête de sa sœur; les autres héritiers réclamèrent auprès de Bignon,
qui fit accorder au sieur Drouet, neveu du défunt, la survivance de la pension
de douze cents livres; il obtint en même temps pour Gapperonnier une gratifica-
tion de six cents livres f'^l
L'expulsion des Jésuites, qui eut lieu l'année suivante, fit encore entrer rue
Richelieu un grand nombre de volumes. Ces religieux avaient cà Paris, dans diflé-
rents établissements, trois bibliothèques et l'abbé Boudot fut chargé d'y prendre
les ouvrages que le roi ne possédait pas. Le savant évêque d'Avranches, Huet, avait,
en 1691, légué tous ses livres aux Jésuites de la maison professe, rue Saint-An-
toine, à condition qu'ils seraient conservés à part, et que, sous aucun prétexte,
ils ne seraient déplacés, rrsin secus fiât, disait l'acte de donation, irritam esse do-
rr nationem hanc, et liœredibus suis hîeredumve posteris bibliothccœhujus repetendfe
rr jus auctoritatemqueessevoluit. n Ces livres allaient être vendus, quand M. de Char-
signé, neveu et héritier de Huet, les réclama, et un arrêt du 1 5 juillet 1-768 les lui
attribua. L'impératrice de Russie en offrit cinquante milleécus; M. de Charsigné
refusa, et, ne sachant où placer tant de volumes, il pria M. Bignon de les recevoii-
en dépôt. Celui-ci les fit provisoirement installer dans une des salles de la biblio-
thèque du Roi; il s'entendit ensuite avec le ministre pour tâcher de les y consei-
ver. Des ouvertures furent faites en ce sens à M. de Charsigné, qui, moyennant
une rente de dix-sept cent cinquante livres , céda au roi la bibliothèque de son oncle.
Elle se composait de huit mille deux cent soixante et onze volumes imprimés, et
de deux cents manuscrits grecs, latins, turcs et arabes.
En 1765, le président de Mesnières offrit à Louis XV soixante et onze cartons
remplis de litres originaux. La même année on acquitte cabinet de M. de Foii-
tanieu, riche en imprimés, en manuscrits'^', en estampes''^', et renfermant plus
sur celte bibliothèque ■.Encyclopédie , t. II, p. 287;
— Méinoiresur la vieetles ouvrages de MM. Falconet ,
p. 1 h elsuiv. — Leprince. Essai historifjiie sur la hi-
hliollicque du Roi, p. io3 ; — Pigauiol de la Force,
Description historique de Paris, t. III, p. 686; —
Lebean , Eloge de Falconet, 1 yG-i , in-i°; — Dibdin ,
Voyage bibliographique, t. III, p. 121 et 128.
Le catalogue de la colloclion entière a été
publié sous ce titre : Catalogue de la bibliothèque de
feu M. Falconet, médecin consultant du roi et doyen
des médecins de la Faculté de Paris, Paris, lytiS,
2 vol in-8°. Les livres acquis par la bibliothèque
sont [)lacés entre deux crochets. Aujoiu'd'luii encore ,
[jour certaines matières, le catalogue de la biblio-
thèque impériale renvoie aux numéros du catalogue
de Falconet.
Archives de l'Empire, série M, carton n° 79/1.
Voyez plus loin nos notices sur les biblio-
thèques du collège Louis-le-Grand , de la Maison
professe et du Noviciat des Jésuites.
L'acte de vente est du 27 août. Voyez à. la
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds fran-
çais, n° i3oo6.
L'inventaire général ot le catalogue forment
sept volumes in-folio, qui sont conservés à la Bi-
bliothèque impériale, manuscrits, fonds français,
n" i3oo7 à 1 3oi3.
Le catalogue des dessins et des estampes se
BIBLIOTHEQUE DU ROI. 205
de soixante mille pièces détachées relatives à l'histoire de France ''^ Presque aus-
sitôt, Capperonnier, qui avait remplacé Melot, mort en lyÔQ, ohtint pour le
l'oi, du duc de la Vallière, plusieurs manuscrits précieux; on acheta en même
temps cent boîtes pleines de titres généalogiques, qui avaient été rassemblés par
Blondeau de Charnage. En 1770, Fevret de Fontette céda à la bibliothèque sa
magnifique collection d'estampes; et Dubuisson lui vendit un curieux recueil de
titres et de généalogies.
Il fut alors question encore une fois de déplacer la bibliothèque. Louis XV
ayant résolu de continuer le Louvre, on songea à l'y installer et à vendre l'em-
placement de la rue Richelieu (-'; mais ce projet n'eut pas de suite.
Armand-Jérôme Bignon mourut le 8 mars 1772 et son fils Jean-Frédéric
lui succéda : Louis XV avait tenu à conserver cette savante dynastie, qui depuis
près d'un siècle et demi régnait sur la bibliothèque du Roi.
Pendant la première année du règne de Louis XVI, on acheta pour 3 00,0 00 francs
les 82,699 médailles de Joseph Pellerin^*'; puis, successivement, une partie du
célèbre cabinet d'estampes de Mariette; un grand nombre de volumes et de ma-
nuscrits indiens, persans, russes, arabes et chinois; huit mille titres originaux
vendus par Jault (1780); les portefeuilles de l'orientaliste Louis de Fourmont;
soixante estampes de Finiguerra trouvées à Constantinople (1781), elles manus-
crits de Capperonnier, qui était mort en 1775.
Jean-Frédéric Bignon se retira en 1781 et fut remplacé par J.-C.-P. Lenoir,
l'ancien lieutenant général de police; trois ans après. Van Praet entrait à la
bibliothèque. En dehors de deux cent cinquante-cinq manuscrits provenant de
la collection du duc de La Vallière, elle n'acquit guère, durant les années qui
suivirent, que des médailles et des antiques. On acheta la collection de M. Goii-
sinery, agent de France à Salonique (1787), et les riches cabinets de
MM. Dennery et Tressan.
Mais déjà la Révolution s'annonçait et allait porter le trouble au sein de la
bibliothèque du Roi; en revanche, nous la verrons tout à l'heure tripler d'un
trait de plume le nombre des volumes qui, depuis le commencement de la se-
conde race, s'entassaient dans cet établissement. L'Assemblée constituante réduit
d'abord de 160,000 à 110,000 livres^''' le budget qui lui est alloué pour les
trouve à la Bibliothèque impériale, manuscrits,
fonds français, n" iSoi'a.
Il en existe de très-nombreux catalogues.
Voyez à la Bibliothèque impériale, dans le fonds
français, les n" 9^36 et i3ooG à i3oi A.
Mémoires secrets dits de Bachaumont , 1 1 cl
I i janvier 1 768 , t. III, p. 281 et 283.
Mémoires de l'Académie des Inscriptions , t. XL ,
p. 187.
Marion-Dumersan , Histoire du cabinet des mé'
dailles, p. i Ga. — En 177^ , I impératrice de Bus-
sie en avait offert cinq cent mille livres. Mémoires
secrets dits de Bachaumont, 5 avril ijjà, t. VII,
p. i55.
Marion-Dumersan, Histoire du cabinet des
médailles, p. iGa.
En 1787, le budget de la bibliothèque avait
élé augmenté de dix mille livres. Voyez une lettre
-JOf) LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Iioiioraires du personnel et les achats de livres (3 septembre 1790); elle lui
enlève ensuite son nom , et la Bibliolhêque du Roi devient Bibliothèque nationale
(1792).
Lenoir, dont la nomination avait été assez mal accueillie, est forcé de donner
sa démission en i79o('-', et Louis XVI confie la direction de la bibliothèque,
(|ui comptait alors 1 52,868 volumes imprimés'^', au descendant d'une des ])lus
anciennes familles de France, à Ainie-Louis-François de Paule Lefèvre d'Oi-
messon de Noyseau. Rolland le destitua et nomma pour le remplacer Carra
et Chamfort ; mais, en septembre 1792, ces deux administrateurs, Van-Praet,
l'abbé Barthélémy et son neveu de Courçay furent arrêtés et enfermés aux
Madelonnettes. Van Praet put s'échapper et trouva un refuge chez le libraire
Tli. Barrois ; Carra fut guillotiné quelques mois seulement avant d'Ormesson,
son prédécesseur, et les deux Barthélémy, mis en liberté, reprirent leur place
au cabinet des médailles juste à temps pour empêcher qu'elles fussent toutes
envoyées à la fonte, comme l'avait proposé Romme, alors président du comité
d'instruction publique Après la mort tragique de Chamfort, les fonctions de
bibliothécaire national furent confiées à Lefèvre de Villebrune, qui les remplit
jusqu'en 1795.
La bibliothèque reçut alors une organisation nouvelle. A la suite d'un rapport
de Villiers, l'Assemblée nationale, considérant rr qu'il existe une place de biblio-
rrtliécaire créée par un tyran que la flatterie a surnommé le restaurateur des
rf lettres. . . que le mérite, incapable de s'avilir en rampant, fut privé de cette
rr position, qui fut réservée à quelques familles privilégiées dont la bibliothèque
rr semblait être l'héritage; qu'ainsi, dans les états monarchiques, tout est trafic
rrou prérogatives, mais que le régime républicain ne souffre point de charges
rr aristocratiques n déclara supprimée la place de bibliothécaire de la Biblio-
thèque nationale, et ordonna que l'établissement serait désormais administré
par un conservatoire composé de huit membres, et qui choisirait lui-même
dans son sein un directeui-. Le choix se porta sur Legrand d'Aussy, alors con-
servateur des manuscrits. Voici le texte de ce décret, qui a régi la bibliothèque
jusqu'en 1 882 :
de M. d'Ormesson, dalée du 17 décembre 1791.
Archives de l'Empire, se'rie M, 11° 797.
LeUre à MM. les commissaires des biens nnlio-
naux. Archives de l'Empire, série M, corton 797.
— Observations sur la bibliothèque du Uoi , brocli.
in-8°, s.d. Archives de l'Empire , série M, cnrion 7()'i.
Voyez L'an i']8'], précis de l'administration
de la bibliothèque du Roi sous M. Lenoir, in- 12 de
16 p. s. 1. n. d.
Cliampoliion-Figeac, dans le Dictionnaire de
la conversation , t. VI, p. 88. — A. -A. Barbier dit
900,000 volumes imprimés et 60,000 manuscrits;
Annuaire administratif du département de la Seine.
par Allard, p. /106.
Marion-Dumersan, Histoire dn cabinet da
médailles, p. 168.
Rapport présenté au nom du comité d'instruc-
tion publique sur l'organisation de la Bibliothèqtie
nationale, dans la séance du 6 vendémiaire an n .
Archives de l'Empire, série AD, carton n° •2-20.
BIBLIOTHKQUE DU ROI.
207
La Convontion iialionaio, après avoir onlendii lo rapport de son comité d'inslriiclion publique,
d('crèle :
Article premikr.
La place do ])i])liolh('cairc do la Bibliothèque iiationalo est supprimée.
Art. 2.
Ledit établissomonl sera désormais administré par un Conservatoire composé do liuil membres,
savoir :
i" Deux conservateurs pour les livres imprimés''';
2° Trois pour les livres manuscrits''^';
3° Deux pour les antiques, les médailles et les pierres gravées ''';
h° Un ])our les estampes'^'.
Art. 3.
Tous les conservateurs auront les mêmes droits et recevront le même traitement, (jui sera de
six mille livres.
Art. li.
Il sera nonnné dans le soin du Conservatoire, et par les consor\ atours oux-mènies, un direc-
leur temporaire, dont les fonctions se borneront à surveiller l'exécution dos règlements et déli-
bérations du Conservatoire, qu'il présidera; il correspondra, au nom de tous les conservateurs,
avec le pouvoir executif, pour les affaires générales qui intéressent la Bibliothèque nationale.
Art. 5.
Le directeur sera lonouvelé tous les ans; néanmoins il pourra être continué, mais pour une
année seulement.
Art. 6.
Les attributions annuelles, décrétées pour l'établissement, seront remises en masse à un
membre du Conservatoire, nommé par ses collègues, pour être répai ties sous sa responsabilité.
Art. 7.
L'administration des difl'oronts (h'pêts et tous les détails relatifs à l'organisation particulière
du Conservatoire seront l'objet d'un règlement que les conservateurs demeurent chaigés de
rédiger et de soumettre au pouvoir exécutif.
Art. 8.
La première nomination des membres du Conservatoire sera faite par la Convoiilion natio-
nale, .sur la présentation du comité d'instruction publique.
Ce furent Capperonnier et V an Praet.
Langlès , Laporte dn Tlioil et Legrand d'Auss
Barthélémy de Courçay et Millin.
") Joly.
208
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Art. 9.
En cas de vacance d'une place de conservateur par mort, démission ou autrement, le Conser-
vatoire nommera le savant ou homme de lettres qu'il jugera le plus propre à remplir la place
vacante.
Art. 10.
Le Conservatoire nommera aux autres places de l'e'tablissement sur la présentation du conser-
vateur dans la partie dutpiel les places seront vacantes.
Art. 1 1 .
II sera affecté, sur les fonds de la trésorerie nationale, une somme de cent quatre-vingt-douze
mille livres, tant pour le traitement des conservateurs et des employés que pour les dépenses
et augmentations de la Bibliothèque'^'.
On comprend qu'au milieu de ces bouleversements la Bibliothèque avait dû
faire plus de pertes que d'acquisitions. Il avait fallu un décret de la Convention
pour empêcher que des mains trop zélées mutilassent toutes les reliures sous pré-
texte d'en faire disparaître les insignes de la royauté '^l Le même décret ordonnait
(jue désormais les volumes porteraient comme seule marque rtles lettres R F et
cries emblèmes de la liberté et de l'égalité ;t) enfin, aux termes de l'article 7,
les fabricants de papiers, iuiprimeurs, relieurs, graveurs, etc. ne devaient plus
rrse servir de formes ni d'ornements fleurdelisés ou armoriés, n Rappelons, pour
montrer que l'époque révolutionnaire n'eut pas le monopole de ces puérilités,
qu'en 1816 M. de Chazet proposa de changer la reliure de tous les volumes qui
portaient les armes impériales'*'.
Le décret de la Convention n'aboutit qu'à faire modifier encore une fois les
marques et les estampilles de la Bibliothèque.
Le premier modèle enqjloyé représente un faisceau surmonté du bonnet de la
liberté et entouré d'une couronne de laurier; en exergue on lit les mots BIBLIO-
THÈQUE NATIONALE, On trouve ensuite une estampille sur laquelle les lettres
R F entrelacées figurent seules avec la même inscripti on :
Loidwsô vendémiaire ann- (17 octobre lyg.S) mairies et autres marques de propriétés féodales em-
relative à l'organisation de la Bibliothèque nationale. preinles sur la reliure de tous les livres de la liihliih-
2/1 octobre 1793. thèque nationale. Archives de l'Empire, série AD.
Voyez une brochure fort curieuse intitulée : carton n° 920.
Conversation familière entre un homme de lettres et Voyez le Bulletin de l'alliance des arts, n° du
un ancien libraire sur le projet de supprimer les ar- 10 décembre 18/46, p. 201.
BIBLIOTHÈQUE DU BOI. '20\)
Sur le dos d'un grand nombre de volumes reliés à cette époque, on rencontre
lin monogramme beaucoup plus logique, un B et une N entrelacés :
Les projets de déplacement surgissaient de toutes parts. En l'an iv, Hamel,
député de l'Aude, proposa au conseil des Cinq Cents de ternnner le Louvre, de
placer les tableaux dans la galerie du Nord, et la Bibliothèque nationale dans la
galerie qui longe la rivière. Il développait ainsi son programme pour le déména-
gement : crLes livres de la Bibliothèque nationale seront attachés ensemble avec
(Tun numéro d'ordre. Les tablettes seront transportées dans l'ancienne galerie du
rr Louvre. Lors(jue les tablettes seront établies, les douze nouveaux arrondis-
ffsements de Paris enverront chacun mille hommes le jour de décade qui sera
rr indiqué. Ces citoyens seront rangés sur six fdes dans les rues qui commu-
frniquent de la Bibliothèque nationale à la galerie. Il sera détendu ce jour-là
rrde traverser les rues occupées par les files'''. . . Trois ans plus tard, il hil
<|uestion d'attribuer à la Bibliothèque l'église de la Madeleine, alors à peine
commencée''^*, et, en lan ix, un déci-et des consuls ordonna sa translation au
Louvre
Pendant c(; temps, nos généraux se Taisaient |)ayer en objets d'art et en livres
précieux les triomphes (ju'ils remportaient. C'est ainsi qu'arrivèrent successi-
vement à la Bibliothèque nationale de nombreux manuscrits provenant des
collections de la Belgique, de la Hollande, du Vatican, de Venise et de Munich
La Bévolution venait en outic de mettre à la disposition des bibliothécaires de
De Laborde . Première lettre sur l'organisation
des bibliothèrjues dans Paris , p. 9.1.
A.-J.-B. de Gisors. Projet d'étahlissemmt de la
Bihiiollicque nationale dans l'édifice ci-decaiil destiné
à la paroisse de la Madeleine.
Sur tous ces projets, voyez L. de Laborde,
Bévue critique des pr.jjels présentés pour le déplace-
ment de la Bibliothèque roijale, 18/1 5, in-8°; et la
Topographie de Paris, au cabinet des estampes de
la Bibliothèque impériale.
Ces manuscrits nous lïu'ent repris en 181. 5,
en vertu du même droit qui nous les avait acquis.
M.
27
•2\() LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Paris un trésor incomparable, et tel qu'aucune époque n'en avait encore vu.
()uand l'Assemblée nationale déclara supprimées les maisons ecclésiastiques, elle
ordonna que leurs biens feraient retour à l'Etat. Presque toutes possédaient
de précieuses bibliotlièques, et l'on forma des quinze cent mille volumes
(ju'elles contenaient huit grands dépôts, qu'enrichirent encore les livres con-
fisqués chez les émigrés. Les chefs des bibliothèques conservées furent autorisés
à y ciioisir les ouvrages qui manquaient à leurs collections, et Van Praet y re-
cueillit trois cent mille volumes pour la Bibliothèque nationale. Plus de dix
mille manuscrits, arrachés à l'incendie de Saint-Germain-des-Prés'^', y entrèrent
à la fois; les autres manuscrits, classés suivant leur origine, composèrent plu-
sieurs fonds spéciaux, qui portèrent, jusqu'à ces dernières années, le nom des
communautés religieuses auxquelles ils avaient été enlevés. Tous les manuscrits
acquis à celte époque, qu'ils provinssent des maisons ecclésiastiques supprimées
ou des collections particulières saisies, viennent d'être réunis à l'ancien fonds de
la Bibliothèque, et, comme ceux-ci, classés suivant la langue dans laquelle ils
sont écrits.
De nouvelles acquisitions portèrent, en 1818, à huit cent mille'"' le nombre
(les volumes possédés parla bibliothèque du Boi, qui renfermait en 1860 quinze
cent mille volumes environ.
Résumons maintenant rapidement les faits que nous avons racontés.
IMPRIMES ET MANUSCRITS.
JEAN
(i35o h i36/i).
CHAULES V
(1.364 Ji i38o).
— 1373 —
973 volumes
CHVRLES VI
(i38o à 1/133).
CIIAnLES VII
(1I23 à i4Ci ).
- 1423 —
853 volunn^s*^).
LOUIS .\1
(i4Gi il i484).
CHARLES VIII
{ 1/18/1 à 1/198).
Gilles Malet, garde de la librairie. i368?à ikii
Antoine des Essarts, garde de la librairie, iki 1 à 1 A l 'j .
Ganiier de Saint-Yon , garde de la librairie. 1 i 1 2 à 1 /i 1 3.
Jean Maulin, garde de la librairie i4i3? à ik^b
Gainier de Saint-Yon, garde de la librairie, 1 4i8 à 1 iaq.
Laurent Palmier, garde de la librairie, ih']^
Jean Prévost, garde de la librairie. 14^3
Robert Gaguin, garde de la librairie. 1/180
Jean Lascaris, garde de la librairie. i5oo
I a Paris , au palais de la Cilélf).
[ (i3ôo à 1367.)
A Paris ,
la tour du Louvre
( 1367 il i5oo. )
Chanipollion-Fig'eac, dans le Dictionnaire de
la conversation , t. VI, p. 71.
Pniil Lacroix, Réforme de la bibliothèque du
Hoi, p. G9.
Voyez tomel", p. la.S.
'''' Petit-Radel , Recherches sur les Inhtiothèques
anciennes et modernes, p. 3hh.
Jules Taschereau, Accrlissemcnl , en tèle du
premier volume du Catalogue de l'histoire de
France.
Voyez page 11-2.
Voyez page 1 1 3.
Voyez page 1 1 4 .
Voyez page 128.
lUBLIOTIlÈOUE DU ROI.
211
LOllS Ml
1A98 à i5i5).
— 15i/i-
i.Sgo volumes I''.
FRANÇOIS I"
( i5i5 à 15/17).
HENRI II
(1547 à 1559)
FRANÇOIS II
( 1 559 à 1 560 )
CHARLES IX
( i56o à 1576 )
HEMil 111
( 1674 à iSSg)
HENRI IV
(1589 à 1610)
LOLIS XIII
( 1610 à iGia )
— 1642 —
6,000 voliimps
LOUIS XIV
( 1649 à 17 15 )■
-1661 —
16,766 voluniei.
- 1669 —
3o,ooo volumes.
— 1688 —
43,000 volumes.
— 1715 —
70,000 volumes.
François dv Refige, frarde de la librairie. tï)ok
Guillaume de Sanzay, ^arde de la librairie. i5o()
Adam L AIGRE, ^j-arde de la librairie. iHiG
Guillaume Petit, garde de la librairie. i5i8
Jacques LefIèvre d'Etaples, garde de la librairie. i53o. .
Guillaume BUDE, maïtixe de la libuairie. 1622 à i56o .
Jean DE LA Barre, garde de la librairie. i53i
Melliii DE Saint-Gelais, garde de la librairie. 1 534 à 1 SiT).
Pierre Gilles, garde de la librairie. 1622
Malliieu Labisse, garde de la librairie, ihhh à i56o.. . .
Pierre DUCHASTEL, maître de la librairie. i5Zioài552.
Pierre DE MONDORE,M^/T/îE/)£L/i librairie. 155231667.
Jacques AMYOT, maître de la librairie. 1667 à 1593.
Jean Gosselin, garde de la librairie. i56o à 160/4
Jacques-Auguste DE THOU, maître de la librairie. 1 693
{11617
Isaac Casaubon, garde de la librairie. i6o4à 161/1....
.Nicolas RiGAULT, garde de la librairie. 161 5 à i645. . . .
François DE THOU, maître de la librairie. 16173 16/13.
Pierre Dupuy, garde de la librairie. i6/i5ài65i
Jacques Dupuy, garde de la librairie. i6/i5à i656
Jérôme I BIGNON, maître de la librairie. 16/12 à i65i . .
Antoine Varillas, garde de la librairie. 16/10 à i663. . .
Jérôme II BIGNON, maître de la librairie. i05i à 1672.
Nicolas CoLBERT, garde de la librairie. i656 à 1676. . . .
Jean-Baptiste Colbert, surintendant des bâtiments du roi.
1661 à i683
Pierre de Carcavi, garde adjoint de la librairie. i663 à
i683
Nicolas Clément, garde de la librairie. 16703 1712
Jérôme III BIGNON, .w.i/r/ii' fl£ la librairie. 1672 à 168/1.
Louis Colbert, garde de la librairie. 1676 à 168/1
Jean Gallois, garde de la librairie. i683 à iGSk
Camille LE TELLIER, abbé de Louvois, bibliothécaire du
ROI. 1 68/1 à 1718
L'abbé de Varès, garde de la bibliothèque. 168/1
Melchisédech Tuévenot, />-rt)Y((e de la bibliothèque. 168/1 à
1692
Jean Boni^, garde des manuserils. 1691 à 1726
L'abbé de Targnv, garde des manuscrits. 1712 à 1737.. .
Au cliàieau de Blois l'I.
(1 5oo il 1 544. )
Au rhàtp.ni
(le KouUnineblcau i-"!.
( i59 2 ;i i56?. )
A Paris, local incoiiuu l'I.
(i56n 1595.)
A Paris,
au collège de Clermontl^'.
(i5i)5 k i6i4.)
A Paris ,
au couvent des Cordeiiers f*'.
( i6i4 à 1699. )
A Paris, rue de la Harpe l'I.
( t6i2 5 1G66.)
A Paris, rue Vivieune 'L
( 1666 à 1791.)
Quoique d une date postérieure à Louis XII,
ce chilTre représente le nombre des volumes rassem-
blés jusqu'à ce prince. Il est, en efifet, fourni par
I inventaire de la bibliothèque de Blois, à laquelle on
II iivaitrien ajouté depui.s ravénementde François I".
'''' Voyez page i3-2.
Voyez page i36.
Voyez page i/i5.
Voyez page iSa.
Voyez page i56.
Voyez page 162.
Voyez page 172.
27.
212
LOUIS XV
( 1715 à 1774).
— 1721 -
96,000 \oiumes l'I.
— 1722 —
g8,ooo volumes
LOUIS XVI
(1775 à 1798).
— 1790-
i5si,868 volumes^).
REPUBLIQUE
( 1793 }> 180Z1).
— 1795-
/i5o,(:iu(j volumes
LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
j Jean-Paul BIGNON, bibliothécaibe du roi 1718 à \
17^1 '
Michel FouRMONT, garde des imprimés. 1718
Claude S ALLIER, garde des imprimés. 1791 à 1760
François Seviin, garde des manuscrits. 1787 à 1741....
Jean-Michel M Aim , garde des imprimés. 1780 à 1791...
J. DE Lagny, garde des imprimés. 1783
Anicet Meloj, garde des manuscrits. 17^1 à 1769
BiGNON DE BLANZY, bibliothécaire dv jîoi 17Z11 à
17/13
Armand-Jérôme BIGNON , B/BL/ora^Cyi/RE du roi^'^K 17/18
31772
Jean Capperonnier, garde des imprimés. 1769 à 1776.. .
François Béjot, garde des manuscrits. 1760 à 1787. . . .
Pierre-Jean Boudot, garde des imprimés. 176? à 1771 . .
Nicolas-Théodore Leprince, garde des imprimés. 1766 à
1792--
Jean-Augustin CapperoniMer, garde des imprimés. 1765..
JeAN-FrÉDÉRIC-GuILLAUME BIGNON, BIBLIOTHÉCAIRE DU
i?o/(*'. 1779 à 1788
Desaulnais, garde des imprimés. 1770
Van Praet, garde des imprimés. 178/j
J.-P.-C. LENOIB, BIBLIOTHÉCAIBE DU ROI ^^K 1 78/1 à I79O.
Caussin DE Perceval, gfl)Y/e «(«HMsm'te. 1787 à 1792.
Lefèvre D'ORMESSON de NOISEAU, bibliothécaibe du
ROI 1 790 à 1799
Jean-Louis CARPiA, bibliothécaire .national ^^^K 1792 à
1793
Séb.-Roch -Nicolas CHAMFORT, bibliothécaibe natio-
nal 1799 à 1 79/1
J.-M. GiREY-DuPRÉ, garde des manuscrits. 1798.
Bélissin, gai'de des imprimés. 1798
Lefèvre DE VILLEBBUNE, bibliothécaire national^^^K
1798 à 1795
Legrand D'AUSSY, directevr''^^K 1795 à 1800
Martin, garde des manuscrits. 1796
Louis-Mathieu Langlès, garde des manuscrits. 1795. . . .
F.-J.-G. DE la Porte du Theil, garde des manuscrits.
A Phris, rue Richelieu.
(1751 à )
1795.
Voyez page 19/1.
Voyez page 19/1.
Voyez page 206.
Voyez page 206.
Voyez page 191.
Voyez page 201.
Voyez page 201.
Voyez page 206.
Voyez page 2o5.
t'") Voyez page 306.
Voyez page 206.
Voyez page 206.
Voyez page 20 G.
Voyez page 20O.
BIBLIOTHÈQUE DU UOI.
213
CABINET DES MÉDAILLES.
Antoine-RaSCaS DK BaGARRIS. 1608 \ a KonUinebIcau.
I (!5i5ài565.)
Joan DE ClIAUHONT. l646 j Au Louvre (,5fir> 0 ,667.
Bruneau. i6G/i \
Nicolas COLBERT. 1666 /
F A lii l.iljli(illièiiui' tlu Hoi ,
Pierre de CaRCAVI. 1667 ) nu. Viviemie.
Louis CoLBERT. 167G \ i '^''G-, h .m. )
Bainssant. iHSk
OUDINET. l685
ViN'CENOT. 1 7 1 !2 ,
J.-Fr. Simon. 1712 [ ^ Versailles.
GODONESCII. 1716 [ (.(iSih .741.)
cl de boze. 1719..
Ladvenant. 1720 ,
J.-J. Barthélémy. 17/15
Barthélémy de Golrçay. 1772
COINTREAU. 1773
Barbié DU Bocage. 1785 ,, , ,
' a la lilbllutitoijue flu Uni,
iMlLLlN. 1 79/1 \ rue Richelieu
MiONNET. 1795
Th. Marion-Dumersan. 1790
Fr.-Pascal Gosselin. 1799
Tii.-Fr('(L Winckler. 1800.
(.74, ;,....)
• CABINET DES ESTAMPES.
Nicolas Clément.
De Targny.
Delaiiay.
Ladvenant.
Coypel.
Delacroix.
Hujiues-Adneii Joly.
B0LNIEU.
Jacques-Adrien Joly.
Dlciiesne aîné.
•2ïf^ LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
L^HISTOIRE DE LA BIBLIOTÈQUE DU ROY'').
Comme c'est une chose très constante qu'il y a eu des oscoies publiques dans le palais de nos
rois de la seconde race, on doit aussy tenir pour certain qu'il y avoit des livres pour l'usage
des maistres qu'on y faisoit venir de tous costez pour y professer les sciences. Charlemagne, ayant
alfection pour les lettres, amassa deux belles bibliothèques : l'une en son palais d'Aix-la-Ciia-
|)elle, qu'il ordonna par son testament d'estre vendue au proffit des pauvres, et l'autre qu'il
donna à l'abbaye de l'Isle-Barbe, auprès de Lion, qu'il avoit fait baslir, où il eut Le Drad pour
bi])liotliéquaire, et, après luy, Agobard, qui furent depuis tous deux archevesques de Lion.
Louis le Débonnaire donna charge à Amalarius, diacre de l'Eglise de Metz, de dresser les
canons du concile d'Aix-la-Chapelle, don! la pluspart estoient tirez des Pères de l'Église, et luv
lournit, pour cet effet, les livres de son palais dont il avoit besoin, ttdedit ei Imperator copiani
fflil)roriMn de palatio suo.w
L'empereur Lothaire avoit aussy des escoles et des livres en son palais, où un certain moine
de Luxueil, nommé Angelomus, dit qu'il estoit venu estudier et lire les S'" Escritures : rrin
Tsacro vesfro palatio sub obtenlu traditionum liberalium arliuni enucleationemque divinarum
rrScripturaruni, etc. Mais en la décadence de cette seconde race, sous les rois qui furent ap-
])('ll('z Fainéans. les livres furent bannis de leurs palais aussy bien que les estudes.
Le roy Robert, ayant esté élevé par un excellent maistre, sçavoir Gerbert, archevesque de
Reims, qui fut depuis pape, se rendit fort sçavant, et r'appella les Muses en son palais, qui en
avoient esté chassées. Comme Trithème assure de luy qu'il avoit toujours quelque livre à la main,
on ne doit pas douter qu'il n'en ait fait un amas considérable : ff de ejus nianibus liber nunquam
ff recedebat. -o
On ne trouve pas ce que sont devenus ces livres ni ceux que les autres rois, ses successeurs,
avoient peu amasser. Ils estoient réduits à si peu de ciioses du temps de Louis Hutin, que dans
son Inventaire, au chapitre de ses livres, on ne trouve que cinq volumes, outre ceux d'église;
sçavoir : deux livres de Chroniques, le roman du Reclus, le livre du Tournoment, un livre de
Comptes à images, et le Jen des Eschetz.
Cette indifférence pour les livres et pour les estudes continua dans l esprif de la cour jusqu'à
(jH ARLES V, qui , ayant eu Nicolas Oresme, très habile homme, pour précepteur, il luy fil prendre
le goust des belles lettres; c'est pourquoy ce prince luy donna ordre de chercher des livres pour
en composer une bibliothèque, dont il eut la direction; l'engagea à faire des traductions de
laliii en fiançois, aussy bien que Raoul de Presles, Jean Corbichon, el plusieurs autres, afin
que les courtisans et la noblesse, qui n'entendoient pas la langue latine, qui n'estoit alors
coiinuë que des clercs, ne croupissent pas dans l'ignorance, faute de pouvoir entendre les livres.
Bibliothèque Sainte-Geneviève, manuscrits,
iu-h", II" Z'i .
Colle notice, malgré les nombreuses erreurs
qu'elle renferme, nous a paru digne d'être impri-
mée; c'est d'ailleurs, croyons -nous. In prcniièie
tentative qui ait été faite pour esquisser dune
manière méthodique l'histoire de la bibliothèque
du Roi.
BIBLIOTHÈQUE DU ROI. 215
Il (Mil (loue soin de faire Iraduire les meilleurs aulheurs, tant sacrez ({ue proplianes : comme la
Bihle, la Cilé de Dieu, hfi Morales iVAristolc, Titelive , Valèrc le Gratid et plusieurs autres, qu'il fit
mcsme orner de miniatures, pour donner |)lus d'envie de les lire, ce qui s'appelloit un livre
bien iiistorié. C'est ainsy qu'il amassa une belle et cuiieuse bibliothèque qu'il mit à Fon-
tainebleau.
Le roy Chaules VI, son fils, ayant aussy de lalleclion pour les sciences, comiiK! on le lif
dans le Songe du Verger, amassa plusieurs livres qu'il mit au Louvre, y joignant ceux de son
père, qu'il fit venir de Fontainebleau pour en composer une bibliothèque royallc, dont il fit
Anioine des Kssarls le direcleur, et après luy Garnier de S'-Yon, en iii8. Il y avoil environ
8G() volumes, qui est iienl lous manuscritz, distribuez en trois chambres.
Ce roy estant mort en liaS, pendant que les Anglois tenoienl Paris, le duc de Hetfort, qui
estoit régent en France, fit l'aire l'inventaire des manuscritz de cette bibliotiièque royaile, et la
prisée, qui se monta à la somme de 5,393 livres. Il en déchargea S'-Yon, qui estoit alors
eschevin de Paris, et s'empara de tous ces livres, qu'il fit probablement passer en Angleterre,
avec les meubles les plus précieux du Louvre. J'ay veu un Titelive à la fin duquel ces mots
estoient escritz : rfCe livre a esté envoyé des parties de France par le duc de Betfort, régent, au
n-duc de Glocestre, son beau l'rère, en Angleterre, l'an lia/i. Il a esté rapporté depuis en France
trpar hazard.li
Louis XI, qui, selon le témoignage de Gaguin, aimoit les Ictlics et cullivoit les sciences, r^cal-
rf lebat litteras et supra quam regibus mos est erat eiudilus,r fit une grande provision de livres
à la sollicitation du mesme Gaguin qu'il avoit estably son bibliolhéquaire, lequel achepfa et fit
transcrire les meilleurs qu'il peut rencontrer. On trouve sur les registres de la Faculté de mé-
decine que ce roy leur demanda à enq)runter le Rasis, qui est un livre d'un médecin arabe,
poui' le faire copier. 11 mit cette bibliothèque au château de Fontainebleau.
Charles VIII, son fils, qui luy succéda, fut dès sa jeunesse si occupé à la guerre, et mou-
rut si jeune, qu'il n'eut pas le loisir de cultiver les lettres.
Mais Louis XII les eut en singulière estime, et fit chercher des livres de tous costez [)our
former une bibliothèque à Blois, oij il faisoit sa demeure ordinaire. En effet, il en amassa une
si considérable que Symphorien Campier. qui a escrit la vie de ce roy, le compare |)our cela à
Ptolomée Philadelphe, roy d'Egypte, teest bouarum litterarum amantissinuis ac librorum cupi-
«dissimus, instar Plolemœi Philadelphi, nec minus sumptuosam quam ipse Philadelphus bi-
Tbliolhecam extruxit. n Après la prise de Milan, il en fit apporter plusieurs livres, particuliè-
rement pour le droict, en sorte qu'un ambassadeur, nommé Bologninus, voyant à Blois cette
bibliothèque, l'estima la première des quatre singularitez qu'il avoit remarquées en France, au
laport du mesme Campier.
Quoyque i\P de Thou assure que le roy François I" n'ait point estudié en sa jeunesse,
frquamvis a pueritia nullis litteris imbutus,n il ne laissa pas d'aymer les sciences et de les
vouloir apprendre, prenant plaisir de s'en entretenir avec des sçavans, particulièrement avec
Jacques Cholin, qui luy tint lieu de précepteur, selon M"" de Thou, Lascaris, Budée et Chas -
telain. Ce fut à la sollicitation des deux premiers qu'il prit résolution de relever la bibliothèque
royalIe de Fontainebleau, l'an 1597; qu'il fit le mesme Budée son bibliothéquaire, puis Pierre
Cbastelain; qu'il envoya Guillaume Postel et Gillius dans le Levant pour achepter des manus-
•216 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
critz des langues orientales, ausquelz il donna i 9,000 liv. pour cet effet; qu'il institua en 1 53 1
des professeurs en ces langues orientalies au collège de Cambray; qu'il prit dessein de le re-
bastir magnifiquement, et de le doter de cinquante mil escus de revenu pour y entretenir six
cens escoliers, avec des maistres en toutes les facultez. Mais sa mort arresta l'exe'cution d'un
si ge'néreux dessein.
Henri II succéda à cette noble inclination que son père eut pour augmenter sa bibliotbèque.
fit venir, comme il y a bien de l'apparence , les livres que Gillius avoit acbetez en Grèce par
l'ordre de François premier, et donna en 1 556 l'arrest qui ordonne aux libraires de fournir à la
bibliotbèque royalle deux exemplaires de tous les livres qui s'imprimeroient, dont l'un estoit
pour la bibliotbèque de Fontainebleau, l'autre pour celle de Blois.
Après la mort de Pierre Chastelain, qui fut évesque d'Orléans, Pierre deMondore', conseiller
au grand conseil, fut choisy pour maistre et directeur de la bibliothèque de Sa Majesté.
Catherine de Médicis apporta en France une partie des manuscritz de la bibliothèque de
Florence que Cosme de Médicis avoit eu du débris de celle des empereurs de Constantinople.
Elle les mit en la bibliothèque de Fontainebleau avec ceux qui y estoient desjà. Et comme
après la mort d'Henry II elle se retiroit souvent à Blois, où elle est morte, elle y fit venir
ses manuscritz pour les mettre en ce chasteau, avec ceux que Louis XII y avoit desjà amassez,
et elle en donna la garde à l'abbé Bencinenni italien.
Quoyque les troubles des guerres de la Religion qui arrivèrent sous le règne de Charles IX
eussent porté grand préjudice aux lettres, toutefois, ce jeune prince ayant esté fort bien instruit
par Jacques Amiot, son précepteur, il conserva toujours de l'amour pour les sciences, et par-
ticulièrement pour la poésie à laquelle il se divertissoit quelquefois, ce qui fit qu'il ayma tou-
jours les livres et qu'il achepta ceux du président Ranconnet, quoyque ses finances fussent fort
courtes en ces temps calamiteux, afin d'en augmenter la bibliothèque royalle, ou plustost poui'
réparer les pertes qu'elle avoit souffertes durant les désordres de ces guerres civiles. Il en donna
la direction au mesme Jacques Amiot, son précepteur, après la mort de Mondoré.
Henry IV estant eniré dans Paris et ayant donné la paix à ses sujetz ne pensa plus qu'à leur
en faire gouster les fruits et à faire refleurir les arts et les sciences par tout son royaume. Il
prit donc résolulion de faire venir à Paris ses deux bibliothèques, celle de Fontainebleau et celle
de Blois, afin de les joindre ensemble, tant pour les augmenter plus facilement que pour servir
plus utilement aux gens de lettres. 11 fit donc mettre celle de Fontainebleau dans le collège de
Clermont, d'où les Jésuistes estoient sortis, et ensuilte ordonna par arrest au S' Bencinenni,
abbé de Bellebranclie, d'y faire aussy apporter ceux de Catherine de Médicis, qu'il avoit desjà fait
venir à Paris en son logis, rue Plastrière, au nombre de sept cent soixante trois volumes, dont
l'inventaire est encore à la Chambre des comptes; et tant les uns que les autres furent mis entre
les mains de Jacque de Thou que Sa Majesté avoit choisy pour maistre de sa librairie, qui
les fit relier en maroquin rouge, aux despens d'une confiscation.
Les Jésuistes ayant esté rappeliez à Paris, on leur rendil leur collège de Clermont, et l'on
transporta la bibliollièque en une maison qui fut louée auprès de S' Cosme, appartenante aux
Cordeliers.
En 1609,1e mesme roy Henry IV prit la résolution de faire exécuter, en tout ou en partie, le
dessein qu'avoit formé François premier de faire bastir un collège royal en celuy de Cambray,
tant pour y faire enseigner toutes les sciences par des professeurs royaux dont il augmenta le
BIBLIOTHÈQUE DU BOL 217
nombre et les appoinfemens, que pour y mettre la plus ample et la plus belle bibliothèque qui
so pouroil. Il commit Foxe'cution de ce projet à quatre grands personnages, au cardinal Du
Perron, au duc de Sully, au président de Tliou et au S' Gillot, conseiller de la Cour, qui se
transportèrent sur les lieux le 28 décembre de la mesme année, et arrestèrent les desseins et les
marchez des bastimens qui esloient à faire. Mais la mort impréveuë de ce grand roy en fit sur-
seoir pour quelque temps l'entreprise.
LoL'is XIII, qui luy succéda, y fit travailler dès Tannée suivante. Il en mit la première pierre le
«S^aoust iGi 1, et y fit apporter tant de diligence que la principalle face du bastimenl fut bien-
tost mise en sa perfection; mais les troubles qui arrivèrent dans l'Estat furent cause que le reste
est demeuré imparfait jusqu'à présent; en sorte que, la bibliothèque royalle n'ayant ])û y estrc
placée, comme c'estoit le dessein, elle demeura auprès des Cordeliers, M' le président de Thou
en estant toujours le maistre, et mess" Gosselin, Casaubon et Bigaull successivement les gardes
sous luy. Elle ne consistoit d'abord qu'en une grande chambre et une gallerie médiocre auprès,
qui contenoient tous les manuscrits.
Ce roy, quoyque fort jeune et quoyqu'il eut peu le loisir d'étudier, ne laissa pas de penser
à augmenter sa bibliothèque. Car, ayant appris que Philipes Hurault de Chiverny, évesque de
Chartres, avoit laissé par sa mort un nombre considérable de bons livres, et particulièrement
plusieurs manuscrits, il les fit retenir pour sa bibliothèque et en paya douze mil livres, suivant
la prisée qui en avoit esté faite.
Ensuitte, comme elle se trouva desjà suffisamment remplie en 1628, et qu'il n'y en avoit point
d'inventaire, on nomma M" Bigault, Hautin et Saumaise pour y travailler, ce qu'ils firent avec
une grande assiduité et une application particulière. François de Thou ayant succédé à son père
à la charge de maistre de la librairie du roy, et M' Bigault, qui en avoit la garde, ayant achepté
quelques années après une charge de conseiller au parlement de Metz, Pierre Dupuy fut subs-
titué en sa place pour garde de la mesme bibliothèque. En 1662, après la mort de François de
Thou, Hiérosme Bignon, advocat général, fut choisy par le roy, pour sa grande probité et son
rare sçavoir, alTin de remplir sa place; Abel de Marthe eut le soin des livres qui estoient
restez à Fontainebleau, et M"' de Chaumont de ceux du cabinet et de la chambre du roy. Pierre
Dupuy s'associa Jacques son frère, qui estoit bénéficier et prieur de S' Sauveur, aussy homme
de lettres, qui le survesquit, et exercea son employ après sa mort. Lequel mesme légua par tes-
tament à la bibliothèque royalle tous leurs livres, qui se montèrent à plus de i5,ooo volumes,
et qui sont marqués de leurs armes.
Après le décès de Hiérosme Bignon, arrivé l'an 16 . ., le roy Louis le Grand gratifia son fils,
qui avoit succédé à sa charge d'avocat général et à ses mérites, de celle de maistre de la librairie
de Sa Majesté, et pourveut M"" l'abbé Colbert, docteur en Sorbonne, de la garde de la biblio-
thèque.
Ce fut alors que M"^ Colbert, comme sur-intendant des bastimens ayant la direction des arts
et des sciences, voyant que la bibliothèque du Boy ne répondoit pas à la grandeur de Sa Ma-
jesté, et qu'il y en avoit dans Paris qui estoient plus nombreuses, prit dessein de l'augmenter,
soit de manuscrits, soit de livres imprimez, et, comme le lieu où elle estoit n'en pouvoit contenir
davantage, il la fit transporter en deux logis auprès de son hostel, en attendant qu'on ait basty
un lieu assez vaste et assez commode pour recevoir le grand amas de livres dont on prétendoit
le remplir.
On choisit M' de Carcavy, ancien conseillei' du Grand Conseil, foit versé dans la connois-
11. a8
218 LES AiNCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
sance des livres, pour en avoir la garde sous M' Colbert, aiors évesque de Luron, qui le lut de-
puis d'Auxerre; et on luy donna charge de metire les livres dans les appartomens de ces mai-
sons, ce qu'il fit avec tout l'ordre que le lieu j)ouvoit permettre. Il s'y trouva d'abord environ
95,000 volumes, tant manuscriplz qu'imprimez, y compris la bibliotbècpie de M' le duc d'Or-
léans qu'on lit venir du Louvre pour l'incorporer en celle de Sa Majesté.
■ lie h'^hographiqae. i-ian dit Tcrgot ( il 3'3 ).
COLLÈGE DE LA MARCHE.
Au coin de la rue Sans-Bout et de la rue d'Amboise qui allait de la place
Maubert à la Seine, un patriarcbe de Constantinople, nommé Pierre, avait fondé
un collège qui, mal entretenu, ne possédait plus, en i362 , qu'un seul boursier.
Jean de la Marclie se présenta à cette époque poui- habiter les constructions
dépendantes de ce collège; et l'Université y consentit, désirant appliquer à la
réparation des bâtiments les revenus de la location. Jean de la Marche mourut
peu après, et le bail fut continué à son neveu Guillaume, clianoine de Toul.
Celui-ci consacra tous ses biens à la réorganisation du collège et il désigna
pour exécuteur testamentaire Beuvin de Winville, tr homme fort riche et opulent,
rqui, animé de la même pensée, délibéra ériger et faire de son bien propre une
«autre nouvelle fondation de ce collège, pour adjoindre à la première n Par
son testament, daté du 3o octobre i/iaS, et dont l'original est conservé aux Ar-
chives de l'Empire Beuvin de Winville laissa au collège presque toute sa for-
lune, et, entre autres legs, l'hôtel qu'il habitait au bas de la rue de la Montagiie-
Sainte-Geneviève, presque en face du collège de Laon; il ordonnait que les écoliers
' Appelé plus tard cul-de-.sac d'Amboise.
J. Dubreul, Théâtre des antiquile:, de Paris,
p. 55-2.
Richard de Wassebourg, Les aiiliqtiitez de In
Gaule Belgique, l. I, p. ^171 reclo.
' "In iinmine Doniiiii. Amen. . . Anno Domini
ffmiliesimo quadringentesimo vicesimo (erlio. . . .
rrdie vero tricesima mensis octobris. . . magisler
rrBuevinus de Winvilla, magister in artibus et de-
ffcretis, baccaiarius ac beneficialus in ecciesia Pa-
frrisiensi, sanus intellectu, mente et corpore coin-
pos . . . ^ ( Archives de l'Empire . série M , n" 171 .)
220 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
vinssent s'y installer, la proximité de la Seine rendant le local de la rue Sans-Bout
crtrop humide etrumaticque, "n dit Richard de Wassebourg Il donnait en outre
à l'établissement tous ceux de ses livres qui étaient de nature à y former une
bibliothèque, à la condition qu'ils y demeureraient à jamais enchaînés; tels sont,
dit-il, mon CathoUcon, ma Bible, ma Légende dorée, mon volume de Nicolas de Lyra
et mon traité des Propriétés des choses. En outre, les livres servant à la chapelle
du testateur devaient être transportés dans celle du collège
Beuvinde Winville mourut le 8 avril 1/182. Les Archives de l'Empire possèdent
aussi l'inventaire qui fut dressé après son décès. Le titre est en latin : Inventarium
omnium bonornm mohilium et immohilium hone memorie defiincti magistri Buevivi de
Winvilla, secundi fundatoris collegii de Marchia et de Winvilla... Ohiit autemin dicta
rollegio anno Domini millesimo cccc°xxxif, die octava aprilis ante Pascha.
Le reste de la pièce est en français :
Anliquile: de In Gaule Belgique , t. I,p. 471 v'. rtonines de dicLo collegio in eis studere cl proficere
ffVolo quaiii libri niei, qui erunt ydonei pro trpossint. Missale vero cum ornamentis capellemee
fflibraria dicli collegii, in eadem libraria sint et ff in capella dicti collegii volo remanere.» (Archives
ff perpétue nianeant incalhenati, ut puta : Callioli- de l'Empire, série M, n° 171.)
fcon, Biblia mea, Legenda aurea, de Lira, de r,- .. .Inventaire par Guillaume de la Halle et
rrPro[)rie(alibus l'erum, et sicdealiis, ad finem qui rf Guillaume Hemonnet, notaires du roy nostresire,
COLLÈGE DE LA MARCHE.
222 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Beuvin de Winville possédait quarante-deux volumes, qui formèrent le premier
fonds de la bibliothèque du nouveau collège delà Marche-Winville. Voici , d'après
l'inventaire, les plus curieux de ces ouvrages :
Une Bible à deux fermouers d'argent doré.
Ung texte de Sentences (i), entre deux aiz.
Ung livre de Proprietatibus rerum
Ung petit livret de Confessionibus.
Ung livre appelle l'histoire de Troyes, en latin
Ung livre appelle' Digeste.
Ung livre appelle le Re'pertoire de Durant entre deux aiz.
Une Légende dorée, entre deux aiz couverts de cuir rouge.
Ung livre appellé Décrétalles, entre deux aiz.
Ung livre appellé Clémentines, entre deux aiz.
Ung livre appellé le Texte de philosophie, entre deux aiz.
Ung Messel à l'usaige de Paris, entre deux ais, non noté.
Ung grant Collataire entre deux aiz.
Quatre livres de médicine, entre deux aiz.
Ung romand de la Rose en lettre courant, entre deux aiz.
Ung autre romand de la Rose, de lettres de fourme C"', entre deux aiz.
Deux petis livres platz : Des quatre vertus de Sénecque translatez en l'rançois.
Ung Bréviaire à l'usaige de Verdun, entre deux aiz, à deux fermouers d'argent doré.
Ung livre appellé le Livre de Métalisique Pétri de Alvergnia
Un legs de la même nature, et presque aussi important, fut fait au collège, en
i5oi, par son principal Nicolas Warin, qui mérita le titre de troisième fonda-
teur. 11 créa deux bourses nouvelles, et laissa à l'établissement rromnia débita sua
frac bona tam mobilia quam immobilian, sauf poui^tant quelques legs particuliers
en faveur de sa famille.
ffde par lui eslabliz en son Chaslellet de Paris, de
rrtous les blens , meubles , lectrcs , debtes et créances
ffqui ajipartenoient audit defTunt, trouvez en son
rrhostel assiz à Paris en la grant rue sainte Gene-
crviefve, près et à l'opposite du collège de Laon,
rrjadiz nommé thostel de Joinville, monstré el en-
ffseignez par Jehan Vaillant, clerc et serviteur d'i-
•fcellui deffunt , qui jura et fist serenient sollenipnel
rrauxsaings Euvangilles de Dieu de dire, nionstrer
ff et enseigner auxdiz notaires tout ce qu'il saroit
trestre et appartenir à icellui defTunt au jour de
rfsondit trespas, pour eslre mis et escripz en ce
fr présont inventaii'e, sur les peines en tel cas intro-
rf duitos , qui lui furent dictes et déclairées par yceulx
rr notaires, prisez yceulx biens par Jehan de So-
fr lentes . priseur juré du roy Jiostre sire à Paris , qui
"jura de tous iceulx biens priser justement, loyal -
rfment à son povoir selon le cours du temps, ■n
( Archives de l'Empire , série M , carton n° 171 .)
Sans doute l'ouvrage de Pierre Lombard.
Par Barthélémy de Glanville; Jean Corhechon
le traduisit en h'ançais sur l'ordre de Charles V.
( Voy. ci-dessus , p. 119.)
Peut-être le roman lïEdipus , fils de Lnius.
' C'est le Reperloriian jiiris cnnontci (\e DuranI ,
évêque de Mende.
Nous dirions aujourd hui : Colkctaire; c'était
le recueil des collectes ou oi'aisons que le prêtre ré-
citait pendant la messe.
Lettres de forme gothique.
Le chanoine de Notre-Dame, Pierre d'Auver-
gne, a commenté plusieurs ouvrages d'Arislole.
I
COLLEGE DE LA MARCHE. 223
L'inventaire de ses biens fut rédigé en juin i5oi ; c'est un cahier de grand for-
mat en parchemin que l'on conserve aux Archives de l'Empire La prisée des
livres fut confiée à «Jehan Richart, libraire juré, aj)rès le serment par luy fait.^^
Cette petite collection se composait de vinjjt-huit ouvrages, parmi lesquels nous
remarquons :
Boèco : de Consolacion, reiyd onlrc deux ays, en papier et impression.
IJnjl Psaultier à l'usaige de Paris, couvert de rouge, reiyé entre deux ays.
Virgille, en impression et papier, relyé entre deux ays, couvert de rouge.
ALinipulus curatorum relyé entre deux ays, couvert de rouge.
Exposicio Jacol)i de Forlinio supei' lil)io Tegni'^', relié eulre deux ays, de papier, couveit
de cuir rouge.
Une Bible, escriple en parchemyn et à la main, relyée entre deux ays, couverte de rouge.
De AHiaco, sur les Sentences'*', relyé entre deux ays.
Une Institute en impression et papier, reliée entre deux ays, couverte de vert.
La Logicque d'Oquam'^', relyé entre deux ays, couvert de vert.
Ung texte de Térence, relié entre deux ays, avec Perse, couvert de vert.
Ung texte de Sentences'*^', en impression et en papier, relié entre deux ays, couvert de
rouge.
Liber de Complantu nature'^', relié entre deux ays , couvert de rouge, escript à la main.
Ung Bréviaire à fusaige de Paris, en parchemyn et à la main, tel quel, relié entre deux ays.
Le texte des Clémentines, escript à la main, relyé entre deux ays, couvert de cuir blanc.
La 2" 2" sainct Tbomas d'Aquin'^', relyé entre deux ays, en lectre d'impression, en papiei.
Le collège de la Marche-Winville acquit dans la suite quelque célébrité, et sub-
sista jusqu'à la Révolution; mais nous n'avons aucun renseignement sur l'histoire
de sa bibliothèque pendant cette période de près de trois cents ans. Tous les ou-
vrages imprimés restent muets à cet égard, et nous n'avons découvert aucune
estampille, aucune inscription qui puisse se rapporter à cette collection, pourvue
d'un fonds si riche au commencement du xvi'' siècle. Nous ne connaissons qu'un
seul volume qui porte des traces évidentes de son séjour au collège de la Marche;
et encore ce volume, trouvé par nous à la bibliothèque Mazarine*'', était-il, sui-
vant toute apparence, destiné à être donné en prix à l'un des élèves. La reliure
Série M, carton n" 172.
Ce Manuel des curés, composé en i303 par
Gui de Montrocher [Guido de Monterocherii) , eut
plus de cinquante éditions dans les trente dernières
années du xv"^ siècle. La première est de 1671.
Sans douleVArs parva de Galien; voyez A.-F.
Recherches sur In hihUnthhque de la Faciillé de méde-
cine de Paris , p. lia.
Ce commentaire est un des premiers ouvrages
de Pierre d'Ailly.
C'était alors un des traités les plus répandus
de Guillaume Ockani.
Par Pierre Lombard.
L'ouvrage ici désigné est du pliilosoplie Alain
de Lille [Alnnns de hisulis); voici son lilie cotii-
plet : De plaiictu nalurœ ad Dcum, sive cnchiridion
de rébus naturœ.
La Seconde SECoyuE [secundu secund.e) de
Saint-Thomas d'Aquin.
Nouveau fonds, Littérature. 11° 65G.
1U LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
est (Ml veau rouge, et à chaque coin se trouve une fleur de lis; on lit sur les plats,
d'uti côté, ainsi disposé, le mot :
et de l'autre :
Les bâtiments de ce collège furent vendus en 1790, et transformés en ca-
serne. Ils ont disparu complètement par suite du j)ercenient de la rue des Ecoles.
Fac-simile hëliographique.
Flan dit de Ducerceau (1560).
COLLÈGE DE MAÎTRE GERYAIS.
Le 20 février 1870 '', par acte passé devant notaires, maître Gervais Chré-
tien , chanoine de ia cathédrale de Paris cr premier médecin ou physicien du
tfroy très-chrestien Charles V, acquit plusieurs maisons ès rue d'Eremhourg de
rrBrie, autrement dicte des Enlumineurs''', et celle du Foin, derrière les Mathu-
rrrins : lesquelles il convertit en collège qui retient encore son nom'^ln
Charles V prit l'établissement sous sa protection ; il voulut qu'on y enseignât la
médecine et l'astrologie, et il lui donna dans ce but des instruments et des livres
Deux de ces volumes sont mentionnés sur le catalogue de la bibliothèque de
<" Piganiol de la Force, Description historique
de Paris, t. VI , p. 37 1 .
Gervais Chrétien, que Chomel appelle Gervais
Vany ou Keranyou Christiani, était encore doyen
de la Faculté de médecine de Paris , chanoine de
Lisieux, de Bayeux, de Saint-Quentin, et archi-
diacre de Chartres; il mourut en 1882. (Voyez
Cl. Héniéré, De Academia Parisiensi, p. , et Cho-
mel. Essai historique sur la médecine en France,
p. 17 et 262. )
Quand 1" Université commença à se former,
ceux de ses memhres (jui enseignaient ou prati-
quaient la médecine s'appelaient phjjsiciens. Le pre-
mier médecin du roi prenait le titre de physicus
domini régis , et cette dénomination s'est maintenue
en France pendant près de trois siècles. (Voyez
Chomel, Essai historique sur la médecine en France,
p. G5.)
C'est celle que notre plan nomme rue Bout de
hrye. On écrit aujourd'hui rue Boutebrie.
J. Dubreul, Théâtre des antiqutteZ' de Paris,
p. bhi. — Voir encore : J. Riolan, Becherches cu-
rieuses sur les esclioles en médecine de Paris et de
Montpellier, p. 197; et G. Naudé, De anliquitate et
digniintc scholœ medicce Parisiensis , p. hk. — Des-
tiné d'abord plus spécialement à des jeunes gens
nés dans le diocèse de Bayeux, on l'appela aussi
Collège de Notre-Dame de Bayeux.
Velly, Villaret et Garnier, Histoire de France,
t. XI, p. 120.
29
226 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Charles V qui fut dressé en 1873 par Gilles Malet ce sont deux exemplaires
des Ethiques d'Aristote. Le premier est inscrit sous ce titre : rr Ethiques, couvert de
fr cuir noir, à iiij fermoers , n et on lit en marge : rr Donné par le Roy à maistre Ger-
fr vèse. v Le second est ainsi mentionné : rr Ethiques glozéez, couvert de cuir vert et
ffà ij fermoers; 11 puis en marge : «Donné aus escolles maistre Gervèse.-n II parait
au reste que Gervais Chrétien offrait aussi des livres à Charles V, témoin cette
indication du même catalogue : rtMessire Guillaume de Maureville, qui parle d'une
repartie des merveilles du monde et des pays, couvert de veluyau^^' ynde^^'; et le
rr donna au Roy maistre Gervaise Chrestien , son premier physicien, n
A la prière du roi, Urbain V confirma la donation que ce souverain avait faite
au collège, et lança Tanathème contre ceux qui oseraient enlever les instruments
et les livres qu'il y avait placés'**. Mais cette menace ne suffit pas pour les protéger;
car nous avons trouvé aux Archives de l'Empire l'original sur vélin d'une ordon-
nance adressée le 6 mars i5oi par le cardinal d'Amboise à l'archidiacre de
Rayeux, et dont le but était d'amener la restitution d'objets qui avaient été déro-
bés au collège; or, dans l'énumération qu'en fait le cardinal, nous voyons men-
tionnés crlibros capelle, thesauri et bibliothecae n
Parmi ces derniers figuraient plusieurs manuscrits précieux qui provenaient
de l'évêque d'Avranches Robert de la Porte, et sur lesquels on lisait ces mots :
rrEx dono Roberti Portae.n Cette donation était antérieure à 1878, car Robert
de la Porte était mort en 1879, et ses biens avaient été confisqués l'année précé-
dente ^^l
Ces pertes furent réparées dans la suite, soit par des achats, soit par des do-
nations, et J. Dubreul nous apprend, en 1689, que le collège de maître Gervais
possédait alors trune belle, riche et magnifique librairie n Nous ne savons, du
reste, s'il la conserva, ni ce qu'elle devint quand l'établissement fut réuni à l'Uni-
versité.
Ce collège eut, pendant quelque temps, pour principal Gossehn, qui, en 1 5 60,
devint garde de la bibliothèque du Roi'**; il a lui-même écrit et signé à la fin d'un
volume renfermant les statuts du collège ces mots : crllle ego Gosselinus, qui
rrtunc collegii Gervasii principalis eram, postea, videlicet anno Christi i56o, fac-
rrtus hujus bibliothecae regiae cuslos. . . ^^^^ n
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds
français, n" 2700. Voyez ci-dessus, p. 11/1 et suiv.
Velours.
Bleu.
E. DuLoulay, Historia Universitalis Parisien-
sis, l. IV, p. ASo. — Lebeuf, Histoire de la ville et
du diocèse de Paris, t. III, p. A5o.
Archives de l'Empire, série M, carton
n" 168.
Histoire littéraire de la France, t. XXI , p. A8 1 .
J. Dubreul, Théâtre des antiquités de Paris,
p. 5/1/1.
Voyez ci-dessus, p. i5o et suiv.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds
latin, n° /i-Sgy A.
' °' Ce volume a pour titre : Statuta collegii ma-
gislri Gervasii, hic data a Jonnne Gossclin, anno Do-
mini 1600. Ou lit au-dessous : aUlinam juramen-
COLLEGE DE MA[TRE GERVAIS. 227
Le collège de maître Gervais avait été entièrement reconstruit à la fin du dix-
septième siècle; les derniers vestiges des bâtiments qu'il avait occupés ont disparu
lors de la création du boulevard Saint-Michel.
ftum horum statutoruiii pro libraria prudenter
(Tconstitiitum, etiam in bibliotbeca regia perpetuo
cservetur. « Ce volume est enlré à la bibliotbèque
du Roi parles soins de Gosselin, qui s'en était rendu
acquéreur en 1601. n-Quaudo reperi hœc Statuta
rr venalia publicaque , tpiœ auro emi , ut illa in biblio-
fthecam regiam servanda darem, ne lapsu tempo-
ffris ainitterentur in prefato coHegio. n
COLLÈGE DE FORTET.
Par son testament, daté du 12 août 1891, cr vénérable et discrette personne
crmessireii Pierre Fortet('), d'Aurillac, chanoine de Notre-Dame de Paris, ordonna
qu'un collège serait établi, aux frais de sa succession, dans une maison dite les
Caves qu'il possédait à Paris, et qui était située rue des Cordierst^).
Pierre Fortet mourut le 9^ avril iSgZ». Le chapitre de Notre-Dame désigna
pour remphr les fonctions d'exécuteurs testamentaires Bertrand de Cherne, Jean
du Soc et Jean de Ghanteprime, tous trois chanoines de l'église. Ceux-ci ne réa-
lisèrent qu'à moitié les intentions du défunt : aucune des maisons laissées par lui
n'ayant été jugée propre à l'installation du collège, ils en achetèrent une dans la
rue des Sept -Voies '^K
Nous ne connaissons d'autre document relatif à la bibliothèque de ce collège
qu'un précieux manuscrit de la Bibliothèque impériale, qui contient le testament
de Pierre Fortet et toutes les pièces relatives à sa généreuse fondation W. Pierre
J. Dubreul, Théâtre dct antiquité:, de Paris,
p. 546.
Jaillot, Recliercites critiques, historiques et
topographiques sur Paris, quartier Saint-Benoît,
p. 226.
Piganiol de la Force, Description historique de
Paris, t. VI , p. 97.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds
français, n" 863o; autrefois dans le supple'nient
français n° 1 4 92.
230 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Fortet avait réuni une bibliothèque très-nombreuse pour son temps; elle fut inven-
toriée et mise en vente :
Fortet, en effet, n'avait disposé que d'une très-petite partie de ses livres : il
avait légué à son neveu Girard cr Decretales, Sexlum, Clementinas et Johanninas; n à
son autre neveu nommé Pierre requinque libros légales, videlicet Digestum vêtus,
Inforciatum , Digestum novum, parvum volumen, Codicem;-n mais nous ne voyons
pas qu'il ait songé à organiser une bibliothèque dans l'établissement qu'il fon-
dait. Ses exécuteurs testamentaires y pensèrent pour lui, car, à la vente de ses
livres, ils achetèrent dans ce but vingt-six volumes; ceux-ci figurent dans l'inven-
taire avec cette mention : rf Baillé au collège. t> Voici donc de quels ouvrages se
composa, à l'origine, la bibliothèque du collège de Fortet.
Un petit volume qui se commence ou second fouiilet : fret jus quo. « Prisé vj s.
Digeste vielle, qui se commence ou second fouiilet : tfvari precipimus. w Prisé c s.
Innocens, commençant ou second fouiilet : fquam spectat. » Prisé xlviij s. par.
Ung messel à l'usaige de Paris, commençant ou second fouiilet : rtin illo lempore.w Prisé
xij lib.
Le livre de Daniel, glosé, commençant ou second fouiilet : fr viduatus. » Prisé xl s.
Décrétalles en deux volumes de la glose d'Ostiensis (^), dont le premier volume commence ou
second fouiilet : tr ff penultimuspi l'autre volume commence ou second fouiilet : tret consilium.ri
Prisé vj lib.
Une Inforsade commençant ou second fouiilet : rrquare sit marilus. ii Prisé xlviij s.
Le Psaultier glosé, commençant ou second fouiilet : «de Christo.w Prisé lxiiij s.
Mathé et Marc, glosez, commençans ou second fouiilet : rrgenuit Ysaac. w Prisé xx s.
L'Arcediacre sur le vf (^), commençant ou second fouiilet : trunde dico.15 Prisé xl s.
Les livres de Genesis, de Exode, glosez, commençans ou second fouiilet : trerat quantum.
Prisés xxxij s.
Les livres Levitici , Numeri et Deuteronomii, commençans ou second fouiilet : ctmasculum. 71
Prisés xxxij s.
Certains escrips de S' Thomas sur le livre des Sentences, commençans : asuperiorem. n Pri-
sés XL S.
Voyez la note 1, p. 281 . d'un commentaire sur le Sexte (VI' partie des Dé-
L'Infortiat. crétales). Pour les noms des deux commentateurs.
Il s'agit ici et dans l'avant-dernier article voyez ci-dessus, p. 7^, notes 5 et 6.
COLLEGE DE FORTET. 231
Ung Code, commençant ou second fueillet : cf constitucionis. " Prisé viij iib.
Les xij Prophètes, glosez, commençans ou second fueillet : «tavani sive fornicacionem. n
Prisé xxiiij s.
Mathé et Marc, glosez, commençans ou second fueillet : te Abraham genuit.» Prisé xxiiij s.
Le livre de Josue, Judicum et Ruth, glosez, commençant ou second fueillet : ffme priorem.n
Prisé XX s.
La seconde partie de la Somme d'Ostiensis commençant ou second fueillet : ttecclesias-
fftico. 1 Prisé xl s.
Ung livre appelé Methaphosica Aristotilis, commençant ou second fueillet : fffuerit ista.n
Prisé X s.
Les Evangilles de Luc et de Johannes, glosez, commençans ou second fueillet : trex ordine.w
Prisé xxiiij s.
Les Epitres de saint Pol, glosées, commençans ou second fueillet : rr laudes Deo.n Prisé lxiuj s.
L'autre partie de la Summe d'Ostiensis, conunençant ou second fueillet : k Christus ab Adam, v
Prisé xxinj s
Le livre de Job, glosé, commençant ou second fueillet : ffnequeunt. n Prisé xx s.
Ung texte de Sentences, commençant ou second fueillet : rrsanctus minor. » Prisé xxnij s.
Digeste nove , commençant ou second fueillet : te non edilficet. r) Prisé luj lib.
Jehan André'-' sur le vj% commençant ou second fueillet : «patres et duramus.v, Prisé
xxiiij s.
La première partie de frère Thomas, commençant ou second fueillet : rrad sextum.w
Prisé xij s.
Le collège était déjà en exercice quand il reçut encore une trentaine de vo-
lumes, dont nous ignorons la provenance. On lit en effet à la fin du manuscrit
que nous avons cité : «Premièrement, pour livres baillez audit collège ou mois
cr de septembre l'an mil quatre cens et douze, n
Nous remarquons dans cette énumération les ouvrages suivants :
Une Digeste vielle , qui se commence ou second fueillet : « nolumus. v Prisié xxnij s.
Un Code imparfait, commençant : tfmodo.» Prisié inj s.
Manipulus florum (^). Prisié iiij lib.
Un Collectaire. Prisé xxinj s.
Une Légende dorée Prisié c s.
Pauie sur les Clémentines. Prisé lxuij s.
Un livre de Collectes Prisié iiij s.
De Proprietatibus rerum Prisé vj lib.
La Somme du cardinal Henri de Bartliolomeis ,
plus connu sous le nom de Henri de Suze, qui fut
un des plus célèbres canonistes du xui' siècle, et qui
mourut évêque d'Oslie.
^' Jean André, savant canoniste italien, a com-
menté les Clémentines , les Décrctales et les Sentences
de Pierre Lombard.
Sans doute l'ouvrage suivant : Manipulus Jlo-
rum, seu hisloria Mediolani, ah origine urbis usque
ad annum iSyi, par Galvaneo Fiamma. 11 a été in-
séré par Muratori dans son Scriplores rerum italica-
rum, t. XI , p. 553 , et t. XII , p. 991.
*' Le célèbre ouvrage de Jacques de Voragine.
^' On appelle collectes les oraisons que le prêtre
récite pendant la messe ; elles commencent par cette
invitation aux fidèles : Oremus.
Par Barthélémy de Glanville. Ce travail a eu
douze éditions de 1^79 à 1/196.
232 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Racionale Prisié xij lib.
Une lecture sur le Décret Prisé lxiij s.
Les Concordances abrégiées. Prisié c s.
Le Répertoire de Guillaume Durant Prisé xxxij s.
Quedam pars Dialogoiuim Gregorii C'', commençant : tmeque super, n Prisé vj s.
Un Messel tout nuef. xlv lib. par.
Un gros Bréviaire à l'usage de Paris. Prisié xl lib.
Un Journal t^' à l'usage de Paris, ix lib. xij s.
De Lira sur le Nouvel Testament C^'. xl lib.
Un Spéculum juris C'. Prisié xiiij lib. viij s.
Un volume contenant les quatre livres des Roys, glosez, commençant : 'tquid non ego.-n
Prisé Lx s.
Nous ne savons si ce premier fonds fut augmenté dans la suite , car aucun au-
teur, ancien ou moderne, n'a dit un mot de cette bibliothèque. Le collège de
Fortet [Collegium Forteticim), réorganisé en i']ok^'^\ subsista cependant jusqu'à
la Révolution, et l'on voit encore, au numéro 21 de la rue des Sept-Voies, quel-
ques traces des bâtiments qu'il occupait.
Ratianale divinorum officiorum, libris octo di.t-
tinctum, par Duranti, évêque de Mende; il a été im-
primé dès 1 iSg.
Les commentaires sur le Decretum de Gralien
sont innombrables.
C'est le Repertorium juris canonici de Guil-
laume Duranti. Il a été imprimé à Venise en
1/196.
Ces Dialogues ont été contestés à saint Gré-
goire. Ce sont des récits d'histoires miraculeuses re-
latives à différents saints. M. Le Roux de Lincy les
a publiés en partie, à la suite de son édition des
Quatre livres des Rois.
Livre d'église qui contenait l'otTice de chaque
jour; c'est le Diurnal actuel.
Nicolas de Lyra commenta toute la Bible :
Postillavit Bibliam n principio usque ad Jînem , dit son
épitaphe.
Sans doute le Spéculum jndiciale , de Guil-
laume Duranti: cet ouvrage a eu trenle-deux édi-
tions de 1 478 à 1 668.
Uist. littéraire de la France, t. XXIV, p. 26 1 .
Far.-simile heliographique .
Flan de Lacaille (1714).
COLLÈGE DE SÉEZ.
Grégoire Laiiglois, évêque de Séez, laissa en mourant la somme nécessaire
pour la fondation de deux collèges, dont l'un devait être établi à Angers et l'autre
à Paris'''. Jean Langlois, son neveu et son exécuteur testamentaire, se chargea
d'acquitter ce legs, et le nouveau collège fut installé rue de la Harpe, alors rue
Saint-Côme, en face du collège de Justice, le février 1/127*'^'.
L'établissement eut aussitôt une bibliothèque, dont le premier fonds fut pris
parmi les livres qu'avait possédés Grégoire. On en trouve la liste dans l'inventaire
de ses biens, daté du 17 mai i/io/i, et qui est conservé aux Arcliives de l'Em-
pire'^'. JJInveiUoire des livres comprend une vingtaine de volumes, parmi lesquels
nous remarquons :
Un cours de droyl canon bien notable.
Lu autre cours de drovt canon.
La Règle de Benoist.
Le Rosaire en deux volumes.
Un volume contenant six livres.
Deux cours de droit civil.
Un Digeste nove.
La Somme de Hostience '*'.
Le Répertoire Guillaume Durant '^'.
Piganiol de la Force, Descrijilion hislor 'Kjue de
Paris, t. VI. p. 3i3.
J. Dubreul, Théâtre des anliquilei de Paris,
p. 5.Ô.3.
II.
'''' Archives de l'Empire , série M , carton n° 191.
Voyez ci-dessus , page 9 3 1 , note 1 .
Voyez ci-dessus, pageaSa, note 3.
.3o
234 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Ce précieux commencement de bibliothèque fut transporté au collège, et Ton
eut soin de faire figurer dans les statuts toutes les dispositions nécessaires pour
en assurer la conservation. Les livres devaient être placés sur des pupitres, et
attachés avec des chaînes, dont les clefs seraient enfermées dans le coffre du trésor.
On accordait à chaque boursier une clef de la bibliothèque; mais il leur était in-
terdit d'y laisser pénétrer aucun étranger, à moins qu'il ne leur fût bien connu ,
et encore fallait-il qu'il fût constamment accompagné par le boursier qui l'avait
introduit Un autre article enjoignait au principal d'examiner fréquemment les
livres, et d'en faire dresser l'inventaire à la fin de chaque année scolaire Ce
collège fut reconstruit avec luxe, vers 1780, aux frais d'Alexandre Lallemand,
évêque de Séez; en 1768, on le réunit à l'Université.
Ce qui restait des bâtiments a été démoli lors du percement de la rue des
Ecoles.
rfitem, statuiiniis quod in collegio sit una
fflibraria, in qua libri débite disponantur in pul-
apitis, et incathenentur cum calhenis fermantibus
ffad seras, quarum claves reponantar in arcba
rrthesauri; et de ipsa libraria quilibet bursarius
rrbabeat davem, nec intret extraneus nisi notus,
"Cl adhuc in presentia continua alicujus bursarii."
rrlteni, de iibris dispositis in dicta libraria
frsepissinie (ial visitalio per magistrum et ilios de
ff collegio, ne quid inibi depereat; et salteni in anno
rtcirca fîneni stiidii liât invenlariuni de dictis li-
er bris, v ( Archives de l'Empire , série M , carton 191.)
Pac-simile heliographique.
Flan de Lacailîe (1714).
CAPUCINS DE LA RUE S AINT-HONORÉ.
Les Capucins, cr ainsi nommez, dit Aiibert Le Mire, à raison du capuce pointu
cr qu'ils portent (",11 furent institués en iBaB dans le duché de Spolète par Mathieu
Basclii. Vers i56o, le cardinal de Lorraine amena d'Italie quatre religieux de
cet ordre et les installa dans son parc de Meudon; mais, à la suite de la morl
du cardinal, ils regagnèrent leur pays. Peu d'années après, un ex-cordelier,
nommé Pierre Deschamps, fonda à Picpus un petit couvent de Capucins Leur
nombre augmenta peu à peu, et, comme ils passaient pour rt austères, dévotieux,
cr charitables et vivant selon l'esprit pour acquérir Paradis n Henri III les prit
sous sa protection spéciale, et leur fit construire un immense couvent, qui ren-
ferma plus tard jusqu'à cent trente religieux.
Les Capucins s'y installèrent en i 576; mais c'est en août 1 B98 que nous voyons
leur bibliothèque citée pour la première fois. Sur un volume de Fr. Gonzague,
De origine seraphinœ religionis Franciscanœ, qui fut publié en 1687, in-folio, nous
avons trouvé la note suivante : rc Liber iste dalus fuit Conventui R'''"'"'" Patrum Ca-
rpucinorum a Pi"''° P. fr. Francisco Gonzaga, episcopo Mantuano et nuncio apos-
crtolico in Gallia ad Henricum iiij, Galliarum i-egem, et rogat ut memoriam pro illo
rr liabeant in suis orationibus. Die 29 augusti 1 5()8. Parisiis . ii Quarante-deux ans
Aub. Le Mire, Histoire de roriifine cl inslitu-
tion de divers ordres de congrégations religieuses,
p. y.
Chronologie hislorique des Capucins de In pro-
vince de France , \). 19. Bibliothèque impériale, iiia-
nuscrils, fonds français, n° a^ohli (ancien fonds
des Capucins Saint-Honoré, n" h ter).
J. Dubreul, Théâtre des antiquités de Paris,
p. G9G.
Bibliothèque Mazarine, doubles, 11° lAi.
3o.
236 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
après, cette collection était organisée et pourvue d'un bibliothécaire; car on lit,
en 1 Gûo, dans les Ordonnances capitulaires de la province de Paris : rrQue les pré-
crdicateurs ne retiennent point dans leur chambre plus de livres qu'ils n'en ont ac-
re tuellement besoin pour faire leurs sermons, affin de ne pas dégarnir les biblio-
rrtèques. Ils en donneront une liste au supérieur ou au bibliotéquaire, affin que,
ff quand quclqu'autre prédicateur les demandera, on poura sçavoir qui lésa pour
ffles luy redemander 11
Les renseignements relatifs à cette bibliothèque sont ensuite très-contradictoires.
Le P. L. Jacob déclare, en i6/i3, que cria bibliothèque des Pères Capucins du
rr faubourg Saint-Honoré est de considération pour la quantité et la qualité de ses
rr livres ; v mais, en i 663 , les Ordonnances capitulaires que nous avons citées ren-
dent, en ces termes, à la même collection un témoignage beaucoup moins favo-
rable : rrLes bibliotèques sont tellement négligées, que les livres sont tous pourris
rr et mangez des rats et des souris. La poudre et les vers les consomment, de ma-
rrnière que tout est dans un triste état. Les Pères gardiens, que cela regarde,
rr doivent y avoir l'oëil n Michel de Marolles pouvait donc avec raison appliquer
alors à la bibliothèque de Paris l'épithète de rr pauvres :
Et qu'on y range encor la pauvre capucine'*'.
Il semble, au icste, que le chapitre du couvent s'occupait assez peu de cette
pauvre collection, carie i-ecueil de ses délibérations contient fort peu de décisions
qui y soient relatives. La seule que nous ayons à citer est de 167/1; le chapitre
assemblé arrêta que les livres pourraient être prêtés au dehors à des personnes
connues par leur piété et leur attachement au monastère. Le provincial de chaque
couvent fut en même temps autorisé à envoyer dans une autre maison ou à éclian-
ger contre d'autres volumes ceux qui seraient jugés inutiles
En 1686, un sieur .lean Dubois, frère d'un Capucin missionnaire, laissa quel-
ques livres au couvent, comme l'indique cette note que nous avons rencontrée sur
un certain nombre de manuscrits : crEx dono domini .Joannis Dubois, fratris
rrV*^' Patris Basilii Suessioncnsis Capucini concionatoris et missionarii apostolici.
rr 1 686. Orate pro eo n Une donation beaucoup plus considérable fut due, bientôt
Annales des Révérends Pères Cnpvcins de la rmonnulla dubia , et sunt 1 1° An possiiit muluari
province de Paris. Bibliothèque Mazarine, manus- rrlibri bibliothocaruni nostrarum aHcui devoto seu
crits, n° H 2879 , p. 297. rrreligioso per aiiquod tempus, absqne periculo
f''' L.Jacob, Traicté des plus belles hibliolheques , rrexcommunicationis. Patres provinciales possunt
p. 5o3. fflibros superiluos transmitlere in alium locuni,
Annales des Révérends Pères Capucins , etc. rrvel in alios libros conimutare.i { Capilularia ge-
p. 967. neralia Capiicinorum [i5-3()-i Gg8] , xx.ï vii'"" capi-
Mich. de Marolles, Paris ou description suc- tulum, p. 16g. Bibliothèque Mazarine, nianus-
cincte et néantmoins assez ample de cette grande ville, crits , n° 2/119.)
p. 46. Voyez entre autres bibliothèque Mazarine,
cfin hoc capitule fuerunt proposita el resoliita manuscrits, n" T Ci 5.
CAPUCINS DE LA HUE S A l NT-HONORÉ. 237
après, à un Capucin nommé IVère Fulgence; on trouve, en effet, sur une nmlti-
lude de volumes imprimés qui ont appartenu à cette maison, les mots : rrF. Ful-
o-gence de Paris, capucin, ii
Mais ce qui, plus que tout cela, contribua à relever la bibliothèque des Ca-
pucins, ce lut la nomination du P. Athanase de Mégrigny au poste de bibliothé-
caire. Il s'occupa de classer les volumes suivant les matières qu'ils traitaient,
s efforça d'en ac([uérir de nouveaux, et commença un catalogue général de la col-
lection. 11 lut, sui- ces entrefaites, nommé évêque de Grasse; mais on lui donna
pour successeur au couvent le P. Héliodore, qui hérita de son zèle et continua
le catalogue commencé. Celui-ci forme deux volumes in-folio écrits avec beaucoup
de soin. Le premier volume fut terminé en 1726 , comme on le voit par ce titre
détaillé , dont nous reproduisons textuellement l'orthographe :
CATALOGUS
LiBRORUM Omnium Bibliothéc^
PROUT POSITI SUNT SUE TiTULIS
habita ralione diversariim Matériarum in
ipsis conlentariim
Pnmum quidem à Révérendo in Chrislo Pâtre
P. Athanasio de Méguigny Cap.
nunc vero Grassae Episcopo inceplus,
et post quadraginta très circiter annos à P.
Héliodoro Parisino Bibliothécario ,
suprà dicti R. P. et Illuslriss. Prœsulis alumno,
Résnmpliis, Continûatits, Perfectus et Tertiâ Jéré
parte Librorum adauctus,
Atque in prœstantiorem formam, ac méliorem
ordinem, ut vider e est, rédactus.
AnNO DoMlNICJE InCARNATJONIS
Le second volume, qui contient l'ordre alphabétique, fut achevé deux ans plus
tard. On lit en tète : Catahgus nominum aulhorum quorum libri sunt in Bibliothecâ,
ordtne aJphabélico dispositus. Opéra et studio Patris Héliodoin , Parisiîii, Bibliotliccarii.
Anno ab Imarnalione Domini nostri Jesu Cliristi ij3'j^''\
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n° 3-i89. — Bibliotlièqiie Mazarine, manuscrits, n" 3983.
238 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Ce catalogue est précédé d'une Dédicace, d'un Admonilio émanant du P. Atha-
nase de Mégrigny, et de quatre Avertissements. On en ti'ouvera plus loin des frag-
ments, qui renferment plusieurs détails curieux relatifs à la bibliothèque.
Au moment de la Révolution, le vaisseau qui renfermait cette collection était
fort beau, long de cent pieds et large de vingt-deux Au milieu se trouvaient
des espèces de bureaux ou de butTets, au nombre de cincj et remplis de livres'-'.
On y voyait aussi deux globes exécutés par Goronelli en i 698 , et plusieurs curio-
sités parmi lesquelles figurait une reproduction en nacre de perles de l'église du
Saint-Sépulcre à Jérusalem; c'était un présent du comte de Vergennes , qui l'avait
reçu lui-même à Constantinople , où il avait été ambassadeur
De nombreuses donations, dont nous n'avons pu retrouver aucune trace, vin-
rent successivement accroître cette collection, qui, en 1790, était rcla plus belle
fret la plus volumineuse de toutes celles du même ordre qui se trouvent en
cr France , n et contenait rr de dix-huit à dix-neuf mille volumes, n dit la Déclaration
officielle; cependant Thiéry, dès 1787, lui en attribuait vingt-quatre mille^.
Parmi les richesses de cette bibliothèque, on citait un nombre assez considé-
rable de livres orientaux; aussi trouve-t-on parfois inscrit sur le titre de certains
volumes ces mots : Linguarum orientalium, academiœ Capiicinorum sancli Honorati. Le
rapport adressé par le bibliothécaire à l'Assemblée nationale, décrit ainsi la com-
position de la bibliothèque des Capucins: cr L'Ecriture Sainte, y compris les inter-
ff prêtes, est assez complette en tout genre et principalement en langues orien-
rf taies. Une Bible manuscrite du xiv"^ siècle, grand in folio sur vélin, avec de
et très belles vignettes, en quatre volumes, est fort estimée. Plusieurs Bibles ma-
ernuscrites, in octavo et in douze fort anciennes, ont leur mérite. Un Nouveau
tr Testament grec, aussy manuscrit, qu'on croit du x'' ou xi*^ siècle, n'est pas moins
rr précieux. La collection des Conciles et des Pères est bien soignée; dans ce qu'elle
cr contient, plusieurs éditions romaines et angloises n'en font pas le moindre orne-
r'ment. L'histoire ecclésiastique y est assez étendiie dans toutes ses parties; les
cr Bollandistes finissent au mois de septembre. L'histoire profane renferme d'excel-
rr lents morceaux et de bonnes éditions; la Bysantine en 29 volumes in folio est
rrdans le meilleur état. Les livres moreaux, ascétiques, sermonaires, ouvrages de
ce piété et de controverse, sont très- nombreux. Les belles-lettres, bibliographes,
et dictionnaires, etc. ont aussy leur prix. On peut surtout distinguer la belle col-
rtlection des antiquités grecques et romaines en 36 volumes in folio, édition d'Hol-
cc lande; les antiquités de dom Montfaucon en 19 vollumes; plusieurs musées
Thiéry, Guide des nmalcurs et des étrangers,
t. I , p. 111.
Drclfirulion de In nutison et cuMissement des
Capucins de la rue Saint-IIonorc de la ville de Paris,
conformément an décret de l'Assemblée nationale du
i3 nove)nbre i'/8(j. Archives de l'Empire, se'rie S,
ri° 8706.
Tliiéry, Guide des amateurs et des étrangers,
t. I , p. 111.
Tliiéry, iiid.
CAPUCINS DE LA RUE SAINT-MONORE. ^239
rrd'Italio, des receuils accadéiniques, etc J''. n Jordan rapporte un l'ait qui donne
la plus haute idée de rorthodoxie des Capucins : rr On me conta, dit-il, que dans
ftleur bibliothèque on avoit vu un Nouveau Testament d'Erasme, à la tête duquel
cr on avoit écrit ces mots : Liber [)roliibitus primae classis i7
Nous avons dit que le catalogue de cette bibliothèque datait du commence-
ment du wni*^ siècle et formait deux volumes in-folio. Au moment de la Révolution,
on s'occiqiait de refaire ce travail
En 1789, l'Assemblée nationale s'(!mpara de la bil)iiotiièque des Capucins pour
y établir cinq de ses bureaux, rc On a , dit le bibliothécaire, couvert toutes les faces
rrde l'emplacement de planches ou de tapisseries, en sorte que nous n'avons plus
rreii la jouissance d'aucun livre, excepté de ceux qui se trouvent dans nos cham-
ffbres et qui sont à notre usage, lesquels sont de peu de conséquence n Un peu
plus tard, ce couvent fut un des locaux désignés pour la centralisation des ouvrages
enlevés aux bibliothèques des personnes émigrées et des maisons ecclésiastiques
supprimées f^'.
La bibliothèque des Capucins n'avait point, à proprement parler, d'estampille.
On trouve seulement, frappés en grosses capitales sur les plats de quelques vo-
lumes, ces mots :
AVX CAPYGINS
DE S. HONORE
Les inscriptions manuscrites sont très-fréquentes, mais leur forme varie peu :
PRO CONVENTU CAPUCINORUM PARISIENSIUM SANCTI HONORA TL
DU COUVENT DES CAPUCINS DE PARIS SAINT-HONORÉ.
AUX CAPUCINS SAINT-HONORÉ.
Sur l'emplacement que couvrait cet immense couvent, on a percé la rue Cas-
tiglione, la rue du Mont-Thabor, et une partie de la rue de Rivoli.
'' Déclaration de la maison et étahlhsemenl des
Capucins, etc. Archives de l'Empire, série S, carton
n° 8705.
Jordan, Histoire d'un voyage littéraire, p. yS.
^' Déclaration de la maison et établissement des
Capucins, etc.
Déclaration de la maison et établissement des
Capucins, etc. Ce document se termine ainsi : frCe
'fque je déclare et certiffie en ma qualité de biblio-
lliécaire , et par ordre de mes supéi'ieurs , ce 1 " jan-
rrvier 1790. Et a signé frère Jean-Baptiste de Bouil-
rrion, ancien provincial et bibliothécaire."
Jacquemard, Remarques sur les abbayes , col-
légiales, etc. .supprimées, p. 902. — tjcnoir, Des-
cription des monuments réunis au musée des Pelils-
Augustins, p. -i.
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
EXTRAIT DU CATALOGUE TERMINÉ EN 1725
PAR LE PÈRE HÉLIODORE<".
REVERENDO IN CHRISTO PATRI
P. Theodosio Parisino
hujus-ce Conventus Sancti Honorali
GUARDIANO ViGILANTISSIMO
DE BiBLIOTHECA
multis modis bene merito
Oratio Dedicatoria.
Catalogum, quadragiuta tribus abhinc annis jam-inde inceptum, et tantum modo , ut verum
dicain, delineatum, ac veiuti adumbratum, tandem multo studio perfectum, indefessoque
labore cousummatum, atque in praestantiorom formam, ac meiiorem ordinem, ut videre est,
Dei gratia reductum R. P. vestrae offerimus; ut quicunque ad cognitionem librorum pervenire
cupiet, ejus auxilio atque adjumento utatur. Sicut enim clavis ad apertionem cubicuioruni,
ita Catalogus ad cognitionem librorum prorsus necessarius est. Sic autem eum disposuimus
atque accommodavimus, ut cujuscunque iiigenii aut gustus sit iHe qui ipsuni atlrectare volue-
rit, in eo quod ipsi satisfacere possit facillime atque ad aperturam iibri inveniat : sive enim
ordinem librorum, sive ordinem authorum, sive ordinem materiarum, sive impressionum se-
riem desideraverit, hœc omnia suo quaeque ordini accommodata ob oculos continue reperiet ;
nihil enim in eo desiderandum relinquere voluimus; nam, ut l'usius retuli in una ex praefa-
tionibus, sive admonitionibus meis gallicis, Catalogus iste non est sinq)lex, sicut fieri solet
catalogus ; sed ex quatuor catalogis, sibi invicem correspondentibus, atque in ununi eundem-
que finem recta collineantibus, sic conflatus est, ut tam docti quam indocti, tam tyrones quam
magistri quod ipsis arridere possit incunctanter indesinenterque inveniant. Hii^c ad gloriam
unicam Dei, ad Ordinis honorem, Religiosorumque studiosorum utilitatem, Deo aillante ac
conducente, excogitavimus, Ipsoque protegente contra ad versan lia omnia executi sumus
H. PATERNrrATI VESïRjE
humillimus atque obedientissimus filius
F. Heliodorus Parisinus.
ADMONITIO
R. P. Atbanasii de Megrigni hujus-ce Catalogi positionis Auflioris primarii.
Lectori.
Ut varias variorum authorum de eodem scribendi argumento lucubrationes facile possis
periustrare, amice lector, omnes qui de eadem re scriptilaruni simul collocaviunis.
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n" 3-282 et 8283. Voyez ci-dessus, p. a37 et '238.
CAPUCINS DE LA HUE S AINT-HONORÉ. 'i/il
Ul iiiiius cil jusque scriploris nionlcin, collalis iiiler so ejusdcni opci'ihus, iiiliiiic penetrare
valeas, uuivoisa (■ujuslil)et aullioiis scripta ipsius iiouiiiii subscripsiiiuis; el, ad iiiajorem l'acili-
latoni, dupliceni coiifecimus calaloguiu : secuudus aulliorum oxliibel iiidiccin; prinius, scMvato
lorum ac scienliarum ordine, singulos bibliothecae tractatus enunieial, additis autborum nomi-
iiibus (>t, ([uanlum fieri poluit, oorumdeni temporibus, cdilionuni quocpie aiiiiis ac locis,
cxcmplariuriicpic (\uol bic babonius numéro, secunduni eam quani inicr se obliiient disposi-
tionis sericiu, oïdiiialionibus; in qua (dispositione) sequentes servaviinus régulas :
1° Incepimus a parte loci magis intima, et ab angulo ejus sinistro pergendo versus parlem
dextram eo modo quo vulgo scribimus;
9° Ab iiiferiori parte ad superiorem ascendinius (sed conlrariuni a piurii)us observalur,
nam incipinnl a superiori parte descendendo ad inl'eriorem ea ralione (jua scribitur) ; quid in
bac re secuti simus dicemus in nostra admonitione gallica sequenti;
3° Classes octodecini, secundum varia iibrorum argumenta, distinxinius, et unicuique ciassi
suam assignavimus litteram cuilibet volumini inscriptam (sed cum bœc littercc alpbabeticaî inul-
lis displicerent et prœsertini superioribus, iilas subtraximus, et earum ioco notas numérales
seu aritbmeticas substituimus, ut in cxplicatione ipsarum gallica legentibus clarius innotescel).
Premier Avertissement.
Il seroit inutile de répéter icy ce qui est marqué dans l'Avertissement précédent du l\. P.
Atbanase de Mégrigny, puisque j'ay suivi le mesme ordre et que j'ay conservé tout ce que j'y ay
trouvé de bon et de bien ordonné. 11 ne s'agit plus que de marquer ce que j'y ay ajouté ou
cbangé, et (jue d'expliquer les raisons que j'ay eu de le faire.
Second Avrutissement pour sei vir de mémoires à la bibliotèque.
La bibliotèque étoit autrefois dans le bâtiment qui est du côté de la porte du couveni, au
dessus de l'endroit où est le parloir, n'ayant pas plus de largeur ny plus d'étendue. Comme elle
étoit trop petite pour contenir tous les livres, les supérieurs jugèrent à propos de la transférer
dans le bâtiment nouveau, à l'endroit où elle est à présent. Mais, nonobstant ce cbangement et
la diférence qui se trouve entre l'étendiie de l'ancienne et de la nouvelle, elle n'est pas encore
assés grande. Pour y remédier, il faudra dans la suite, si l'occasion s'en présente, et que le
temps devienne plus favorable qu'il n'est maintenant, joindre à la bibliotèque la classe,
avec l'escalier qui la précède; cela n'est pas dificile à exécuter, comme je l'ay fait voir à des
arcbifectes qui en sont convenu : il n'y a qu'à élever un escalier dans le bout du grenier qui
est procbe des lieux du premier dortoir du grand bâtiment derrière le poêle, lequel escalier
ira rendre vis à vis de la grande porte de la bibliotèque qui doit être transférée derrière la
classe, directement à la place où est la chaire du R. P. lecteur; par le moyen de cet escalier,
on remédira aux inconvents (sic) qui pourroient résulter du retrancbement du baut de celuy qui
monte du poêle à la classe. Mais, en attendant que la Providence nous fournisse les moyens
d'exécuter ce dessein, il faut mettre au milieu de la bibliotèque trois tables de trois toises de
longeur (.sîc) cbacune, sur trois pieds de largeur, et environ trente pouces de hauteur, sous les-
quelles on posera trois rangs de planches, à distances inégales, pour placer les in-octavo et les
in-douze qui ne sont pas encore placés. Il faut que ces trois tables soient éloignées l'une de
l'autre et de la grande porte d'un espace raisonnable, afin que l'on puisse commodément passer.
De plus il est à propos que les deux bouts de ces tables soient fermés par des armoires, dans
II. 3i
2à2 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
les quelles on posera cinq ou six rangs de tablettes, à hauteur inégale, afin d'y placer les petits
livres in-seize, in-^i et in-Sa qui ne peuvent trouver de place alieurs. Pour les cotez, on peut
les faire en armoires à paneaux, comme sont celles qui sont au dessous des fenestres, ce qui
seroit sans doute le plus propre et le plus commode, ou à simples châssis fermés avec du fil
de fer. Mais il faut remarquer que ces armoires ne doivent avoir qu'un pied de profondeur de
chaque coté, parce qu'il est nécessaire que les tables débordent pai' le haut de l'espace envi-
ion d'un demi-pied des deux cotez, afin que ceux qui voudront lire puissent commodément
s'asseoir.
De plus j'avertis que, comme le planché du bout de la bibliotèque, du côté des croisées qui
regardent le grand jardin, étoit beaucoup plus bas que celuy qui s'étend du côté de la grande
poite qui est vis à vis de la classe, on a été obligé d'y faire apporter beaucoup de terre pour
l'égaler. Si donc on s'aperçoit, dans la suite, que cette terre pèse trop sur les solives, et qu'elle
y fasse quelque impression, il ne faudra pas diférer d'y remédier, de peur que, ce fardeau
extraordinaire venant à rompre la charpente ou à pousser le mur, le planché ne vint à tomber.
.le crois qu'il n'est pas hors de propos d'expliquer icy pourquoy j'ay commencé le Catalogue
par le second tome, au lieu de le commencer par le premier, comme il semble que je devois
faire. Je vais donc en apporter les raisons, et cela d'autant plus volontiers que leur exposition
simple et naïve aprendra à la postérité plusieures choses qu'il ne luy sera peut être pas indifé-
rent de sçavoir.
J'ay été établi bibliotécaire en l'année 1718, au Chapitre intermédiat du premier provin-
cialat du R. P. Pacifique de Calais, qui se tint cette année le 17"" du mois demay. Le R. P. Paul
de Paris, premier définifeur et gardien de S' Honoré, m'en mit en possession, de la part de
Sa Révérence, la surveille de la Pentecôte, et m'avertit en mesme temps de me disposer à
sortir les livres hors de la bibliotèque le lendemain des festes, parce que le mur, du côté du
jardin, menaçoit de ruine. Je fus donc obligé de faire transporter les livres dans des chambres
sans avoir eu le temps de remarquer comment la bibliotèque étoit disposée, ny d'examiner
de quelle manière les livres étoient arrangés (parce que j'étois confesseur des pages de Sa
Majesté, qui pour lors faisoit sa résidence à Paris, et que les R''* Pères supérieurs n'avoient
encore nommé personne pour me succéder). Quand il fallut rentrer les livres dans la biblio-
tèque, après qu'elle fut racommodée, je me trouvay dans un très grand embarras, parce que
les ouvriers, à qui j'avois dis de ne pas toucher aux titres, les avoient ôtés, et que d'alieurs il
y avoit au dessus de la bibliotèque des chambres où mes prédécesseurs avoient mis tous les
livres qui leur étoient survenus depuis que la bibliotèque avoit été arrangée; et, comme les
supérieurs avoient donné ces chambres à M. l'Evesque coadjuteur de Québec pour s'y loger, il
ialloit nécessairement mettre ces livres nouveaux dans la bibliotèque, ce que je ne pouvois
l'aire sans déranger entièrement l'ordre du Catalogue. Je pris donc le parti d'en l'aire un nou-
veau, afin d'y insérer tous les titres de ces livres qui n'y étoient pas marqués, et je le connnen-
çny sur la fin de l'année 1719. Mais, à peine avois-je fait la moitié de la première partie du
premier Catalogue, qui est celuy qui explique l'ordre dans le quel les livres sont placés sous leurs
titres, (|ue l'on m'avertit que les supérieurs se disposoient h faire une nouvelle bibliotèque.
Cela fut cause que, pour ne pas perdre mon temps et ma peine en travaillant à un ouvrage que
le changement de lieu auroit rendu inutile, j'abandonnay cette première partie commencée
pour m'apliquer à la seconde, laquelle, étant par ordre alphabétique, étoit indépendanle de la
situation du lieu et de la disposition des titres : et c'est la première partie du second tome
(]ui fut finie et présentée au mois de juin de l'année 1721. Comme cette partie ne contient
que les in-folio et les in-quarto des auteurs et des matières, je Iravaillay ensuite à faire la
seconde qui est des octavo auteurs et matières, et, colle-cy étant réglée, je passay à la tioisième
CAPUCINS DE LA RUE SAINT-HONORÉ. -llii
<|iii csl (les iii-doiize et (les in-iG, do nicsinc (ju(! la piocédente auteurs et matièies. Comme
je me disposois à les mettre au net, le Seigneur, qui me conduisoit connue par la main dans
l'exécution de ce grand ouvrage, m'inspira l'idée du quatrième Catalogue, qui est celuy qui
contient les tables générales des auteurs et des matières distinguées par espèces. Ce dessein me
|)aru( si ulilc et si beau, (jue je sursis à transcrire les deux parties cy dessus mentionnées, pour
uTapplicpuM' à perfectionner celuy-cy : et c'est le troisième tome du Catalogue qui fut acbevé
et présenté au mois de septembre de l'année 1723. Pendant que j'étois occupé à cet ouvrage,
le R. P. Pacifique de Calais, qui avoit été élu provincial pour la seconde fois le 19 du mois
d'aousl de l'année précédente, travailloil de son côté à faire accommodei' la nouvelle biblio-
lèque; la quelle ayant été mise en l'état où on la voit, il me donna ordre d'y l'aiie transporter
les livres, ce que j'exécutay sur la fin de la mesme année 1728. Au commencement de l'année
1726, les titres étant écris et les livres placés, je cru qu'il étoit temps de travailler à la pre-
mière pal lie du Catalogue, afin de me déterminer sur l'ordre dans le quel je devois les arranger.
Dans ce dessein, je m'apliquay à examiner le Catalogue ancien du R. P. Atbanase, ([ue je
n avois fait tjue parcourir auparavant, et, ayant trouvé que la première partie étoit bonne et bien
ordonnée, je me déterminay d'en suivre la méthode en y insérant les titres des livres qui n'y
étoient pas écrits, et y ajoutant quelques divisions nouvelles pour y aporter plus de distinction
et plus de clarté, et c'est ce quej'ay heureusement achevé, par la grâce de Dieu, au commen-
cement de l'année 1725.
Il reste encore laseconde partie du premier tome.. . à faire. . . Cela étant fait, la bibliotèque
sera arrangée et le Catalogue sera parfait.
Claudito jam rivos, pueri , sat prala biberunt.
Troisième Avertissement.
La Providence de Dieu s'étanl rendu favorable à mes desseins, mes désirs ont étez accomplis
au delà mesme de mon espérance.
Les tables dont j'ay parlé dans l'Avertissement précédent ont été faites et posées par le se-
cours du R'' P. Nicolas Fiançois de Paris, ancien provincial, et actuellement déliniteur, sur la
fin de Tannée 1729; et, comme les livres augnientoient tous les jours, tant par la mort des
religieux que par le don que quelques ecclésiastiques de mérite afïectionnés à l'Ordre nous ont
fait de leurs livres après leur décès, je fus obligé d'accommoder en bibliotèque la chambre
qui est auprès de celle du P. bibliotécaire, où il y avoit di^'à beaucoup de livres en piles sur des
tables. C'est ce que j'ay exécuté (avec la grâce de Dieu) l'année suivante 1780.
Pour la mesme raison, et pour décharger la chambre de beaucoup de livres inutiles qui
remplissoient les tablettes et qui occupoient la place des bons qui pouvoient venir, j'ay fait
accommoder en bibliotèque, celte année 1783, le dessus de la chambre du P. bibliotécaire,
(jui étoit vide et ne servoit à rien, afin de luy procurer de la place pour se débarasser de fout
ce qui l'incommodera tant dans la chambre d'en bas que dans la bibliotèque.
Quatrième Avertissement.
Comme depuis que cette première partie du Catalogue a été mise au net, il est venu à la
bibliotèque un très grand nombre de livres in-folio et in-quarto, qui valoient mieux et qui
étoient mieux conditionés que plusieurs de ceux qui étoient écris sur le Catalogue et arrangés
sur les tablettes, il a falu, pour faire place aux nouveaux, en sortir beaucoup des anciens, ce
qui ne s'est pu faire sans déianger plusieures des cottes ([ui se trouvent dans ce Catalogue.
.1 avei lis donc que les livres qui ne se trouveront [)as justes à leur cotte ont été transférés dans
3i.
2M LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
les chambres de la bibliotèque; ainsi on les trouvera là, ou bien dans les chambres des reli-
gieux. Il est vray qu'ils ne sont pas en ordre dans ces chambres, n'y ayant que les in-8° et
les in-12 qui soient ariangés et cottes pour demeurer; mais dans la suite, quand les planches
seront plaines, on poura les mettre en ordre en faisant un petit Catalogue séparé pour ces
chambres, ou bien les arranger sous leuis litres, s'ils y <'n oui, pai' ordre alphabétique des
matières, alin de les trouver ])lus l'acilemcnt.
.le n'ay pas cru pour cela devoir ellacei' les cottes de ces livics (jui ne sont plus dans la
bihliotèque, de peur de gaster le Catalogue; je me suis contenté de cotter les iu)uveaux à
leur place, et de l'aire cet Avertissement pour empêcher qu'on n'y soit trompé. Il en arrivera
encore autant dans la suite; on pourra suivre cette méthode si on la trouve bonne, si non la
change)', comnu^ on le jugera à propos.
COLLÈGE LOUIS-LE-GRAND.
Les bâtiments délabrés qui abritent aujourd'Imi le collège Louis-le-Grand, au
sommet de la rue Saint-Jacques, sont les vestiges du premier établissement que
les Jésuites aient eu à Paris.
(Quoique Ignace de Loyola eût fait dans cette ville ses études de théologie, et
que la Société y eût pris naissance, elle ne fut acceptée en France qu'à la suite de
longs débats. Guillaume Duprat, évêque de Glermont, installa d'abord quelques-
uns de ces Pères dans son diocèse*''; puis, de concert avec le fameux cardinal de
Lorraine, il s'elforça de les introduire à Paris. Le Parlement et la Sorbonne oppo-
sèrent à ce projet une vive résistance; enfin, le 5 juillet i56i, après dix années
de luttes, l'admission des Jésuites fut prononcée.
Guillaume Duprat, resté jusqu'à la fin fidèle soutien de la Compagnie, lui lit
plusieurs legs qu'elle employa à l'acquisition d'une maison située rue Saint-
Jacques, et alors nommée la Cour ou l'Hôtel de Langres*^'. L'intention des nou-
veaux religieux était d'y créer un collège, mais l Université protesta énergique-
ment. Les Jésuites réussirent cependant à porter l'affaire devant le Conseil du
roi, où ils avaient de puissants appuis, et, en i56/i, ils furent autorisés à ensei-
gner la jeunesse, sans être pourtant incorporés à l'Université**'. Ils ouvrirent
'' J. Duhreiil , Tlieatre des anliq. de Paris, p. 556.
Piganiol de In Force, Description liistori/pw de
Paris, t. VIII, p. ;?73.
Parce qu'elle avail longtemps appartenu à
Bernard delà Tour, évêque de Langres. (Voy. El.
Baluze, Histoire généalogique de la maison d'Au-
vergne, p. 3i3.)
CI. Malingre, Antiquités de Paris, p. .'55o.
246 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
aussitôt leur établissement, que, par reconnaissance envers leur premier protec-
teur, ils appelèrent Collège de Clermont.
Ils songèrent dès lors à y établir une bibliotbèque. Le médecin Jérôme Varade,
échevin de Paris en 1068, en avait une assez nombreuse, qu'il leur légua, et les
Jésuites, en retour de cette libéralité, donnèrent à son fds Claude la place de
recteur mais celui-ci, compromis plus tard dans le procès de J. Cliastel, lui
brûlé en effigie le 25 janvier iBgB
A la fin de l'année 1671, Pieri'e de Saint-André, président au Parlement,
abandonna aux Jésuites sa bibliothèque t^'; il avait lui-même acheté celle du
savant Guillaume Budé^''*, bibliothécaire du roi sous François P^
Soigneux administrateurs, les Jésuites avaient déjà rédigé un règlement fort
détaillé pour assurer la conservation de leurs livres. Cette pièce curieuse figure
en efl'et dans les plus anciennes éditions des Règles de la Compagnie de Jésus; nous
la donnons ici en français, d'après la traduction qui en fut faite en 1620, et nous
reproduisons en note le texte latin sur l'édition de i58o.
BeGLES du PREFECT de L\ BIBLIOTHEQUE
I. Qu'il aye en la bibliothèque findice des livres deffendus, et de crainte qu'il n'y en eusl
d'aventure, parniy les bons, quelques uns de ceux la, ou d'autres dont l'usage ne doit pas estrc
commun, il y prendra garde.
L. Jacob, Tratcté des plus belles bibliothèques,
p. 521. — Malingre {Anlifjuités de Paris, p. 661)
écrit par erreur que ce legs fut fait à la Maison
professe des Jésuites.
Lestcile, Journal de Henri IV, 2 5 janvier
1595.
L. Jacob, Traicté des plus belles bibliothèques,
p. 521.
Leprince, Essai historique sur In bibliothèque
du Roi, p. 28. — G. Bricc, Description de Paris,
\. m, p. 61.
ReGUL/E PR-ÏFECTI BIBLIOTHECE.
rrl. Indicem librorum proliibitoruin in biblio-
rrtheca habeat, et videat ne forte ullus sit inter eos
frex prohibitis, aut alii (piorum usus connnunis
ffesse non débet.
ffll. Bibliotheca clausa sit, cuius claves ipse ha-
ffbeat, et illis tradat, qui eas, juxta superioris ju-
ftdiciimi, liabere debebunt.
fflll. Libri omnes eo ordine in bibliotheca col-
"locentur, ut singulis facultatibus suus certes sit
fflocus proprio tilulo inscriptus.
rrIV. Singuli libri tilulis oxlerius inscribanlur,
•Mit facile cognosci possint.
rrV. Omnium librorum, qui domi sunt, calalo-
ffgum habeat, diversarum facultatum auctoribus
fr ordine alphabetico in diversas classes distributis.
ffVI. In alio calalogo, divisis etiam per classes
rr facultatibus, ij libri scribantur, qui in nostroruin
r'usum extra bibliothecani concessi sunt; qui vero
ffintra dies oclo restituendi extrahuntur; in tabula
" 'm hune usum parieti appensa notentur; quibus
frredditis, quod fuerat scriptuni deleatur.
rrVII. INulluni libruni ex bibliotheca cuipiaiii
ffdabit sine superioris licentia speciali aut generali,
ret advertat, ne quis librum, etiam cum licentia.
ffse inscio accipiat.
frVIlI. Guret, ut bibliotheca vakle munda et
rrcomposita sit; quam in hebdoniada bisverret, et
ffsemel ex libris pulverem excutiet; cavere etiam
rrdebet, ne libri humiditate aut alla relœdantur.
fflX. Quando intellexerit domi déesse aliquos li-
frbros necessarios, aut aliquos valde utiles in lucem
fr édites esse, certiorem faciat superiorem, ut si
r illi visum fuerit emantur; si vero domi hbri inu-
fftiles fuerint, eumdein admoneat, an cum aliis
fcmeliorilnis coiiinnitandi sint.
rrX. In loco pnblico , prœsertiin in magnis colle-
COLLEGE LOUIS-LE-GRAND. 247
IL Que la bibliotlioque soil rcrinéo, et qu'il en ayo les clefs, les baillaiil à d'autres, lesquels
suivant le jugement du supérieur les doivent avoir.
III. Les livres seront rengez en tel ordre dans la hibliollieqni; que chaque l'acuité soit sépa-
rée, e( bien distincts par l'insciiplion de leurs propres lilires.
IV. Que chaque livre ayc ses tiltres en escrit sur la couverture, afin (ju'il puisse estre aisé-
ment recogneu.
V. Il aura un catalogue de tous les livres qui sont à la maison, les autheurs de diverses
facultez y estans distribuez en divers ordres, suivant les lelires alphabétiques.
VL En un autre catalogue, les facultez estant aussi divisées par ordre, que les livres soient
remarquez qui sont concédez pour l'usage des nostres hors la bibliothèque, et ceux qui sont
tirez d'icelle poui' estre rendus dans huict jours seront marquez dans une tablette penduë au
paroy pour ce faire, et les ayant rendus, on elîacera ce qui estoit escrit.
VII. Il ne baillera aucun livre de la bibliothèque à qui que ce soit sans licence générale ou
spéciale du supérieur, et prendra garde que personne n'en emporte à son deceu, voire mesme
avec permission.
VIII. Il soignera que la bibliothèque soit tousiours fort nette et en bon ordre, et la baliiera
deux fois la sepmaine, et une fois il espoudrera les livres, et doit pareillement regarder qu'ils
ne se gaslent à cause de l'humidité ou autres choses,
IX. Quand il entendra que quelques livres nécessaires manquent à la maison, ou qu'il y en
aura quelques uns fort utiles mis en lumière, il en donnera advis au supei'ieur, afin qu'ils
soient acheptez, s'il le juge à propos; mais, si à la maison il en avoit d'inutiles, pareillement
il en advertira le mesme, pour scavoir si on les doit changer à de meilleurs.
X. En un lieu public, spécialement es grands collèges, qu'il y aye quelques livres plus
communs, desquels un chacun pourra user, selon que ses leçons le requerront.
XI. Qu'il aye un livre dans lequel soient escripts diligemment, suivant le jugement du supé-
rieur, toutes les choses choisies, qui sont publiquement proposées et exposées en son collège,
comme les comédies, les dialogues, oraisons et autres semblables; qu'il garde aussi les thèses
ou conclusions de chasque année, qui se defTendront publiquement, et qu'elles soient cousuës
ensemble dans la bibliotheipie.
XII. Si l'on prestoil quelques livres hors la maison, ([u il face diligence de les recouvrer en
Icui- temps: et ce pendant il notera en un livre quels ils sont, et à qui il les a prestez'^).
L'attentat de Jean Cliaslel contre Henri IV vint tout à coup arrêter les |)rogrè.s
lie cette collection. Jean Cliastel avait fait ses études au collège de Clermont, et
les Jésuites, complices de son crime, lurent condamnés avec lui. Une heure après
Tatlenlat, la maison fut occupée militairement; on mit les scellés sur toutes les
pièces, et elles furent le lendemain visitées par des conseillers du Parlement.
Dans la chambre du P. Guignard, qui était alois bibliothécaire, on trouva plu-
•'gijs, sint quidam comniuniores libri, quibns unus-
•■(|uisqiip. pro ratione suorum studioruin , uti possit.
■rXl. liabeat librum, in quo ea oninia judicio
rfsuperioris selecta diligenter scribantur, quœ in
"suo coilegio publiée exhibentur, ut comœdiœ,
"(lialogi, orationes, et id genus alia : conclusiones
ffvero singulorum onnoruni quœ publiée defenden-
rrtnr simul consutas in bibliotheca asservet.
trXll. Si aliqui libri externis accommodato da-
ffrentur, adliil)cnt diligenliani , ut reeuperentur suo
fffemporo; et in aliquo intérim libro uotabit qui-
ffnani illi libri sint, et quibus eos aceommodave-
(rrit.n {Pœgulte Societatis leaii, Rome, i58o, in-iâ,
p. 297.)
(') Brilles de la Compagnie de Jésus, Paris, i G-io ,
in-12 , |). 363.
U8 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
sieurs livres défendus, entre autres une apologie de Jacques Clément''', dont il
avoua être l'auteur
Le Parlement, par arrêt du 29 décembre iBg/i, ordonna rrque les prestres et
crescholiers du collège de Glermont et tous autres soy-disant de ladicte société,
rr comme corrupteurs de la jeunesse, perturbateurs du repos public, ennemis du
rrroi et de l'Etat, videroient dedans trois jours hors de Paris et autres villes et
fr lieux où sont leurs collèges. . . . Seront les biens, tant meubles qu'immeubles à
creux appartenants, employez en œuvres pitoyables '^'. n
Les Jésuites, forcés de quitter la France, abandonnèrent donc leur collège et
leur bibliothèque, qui était riche déjà de vingt mille volumes^''. Le gouvernement
la fit saisir et résolut de la vendre aux enchères. Mais les choses se passèrent
autrement; suivant Lcstoile, crelle fut exposée au pillage, jusques aux revendeus
cf et plus piestres frippiers de l'Université. On disoit qu'on y avoit trouvé plusieurs
rr papiers escrits contre le roy, desquels messieurs les revisiteurs ne firent si bien
rrleur proufit que des bons livres graeqs et latins, qui furent jugés de bonne
reprise, à la requeste de messieurs les gens du roy, qui s'en accomodèrent les
rr premiers, selon leurs conclusions; et après, les autres, chacun selon son mérite
rret qualité (^'.n Quant au bibliothécaire, i\ fut étranglé et pendu en place de
Grève ce qui, au reste, lui valut l'honneur d'être placé par ses confrères au rang
des martyrs'"''. Enfin Henri IV, pour utiliser les bâtiments de l'ex-collége, y fil
transporter la bibliothèque du Roi, qui, depuis François I", était reléguée à Fon-
tainebleau.
Cependant les Jésuites ne désespéraient pas d'obtenir leur rappel et ne recu-
laient devant aucun moyen pour arriver à ce résultat. Fouquet de la Varenne, un
des plus méprisables favoris du roi, fut gagné par eux et mit tout en œuvre pour
séduire son maître. Une multitude de familiers inférieurs, agents secrets de la
Compagnie, circonvenaient à toute heure le monarque, qui, effrayé des dangers
qu'une opposition persistante pouvait attirer sur sa tête, repoussa les conseils de
Sully et annula l'arrêt de iBg^.
Le 2 janvier i6o/i, les Jésuites furent rétablis en France. Mais cette faveur
n'entraînait pas la permission de rouvrir leurs établissements, ni d'enseigner la
jeunesse. C'est en 1618 seulement, sous le règne de Louis XIII, que cette autori-
sation leur fut accordée. Ils rentrèrent alors en possession du collège de Glermont,
et l'on transporta la bibliothèque du Roi au couvent des Gordeliers, sur l'empla-
cement occupé aujourd'hui par la clinique de l'Ecole de Médecine.
CE. iordm. Recueil de littérature, de philo- hesloWe, Jotirnnl du règne de Henri IV, S jm-
sophie et d'histoire, p. 77. vier iSgS.
Coudrette, Histoire des Jésuites, t. I, p. -291. Lestoile, Journal du règne de Henri IV, 7jan-
CoudreUe, Histoire des Jésuites, t. 1, p. 290. vier iSgS.
J. Gariiier, Sijstema hihliothecœ collegii Pari- Parle P. Jouvency, entre autres. Voyez aussi
siensis societatis Jesu , p. h. Lestoile, Journal de Henri IV, 3o juin iCio.
s
COLLÈGE LOUIS-LE-GRAND. 2^9
Les Jésuites auraient fort désiré garder cette belle collection pour remplacer
celle qu'ils avaient perdue. Ils l'avaient déjà laissé entendre assez clairement dans
une Très humble requesle présentée à Henri IV : rrNous confessons neantmoins,
ff disaient-ils, que nous avions deux grand thresors, et aussi opulents et riches
crqui fussent non seulement en vostre royaume mais encor en toute l'Europe;
ttc'estoyent deux bibliothèques, l'une estoit en la maison de S. Louys^^^
ff l'autre estoit au Collège, bibliothèque remplie des plus rares volumes et plus
rt doctes qui fussent au monde. C'estoit nostre arsenal, nostre munition, nostre
rr grand magasin , nostre grand thresor et richesse. Ces deux thresors, Sire, nous
ff avons perdu avec un extrême regret n
A cet égard, le vœu des Jésuites ne fut point exaucé; mais de généreuses dona-
tions leur permirent presque aussitôt d'accroître considérablement l'étendue de
leur collège'*', et d'y former une nouvelle bibliothèque, qui fut alors placée sous
la direction du savant Fronton du Duc.
Elle se constitua rapidement. Le cardinal François de Joyeuse, archevêque de
Rouen , ordonna en mourant que sa bibliothèque serait partagée entre les Jésuites
de Pontoise et ceux du collège de Clermont'^'. Le cardinal l'avait coniposée en
achetant trois collections assez nombreuses, parmi lesquelles figurait celle de
Pierre Pithou ''^'; il n'avait d'ailleurs eu de cette dernière que les livres imprimés,
car les manuscrits avaient été acquis par le président de Thon
La bibliothèque du Roi ne possédait alors
qu'environ six mille volumes. Voyez ci -dessus,
page i63.
La Maison professe de la Compagnie, rue
Saint-Antoine.
Trcs-humble remonstrance et requeste des re-
ligieux de la Compagnie de lesus au tres-chrestien
roy de France Henry IV, p. g g.
Voyez Piganiol de la Force , Description histo-
rique de Paris, t. VllI, p. SyS.
^' J. Garnier, Syslema bibliotheco' collegii Pari-
siensis societatis Jesu , p. 5.
L. Jacob. Traicté des plus belles bibliothèques ,
p. 52 1.
L. Jacob, Trniclé des plus belles bibliothèques ,
p. Sjh.
Les Pithou appartenaient à une de ces vieilles
familles de robe , comme on en comptait tant au xvn'
siècle, qui se léguaient de père en fils une réputa-
tion de science, de dévouement au travail et de
probité. Celle-ci, par allusion à son nom, avait
pris pour devise ces trois mots ToTs vépLois 'sreidov ,
obéissez aux lois, et certes nulle n'avait plus qu elle
le droit de la porter.
Pierre Pithou, savant et vertueux magistral de
Troyes , laissa en mourant quatre enfants , ferme-
ment attachés comme lui au protestantisme, pleins
d'ardeur pour l'étude , et dont Scaliger a pu dire :
ff Messieurs Pithou sentoient les bons livres de loin,
ff comme un chat une souris. 55 Leur père avait réuni
une assez belle bibliothèque , composée surtout de
jurisprudence, de littérature et d'histoire ; elle échut
par succession à Jean, son fils aîné. On était à la
veille de la Saint-Barthélemy , Jean et Nicole son
frère, obligés de fuir devant la persécution, n'ayant
pas même une demeure fixe, réussirent cependant,
à force de peine et de courage , à sauver du nau-
frage général de leur fortune les livres et les col-
lections de leur père. Revenus à des temps meil-
leurs, tous deux réussirent à se constituer une bi-
bliothèque nombreuse et bien choisie , qui , à la
mort de Nicole, passa à François, sou frère, qua-
trième enfant de Pierre Pithou.
Le troisième, qui portait le même prénom que
son père, décida de l'illustration delà famille. Pas-
sionné pour le travail, il avait commencé, dès sa
jeunesse, à réunir, soit par extraits, soit au moyen
de copies textuelles, tout ce que renfermaient de
curieux les livres les plus rares , le Trésor des chartes,
les registres du Parlement, le dépôt de la chambre
250
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Le libraire Cramoisy et une femme nommée Diez, dont le fils était jésuite,
des Comptes , les archives des grandes villes et des
principaux monastères. Ces extraits entrèrent plus
tard dans la composition du célèbre recueil de
pièces que P. Dupuy forma pour M. de Loménie.
Repoussé du barreau de Troyes à cause de ses opi-
nions religieuses, Pierre Pitliou alla chercher un
asile dans les États du duc de Bouillon ; il faillit en-
suite être victime de la Saint-Barthéleniy, et vécut
dans la retraite jusqu'au jour où Henri IV le força
d'accepter les fonctions de procureur général du
Parlement. Au milieu delà tourmente politique, il
avait réussi à rassembler une assez riche collection
de livres imprimés; vraie bibliothèque de travailleur
au reste, car elle laissait beaucoup à désirer sous
le rapport de l'élégance, et les volumes étaient,
])araît-il, assez mal reliés, rmiais cétoit un amas
'fde tous livres rares, excellens et singuliers, choi-
rrsis et triés en toutes sortes de langues et disci-
ffplines. n
Comme presque tous les savants de cette époque.
P. Pithou tenait à la disposition de ses amis ses
livres, ses notes, ses extraits, ses recueils; «-il me-
n-noit, dit Scaliger, tout le monde dans sa bibliothè-
rrque, prétoit volontiers, et présentoit tout ce qu'il
ffavoit, si l'on vouloit s'en servir, n Sa mort, arrivée le
i" novembre 1696, jour anniversaire de sa nais-
sance , causa un deuil général parmi les savants et
les bibliophiles : l'illustre de Thou , A. de Harlay,
Gillot, Casaubon, Scévole de Sainte -Marthe, s'é-
crivirent mutuellement des lettres de condoléances
qui nous ont été conservées.
Pierre Pithou ne laissait que des filles. Il com-
prit que sa chère bibliothèque serait dissipée, et il
rédigea minutieusement, peu de temps avant sa
mort, ses volontés à cet égard. Il léguait au roi,
pour en enrichir le Trésor des chartes, une collec-
tion de pièces rares qu'il avait achetées pendant la
Ligue; il ordonnait qu'un certain nombre de vo-
lumes auxquels il était plus particulièrement atta-
ché, et qui portaient des notes de sa main, seraient
conservés par sa famille; ce qui restait devait être
réuni en un seul lot et vendu à une seule personne.
Ces prescriptions ne furent observées qu'à moilié.
François Pithou garda les livres qui devaient demeu-
rer dans la famille , mais il conserva aussi ceux qui
étaient destinés au roi ; il est vrai qu'après sa mort
Pierre Dupuy se rendit à Troyes, les reprit et les
lit déposer au Trésor des chartes. Les autres volumes
furent partagés : le président de Thou acheta les
manuscrits anciens; le reste, ainsi que les impri-
més, fut partagé entre le duc de Joyeuse et François
Pithou.
Le catalogue de la bibliothèque de Pierre Pithou
n'a pas été dressé; on en possède seulement trois
inventaires partiels. Le premier, intitulé Bibliotitecit
ecdesiaslica Pilhœana, est le dénombrement des
livres de théologie; le deuxième contient une liste
des manuscrits qui passèrent à François Pilhou , et
dont il disposa après sa mort; le troisième, écrit
tout entier de la main de Pierre, a pour titre : Mé-
moires des livres que je désire entre garder, qui sont
hroiiillei de ma main pour la plusparl; il y mentionne
(55 volumes in-folio, in-quarto, 7/1 in-octavo et
1 7 in-douze.
François Pithou, frère puîné de Pierre, habitait
Troyes, sa ville natale, où il devint procureur géné-
ral. Constamment occupé de l'étude de l'anticjuité.
c'est par lui que fut découvert le précieux manus-
crit qui révéla les fables de Phèdre au monde mo-
derne. Obligé, comme protestant, de fuir un mo-
ment la France, il avait visité et étudié toutes les
bibliothèques de l'Allemagne, de l'Angleterre et de
ITtalie; et, dès son retour, il s'était occupé d'en for-
mer une pour lui-même. Son testament fut digne
du nom qu'il portait. Il légua à la ville la maison
(ju'il habitait, ;i charge par elle d'y faire redresser
rrun collège pour enseigner la jeunesse.... sans fjue
tries .lésuites y soient aucunement reçus; aullie-
r;ment, ajoute-t-il, je désire que le tout soit vendu
n-pourestre employé aux pauvres.... Je léguo audit
'f collège toute ma bibliothèque et tous les livres qui
rrse trouveront en ma maison, en oullre tous mes
ff meubles et argent pour faire bâtir le collège, avec
nmes rentes, si peu que j'en ay.^ Ce collège fut
établi en i63o seulement, neuf ans après la mort
du fondateur, par les Pères de l'Oratoire.
On peut consulter sur I histoire de cette biblio-
thèque: Grosley, Vie de Pierre Pilhou; — Sculige-
rana, p. ,3i5; — P. Pilhou, Epître dédicatoire des
Novelles dr Théodose; — Boivin, P. Pilluei vita; —
Taisand, Vies des Jurisconsultes, p. lilio; — Loi-
sel, Vie de Pierre Pithou; — J.-A. de Thou llis-
toriœ sut teinporis, lib. (jXVII, p. 70A; — Se. de
Sainte-Marthe, Galloruin doctrma illustrium qui nos-
tra inemoria Jloruerunt elogia, lib. IV, p. 1-27 ; —
Niceron, Mcinoires pour servir à l'histoire des honiines
illustres, t. V, |). /ig; — L Jacob, Traicté des plus
belles bibliotht'jues , p. 621; — P. Pithœani vita,
COLLÈGE LOUIS-LE-GHAND. 251
coiilribiUM-eiil aussi à enrichir la bihliotlièque du collège^". Le souvenir de cette
donation lui consacré par une bande imprimée,
Ex Libris GoUegio Parifienfi Soc. Iesv datis
à Domina Diez matre P. Francifd Diez.
que l'on colla dans tous les volumes qui en j)rovenaient.
Le colléfre reçut à la mêtne époque une partie de la collection considérable
qu'avait rassemblée le poëte Desportes. Sur un grand nombre de volumes qui
portent l'estampille de l'établissement, on rencontre sa signature, placée ordinai-
rement en haut du titre, et tantôt en latin.
tanlôl en français.
Sur les reliures, souvent fort élégantes, on trouve le double <I><1> qui lui ser
vail de nujnogrannnc
rlog'ui , operti , etc. j). f)i; — Mcmoires siif ijiicljites
hibliollirqitps de Paris rassemblés par le P. Léonard
de Sainle-Catlierine, Biblio'.hèque impériale, ma-
nuscrits, fonds fran^-ais, ii° •32599 (ancien fonds
des Petils-I'ères. n° 17). p. i->.
Maiclieliiis, Inlrodiictio ad historiam lilerariam
de prœcipiiis Inhliothecis , p. 98. — J. Garnier,
Systemn hihliolliecœ cotlegii Pnrisiensis societatis
Jesu, p. ô.
Au wi" siècle, la République des lettres,
conmie on disait alors, eut plus d'une ressemblance
a\ec l État. On vit, à la tête de lune comme de
l'autre, un roi tout-puissant entouré de luxe et de
gloire; puis, en bas, des milliers de mallieureux
sans considération, sans ressources, et souvent fort
inquiets de leur pain du lendemain. Sur ce trône,
presque aussi envié que l'autre, Desporles succéda
à Ronsard. Tandis que dix mille poètes, suivant le
mot de Balzac, imploraient vainement l'appui de la
Cour et des grands. Desportes, devenu l'ami de
Henri III, puis de Henri IV, après l'avoir été de
Cliarles IX , voyait toutes les faveurs s'accumuler sur
lui. Henri III lui donnait les abbayes de Tiron, de
Josapliat et do Bon-Port, et dix mille écus pour
l'iiiq)ression de ses œuvres ; un seigneur, le duc
de Joyeus,'. lui payait un sonnet par ime abbaye.
3 a.
252 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
Gabriel Lailemant, en 162^, légua au collège sa bibliothèque, qui renfermait
quelques manuscrits précieux
Les Jésuites acquirent ensuite , d'une manière assez curieuse , une belle collec-
tion de manuscrits grecs et latins. Ces volumes appartenaient à un abbé dont
nous n'avons pas retrouvé le nom, et qui vivait en Lorraine. A sa mort, ses hé-
ritiers, ne se doutant guère des trésors qu'ils avaient entre les mains, vendirent
la collection entière à un relieur, qui lui-même ne crut pas acheter autre chose que
du vieux parchemin. Jacques Sirmond, le confesseur de Louis XIII, passant par
hasard en Lorraine, creut avis de ce péril des muses pi il alla trouver le relieur,
acheta pour cinquante écus tous les manuscrits, et les envoya au collège de Cler-
montt^l
Mais cette bibliothèque dut surtout son accroissement à la libéralité du célèbre
surintendant Fouquet*^', qui lui donna un grand nombre de volumes, fit construire
et, comblé d'iionneurs , il en était littéralement ré-
duit à refuser des archevêchés.
Au reste, Desportes se montra digne de sa for-
tune et bon prince dans toute la force du terme;
sa bourse était ouverte à tous , et sa table aussi hos-
pitalière que somptueuse. rrNullus enini, dit scé-
ffvole de Sainte-Marthe, eum vel hospitalis mensa;
frliberalibus epulis, vel instaurandœ bibliotheca?
rrsumptu et studio, vel omni denique civilis vitœ
cfsplendore superavit.j? Il avait rassemblé, sans
épargner ni soins ni argent, une bibhothèque qui,
au témoignage du président de Thou, pouvait
presque passer pour publique, tant il mettait d'o-
bligeance à en communiquer les richesses.
Quand il mourut, en 1606, après avoir dans
sa vieillesse, comme tant d'autres poètes, fait
hommage au ciel d'une détestable traduction des
Psaumes, il légua, nous l'avons dit, sa bibhothèque
au collège de Clermont; mais elle n'y arriva pas
tout entière : Desportes avait un fils naturel qui
commença par en dissiper une bonne partie.
On peut consulter sur l'histoire de cette biblio-
thèque : Scévole de Sainte-Marthe, Gdlorum doc-
Irina illustrium qui nostra memoria Jlorueruiit elogia ,
art. Porlœus, p. ii8; — Goujet, Bibliothèque
françoisc, art. Desportes; — L. Jacob, Traicté des
plus belles bibliotlw^pws , p. 5 2/1 ; — Teissier, Eloges
des hommes savants tirés de de Tkou, t. IV, p. 5i6;
— G. Brunet, Dictionnaire de bibliologie, p. 1 0G2 ;
— Maichelius, Introductio ad historium literariam
deprœcipiiis ùibliotliecis , p. gS.
Catalogus manuscviptorum codicum collegii
Claromontani , p. 2 05.
L. Jacob, Traicté des plus belles bibliothèques,
p. hih.
Fouquet avait rassendjié , à sa magnifique ré-
sidence de Saint-Mandé, une bibliothèque qui , lors
de son arrestation, renfermait plus de trente mille
volumes. Il avait successivement acquis les collec-
tions formées par Montclial , archevêque de Tou-
louse, par René Moreau et par Raphaël Trichel
du Frcsne, bibliothécaire de la reine Christine.
S'il faut en croire Gui Patin, Fouquet eut alors
une pensée qui lui fut très -probablement inspirée
par son désir d'égaler Mazarin , qu'il s'obstinait à
regarder comme un rival plutôt que comme un
maître. La France ne possédait encore qu'une seule
bibliothèque publique, celle que le cardinal avait
ouverte dans son propre palais; Fouquet songeait
à faire le même usage de la sienne, trce qui aura
fflieu, ajoute Gui Patin, à moins que les Jésuites,
rrdont il a été à toute heure entouré, ne la lui at-
rttrapent pour leur maison, où de tels acquêts sont
rrde bonne prise. Vous savez que tous les moines
ffsont de gros larrons in nomine Domini. n Gui Patin
ne se tronq)ait qu'à moitié sous tous les rapports;
les Jésuites circonvenaient Fouquet, auquel, pen-
dant le temps de sa prospérité, ils arrachèrent an
moins six cent mille livres, et, à l'époque dont nous
parlons, le surintendant avait précisément un Jé-
suite pour bibliothécaire.
Après la disgrâce de Fouquet, environ deux
mille de ses volumes furent transportés à la biblio-
thèque du Roi, et les autres vendus aux enchères à
la requête des créanciers du surintendant.
Sur cette bibliothèque, voyez : Inrentaire , prisée
COLLÈGE LOUIS-LE-GHAND. 253
à ses liais le local (levait les renfermer''), et ajouta une rente de mille livres,
cr mille libras annuas'"^', n destinée à régulariser l'achat de publications nouvelles
Les Jésuites se montrèrent reconnaissants; ils placèrent dans la bibliothèque le
portrait de l'infortuné ministre, et firent frapjjer en or, sur les plats
I l estimation des livres trouvés à Saiiit-Mandé iippar-
leiiiint ci-derant a M. Fouquet, lîibliothèque impé-
riale, iiianuscrits, fonds fi-ançais. n" (j'iSH, p. 9,66;
— Lettres relatives à cet inventaire, Bibliotliè(pie
im[}ériale, manuscrits, fonds français, n" -20867,
(ancien fonds Saint-Victor, n" 1 096) ; — Glie'niel .
Mémoires sur la vie de Nicolas Vouquet , t. II , p. -i 8 •>.
et suivantes; — Gui Patin, Lettres du lO février et
du i3 mars iBSy, et du -i-i mars i658; — Le-
prince, Essai historique sur In bibliothèque du Roi,
p. li'j, 59 , 53 ; — Niceron, Mémoires pour servir à
l'histoire des hommes illustres, t. XXXI V, p. -i^y;
— Jugier, Dibliotlieca hisloriœ litterariœ selecla , t. I .
p. a i5 et 2 2 4; — Jourdain, Mémoire historique
sur la bibliothèque du Roij , p. x\\; — V. l'ai is.
manuscrits françois de la bibliothèque du liai. t. I .
p. 93; — Legallois, Traitté des plus belles biblio-
thèques de l'Europe, p. i3i; — I). tinet, (junmen-
tarius de vitn sua, lil). Il, p. 1 1 1; et les onvrages
citës plus loin.
G. Brice, Description de Paris , l. 111, p. G().
— J. Garnier, Systema bibliothec(e Parisiensis socie-
Intis Jesu, p. 5.
^' Lomeir, De bibliothecis liber, p. 3i-j.
Durey de Moinville , Dissertation sur les bihlio-
thc'iues, p. 5i. — Leroug'e, Curiosités de Paris,
t. I, p. 33 1. — Piganiol de la Force, Description
histori'iue de Paris, t. V, p. 423.
•254
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
de la pliij)art des volumes acquis avec les revenus laissés j)ar lui'", sou cliilïVe et
ses armes, cciusignia liujus Mœcenalis, n dit Maiclielius.
Meutionnons ici les modifications survenues dans la direction de la biblio-
thèque : Fronton du Duc, moi't en 162/1, avait été remplacé par Denis Pétau;
celui-ci , en 1 659 . eut lui-même pour successeurs Philippe Briet et Gabriel Cossart.
(jui exercèrent conjointement''^'.
.fusqu ici, les Jésuites, fidèles à la mémoire de Guillaume Duprat. avaient con-
servé siii- la façade de leur collège l'inscription primitive :
COLLEGIVM CLAROMONTANVM SOCIETATIS lESV
Mais leur reconnaissance envers ce |)remier i^ienlaileiir sellaça devant les libé-
ralités d'un protecteur présent et tout-puissant. Louis XIV, diiigé j)ar un con-
fesseur jésuite, se montra très-généreux envers tous les établissements qui aj)par-
tenaient à cette Société; le collège de Glei'mont en particulier reçut des mar(|Lies
nombreuses de sa sollicitude. Enfin, en 1682, le roi daigna s'eti déclarer le pro-
tecteur, il le décora du titre de collège royal, il Ini accorda le droit de porter ses
armes. Dès lors l'ancienne insci'iption dispaï ut et fui i'em])lacée j)ai' celle-ci :
COLLEGIVM LUDOVIGI MAGNI "
Lesallaii'cs du collège n'en allèrent j)as plus mal, les p(;nsionnaires y allluaienl
de toute la France. Les Pères purent aussi ajouter un cabinet de médailles à leur
Ma\rho\im, Inlrorhicliond liislorin 1)1 lilerni-inin J. Garnm: Sj/slemn Inbliolheia' collegii Pari-
dr j)rœcipiiiii hihliolliecis , j). 96. — Némeilz, Le siensis sodelalis .lesii , |>. (i.
.srjiiiir fie Paris , I. L |). -iGi. le joiH'ih'il /7;(/('nHe(//Vf//p , ;inn. 1 . r.
COLLÈGE LOUIS-LE-GRAND. -i.-.S
l)il)liollir(|ii(', comptait alors f rciitcvdeux mille voliimos'", cl doiil Michel de
Marolles venait de dii-e :
La grande de ClennonI est une Ix'lle chose,
Elle croist tous les jours, e( l'on en prend grand soin.
Où les Pères savans consolent leur besoin.
Si chaque esprit le peut comme il se le propose''^*.
Kri cette même année 1689, les Jésuites étendirent encore leurs hàlimenis jjar
rac([uisition des collèges de Marmoutiers et du Mans. Puis, en 1717, Acliillc de
Harlay, IV*^ du nom, qui avait considérablement augmenté la bibliotliè(jue de
son arrière-grand-|)ère , rillusire jn-emier ])résident légua à M. de Gliauvelin
Ions ses manuscrits, et au collège Louis-le-Grand tous ses imprimés comj)re-
nant de vingt à vingt-deux mille volumes relatifs surtout à la juris])rudence'''.
Presque tous les volumes qui provenaient de la bibliothèque de Harlay portaient
déjà ses armes sur les plats*'*'
Jouintil (les Sçavam , année 1G78, p. àoi. —
J. (îai'nier. Systeina hihilnlliecœ collcgii Parisiciists
societati.t Jesu, p. 5.
M. (le Mnrolles, Paris ou dascriptioit succincte
et néanlmoins assez amplf dr celte grande rillc, p. hC).
Sur l'olh^ célèbre bibliothèque, voyez ci-des-
sus, t. 1, p. 1 -iû.
' S.iinl-Sirnon , Mémoires, t. XV, p. at). —
Miiiciiniiiis. fnirodiiriio ad liisloriani literariam de
pnrnpuis bihJiolhecis , p. (j'i.
Antonini, Mémorial de Paris et de ses ciici-
rons, t. I, p. 1 97.
Pignniol de la Force , iJcscriplioii liislorii/ac de
Paris, t. V, p. 4 -13. — (!. Brice, Nouvelle description
de Paris, t. 111, |). 69. — Mais Juglor (Bihliotheca
Itisloriw Utierariœ selcctn , t. 1 , |). -i-ih ) el Maicliolius
[Introduclio ad hislnriani lilerariani , p. dontiiMil
le chiffre, évidetinucnl iiie\acl.do milij: voliuiies.
Sauvai, Histoire de Paris, t. 111, p. ô-<.
Ce fer n'a pas été le seul eniplové; sur d'au-
256 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
et son cliillre sur io dos
Les Jésuites ajoutèrent encore au bas du titre une bande imprimée, qui était conçue
en ces termes :
Ex Librisijuos Collcgio Patifîenfi Socletatn
Jefa, Ugivit Nobiliflf. D. D. Achilles i>r
Haklay , Cornes de BeiuraoDt . Regiàf^n-
Ces accroissements successits avaient rendu la bibliothèque de la rue Sainl-
Jacques une des plus importantes de Pans. Elle devait aussi sa réputation au zèle
et à l'érudition du successeur de Gossart, le jésuite Jean Garnier, (jui l'enrichit de
])récieux ouvrages, en même temps ([u'il la disposait sur un plan nouveau et mé-
thodique. A l'époque où nous sommes parvenu, cette collection renfermait environ
quarante-sept mille volumes Elle resta alors à peu près stationnaire, car, trente ans
plus tard, on y comptait seulement cinquante mille volumes'^', dont environ six
cents manuscrits'^', chiffres qu'elle n'a guère dépassé.
La bibliothèque du collège Louis-le-Grand, située dans la seconde cour de
l'établissement, avec vue sur le jardin'*', était composée de deux longues galeries.
L'une avait été, nous l'avons dit, construite aux Irais du surintendant Fouquet:
l'autre portait le nom de Harlay. On lisait sur la porte de la première galerie
ces mots :
DEUS SCIENTIARUM DOMINUS EST
Les fresques du platond représentaient la Uenomuiée s'élançant dans les aii s au
très volumes on trouve, outre les armoiries, une
couronne de Iiaron, un manteau d hermine, etc.
"' Maiciieiiiis. Iiiirodiiclio ml liifilorimn lllern-
riain, p. <jh. — Mais G. VValiin, Lutctia Parisiormii
eruditn siii teinporis (lya-î), dit cinquante mille six
cents, p. 1 18. — Sauvai, Histoire de Paris [l'j -2 h) ,
se prononce pour vingt mille volumes , t. III , p. 5 2 ;
l'erreur est évidente. — G. Brice , Nouvelle descrip-
tion de Paris (i^aS), indique quarante-trois mille
volumes, t. III, p. (18. — J.-G. Némeitz, Le séjour
de Paris (17-27), donne le chiffre de (juarante-six
mille, t. 1 . p. 9G1 .
Antonini, Mémorial de Paris (17/19). '■ ^•
p. 19G.
Jugler, Bibliolheca hisloriœ litleraria' selecla
(175/1), t. I, p. 226.
G. Brice, Nouvelle description de Paris . t. III.
p. 68.
COLLEGE LOULS-LE-GRAND. 257
milieu d'un groupe de Génies, et laissant tomber ces paroles : ce L'illustre Fouquet
cra élevé cette bibliotlièque, et l'a dotée avec magnificence. 11 II y avait deux beaux
tableaux aux deux extrémités de la galerie : au-dessus de la porte, la mort d'Aga-
memnon par Nicolo [Giovani Baplista de Ferrare), et, en face, le portrait de Fou-
quet accompagné de la Foi et de la Justice.
11 fallait monter plusieurs degrés pour arriver à la seconde galerie, qui était
soutenue par deux rangs de colonnes et ornée de globes et de tableaux. En re-
gard de chacune des neuf fenêtres se trouvait un portrait sur toile; on y avait re-
présenté Perpinian, Maldonat, Auger, Fronton du Duc, J. Salian, Sirmond,
L. Cresol, D. Pétau et Caussin.
Les manuscrits étaient classés à part, ainsi que les livres défendus; ceux-ci
occupaient un étroit cabinet , à peine éclairé par une petite fenêtre garnie de
barreaux de fer t^'.
Cette bibliothèque, dont l'accès était assez facile, même pour les étrangers
possédait de véritables raretés bibliographiques et plusieurs éditions princeps. Les
rr livres d'humanitezn étaient très-nombreux, et rr l'histoire d'Espagne toute corn-
er plète^^Mi Les manuscrits atteignaient le chiffre de huit cent cinquante-six ; on y
remarquait dix manuscrits italiens, quatre espagnols, trois portugais, vingt-sept
chinois, deux arméniens, treize hébreux et syriaques, trente-cinq arabes; la plu-
part de ces derniers avaient appartenu à Guillaume Postel'"'. On y voyait encore
un certain nombre d'ouvrages immoraux, crlibri contra bonos mores et les
originaux des lettres de Jansenius à Duvergier de Hauranne , qui avaient été sai-
sies chez ce dernier lors de son arrestation'^'.
Vers le milieu de la première galerie, à droite, s'ouvrait le cabinet des mé-
dailles, qui avait été commencé par le P. Sirmond. On citait surtout parmi les
médailles en or Philippe de Macédoine, Tibère, Claude, Agrippine, Néron, Ves-
pasien , Trajan , Heraclius. On y trouvait même une pièce frappée pendant la Ligue ,
à l'effigie du cardinal de Bourbon, sous le nom de Charles X, roi de France
Venaient enfin diverses curiosités, des pierres gravées, des antiquités égyptiennes,
grecques, étrusques et romaines, des sceaux, des poids, etc.
Piganiol de la Force , Description kislorique de Calalogus maniiHcriptorum codtcum collegii Cht-
Paris, t. V, p. 422. romontani, n°' \\, \xi, xxx, xxxiv, xxxvi, xxxviii,
G. Brice , Noul\ descrip. de Paris , t. III , p. 70. lxv, lxvi , lxvii.
J. Garnier, Systema bibliothecœ Parisiensis col- J. Garnier, Si/stema bibliothecœ Parisieiisis col-
legii societatis Jesu, p. 7. — J.-G. Némeitz, Le sé- legii societalis Jesu, p. 7.
jour de Paris, t. I, p. 2G1. Piganiol de la F'orce, Description historique de
Ahnanach royal, année 1709, p. 219. — Paris, t. V, p. /i23.
D urey de Noin ville. Dissertation sur les bibliothèques , Mémoires secrets de Bachaumonl , 26 juillet
p. Ii8. — Maichelius, Introductio ad hislorium lite- 1768, t. I, p. 267.
rariam, p. 97. Catalogue des médailles et autres curiosités de
Legallois, Traitté des plus belles bibliothèques la bibliothèque du collège Lonis-le-Grand.
de l'Europe, p. l'ih.
II. 33
258 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
Jean Garnier, mort en 1681 eut pour successeur ie célèbre P. Hardouin. On
sait que ce jésuite, dont les ouvrages, fort savants d'ailleurs, sont semés de para-
doxes, mettait en doute toute l'histoire ancienne, niait l'authenticité delà plupart
des écrits qui nous sont venus de l'antiquité, et attribuait ï Enéide de Virgile et les
Odes d'Horace à des moines du moyen âge ; ajoutons que ce singulier bibliothé-
caire n'accordait aucune valeur historique aux médailles Il fut remplacé par le
P. Souciet'^', à qui succédèrent les PP. Thoubeau**' et Michel Languedoc. Il se
présente ensuite dans la liste des bibliothécaires une lacune que nous ne pouvons
combler; nous connaissons pourtant les deux derniers jésuites qui remplirent cette
charge: ce fut d'abord Pierre Duval, devenu successivement proviseur du collège
d'Harcourt et recteur de l'Université, puis Gabriel Brolier, le célèbre humaniste.
En remontant jusfju'à l'origine de l'établissement, nous rencontrons donc les noms
suivants :
Jean GUIGNABD,
Fronton DU DUC,
Denis PÉTAU,
Philippe BRIET,
Gabriel COSSART,
.Iean garnier,
J. HARDOUIN,
Étienne SOUGIET,
THOUBEAU,
Michel LANGUEDOC,
Pierre DUVAL,
Gabriel BROTIER.
M. E.-J.-B. Rathery a eu l'obligeance de nous communiquer trois lettres iné-
dites, écrites de 1727 à 1728 par le général des Jésuites, Tamburini, au recteur
du collège J^ouis-ie-Grand, et qui renferment quelques renseignements assez
curieux.
On y voit que les Révérends Pères voulurent employer à la restauration de
leurs bâtiments une partie des mille livres de rente léguées au collège par Fou-
quet. Le bibliothécaire se plaignit bien haut, et l'affaire alla jusqu'à Rome. Tam-
burini dit que lui-même fut appelé à régler crlitem ortam inter procuratorem
fccollegii et praefectum bibliothecœ ii il décida que la somme totale des revenus
dus à la libéralité de Fouquet devait être exclusivement employée en achat et en
restauration de livres 11 voulut enfin que le P. Garnier restituât une somme
E. Dupin, BibUotheque des auteurs ecclésias- MaicheVms Jnlrodiictio ad liistoriain literariam,
tiques, x\n' siècle, t. IV, p. 118. p. 97.
Voy. sa Chronol. ex nnmmis antiquis reslituta. Lettre du ih octobre 17-28.
'■"^ 'à. à(iNa\hehçrl, L'agenda duvoyageur à Pa- frCensus annuus mille libraruin gallicariun
rts (17.36), p. 7/1. (fbibliothecœ donatus a domino Fouquet semper ac
COLLEGE LOUIS-LE-GRAND. 250
prise sur les revenus de la bibliothèque, et (ju'il avait emportée à son départ
|)our Rome'"'. La troisième lettre, datée du 8 mai 1727, renferme au sujet de
la bibliothèque des dispositions fort sages, mais qui ne font que confirmer le règle-
ment que nous avons donné plus haut.
Les Jésuites furent de nouveau chasses de France en 1769; ils durent donc
abandonner encore une fois leurs établissements et les bibliothèques qu'ils renfer-
maient. Les lettres patentes du 21 novembre 1768 accordèrent les bâtiments du
collège Louis-le-Grand à l'Université. 11 fut décidé en même temps qu'on éta-
blirait dans la vaste maison des .lésuites un collège général, dans lequel seraient
réunis les boursiers de tous les petits collèges où il n'y avait pas plein exercice.
Ln cr bureau d'administrations fut nommé, installé au collège, et chargé d'orga-
niser la nouvelle création.
Pendant l'instruction de leur procès, les Jésuites, (jui en prévoyaient l'issue,
s'étaient défaits petit à petit d'un grand nombre de volumes, dont la majeure
partie fut achetée par le duc de Lavallière et le comte de Lauraguais On pro-
céda cependant contre la Compagnie beaucoup moins arbitrairement qu'en iSgB.
Les bibliothèques furent vendues, mais suivant les formes légales, et le produit fut
destiné à satisfaire aux réclamations des créanciers de l'ordre.
On enleva d'abord du collège Louis-le-Grand tous les manuscrits, qui furent
déposés à l'abbaye Saint-Germain-des-Prés. Par ordre du Parlement, tiois religieux
de ce couvent, D. Pater, D. Housseau et D. Grenier, et trois religieux des Blancs-
Manteaux, D. Durand, D. Tassin et D. Clément, furent chargés d'en dresser le
catalogue'^', qui parut sous ce titre : Calalogus manuscriptorum codicum cnllegii
Claromontani. Parisiis, 17G/1, in -8°. On impi-ima ensuite le Catalogue des mé-
dailles antiques, modernes, et autres curiosités de la bibliothèque du collège de Louis
le Grand de la rue Saint Jacques , dont la vente se fera le mercredi 1 3 juin , lendemain
des Fêtes de la Pentecôte, et jours suivans, Paris, 1 766, in-8°.
Le catalogue des livres imprimés venait d'être publié sous ce titre : Catalogue
des livres de la bibliothèque des ci-devant soi-disans jésuites du collège de Clermont, dont
la vente commencera le lundi ig mars ij6à^"\ Un incident curieux fit suspendre les
enchères.
On se rappelle (ju'en 1717 le président de Harlay avait légué une partie de
sa bibliothèque au collège Louis-le-Grand. Son héritier, M. de Tingry, mit oppo-
(fsoluniraodo insurnatur in iibris emendis, coni- Mémoires dits de Bachaumont, l'j avrû ijQ^ ,
rpingendis. et reficiendis illoruni compactionibus t. I, p. 69.
Tqiiando i'orle usu corrumpentui- aiit deterentur. 1 D. Tassin, Histoire littéraire de la eongréga-
(LeUre du i4 octobre 1728.) tion de Saint-Maur, p. 668.
ffReslitiiatur bibliotbecae pars illa pecuniae II comprend 6,75-3 articles. La bibliothèque
rrquam P. Joannes Garnier, Romam proficiscens , de l'Arsenal possède un exemplaire avec les prix
n-secum de reditu bibliotbecae asportavit , necdum de vente indique's en marge,
trrestituta est. n (Lettre du ih octobre 1798.)
33.
260 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
sitioii à la vente, et réclama tous les volumes qui provenaient de cette libéra-
lité. Le Parlement était disposé à faire droit à sa demande '''; mais, un grand
nombre des livres de M. de Harlay ayant été confondus avec ceux du collège sans
recevoir d'estampille spéciale, il était fort difficile de les reconnaître. On convint
de s'en rapporter au procès -verbal qui avait été dressé lors de la remise aux
Jésuites, et suivant lequel le legs était estimé vingt-cinq mille livres; M. de
Tingry fut donc autorisé à prélever cette somme sur le produit de la vente ^"-^l Ce-
pendant quelques volumes légués par M. de Harlay portaient soit sa signature,
soit ses armes, soit l'inscription imprimée que nous avons décrite; ceux-ci, recher-
chés avec soin, furent mis à part, et M. de Tingry en fit don à l'Université
D'un autre côté, le nouveau collège ne pouvant rester sans bibliothèque, le
bureau d'administration profita de la vente des bibliothèques des Jésuites, et y
acheta des livres pour une somme de 17,4/19 liv. 8 sols'*'.
L'Université avait elle-même une bibliothèque qui venait de lui être léguée
par le recteur Petit de Monlempuis, mais qui, faute d'emplacement convenable,
n'avait pu encore être déballée
Le collège Louis-le- Grand et l'Université se trouvèrent donc chacun posses-
seur d'une bibliothèque distincte, et tous deux avaient le droit de l'installer
dans les bâtiments du collé(fe.
Le bureau d'administration prit l'initiative. Il fit proposer à l'Université de
réunir les deux bibliothèques de manière à n'en former qu'une seule''''. L'Université
refusa péremptoirement, et nomma pour sa collection un bibliothécaire, M. Lebel,
landis que le collège en nommait un également, M. Guèrin, ancien recteur (''.
Les négociations entre l'Université et le collège durèrent près de deux ans. Ils
finirent cependant par s'entendre. On lit dans les procès-verbaux des séances du
bureau d'administration que crie collège abandonna ses livres à l'Université '*'.
Ceci ne devint absolument vrai qu'un peu plus tard, grâce à l'habileté avec la-
quelle manœuvra l'Université. Les discussions entre les deux rivales ne furent
Il accorda de même à M. de Charsigné, héri-
tier de révêque d'Avranches , Huet, tous les livres
que ce dernier avait légués à la maison professe
des Jésuites.
^' Mémoires secrets dils de Dachaumont , 99 juil-
let 1768, t. I, p. 958.
Mémoires secrets dits de Bachanmoitt , -2 3 jan-
vier 176^, t. II, p. 12.
On trouve le cliilTre de 18,109 liv. 8 s. dans
le Recueil de imites les délibérations prises par le hu-
renu d'administration du collège Louis- le-Grand ,
p. 598. Le chifl're que nous avons adopté nous est
fourni par le document suivant : Etat des livres ad-
jugés à Monsieur l'ubhé Fourneau, grand maître du
collège de Louis le Grand, pendant le cours de la vente
des lirres de la Dihliothèijue dudit collège. x4rchivcs
de l'Empire, série H , carton n° A 9 5 3.
Recueil de toutes les délibérations prises par le
bureau d'administration du collège Louis-le-Grand ,
p. o3o.
Aichives du ministère de l'Instruction publi-
que, i5' carton, n° 1 13, article 20.
Recueil de toutes les délibérations prises par te
bureau d'administration du collège Louis-le-Grand,
p. 5-28.
Recueil de toutes les délibérations prises par li>
bureau d'administration du collège Louis-le-Grand ,
p. 53o.
COLLÈGE LOUTS-LE-GRAND. 201
closes qu'au mois de février 1765. On rédigea alors un rr projet d'arrangements
qui fut accepté d'un conmiun accord. Ce document est conservé dans les archives
du ministère de l'Instruction publique, où l'obligeance de M. Ch. Jourdain nous
a mis à même de le consulter'''.
Aux termes de cet arrangement, la collection de l'Université fut installée dans
les galeries qu'avait occupées la bibliothèque des Jésuites, et les livres appartenant
au collège furent confondus avec ceux de l'Université'^'. Cependant on autorisa le
bui-eau d'administration à faire estampiller ses volumes aux armes de l'établisse-
ment, afin (ju'ils pussent au besoin être distingués de ceux de l'Université'^'.
L'administration et la surveillance de la bibliothèque appartenaient exclusivement
à l'Université'*'; le bibliothécaire devait prêter serment entre les mains du rec-
teur''^', et portait le titre de bibliothécaire de l'Université'**'. Il était choisi par
celle-ci sur une liste de trois candidats présentés par le bureau d'administration
du collège '"' ; tous les trois devaient d'ailleurs être membres de l'Université '^'. Nous
avons dit que déjà deux bibliothécaires avaient été nommés; on leur conserva à
tous deux leur titre et leur traitement; mais M. Guérin eut le droit d'exercer ses
fonctions'^'. Ils n'acceptèrent sans doute pas cette décision, et se retirèrent spon-
lanément; car, dès 1766, on procéda à l'installation d'un nouveau bibliothécaire
nommé Hamelin ''° .
L'Université avait en outre accordé au collège l'autorisation de faire dresser un
catalogue spécial de ses livres ''". Le» libraire Barrois demandait une somme de
deux mille livres pour l'exécution de ce travail; ï\ fut confié à un cordelier nommé
Bonhomme, qui venait de rédiger l'inventaire complet de la bibliothèque de
son couvent, et qui ne demandait au collège d'autres honoraires que l'admission
d'un de ses neveux comme boursier ''2'. Ce catalogue fut terminé le tili novembre
17G8; il est conservé à la bibliothèque actuelle de l'Université, et a pour titre :
Catalogne des livres imprimez, manuscrits, des livres de figures et d'estampes apparte-
nants au collège de Louis le Grand; fait en ij68 ''^'.
L'histoire de la bibliothèque du collège Louis-le-Grand doit s'arrêter ici. A
partir de cette époque, la collection, quoique conservée dans son local primitif,
appartient réellement à l'Université, porte son nom et est exclusivement régie
par elle.
I^es registres et cartons relatifs à l'ancienne
Université ont ëté, depuis peu, transfe'rés à la lii-
i)liolhèque de l'Université, à la Sorbonne.
Projet d'arrangement sur la bibliotlièque de
l'Université, articles 3 et /i.
Projet d'arrangement, etc. article 5.
Projet d'arrangement , etc. arlicle o.k.
Projet d'arrangement , etc. article 1 1 .
Projet d'arrangement , etc. arlicle lo.
Projet d'arrangement, etc. articles 'j i et -ïà.
m Projet d'arrangement, etc. article aa.
(9) Projet d'arrangement, etc. article ao.
Recueil de toutes tes délibérations prises par
le bureau d'administration , etc. p. SSg.
(") Projet d'arrangement , etc. article 8.
Recueil de toutes les délibérations prises par
le bureau d'administration , etc. p. 538.
Bibliotli. de l'Université , manuscrits . n " U i S.
262 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
Nous reproduisons ici Testampille qu'adopta le collège après que Louis XIV
l'eut autorisé à prendre les armes royales
Nous avons fait connaître déjà les marques qui se rencontrent sur les reliures
provenant de cette bibliothèque. Il faut y ajouter le monogramme de la Compagnie
de Jésus
qui ligure très-fréquemment sur le dos des volumes, placé entre ciiaque nerf et
alternant soit avec les deux <Ï><I> de Desportes, soit avec les <î> entrelacés de Fou-
quet. Enfin, quand le collège eut reçu le nom de Prytanée français , il adopta pour
sa bibliothècjue une marque nouvelle et toute différente des précédentes :
Les inscriptions manuscrites sont assez i-ares et en général très-brèves :
COLLECn CLAEOMONrANI PARIS. SOC. IRSCk
COL LEO II PARIS. SOC. lESU.
Celte dernière, parfois plus abrégée encore, est très-fréquente.
COLLÈGE LOUIS-LE-GRAND.
•263
BREF ÉTAT POUR COMPTER
DE LA
VKNTE DES LIVRES, MÉDAILLES ET AUTRES CURIOSITÉES
DL COLLEGE DE LOUIS LE GRAND
La vente des livres nioiile à 1 1 i ,037^ 1 8' o''
Celle des médailles et ciiriositées à 10,691 U o
Total 121,799^ o
Paiements à déduire, savoir :
Au s' Samson, gardien aux Jésuittes, pour 196 jours de Irais de garde, à
compter du 10 févriei' 176^ jusques et compris le 2 septembre audit an
(ju'il est sorti du collège, suivant ses quittances dont la dernière est du 1 1 sep-
Icmbre dernier <^92*^ o' o"*
Plus, au s. Lancia! , autre gardien, pour 2/19 jours de garde, à compter
(lu 7 janvier 176^ jusques et compris le 1 1 septembre dernier, suivant ses
quittances dont la dernière est du 9 novembre dernier ^98 00
Plus, au nommé Marion, gagne denier, pour 117 jours à 3o s. à compter
du 12 mars 1766 jusqu'au 3o juillet dernier 175 10 0
Plus, au même, pour dépenses de balays, clouds et fisselles 2 80
Plus, au s. Berlin, vitrier, pour avoir nétoiés et remis des carreaux aux
croisées de la salle où s'est fait la vente 6 18 0
Plus, au s. Monguin, maître menuisier, pour avoir posé des tablettes pour
mettre les livres lors de la vente 17 00
Plus, à des gagnes deniers, qui ont servis à transporter les livres qui étaient
dans les chambres, à l'effet d'en mettre en possession le collège de Lisieux. . 6100
Plus, paie pour huit plaques de fer blanc qui ont servies à mettre des chan-
delles pour éclairer la vente 2 8 0
Plus, à MM. Saugrain et Le Clerc, libraires, 1 2tt par eux déboursées pour
frais de voitures et crocheteurs emploies aux transports des livres condamnés. 12 00
Plus, aux nommés Marque et Baudouin, afficheurs, pour avoir par eux
apposés 2,100 affiches indicatives de la vente, suivant leurs quittances des
16 avril, 21 mai, 17 juillet et i3 septembre 176^ 3i 100
Plus, à M. l'abbé Grimod, pour les 18 deniers pour livre lui revenant du
montant de la vente des médailles et curiositées, suivant sa quittance du
25 juin dernier 801 6 G
Plus, à MM. Saugrain et Le Clerc, libraires, pour les causes énoncées en
leur quittance du 19 octobre 176^ 10,327
Total 1 2,27 1^ 1 3' G-^'^)
Archives de l'Empire, série H, carton 11° /i 9 5 3. il y a erreur, l'addition ne donnant que 3 sols au
— Voyez ci-dessus, p. aSg. lieu de i3. Cette erreur se prolonge jusqu'à la fin
Ce sont les chiffres fournis par roriginal; mais du compte.
26^ LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
Report 12,^7 1^1 3' 6''
H faut encore déduire les paiements faits à M. l'abbé Fourneau, suivant ses
reçus, savoir :
Le i6 avril 176/i i3,oo2 o o
Le 21 juin aud. an i/j,8o6 0 o
Le 9 juillet 26,200 0 o
Le 28 août 23,^25 0 o
Le 22 octobre 5, 001 o o
Total 93,708» 1 3' G''
Déduisant encore les adjudications ci-après, savoir :
A M. l'abbé Fourneau i'^,klxç^^ 8' 0''
A MM. du Bureau d'administration Zi55 00
Total 111,608» 1' G""
Il convient encore de déduire les paiements déboursés et frais de vente qui
suivent, savoir :
Pour le droit de déclaration de ladite vente au bureau 2» 0' o**
Pour 1 1 8 vaccations emploiées par l'huissier à la vente des livres et mé-
dailles, à 7 livres chacune 826 o 0
Payé au crieur pour ses vaccations à publier les enchères et les recevoir,
lors de la vente 172 10 o
Plus, à la personne qui a écrit la minutte pour accellérer 172 100
Pour l'expédition du procès-verbal de vente, contenant 11,187 îii't'cles,
dont la moitié sera portée à la communauté des huissiers priseurs, évalué, y
compris le papier et droit payé pour la faire, à A, 632 o 0
Pour le remboursement du papier de la minute et controlles 92 3 0
Pour le remboursement des fiacres qui ont servis à porter l'argent chez
M. Fourneau et remboursement des passes des sacs 36 i3 o
Plus, paie aux commissaires aux ventes pour les trois deniers pour livre
à eux revenant du montant de lad. vente i,525 8 9
Pour les vaccations emploiées par l'huissier à faire plusieurs grands états
d'adjudications faites tant aux libraires qu'à MM. Fourneau, Capronnier et
autres, faire les recouvrements des débets, peines et soins extraordinaires,
évalués à
Plus, pour avoir été faire les états et prisées des meubles et effets des col-
lèges de Beauvais , des Trésoriers , des Cholets , de Bayeux , de Laon , de
Narbonne, de Cornouailles, de Bourgogne, d'Autun, de Justice, M° Gervais,
Dainville, de Reims, de Séez et du Mans, à la connaissance de MM. Four-
neau, Le Neveu, Le Gros, Poan et de S. Fray, évalués à 25 vaccations, ci,. 3oo 0 o
Total 118,79/1» 5' S'*'^)
Ici encore nous donnons les chiffres tels qu'ils à 1 1 9,367^6'3'*.
COLLEGE LOLilS-LE-OHAM).
265
RECAPITULATION'.
La rcccllc iiioiile à. . l'j 1,7-29*' 2' 0''
La (!('|»('iis(' moule à iiSj^gi 5 i>
l'ailaiil icsic (In 2,98/1*' 16' <j''
Sur (|uoi depuis paie à M. le j;iaii(l iiiaiire. siii\aiil sa (juillaiiee du iS fé-
vrier i^Gf) 2,(io5 00 0
.'i'^;)*! lO' ()•'
Mous, soussignés, adiiiiiiistraleurs du colléije (le Louis-le-Grand , et autorisés par la (h'Iilx'-
ralion du 3o aoust 176/1, à l'ell'el d arrèler le présent couiple, alfendu le paiement présenle-
meiit par ied. de Grossy ès mains de M. le grand maître, ainsi qu'il le reconnail, de la somme
de (rois cens vingt neuf livres seize sols neuf deniers, avons doniK' |)leine et entière di-cliarge
aud. s'' de Grossy de la recelle par lui faille, et reconnaissons que les jùèces juslilTicalives ont
été remises aud. s' de Grossy pour élre déposées ès archives.
Fail double à Paris, ce 20 mars 17C5.
Rolland. Poam. Foiuneaii. Giiossy.
II.
Kdc-simile heliogrdphique.
flan de Jouvin de P.ochefort (1690).
COLLÈGE DES GRASSINS.
Par son testament du 16 octobre lôôg, Pierre Grassin, sieur cVAlbon, conseil-
ler au Parlement de Paris, ordonna qu'une somme de 3 0,0 00 livres fût prise
sur ses biens et employée à la fondation d'un collège. Il voulait, en outre, que,
si son fils mourait sans enfant, cette somme fût portée à 90,000 livres'''. Ce fils
survécut peu à son père; il s'associa à sa pensée et choisit, comme lui, pour exé-
cuteur testamentaire l'avocat Thierry Grassin, son oncle. Celui-ci, désireux de
contribuer aussi pour sa part à la création du collège , acheta aussitôt entre la
rue des Sept-Voies et la rue des Amandiers six maisons qu'il paya de sa bourse
Enfin, le dimanche 5 février ibSk, il fit son testament, qui contient encore de
nombreuses libéralités en faveur de la nouvelle fondation; il songe même à la doter
d'une bibliothèque, il veut crque tous et chacuns les livres imprimez qui se trou-
er veront au jour de son décez en la maison où il est demeurant rue Sainte-Avoye,
et tant du feu sieur d'Albon, son frère, que de son neveu et de luy, soient pris
crpour en faire une librairie au collège des Grassins, pour l'instruction de ceux qui
cr habiteront ledit collège; et desquels il veut après son décez estre fait un inven-
cr taire fidèle, lequel avec la clef d'icelle librairie demeurera en la possession du
«principal dudit collège. n
Le collège des Grassins prospéra d'abord. 11 passa ensuite en des mains inha-
biles et, au commencement du xvni^ siècle, ses revenus avaient tellement dimi-
J. Dubreul, Théâtre des aiitiquilez de Paris, Piganiol de la Force, Description historique de
P- 559. Paris, t. VI, p. 5i.
3i.
2G8 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PAULS.
mit'', (jiie le l^nlciiiont diil iiilervoiiir. La l)iblioti]of[iic était alors l'oi t ii(''gli(j('e, et
il iiCii existait poiiil d iiixciitaire ; le Parlement ordonna, le 16 mal 1710, (ju il
en serait lait nn, el il cliarjjca de ce soin le sieur Gocliet, cr professeur de lettres
rr humaines Il arrêta en même temps que, jusqu'au jour où le colléjje serait
libéré de toutes dettes, douze de ses bourses resteraient supprimées.
Il existait lieureusement encore un descendant de la famille des Grassins; il se
cbarjfea d'acquitter les dettes de l'établissement qui resta en exercice jus(pi'à la
Révolution. Il ne restait plus guère alors de la bibliothèque primitive que les livres
(ju'y avait mis Thicrrv Grassin deux siècles auparavant; c'étaient une quarantaine
de volumes icnfeniianl jilusieurs Irailés des Pères de l'Eglise et quelques ouvrages
de théologie mvsti(pie Presque tous portaient sur les plais celte marque
qui datait de l'époque où le collège était encore florissant.
La rue de LEcole-PolvIechnique a coupé les bâtiments de ce collège. Il n en
reste aujourd'hui que quelques-uns et l'ancienne allée de la rue des Amandiers
(aujourd'hui Laplace) avec sa porte monumentale,
Félibien , IJisloirc de Paris, l. III , p. 689. Bt'^giiillet el Poncelin , ]l!>itni)-r de Paris- (1781).
^' \yAm\p^ny, ck. Ilisloircde Paris, t. \ ,1). li-jo. t. III. p. 917.
FUn de Vassaheu ( 1609 ).
MAISON PROFESSE DES JÉSUITES.
Les Jésuilos n'avaient obtenu qu'après de longues luttes leur admission en
France; aussi, pendant un certain temps, apportèrent-ils dans toutes leurs dé-
marches une extrême discrétion. Mais, quand ils virent leur collège de Clermont
en pleine activité et leur enseignement accepté par la capitale'^', ils songèrent à
y étendre leur induence. Leur plus ardent désir était d'y posséder une Maison
professe. Ils intriguèrent longtemps auprès du cardinal de Bourbon, le fameux
Charles X de la Ligue, qui, en i58o, acheta pour 16,000 livres et leur donna
r-une maison avec toutes ses appartenances et dépendances, scituée en la rue
rr Saint Anthoine, qui consiste en plusieurs corps d'hostel, cour et jardin, appelée
rr vulgairement l'hostel d'AnvUle n Les bâtiments s'étendaient de la rue Saint-
Antoine à la rue Saint-Paul; le cardinal y fit construire une chapelle sous l'invo-
cation de saint Louis, et les Jésuites s'y installèrent. Il leur attribua en outre toute
sa bibliothèque, rr très-bien reliée en maroquin n Mais, à la suite de l'attentat
de .Tean Chastel, les .lésuites durent quitter la France, et cette collection fut dis-
persée
A la lin du siècle, le collège de Glernioiit
comptait déjà (rois cents pensionnaires (F). H. I.
Supplément au théâtre des anti'juitez de Pavin , de
Diiljreul, p. ,36); en 1725 , il en renfermait six cents
(Germain Brice, NouccUe description de Paris , 1. 111,
l'-6«);
Sauvai , Uibtoire et recherches des antiquités de
Paris, t. Il, p. 1 -')."].
Fëliljien, Histoire de Paris , t. 111, p. ySa. —
Voyez aussi J.-A.. de Tliou, Historia sut temporis,
\ih. LXXXVJ.
Ij. Jacob, Traicté des plus belles bibliothèques,
p. 5-30. — rr Excellemment bien reliée, 7) dit Ma-
lingre, Antiquités de Paris , p. 661.
Voyez ci- dessus noti'e notice sur la biblio-
thèque du collège Louis le-Grand.
270 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Ils cherchèrent vainement à s'en faire rendre le prix après leur rappel. Henri IV
resta sourd aux doléances qu'ils exprimaient sur la perte de fce grand thrésor
«donné par feu Monsieur le Cardinal Charles de Bourbon, fondateur d'icelle
ce maison En revanche, Louis XIII leur accorda un emplacement assez vaste
sur lequel ils élevèrent l'église Saint-Paul actuelle, où Ton voit encore le tombeau
du cardinal de Bourbon.
Tranquilles désormais sur leur avenir, les Jésuites revinrent à l'idée d'établir
une bibliothèque dans leur Maison professe. Ils firent décorer avec luxe une vaste
galerie dont le plafond fut peint à fresque par Gherardini'"^'. Ils acquirent ensuite
un certain nombre de volumes sur les fonds de la Société. Durey de Noinville pré-
tend qu'un legs du philologue François Guyet vint augmenter leur collection'^';
c'est une erreur. La bibliothèque de Fr. Guyet avait été achetée par Gilles Mé-
nageet celui-ci, en 1692, la légua confondue avec la sienne à la Maison pro-
fesse'^', en considération des soins qu'avait eus pour lui le P. Ayrault, pendant sa
dernière maladie''''.
Trois ans auparavant, le célèbre Daniel Huet avait été nommé évêque d'Avran-
ches. Il était déjà membre de l'Académie française et auteur de plusieurs ou-
vrages estimés. De puissants intérêts et de nombreuses relations l'appelaient donc
souvent à Paris, et les Jésuites de la Maison professe lui offrirent vers cette époque
un petit logement dans leur couvent'"''. Huet hésita d'abord : il tenait à habiter
une chambre exposée au nord'^', et la Maison professe en avait fort peu; les
Jésuites parvinrent cependant à le satisfaire sur ce point. Pour leur témoigner sa
gratitude, il leur abandonna d'avance sa bibliothèque''', composée de huit mille
Tvps-humhle rcmonslrnncc et requeste des reli-
gieux (le la compagnie de lesus au tres-chrestien roy
de France Henri IV, p. 99.
Piganiol de la Force , Description historique de
Paris, t. V, p. 28.
Durey de Noinville, Dissertation sur les biblio-
thèques, p. 5i.
D. Huel, Cominentarius de rébus ad eum per-
tinentibus, lib. VI , p. 898.
Jugler, Bibliotlieca historiœ lilterariœ selecta,
t. I, p. 22/1.
S. de Valhebert, L'agenda du voyageur à Pa-
ris, p. 75.
Niceron , Mémoires pour servir à l'histoire des
hommes illustres de la république des lettres, t. I,
p. 57.
Ilueliana, p. 05.
Le savant D. Huet, qui resla longtemps au-
près de Bossuct comme sous-pr(iceptenr du Dau-
phin , eut , dès son enfance , une véiitable passion
pour les livres , et le hasard le mit à même de la
satisfaire de bonne heure. Il entrait dans sa sep-
tième anne'e quand il reçut le premier fonds de
sa bibliothèque. Resté orphelin très-jeune, il avait
été recueilli par une de ses tantes , ëpouse du ma-
thématicien Gilles Macé. Après la mort de celui-ci,
son nis Daniel, devenu tuteur du jemie homme,
lui donna tous les ouvrages de mathématiques qui
se trouvaient parmi les volumes dont il venait d'hé-
riter, ff libres neque paucos, neque spernendos, ji
écrivait plus tard Huet.
A vingt ans, bien que sa fortune fût plus que
médiocre, il résolut de se former une bibliothèque,
et se mit à l'œuvre avec autant d'ardeur que d'inex-
périence. Naudé, son ami, l'aida de ses conseils,
parfois même de sa bourse, ffCt amice submonuit
ffut caveret a calliditate bibliopolarum. « (Voyez
Daniel Huet, Commentarius de rébus ad cum perti-
nentibus, hb. I, p. lo, 1 1 et 68; lib. HI, p. 196,
et lib. IV, p. 222.)
MAISON PROFESSE DES JÉSUITES. 1>71
deux cent soixante et onze volumes imprimés et de deux cents manuscrits et
qui, de l'aveu d'un contemporain, rrne contenoit pas un livre qui ne lût iort ex-
rr cellenl -n
La donation eut lieu ccsolemniter'^', n le 18 avril 1691, par acte passé devant
notaires et que Huet renouvela chaque année jusqu'à sa mort.
Huet semble d'ailleurs avoir regardé les Jésuites comme d'assez tristes biblio-
piiiles : il ordoiuia , en ellet, que sa bibliothèque serait toujours conservée dans
un local spécial, séparée des autres livres appartenant à la communauté, et qu'on
n'en modiherait en aucune manière la composition. Pour empêcher que cette clause
ne i'ùt éludée, il prit soin de faire relier presque tous les volumes à ses armes.
Une marque fort élégante
rrM. Huet, à qui l Europe avoit donné ie sur-
frnoni de savant des savants, avoit encore aug-
- mente le prix de ses livres par les notes manus-
rrcriles dont il les avoit enrichis, n (Leprince, Essai
historique sur la bibliothèque du Roi et sur chacun des
dépôts qui la composent ^ p. io4.)
ffElle a cela de particulier qu'elle ne contient
f-pas un livre ny un manuscript qui ne soit fort
tf excellent, parce que ce grand homme est si sça-
cfvant et si profond en toutes choses, qu'il luy est
rrfort aisé de reconnoistre les bons livres d'avec les
ff mauvais. On peut dire aussy do luy ce qu'Eusèbe
cfdisoit de son ami Pamphyle, qu'il est luy niesme
ffune bibliothèque vivante, n (Legallois, Traittc des
plus belles bibliothèques de l'Europe, p. 128.)
Jugler, Bibliotheca historiœ litterariœ selecta,
t. I, p. 2ih.
Cet acte a été publié dans le tome V, p. iG/i,
des Amœnitates litterariœ de Sclielhorn. Nous le re-
produisons ci-après, p. 278.
272 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
fut frappée en or sur les plats, et l'on grava deux ex libris différents, f un destiné
aux volumes in-8°,
l'autre aux in-folio. Une inscription, placée au bas de- chacun d eux, mentionne
l'origine du volume et la manière dont il est entré dans la bibliothèque de la
Société.
Une étiquette ainsi conçue :
Ne extra liane Bibliothecam efferatiir.Ex obedientià.
fut, en outre, collée au bas du titre de chaque volume.
Dans sa sollicitude pour ses livres, Iluet voulait encore que non-seulement ils
ne pussent être prêtés au dehors, mais qu'il ne fût même pas permis aux religieux
de la Maison de les prendre dans leurs propres chambres. Enfin il mettait pour
dernière condition que, à l'endroit le plus apparent de la bibliothèque, on place-
rait une plaque de marbre noir sur laquelle serait gravée, en lettres d'or, l'ins-
cription suivante :
IIanc Bibliothecam Domui Professée Pauisiensi Societatis JESU dono dédit Pétris
Daniel Hlet, episcopus Abrincensis; ea lege, ne ouïs uxquam luîer quamcumque ob
CAUSAM ex ea DlSTRAlIATUn , COSniODETL'R , VEL OMMNO EXTRA IIL'NC LOCl'M EEFERATUR. Sl\
MAISO.X PUOFKSSE DES JÉSUITES.
'273
276 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
SECUS FIAT, IRRITAM ESSE DO^ATIONEM IIANC, ET II.EREDIBUS SUIS H^REDUMVE POSTERIS Bl-
bliothecjî; irtjus repetend.e jls auctoritatemque esse voluit.
Malheureusenient, Huet ne fit pas transporter aussitôt sa bibliothèque chez les
Jésuites; elle resta dans son logement du faubourg Saint-Jacques, cul-de-sac
Saint-Dominique. Tout à coup, pendant une nuit de l'année 1698, la maison
s'écroula; livres, papiers, meubles furent engloutis sous les décombres.
Fulcra donms cecidcre, simul cloinus oniiiis, (il una
Caisu insperalo Bibliotheca ruil''',
dit Santeuil, de sorte qu'une boinie pai'tie, crnon conttinmenda pars,Ti fut volée ou
détruite*-'. Ce qui restait fut déposé au couvent de la rue Saint- Antoine. Huet
était alors à Avranches, où son ardeur pour le travail lui faisait négliger ses fonc-
tions épiscopales; il donna de lui-même sa démission, et vint s'installer définiti-
vement chez les Jésuites'^'. Il y mourut vingt ans plus tard, heureux de laisser sa
bibliothèque dans un sûi" asile, et la croyant désormais à l'abri de tout danger.
Nous verrons qu'il se trompait.
A l'époque où eut lieu la donation de Huet, l'historien Daniel était bibliotlié-
caire de la Maison professe 11 eut pour successeur le P. Tourneniine'^, qui, en
1789, légua à l'établissement sa bibliothèque particulière'''', composée d'environ
sept mille volumes'"''. Déjà, deux jésuites célèbres, le P. Lachaise et le P. Clia-
millard, l'un antiquaire distingué, l'auti'e numismate instruit, avaient établi dans
la Maison un cabinet d'antiquités et un cabinet de médailles qui fut longtemps
célèbre '*'.
La bibliothèque de cette communauté n'était pas publique, mais les gens de
lettres y étaient admis sans dilTiculté '°'. Piiclie de vingt mille volumes en 1721
do vingt-deux mille en 1727'^", elle en renfermait trente mille en 175/1*'''. Suivant
Piganiol de la Force, ces livres étaient crd'un choix exquis ''^';r presque tous les
manuscrits provenaient d'ailleurs du legs de Huet. 11 y avait aussi quelques es-
Santeuil, Bibliotheca Huetiana telluris hialu
(ibsorpta, dans les Opéra omnia de Santeuil, pre-
mière partie, p. 279.
Huet, Commentarius de relus ad eum perlincu-
lihm, lib. VI, p. 396.
Huetiana, p. xvj.
Nëineitz, Le séjour de Paris ou instructions
curieuses, etc. 1. 1, p.
Maichelius, Iniroductio ad liistoriam titera-
riain, p. 2 56.
'''' Jugler, Bibliotheca historiœ litterariœ selecta,
t. I, p. 22^.
G. Wallin, Lu/e//« Parisiorutn erudita sui tem-
poris, p. 118.
Jèze, Etat ou Tableau de la rille de Paris
relativement à l'utile, à l'agréable, etc. p. 197. —
Pi<5'aniol de la Force, Description historique de Pa-
ris, t. V, p. ûli.
Durey de Noinville, Dissertation sur les biblio-
thèques, p. A 8.
Maicbelius, Jntroductio ad historiam litera-
rinm, p. 97.
Némeitz, Le séjour de Paris ou instructions
curieuses, etc. t. I, p. 262.
.lugler, Bibliotheca historia' litterariœ selecta ,
t. I, p. 2â5.
Piganiol de la Force, Description historique
de Paris, t. V, p. 2 3.
MAISOA PROFESSE DES JÉSUITES. 275
lampes; on remarquait surtout, dans le nombre, un martyrologe cr formé d'un
rr nombre presque infini de gravures ([ui représentent les saints de l'année avec les
cr principaux événements de leur vie, entre lesquelles il y en a bon nombre des plus
p- grands maîtres, dit (i. Brice
Les Jésuites furent de nouveau cbassés de France en 1762, et leurs biens con-
fisqués. La Maison professe échut aux chanoines réguliers de la Culture-Sainte-
(latherine, et tout ce qu'elle renfermait fut vendu aux enchères*"^'. On dressa avec
soin le catalogue des livres. Celui des imprimés parut en novembre 1763^^', sous
ce titre : Catalogue des livres de la bibliothèque de la Maison professe des ci-devant soi-
disans jésuites; il comprend 7, 2 5 a numéros, qui forment une collection très-com-
plète et très-bien choisie. Le catalogue des manuscrits fut publié l'aimée suivante;
il est intitulé : Catalogus manuscriptorum codicum bibJiotheca; Domns prof essœ Parisien sis ;
on y trouve trois manuscrits hébreux, neuf arabes, trente-trois grecs presque
tous provenant de la donation de Huet, dix-huit latins, un malabare écrit sur
feuilles de palmier, cinquante français et trois italiens, en tout cent seize manus-
crits. On publia enfin le Catalogue des médailles antiques , modernes et autres cwiosités
de la bibliothèque de la Maison professe de la rue Saint-Antoine , dont la Vente se fera le
lendemain de la Fête de Saint Louis, dans une Salle de ladite Maison, en vertu d'un Arrêt de
la Cour de Parlement, les Chambres assemblées, du là Mai de la présente année. La pièce
la plus curieuse de cette collection était une médaille du cardinal de Bourbon
avec le titre de Charles X, qui avait été frappée pendant la Ligue; cette pièce ne
fut pas vendue, mais déposée au greffe du Parlement'*'.
On se rappelle quelles minutieuses précautions Huet avait prises en faveur de
sa bibliothèque, lorsqu'il la donna aux Jésuites. Prévoyant peut-être que la catas-
trophe (|ui avait ébi-anlé la Société (mi iSq^ pourrait se renouveler, il avait eu
soin de déclarej- que si, en vertu d'une cause quelconque, ses livres quittaient la
Maison professe, la donation se trouverait annulée, et qu'ils reviendraient à ses
héritiers ou à leurs descendants. Le seul héritier de Huet était alors M. de Ghar-
signé, abbé de Fontenay; il j)roduisit l'acte de donation rédigé par son oncle, et
fit valoir les droits qu'il lui conférait. Il ne pouvait y avoir nulle difficulté pour
reconnaître les volumes, puisque, d'après la volonté formelle de Huet, ils avaient
été conservés à pai't, et que tous d'ailleurs portaient le nom du donateur. Un
arrêt du Conseil d'Etat fit droit à la demande de M. de Charsigné, et les livres lui
furent reniis; on exigea seulement que la mention suivante serait inscrite sur le
premier tome de chaque ouvrage : rr Paraphé au désir de l'arrest du i5 juillet
r: 1763. MeSNIl'^'. n
G. Brice, ^ouvclle dcscriplion de Paris, t. Il, Mémoires secrets dits de Bachaunmiit, h 110-
P- 180. vembre 1768, t. I, p. 298.
Piganiol de la Force, Description tiistorifie de Avertissement en tête du Catalogue, p. h.
Pans, t. VIII, p. 38 1. Leprince. Essai Itistorique sur la hibliollieque
35.
276 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
Les Jésuites de la Maison professe n'avaient point d'estampille, et les inscriptions
manuscrites sont elles-mêmes peu fréquentes sur leurs volumes; on rencontre
cependant parfois celle-ci :
DOMUS PROFESS. PARIS. SOCIET. JESU.
]^ouy marque, également assez rnre, ne reproduit, soit sur les plats.
soit sur le dos des volumes.
que le monogramme de la Société.
du Roi et sur chacun des dépôts qui h composent, champ 5o,ooo écus de la collection complète. M. de
|). -îiO. — L'impératrice de Russie oflVil siir-le- Gharsigné refusa, et, ne sachant où placer (ous
MAISON PROFESSE DES JESUITES. 277
L'église, placée aujourd'liui sous le patronage de saint Paul et de saint Louis,
existe encore, et le collège Charleniagne occupe une partie des bâtiments qui
composaient autrefois la Maison professe. On y installa, en 1778, la bibliothèque
de la Ville de Paris, qui avait été jusque-là conservée l'ue Pavée au Marais, dans
raiicien liotel Lamoignon.
ces volumes, il pria M. lîigiion, alors bibliothé-
caire (lu roi, de les recevoir eu dëpôt. Celui-ci les
fit provisoireuient installer dans une des salles de
la Bibliothèque royale. 11 s'entendit ensuite avec
le iiiinii^lre pour lâcher de les y conserver. Des ou-
vertures lurent faites en ce sens à M. de Charsigné,
qui se déclaia heureux de pouvoir oll'rir cette bi-
bliothèque à Sa Majesté. 11 est vrai que Louis XV,
de son côté, lui avait promis une rente de 1,780
livres.
•278
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
CONTRAT DE DONATION
PASSÉ
ENTRE DANIEL HUET ET LES PÈRES DE LA MAISON PROFESSE DES JÉSUITES.
Par devant Nous, Conseillers du Roy, Notaires Gardenofes au Chàteiet de Paris soussignés,
Fut présent Illustrissime et Reverendissime Seigneur Messire Pierre Daniel Huet, nommé par
le Roy a l'Eveché d'Avranches, demeurant à Paris, lauxbourg saint Jacques, cul-de-sac saint
Dominique, Paroisse saint Jacques du Haut-pas, lequel a par ces présentes donné par donation
entre vifs irrévocable, et en la meilleure l'orme que l'aire se peut et que donation peut valoir, à
la Maison Professe des Révérends Pères Jésuites de cette Ville de Paris, size ruë saint Antoine,
et acceptant pour icelle par R. P. Isaac Magnan , Prêtre de la Compagnie de Jksus, comme
Procureur de R. P. Louis Genevray, aussi Prêtre de la Compagnie de Jésus, Provincial de ladite
Compagnie en la Province de France, de luy fondé de procuration générale pour toutes les af-
faires de ladite Province, passée devant Thibert, l'un des Notaires soussignés, et son Confrère,
le deuxième de Mars deinier, et par R. P. J. de Grieu, Prêtre Religieux de la même Compagnie,
Su[)erieur de ladite Maison, lesdits RR. PP. de Grieu et Magnan y demeurans à ce presens
et acceptans pour ladite Mais!:n Professe, la Bibliothèque dudit Seigneur Evêque d'Avranches,
composée de plusieurs livres contenus au Catalogue et inventaire d'iceux, contenant cent feuil-
lets, ((ui est demeuré joint à la minute des présentes, après avoir été paraphé dudit Seigneur
Evêque, desdits RR. PP. de Grieu et Magnan, et desdits Notaires soussignez, à leur réquisi-
tion, et généralement tous les livres qui appartiendront audit Seigneur Evêque, en quelque
lieu qu'ils se trouvent : même les manuscrits et écritures, qui se trouveront aussi après le decez
dudit Seigneur Evêque, soit en pacquets, ou dans des porte-feuilles, sur lesquels se trouvera
écrit en abrégé de la main dudit Seigneur Evê([ue, et signé de luy : Pour la Maison Professe des
lesuitrs de Paris. Le tout à l'exception des livres doubles, (jui se trouveront dans ladite Biblio-
thèque, lesquels pour être reputez tels, faudra qu'ils soient imprimés au même lieu, par le
même Imprimeur, de la même impression, et en la mesme année. Desquels livres doubles ledit
Seigneur Evêque fournira un état signé de luy dans six mois prochains, pour être aussi joints
à la minute des présentes : lesquels livres doubles ne sont compris en la présente donation.
Pour par lesdits RR. PP. Jésuites jouir de ladite Bibliothèque, ainsy qu'il sera cy-aprés dit :
se desaisissant dès à présent ledit Seigneur Evêque de la propriété de tous lesdits livres au [»ro-
fit de ladite maison : voulant iceluy Seigneur Evêque ([ue du jour de son decez ladite Maison
soit saisie et mise en possession de tous lesdits livres, en quelque lieu qu'ils se trouvent. Cette
donation faite à la charge de la jouissance desdits livres, que ledit Seigneur Evêque se reserve
|)en(lant sa vie; se constituant les tenir dès à présent à tiltre de précaire; sans que ledit Sei-
gneur Evêque |)uisse vendre ny engager aucuns desdits livres, mais pourra en échangei' et en
substituer d'autres de pareille valeur. A l'effet de quoy, ledit Seigneur fera un memoiie de ceux
((u'il aura substituez en la place de ceux qu'il tirera de ladite Bibliothèque, ainsi que de ceux
(pi il ac([uerra. Le double duquel mémoire, signé de luy, il envoira au Supérieur de ladite
Maison Professe, pour être joint à la minute tous les ans. Icelle donation faite à la charge (jue
lesdits RR. PP. Jésuites ne pourront vendre, engager ny autrement disposer desdits livres pour
(pielque prétexte et pour (pielque raison que ce soit, ny même les prêter aux Religieux des
autres Maisons de ladite Société, tant de cette Ville que d'ailleurs : ny aussy souffrir que les
Reli<iieii\ de ladilc Maison Professe les (irent de la salle où sera ladite Bibliothèque pour les
MAISON l'HOFESSE DES JÉSUITES. 'i/î)
porter dans leurs chambres ou ailleurs. Et pour conserver plus réfjulièrenient lesclits livres,
lesdits IU{. PP. Jésuites seront oblijfez de les tenir en un corps de Bibliothèque séparé, sans
être meslez, nv en tout, ny en partie, avec les autres livres de leur Maison : et à cet effet ils
[)laceront dans le fonds de la salle ou Gallerie cpi'on bâtit présentement pour servir de lieu de
IJibliotheque, et ils sépareront la Bibliothèque dudit Seigneur Evêque de la leur par deux
saillies de menuiserie qui avanceront de demy-pied de chaque costé, depuis la corniche des ta-
blettes jusqu'en bas. Comme aussi lesdits RR. PP. Jésuites seront tenus, aussi-tost qu'ils se-
ront en possession desdits livres, de les faire mettre dans des armoires fermantes à clef,
garnies par devant de fd-d'archal, dont la clef demeurera au Supérieur de ladite Maison, ou au
Bibliotbequaire qui sera par luy choisi. Sur la première page imprimée de chacun desquels
livres sera écrit : rr Ex dono Pétri Danielis Huct, episcopi Abrincensis : nec extra hanc Bibliothecain
frefferatur ex obedientia. ■n Et il ne sera loisible au Supérieur de ladite Maison Professe, ny audit
R. P. Provincial, de donner aucune permission à ce contraire, dont leui' conscience demeurera
chargée. Et afin que lesdites conditions soient plus ponctuellement observées, lesdits RR. PP.
Jésuites promettent d'obtenir incessamment du R. P. General de leui' ordre l'approbation de
ladite donation, laquelle portera defence de contievenir à ce (|ue dessus, sous peine de dés-
obéissance. Et seront tenus lesdits RR. PP. Provinciaux de ladite Province de France, lors-
qu'ils feront la visite de ladite Maison, de visiter spécialement ladite Bibliothèque, et de faire
observer les choses cy-dessus. Et pour faire connoitre dans tous les siècles que ladite Bibliothèque
provient dudit Seigneur Evêque, lesdits PP. Jésuites promettent de faire gravei- ce qui suit en
lettres d'or sur une table de marbre noir : Hxnc Bibliothecam Dojui Professée Parisiensi So-
CIETATIS JeSU DOJiO DEDIT PeTRIS DaINIEL HlET, EpISCOPI.S AbRINCENSIS ; EA LEGE, NE QUIS UNQUAM
LIBER QLAMCUMQUE OB CAUSAS! EX EA DISTRAUATUR, COMMODETUR, VEL OMNINO EXTRA HUNC LOCUM EFFE-
RATUR. Sl.N SECfS FIAT, IRRITAI! ESSE DONATIOSEM HANC, ET H;EREDIBUS SLIS H^REDUMVE POSTERIS
BiBLioTHECE nijjLs REPETENDjE JL'S ALCTORiTATEMQi E ESSE voLL'iT. Laquelle table Sera placée dans le
lieu où si-ra ladite Bibliothèque, à l'endroit le plus apparent, afin que ladite inscription puisse
être leuë avec facilité par ceux qui verront ladite Bibliothèque. Et en cas que les héritiers dudit
Seigneur Evêque trouvent quelques uns desdits livres sur lesquels soit l'inscription cy-dessus,
et qu'ils puissent prouver que lesdits RR. PP. Jésuites les ayent prêtés, vendus ou changés,
ladite donation demeurera nulle. Et pour, si besoin est, faire insinuer icelle au Grefl'e dudit
Chatelet de Paris, et ailleurs où besoin sera, lesdits Seigneur Evêque et RR. PP. Jésuites
constituent pour leur Procureur irrévocable le porteur des ))resentes, auquel ils en donnent
pouvoir, et d'en requérir tous Actes que besoin sera. Promettant, etc. obligeant, etc. renon-
çant, etc.
Fait et passé à Paris en l'Hôtel dudit Seigneur Evêque le 18 jour d'Avril 1691, après
midv; et ont signé la minute des présentes demeurées audit Thibert, l'un des Notaires soussignez.
L'an 1O91, le vendredy Ix jour de May, le présent contrat de donation a été apporté au greffe
du Chàtelet de Paris, et y a été insinué, accepté, et eu pour agréable, aux charges, clauses et
conditions y apposées, et selon le contenu en iceluy, par maistre Salomon Pothoin, Procureur
audit Chàtelet de Paris, porteur dudit Contrat, et comme Procureur des parties y dénommées,
lequel a été registré au 172 volume des insinuations du Chàtelet, suivant l'ordonnance. Ce
requérant ledit Pothoin pour servir et valloir auxdites parties en temps et lieu ce que de raison.
Ce fut fait au Chàtelet le jour et an que dessus. Signé Fosse et Saulnier, avec paraphes.
Fac-similé béUographique,
Plan de Vassalieu (1609).
FEUILLANTS DE LA RUE S AINT-HONORÉ.
Jean de la Barrière institua les Feuillants en 1577. Dix ans après, il céda au
désir de Henri III, qui le pressait de quitter Toulouse et de s'établir dans la capitale;
il rangea ses soixante religieux sur deux colonnes, se mit à leur tête, et vint ainsi
avec eux en procession jusqu'à Vincennes, où ils arrivèrent le 9 juillet 1587'^'. Le
roi les y attendait, et il les hébergea dans le château, car le monastère qu'il leur
destinait n'était pas encore terminé Il fut prêt le 8 septembre. Il était situé
rue Saint-Honoré, à la hauteur de la place Vendôme actuelle. Limité à l'ouest
par le grand couvent des Capucins, il s'étendait jusqu'à la partie du jardin des
Tuileries qui porte encore aujourd'hui le nom de terrasse des Feuillants.
Les Constitutions de cet Ordre se préoccupaient assez peu d'inspirei- aux reli-
gieux l'amour et le respect des livres; le seul article qui soit relatif à la biblio-
thèque est conçu en ces termes : frEn chaque monastère soit faict inventaire
ff de tous les livres qui y sont, et soit escrit le nom du monastère en la première
rrpage de chaque livre ^^'.•i La maison de Paris eut cependant de bonne heure une
petite bibliothèque, car nous lisons dans une chronique manuscrite du couvent
"' Lestoile, Journal du règne de Henri III , '''' Les Constitutions de la con;>rê!>-alion de Nostre
9 juillet 1587. Dame de Feiiillent de l'ordre de Cileuii r. Bibliothèque
J. Dubreiil, Théâtre des antiquités de Paris, Mazarine , manuscrits, 11" 2/122 , chapitre xxxii .
p- Cg/i- p. 118.
II. 36
282 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
(lu'eii 1619 un couvent de Feuillants ayant été fondé à Tours, les religieux de la
rue Saint-Honoré donnèrent à leurs nouveaux confrères des chandeliers, des
ornements d'autel, des croix et rr quelques livres '''.n
Vingt ans après, le P. Jacob citait avec éloge la bibliothèque des Feuillants et
la déclarait cr très-jolie t« Elle devait alors ses principales richesses à un béné-
dictin'^', appelé Jacques le Bossu, d'abord précepteur du cardinal Henri de Guise,
et qui pendant la Ligue s'était fait une certaine réputation comme prédicateur. 11
njoui'ut à Rome le 7 juin 1626, et laissa par testament à son ami D. Sans de
Sainte-Catherine, religieux feuillant, tous ses livres, ainsi (ju'un grand nombre
de pièces manuscrites fort curieuses''''; on y remarquait entre autres trois
volumes in-quarto renfermant le récit complet de ce qui s'était passé dans la
congrégation de Aiixilus, à laquelle le P. le Bossu avait assisté par ordre de
Clément VII
En 1 652 , une nouvelle donation vint (inrichir cette bibliothèque d'ouvrages qui
se rencontraient assez rarement dans les couvents. Un ministre protestant, nommé
(le Vassan, se convertit au catholicisme et entra chez les Feuillants, où il prit le
nom de Jean de Saint-Paul '°'; il apportait à la communauté une bibliotlièque
assez nombreuse et presque exclusivement composée de livres hétérodoxes'"'. Ces
ouvrages, qu'on ne voulut pas laisser à la portée de tous les religieux, furent
placés dans l'intérieur même des colonnes corinthiennes qui ornaient la biblio-
thèque'^'. Elles tenaient une place immense qu'on eut l'idée d'utiliser: on les
ouvrit, et elles furent ainsi transformées en autant d'armoires, où se cachèrent
ff])lus de mille volumes, qui sont, dit Sauvai, le caractère de cette biblio-
tr thèque ■''. n Dans la suite, tous ces livres allèrent remplir un petit grenier que
l'on désigna sous le nom de VEnfer^^^'. D'autres ministres apostats ont-ils contri-
bué à enrichir cette collection? Deux passages de Sauvai'"' et une ligne de Piga-
niol de la Force''-' permettent de le supposer; mais nous avons vainement cher-
ché des renseignements positifs à cet égai'd.
Nous ne pouvons non plus lixer exactement la date d'une autre donation dont
Chroniques du Monastère Boi'al de Saint Bernard
des Fucillans , ordre de Cisteau.v , situé à Paris à la
rue de Saint-llonnré. Bibliothèque Mnzariiie, nia-
niiscrits, ii" 17^9, p- 5i-
[i. Jacob, Traielé des plus belles liihliolhèiiues ,
p. .^09.
I.eprince, Essai historique sur la bibliothèque
du Roi, p. 356.
Pig-aniol de la Force, Description historique
de Paris, t. II, p. ^7-2.
Millin, Antiquités liât, de la France, t. 1, p. 68.
Eiig. et Em. Haag, La France protestante,
I. I\. p. A5i.
Leprince, Essai historique sur la bibliothèque
du Roi, p. oSG.
Sauvai, Histoire et recherches des antiquités de
Paris, t. 111, p. 0-2.
Sauvai , Histoire et recherches des antiquités de
Paris, t. I, p. 485.
Piganiol de la Force. Description historique
de Paris, t. II, p. 47-2.
'"' Sauvai. Histoire et recherches des antiquités
de Paris, t. I, p. /i85, et t. IIL p. 5-3.
Piganiol de la Force, Description historique de
Paris, t. Il , p. '179,.
FEUILLANTS DE LA RUE SAINT-HONORE. 283
le soiivcuii' a été conservé sur un grand nombre de volumes parcelle inscription :
ff Munificenlia Viri Clarissimi D, Mare de la Ferlé. Orale pro eo.-n
La bibliolliôque des Feuillants avait pour bibliothécaire en tG()7 le R. P. doni
Jean de Saint-Anselme, ctsçavant personnage dans la connoissance des bons
fr livres*''. 11 Elle était installée dans une salle fort petite, mais bien décorée. On nous
la représente comme entourée cUénormes pilastres corinthiens ce d'une assez belle
rc menuiserie *-',n rr rehaussée et éclaircie, ajoute Sauvai, d'une certaine couleui-
rr bronzée, et réveillée de je ne sai quelle verdure qui fait un assés bon eiïet,
quoique l'invention n'en soit pas bien rare n Au-dessus des armoires, on voyait
les portraits de tous les généraux de la congrégation depuis Jean de la Barrière
et la porte d'entrée était surmontée d'un fort beau bas-relief exécuté par Jean
Goujon f^'.
Les augmentations successives que reçut celle bibliothèque obligèrent les reli-
gieux à joindre à la galerie principale plusieurs petits cabinets. Suivant Thiéry,
elle aurait renfermé au moment de la Révolution vingt-quatre mille volumes'*^';
cependant, lors de l'inventaire qui fut fait dans les dépôts littéraires, on en trouva
seulement i6,5o/i'''l II est vrai cju'un peu plus tard, le 96 thermidor an ni,
Langiez, conservateur du dépôt des Capucins Saint-Honoré, reconnut avoir reçu
vingt mille volumes provenant des Feuillants*^'. On cite parmi les plus curieux
une traduction de quarante-quatre sermons de saint Bernard, écrite au xn° siècle,
et, par conséquent, précieuse pour l'histoire des variations de la langue fran-
çaise*"^; ce volume avait été donné à Jean Goulu, général de l'Ordre, par Nicolas
Lefèvre, le précepteur de Louis XIII. En tete des volumes imprimés figurait la
collection d'ouvrages hétérodoxes dont nous avons parlé, et le célèbre Catholicon
de 1/160*"^', qui passa longtemps pour le troisième spécimen de la typographie
naissante
Hœnel *'^' mentionne un ancien catalogue de cette maison qui était conservé <à la
bibliothèque de l'Arsenal sous le n" 8/12, et que nous n'avons pu retrouver. La
Chroniques du Monastère noialde Saint Bernard
des Fueillans, etc. Bibliothèque Mazarine, manus-
crits, n° 17^9, p. 179.
^' Leprince, Essai historique sur la bibliothèque
du Rot, p. 356.
Sauvai , Histoire et recherches des antiquités de
Paris, 1. 1, p. /i85.
Nénieitz, Le séjour de Paris ou instructions
curieuses, etc. t. IL p. 611. — G. Brice, Nouvelle
description de Paris, 1. 1, p- 28^1.
Millin l'a reproduit dans ses Antiquités natio-
nales, t. I , p. 62 et 69.
Tliiéry, Guide des amateurs et des étramjers
voyageurs à Paris, t. L p- 119.
Recensement détaillé des livres des bibliothèques
du département de Paris. Archives de l'Empire , sé-
rie M , carton n° 797.
" Voyez le rapport de Langiez , aux Archives de
l'Empire, série F", carton n" i2o3.
Voyez Mabiilon, Sancti Bemardi opéra , prœ-
l'atio.
Stmma quœvocatur Catholicon, édita a Joanne
de Janua.
' A. Cheviilier, Origine de l'imprimerie de Paris,
p. 1 4 et 1 5.
Catalogi Ubrorum manuscriptorum qui in bibllo-
thecis Gallia', etc. asservantur.
36.
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
bibliothèque Mazarine en possède un autre, écrit avec beaucoup de soin, et qui
forme trois volumes in-fob'o. Il a été rédigé en 17/16 et a pour titre
DIBLIOTHECA
FULIENTINA
seu
Catalogus Librorum Diblio-
thecœ Monasterij Regalis Sancti
Bernardi Parisiensis Ord. Cisterc.
Congregationis B. Mariœ Fuhensis.
Pansus.
MDCCXLVI.
Le premier volume est précédé d'un Avertissement qui offre assez peu d'intérêt.
L'auteur expose d'abord le plan qu'il a suivi; il s'occupe ensuite des difficultés
que présente le classement des ouvrages suivant l'ordre des matières, et déclare
que, pour remédier aux erreurs qu'd doit avoir commises, il a joint au dernier
volume une table détaillée par noms d'auteurs; il nous apprend enfin que ce
catalogue lui a coûté trois années de travail : crFelices, utinam! si triennus labor
rr fratribus nostris acceptus utilisque esse possit ! n
On trouve la liste de quelques manuscrits provenant de cette bibliothèque dans
un volume de la bibliothèque de l'Arsenal inscrit sous le n° 889 F, et dans le
catalogue spécial de ceux qui sont entrés en 1796 à la Bibliothèque nationale;
ce dernier renferme 63 numéros, qui représentent cent volumes environ.
Nous reproduisons ici la grande marque que les Feuillants faisaient apposer
sur les plats de leurs volumes :
Bibliothèque Mazarine, niamiscrils. 11°' 3i5/i à 3i5G.
FEUILLANTS DE LA RUE SAINT-HONORÉ. i>85
On la rencontre quelquefois un peu niodiliée dans les détails, la couronne de-
pines, par exemple, placée antonr du cœur :
Les religieux avaient en outre une petite estampille destinée à l'intérieur des
volumes ,
elle portait une S et un /? entrelacés , avec ces mots en exergue : FEUILLANS DE
PARIS.
Les inscriptions manuscrites ordonnées par le chapitre xxxu des Conslittilions
(le l'Ordre sont très-variées. Voici les plus fréquentes :
EX BIBLIOTHECA FULIENSIUM PARISIENSIUM.
EX BIBLIOTHECA MONASTERII SANCTI BEBNARDI PARISIENSIS.
EX BIBLIOTHECA FULLIENTINORUM PARISIENSIUM SANCTI BERNARDL
EX. BIBL. S. BERN. FUL. PAR.
EX BIBLIOTHECA COENOBII D. BEBNARDI PARIS. CONG. B. MARI^ FULIENSIS.
EX BIBLIOTHECA MONACHORUM FULIENSIUM COENOBII PARISIENSIS SANCTI BERNARD!.
EX BIBLIOTHECA FULLIENTINA MONASTEBII SANBERNARDI PARISIENSIS.
EGO SUM MON.iSTERII BEBNARDI FULLIENTINORUM.
Le dernier bibliothécaire des Feuillants fut le R. P. dom Vata"'.
Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, t. I, p. i ly.
286 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Ce couvent lut siippi-imé en 1790, et, aussitôt que l Asseniblée Constituante
eul abandonné l'AiTlievêché pour se transportei' aux Tuileries, elle installa une
partie de ses bureaux au sein du monastère. Le prieur s'en plaint énergique-
nient dans la Déclaration qu'd dut présenter à la municipalité : rrOn ne peut,
tf dit-il, donnei' aucun détail des llvies (jui lornHMit la bibliotèque, vue que le
te vaisseau qui renferme la ditte bibliotèque est actuellement occupé par l'Assem-
tcblée nationale qui y a établi ses arcliives; ce qui a mis dans l'impossibilité de
refaire aucun travail (jui ])ût dotmer l'idée des volumes qui conr|)osent la ditte
rr bibliotèque 11 Peu de temps après, ce couvent servit encore d'asile à une réu-
nion politique qui devint célèbre sous le nom de Club des Feuillanls.
Toutes les constructions dépendant de ce monastère ont été abattues en iSoli
pour faire place à la rue de Rivoli et à la rue Castiglione.
Déclaration que donne le prieur du monastère biliers et immobiliers , etc. Archives de l Empire
royal de Saint-Bernard des Fevillans, des biens mo- se'rieS, carton n " Ai6(i.
Fac-simile heliographiqus
?lan de Lacaille ( 1714 }.
PÉNITENTS DE PICPUS.
Les nombreuses fondations d'ordres monastiques émanées de François d'Assise
ont formé trois branches : la première comprend les Gordeliers, les Capucins et
les Récollets; la deuxième, les Filles de sainte Claire; la troisième, les religieux qui
s'appelaient eux-mêmes Pénitents du troisième ou du tiers ordre de Saint-Fran-
çois, rrfratres tertii ordinis Sancti Francisci de Pœnilentia. n Ces derniers possé-
daient déjà quelques couvents en France, quand, vers i 600, ils vinrent s'installer
rr au boui-g nommé Piquepuce lez Pai-is hors la porte Sainct Antoine n Ils n eureiil
d'abord qu'un monastère fort humble et une petite chapelle dédiée à Notre-
l)ame-de-Grâce; mais tous leurs bâtiments furent reconstruits veis 1611.
Ce couvent dut sa bibliothèque au cardinal Duperron. On sait que ce prélat,
qui fut un des plus ardents protecteurs du Collège de France'-', aimait et culti-
vait les lettres. Sur la lin de sa vie, il se retira au village de Bagnolet, et s'y livra
tout entier à l'étude; il avait là une maison délicieuse, une cr belle bibliothèque t
et même une imprimerie. Antoine Leclerc de Laforet, ami du cardinal, et l'un
de ses soutiens lors de la fameuse conférence de Fontainebleau, le décida à léguer
cette collection presque tout entière aux religieux de Picpus Ce legs leur fut
délivré en 1 1 9.
La RÈGLE des Pénitents de Saint-François avait déjà très-sagement prévu l'or-
J. Dnbreul. Théâtre des anti(]uitez de Paris, L. Jacol), Traictc des plus belles bihllothèt/iies,
|). J069. [). .Ï7/1.
Pe]\eliev Jltstoirenhré'jée lin ritr(lin(il Duperron , Burigiiv, Vie du cardinal Dvperron , p. 36H.
288 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
ganisation des bibliothèques dans les monastères de l'Ordre; le chapitre xxiv
énumère ainsi les prescriptions imposées au bibliothécaire et aux religieux^'' :
ff Les supérieurs veilleront à ce que dans chaque couvent il y ait un certain
ff nombre de volumes, afin de faciliter autant que possible la tâche desprédica-
rrteurs et des religieux qui se livrent à l'étude.
cf Cependant (notre vœu de pauvreté l'exige) nous voulons qu'aucun religieux
rrne conserve des livres d'une manière permanente, dès que ses travaux ne
fr l'exigent plus.
rr Chaque monastère aura, dans un endroit bien disposé, une bibliothèque
rc commune, à serrure solide, et dans laquelle seront déposés les livres. La clef
cr sera confiée à un prêtre ou à un clerc profès désigné par le supérieur du cou-
re vent, et nul ne prendra de livres à son insu.
rrPour prévenir toute disparition, on ne laissera emporter aucun volume lioi-s
rrdu monastère aux étrangers, même religieux, même prêtres séculiers. Si quel-
rrque bienfaiteur a donné un livre ou tout autre objet à un couvent déterminé,
rravec le désir qu'il y soit conservé, il ne sera jamais permis de le transporter
rrdans un autre, atin que la volonté des bienfaiteurs soit respectée.
et Quant à ceux de nos frères qui voudront emprunter un volume à la biblio-
rrthèque, ils écriront sur un registre spécial leur nom et le titre de l'ouvrage, de
tf cette manière : et Frère N. . . a pris tel volume le. . . n
ttLe bibliothécaire dressera un double inventaire; il déposera l'un dans les ar-
rr Curent prœterea Siiperiores ut in nnoqno-
ffque conventu aliquis liljroniiii nunierus sit, ut
(fPrsedicatorum et eoruni qui studiis dant operani
ffcommodo oportunius prospectuni sit.
fflnterea vero (quia id paupertatis status exigit)
trnulios apud se perpetuo tempore libres quempiani
ffhabere volumus, sed ad necessitatis exigentiani
rrdumlaxat.
rrin opportune cujuscurnque conventus loco erit
rrbibliotheca communis, sera obfirmata, in (jua
rrlibri reponentur; cujus clavem sacerdos vel cie-
rfricus professus pênes se babebit, nominatus a Su-
ffperiore locali; in qua nuUus, eo inscio, iibruni
(f accipiet.
ffNulli extraneo, etiam reHgioso, vel sacerdoli
rrseculari,concedetur liber ullus extra monasterium
irasportandus, nelibri perdantur. Si quis autem bf-
rfuefactor conventui parliculori librum vel (piid
fraliud dederit, ea intentione ut ibi remaneat, luiin-
rrquam liccbitaliodifferre, ne benefactorum inlentio
tffraudetur.
ffFratres vero nostri, quibus opus erit libros a
tfbibliotbeca educere, nomen libri et suuni scri-
«•bent in libro ad boc deputato, bec modo : Frater
rrN. . . talc'in librum sunipsit die N. . . mensis N. . .
ffEt qui bibliothecœ curam babet, faciet duo
fflibrorum invenlaria; quoiuni unum in archivio
rrerit. alterum liabebit pênes se, quibus addet li-
re bros recenter dates vel emptos.
frQuando vero fratres ibunl de une conventu
rrin aliurn, nulluni portabunt librum, nec etiaiu
rrmanu propria scriptum, sine Superioris licentia.
rrld quod etiam intelligimus de omnibus alicujus
rrmomenti rébus.
ffNullus scribet nomen vel cognomen in aliquo
fr libro etiam manuscripto; sed solum scribelur no-
trmen conventus aut provincife cui liber datus est,
ffcum nomine danlis, et lioc ab ille qui babet cu-
ffram librorimi.
rrOplauuis insuper bonestam paupertatem in
r'omnibus rébus noslro usui deputatis parère, ila
rrut Missalia, Breviaria, I^salteria et alia ejusmodi
rrnullo modo sint deaurata.«
[Slatiitii , comlitutiones et décréta generaliii coiifim-
gationis Gallicanœ fratrum et sororum Tertii ordi/iis
S. Francisci de Pœiiitenlia ntincnpati, c. wiv. p. ^.'j.)
PÉNITKNTS DK PICPLIS. 289
ffcliivos (lu coiivenl , ot conservera le second; il aura soin d'y inscrire les livres
fc nouveaux au fur el à mesure des dons ou des achats.
r Quand les frères passeront d'un couvent dans un autre, ils ne pouiionl, sans
fr l'autorisation du supéi-ieur, emporter aucun volume, l'ùt-il même écrit par eux.
fr Cette règle s'appliijuera à tous les objets de quelque valeur.
fcQue personne n'écrive son nom sur les volumes même manuscrits. Le biblio-
rrthécaire y inscrira seulement le nom du couvent ou de la province à (jui le
rr livre a été donné, ainsi que le nom du donateur.
fr Adoptons une décente pauvreté pour toutes les choses qui sont à notre
fc usage; ([u'il n'y ait donc aucune dorure sur nos missels, nos bréviaires, nos
cr psautiers, et autres livres du même genre, r
La bibliothèque des religieux de Picpus s'accrut peu à peu, par suite de dona-
tions et de legs. Le P. Jérôme Hélyot, oncle du savant auteur de V Histoire den
ordres monasiiqiies , abandonna sa position de chanoine du Saint-Sépulcre pour
entrer à Picpus, et donna à son nouveau couvent un certain nombre d'ouvrages
qu'il avait réunis pour son usage personnel Ces livres reçurent des inscriptions
très-variées; c'est ainsi qu'on lit sur quelques volumes : trEx dono nobilis viri
rcD. D. Mieronymi Heliot, Parisini, Sancti Sepulchri ejusdem civitatis canonici, et
rpostea hujusce conventus de Picpus; n et sur d'autres : trEx dono D. D. Hiero-
rr nymi Helyot, Parisini, possidet conv. Sanctae Mariae de Gratia ad Lutetiam, vulgo
rr Picpus, FF. Pœnit T" ord" S'' Franc", n Nous avons très-peu de détails sur les
libéralités de la même nature qui succédèrent à celle-ci; la plupart ne nous sont
connues que par des inscriptions fort laconiques :
EX DONO D. D. GARANGER, m2.
PAR PRESENT DE l\r DE RHODE.
EX DONO D. ANDRE/E DORMY.
Le libraire Coignard laissa aussi au couvent plusieurs volumes et une belle
collection de classiques dits ad nsiim DeJphini^-\
Michel de Marolles écrivait en 1G7G :
La Picquepuce est belle . . .
Cinquante ans plus tard, Germain Brice la déclarait rr assez nombreuse et assez
r-bien assortie W;n enfin un Guide imprimé en 1787 nous la présente avec raison
Piganiol do la Force, Description Imtorirjne Micli. de Marolles, Paris ou description suc-
de Paris, t. V, p. 96. cincie de cette grande ville , p. k'j.
Journal des Savants , année 1782, numéro de G. Brice, Nouvelle description de Paris, t. II,
décembre. p. 266.
290 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
comme cr considérable n puisqu'au moment de la Révolution elle renfermait en-
viron douze mille volumes
Le catalogue en avait été dressé avec beaucoup de soin en 1756. C'est un
volume in-folio qui a pour titre :
CATALOGUE ALPHA-
BETIQUE, OU DICTIONNAI-
RE TYPOGRAPHIQUE DE
LA BIBLIOTHEQUE DU
COUVENT DE NOTRE DAME
DE GRACE
SUIVANT LE NOM DES AUTHEURS
ET LE TITRE DES MATIERES
Au-dessous on lit cette épigraphe : rrLabia enim sacerdotis custodiant scien-
rrtiam, et legem requirant ex ore ejus. n Puis la date : cr Anno Domini i-yBG.n A
la suite se trouve le Systema bibliographicum Bibliolhecœ Regii Conventus Sanctœ
Mariœ de Gratia, in très partes distributum. Enfin on a collé au verso de la cou-
verture une feuille de papier sur laquelle on lit : Catalogue des livres légués à
cette maison de Picpus par Mademoiselle de Lorme en l'année ij8à; cette libéralité
comprenait cent vingt et un volumes. Au bas du vingt-quatrième feuillet, on lit
ces mots :
Nous, officiers municipaux de la ville de Paris, après avoir examiné la bibliotèque des
RR. PP. religieux de cette maison, avons laissé le catalogue en leur garde, quoique le biblio-
thécaire nous aye observé que plusieurs de ces livres ont été échangés ou égarés.
A Paris, ce 3 mai 1790.
Lejeune, Desmousseaux,
officier municipal. ojjicier municipal.
Le dernier bibliothécaire de Picpus se nommait Roisin**'.
Ce couvent possédait en outre une assez précieuse collection de médailles. Le
fonds primitif, composé de onze cents pièces, avait été recueilli à Rome et donné
ensuite au monastère par le P. Agathon Ghirol, procureur général de l'ordre.
Ces renseignements nous sont fournis par un Avertissement'^^'' placé en tête du
Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers ,
t. I, p. 633.
Etat général des livres des maisons ecclésias-
tiques et religieuses du département de Paris. Ar-
chives de l'Empire, série M, carton n° 797.
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n° 32 34.
Procès-verbal d'apposition des scellés sur la bi-
bliothèque des frères pénitents de Picpus. Archives
de l'Empire, série S, carton n° i337.
ffNec vero in grati animi monumeutum hic
r oniittendum ducinius hos numnios ad numerum us-
rf que mille et centum .... Romœ fuisse coliectos cu-
rrris, studiis et expensis R*' patris Agathonis Ghirol,
rrnostrae provinciae sacerdotis, olim in curia procu-
PÉNITENTS DE PICPUS. 291
catalogue de cette collection : Catalogns niimmorim antiquorum bibliothecœ conventus
PicpUS. M. V. ce. AJAV^^K
Les volumes provenant de cette maison ne portent pas de marque spéciale,
mais on rencontre assez souvent ces mots :
CON. S .
DE.GR/r-
IVappés en or sur le dos des volumes in-folio.
Les inscriptions sont très-variées; voici les plus employées :
CONVENTUS S"- MARIEE DE GRATIA, VULGO PICPUS.
EX LIBRIS BIBLIOTHECM CONVENTUS DE PICPUS.
CONVENTUS S'^ MARIyE DE GRATIA FF. PjENITENTIUM TERTII ORDINIS
SANCTI FRANCISCI AD LUTETIAM.
DU CONVENT DE NOSTRE DAME DE GRACE A PICPUCE LES PARIS.
CONVENT DES RELIGIEUX PÉNITENTS DU 3' ORDRE DE S. FRANÇOIS
A PICPUS LEZ PARIS.
AUX RELIGIEUX PÉNITENS DU COUVENT DE PICPUS.
Quelques-unes sont en italien :
DEL CONVENTO DI NOSTRA SIGNORA DI GRATIA IN VILLA DE PICPUS.
RELIGIOSIS DELL' CONVENTO DE PICPUS.
Le monastère de Picpus, supprimé en 1790, devint propriété particulière, et
fut longtemps occupé par un pensionnat de jeunes fdles. C'est aujourd'hui l'Ora-
toire de Picpus, avec le séminaire du même nom et deux couvents de femmes,
occupant tout l'emplacement compris entre l'avenue de Saint-Mandé et la rue de
Picpus.
rrratoris nostri generalis, postmodum cardinalis
frOlthoboni theologi, viri vere religiosi, ac in re
rrnummaria piurimum versali; qui, anno lySS,
tin conventu S" Mariœ Miraculorum, de Urbe re-
ffcedens, cum noslro permissu reliquit hos nuiii-
frnios bibliothecœ conventus nostri regii Parisiensis,
rfvulgo Picpus, destinâtes.»)
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n" j 9 1 1 .
37.
FRÈRES DE LA CHARITÉ.
L ordro de la Charité lïit institué à Grenade par saint Jeaii-de-Dieu. En iGo-i ,
Marie de Médicis appela à Paris cinq irères de cette congrégation, et les installa
dans la rue Bonaparte actuelle, alors nommée rue de la Petite-Seine et devenue
plus tard la rue des Petits-Augustins. Marguerite de Valois, ayant eu besoin de
l'emplacement qu'occupaient les frères de la Charité, le leur acheta en 1606, et
ils allèrent s'établir près de là, aux environs d'une petite chapelle dédiée à saint
Pierre. Celle-ci avait donné son nom à la rue où elle était située '"^^ qui était déjà
appelée pai- corruption rue des Saints-Pères. Le plan de Mérian , dressé vers 1 6 1 5 ,
Jaillot, Recherches sur Paris, quartier Saint- Piganiol de la Force, Descrijniim lii.siori//iie
Germain-des-Prés, p. 5. de Paris, t. VIII, p. siSg.
294 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
indique à la fois la situation de la chapelle et du second domicile des frères de la
Charité.
Les religieux acquirent, en i638, des terrains dépendant de l'abbaye de Sainl-
Germain-des-Prés , y firent construire de vastes bâtiments auprès de la chapelle ,
qui venait elle-même d'être agrandie, et s'installèrent à l'endroit qu'occupe encore
aujourd'hui l'hôpital de la Charité.
Leur règle leur imposait le devoir de soigner les malades, et, dès 1776, leur
maison renfermait près de deux cents lits.
Ils y avaient aussi une pharmacie, un jardin botanique, un très-riche cabinet
d'histoire naturelle, des médailles, et, dit Thiéry, rr quelques livres, tels que les
cr ouvrages de M. de Bufîon et la nouvelle édition de l'Encyclopédie'''. n
Les Constitutions de l'ordre ne mentionnent cependant que deux fois cette biblio-
thèque : le chapitre xi, qui traite de YEducation des novices, renferme ces lignes :
rrOn leur montrera à conserver soigneusement les livres, les vestemens et autres
rrustenciles de la maison ;n et le chapitre xiv, consacré aux Cellules des religieux,
défend à ceux-ci d'y conserver a des livres profanes ou deshonestes ('^l n
Le catalogue de la petite collection des frères de la Charité fut dressé en 1790;
il est conservé aux Archives de l'Empire sous ce titre : Inventaire des livres provenant
de la Maison dite ci-devant de la Charité, aujourd'hui hospice de l'Unité, rue des Pères,
livrés par le citoyen Massinot, gardien desdits livres On n'y compte que quatre-
vingt-six volumes, qui ne portaient aucune estampille intérieure; mais, à en juger
par ceux que nous avons retrouvés, les inscriptions manuscrites y étaient très-
fréquentes et très-détaillées :
DE LA BIBLIOTEQUE DES RELIGIEUX DE LA CHARITÉ DE PARIS,
DE L'ORDRE DE SAINT JEAN DE DIEU. CHARITAS.
CE MANUSCRIPT EST DE LA BIBLIOTEQUE DES RELIGIEUX DE LA CHARITÉ,
CHARITAS.
EX BIBLIOTHECA CONVENTUS ET NOSOCOMII
REGALIS S" JOANNIS BAPTISTE BELIGIOSORUM PARISIENSIUM
A CHAUITATE NUNCUPATORUM,
ORDINIS S" JOANNIS DE DEO, SUR REGULA SANCTI AUGUSTINI.
Les frères de la Charité possédaient en outre une marque qui a beaucoup de
Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers de l'ordre du R. Jean de Dieu, etc. p. 58 et 72.
voyageurs à Paris (1787), t. II, p. 626. Archives de l'Empire, série F carton
Les Constitutions des religieux de la Charité 11 9^1, pièce n° 121.
FRÈRES DE LA CHARITÉ. 295
rapport avec celle des Minimes, mais qu'on ne rencontre que sur un fort petit
ii()ml)i'{' (](» volumes :
Les religieux de Saint-Jean-de-Dieu administrèrent leur hôpital jusqu'à la
Révolution.
Fac-3im:le hehographique.
Flan C& Lacaille ( 1714 ).
RÉCOLLETS.
Issus de la grande famille des Franciscains, les Hécollets vinrent, vers l'an 1600,
s'établir à Paris, Dès i6o3, un marchand tapissier, nommé Jacques Coltard, leur
donna une maison située au coin du faubourg Saint-Martin et de la rue actuelle
des Récollets Protégés par Henri IV, ils ne tardèrent pas à étendre leurs bâti-
ments, et Marie de Médicis leur fit ronsti'uire, en 1606, une église dont elle ])osa
la première pierre.
Ces religieux songèrent presque aussitôt à se former une collection de livres
qu'ils rr n'ont cessés de travailler à augmenter et à perfectionner n et qui,
comme le dit très-bien Piganiol, frfait honneur à la Providence ti puisque,
malgré la pauvreté du couvent, on y voyait déjà en i6/i3 cr une grande biblio-
ftthèque^*^n Elle dut surtout son accroissement aux soins du P. Jean-Damascène
Lebret'^', qui s'était acquis une certaine réputation comme prédicateur'*"'', et qui fut
son premier bibliothécaire. Selon toute apparence, il avait ado])té dans le cou-
vent le nom abrégé de Damase, et c'est de lui que proviennent les ouvrages sur
lesquels on lit : « Au P. Damase, n puis ces mots : rrlNunc bibliotheca* RecoU.
rr Paris. T) Nous avons encore trouvé sur un autre volume qui a appartenu aux
Lemaïre, Paris ancien et 7ioiivenu,l.\l, p. ^liS. t^. Jacob, Traicté des plus belles bibliothètjues ,
Etat généra! des biens tant ineubles qu'immeubles p. 559.
de la maison des Récollets établis faubourg Saint- Lcmaire, Paris ancien et nouveau , t. M, \). ^ln).
Laurent à Paris. Archives de 1 Empire, série S. — Pigniiiol de la Force. Description historique de
carton n° ^356. Paris, l. IV, p. 70.
Piganiol de la Force. Description historique de Legeudre. De rita Francisci Ilarbci, p. G().
Paris, t. IV, p. 73.
II. 38
298 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Pu'^coilets riiisci'iption suivante : rrToine I" de la chronique de Saint-Denis que
ffj'ai acheté, moi Damase, pour la Bibliothèque des Récollets de Paris
Le successeur du P. Damascène fut le P. Fortuné Lantier, rrtrès entendu dans
ff la connoissance des livres « il contribua également à enrichir cette biblio-
thèque, dont on vantait surtout alors l'admirable situation. Installée au deuxième
étage, elle n'avait point de rivale j)Our l'étendue et la beauté des points de vue
qu'on apercevait des fenêtres ; neuf d'entre elles ouvraient au nord sur la cam-
pagne et trois sur Paris; cinq autres croisées, exposées au couchant, éclairaient
deux vastes cabinets remplis de livres. La galerie principale avait cent pieds de
long sur vingt-huit de largeur et vingt de hauteur'*'; elle était entourée de vingt-
sept armoires grillées, en chêne sculpté, et surmontées d'une corniche assez
élégante. Le mobilier qui la garnissait est ainsi décrit dans le procès-verbal
d'apposition des scellés di'essé le -20 décembi'e 1790; nous conservons l'ortho-
graphe oflicielle :
Tiente huit tableaux peint sur toile, repre'sentani divers poitraits de Papes, Belijjieux et
autres, le tout avec bordures de bois doré;
Deux e'chelles de bibliothèques;
Un grand bureau faisant bufiet;
Un corp de bulï'et;
Une table;
Deux forts globes en mauvais état, Tun teneste et l'autre céleste (^);
Seize lant châssis que fauteuils, le tout couvert de moquette et bazanne''''.
Cette bibliothèque parait avoir été tenue avec un grand soin. Les livres étaient
l angés sur les rayons par ordre de matières et suivant le classement adopté déjà
à la bibliothèque du Roi(''l Le prêt, même aux religieux de la Maison, était soumis
à des formalités qui devaient en rendre l'usage très-restreint; voici en etîet ce
(jue nous lisons sur un assez beau volume de plans gravés qui a appartenu à ce
couvent :
Nous soussigné, ancien lecteur de théologie, et ministre provincial des frèics mineurs Bécollels
de la province de Saint-Denis en France, permettons par ces présentes au vénérable Père Na-
thanael Bélanger, prestre , prédicateur et confesseur de cette province, l'usage du présent livre,
intitulé Les plans et profils de toutes les principales villes de France, divisé <'n deux tomes; à con-
(lilion de ne le prester ny donner à personne du deliois, sous quelque [)rétexte que ce soit. Fait
Bibliotli. Mazarine, incunables, n" 583i A**.
G. Urice, Nouvelle description de Paris, t. II,
p. /17.
Piganiol de la Force, Description historique de
Paris, t. IV, p. 78, et t. V, p. aoa.
Leprince. Essai historique sur la bibliothèque
du Roi, [). ?>{') 1 .
Tous deux étaient de Coroiielli.
Procès-verbal d'apposition des scelles sur la
bibliothèque des Hécollets du faubourg Saint-Martih.
Archives de l'Empire, série S, carton n" li'Si^'i.
Leprince, Essai historique sur la bibliothèque
du Roi, p. 36 1.
RÉCOLLET. s. 299
on notre cotivonl de Paris, le neiiviesme juin de r;iti mil sepi cenl dix sept. F. Epipiiane oe
Laleu, ministre provincial'''.
Grâce peut-être à de si excessives précautions, cette bibliothèque, qui ue datait
cependant que du wif siècle, renfermait, disent les contemporains, vingt-cinq
mille volumes en i78o("^', et environ trente mille en i']86^^\ Malgré ces deux
témoignages très-précis, les religieux déclarèrent, en 1790, qu'ils possédaient
seulement dix-sept mille cinq cents volumes imprimés et cent soixante-deux ma-
imscrits'*'; après vérification, on en trouva dix-neuf mille deux cent cinquante'^',
et on finit par en transporter vingt-trois mille au dépôt des Capucins de la rue
Saint-Honoré'"'. Il est probable que les Récollets avaient réussi à faire disparaître
ou à vendre les autres.
Cette collection, coiLsidérée déjà en 1725 cr comme une des mieux assorties
cf d'entre les bibliothèques ecclésiastiques de Paris comprenait d'excellents
ouvrages. Parmi les manuscrits figuraient deux belles Bibles du xni*^ siècle, un
catéchisme chinois, un manuscrit éthiopien, rcqui avoit été donné à un religieux
rrde ce couvent par Zaga Christ, fils du prêtre Jehan quelques missels sur
vélin ornés de jolies miniatures, enfin l'original d'un ouvrage dont les exemplaires
sont devenus fort rares, et qui fut imprimé de i663 à i665 sous ce titre : Neus-
triapia, seu de omnibus et. singulis ahbatis et prioratis totius Normanniœ; un Récollet,
le P. Arlus du Moustier, en était l'auteur. Suivant la Nouvelle biographie générale,
ce manuscrit sei^ait conservé aujourd'hui dans la bibliothèque des Récollets de
Rouen'"'. Les imprimés étaient presque exclusivement relatifs à la théologie et à
l'histoire, et comprenaient les ouvrages les plus précieux et les plus chers : les
grandes Bibles polyglottes, la Bibliothèque des Pères publiée par les Bénédictins,
les Ordonnances des rois de France, le Gallia christiana, le Monaslicum avglicanum,
la Collection byzantine etc. etc.; mais on ne comptait qu'un très-petit nombre
d'incunables.
Dans sa Déclaration de 1790, le prieur certifie qu'il existait un catalogue en
trois volumes in-folio; il nous a été impossible de le retrouver.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, his-
toire. in-8°, n° 8790.
Lepr'mce , Essai historique sur la bibliotiteque
du Roi, p. 36 1.
Thie'ry, Guide des amateurs et des étrangers,
t. I, p. 526.
Etat général des biens meubles et immeubles
de la maison des Récollets. Archives de l'Empire .
série S, carton n" /i35/i.
Recensement détaillé des livres des bibliothèques
du déparlement de Paris. Archives de l'Empire, sé-
rie M , carton n" 797.
Archives de l'Empire, se'rie F", n" i^oS.
G. Hrice, Nouvelle description de Paris, t. II,
p. A 7.
Leprince, Essai historique sur la bibliothèque
du Roi, p. 36 1. — On peut consulter sur cet aven-
turier l'ouvi'ag-e suivant : Etranges événemens du
voyage de S. A. R. le prince Zaga Christ, par Re-
chac.
Nouvelle biographie générale , t. XXXVI , p. a 8.
Etat général des biens meubles et immeubles
de la Maison des Récollets. Archives de l'Empire,
sf'rieS, carton n°/i35/i.
38.
300 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Presque tous les volumes provenant de cette bibliothèque portent le nom du
couvent écrit à la main, soit au milieu, soit en tête du titre :
EX LIBRIS RECOLLECrOHUM CONVENTUS PARISIENSIS.
EX LIBRIS FF. MINORUM RECOLLECTORUM CONVENTUS PARISIENSIS.
RECOLL. PARIS.
EX CONVENTU PARISIENSl FF. MINORUM RECOLLECTORUM.
EX MANUSCRIPTIS RECOLLECTORUM CONVENTUS PARISIENSIS.
Les bâtiments du monastèi-e des Récollets furent, en i 790, alïectés à un hospice
d'incurables, (l'est aujourd'hui l'Hôpital militaire Saint-Martin, rues des JîécoUets
et du Faubonrjj-Saint-Martin. Les bâtiments ont été récemment appropriés à
cette nouvelle destination.
Pa^-simile heUographique.
Flan dit de Turgot ( 1739).
AUGUSTINS DÉCHAUSSÉS.
Les Augustins déchaussés, ou Petits-Pères, furent introduits à Paris j)ar Mar-
guerite de Valois, première femme de Henri IV. Docile aux conseils du P. Amet,
son confesseur, elle installa, en 1607, vingt de ces religieux dans une maison
contiguë à son hôtel du fauhourg Saint-Germain^^'; elle leur assura en outre une
rente perpétuelle de G, 000 livres, et promit de leur faire élever sur l'emplace-
ment ([u'eile leur accordait un monastère qui porterait le nom de Couvent de
Jacob. Ceux-ci, en i-etour, s'engageaient à chanter deux à deux, jour et nuit,
sans jamais discontinuer, des hymnes et des cantiques sur des airs composés par
Marguei-ile. Mais, cinq ans après, la princesse trouva que le P. Amet rda repi-e-
rrnoit avec trop de liberté au tribunal de la pénitence ('^^ ; n elle l'évoqua alors les
engagements qu'elle avait pris à son égard, le mit à la porte avec ses moines, et
les remplaça par des Petits-Augustins
Les religieux expulsés errèrent longtemps d'asile en asile, et finirent, en 1620,
|)ar achetei' un terrain de huit arpents, situé sur l'emplacement qu'occupent au-
jourd'hui les constructions élevées à l'angle du passage des Petits-Pères el de la
rue i\otre-Dame-des-Victoires. Le 9 décembre 1629, Louis XIII posa la ])remiè)-e
pierre de leur église, et voulut que, en souvenir des succès cpi'il venait d'obtenir
à la Rochelle, elle fût dédiée à Notre-Dame-des-Victoires
J. Dubreul, Tliédiie des nnnijuitez de Paris, D. H. I. Siippléiiwiil aux anliqiiite: de Paris
\>- 570. de Dubreul, p. /i3.
Piganiol de la Force, Description lilslorii/ue Thit'ry. G aide des amaleurs et des rlraimers .
de Paris, t. 111. p. 80. t. 1. p. -îqy.
30-2 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
L'église fut terminée en 1682, et les Augustins s'établirent alors dans leur
nouveau couvent. Ils n'avaient encore qu'un nombre très-restreint de volumes;
mais la règle des Augustins déchaussés de France ordonnait que chaque maison
de cet ordre possédât une bibliothèque, et que le soin en fût confié à un re-
ligieux qui, avec l'autorisation du prieur, prêterait les livres à ses confrères'''.
Les volumes furent réunis dans une des chambres du premier dortoir'^', et le
P. Bonaventure de Sainte-Glaire se chargea de les conserver. Peu à peu le goijt
des livres vint à ce religieux, puis la passion, et, vers i65o'^', il résolut d'enri-
chir le couvent d'une véritable bibliothèque
L'argent manquait. Le P. Bonaventure, qui avait quelques relations dans le
monde, alla solliciter des aumônes, déclarant partout que le produit était des-
tiné à acheter des livres pour la communauté. De plus, afin de stimuler l'amour-
propre de ceux auxquels il s'adressait, il avait soin d'annoncer qu'il ferait mettre
par le relieur, sur le dos de chaque volume, le nom de la personne qui l'aurait
procuré au couvent'^'. Il rassembla ainsi un grand nombre d'ouvrages, rratque
rrita hanc bibhothecam fundavit,n dit Maichelius
Le P. Bonaventure tenait d'ailleurs scrupuleusement rengagement qu'il avait
pris, et sur un nombre considérable de volumes provenant de ce couvent on
lit, frappées en gros caractères par le relieur, des inscriptions comme celle-ci :
D • D •
LE COMTE
F L E S S 1 S
F R A L 1 N .
ou encore :
D • D •
LE D V C DE
R O C L A V R .
Elles sont même souvent reproduites à la main sur le titre du volume. Anisi
ie titre de ceux que nous venons de citer porte ces mots : crEx dono comitis de
' '' frErit in singiilis conventibiis bibliolheca clave
f-clausa, in qua onines libri apte disponi possint,
'fcujus etiam cura committatur aiicui fratri, qui
'flibros a puivere, tinea et humiditale conservet; et
•feos pelenlibus, sine murmure prions, saltemnon
ffcontradicente, ministret. " (Constituliones fralrum
Eremitarum discalceatorum congregalionis Gallia-
rutii , caput. XI, art. 1 .)
Piganiol de la Force, Description Imtorifjne de
Paris, t. III, p. 1 1 >2.
Durey de Noinvilie , Dissertation sur les bihlio-
thhques, p. 53.
Jugler, Bibliotheca historiœ litterariœ selectn,
l. I, p. 926.
Piganiol de la Force, loc. cit.
Maicbelius, Introductio ad hist. liter. p. io3.
AUGLSTINS DECHAUSSES. 303
rPlessis Praliii H. P. Bonaveiiturœ Aurelianiensi, et : crDoiio dédit D. dux de
r Roquelaiire R. P. Boiiav(!ntiji;r Aureliaiiiensi. :i
Il } eut bientôt un moment d'aiTet. En i 6B6, les Augustins concentrèrent toutes
leurs ressources sur un but qui leur tenait fort cà cœur : ils ne trouvaient plus
leur église assez belle, et voulaient la faire reconstruire. On se mit à l'œuvre.
Dès que les travaux intérieurs lurent un peu avancés, on transfoi'ma provisoire-
ment l'ancienne église en bibliothèque, et, vers i66(), les livres du couvent y
furent installés
Le P. Bonaventure surveilla le classement de sa chère collection dans le nou-
veau local, s'occupa encore de l'augmenter, et mourut plein de jours en 1670.
il fut remplacé par le P. Germain t^', qui se montra aussi zélé que son prédéces-
seur. Pour enrichir le dépôt qui lui était confié, il mit à contribution ses amis,
sa famille même'^), et parvint à réunir une grande quantité d'ouvrages utiles,
rramplam copiam librorum haud inutilium n
En 1682, cette collection prit un immense développement par le don que ht
au couvent le sieur Le Groux de la Brelonnière, qui lui légua toute sa biblio-
thèque, riche de vingt à vingt-deux mille volumes '^l A cette époque, les livres
étaient encore conservés dans l'église primitive; mais celle-ci allait être transformée
en sacristie, et, depuis plusieurs années, on travaillait à disposer un local pour
la bibliothèque. 11 fut achevé à la fin de 1682.
Le P. Léonard de Sainte-Gatherine succéda au P. Germain; il hérita de son
activité, et monti'a un amour encore plus décidé pour les livres. Il commença
même un recueil de notes assez curieuses relatives aux diverses bibliothèques de
Paris; ce travail, que nous avons souvent consulté, est resté manuscrit, et se
trouve aujourd'hui à la Bibliotlièque impériale ''^^l Léonard de Sainte-Catherine
inscrivait son nom sur presque tous les volumes qu'il achetait pour le couvent;
il y joignait ordinairement la date et le prix de l'acquisition, et même les cir-
constances qui l'avaient accompagnée. Ges sortes de mentions se rencontrent
donc très-fréquemment sur les ouvrages provenant de la bibliothèque des Petits-
Pères, et nous pourrions en citei- de nombreux exemples. On lit sur le feuillet
de garde d'un manuscrit du quinzième siècle : tr Achepté le 21 février 1706. Fr.
Piganiol de la Vovce , Description hitilm'iqne de
Paris, t. Kl , p. 1 1 -2.
.lugier, Bihliotlicca historin' litlerariœ selcctti ,
t. 1, p. -aoG.
Lemaire , Paris ancien et nouveau , 1. 1, p. 356.
iMaicheliiis . Inlroductio ad hisloriaiii litcrarium ,
p. loi.
Durey de .Noinville, Dissertation sur les bi-
bliothèques, p. 53. — Jngler, Biblioihcra hisloriœ
litlorarlir seleda , t. I. p. -î-jG. — Maichellus. In-
lroductio ad historiain literaruun de prd'cijnus bihlta-
thecis, p. 106.
Piganiol de la Force, Description de Paris , 1. 111 .
p. 1 13, prétend que Le Croux possédait dix-neuf
cents volumes seulement, et qu'ils lui furent achetés
trois mille cinq cents livres; mais il a contre lui
l'autorilé de Durey de Aoinvillc, de Jugler et de
Maichelius.
Mémoiies sur quelques bibliothèques de Paris,
rassemblés par le P. Léonard de Sainte -Cjathernie.
30^1 LES A^CIENi^ES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
"Léonard, Aiig. dise. ind. Priez Dieu pour moy n Sur un autre : rc Achepté en
•• 1G9G. Fr. Léonard de S'*' Catherine de Sienne, Augustin descljaussé indigne,
■r Priez Dieu pour moi'^^n Et encore : crM. le Febvre, avocat, me fit présent de
f( ce manuscrit le '?8 avril 1701. Fr. Léonard de S'^ Catherine de Sienne, Au-
crgustin deschaussé indigne. Priez Dieu pour moy'^lr Sur un manuscrit du xiv*^
siècle : crJ'acheptay ce manuscrit imparfait le 1?! avril 1-70/1. Quoycju'on en ayl
T coupé les lettres dorées, il ne laisse pas que d'avoir son mérite et son uti-
"lité au jugement des sçavans, à cause de la matière qu'il traite. On le croit de
" pi-ez de r)oo ans. Je croy qu'il vient de l'Abbaye de Long Champs prez de Su-
resnes, ou au moins qu'il a appartenu à une religieuse de ce monastère. Fr. Léo-
-nard, A. D. Priez Dieu pour moy*"l')i
En 1712'^', les fonctions de bibliothécaire furent données au P. Eustache de
Sainte-Agnès, rr grand connoisseur de livres, n dit Antoninit*^', et l'un des hommes
les ])lus distingués qu'ait produits la communauté des Augustins. H se voua d'abord
lout entier au service de la l)ibliothèque, et nul ne contribua plus que lui à l'en-
ricliir^'''. Il fît ensuite, au nom du couvent, deux voyages à Home, et obtint du
pape pour ses confrères l'autorisation de se couper la barbe, et de porter, à la
])lace de leurs sandales, des bas et des souliers. Pendant les absences du P. Eus-
tache, les livres étaient confiés aux soins d'un autre religieux nommé le P. Jé-
rôme ''^l C'est de ce moment que parait dater un catalogue très-soigné de la
collection des Petits-Pères; il forme cinq volumes in-folio, (pii sont conservés
aujourd'hui à la bibliothèque Mazarine, et a pour titre : Catalogus librorum biblio-
tliorrr RR. PP. Avgusiinianorum Discakeatoritm Conventiis regij Parisiensis
A cette époque, les Guides dans Paris déclaraient que la collection rassemldée
aii\ Petits-Pères renfermait environ vingt-cinq mille volumes imprimés, et rc étoil
'fiMicore une bibliolé(|ue qui doiuioit de la satisfaction aux gens de letres n
()uant au règlement même de la bibliothèque, il était compris dans les Com-
iilntions des Augustins déchaussés de France; le chapitre xi, qui est intitulé De
lihraria, renferme huit articles très-sagement conçus. Nous avons déjà cité le
|)irniier. Le troisième défendait, sous peine sévère, rrsub pœna gravi, n de prendre
un volume dans la bibliothèque à l'insu du bibliothécaire. Lorsque celui-ci prêtait
Ril)li()llièqiic impériale, iiianusciils, fonds Irançais ,
m" •>.-i,h(y2. autrefois fonds des Felils-Pères, 11° 17.
l)iljlioth. Mazarine, manuscrits, n° T 112/1.
' Bibliotli. Mazarine, manuscrits, n° H 285/1.
Bibliotli. Mazarine, manuscrits, n° tl 2853.
Bibliotb. Mazarine, manuscrits, n° H 568.
Maiclielius . lutroiliKiio ad hlsloriftm Ulcrar 'mm ,
|). 10/1.
Mciiinrinl de Paris rl de xcs cnvinnis , I. L
|1. Ht I .
Jordan, Histoire d'un voijage liuèraire fait en
i']33 , [). G3. — Jèze, Elal ou tableau de la ville de
Paris, [). 197.
De Valbebert, L'agenda du voyageur à Paris
(1786), p. 75.
Bibliotbèque Mazarine, manuscrits, n"' 3i /i5
à 3 1 h<).
De Valbebert, L'agen.i, .'.ii royageurà Paris,
p. 75.
AUGUSTINS DÉCHAUSSES. 305
un livre, il devait avoir soin d'inscrire sur un registre spécial le nom de Teni-
prunteur et la date exacte du prêt. Aux ternies de l'article /i, le bibliothécaire
doit mentionner sur chaque volume le nom du couvent auquel d appartient, et
indiquer même la personne qui l'a donné à la Maison. Suivant l'article 5, s'il y a
dans la bibliotliècpie des livres doubles ou inutiles, ils pourront, avec l'autorisa-
tion du Chapitre provincial, être vendus; et la somme qui en proviendra devra
être consacrée à l'achat d'autres volumes^'*.
Le vaste enqdacement qu'occupait le couvent des Augustins, au centre d'un
quartier devenu très-populeux, augmentait de prix chaque jour; les religieux ne
tardèrent pas à en aliéner diverses parties, dont quelques-unes furent vendues
jusqu'à 1,000 livres la toise carrée. Ils acquirent ainsi des revemis considérables;
mais, en même temps, le désordre de leurs mœurs s'accrut à tel point que le loi
dut intervenir
Le P. Bernardin, qui paraît avoir succédé au P. Jérôme, fut lui-même rem-
placé, peu d'années avant la Piévolution^^), par le P. Micliel Labiche, qui occupait
encore cette position en 1790, lors de la suppression de l'ordre^"'. Voici donc la
liste des seuls bibliothécaires de ce couvent dont nous ayons pu retrouver les
noms :
BONAVENTURE DE SAINTE-CLAIRE.
GERMAIN.
LÉONARD DE SAINTE-CATHERINE.
EUSTACHE DE SAINTE-AGNÈS.
.lÉRÔME.
BERNARDIN.
Michel LABICHE.
Le local dans lequel, depuis i68'i, la bibliothèque des Augustins était con-
servée, passait à bon droit pour un des plus beaux de Paris. 11 se composait de
trois vastes salles, situées au-dessus des dortoirs et directement sous le toit; on
l'avait surélevé de trois pieds dans toute la longueur de la première pièce, afin
(tArt. III. Niillus fratrum librum ex libraria
ffextrahere audeat, bibliotliccario absente, vel iii-
irscio, sub pœna gravi. Quotiosciimqiie continget
fffratretn aliquem librum, de licenlia iiliiis, ex li-
rbraria secum asportare, ipse vel cerle bibliolhe-
ffcarius tenebitur in cathalogo ad hoc deputato
(rnotare nonien suum, iibruin, annum, diem el
irmensem qiiibus eiim ex bibliollieca exlraxit. • .
trArt. IV. Bibliotbocni'iiis scribet inilio omnium
"librorum nomen conveiitns, cujus calbalogo ins-
ffcripti sunt, vel etiam nonien benefactoris (jui
Ttalem librmii convenliii donaverit. . .
n-Art. V. Quod si in dicto cathalogo reperianlur
faliqui libri duplices et non necessarii, vendi po-
ffterunt, et eorum praetimn in alios utiliores con-
cr verti , de expressa licentia Capitnli provincialis. . . »
( Consliluttones fratrum eremitarum dtscalceatorum
congregationis Galliarum, p. 108.)
^ Dangeau, Mémoires, 7 janvier 1707, t. XI,
p. 978.
''^ Archives de l'Empire , série M , carton n° 797.
Elut (le la bibliothèque du couvent royal des
Augustins réformés, etc. Archives de l'Empire, série
S, carton n" 3645.
II.
39
30G LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
d'y percer les fenêtres, qui, de cette manière, n'interrompaient point la série des
tablettes le long des murs^". Ces fenêtres, de forme ovale, et disposées de six en
six pieds, donnaient sur les jardins du couvent, qui passaient pour les mieux
tenus de la capitale.
Les trois salles étaient, d'un bout à l'autre, entourées d'arcades assez étroites,
et au fond de chacune d'elles se trouvait une armoire garnie de rayons; ces ar-
moires étaient séparées les unes des autres par des pilastres corinthiens, hauts de
sept pieds et demi, et, comme tout le reste de rornenientation, rren menuiserie
rr travaillée fort proprement n Voici comment s'exprime à cet égard le prieur du
couvent, dans le rapport cju'il adressa en 1790 à l'Assemblée nationale : crLaditte
rr bibliothèque est composée de trois ailes correspondantes de l'une dans l'autre ,
ffdont deux plus basses de plafonds, et garnies, ainsi que celle du milieu, de
rr grandes armoires prenant d'en bas jusqu'à la hauteur des fenêtres fermées en
rr œils de bœuf, et distinguées dans deux ailes par des titres désignants les ma-
rrtières y conteniies n La pièce d'entrée avait c[uatre-vingt-trois pieds de long
sur quatorze de large et dix de hauteur; elle renfermait huit armoires de chaque
côté. Lne autre salle, absolument semblable à la précédente, avait été établie en
1736^*', et venait à la suite de la galerie principale.
Celle-ci mesurait cent trente et un pieds de longueur sur dix-neuf de largeur
Le plafond, en anse de panier, était orné d'une fresque très-belle, faite, dit-on,
en dix-huit heures par le peintre napolitain Paolo de Matteist*^' : elle représentait
la Religion s'unissantà la Vérité pour chasser l'Erreur Au-dessus de l'entrée, à
l'intérieur, on voyait le portrait du P. Eustache^^' peint par Rigaud, et, entre
les moulures de la porte, un Christ en croix, dû au pinceau de P.-J. Cazes, et
d'une exécution très-remarquable ''^l Au milieu de la salle, qui était éclairée d'en
haut par dix-huit fenêtres, figuraient deux beaux globes de Coronelli '^*'^; tout
autour régnaient trente et une armoires, surmontées d'une large corniche d'ordre
toscan, et fermées par des portes garnies de treillages en fd de laiton. Des por-
traits fort soignés reposaient sur les corniches; on remarquait surtout celui de
Louis XIV par Cavin d'après le tableau original de Rigaud, ceux des papes
Leroiige, Curiosités de Paris, t. 1, p. 209.
Piganiol de la Force, Description historifjue
de Paris, t. III, p. iih et 117.
Etat de la hibliotiicque du cornent royal des A n-
gustins réformés, près la place des Victoires, lors
de la Déclaration e.rigée par le décret de l'Assemblée
nationale, revelu de la sanction royale et de l'en-
registrement du Parlement, promulgué le 2 décem-
bre ijSg. Archives de i'Empire, série S, carton
n° 36/j5.
Piganiol delà Force, Description historique de
Paris, t. III, p. 1 if).
Thie'ry, Guide des amateurs et des étrangers,
1. 1, p. 3oo.
'''' G. Brice, Nouvelle description de Paris, l. I,
p. ^23.
Leprince, Essai historique sur la bibliothèque
du Roi, p. 353.
État de la bibliothèque , etc. Archives de l Eai-
pire, se'rie S, carton n° 36/i5.
Piganiol de la Force, Description historique
de Paris, t. III, p. 118.
Thie'ry, Guide des amateurs et des étrangers,
t. I , p. 3oo.
AUGUSTINS DECHAUSSES. 307
Clément XI et Clément XII, du duc du Maine, du comte de Toulouse, des car-
dinaux Jenson, de Noris et Imperiali; enfin celui du P. Jacques de Saint-Gabriel,
qui avait formé dans le couvent un très-curieux cabinet d'antiquités A chaque
extrémité de cette galerie, on avait percé une immense fenêtre qui donnait sur
un balcon d'où fou jouissait d'une vue magnifique; à droite et à gauche de la
salle, se trouvaient encore plusieurs petites pièces garnies de livres
Près de cette galerie s'ouvrait le cabinet d'antiquités, qui était dû surtout aux
soins des PP. Jacques de Saint-Gabriel et Albert de Sainte-Eugénie. Il avait été
longtemps conservé dans une petite salle dépendante de finfirmerie, mais le dé-
veloppement qu'il prit lui fit accorder, en lyyy, un grand pavdlon, communi-
quant avec la bibliothèque, et qui mesurait vingt- quatre pieds carrés; il avait
seize pieds et demi de hauteur et était éclairé par cinq croisées On y voyait
des médailles, une riche collection d'histoire naturelle, des tableaux, des estampes
et des curiosités de toute nature. Les tableaux formaient un musée vraiment
admirable et où les plus grands noms de la peinture étaient représentés; on y
remarquait surtout : un Bélisaire du Guerchin, une Sainte-Famille d'André del
Sarto, deux cuisines de Schalkhen, quatre paysages de Wouwermans, une Vierge
de Stella, deux ruines de Panini, deux tableaux de genre par Van der Meulen,
Diogène et Héraclite par Valentin, et le David de Caravage^*'. Une armoire spé-
ciale était réservée aux estampes, et une autre, garnie de quatre grands tiroirs,
était remplie de coquilles rares. Parmi les antiques figuraient un grand nombre
de bustes et de vases en marbre, en bronze, en terre, en albâtre, des poids, des
porcelaines, etc. etc.
La série des médailles était très-complète; en voici la descrij)tion, d'après un
rapport officiel :
Médailles grand broaze. Un cabinet de bois de palixandre composé de 9/1 liroirs contenanis
chacun dans leurs cartons h'] médailles; ce qui forme une suile, depuis Aujrusle jusqu'à l'os-
thume inclusivement, de 1,1 18 médailles foutes bien conservées et de la plus sûre antiquité. 11
faut observer que dans cette suite il s'en trouve de rares cl de très rares, comme l'Olbon'^' d'An-
tioche, 3 Pertinax, k Gordiens d'Afrique, etc.
Moyen broxze. Un cabinet de \ h tiroirs coniporlaiil cbacun dans son carton Ou médailles,
toutes antiques et bien conservées.
Durey de Noinville, Dissertation sur les biblio-
thèques, p. 53.
Piganiol de la Force, Description historique
de Paris, t. III, p. 1 16 et 1 18.
Piganiol de la Force, Description historique de
Paris, 1. III, p. 119.
Leprince, Essai historique sur la bibliothèque
(in Roi et sur chacun des dépôts qui la composent.
p. 354.
L'existence de cet Olhon de bronze est égale-
ment allirmée dans les deux ouvrages suivants :
Jèze, Etat ou tableau de la ville de Paris, p. 197;
Antonini, Mémorial de Paris et de ses environs, 1. 1,
p. 208.
308 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Petit bronze. iG tiroirs du même cabinet, dont quatre contiennent chacun un grand carton
contenant chacun 69 mcdaiiics, et 12 autres renfermant dans chacun de leurs petits cartons
48 médailles.
Médailles modernes de bronze. Un petit cabinet contenant une suite compiette de Louis XIIII,
plusieurs médailles de Louis XV et quelques-unes de la maison de Lorraine.
Médailles d'argent. Deux cabinets, de l'ouvrage de Boule, dont l'un contient le Haut et Bas
E^mpire d'argent, et forme une suite de 1,288 médailles toutes vraiment antiques, bien con-
servées , parmi lesquelles il s'en trouve aussi de la plus grande rareté. Dans l'autre sont compris
les rois grecs, tant en argent qu'en bronze, au nombre de 86; on remarque dans cette suite
plusieurs extradrachmes très-bien conservés. Plus une petite suite de médailles de Ville. Ajoutez
y encore une suite de consulaires en argent, au nombre de 233
Au milieu du xviii*^ siècle, ce cabinel était sous la garde du P. Cyrille, qui
rde faisoit voir aux curieux et aux étrangers, avec beaucoup de politesse et
rr d'agrément n
La biLliotlièque, riche déjà de dix-huit mille volumes en 1727 était regardée
en 1735 comme ce l'une des plus nombreuses de Paris '^In Elle renfermait, au
moment de la Révolution, trente-neuf mille cinq cent quarante-cinq volumes, ainsi
divisés :
In-folio .
In-quarto
In-octavo
In-douze.
Parmi lesquels on rcmai-quait :
Dans l'armoire des EIzevirs lo/i et 26 cartons.
Dans le cabinet des livres jansénistes 1,02 5
Dans le cabinet des journaux 3, 599
Estampes A3 cartons.
On lit à la fin de cette énumération :
Signé : F. Michel Labiche, gardien de la bibliotèque des Augustins réformez établis près la
place des Victoires, lors du décret.
Certifié véritable, signé et paraphé en vertu d'une déclaration reçue par nous ce jourd'hui
vingt six mars mil sept cent quatre vingt dix. F. François de la Tour, prieur'^'.
5,972 volumes.
4,000
5,675
23,898
Déclaration de tous les biens el de toutes les
charges des religieux Augustins réformés de la con-
grégation de France, ét/dillsprès la place des Victoires,
à Paris. Arch. de l'Empire, série S, carton n" 36^5.
Piganiol de la Force, Description historique de
Paris, t. III, p. 120. — De Valliebert. L'agenda
(lu voijagcur à Paris, p. 7G.
J.-C. INémeitz, Le si jour de Paris, ou instruc-
tions curieuses , etc. t. I, p. aGg.
D'Auvigny, etc. Histoire de Paris, t. \,
p. /490_.
Etat de la bibliothèque du couvent royal des
Augustins réformés, etc. Archives de l'Empire,
série S, carton n" 3645.
AUGUSTINS DECHAUSSES. 309
Mal<;ré lous ces certificats, la Dcchiraiioii était inexacte; car un rapport de
I.anglez, conservateur du dépôt littéraire des Capucins Saint-Honoré , nous ap-
prend que, le 26 thermidor an n, on avait transporté dans ce dépôt cinquante
mille volumes provenant des Aujjustins déchaussés
En 1791, les religieux estimaient leur bibliothèque et les deux globes de Co-
ronelli, crau plus moyen prix,n à 100,000 livres'"-'.
Les Petits-Pères possédaient les Mémoires de Vizé pour servir à l'histoire de
Louis XIV; on sait que cet ouvrage, tiré à quarante exemplaires seulement, fut
imprimé au Louvre, en dix volumes grand in-folio, avec un tel luxe que ces
dix volumes pourraient ne former qu'un in-douze. Le couvent tenait son exem-
plaire du sieur Desgranges, maître des cérémonies de France Une rareté
beaucoup plus précieuse était une collection de presque tous les journaux publiés
jusqu'alors
Cette bibliothèque était d'un accès facile. En i685, le P. Germain cria mon-
fftroit à tous ceux qui étoient curieux de la voir pi et un Guide, imprimé en
1716, ajoute que cries étrangers avoient l'agrément d'y être bien reçus '"^'.ti Ces
traditions furent conservées parle P. Eustache, qui était crfort complaisant ])our
cr ceux qui vouloient satisfaire leur curiosité dans la bibliothèque n
Les Augustins déchaussés, malgré le développement qu'avait pris leur collec-
tion, ne marquèrent jamais leurs livi-es d'aucune estampille. En revanche, con-
formément à l'article k des Consiitulions de l'ordre, presque tous les volumes
portent des inscriptions manuscrites dont la ])lus fréquente est celle-ci :
AUG. DISC. P\P,.
placée, en général, au bas du titre.
On rencontre encore assez souvent les deux foi'mules suivantes :
AUGUSTIN!. DISCAL. PARIS.
EX CATALOGO FRATRUM DISCALCEATORUM SANCTI AUGUSTINI
CONVENTUS PARISIENSIS.
Les Petits-Pères furent supprimés en 1790, et leur église servit alors d'asile à
Arcli. de TEmp. série F", carton n° i2o3.
' ' Dèclaralion de tous les biens et de toutes les
charges, etc. Archives de l'Empire, se'rie S, car-
ton n° 3645.
Pigaiiiol de la Force, Description historique de
Paris, t. III, p. 1 18.
Leprince, Essai historique sur la hihliothhqiie
du Roi, p. 353.
Leniaire, Paris ancien et nouveau, t. I . p. 35 i.
Le voyageur fidèle , etc. p. 3 18.
Antonini , Mémorial de Paris et de ses environs ,
t. I, p. 201. — Voyez encore : Ahnannch royal,
année 1709, p. 219; — G. Brice, Nouvelle des-
cription de Paris, t. I, p. 4-23; — Durey de Noin-
ville, Dissertation sur les bibliothèques , p. /18.
310 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
des clubs et à des réunions électorales. Plus tard, la Bourse de Paris v l'ut ins-
tallée. En 1809, elle fut rendue au culte et reprit son nom de Notre-Daïue-des-
Victoires. Sur l'emplacement qu'occupaient les bâtiments du couvent, on a j)ercé
la rue de la Banque, construit l'hôtel du Timbre, la mairie du troisième arron-
dissement et une caserne d'infanterie. Le cloître n'a été démoli qu'en i853.
CARMES DÉCHAUSSÉS.
Les Carmes déchaussés, issus de la réforme faite dans l'ordre des Carmes par
sainte Thérèse, arrivèrent à Paris peu de temps avant la mort de Henri IV, Ils
furent logés d'abord au collège de Cluny. Nicolas Vivien, maître des comptes, leui-
donna en 161 1 un vaste emplacement situé rue de Vaugirard; ils s'y installèrent à
la hâte, et deux ans plus tard commencèrent la construction d'un couvent et d'une
église, qui furent terminés vers 1620.
Ces religieux songèrent sans doute aussitôt à rassembler des livres, puisque,
vingt ans après, ils possédaient déjà une rt bibliothèque fameuse où étoient beaux
cret bons livres ^''.ii Nous n'avons aucun détail sur sa fondation ni sur la manière
dont elle s'augmenta; mais il est certain qu'elle rencontra des protecteurs géné-
reux, car Michel de Marolles disait encore d'elle en 1677 :
Les Carmes deschaussés avec leur pénitence
Ont de plusieurs autheurs compilé les escrits ,
Où principalement les grands saints sont compris.
Dont ils veulent puiser la solide science
Un chapitre de la Règle des Carmes déchaussés'^' était consacré aux devoirs du
]j. Jacob, Traicté des plus belles bibl. ]). 5o3. Instructiones fratrum discalcealorum congre-
M. do MaroWes.Pai'is ou description succincte et gationis S. Elite ordinis Beatissimce Virginia Mariœ
néantmoins assez ample de cette grande ville, p. h^. de Monte Carmelo. Rome, i635 , in-i 9.
312 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
bibliothécaire : dix-huit articles, classés sous le titre Inslructio bibliotliccarii, indi-
quaient dans le plus grand détail la nature de ses fonctions et les obligations
qui lui étaient imposées. Les livres sacrés, cr cœlestia doua quibus ad sapientiaui
crpromoveniur, lui étaient spécialement recommandés'"'. La bibliothèque devait
posséder un catalogue rédigé par ordre de matières et la même disposition devait
être adoptée pour le classement des volumes sur les rayons'^'. Il était ordonné
au bibliothécaire d'avoir toujours sous les yeux la liste des livres défendus par
l'Église, afin de n'en laisser entrer aucun dans la bibliothèque commune; des
lablettes spéciales, soigneusement fermées à clef, leur étaient réservées Le
bibliothécaire lui-même ne pouvait, sans l'autorisation du supérieur, emporter
des livres hors de la salle '^'. Il devait encore veiller à la conservation des vo-
lumes, les délivrer de la poussière, des toiles d'araignées, et prendre toutes les
mesures nécessaires pour les préserver des vei's et des souris*"'. Il lui était en
outre recommandé de battre de temps en temps les livres dont on se servait i-a-
rement*'''. Enlin c'est à lui (|u'était confié le soin de pourvoir la salle d'encre,
de plumes, de papier, de sièges, et de tenir le tout en bon état
Le seul bibliothécaire de cette Maison dont nous ayons pu retrouver le nom
est le P. Jacques Armand, c|ui remplissait ces fonctions en 1722
Suivant G. Brice, la bibliothèque des Carmes déchaussés était cr petite et peu
rc nombreuse ('^', n ce qui ne s'accorde guère avec le témoignage de Piganiol de la
Force, qui, presque à la même époque, lui attribue douze mille volumes'"'; c'est
encore le chiffre donné par Thiéry en 1787 ''^'. Dans la Déclaration officielle faite
le 1" janvier 1790 à la municipalité de Paris"^' par le couvent, nous n'avons ren-
contré aucune mention relative à la bibliothèque; mais lors du recensement fait
dans les dépôts littéraires on trouva dix-huit mille cent quatre-vingt-un volumes
Article 1".
rrCodiccm habeat, in cpio omnes libri, tam
T présentes quaia fiituri, per classes distincte no-
fttentur.'î (Article 2.)
rfLibros cujuscumqne scientiœ distinctis re-
rfceplaculis ita disponat, ut facile inveniri possint.îî
(Article 3.)
ffliidicem librorum prohibitorum perspectum
rrbabeat, ne quis liber probibitus per incogitan-
rrtiam admittaliir . . Quos vero ex probibitis reli-
ef nendi erit licentia, seorsim clavi adhibita, pluteis
rrdesignatis incliidat.)i (Article li.)
crNe quidem ipse bibliotbecarius, absque su-
frperioris venia, e bibliolbcca Hbros exporlet.')
(Article 9.)
ff Miindiliam curel; pulvercm ai*anearumqne
trtelas abstergat; tinearum et niurium remédia
ffprovideat.n (Article 12.)
ff Moveat aliquando libres qui raro soient ape-
ffriri.n (Article i3.)
ffCum in bibliolbeea soleat esse mens a coni-
frmodiori in loco, ibiqiie parari atramenlum.
ffcharlas, et alia ad scribondum necessaria, necnon
ffaliqua sedilia, seu scabella, curet ut omnia sinl
ffapla, munda etbene composita.Ti (Article li.)
G. Wallin, Lutctin Piirisiorum enidila sut
temporis, p. 120.
G.Brice, iVoHi'. descr. de Paris, 1. 111, p. 867.
Piganiol de h Force , Description hisloriquc
de Paris, t. Vil, p. 288.
Tliiéry, Guide des amateurs el des étrangers,
t. 11. p. A19.
Déclaration des biens meubles et immeubles, i-e-
remis cl charges, dettes actives et passives du couvent
des Carmes déchaussés, situé rue de Vaugirard , à
Paris. Archives de l'Empire, série S. carton n° 8728.
CARMES DÉCHAUSSES. 313
provenant de cette Maison'^'. On y remarquait surtout un manuscrit de la Chronique
de Flodoard qui passait pour l'original de ce précieux ouvrage et un manuscrit
sur tablettes enduites de cire'^^ semblables à celles que possédaient l'abbaye de
Saint-Victor et celle de Saint-Germain-des-Prés On conserve à la bibliotbèque
Mazarine'^) un exemplaire des œuvres de sainte Tbérèse traduites par Arnauld
d'Andilly, sur lequel on lit cet envoi autograplie : cr Je prie les Révérends Pères
c: Carmes déchaussez du monastère de Paris de recevoir ce livre d'aussi bon cœur
«que je le leur donne, et de prier Dieu pour moy. Arnauld d'Andilly. ii
Tous ces livres étaient distribués en deux salles assez jolies, qui donnaient sur
la canqiagne, et d'oij l'on jouissait d'une vue admirable'"*. Une troisième pièce
renfermait une collection assez complète d'histoire naturelle, et un médaillier qui
ne comprenait d'ailleurs que les papes et les rois de France
Le catalogue de cette bibliothèque fut rédigé entre les années 1782 et 1789
parle P. Sigismond; il forme onze volumes in-folio, qui sont aujourd'hui con-
servés à la bibliothèque de l'Arsenal'*'. Les neuf premiers volumes contiennent la
liste des ouvrages imprimés. Le dixième est le Catalogue des manuscrits sur vélin,
parchemin et papier, ainsi que des langues étrangères, et géographie, renfermés dans les
armoires numérotés (sic) qui se trouvent sous les bureaux de la grande bibliothèque.
Commencé le a 5 may ijSg. Le onzième volume est intitulé : Catalogue des livres
contenus dans le buffet de la grande bibliothèque, et qui a pour titre Opéra miscellanea
sous la lettre V. Commencé le i5 mai ij8g.
Les livres provenant du couvent des Carmes déchaussés portent, suivant leur
format, l'une des deux estampilles que nous reproduisons ici, et qui sont presque
toujours tracées en bleu :
->v ^
Recensement détaillé des livres des bibliothèques
du département de Paris. 3o septembre ijgi. Ar-
chives Je l'Empire, série M. carton n° 797.
Pig-aniol fie la Force , Description hislori'jue de
Paris, t. VII, p. 2 83.
Nouveau traité de diplomatique, t. I, p. 458.
Voyez t. I, p. 1G9 et i3i.
II.
Imprimés, n° 208G E.
°' J.-C. Némeitz, Le séjour de Paris, ou instruc-
tions curieuses, etc. t. II, p. 628.
Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers,
t. Il, p. /il 9.
Bibliothèque de l'Arsenal , manuscrits in-folio ,
n° 839 K.
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
On y rencontre aussi des inscriptions manuscrites dont la formule varie peu
CONVENTUS PARISIENSIS CARMELIT. DISCALCEATORUM.
CONVENTUS SANCTI JOSEPHI^'^ PARIS. CARMEL. DISCAL.
EX ARCHIVIO CONVENTUS PARIS. CARM. DISCAL
AUX CARMES DÉCHAUSSÉS DE PARIS.
Ce couvent fut supprimé en 1790, et les bâtiments qui le composaient furent
vendus en 1 808, Rachetés depuis, ils ont reçu diverses destinations, et sont occupés
aujourd'hui par une maison d'éducation religieuse. L'église, rouverte depuis long-
temps au culte, à titre privé, a été récemment restaurée et est devenue la cha-
pelle de la nouvelle maison d'études.
L'église du couvent était consacrée à Saint-Joseph.
Fac-simile héUograpïiique.
Plan de B. JaiUot ( 1717 ).
JACOBINS DE LA RUE S AINT-HONORÉ
Vers le milieu de la rue Saint-Honoré, à distance égale de la place Vendôme
et du Palais-Royal, et sur l'emplacement où se trouve aujourd'hui le vaste marché
Saint-Honoré, on voyait encore en 179^ l'église et le couvent des Frères Prê-
cheurs, dits Jacobins.
Ces religieux avaient eu de très-bonne heure une Maison dans la rue Saint-
Jacques mais il s'y était introduit de tels désordres, que leur général, Sébas-
tien Michaelis, résolut de soumettre l'ordre à une réforme complète. L'ancien
couvent ayant refusé de l'accepter, on fit venir d'Italie cinq nouveaux frères prê-
cheurs, et des lettres patentes de septembre 1611 autorisèrent leur établissement
à Paris. On s'occupa aussitôt de la construction d'un couvent, et l'on s'adressa
dans ce but un peu partout l'archevêque de Paris, Pierre de Gondi, grand-
oncle du fameux cardinal de Uetz, dépensa pour cet objet près de 5 0,0 00 livres.
Dès l'année i6i3, les Jacobins de la rue Saint-Honoré comuiencèrent une
bibliothèque'*'. Comme elle ne s'augmentait pas aussi vite qu'ils l'eussent désiré,
ils eurent recours à une ruse assez grossière et dont ils attendaient sans doute
Pl.w. N°' de renvoi : 7, l'Hôtel de Gesvres.
— G/i, l'Hôtel de Pont-Cliartrain. — 05, W de
Montargis. — 66 , l'Hôtel de M. le duc de Tresme,
Gouverneur de Paris. — 67, l'Hôtel Chaniillard.
— 68, l'Hôtel d'Antin.
Voyez t. I, p. 191.
D. H. I. Supplément aux aiitifjuite:, de Paris
(le Dnbrenl, p. ig.
Durey de Noinville, Dissertation sur les hi-
hliothèques , p. 52.
ho.
316 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
un grand succès. Ils résolurent de la dédier au Dauphin, lils de Louis XUi, et, le
lendemain de sa naissance, l'inscription suivante fut placée sur la porte d'entrée :
HJEC PRINCIPI DELPHINO BIBLIOTHECA
DICATA FUIT
DIE NATALI EJU3 V SEPTEMBRIS 1638'"-
Cette flatterie ne reçut aucune récompense. Les religieux ne se désespérèrent
pourtant pas, et continuèrent à nommer leur collection Bibliothèque de moinseignelr
LE Dauphin
La libéralité d'un médecin allemand, dont le fils était jacobin, les consola d'ail-
leurs un peu de cet échec, et en i6/i3 leur bibliothèque comptait environ
quatre mille volumes (^L Ils travaillèrent patiemment à la compléter en provo-
<|uant des donations, et même par des achats, comme le prouve le mot cremptus, v
suivi d'une date, qui accompagne assez fréquemment le nom du couvent sur leurs
volumes. Nous avons pu retrouver aussi, grâce à d'autres inscriptions manus-
crites, les noms de quelques bienfaiteurs de cette bibliotlièque.
En décembre 16/17, le domùiicain belge Bruslé de Montplainchamp leur laissa
un certain nombre d'ouvrages, qui reçurent cette mention •
EX DONO D. D. BRUSLÉ, 31 DECEMIl Î6â7.
La même année, une donation beaucoup plus considérable fut faite au couvent
par Pierre Quétif, parent sans doute du savant Jacques Quétif , à qui l'on venait
de confier les fonctions de bibliothécaire; les manuscrits, en général fort pré-
cieux, qui proviennent d(; cette source, portent une inscription ordinairement
précédée de la date du cj mars 16/17, conçue en ces termes : cfEx dono domini
ff Pétri Quetif, civis Parisiensis, pro bibliotheca; n ou encore : rrEx dono domini
crP. Quetif et liberorum.n Jacques Quétif suivit cet exemple, puisque, d'après le
P. Echard, il procura à la bibliothèque du couvent un nombre rr incroyable de
bons livres'^'.
En 1 671, nouvelle libéralité due à François de Bosquet, qui fut successivement
'' Milliii, Antiquités nationales, t. I, p. 53.
Durey de Noinville, Dissertation sur les bi-
lilinlhcqiies , p. 52.
L. Jacob, Traicté des plus belles bibliothèques ,
p. 519.
Legallois, Traittc des plus belles bibliotlièqurs
de l'Europe, p. i36.
rrUt vir fuit rei litterariae semper et, ut ita
ffdicam, ab incunabulis librariaeque deditus, in-
rrcrodibile est quot et inelioris notae libros seii bi-
JACOBINS DE LA RUE SAINT-HONORÉ. 317
évoque de Lodève et de Montpellier; celle-ci se composait surtout de manuscrits,
et devait être assez importante, si l'on en juge par le luxe d'inscription que re-
çurent les volumes : «Ex dono illustrissimi reverendissimique domini Fi-ancisci
rr Bosqueti , Narbonensis , episcopi Montispessulani , antea Lodovensis episcopi , die. . .
rrmartii 1671. Pro bibliotlieca FF. Praedicatorum conventus Parisiensis SS. An-
crnunciationis B. M. V. via Sancti Honorati;n ou encore : rcEx dono illustrissimi
tr reverendissimique domini Francisci Bosqueti, Narbonensis, ex comité consisto-
rr riano régis christianissimi, episcopus primum Lodovensis, deinde episcopus Ma-
tr galonensis sive Montispessulani. Pro bibliotheca conventus Parisiensis sanctissimae
rr Annunciationis Beatissimœ Mariœ Virginis, Sancti Honorati via, ordinis FF. Prœ-
ff dicatorum. 1 67 1 1^
Onze ans après, un professeur du collège d'Harcourt, nommé Dufour, donna
au couvent une géographie manuscrite qui était probablement son œuvre, et à
la fin de laquelle on écrivit : cr Finis totuis geographiœ datae a domino Dufour,
ffprofessore humanistarum collegio Harcuriano, anno Domini millegimo sexen-
trtegimo octogesimo secundo, 1682 '-'.n
En mai 1699, Louis Piques, savant docteur de Sorbonne, et l'un des premiers
bibliothécaires de la bibliothèque Mazarine, légua aux Jacobins tous ses livres,
qui comprenaient une très-riche collection d'ouvrages en langues orientales
Sur la plupart de ces volumes on trouve la signature du donateur et ces mots :
rrEx legato domini Piques'*', D. et S. t^' Sorbonici, maii 1699. n
Enfin, en 1708, le couvent fit un échange avec le monastère du même ordre
établi à Gaen; il lui donna des ouvrages modernes et en reçut de plus anciens,
sur lesquels on inscrivit la note suivante : crHoc volumen a conventu Cadomensi
frnobis concessum est cum quibusdam aliis antiquis voluminibus, in quorum vicem
rcalia recensiora eisque commodiora ac utiliora opéra a conventu Parisiensi re-
crponsa [sic) fuere. v
La bibliothèque de ce couvent, riche de vingt mille volumes en i^'i^^^'>\ avait
déjà pris rang en 1761 parmi les plus belles de Paris (''^ et renfermait dix ans
après environ vingt-cinq mille volumes*^'. En 1781, elle avait atteint le chiffre
rrbliothecaï noslras Parisiensi procurarit, seu lo- Ou frPicquesn.
rf^ml-Ti {] Aid\avà,Scriptor es ordinis prœdicatorum , Doctoris et socii; voyez l. I, p. 9 2 G.
t. Il, p. 7^6.) C' J.-C. Ne'nieitz, Le séjour de Paris , on instnir-
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds tiens curieuses, etc. t. I, p. 268.
latin, n° lySSi, autrefois fonds des Jacobins Saint- Diderot, d'Alembert.^nc^c/o^^cW/e, t. II, p. 287.
Honoré, n" 3(i. — Bibliothèque Mazarine, manus- Piganiol de la Force, Description historique de
crits, n° J. /163 A. Paris, t. II, p. hlii.
^' Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds G. Wallin, en 1722, lui attribue déjà vingt-
latin, n" 1825/1; autrefois fonds des Jacobins cinq mille volumes imprimés et deux cenis ma-
Saint-Honoré, n° 58. nuscrits [Lutctia Parisiorum erudita siii temporis,
Piganiol de la Force , Description historique de p. 119), mais celte évaluation nous paraît très-
Paris, t. II, p. hk'i. exagérée.
318 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS,
de trente mille enfin, en 1787, on lui attribuait trente-deux mille imprimés et
deux cent trente-deux manuscrits t^'. Elle était depuis longtemps du nombre des
bibliothèques conventuelles dans lesquelles les personnes lettrées avaient un
facde accès
L. Jacob accorde l'épithète de rrtrès somptueuse ti à la galerie qui avait été
construite pour loger ces livres Elle était située au-dessus de l'église, bien
aérée, voûtée, fort vaste et ornée des portraits de dix-huit religieux célèbres
de l'ordre de Saint-Dominique '^l A droite et à gauche se trouvaient trois petites
salles, dans l'une desquelles on avait pratic[ué un escalier qui conduisait au cabinet
des ouvrages imprimés sur vélin
Au-dessus de la porte d'entrée de la grande galerie, on remarquait un tableau
allégorique assez curieux, et que Piganiol croit être d'un élève de Simon Vouet.
Il représentait saint Thomas d'Aquin, le plus illustre des théologiens domini-
cains, assis sur une fontaine qui jetait de l'eau par une multitude d'ouvertures;
cette fontaine était entourée de moines appartenant aux différents ordres reli-
gieux, et qui tous s'empressaient d'aller remplir leur tasse de ce précieux breu-
vage; seul, sur le devant du tableau, un jésuite, sa cruche à la main, hésitait fort
à s'approcher
Au miheu de la même salle figuraient deux grands globes de Goronelli^'l
Les livres qui composaient cette bibliothèque étaient crbien choisis n La
médecine, qui y était très-richement représentée^^'', et la philosophie remplis-
saient un des cabinets qui ouvraient sur la grande galerie; dans les deux autres,
on avait classé les historiens et les moralistes. Le legs de Louis Piques avait
amplement fourni le couvent de livres appartenant aux littératures orientales;
on y remarquait aussi une cinquantaine d'éditions du xv^ siècle. Les manuscrits
étaient renfermés dans une armoire grillée; ils comprenaient des ouvrages en
langues chinoise, japonaise, syriaque, grecque, hébraïque, persane, arménienne,
turque et éthiopienne ''^'; le Coran en arabe ''^'; quelques traités de saint Au-
Leprince, Essai historique sur la bibliothèque
du Roi, p. 357.
Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers,
t. I, p. l5â.
Durey de Noinville, Dissertation sur les bi-
bliothèques, p. AS.
L. Jacob, Traictê des plus belles bibliothèques ,
p. 519.
Duval, Souvenirs de la Terreur, t. III, p. i3i.
Procès-verbal d'inventaire dresse che::, les Do-
minicains de la rue Saint-Honoré. Archives de FEm-
pire, série S, carton n° 42 22.
Tliie'ry, Guide des amateurs et des étrangers,
t. 1", p. l52.
Piganiol de la Force, Description historique de
Paris, t. II, p. kki. L'inventaire officiel l'attribue
à un peintre qu'il nomme Minet de Lertin.
Inventaire des biens meubles des Jacobins de la
rue Saint-IIonoré. Archives de l'Empire, sërie S,
carton n° 4 2 2 2.
Sauvai, Histoire et recherches des antiquités de
la ville de Paris, 1. 1, p. 6 1 1.
L. Jacob, Traicté des plus belles bibliothèques ,
p. 619.
Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers ,
t. I, p. l59.
Diirey de Noinville, Dissertation sur les bi-
bliothèques, p. 62.
JACOBINS DE LA RUE SAINT-HONORE. 319
gustinW, et le manuscrit autographe du catécliisme des Jésuites par Etienne
Pasquier '"'l
Le couvent possédait encore un cabinet de médailles et d'histoire naturelle
qui était fort estimé et avait été formé par les PP. Labat et Nicolson. Son mobi-
lier est ainsi décrit dans l'inventaire dressé en 1790 :
Une table de bois tourné avec son dessus d'agate.
Trois faulcuHs fonce's, de canne.
Une table antique de bois d'acajou.
Trois tableaux, dont un moyen point sur toile, représentant un Dominicain, et les deux
autres plus petits sur bois, portraits inconnus, dans leur bordure de bois doré.
Un grand armoire, en face des croise'es du cabinet, à neuf battans de bois peint en gris,
chaque battant garni de six carreaux de verre garnis de tablettes en dedans, sur lesquelles sont
différentes pièces d'histoire naturelle.
Cent soixante et treize me'dailles, dont une d'or très petite. Vingt-quatre tant antiques que
modernes, d'argent; et le surplus tant en plomb qu'en bronze, tant antiques que modernes'''.
Un modèle en bois de bâtiment indien.
Quatre modèles en bois de moulins à sucre
Le P. J. Echard fut bibliothécaire des Jacobins jusque vers 172 1 il eut pour
successeur le P. Michel Lequien^'''. Ce sont là, avec le P. Quétif, les seuls dont le
nom nous ait été conservé.
Nous n'avons pu retrouver aucun des catalogues de cette bibliothèque, qui
cependant en posséda plusieurs. Le 18 janvier 1790, le prieur déclarait tr avoir
ce fait un relevé de tous les livres qui composent la bibliothèque desdits religieux,
«contenu dans un catalogue écrit, contenant 58 pages et demie, lequel catalogue
trest demeuré annexé à la minute des présentes ^ (d en a malheureusement été
séparé depuis); et l'on voit figurer dans l'inventaire dressé au mois de mai rrsept
ff volumes in-folio qui sont le catalogue et un indice des livres de laditte biblio-
trthèque, lequel catalogue indique l'année de l'édition et le lieu de l'impression , ii
et encore rtun catalogue des manuscrits qui indique le format et l'ancienneté de
cf l'écriture '^l n
Legallois, Traitté des plus belles bibliothèques
de l'Europe, p. i.36.
Leprince, Essai historique sur la bibliothèque
du Roi, p. 357.
Almanach parisien à l'usage des étrangers pour
ijSS, p. 67.
Ces médailles sont décrites dans un cahier
annexé à la pièce suivante : Déclaration des religieux
Dominicains de la rue Saint- Honoré, concernante
leurs biens mobiliers et immobiliers, leurs revenus et
leurs charges. Archives de l'Empire, série S, carton
U" 4222.
Proces-verbal d'inventaire dressé chez les Do-
minicains de la rue Saint-llonoré. Archives de l'Em-
pire, série S, carton n° A299.
G. Brice, Nouvelle description de Paris, t. I ,
p. 263.
S. de Valhehert, L'agenda du voyageur à
Paris, p. 7/1. — G. Walhn, Lutelia Parisiorum
erudita sut temporis, p. 119.
Déclaration des religieux Dominicains de la ruë
Saint-Honoré. Archives de l'Empire, sérié S, car-
ton n" 4222.
Déclaration des religieux Dominicains de la ruë
320 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
L'estampille de ce couvent, la même qu'adopta plus tard le noviciat des Jaco-
hins, était très-simple, comme on voit,
et n'avait aucune signification spéciale. Quant aux inscriptions manuscrites, peu de
religieux en ont autant abusé; on rencontre:
EX BIDLIOTHECA CONVENWS PARISIENSIS S'^ ANNUNCIATIONIS ORDINIS
FF. PIŒDICATORUM, VIA SANCTI HONORATI.
EX LIBRIS BIBLIOTHECM CONVENWS PARISIENSIS
SANCTISSIMjE MARIjE ANNUNCIATM^'^ ORDINIS FRATRUM PRMDICATORUM
STRICTIORIS OBSERVANTŒ IN VICO NOVO SANCTI HONORATI.
Ces inscriptions sont presque toujours accompagnées d'une date et des indica-
tions nécessaires pour remettre le volume en place. Ces dernières indiquent à la
fois l'armoire [muséum) qui contient le volume, la tablette qui le supporte et le
rang qu'il y occupe; elles sont ordinairement ainsi disposées :
Les Jacobins furent supprimés en 1790. Quand l'Assemblée nationale eut été
transférée à Paris, le club dit des Amis de la Constitution l'y suivit, et choisit pour
lieu ordinaire de ses séances la bibliothèque du couvent des Jacobins. Les livrée
ne furent enlevés que plus tard, sur la demande de l'admiinstration des biens
nationaux , et on les transporta au dépôt établi près de là dans le couvent des
Capucins Saint-Honoré Aux deux extrémités de la bibliothèque des Jacobins,
on pratiqua alors deux immenses tribunes capables de contenir chacune douze à
(juinze cents personnes Millin a publié, dans ses Antiquités nationales, une gra-
vure que nous reproduisons, et qui représente la bibliothèque ainsi transformée'*'.
Saint-Honoré. Archives de l'Empire , série S , carton
11° /l22S!.
L'église de ce couvent avait été dédiée sous
le titre de l'Annonciation de la Vierge.
Archives de l'Empire, série F", cartons n°'
1 163 et i2o3.
Duval, Souvenirs de la Terreur, t. III, p. 1.3/).
Tome l, Jacobins Saini-Honorc , p. 54.
JACOBINS DE LA RUE SAINT-HONORÉ. 321
Ce clul), qui avait à sa tête des députés de l'opinion la plus avancée, perdit peu à
peu son nom prirnitii", et ne fut bientôt plus désigné ([ue par celui du couvent où
il s'était établi. Le club des Jacobins fut fermé en 179Û; on démolit ensuite les
bâtiments du couvent, et sur leurs ruines s'est élevé, en 1810, un marché,
réceumient reconstruit, (pii s'est appelé d'abord marché des Jacobins, puis mai-
clié Saint-llonoré. Le couvent était plus rapj)rocIié des rues de la Sourdière et
Saiiit-Hvaciiitlie.
1,1
MINIMES DE LA PLACE ROYALE.
Vers la fin du règne de Henri IV, les Minimes avaient déjà deux couvents près
de Paris, l'un à Passy, l'autre à Vincennes; ils voulurent en posséder un dans la
capitale même, et s'établirent provisoirement sur l'emplacement qu'occupe au-
jourd'hui l'église Saint-Rocli. Presque aussitôt un chanoine de Notre-Dame,
nommé Olivier Chaillou, leur fournit les fonds nécessaires pour acheter un vaste
terrain qui dépendait de l'ancien hôtel des Tournelles Marie de Médicis pour-
vut aux frais de la construction du monastère f"^', et, le 18 septembre 1611, la
première pierre de l'église fut posée par Henri de Gondi; mais les circonstances
politiques retardèrent l'achèvement de cet édifice, qui ne fut terminé qu'en 1679.
Les Minimes n'avaient pas attendu jusque-là pour former une bibliothèque
dans leur couvent. Ils la commencèrent de leurs propres deniers et, sans autre
secours, elle s'augmenta rapidement, car l'argent ne leur manquait pas. On sait
que ces religieux avaient su tirer un très-beau parti de leur nom si humble en
apparence, et qu'ils prétendaient avoir été directement désignés par Jésus-GlirisI
dans cette phrase : «Je compterai comme fait à moi-même le bien que vous aurez
trfait au plus petit des miens, n qnod uni ex minimis mets fecistis. Il faut avouer que,
pour un ordre mendiant, le commentaire était assez ingénieux. Il tourna d'ailleurs
à la plus grande gloire de la bibliographie, car, dès les Minimes possé-
Annales de l'ordre des religieux Minimes et en G. Brice, Nouvelle description de Paris, t. II,
particulier de la province de France , pages iyetyS. p. aiSetai/j.
Bibliothèque impériale , manuscrits , fonds français . Durey de Noinville , Dissertation sur les biblio-
n" -iSiaô, autrefois fonds des Minimes. n° Sg. tlmjues, p. 59.
4i .
32^ LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
daient huit mille volumes'", et leur collection était regardée comme l'une des
plus belles de Paris'-'. Elle avait renfermé, outre les livres, un certain nombre
de médailles précieuses, dont la Maison s'était défait, en décembre i6hi, pour la
somme de 700 livres'^'.
Elle s'enrichit successivement par les libéralités de plusieurs minimes distin-
gués, dont les plus connus sont les PP. Hilarion de Coste, Jean-François Niceron,
Robert Renaud, bibliophile instruit, et Marin Mersenne, le condisciple et l'ami
de Descartes. Mersenne laissa au couvent, avec une précieuse collection d'ouvrages
scientifiques'*', un grand nombre d'instruments de mathématiques; presque tous
furent vendus : cr après la mort de ce Révérend Père, dit un chroniqueur de la
rr Maison, on vendit la plus grande partie de ses instrumens de mathématiques,
trdont il nous en est resté peu; comme M' Gornuti, notre médecin, nous servoit
cf gratis, on crut lui devoir offrir en présent sa pierre d'ayman ou sa grande lunette;
rril accepta la lunette '^'.n En i653, un conseiller de la Cour des aides, nommé
Alexandre Lelenneur, donna aux Minimes toute sa bibliothèque, qui était nom-
breuse et bien choisie. Les religieux, pour perpétuer le souvenir de ce bienfait,
collèrent dans chacun des volumes qui en provenaient une bande de papier sur
laquelle étaient imprimés ces mots :
Ex dono cîariffimi Se eruditifïîim
TOiDominiD Iacobi Alexandri
LetenîîÈvr Parifini,ConfiIiarij Ré-
gis Chtiftiamir. & in Taprenia veétiga-
liam Aquitanias Curia Seûatoris inte -
gerrimi ^ qui obiitio. lanuaxij anni i6j^,
La même faveur fut accordée à un autre bienfaiteur de cette bibliothèque,
le sieur Decombes :
Ex dono honeftiffimi Viri Domini Decombes,
Civis Patifîenfis.
sur lequel nous n'avons pu trouver aucun renseignement.
L.Jacob, Traiclé des plus belles bibliothèques ,
p. 54/1.
rrLa bibliollièque est des plus belles de Paris,
tf remplie de très-bons livres, en toutes sortes de
ff sciences, très-bien choisis et curieux , où plusieurs
ffgrands hommes de lettres et de sçavoir se rendent
"Souvent pour en avoir la communication, (D. H. I.
Supplément aux antiquités de Paris de J. Dubreul,
p. bli.)
Annales des Minimes de la province de France,
où se trouve eu particulier tout ce qui regarde le cou-
vent de la place Boïale. Paris, m.dcc.lvi, p. 170.
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n° 2881.
Voyez la Bymaitle sur les plus célèbres biblio-
tières de Paris, vers 28.
Annales de l'ordre des religieux Minimes et en
particulier de la province de France, p. 161. Biblio-
thèque impe'riale , manuscrits , fonds français ,
MINIMES DE LA PLACE ROYALE. 325
Parmi les personnes qui vinrent encore augmenter la collection du couvent,
il faut mentionner un célestin nommé de Goussencourt, qui lui donna un beau
volume en partie écrit par lui, en partie imprimé, eî intitulé : Martyrologe des
chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem^^K
Michel de Marolles, en 1676, déclarait la bibliothèque des Minimes tout sim-
plement rr admirable ■« Cependant, faute d'une salle spéciale assez grande, les
volumes étaient encore dispersés dans plusieurs chambres. Le 2 6 septembre de cette
même année, une demoiselle Catherine de Varrège laissa une somme de 5 00 li-
vres aux Mininies pour commencer la constiMiction d'une galerie où tous les livres
seraient réunis; elle accompagna sa donation de cette clause : rrSi dans le terme
cfde six années la bibliothèque ne pouvoit s'entreprendre, lesdits 5 00 livres
ff resteroient toujours à la fin de chaque correctoriat pour faire la provision de
ffvin pour l'année suivante :i II va sans dire que la nouvelle galerie ne fut pas
exécutée.
Cette collection prit, l'année suivante, un accroissement considéi-able, dû à la
libéralité de Jean de Launoy, grand maître du collège de Navarre. Par son testa-
ment, en date du 10 mars'^', il légua aux Minimes une somme assez impor-
tante'*^' et la moitié de sa bibliothèque qui renfermait un précieux recueil de
rituels
Au mois de janvier 1G89, l'abbé de Montigny donna au couvent la gi'ande col-
lection des Conciles qui avait été imprimée au Louvre. Il en existait déjà dans la
bibliothèque de la Maison un exemplaire que les religieux cédèrent aux Minimes
de Vincennes, et ceux-ci s'engagèrent à dire rrhuil mille messes à la décharge de
n° 28196, autrefois fonds des Minimes, n° 89. XinvQ'j àa ^oxm'ïWa , Disseiial'wn sur les hiblio-
— rrOctobre iG/18. On est convenu de vendre thèques , p. Ss.
«plusieurs instruniens de matliéma tiques venants Piganiol de la Force, Description de Paris,
rrdu R. P. Mersenne, enlr autres une pierre d'ay- t. IV, p. /i6^, et G. Brice, Nourclle description de
frman et une grande iunelle d'observation. Une de Paris, t. II, p. 9 17, disent : rrdenx cents e'cusd'or.n
ffces deux pièces a élé offerte en présent à notre — Taisand, Vies des Jurisconsultes, p. 685, se pro-
fr médecin, qui nous servoit gratuitement. « {Annales nonce pour rflniit cents livres, r, Voyez la note suiv.
des Minimes de la province de France, etc. p. 172.) ff 1 1 mars 1677. M. labbe' de Launoy, cha-
Nous avons trouve' ce volume à la Bibliolbèque rriioine de la catbédrale de Loon, docteur de la mai-
impériale, manuscrits, fonds français, n° 98126 , rrson de Navarre, fut inbumé en notre église. Il nous
autrefois fonds des Minimes, n° Sg. On lit au bas fra laissé six cents livres, tous les rituels qu'il avoit
du frontispice : ffDonné par le H. P. de Goussen- ^recueillis et la moiiié de ses autres livres; i'autre
rrcourt, religieux Célestin, à la bibliothèque des rrau séan'naire de la ville de Laon. M' Le Camus
tRR. Pères Minimes de la place Royalle, pour " voulut lui faire mettre une épitaphe; il s'y trouva
frramiiié qu il leur porte.^ "de grandes difficultés : le roi rem|)ôcha. n {Annales
Michel de Marolles, Paris ou description suc- des Minimes de la province de France, etc. p. 178.)
cincle et néantmoins assez ample de celte grande ville, Antonini , Mémorial de Paris et de ses environs,
P- 46. t. I, p. 60. — Leprince, Essai historique sur la bi-
Temps d'exercice du Correcteur. bliotlièque du Hoi, p. 862. — Mais voyez le Journal
Annales de l'ordre des religieux Minimes, etc. des Savants de décembre 1782 , oii la valeur de ce
P- 89. recueil est fort contestée.
326 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
cela sacristie''), r Enfin, en avril 1698, le couvent acheta, moyennant 1G0 livres,
à la vente après décès d'un prêtre de Saint-Germain-l'Auxerrois, la Bibliothèque
des Pères en vingt-sept volumes in-folio
En 1706, une nouvelle occasion fut olTcrte aux Minimes pour faire construire
leur bibliothèque. Le chroniqueur du couvent s'exprime ainsi: rrUne personne,
ffen considération du Fr, Thimothé Chalan, qui avoit succédé au R. P, Sergent,
rrmort le -i juillet 1706, à l'apoticairerie, a donné 9,000 livres pour commencer
ffà faire bâtir une bibliothèque.?! Mais, cette fois encore, la somme offerte reçut
une destination différente : cf On a acheté un contract sur la ville de 3, 000 livres,
rrqui n'a coûté que 2,95o livres n
A partir de cette époque, il devient fort difficile de préciser les développements
que prit la collection des Minimes; les documents sont nombreux, mais contra-
dictoires. Suivant Lemaire, on y aurait compté quinze mille volumes en i685'*'.
Sauvai, quarante ans plus tard, ne lui en accorde plus que huit'^^ à dix mille
G. Wallin, en 1729, dit vingt mille G. Brice, en 1725'"', se prononce pour
quinze mille; et INémeitz, en 1727, pour vingt-quatre mille imprimés et sept
cents manuscrits Nous approchons certainement de la vérité avec Piganiol de
la Force, qui, vers 1765, attribue à cette bibliothèque vingt mdle volumes*^''', en
même temps que Jugler nous donne le nombre des manuscrits, qui, suivant lui,
s'élevait à six cents'"'. Ces chiffres coïncident en effet avec ceux que nous fournit
un annaliste du couvent (jui écrivait en 1758''"^'. Un Guide de 1768 s'en tient
également à vingt mille volumes ''^'; et nous verrons plus loin que les apprécia-
tions de Leprince en 1781 et de Tiiiéry en 1787 f'^' sont, quoique logiques,
inexactes.
S'il faut en croire Maichelius, cette bibliothèque avait trois bibliothécaires,
ff qui volontiers la montroientau public ii dit Lemaire, et surtout aux étrangers,
crperegrini qui eo se recipiunt, bibliothecœ perlustrandae studio provocati, faci-
Annales des Minimes do In province de France,
etc. p. 181.
Annules des Minimes de la province de France ,
cir. ]). 1 89.
' Annales des Minimes de In province de France ,
etc. p. 1 Sh.
Lemaire . Paris ancien et nonvenu , t. 11 , p. 1 7 4 .
Sauvai, Histoire et recherches des antiquités de
la ville de Paris, l. 111, p. 0-2.
Sauvai, Histoire, etc. t. 1. p. hli3.
' ' G. Wallin. Lntetln Parisionim crudita sui tem-
poris, etc. p. lâo. — Le P. Tliibouville était alors
hihliotliécaire du couvent.
(1. Brice. l\ouvelle description de Paris , t. Il,
p. 9 1 g.
J.-C. Némeitz, Le séjour de Paris, on instruc-
tions curieuses, etc. t. I, p. 970.
Piganiol de la Force, Description historique
de Paris, t. IV, p. /169.
Jugler, Bibliotheca historiœ litterariœ selecta ,
t. 1, p. 227.
Annales de l'ordre des religieux Minimes de la
province de France, etc. p. 126.
'' '' Le Géographe parisien , t. 1, p. 297.
Vingt-quatre mille volumes. Leprince , Essai
historique sur la bibliothèque du Boi, p. 3(')'3.
Vingt-sept mille volumes. Tliiéry, Guide des
amateurs et des étrangers , t. I", p. 687.
Lemaire, Paris ancien et nouveau, t. II,
p. 174.
MINIMES DE LA PLACE ROYALE. 327
fflem in eam adituni experiri soient*'', n II paraît même que, dès iGSg, plusieurs
gens de lettres allaient régulièrement y travailler
Les Minimes, qui avaient eu pendant longtemps un grand amour pour leur
bibliothèque, finirent peu à peu par la négliger, et le désordre en vint à ce point
(jue près de huit mille volumes disparurent durant les dix aimées qui précédèrent
la Révolution*^'.
En 1790, les Minimes, comme toutes les autres communautés l'eligieuses ,
durent fournir à l'Assemblée nationale un état détaillé des livres que posséda il
leur couvent. Ce documerit, aujourd'hui conservé aux Archives de l'Empire, a
pour titre : Etal des livres qui forment la bibliothèque des Minimes du couvent de la
place Jloyale, à Paris, 16 février ijgo ; il se termine ainsi : crJe certifie le présent
frétât conforme à la vérité, en foy de quoy j'ay signé, ce 2/1 févi-ier 1790. Fk.
frCouRTEL, bibliothécaire'*'. -n Cet inventaire présente la liste des livres classés par
matières et par formats, et ces divisions fournissent les chilfres suivants:
In-folio 3,1 68 volumes.
In-quaito 3,433
In-octavo 3,i88
In-douze 6,606
In-seize 370
In-dix-liuit 00
Soit en total dix-sept mille quatre-vingt-quinze volumes, parmi lesquels nous
remarquons deux cent soixante-trois exemplaires du texte complet de la Bible, et
rchuit cent trente-quatre livres hérétiques défendus. ii
Le local qui renfermait cette collection se composa d'abord de deux'^', puis de
trois salles situées autour de l'église ("^L Elles étaient, en 1791 , dans un tel état de
vétusté, qu'il fallut en retirer promptement les volumes. Ameilhon écrivait ce qui
suit, le \k novembre, à rt Messieurs du Directoire de Paris: La bibliothèque des
K Minimes de la place Royale n'est plus en sûreté dans cotte maison, et couit
r risque de souifrir beaucoup des pluyes et des intempéries de l'hiver prochain , à
cr cause de l'état de délabrement oh se trouve le bâtiment qu'elle occupe''", n Ln des
Maiclielius, hilioductio ad Idsloriam lilerariam,
p. 108.
D. H. I. Supplément aux cadiquitez de Paris de
Duùrcut, p. 5/1.
Déclaration r/ue donne à Messieurs de la munici-
palité de Paris le correcteur des Minimes de cette ville.
Archixes de TEnipire, se'rie S, carton n" iagS.
Archi\es de l'Empire, série S, carton n" i 2 96.
Maiclielius , întroductio ad historiam lilerariam ,
p. 107.
°* Annales des religieuj- Minimes de la province de
France, où se trouve en particulier tout ce qui re-
garde, etc. p. — J.-(]. Némoitz, Le séjour de
Paris, ou instructions curieuses, etc. t. 1, p. -270.
— rr Mous n av 011s pas pu avoir jusqu'à présent un
rf vaisseau capable de pouvoir placer nos livres; on
ira fait des cloisons dans les deux côtés des tribunes
ffde l'église. r> (^Annales des Minimes de la province de
France, etc. p. 1 A4.)
Archives de l'Empire, série M , carton n° 797.
328 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
chroniqueurs que nous avons déjà cités en convient d'ailleurs très-franchement :
ff Si nos Pères, dit-il, ont négligé cette partie de bâtiment si nécessaire dans une
rr communauté religieuse, il n'en a pas été de même de ce qui compose une
ff bonne bibliothèque. Leurs soins se sont étendus sur toutes les matières néces-
ffsaires et instructives, mais aussi sur les histoires prophanes et curieuses. Elle
rr passe même pour être une des bonnes bibliothèques de Paris, et l'est en effet,
rr II s'y trouve de quoi satisfaire les écrivains scavans et les curieux en tout genre r
La bibliothèque des Minimes était etîectivement, suivant Sauvai, la plus riche
de Paris en ouvrages dliistoire^-^, et le legs de de Launoy l'avait amplement fournie
de livres relatifs à la théologie. Parmi les manuscrits, on remarquait surtout une
histoire complète des cardinaux ornée de leurs armoiries un récit des négo-
ciations de la France avec les pays étrangers, et en particulier avec la Turquie'*';
la correspondance du P. Mersenne'^', qui avait été lié avec tous les savants de son
temps. Mais le volume le plus curieux était un travail du minime Charles Plumier,
célèbre botaniste, qui fit, par ordre de Louis XIV, trois voyages d'herborisation
en Amérique. rrCe manuscrit, dit Piganiol, est intitulé Herharium vivum, et con-
rr tient une description de toutes les plantes rares que le P. Charles Plumier, qui
rravoit un goût déterminé pour la botanique, avoit vues en différentes fois dans
rr plusieurs parties du monde, surtout en Amérique. Rien de plus exact que les
rr descriptions que ce Père en donne, ni rien de plus proprement dessiné que les
rr figures, qui sont toutes de sa main'*"'.!-! Leprince ajoute que ce travail, soumis à
l'impression, eût formé quinze ou seize volumes in-folio
On montrait encore dans cette bibliothèque un tableau fort étrange. Il repré-
sentait les portraits de tous les princes contemporains de Louis XIII, et, trpar le
ff moyen d'un verre, tous ces portraits se réunissoient pour ne présenter que celui
rr de ce monarque n
Nous avons dit que les Minimes durent envoyer, en 1790, à l'Assemblée natio-
nale, un catalogue de leur collection. Ce travail formait trois volumes in-folio*"'
que nous n'avons pu retrouver; mais nous possédons un grand nombre de cata-
logues rédigés antérieurement.
Nous les classerons par oi'dre chronologique.
Annales des reliffieux Minimes de la province de Piganiol delà Force, Description historique de
France, où se trouve en. particulier tout ce qui regarde Parii, t. IV, p. AGg.
le couvent de In place Rotale , 126. Leprince, Essai historique sur la bibliothèque
Sauvai, Histoire et recherches des antiquités de du Roi, p 309. — En décembre 1767, les Minimes
la ville de Paris, t. I, p. 4/i3. donnèrent cet ouvrage à la bibliothèque du Roi.
Maichelius, Introduclio adhistoriam literariam, Voyez le Journal des Savants de décembre 1782 .
p. 107. Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers
Durey deNoinville, Dissertation stir les biblio- voyageurs à Paris, t. I, p. 687.
tlièques, p. 53. Etat des effets mobiliers, argenterie , etc. de la
Leprince, Essai historique sur la bibliothèque maison des Minimes de Paris. Archives de l'Empire,
du Roi, p. 369. série S, carton n° /lagô.
MINIMES DE LA PLACE ROYALE.
329
Catalogue alphabétique pour la Bibliothèque des RR. PP. Minimes de la place Royale,
dont les livres doivent se trouver un jour rassemblez dans un seul vaisseau selon l'ordre
que l'on va marquer, et qui se trouvent maintenant dispersez selon le même ordre,
sous les titres suivants'-^^ :
1722.
AU-DESSUS DE LA CHAPELLE
DU CÔTÉ DU CLOISTRE.
DU COTE DE L'INFIRMERIE.
DE SAlM FRANÇOIS DE PADLE.
A. BiDlia.
G.
Spirituales.
F.
Miscellanea.
B. ConcordantiîB,
r.
Casuistee.
H.
Libri hœretici et prohibiti.
G. Concilia.
A.
Concionatores.
J.
Manuscripta.
D. Doctores Legis.
Nuntu historici.
K.
Particulares.
La, ctj, raires.
M
iVi.
L.
iNumismata.
n TntprnrpfpQ
A.
Phiiosophi.
M
M.
Ritualia et statuta syiiodalia.
H. Theologi.
B.
Mathemalici.
N.
Breviaria et Libri ecclesiastici.
J. Controv6rsisla6.
C.
Geograplii.
0.
Mercures galants.
K. Historici sacri.
D.
MpHiri
iVJ K\l IV^l .
P.
Libri poiitici.
L. Historici Galiiœ.
n.
Epistolee.
n
V-
Régulas monaslica?.
N. Historici Angliae.
E.
Dictionaria seu Lexica.
S.
Libri particulares.
0. Historici Belgii.
0.
Bibliothecœ.
*
Diverses pièces de musique ré-
P. Historici Germaniae.
W.
Funebria elogia.
duites en pratique.
Q. Historici Grœcorum.
F.
Miscellanea.
R. Historici Romanorum.
G.
Humanistae.
S. Historici Italiœ.
T. Historici divers!.
V. Genealogiae.
X. Chronologi.
Y. Jus canoniciim.
Z. Jus civile.
Après ce tableau, commence un Avertissement, en quatre pages, qui débute
ainsi :
Mais pour donner la clef de ce catalogue, notez qu'après avoir remarqué si les volumes sont
in-folio, in-/i°, in-8°, etc. le chiffre qui précède la lettre marque la classe et repond au chiffre
qui se trouve marque' sur le dossier des livres, au-dessus des lettres, et le chiffre qui suit la
lettre marque le rang que le volume fient dans la classe. Ainsy veut-on trouver Y Abrégé histo-
rique, chronologique et moral de M. Mace', on n'a qu'à chercher dans le catalogue : Macé, et
l'on trouvera après ce mot : Abrégé historique, chronologique et moral, etc. 'n\-h°, i. K. 5o.
C'est-à-dire que ce livre est '\n-k°; le chiffre qui précède la lettre K marque la classe et répond
au chiffre qui est sur le dos de ce dit livre au-dessus de cette lettre K. Le chiffre qui suit la
lettre, par exemple icy 5o, marque le rang que ce volume occupe en cette classe, et répond au
chiffre qui s'y trouve sous cette lettre K, de cette manière La trace qui suit le dernier chiffre
Bibliothèque Mazarine , manuscrits, n° 3^2 1.
II.
330 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
désigne qu'il y a plusieurs volumes de cet autheur, ou qu'il est traité de la même matière dans
quelqu'autres volumes suivants.
D'ailleurs, parce que, premièrement, il y a des livres égarez qu'on espère recouvrer, pour
cela lorsqu'on ne trouve pas l'auteur que l'on cherche dans la place marquée au Catalogue, il
faut avoir recours à l'un des volumes de l'Index qui n'est pas alphabétique et qui sont au nombre
de cinq, sçavoir : trois grands pour les grandes Bibliothèques, et deux petits dans la Biblio-
thèque au-dessus de la chapelle de Saint-François de Paule. Gherche-t-on par exemple la Dis-
ciplinc de FEglise par le P. Thomassin , on trouvera dans le second volume de l'Index de la
grande Bibliothèque, à la lettre Y à la U" classe n" 21 : Ancienne et nouvelle Discipline de VEglise,
par le R. P. Thomassin de l'Oratoire, perdu.
Secondement, parce qu'il y a encore des livres soit dans la chambre de feu le B. P. Dubois,
soit à l'apotiquairerie, nous les avons désignez, sçavoir: ceux de la chambre dudit P. Dubois,
par un gros point rouge tel que celuy-cy posé vis à vis le nom de l'aulheur et ceux de l'apoti-
quairerie, par un noir posé de la même manière que le rouge cy-dessus.
Troisièmement, quoique je ne doute pas que souvent je ne me sois mépris, mettant peut
estre un chiffre pour un aulre, il ne faut cependant pas le supposer si aisément, mais soigneu-
sement feuilleter le volume auquel on sera adressé; car, outre qu'il y a des receuils qui ren-
ferment plusieurs autheurs traitants de la même matière, il y a aussy des volumes où l'on
trouve des autheurs qui traitent de matières disparates : ainsy Lindanus, qui est un archevêque
catholique, se trouve compris dans un volume qui ne présente d'abord qu'un autheur hérétique.
Quatrièmement, parce qu'on trouvera des titres et des noms d'autheurs sans citation, il faut
remarquer que ce sont des livres qui sont comme des pierres d'attente, et qui étants à des
Religieux qui en ont l'usage, les ont destinez pour la Bibliothèque.
Catalogue alphabétique des différents auteurs et pièces différentes qui se trouvent reliez
ensemble dans nos Receuils sous différentes lettres. Fait par Vordre du Révérend Père
Provincial en i'j^5^'^\
Ce catalogue, qui est évidemment de la même main que le précédent, contient,
comme lui, un Avertissement, en quatre pages, destiné à exposer le plan suivi par
l'auteur. Cet Avertissement se termine ainsi :
.le ne doute pas qu'il ne se trouve quelque pièce mal indiquée, car, outre que j'ai l'expérience
que mon copiste n'a pas toujours été fidel, j'ai aussi éprouvé que quelques fois j'ai écrit sur
mon brouillon le chiffre d'une pièce pour celui d'une autre, et cela par méprise, de même que
j'ai pu marquer sur ce brouillon un autre chiffre que celui que j'avois lû au commencement de
la pièce que je voulois indiquer, vérifiant ainsi ce vieux proverbe :
Aliquando bonus dormitat Homerus.
Je prévais aussi qu'on trouvera mauvais que je ne me suis pas mis en peine d'énoncer des
pièces en termes propres et en bon françois , usant même de propositions imparfaittes; mais
qu'on se souvienne que je l'ai fait pour épargner le tems et le papier, qu'ainsi j'aurois souhaité
indiquer chaque pièce par une seule ligne d'écriture, comme je l'ai fait pour l'ordinaire
'"'Un point rouge ligure en cet endroit sur le manuscrit. — Biblioth. Mazarine, manuscrits, n°322i A.
MINIMES DE LA PLACE ROYALE. 331
Si dans la suite quelques-uns des nôtres ont le courage de renouveller ce Cathalogue, ils auront
l'avantage qu'ont tous ceux qui font réimprimer leurs ouvrages, c'est-à-dire de les rendre d'au-
tant plus parfaits qu'on aura eu plus de soin de leur en faire remarquer les fautes. Pour moi,
si j'ai le chagrin que le mien ne soit point correct, j'ai la consolation de l'avoir fait à peu de
frais, puisque, m'étant servy pour faire mes brouillons de plusieurs Catalogues abandonnés et
destinés à vendre aux beurrières, il n'a coûté à la Maison que cinq ou six mains de papier, et la
peine de ceux qui l'ont composé ou écrit; et plût à Dieu que j'en eusse emploié davantage, en
laissant une plus gi'ande distance entre chaque titre, il seroit d'un usage sinon plus long, au
moins plus étendu. Mais quoi, il est de ces Catalogues alphabétiques comme des plus beaux
édifices, dont on ne reconnoit les défauts que quand il n'est plus tems d'y remédier.
Index generalissimus omnium Ubrorum Bibliolhecœ conventiis Patriim Minimorum Pari-
siensium. De mandalo superioriim. Anno Domini m. d. ce. xax
Ce catalogue est rédigé par ordre de matières.
Index generalissimiis omnium Ubrorum Bibliolhecœ conventus Patrum Minimorum Pari-
siensium. Tomus 3, continens . . . Ubrorum capita quœ in pagina sequenh indicanlur.
De mandalo superiorum. Anna Domini m. d. ce. lxjvi^^K
On lit à la fin ces curieuses annotations, toutes autographes :
Novum hune indicem optimo ordine dispositum et prœ se ferentem exactam musaei notitiam
approbamus; insuper librorum ordincm et mundiliem lœti videmus, visitantes bac luce 96' Au-
gusti 1777.
Fr. NicoLAus Dannel, provincialis.
Fr. Joannes Josepiius Charpentier, collega.
Fr. Pétris Jos. Jooretz, collega.
Descriptorum in tribus Indicis tomis librorum nitori et ordini nihil addendum esse visum
est nobis visitantibus hac die 20^ Augusti 1778.
Fr. Franciscus Hubert, provincialis.
Fr. Ogekius Pourbaix, collega.
Fr. LuDovicus Antonius Sidoux, collega.
Fr. .loANNEs DioNYsius Desis, collcga.
Musaei curam et ordinem approbantes, nitorem et munditiam non actualem sed futuram
multum laudavimus, visitantes hac luce 12" Julii 1780.
Fr. Franciscus Hubert, provincialis.
Fr. Ogereus Pourbaix, collega.
Fr. LuDovicus Antonius Sidoux, collega.
Fr. Jacobus Gallois, collega.
Bibliothèque de TArsenal, manuscrits in-folio, n" 846. — Bibliothèque Mazarine, manuscrits,
n° 8209.
332 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Musaeum iustravimus, curam etordinem probavimus, sed novam in novis libris dispositioneiti
desideravinius, visitantes hac mensis Augusti luce.
Fr. NicoLAus Dannel, provincialis.
Fr. Joan\es Josephus Charpentier, coliega.
Fr. Pierre Jacques Cousin, collègue.
Fr. Joannes Stephanus Durand, coHega.
Bibiiothecam visitantes curam et ordinem probavimus, in quorum fidem subscripsimus hac
luce 3o'' Augusti 1782.
Fr. Nicolaus Dannel, provincialis.
Fr. Joannes Josephus Charpentier, collège.
Fr. Joannes Stephanus Durand, coHega.
Fr. Pierre Jacques Cousin, collègue.
Musaeum visitantes custodis diligenliam laudavimus hac luce Augusti nona anno 1783.
Fr. Nicolaus Dannel, provincialis.
Fr. Joannes Josephus Charpentier, collega.
Fr. Petrus Jacorus Cousin, collega.
Fr. Joannes Stephanus Durand, collega.
Musœum visitantes ordinem desideratum non invenimus ob jacturam librorum anno superiori
patefactam. Hortamur venerabiles patres qui Bibliothecis praesunt ut omnem curam, laborem et
diligentiam irapendant pro exacta librorum dispositione. Mandamus ut libri quos norunt apud
saeculares et extraneos reperiri quam citius fîeri poterit referantur, et si in posterum necessa-
rium judicetur ad tempus sœcularibus libros commodari, id non fiât sine eorum scripto quod
conventus superiori exhiberi debebit. Hac luce 3i Augusti 1786.
Fr. Ogerius Pourbaix, provincialis.
Fr. Petrus Josephus Jooretz, collega,
Musaeum visitantes non invenimus libros perditos sed solum paucos. Hortamur iterum qui
praesunt ut curam impendant pro librorum dispositione. Hac luce octava Septembris 1786.
Fr. Ogerius Pourbaix , provincialis.
Fr. Nicolaus Elias Marichal, collega.
Bibliothecas Iustravimus, illas invenimus ut in praecedentibus annis. De deperditis iibris non-
dum repertis doluimus. Caeteros servari et ordinari mandavimus, visitantes hacce mensis Septem-
bris septima die anni 1787.
Fr. Nicolaus Dannel, provincialis.
Fr. Joannes Josephus Charpentier, collega.
Fr. Joannes Stephanus Durand, collega.
Fr. Petrus Hubertus Théry, collega.
MINIMES DE LA PLACE ROYALE. 333
Citons encore :
Un catalogue des ouvrages liturgiques conservés dans la bibliothèque des Mi-
nimesun feuillet et un petit cahier;
Un catalogue alphabétique, sans titre, niais sur lequel on lit : Catalogue des
Minimes ;
Un catalogue méthodique, sans titre; le premier feuillet porte ces mots : ce Des
cr Minimes de Paris '^'.■n
Les Minimes n'eurent d'abord d'autre marque distinctive pour leurs volumes
que des inscriptions manuscrites. Voici celles qui se rencontrent le plus fré-
quemment :
EX CONVENTU PARISIENSI PATRUM MINIMORUM.
DE PARISIENSI MINIMORUM COENORIO.
DE CONVENTU PARISIENSI SANCTI FRANCISCI DE PAULA.
EX CONVENTU MINIMORUM PARISIENSIUM.
EX RIRLIOTHECA MINIMORUM PLATEM REGALIS.
EX RIRLIOTHECA CONVENTUS PARISIENSIS PP. MINIMORUM AD PLATE AM REGI A M.
DE LA RIBLIOTHÈQUE DES MINIMES DE LA PLACE ROYALLE DE PARIS.
DE LA LIRRAIRIE DES MINIMES DE PARIS.
AUX MINIMES DE PARIS.
Les Minimes ne possédèrent jamais d'estampille : on ne trouve dans l'intérieur
de leurs volumes que des inscriptions; mais presque toutes portent une marque
frappée en or sur les plats. Celle que nous croyons la plus ancienne n'est guère
encore qu'une inscription :
) PRGCONVENTV. (
) PARISIENSI. FF. (
) MINIMORYM. (
Bientôt après apparaît une marque assez élégante, un soleil surmonté de la
Bibliolhèque impériale, manuscrits, fonds Bibliothèque Mazarine, manuscrits iii-Zj",
latin, n* 16818, autrefois fonds de Saint-Magloire , n'SiSy.
n° 9^. p. Ml à h8. Bibliothèque Mazarine, manuscrits n° 8199.
33/1 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
couronne de France, et portant au centre le mot Charitas, puis en exergue:
rrConvenlus Parisiensis Mininiorum.n
C'est la marque des in-folio.
Sur les in-quarto, l'exergue seul est modifié; on y lit : crjVlinimes de Paris. :i
MINIMES DE LA PLACE ROYALE.
La marque des in-octavo est plus simple,
335
et ressemble beaucoup au petit fer qui était frappé sur le dos des volumes :
L'église des Minimes fut démolie en 1798, et sur son emplacement on a pro-
longé la rue de la Ghaussée-des-Minimes. Les autres bâtiments du monastère ont
été convertis en caserne de gendarmerie.
Fac-simile héliographique.
Flan de Lacaille (1714).
ORATOIRE.
Le 1 1 novembre iGi i , six prêtres instruits et pieux louèrent dans le faubourg
Saint-Jacques une maison située sur l'emplacement qu'occupe aujourd'hui le Val-
de-Grâce, et s'y établirent M. de Bérulle était à leur tête. Tels furent les com-
mencements de la célèbre congrégation de l'Oratoire, où, suivant les expressions
de Bossuet, rron obéissoit sans dépendre, et on gouvernoit sans commander n
Cinq ans après, M. de Bérulle acquit, dans la rue Saint-Honoré, près du Louvre,
l'hôtel du Bouchage, fameux déjà pour avoir servi d'habitation à Gabrielle d'Es-
trées et de théâtre à l'attentat de Jean Chastel f^'. 11 y fit ajouter une chapelle, à
la construction de laquelle il s'employa de ses mains'*'; mais elle devint bientôt
trop étroite pour la loule qui s'y pressait, et, le 22 septembre 1 62 1 , fut posée
la première pierre de l'église qui existe aujourd'hui.
Une congrégation dont tous les membres se vouaient au travail de la pensée
devait se constituer rapidement une bibliothèque. On y songea, en elfet, dès le
début'"'. Le premier fonds fut fourni par M. de Bérulle, qui possédait quelques
volumes de controverse''^', et avait apporté d'Espagne un certain nombre d'ou-
<'* Gallia chrislima, t. VI[, col. 97G et 979. —
Cl. Malingre, Antiquités àe Paris, p. 777.
Bossuet, Oraison funèbre du P. Bour/roi7ig.
A. Berly, Topographie liislorique du vieux Paris,
t. I, p. -29.
II.
Leioui^c , Curiosités de Paris , l I,p. i56.
Maichelius , Introductio ad liisloriain literariam ,
p. 100.
'''' Leprince, Essai historique sur la bibliothèque
du Roi , p. 355.
/i3
338 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
vrages très-rares en France ''^ Les religieux contribuèrent ensuite rrtousii à aug-
menter cette petite collection
Chaque Père du sien y met abondamment ,
dit Michel de Marolles'^).
Mais cette bibliothèque fut enrichie surtout par Achille de Harlay, baron de
Sancy, qui, ambassadeur à Constantinople pendant dix ans, avait mis ce long
séjour à profit pour réunir une magnifique collection de manuscrits orientaux.
Rappelé en France à la suite de quelques intrigues, Harlay se fit oratorien et
donna tous ses livres à la congrégation Sur beaucoup d'entre eux on rencontre
l'inscription suivante :
qui est signée Henry, bien qu'aucun recueil biographique n'attribue ce prénom à
notre diplomate désillusionné. Le catalogue de ses manuscrits fut dressé par le
savant Richard Simon, qui avait été mandé à Paris dans ce but*^'.
L'établissement posséda bientôt plus de six mille volumes'*'', auxquels le P. Ch.
Lecointe, rcdoctor plane clarus'"'', it qui resta vingt ans bibliothécaire, ajouta un
grand nombre de bons livres d'histoire ceux-ci portent en général son nom, soit
en latin, soit en français, et parfois mémo ces mots: crEx dono R''' Patris Carolus
crLe Cointe. n
Piganiol de la Force, Description historique de
Paris, t. II, p. 297.
L. Jacob , Traicté des plus belles bibliothè'pies ,
p. 55o.
Michei de Marolles, Paris ou description suc-
cincte et nénntmoins assez ample de cette grande ville ,
p. 46.
Legallois, Traitté des plus belles bibliothèques
de l'Europe, p. i35. — Thiéry, Guide des amateurs
et des étrangers voyageurs à Paris, t. I, p. 3â5.
— Antonini, Mémorial de Paris et de ses environs,
t. I,p. 9 03.
Nouvelle biographie générale , t. XLIV, col. 8.
L. Jacob, Traicté des plus belles bibliothèques
(16/1/1)^ P- '"^So.
Legendre, Vita llarlœi, p. -.igS.
Maichelius , Introductio ad historiain Uterarium ,
p. ICI.
ORATOIRE. 339
De nombreuses donations dues surtout à des religieux de l'ordre'^', élevèrent
assez rapidement à vingt-deux mille le chilïre des volumes réunis dans cette biblio-
thèque'^'. Il est d'ailleurs impossible de déterminer l'importance de ces libéralités,
qui émanèrent de personnages très-peu connus, et nous sont révélées seulement
par des inscriptions trouvées sur des volumes provenant du couvent. Les plus con-
sidérables ])araissent avoir été laites par un chanoine de Notre-Dame nommé Payen
de Montmor, et par le R. P. Dav. Ans. de Bardonenche. On voulut en conserver
le souvenir, et une inscription imprimée fut ajoutée à chacun des volumes donnés
])ar eux.
La première inscription est ainsi disposée :
l EX D ONO I
t Venerabilis Viri D. D. î
* Joannis - Baptiftx Mat-*
% thxi P A YEN de Montmor |
* Ecclefix PariCenfis Ca- %
^ . . ^
^ nomci.
La seconde se compose seulement de deux lignes :
OratoriiPariJieufis catalogo injcriptas ,
exdom.R. F. Dav. Anf. deBardojstenche.
Citons encore le nom d'un S" de Bessery, et la note suivante écrite à la main
sur le feuillet de garde d'un manuscrit du xiv'= siècle, en vélin :
crCe manuscrit qui contient les Pseaumes en langage lorrain a esté donné
cr à la Bibliothèque de l'Oratoire par M"" Nicolas , advocat au Parlement de
cr Metz V
La bibliothèque de l'Oratoire fut placée de bonne heure sous la direction d'un
des plus savants historiens qu'ait eus la France. En 1699, le P. Lelong fut nommé
bibliothécaire, fonction qu'il remplit pendant vingt-deux ans*^', rrlui consacrant
Leprince, Essai historique sur la hihliolheque j). 221. — Piganiol de la Force, Description liisto-
du Roi, p. 355. rifpte de Paris, t. II, p. 997.
Déclaration que donne à la municipalité de la Bibliothèque Mazaniie , manuscrits , cote
ville de Paris le procureur général de la congrégation T 798.
de l'Oratoire. Archives de l'Empire, série S, carton Abrégé de la vie du P. Lelong, p. xxiv; en
n'^-^liQ. tète de la Bibliothèque historique de la France, de
G. Brice, Nouvelle description de Paris, 1. I, Lelong et Fontette, édition de 1768.
43.
3à0 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
rt avec une assiduité remarquable la meilleure part de toutes ses journées '".n II
eut pour successeur le P. Desmolets, compilateur infatigable, qui ne se montra
pas moins dévoué, et commença un volumineux catalogue de la collection. Grâce
à ces soins, la bibliotbèque, qui comptait vingt-quatre mille volumes en 1727
et vingt-cinq mille en 1769'^', jouissait déjà, en 1761, d'une réputation méritée***
et attirait les regards des savants, auxquels d'ailleurs elle communiquait assez
volontiers ses ricbesses''''.
L'bistoire de cette bibliothèque, comme celle de la congrégation qui la possé-
dait, est dépourvue d'événements; la première se résume dans les noms des dif-
férents bibliothécaires, et dans le chiflVe toujours croissant des volumes dont ils
avaient la garde. On y comptait trente mille volumes en 1782 bien que le re-
venu annuel consacré à la collection ne fût encore que de 5oo francs, après
avoir été longtemps de 5o écus seulement
Le P. J.-F. Adry fut le derniei" bibliothécaire de cette Maison; il avait eu pour
prédécesseurs :
Ch. LECOINTE.
Gérard DUBOIS.
Sébast. RAINSSANT.
Jacques LELONG.
P.-N. DESMOLETS.
JANNART.
Suivant Thiéry la bibliothèque eut possédé au moment de la Révolution qua-
rante-deux mille volumes; mais ce chilfre est certainement exagéré. Aux termes
de la Déclaration faite en 1790 par les religieux à la municipalité de Pai-is, on y
comptait seulement trente-sept mille sept cent cinquante volumes ainsi divisés :
In-folio r),^!^
In-quarto (S,3o8
In-octavo 7)85r)
In-douze j/1,991
MaTuiscrits 1 ,r)8o
B. Hauréau, dans la Nouvelle biographie gé-
nérale, t. XXX, col. 54 1.
J,-G. Nénieitz, Le séjour de Paris , ou instruc-
tions curieuses, etc. t. I, p. 268.
Antonini, Mémorial de Paris et de ses envi-
rons, t. I, p. 9o3.
' Diderot, d'Alembert, Encyclopédie, t. II , p. 2 9 7 .
Durey de Noinville, Dissertation sur les bi-
bliothèques, p. /ig.
Leprince, Essai historique sur la bibliothèque
du Roi, p. 355.
Déclaration que donne à la municipalité de la
rille de Paris le procureur général de la congrégation
de l'Oratoire. Archives de l'Empire, série S, carton
n" 67/iy.
Guide des amateurs et des étrangers voyageurs
à Paris, t. I, p. 32 5.
ORATOIRE. 3^1
Parmi ces derniers, trois cents étaient écrits en langues orientales et provenaient
de Harlay de Sancy^''.
La salle (|ui renlerniait cette bibliothèque était petite et très-simplement déco-
rée On y voyait un beau Christ en ivoire, deux portraits, celui de Mallebranche
et celui de Harlay de Sancy, et le buste en marbre du P. Delatour, un d<îs géné-
l'aux de l'ordre'^'.
La collection était d'ailleurs rt l'une des plus curieuses n et te Tune des mieux
cr choisies de Paris '^'.n Elle avait peu d'anciennes éditions ; mais en revanche,
par suite de la donation de Harlay, rrelle excelloit en langues orientales ,
et possédait une admirable série de manuscrits hébreux, syriaques, arabes et
persans On y remarquait surtout un précieux exemplaire des œuvres de saint
Ephrem; un Pentateuque samaritain, qui avait été acheté à Damas par Pietro
délia Valle, et que le cardinal de Bérulle fit insérei- dans la Bible polyglotte de
Lejay; plusieurs Bibles hébraïques; rrune cliaine sur Job et une autre sur l'évan-
rfgéliste saint Jean, écrites en grands caractères grecs liés ensemble comme des
rr caractères arabes n
Nous avons retrouvé un grand nombre des anciens catalogues de la coHeclion
de l'Oratoire.
Celui qui paraît le plus ancien est aujourd'hui conservé à la Bibliothè(|ue im-
périale. On lit sur le dos : Catalogus P. Le Long, et sur la première page Bihlio-
ihecœ Oratorianœ calahgus; c'est un véritable inventaire pai- armoires et pai'
rayons*"".
Le catalogue suivant a, selon toute appai'ence, été dressé aussi par le P. Le-
long. Il est intitulé : Bibliotheca Oratoriana, seu catalogus Ubromiii Domus Parisiénsis
Oratorii Domini ISostri Jcsu Christi, nova et. expedila melhodo dispositiis, opéra et
studio R. P. ejusdem Domus sacerdolis, i6g8; les livres y sont classés pai- oi'dre de
matières et forment un volume in-folio '^'l
Le P. Desmolets a rédigé aussi plusieurs catalogues qui sont aujourd'liui dissé-
minés dans les différentes bibliothèques de Paris.
Déclaration que donne à la municipalité de la
ville de Paris, etc. Archives de l'Empire, série S,
carton n" 67/19.
J.-C. Némeitz, Le séjour de Paris ^ ou instruc-
tions curieuses, etc. t. I, p. 2 03.
^ Tbiéry, Guide des amateurs et des étrangers,
t. 1, p 820.
G. Brice, JS omette description de Paris, t. I,
p. 9 ai.
J.-C. Némcilz , Le .séjour de Paris, etc. t. I".
p. -363.
Durey de iNoiiiville, Dissertation sur tes biblio-
thèques, p. 5-3.
Sauvai, Histoire et recherches des anliiiuités de
ta cille de Paris, t. [[(, p. .Sa.
Maichelius , Introductio ad hisloriam literariaiii ,
p. 101.
Piganiol de la Force , Description histori//ue de
Paris, t. II. p. 997.
Bibliothèque impe'riale, nianuscrils, fonds
latin, n" 17170, autrefois fonds de l'Oratoire,
n'"a73\
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds
latin, II" i7i(j(j. autrefois fonds de l'Oraloire,
n° 278
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
Le premier a pour titre : CataJogus librorum in quarto bibliotliecœ Oralorianœ ,
a /».• P. Pelro Nicolas Des Molets cœplus, ab ejus successore absolutus; c'est un
volume in-folio divisé par ordre de matières. On trouve dans le même volume :
Bibhotheca Oratoriana domus Parisiensis. Pars prima, libri in folio, puis à la
fin : rrExplicit catalogus bibliotliecœ Oratorianœ, Deo favente, absolutus die
La bibliothèque de l'Arsenal possède un autre catalogue en douze volumes
in-folio, sur le premier feuillet duquel on lit : Autorum Bibliotliecœ Oratorianœ
Parisiensis notifia alphabetica. Ce premier volume a été f ni en lySy. Le douzième
volume est plus mince et semble un brouillon; son premier feuillet porte, d'un
côté, cette indication: Catalogus librorum 8° bibliotliecœ Oratorii D. N. J. C. ordi-
nante P. Nicolas des Molets; partim ipse descripsit, partim ejus adjutores; de l'autre
côté, une mention semblable, mais pour les in-i 2
A la bibliothèque Mazarine, on trouve deux volumes in-folio dépareillés qui
ont pour titre : Bibliotheca Oratoriana Domus Parisiensis, pars quarta, libri in
duodecimo
On conserve encore à la bibliothècjue de l'Arsenal un magnifique catalogue
de l'Oratoire, en neuf volumes in-folio. 11 est dressé par ordre de matières et
par formats, et a pour titre : Bibliotheca Oratoriana Domus Parisiensis^'*'.
Enfin Montfaucon a publié \Excerpta ex catalogo manuscriptorum B. B. Patriim
Oratorii, in vico S. Honorati Lutetiœ Parisiorum, qui catalogus a B. P. D. des Molets
eruditis notis illustratus est
Les inscriptions manuscrites sont très-fréquentes sur les livres qui proviennent
de la bibliothèque de l'Oratoire, mais elles sont presque toujours conçues en ces
termes :
ORATORII PARISIENSIS CATALOGO INSCRIPTUS,
ou
ORATORII PARISIENSIS AD LUPARAM,
et suivies d'une date.
La congrégation de l'Oratoire ne possédait pas d'estampille; mais on trouve
assez fréquemment, frappés en or, soit sur les plats des volumes, soit sur le dos
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds
latin n° 17168, autrefois fonds de l'Oratoire,
n° tî']d.
Bibliothèque de l'Arsenal , manuscrits in-folio ,
n" 85 1.
Bibi. Mazarine, manuscrits,n" 3 1/11 etSiAa.
Bibliothèque de l'Arsenal, manuscrits, sans
numëro d'ordre.
B. de Montfaucon, Bibliotlieca bibliothecavum .
t. II, p. i/io3.
ORATOIRE. 3/i3
entre cliaqiie iiciT. les mois .Ikshs Mauia su[)er|)osés au luilit'u (I'uih; couiomie
Mous avons rencontré sur les plats d'un très-petit nombre de volumes cette
inscription frappée en or :
EX BIBLIOWECA ORATORII PARISIENSIS.
La congrégation de l'Oratoire fut supprimée en 1791. L'église, après avoir
servi pendant la Révolution aux assemblées du district et de la section du quar-
tier, fut concédée aux protestants, qui y célèbrent encore aujourd'hui leur culte.
Le reste des bâtiments fut occupé par diverses administrations publiques, notam-
ment par la caisse d'amortissement. L'église seule a échappé aux démolitions
entreprises pour le prolongement de la rue de Rivoli.
Plan de Jouvin de Rochefort ( i690 ).
PETITS-AUGUSTINS.
Le couvent des Petits-Augustin s était siLué sur l'emplacement qu'occupe au-
jourd'hui le palais des Beaux-Arts, et l'entrée se trouvait dans la rue qui porte
aujourd'hui le nom de rue Bonaparte Ces religieux furent appelés à Paris en
1 G 1 2 par Marguerite de Valois, première femme de Henri IV; elle leur assura
six mille livres de rentes'^', et les installa près de son propre hôtel, dans les bâti-
ments que les Augustins déchaussés venaient de quitter Marguerite promit à
ses nouveaux protégés de leur faire élever un vaste couvent, mais elle n)ourut
1 l'ois ans après, sans avoir eu le temps de réaliser cette pensée.
Les Augustins, subitement abandonnés de leur bienfaitrice, entreprirent des
quêtes de tous côtés; ils s'adressèrent même à Anne d'Autriche, qui vint à leur
secours et, le i5 mai 1617, posa la première pierre de leur église'*'. Le cloître
et les autres bâtiments purent être terminés avec le pioduit de nombreuses
aumônes.
Moins de trente ans après, ces rehgieux possédaient une bibliothèque de
quatre mille volumes'^', dont une partie avait été achetée sur leurs propres
épargnes'*^'. Ce nombre doubla en un siècle''''. Dans l'intervalle, le couvent avait
C'était primitivement la rue de ia Petite- Piganiol de la Force, Description historique
Seine; elle devint ensuite, en 1666, rue des Pe- de Paris, t. Vlll. p. aiO.
tits-Augustins, et n'a pris son nouveau nom qu'en L. Jacob, Traicté des plus belles bibl. p. h()Ç).
i852. Leprince, Essai historique sur la hilAiolheque
Cl. Malingre. Théâtre des antiquités de Paris, du Roi, p. 3Go.
p. 376. Piganiol de la Force, Description historique
Voyez ci-dessus, p. .3oi. de Paris, t. VIII, p. -262.
3d6 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
reçu deux donations assez considérables. Giibert Mauguin, président à la cour
des Monnaies, lui légua, en iGy/t, toute sa bibliothèque, composée de huit cent
trente-cinq volumes, parmi lesquels se trouvait le manuscrit de son ouvrage inti-
tulé Vindiciœ prœdestinationis et gratiœ, qui est aujourd'hui très-recherché . Plus
tard, le casuiste Jean Pontas, docteur en droit, sous-pénitencier de Notre-Dame,
et depuis longtemps fort attaché aux Augustins, leur laissa en mourant ('^7 avi-il
ly'jîS) deux cent cinquante volumes bien choisis. Les religieux reconnaissants
consentirent à l'enterrer dans leur église, et gravèrent sur sa tombe une épitaphe
d'assez mauvais goût, où il est qualifié de ^'vir pudore virgineo, sancta gravi-
er tate, etc. "1 Son portrait fut mis dans la bibliothèque'-', et une itiscription placée
dans le cloître consacra encore le souvenir de ses libéralités :
Illi claustra debent de saxo nitorem.
Fornicem chorus. Frons arae ful^jorem.
Hune Bibholheca laudat munificuni .
La collection des Petits-Augustins eut, avant le xvni'^ siècle, deux catalogues
qui furent représentés, le 9 lévrier 1790, à la municipalité de Paris pai" le prieur
François Roblain Le premier est conservé aujoui'd'hui à la bibliothèque de
l'Arsenal. C'est un volume grand in-folio qui a pour titre : Calalogus libroriua
majons bibliolhecœ Auguslinianorum reginœ MargarUo', cum notis crilias identidoii
adjunclis^^K Le second, que nous n'avons pu retrouver, était intitulé Cakdogiis
librorum minoris bibliolhecœ, et se composait de 692 pages.
Le local qui renfermait cette bibliothèque avait été augmenté au fur et à
mesure des accroissements qu'elle avait pris. Elle se trouvait donc dispersée dans
plusieurs pièces qui n'étaient pas même contiguës entre elles de là ces expres-
sions de cr major bibliotheca, :i et de tmiinor bibliotheca r qui figurent dans les
Gilljert Mauguin fut un des lionunes les plus
estimés de son temps. Bien (jue président à la cour
des Monnaies, il approfondit les questions d'his-
toire ecclésiastique qui alors passionnaient les es-
prits, fret devint aussi savant eu théologie que les
rrdocteurs qui l'enseignoieni. -i Animé d'un égal
amour pour les livres et pour le jansénisme, il
avait rassemblé dans sa maison de la rue de Seine
une bibliothèque choisie avec un soin extrême. A sa
mort, il légua la plus grande pai-tie de ses biens à
l'Hôpital général.
Sur la bibliothèque de G. Mauguin, voyez :
L. Cousin, dans le Jouriinl des Savants, numéro
d'avril 1G96; — Piganiol de la Force, Descrip-
tion historique de Paris, t. Vil, p. 83, et t. VIII.
p. 262; — Leprince, Essai liisiorique sur In hi-
hliotJièque du Roi, p. 3Go. — Ladvocat, Dictionnaire
historique, t. II, p. '2i3.
Etal des peintures et sculptures do la Maison des
Augustins de la reine Marguerite. Archives de l'Em-
pire, série S, carton n° 3 6/11.
' ' Piganiol de la Force, Description historique de
Paris, t. VHI, p. 255 et 258.
Archives de l'Empire , série S , carton n" 364 1 .
— La note suivante est jointe à sa déclaration :
• Je reconnois que M. Racle m'a remis le catalogue
rcen deux volumes in-folio de la bibliothèque dos
' Augustins de la reine Marguerite. — Ameilho.n.t
Bibliothèque de l'Arsenal , manuscrits in-folio .
n" 839 H.
Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers,
I. II. p. 5o5.
PETITS-AUGUSTINS. ?>hl
titres que nous venons de reproduire. On lit au reste dans ï Avertisse ment qui
précède le premier catalogue :
cr Comme nous n'avons pas de vaisseau assez grand pour y placer lous nos
rr livres, et que depuis plusieurs années nous sommes forcés d'en mettre un grand
r nombre adleurs que dans cette bibliothèque, il nous a paru plus convenable
fr d'avoir deux catalogues, l'un pour la grande bibliothèque, l'autre pour la petite
rou pour celle des petits livres. Par là nous évitons l'inconvénient de transporter
c- souvent un registre innnense d'une bibliothèque à l'autre, et nous avons l'avan-
(•• tage de conserver plus longtemps nos catalogues, dont le changement cause
r beaucoup de dépenses et d'embarras,
Le Provincial des Augustins faisait tous les deux ou trois ans l'inspection de la
bibliothèque du couvent. Ce n'était pas une simple formalité. La date de ces
visites, ainsi que les observations auxquelles elles donnaient lieu, étaient men-
lionnées à la fin du catalogue que nous avons décrit. On y trouve quelques
détails curieux. La première visite est du 29 avril 1772 ; on avait vendu, trois
ans auparavant, des livres réputés doubles ou inutiles, et ils avaient rapporté une
somme de 483 liv. 5 sols, qui d'ailleurs avait trouvé son emploi dans la biblio-
thèque. Le Provincial interdit formellement pour l'avenir ces sortes d'opérations.
Le bibliothécaire était alors le P. Cachet. De 1772 an 26 juillet 177^, la col-
lection s'augmenta seulement de quatre-vingt-six volumes; mais, en 1777, le
P. Cantrelle, ancien bibliothécaire, laissa au couvent tous ses livres, qui se
composaient de trois cent quatre-vingts volumes reliés. On commença vers cette
époque à prêter des ouvrages hors de la bibliothèque, et dès 1782 on constata
l'absence de deux cent seize volumes. Le Provincial fut fort mécontent et or-
donna la création d'un registre spécial pour inscrire les volumes qui sortiraient
de la salle. Enfin, le 28 août 1788, le Provincial formulait ainsi un blâme en-
core plus sévère : rNous avons trouvé un grand nombre de livres qui ne sont
rrni inscrits, ni étiquetés, ni classés, ce qui ne fait pas d'honneur au Père bi-
f hliotécaire'"'. r
11 est assez diflicile d'indiquer exactement le développement que prit celte
collection. Leprince, qui écrivait en 1780, lui accorde douze mille volumes'-',
tandis que Thiéry, dans son Guide de 1787, imprime le chiffre de vingt mille
volumes et nous ne connaissons, entre ces deux dates, aucun événement qui
ait pu donner une pareille extension à cette bibliothèque. On lit dans le procès-
verbal ofliciel de visite qui fut dressé en 1 790 :
Nous leur avons demandé (aux ix'ligicux) de nous conduh-e à ia bibholhèque , où étants nous
avons reconnu qu'elle pouvoit être composée, ainsi qui! est porté en la susdille déclaration,
''J Bibiioth. de l'Arsenal . ms. in-foiio, n° 889 H. Thiéry, Guide des nnintem-s cl des èlraiiijvrs ,
Leprince, Essai tiistovique sur ta bitjtiothèrpie I. 11. p. 5o5.
du ïloi, p. 36o.
Sà8
LES ANCIENNES BIBLI(3THEQUES DE PARIS.
d'environ dix mille volumes, presque touls d'anciennes éditions, et qui nous ont paru de peu de
conséquence, ainsi que les manuscrits; pour quoi nous avons jugé pouvoir nous en rapporter
audit état, et ne pas devoir en faire ici un détail particulier'''.
Lors du transport dans les dépôts littéraires, on constata la présence de
dix mille trois cent dix-huit imprimés et deux cent huit manuscrits'-'. Les reli-
gieux avaient déclaré fr environ 10,000 volumes imprimés et i85 manuscrits ,
en ces termes :
1,761 volumes in-folio.
1,980 in-quarto.
1,98^ in-octavo.
3,o5i in-douze.
1,089 in-seize.
2 5 manuscrits in-folio.
110 in-quarlo.
23
97
in-octavo.
in-seize.
Nota. Le Père bibliothécaire a fait observer que, dez 1785, il se trouvoit i5a volumes
d'égarés du nombre ci-dessus, qu'on n'a encore pu recouvrer
On citait surtout, parmi les raretés que renfermait cette bibliothèque, deux
volumes chinois imprimés sur soie et un exemplaire du catéchisme qui était dis-
tribué en Chine par les missionnaires jésuites; un livre de prières arabes manus-
crites, pris, dit-on, sur un Turc à la bataille de Belgrade'^'. On voyait dans le
chœur de l'église quatorze gros volumes de chant sacré qui avaient été écrits et
enluminés par un religieux augustin nommé Antoine Trochereau. Cet immense
travail était regardé comme un chef-d'œuvre ; on admirait à la fois la netteté et
la beauté de l'écriture, le goût et la délicatesse des miniatures Dans une des
salles de la bibliothèque se trouvait un médaillier qu'avait donné au couvent
l'électeur de Bavière, et qui contenait, en pièces d'un métal particulier alors
appelé métal d'Angleterre , la série de tous les papes depuis saint Pierre jusqu'à
Clément XII («l
Le dernier bibliothécaire des Petits-Augustins fut le B. P. Courier, qui était
en fonctions depuis l'année 1785
On ne trouve aucune trace d'estampille sur les livres qui ont appartenu au
Procès-verbal de visite du couvent des Augus-
lins de la reine Marguerite. Archives de TEinpire,
série S, carton n° 36/ii.
Recensement détaillé par formats des livres des
bibliothèques du département de Paris. Archives de
l'Emph-e, série M, carton n° 797.
Déclaration de tous les biens dépendants du cou-
vent des Auguslins du fauxbourg Saint-Germain , dits
de la reine Marguerite. Archives de l'Empire, série
S, carton ti" 3 6 '11.
Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers ,
t. II, p. 5o5.
Leprince, Essai historique sur la bibliothèque
du Roi, p. 3 60.
Piganioi de la Force, Description historique de
Paris, t. VIII, p. 263.
*'* Catalogus librorum majoris bibliothccœ Au-
gustinianorum rcginœ Margarilœ, etc. Bibliothèque
de l'Arsenal, manuscrits in-foho, 11° 839 H.
PETITS-AUGUSTINS. 3/i9
couvent des Petits-Auoiislitis; mais presque tous les volumes portent, au milieu
du titre, une inscription manuscrite qui varia à différentes époques. Yoici les
formules le plus souvent employées :
POUR LES AUGUSTINS RÉFORMEZ DU FAUBOURG SAINCT GERMAIN DES PREZ
A PARIS.
DE LA BIBLIOTHÈQUE DES AUGUSTINS RÉFORMEZ DU FAUXBOUBG SAINT GERMAIN
DE PARIS. DITS DE LA REYNE MARGUERITE.
RIRLIOTHECM CONVENTUS PARISIENSIS FRATRUM EREMITARUM ORDINIS SANCTI
AUGUSTINI, VULGO REGINE MARGARIT^ VALESIM NUNCUPATORUM , IN SUBURBIO
SANCTI GËRMANI.
EX BIBLIOTHECA PATRUM AUGUSTINIANORUM MINORIS CONVENTUS PARISIENSIS
IN SURURRIIS SANCTI GERMANI.
EX BIBLIOTECA PATRUM AUGUSTIN lENSIUM CONVENTUS SANCTI NICOLAF'^
IN SUBURBIIS SANCTI GERMANI PARISIORUM.
AUX AUGUSTINS DU QUARTIER SAINT GERMAIN.
Le couvent des Petits- Augustins fut fermé en 1790. On y installa Tannée
suivante le Musée des monuments français, où furent réunis tous les objets d'art
provenant des églises et des maisons ecclésiastiques supprimées. Les bâtiments
furent démolis en 1820 et firent place aux élégantes constructions de l'Ecole des
Beaux-Arts; on conserva seulement le vaisseau de l'église, contre laquelle fut
appliquée la façade du cliâteau d'Anet.
L'église des Petits-Auguslins était dédiée à saint Nicolas de Tolentin.
Fac-simile héUographique.
FUn de Gomboust (1652).
CONGRÉGATION DE LA MERCI.
Le couvent des Frères de la Merci était situé au coin de la rue du Cliaunie
et de la rue de Braque. Dans cette dernière rue, Arnoul Braque avait établi au
xiv'^ siècle une petite chapelle, qui était restée sous le patronage de sa famille.
Celle-ci consentit, en iGi3, sur la demande de Marie de Médicis, à la céder aux
religieux de la Merci, qui la remplacèrent aussitôt pai' un monastère et une
église''.
Les moines de la rue du Chaume paraissent avoir eu pour les livres plus de
goût que leurs confrères de la rue des Sept-Voies'-'. Les statuts de l'ordre étaient,
au reste, très-sévères sur ce chapitre, et réglaient minutieusement les devoirs du
bibliothécaire et l'ordre à établir dans la bibliothèque. Voici comment ils s'ex-
priment'^' :
"Le devoir du bibliothécaire est de veiller avec tout le soin possible à ce que
•les livres soient conservés dans un local bien disposé, sûr, vaste et bien aéré,
-protégé contre la pluie et le mauvais temps. Il doit placer les livres, non pêle-
-mêle, mais chacun séparément, dans l'ordre indiqué par les désignations écrites
Histoire de l'ordre sacré, roijal el militaire de
N. D. de la Mcrcij, p. Gig.
\ oyez plus loin noire notice sur le collège de
la Merci.
" DE OFFICIO LIBRARH.
■•Ofilcium liljrarii est habere curaj^, ut potest.
ffjuod bahealur bonus locus, et securus, et bene
■ aplus conlra plaviani et inloniporieni , et copiani
•'liabens boni aëris, pro libris custodiendis. Repo-
"uantur aulem libri separatini, et non confuse :
"cuni signationibus debitis factis per scripturam.
.'•quœ applicanda est unicuique interslitio : ut seia-
"turubi inveniatnr quod quasritur.
«Débet autem ipse custodire claveni liujus biblio-
rrthecœ seu librariee, et aperire et claudere tenipore
'• iuo : et habere cellani pro studio, si locus est ap-
352 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
rrk ia main qui seront appliquées sur chaque division; il trouvera facilement ainsi
rrce qu'on lui demandera.
f'Il doit conserver la clef de la bibliothèque, l'ouvrir et la fermer à l'heure
fixée; si la disposition du local le permet, s'y réserver une chambre pour l'é-
rrtude, ou au moins l'avoir tout auprès, afin qu'on le rencontre plus vite si l'on
ra besoin de lui pour affaire de service.
<T Le bibliothécaire doit avoir un registre sur lequel soient mentionnés tous les
"livres du couvent; il y inscrira les acquisitions nouvelles et y supprimera les ou-
vrages disparus. 11 doit transmettre à son successeur un registre semblable quand
rr il abandonne ses fonctions et le recevoir de son prédécesseur quand il les re-
ff prend; il pourra ainsi toujours rendre compte des volumes au supérieur, et ne
r risquera pas de les laisser dépérir par oubli. C'est encore à lui de veiller à ce
rr lus in ipsa , vel prope eandem , ut cilius inveniatur
r-cum quœritur pro aliquo negotio ad suum officium
•■ pertinente.
rritem ad ipsum pertinet habere chartam, in
rrqua sint scripti omnes libri conventus, et, cum
rraugmentantur, vel minuuntur, scribere vel abra-
rrdere in charta illa. Hujusniodi autera chartam
rr débet tradere successori suo cum dimittit officium ,
rret accipere a prœdecessore cum assumit officium
rrde novo, ut sic seniper possit reddi ratio de li-
rrbris cum exigitur a prœiato, ne per oblivionem
rreos deperire contingal. Ipsius eliam interest ha-
rrbere curam quod per se, vei per alium, corri-
rrgantur, reparentur, cooperiantur et bene iigentur,
fret signentur in unoquoque volumine in tergo
frcujusmodi libri, vel liber sit, vel cujus scriptum
rrvel scripta contineantur in illo.
rrEt si fuerit dignum quod donator libri in
rrniemoria liabeatur, addatur, et dicatur : queni
rr dédit talis pro anima sua. Débet etiam dare
rroperam quod libri communes sub eo augmen-
rrtentur, acquirendo eleemosynas ad hoc aliquas
rrcum potest, vel a novitiis cum intrant libres
r: aliquos acquirendo , vel procurando erga majores.
rrCum habenlur aliqui duplices, vel triplices,
rrde quibus fratres non multum indigent, retentis
rrmelioribus, alii cum licentia vendantur, et pretium
rrinalios usus librorum qui non habentur conver-
rrtatiir; et idem fiât de veteribus, vel maie legibi-
rrlibus, vel alias parum valentibus. Item semel in
rranno, vel bis, débet omnes recolligere, et ad lo-
rrcum idoneum reportare, cum sociis ad hoc sibi
r-deputatis, ad vertendurn et ad videndum ne aliquis
rrperierit, vel ne aliquis a vermibus destruatur.
rrQuod si aliquem invenerit déesse, débet diligenter
rrlaborare quod reinvenialur. Si autem aliquis lœsus
rr fuerit in aliquo , débet apponere curam quod re-
'paretur, et cavere deinceps ab bis quœ libris in-
rrvenerit nocuisse. Et cum viderit aliquos libros de
r-armario ociosos, débet illos ad armarium repor-
rr tare. Item ad ipsum pertinet providere quod , in
rr aliquo loco siientii et apto, sit aliquis pulpitus
rrmagnus, vel plures, in quibus Iigentur aliqui libri
rrbene legibiles, quibus frequentius fratres indigent
rrcum habenlur, ut est Biblia glossata, Biblia sine
rrglossa, Summae de casibus, et de vitiis et virlu-
rrtibus, et de quœstionibus, Concordantiœ, Inter-
rr prêta tiones. Décréta, Decrelales, Disputationes
rr morales, Sermones varii de festis, de dominicis
rrper totum annum, Historiae, Sententiœ, Chronica,
rrPassiones et Legendœ sanctorum, Historia eccle-
• siastica , et similia multa, ut communilas fratruni
r-in promptu possit illa habere. Armarium vero sic
r- débet apertum tenere cerlo lempore, vel esse
r'juxta eum vel in ipso, ut qui volunt aliquid in
rrtransitu videre in aliis libris, vel aliquem habere
rrad horam brevem, possint copiam eorum de facili
rr habere. Porro cum aliqui fratres volunt habere
rr aliquem librum,vel scriptum aUquod,non ad ho-
rrram, sed ad lenenduin diu in cella, débet facere
rrmemoriale in scripto et sumere cautionem. Fra-
rrtres vero qui libros deturpaverint, vel in eis ali-
rrquid propria authorilate scripserint, vel deleve-
rrrint, vel in quo negligenter seu maie tractaverint,
rraut in aliquo ofTenderint, circa pertinenlia ad
rrsuum officium, débet suo tempore proclamare, et
rradmonitiones facere fratribus, et id suggerere
rr prœiato tempore opportune. "
( Instructio officiorum ordinis Beatœ Mariœ de Mer-
cede Redetiiptionis Captivorum , p. 62.)
co^(;RÉGATIO^ de la merci. 35:5
ffquc, soit par liii-nuMiic , soit par d'autres, les livres soient corrigés, réparés,
ff reliés, bien attacliés, et qu'on marque sur le dos de chaque volume son titre,
-rie nom de l'auteur, ou les diiïérents écrits qu'il renferme.
fSi le donateur d'un livre mérite iju'on conserve son souvenir, son nom y sei'a
rajouté, et l'on dira : un tel a donné ce volume pour le rej)os de son âme. Le biblio-
fftliécaire doit également mettre tous ses soins à ce que la bibliothèque commune
rraugmente pendant son administration, soit en récoltant à cette intention des
fr aumônes, soit en obtenant quehjues volumes des novices à leui- arrivée, ou
ff même des anciens.
ff S'il existe en double ou en triple des ouvrages dont les frères ne fout pas un
rr grand usage, il conservera les meilleurs exemplaires , demandera l'autorisation
ffde vendre les autres, et emploiera le pi'ix à en acheter que la bibliothèque ne
fr possède point; il fera de même poui- les livres anciens, peu lisibles ou sans va-
rdeiir. Une ou deux fois par an il doit, avec quelques frères désignés dans ce but,
ff rassembler tous les volumes, puis les remettre à leur place, afin de les exami-
ff ner et de voir si aucun ne se détériore ou n'est attaqué par les vers. S'il cons-
crtate des absences, il s'empressera de faire réintégrer les volumes qui manquent.
ffSi un livre a été gâté d'une manière quelconque, il le fera réparer et prendra
ff des mesures pour préserver les autres du même sort. S'il rencontre hors de la
ff bibliothèque quelques volumes dont on ne se serve point, il les y reportera, 11
ffdoit encore veiller à ce ([ue, dans un endroit tranquille et bien disposé, on
ff ti'ouve une ou plusieurs grandes tables sur lesquelles soient attachés des volumes
ffbien lisibles, choisis parmi ceux dont les frères ont le plus souvent besoin, afin
ff qu'ils puissent les avoir sur-le-champ; tels sont la Bible commentée, la Bible sans
ff commentaires, les Sommes des cas de conscience, des vices et des vertus et des
ff questions, les Concordances, les Interprétations, les Décrets, les Décrétales, les
ff Dissertations morales, les Sermons pour les fêtes et pour tous les dimanches de
f l'année, les Histoires, Sentences, Ghi-oniques, Martyres et Légendes des saints,
ff l'Histoire ecclésiastique et autres livres du même genre. Il doit laisser la biblio-
ffthèque ouverte pendant un temps déterminé, et se tenir à portée, afin de pou-
ff voir satisfaire promptement ceux cpii veulent voir d'autres livres en passant ou
ffceux qui ne désirent les garder que peu de temps. Mais, si l'un des frères de-
« mande à emprunter un livre ou un manuscrit pour le conserver longtemps dans
ff sa chambre, le bibliothécaire doit en prendre note par écrit et exiger une caution,
ff Quant aux frères qui auraient détérioré les livres, auraient écrit sur les pages,
ffles auraient détruits, maltraités ou gâtés d'une manière quelconque, il est du
ff devoir du bibliothécaire de les dénoncer aussitôt, de les réprimander et de rap-
ff peler le fait au supérieur en temps opportun. •;■>
Les registres manuscrits des Chapitres tenus au couvent de la Merci sont au-
jourd'hui conservés à la Bibliothèque impériale, mais nous les avons vainement
11. /if)
354 LKS ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
parcourus; on ny trouve qu'un seul passage qui soit relatif à la bibliothèque.
Par décision du 5 mai 1711. il fut interdit aux religieux et même au bibliothé-
caire de prêter aux séculiers les livres de la bibliothèque
Malgré le silence gardé par les diflerents manuscrits que nous avons con-
sultés, il est certain que cette bibliothèque s'augmenta assez rapidement. En
1790, les religieux déclarèrent que leur collection, qui ne renfermait d'ailleurs
fr aucun manuscrit ni livres rares, n possédait trois mille volumes Cette as-
sertion n'était pas absolument exacte; d'abord, le couvent possédait bien quelques
manuscrits, puisc[ue trois d'entre eux sont aujourd'hui à la Bibliothèque impé-
riale'^'; ensuite, un recensement détadlé, exécuté par ordre delà municipalité de
Paris, fit découvrir cincj mille quatre-vingt-dix-sept volumes au lieu de trois
mille L'inventaire officiel du mobdier qui garnissait alors la bibliothèque nous
a été conservé; il se compose des objets suivants :
Une table de sapin sur son pied quarré;
Une échelle en marchepied de bois de chêne;
Six corps de tablelles;
Un fauteuil foncé de crin, couvert de vieille tapisserie fond brun;
Un vieux globe céleste sur son pied en guéridon de bois de noyer;
Un vieux tapis de drap ver;
Un fauteuil et deux chaises de canne;
Quatre vieux rideaux de toile de coton, absolument hors de service;
Un tableau peint sur toile, représentant la mort de Sénèque;
Un autre sans bordure, repre'sentant les Ails'^'.
Les religieux de la Merci n'avaient point d'estampille spéciale pour leur biblio-
thèque; mais on rencontre fréquemment, frappées en or sur le dos ou les plats
des volumes qui leur ont appartenu, soit la marque que nous reproduisons ici,
et qui représente les armoiries de l'ordre.
captifs. Arch. de l'Empire, série S, carton n" /iâ 85.
Voy . le cataloouc de l'ancien fonds di t f/e la Merci.
Recensement détaillé des livres des bibliotlœ'iucs
du département de Paris. Archives de l'Empire,
série M, carton n° 797.
Procès-verbal de description et d'apposition de
scellés au couvent de la Merci/. Archives de l'Enipii-c,
se'rie S, carton n° /i2 85.
rr6° Prohibemus ne bibliotecaj prœfectus, ne-
ffque quivis alius religiosus, bibliolecœ libres sœ-
frfularibus conimodare audeat.n {Livre des Cha-
pitres de la congrégation de la Merci/. Bibliothèque
impériale, manuscrits, fonds latin. n° 1706^, au-
trefois fonds de la Merci, n° 1, p. i83.)
Etat des biens et revenus de la congrégation de
Paris de l'ordre de N. D. de la Mercy rédemption des
C0>{GRÉGAT10N DE LA MEUCI. 355
soil l iiis('i'i|)lion suivante, qui est IVéquemuicnl accompagnée d'une date :
CONVENT DE LA MEllCY
DE PAIilS.
Sur les in-quarto et les in-octavo, la disposition des lignes est modifiée, et
on lit :
DV C O NV E N T DE L A
M E R C Y D E par; s
Quant aux inscriptions manuscrites, elles sont nombreuses et variées. Voici
celles qui se rencontrent le plus souvent :
EX LIBRIS FRATRUM ORDINIS B^ M- DE MERCEDE, REDEMPTIONIS CAPTIVORUM
CONVENTUS PARISIENSIS.
EX LIB. CONV. PARIS. DE MERCEDE
DU COUVENT DE LA MERCY DE PARIS.
On voit encore dans la rue du Chaume, au coin de la rue de Braque, la
partie basse de la façade de Tancienne chapelle du couvent de la Merci. Les
bâtiments d'habitation étaient à côté, sur remplacement d'une maison portant une
inscription récente qui rappelle ce fait.
pac-simile hehcgraphique.
rUn de C-orabousi ( 15E2 ).
CAPUCINS DE LA RUE SAINT-JACQUES.
Trente-sept ans après TinstaHation des Capucins dans leur grand couvent de
la rue Saint-Honoré , une nouvelle Maison du même ordre fut fondée à Paris.
Godefroy de La Tour, par son testament du 27 avril 161 3''', légua aux Capu-
cins son habitation située dans la rue Saint-Jacques, un peu au-dessus du Val-
(le-Gràce, et les jardins qui en dépendaient. L'évèque de Paris, Pierre de Gondi.
fournit un peu plus tard les fonds nécessaires à l'approjiriation des bâtiments et
à la construction d'une église
Cette petite communauté paraît avoir eu presque aussitôt une bibliothèque,
(jui,au milieu du xvn'^ siècle, égalait celle du couvent de la rue Saint-Honoré t^'.
Mais elle fut loin de progresser avec la même rapidité, car, au moment de la
Révolution, elle ne renfermait guère que trois mille volumes.
Ce monastère fut supprimé en 1788, et on transporta les religieux rue Sainto-
Piganiol de la Force, Description historique
de Paris, t. \ I, p. 2 1 9.
D. H. I. Supplément aux antifjuilri de Paris
de J. Duhreul, p. Zi5.
Pierre de Gondi possédait une belle bibliothèque,
(ju'il laissa aux Capucins de Joigny : rrLa recon-
(rnoissance que nous devons avoir pour Monseigneur
rr Teminentissime cardinal de Gondi, arclievesque
rrde Paris, pour les grands bienfaits qu'il nous a
"l'ait et fait procurer, nous aiant étably dans deux
rf maisons ou convents dans la province de Paris,
rf le premier à .loigny, en i()07,etune autre à Paris.
trau couvent de la rue Saint-Jacques, l'an 1 6 1 3
rrDans la première il y a joint sa belle bibliotèque.
rroià il y a voit quantité de manuscrits. L'on niettni
ffdans la sacristie du convent des Capucins, rue
rr Saint- Jacques, une plaque où 1 extrait de sa dona-
frtion sera buriné. 1 (Hciuanjucs curieuses et remar-
quables de ce qui s'est passé dans la province de
Paris , depuis l'an 1 ÔqS jusques à l'an ij 10 .
p. 3oo. Bibliothèque Mazarine, manuscrits, cote
H 2879.)
L. Jacob, Traicté des plus belles bibliothèques
(i643), p. 5o3.
358 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
Croix- de-la-Chaussée-d'Antin (aujourd'hui rue Caumartin). Dans ce nouveau
local, la bibliothèque, composée d'une seule pièce, était située au premier étage,
et les fenêtres donnaient sur une petite cour'''. Le mobilier, qui fut inventorié en
1790, lors de l'apposition des scellés sur la collection, était fort simple; il est
décrit en ces termes :
Nous avons procédé à la description des effets y contenus, ainsi qu'il suit : six chaises
et un fauteuil de paille; un grand bureau garni de huit petits tiroirs et quatre volets, fermant
avec ferrure et clef; une échelle à neuf échellons; deux pupitres de bois de chêne. Le pourtour
de ladite pièce garni en boiserie composé de soixante neuf rayons sur lesquels sont placés
deux miile sept cent quarante volumes de livres environ, de différents formats; une gravure
représentant la Mort du Christ, et un petit dessein sous verre blanc représentant la Vierge; deux
paquets de papiers. . . et un tas de journeaux
Constatons que, suivant Thiéry, qui écrivait en 1786, la bibliothèque de ces
religieux renfermait «cinq à six mille volumes d'un bon choix, parmi lesquels on
cf remarquait la première Bible imprimée au Louvre'^'. n Mais, dans le recen-
sement officiel de cette collection qui fut fait plus tard, après sa saisie, on constata
seulement la présence de trois mille cent cinquante volumes
Les Capucins de la Chaussée-d'Antin ne possédaient pas d'estampille, et nous
n'avons même trouvé aucune inscription manuscrite portant le nom de ce
couvent.
Les bâtiments dépendant du monastère des Capucins sont aujourd'hoi occupés
parle lycée Bonaparte; et l'église, qui a été conservée au culte sous le vocable
de Saint-Louis-d'Antin, est une des succursales de la Madeleine. Quant aux cons-
tructions que les Capucins avaient occupées au faubourg Saint-Jacques, elles ont
été transformées en un hôpital pour les vénériens.
Apposition de scellés chei les Capucins de Sa int-
Louis de la Chaussée d'Anlin. Archives de l'Empire,
se'rie S, carton n° 8706.
Apposition de scellés chez les Capucins , etc. Ar-
chives de l'Empire, série S, carton n" 8706.
Thie'ry, Guide des amateurs et des étrangers ,
t. 1 , p. 1 ko.
Recensement détaillé des livres des bibliothèques
du département de Paris. Archives de l'Empire,
série M, carton n° 797.
Fac-aimile héliographique.
Flan de Jouvin de Rochefort (1690).
BLANCS-MANTEAUX.
Les Serfs de la Vierge, appelés Blancs-Manteaux à cause de la couleur de leur
vêtement'^', vinrent de Marseille, vers 1268, s'établir à Paris. Saint Louis, zélé
protecteur de tous les moines, acheta pour eux rr une mèson et vieilz places entour
«pour eulz héberger, delez la viex porte du Temple, assés près des tissarans^-'. n
Supprimés par Grégoire X en 127/i, ces religieux furent remplacés par un autre
ordre mendiant alors établi à Montrouge, rrin monte rubeon^^)^ les Guillelmites,
qui devaient leur origine à l'ermite saint Guillaume de Malaval, mort en Italie
vers 11 57. Mais, bien que les Guillelmites portassent un costume noir, l'usage
leur conserva le nom de leurs prédécesseurs.
Nous avons très-peu de renseignements sur la bibliothèque des Guillelmites.
Il est cependant certain qu'ils en possédaient une; les inscriptions suivantes, que
nous avons rencontrées sur d'anciens manuscrits, suffiraient à le prouver :
]jehen{ Jlistoire du diocèse (leParis, 167.
Joinville, Histoire de saint Louis, éd. Didot,
p. 933. — Dans le quartier des tisserands, qui
(■tait traversé par la rue de la Tisseranderie, de-
venue rue de lu Tixeranderie , et aujourd'hui sup-
primée.
J. Dubreui, Théâtre des antiquité:, de Paris,
p. 666.
rflste liber est fratrum heremitarum Sancti
ffGuillelmi, Parisius, in vico qui dicitur le Parce-
ffiuinerie, Domino famulancium.') (Bibliothèque
Mazarine, manuscrits, n° H i335.)
3G0 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
La rue actuelle des Blancs-Manteaux s'appelait, au xni'^ siècle, rue de la Par-
cheminerie.
t '^çai^ Oi^mg ^Jy^ Qcaxc^ttU ^a^è 'm^^liM "^«U (^tiS^ TsntrlLi.
pLdm^ Atr-Uu«S M^^ffCc tpj'uâ iJknoyne jr^^mtA^
Ces derniers mots'^^ renferment une erreur historique qui a été très-fréquem-
ment commise : l'auteur de cette note confond saint Guillaume de Malaval avec
saint Guillaume, duc d'Aquitaine, qui fonda le monastère de Gellone'-l
Nous ne connaissons c[u'un seul bienfaiteur de cette bibliothèque. En i5o2,
un sieur Maxence Favre ou Lefèvre lui donna un manuscrit in-folio sur vélin
contenant un commentaire sur les douze petits Prophètes ; on lit en effet à la fin
de ce volume, qui est aujourd'hui à la bibliothèque Mazarine : rr Anno Domini mil-
crlesimo quingentesimo secundo, die julii mensis vicesima prima, Maxencius Fa-
rbi i me donavit iibrarie conventus Alborum Mantellorum Parisius'^'.
En 1618, les Guillelmites, s'étant fort relâchés de leur règle, furent réformés
et remplacés par des Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur. Enfin le
monastère dut être entièrement reconstruit en i685.
Les nouveaux Blancs-Manteaux, dont la réputation de dévouement à la science
et d'érudition allait devenir proverbiale, augmentèrent rapidement la petite col-
lection que leur avaient laissée les Gudielmites. Leur bibliothèque se forma
cependant sans qu'il en coûtât rien au couvent, qui n'eut jamais de fonds spéciaux
attribués aux achats de livres; mais cries religieux (pii ont habité aux Blaiics-
Manteaux, occupés de différentes entreprises littéraires, n'ont cessé d'enricliii-
rla bibliothèque de livres analogues à leur travail, autant qu'ils ont pu s'en
rr procurer de leurs économies ou du produit de leurs ouvrages, dans la vue de
rr s'épargner le désagrément de recourir aux grandes bil)liotliè([ues pour les livres
rrles plus usuels II faut ajouter à cette source abondante les nombreuses
donations qui étaient faites au couvent par des particuliers. En 1708, le docteur
rr Liber iste sernionuin pertinet conventai Al- ■ Voyez Fleurv, Histoire eccicsid.tti'iiie , t. W,
rrboruin Manlellorum, Parlsiensis civitatis et dyo- p. .33.
rrcesis, ordinis Sancti Benedicti, secundum inslituta Bibliothèque Mazarine, niaiiiiscrils. colc
rrdivi Guiilelnii, comitis Pictavi ac ducis Acqui- T iiO.
rrtanie, ipsiiis religionis premicerii. Aux Blans Dédarnlion des livres de la Ijibliotlièfjue du
rrManleaux, à Paris.îi (Bibliothèque Mazarine, in- monastère des Blancs-Manteanx. Archives de l Eiir-
cunables, n° '2o3o B*. ) pire, série S, carton n" .'ÎOyo.
BLANCS-MANTEAUX. 3(i1
Léger laissa sa biljlioliiè(|iie aux Blancs-Manteaux. Dix ans après, libéralité de la
même nature faite par l'ex-oratorien Gentil; puis, successivement, par l'avocat
de Gou<jes en 1716, par J. Maillard et par le docteur de Sorbonne Pontas en
iy.iS. f'La reconnoissance, en inscrivant les noms des donateui's sur ces livres,
fies a rendus reconnoissables''';Ti les mentions de ce genre qui se rencontrent le
])his Iréquennnent sont celles-ci :
EX DONO H. P. DOMINl DIONYSII DE S" MARTHE, HUJUSCE MONASTERll PRlOftlS,
170,5.
EX DOXO D. GEMIL, 17 UJ.
EX DONO D. MAILUIW.
EX DONO D. D. DES GOUGES^', 1716.
A l'époque où éclata la Révolution, il n'y avait au monastère des Blancs-
Manteaux que douze religieux. Deux d'entre eux usèrent de la liberté qui venait
de leur être accordée de rentrer dans le monde; mais les autres, occupés de
vastes travaux d'érudition , opposèrent une énergique résistance au décret de
l'Assemblée nationale cjui supprimait le couvent et saisissait ses biens. Ils cher-
chèrent surtout à défendre leur bibliothèque. Le prieur, dans sa déclaration offi-
cielle à l'Assemblée, exposa ce qui suit :
cr C'est l'ordinaire cpi'un religieux occupé d'un ouvrage de longue baleine se
f'fixe dans une maison pour le reste de ses jours. Ceux qui ont illustré la maison
fdes Blancs-Manteaux y ont fini leur carrière; ceux qui vivent encore et qui ont
ce succédé à leurs travaux, persuadés que rien ne les sépareroit de leur solitude,
r n'ont pas attendu le moment de leur mort pour disposer de leurs livi'es. C'est
rrdans cette confiance, et pour avoir plus de facilité de les retrouvei" au besoin,
r- qu'ils ont inscrit sur le catalogue leurs livres à mesure qu'ils se les procuroienl.
r II seroit cruel pour eux que cet abandon de la confiance tournât aujourd'hui à
c- leur préjudice, et qu'ils se vissent privés du fruit de leurs veilles dans un moment
roù les livres, cjui n'étoient auparavant qu'un délassement pour eux, peuvent
r devenir une ressource f^'. n
Toutes ces allégations semblent parfaitement exactes. Elles sont confirmées
par une lettre de D. Brial, adressée, le 2G mars 1791, r- à Messieurs les adminis-
r trateurs du département de Paris, v II demande qu'on lui restitue des livres qui
lui appartenaient personnellement, et qui avaient été saisis avec la bibliothèque
de la Maison, entre autres la grande collection des Historiens des Gaules, rom-
Déclaration des livres de lu bihliollùqm du mo- Le nom est parfois suivi de ces mois ; ■•In
nasthre des Blancs-Manleau.r. Archives de 1 Empire. rrconsiliis régis advocali.51
se'rie S, carton n° .3G75. Déclaralion des livres , etc.
n. hC,
362 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
mencée par D. Bouquet, et qu'il s'était cliargé de continuer. D, Brial déclare
qu'il a acheté ces livres chez le libraire Barrois, dont il fournit une quittance
montant à h,oki liv. 19 sols^''. Il dit enfin que ces volumes n'ont pu être
acquis avec les fonds de la communauté, puisque, crdans aucun temps, elle n'a
rf fourni d'argent pour achats de livres , -n et que cr c'étoit à chaque religieux à s'en
cf procurer, n Des protestations semblables furent également adressées au gou-
vernement par D. Clément, D. Labbat et D. Deforis'^'. La municipalité crut devoir
faire droit dans une certaine mesure à ces réclamations, et elle restitua à ces
quatre érudits une vingtaine de grandes collections.
Comme on le voit sur la gravure que nous reproduisons la bibliothèque des
Blancs-Manteaux occupait à cette époque tout le troisième étage d'un vaste bâti-
ment qui bordait la rue Paradis; elle renfermait, au dire du prieur, douze mille
huit cents volumes, dont deux mille cinq cents in-folio, trois mille in-quarto et
sept mille trois cents in-octavo et in-douze; plus cent vingt et un manuscrits,
trente et un des xhi*", xiv*^ et xv° siècles, et quatre-vingt-dix des trois siècles sui-
vants. 11 faut ajouter à cette énumération une importante série de portefeuilles con-
tenant les notes et matériaux qu'avaient réunis les savants Bénédictins pour leurs
vastes travaux; on y remarquait, entre autres, les documents relatifs à l'histoire de
Bretagne aux xv" et xvi'' siècles; ceux dont se servirent les PP. Martène et Durand
pour la continuation du Thésaurus anecdntarum ; tous les matériaux employés dans
\ Histoire littéraire de la France et le Recueil des historiens des Gaules ; liuit porte-
feuilles remplis de lettres émanées des papes et un carton contenant une col-
lection de lettres adressées par des personnages célèbres à des religieux du
couvent des Blancs-Manteaux'^'; nous en avons remarqué qui ont été écrites par
Louis XIV, Santeuil, B. de Montfaucon, Bouhier, Sainte-Marthe, Mabillon, etc.
Parmi les manuscrits, il faut citer encore toute la collection des sermons de
Bossuet, dont un seul, celui qu'il prononça à l'assemblée du clergé, fut publié de
son vivant. Après sa mort , ils échurent à son neveu , l'abbé Bossuet , puis au pré-
Cette quittance existe aux Archives de l'Em-
pire. Elle comprend la liste des livres fournis à
D. Brial du 3o de'cembre 1776 au mai 1789.
On lit à la fin :
fJe reconnois avoir vendu au R. P. doni Brial
fftous les livres énoncés dans les quatre pages cy-
ffdessus, et dont l'extrait est conforme à mon
r'journal. Je reconnois de plus lui en avoir vendus
frplusieurs autres antérieurement à ceux-ci, du
ff temps que le commerce se faisoit au nom et pour
"le compte de ma mère, et dont je ne puis donner
"note, n'ayant point les registres de ce temps. A
"Paris, ce cinq mars mil sept cent quatre-vingt-
Konze. Barrois l'aîné. n
[Mémoire des livres fournis à dom Brial par Barroia
l'aîné , libraire. Archives de l'Empire, série M, car-
ton n° 797.)
Procès-verbal du monastère des Blancs-Man-
teaux. Archives de l'Empire, série S, carton
n° 3675.
Elle est extraite des Icônes monastertorum
congregaiionls Sancti Mauri.
Aujourd'hui à la Bibliothèque impériale,
manuscrits, fonds latin, n" 16988 à 16990, au-
trefois fonds des Blancs-Manteaux , n" 7 1 "
Aujourd'hui à la Bibliothèque impériale,
manuscrits, fonds français, n" ihh'i'] et 25538,
autrefois fonds des Blancs-Manteaux, n°' 77 ' "^
— LES ANCIENNES I
A. Fra
LE COUVENT DES BL/
(Salle de la Bibliothèque, M
LIOTHSQUES DE P A R 1 .S -
S-MANTEAUX EN 1706.
iilG, sur la rue de Paradis.)
BLANCS-MANÏEAUX. 363
sidcnl Chassot, qui les donna aux Blancs-Manteaux. D. Dcforis en commença la
publication en 177??'''.
Il est remarquable que Thiéry, en 1786, attribuait à la bibliothèque des
Blancs-Manteaux r vingt mille volumes d'un bon choix '^^p^ faut-il donc supposer
que, suivant l'exemple de bien d'autres communautés, les Bénédictins avaient
fait disparaître avant la saisie une partie de leur collection ?
La bibliothèque des Blancs-Manteaux a eu plusieurs catalogues.
Dans un cahier conservé aux Archives, et qui est intitulé Manuscrils de hi
bibliothèque des ci-devant religieux dits Blancs-Manteaux, nous voyons inscrits , sous
le numéro 180, cr trois vieux catalogues de la bibliothèque... in-folio, par-
rr chemin , ^ et sous le numéro 181, Catalogus librorim monasterii Beatce Mariœ
Alborum Mantellorum, lyào, pars 2°'^'. Nous avons retrouvé trois de ces précieux
documents, qui furent tous, le 5 ventôse an ni, transportés au dépôt de Saint-
Louis-la-Culture.
Le premier est un immense volume in-folio sur les plats duquel on lit :
BiBLiOTHECA Albo-Mantellia?<a . Il a pour titre : Index Al phahcticus Auctorum Biblio-
thecœ Albo-]\]a7itellianœ. Accedit Systema Bibliographicimi ejusdem Bibltothecœ. Anna
Reparatœ Salutis m.dcc.âl. A la page 89 commence V Index Authnrum Codicum
Manuscriptorum, et à la page le Systema Bibliographicum Bibliothecœ Albo-Man-
tcllianœ. Le volume se termine par ces mots : crExplicit die xxui septembris, anno
KM.DCC.XL n
Un autre catalogue, conservé aussi à la bibliothèque Mazarine, date de la
même année. Il est in-folio, couvert en parchemin, et on lit en tête : Bibliotheca
seu Catalogus librorum monasterii Beatœ Mariœ Alborum Mantellorum, ordinis S. Bene-
dicti, congregationis S. Mauri. Cum indice aulhorum alphabetico. Anno reparatœ salutis
Le troisième de ces catalogues appartient aujourd'hui à la bibliothèque Sainte-
Geneviève, et lui a été donné en i836 par M. de Monmerqué. C'est un petit
volume sans date, très-haut et très-étroit, qui a absolument la forme d'un ancien
livre de dépenses; la couverture de parchemin porte ce titre ; Index librorum
hujus bibliothecœ in varias classes dislinclns. Puis en tête de la première page :
Catalogus librorum bibliothecœ monasterii Alborum Mantellorum in proprias classes
distinctorum
Les Blancs-Manteaux ne possédaient point d'estampille ; ils se contentaient
Ern. Bersot, dans le Journal des Délmls, nu-
méro du 29 septembre 18G2.
Thiéry, Guide des mmleurs et des étrangers
voyageurs à Paris, t. I, p. 674. — Millin donne le
même chilTre dans ses Antiquités nationales (1799),
t. IV, p. 20.
Archives do l'Empire, série F", carton
n° 1197.
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n° 8287.
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n° 8229.
Bibliothèque de Sainte-Geneviève, manus-
crits, n" Q' 5'".
3()/i LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
d'insc)-ire le nom du couvent sur le titre de chacun de leurs volumes. Ces inscrip-
tions varient peu ; voici les formules les plus usitées :
ALBORUM MANTELLORUM CONG. S" MAURI.
MONASr. B. M. ALBO-MANTELLORUM ORD. S. BENED. CONGR. S. MAURE
MONASTERII ALBORUM MANTELLORUM ORDINIS ET CONGREGATION! S S" RENEDICTI.
AUX BLANCS-MANTEAUX, A PABIS.
Le monastère des Blancs-Manteaux a été entièrement détruit en 1797, et sur
son emplacement on a ouvert la rue dite des Guillemites. L'église sert aujour-
d'hui de succursale à la paroisse Saint-Merry.
La rue des Gudlemites passe dans les cours du couvent; sur le côté oriental
de cette rue, on voit encore une ligne de bâtiments qui en dépendaient, et à
l'angle de la rue des Blancs-Manteaux il est resté une porte ornée de symboles
religieux sculptés. La partie qui touche à l'église sert aujourd'hui de presbytère.
SÉMINAIRE DE L'ORATOIRE.
Vers la fin du xiii'^ siècle, l'ordre des Frères Pontifes ou constructeurs de ponts
vint s'établir à Paris, et y fonda, dans le faubourg Saint-Jacques, un hôpital qui
prit le nom de Saint-Jacques-du-Haut-Pas*'', rr Sanctus Jacobus de alto passu. n Vers
i58o, l'ordre était près de s'éteindre, et la Maison ne comptait plus que deux
religieux*^'; Catherine de Médicis s'entendit avec eux, et ils abandonnèrent leur
local aux Bénédictins de Saint-Magloire, qui lui donnèrent leur nom. Enfin, en
1618, l'évêque de Paris, Henri de Gondi, transforma l'abbaye de Saint-Magloire
en séminaire, et confia la direction du nouvel établissement aux prêtres de
l'Oratoire.
Comme la Maison de la rue Saint-Honoré, celle-ci eut pronq)tement une
bibliothèque. Nous ne savons rien de ses commencements; mais, dès 167/1, elle
avait un bibliothécaire instruit et dévoué, le R. P. Pierre Delaplanclie, qui en
dressa un double catalogue et lui donna tous ses livres, formant un total de quatre
cents volumes environ. L'un de ces catalogues est aujourd'hui conservé à la
bibliothèque de l'Arsenal ; il a pour titre : Catalogus aller Ubvorum Bihliothccœ
Sammaglorianœ , in très classes divisas, silicet (sic) in-folio, in-quarlo et in-octavo,
ordine alphabetico. Petrus de la Planche, clericus Parisiensis, ordinavit et scripsit anno
i6yà' Item, compilatio librorum hehraice, grœce, italice et liispanice excusorum hujus
bibliothecœ. On lit à la fin : tLc septiesme jour d'avril 1G86, Mémoire des livres
crque Pierre de la Planche a donnés à la bibliothèque de Saint-Magloire, et qui
J. Dubreul. Théâtre des aiitiquitez de Paris, Piganiol de la Force, Descriplioii hislorique
p. i35. de Paris, t. VI. p. \h-i.
366 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
rrsont escrits sur les deux catalogues, n Suit l'énumération de quatre cents volumes
environ, qui est accompagnée de cette note : «le Pierre de la Planche, ecclésias-
rr tique demeurant en la maison des R. P. Prestres de l'Oratoire de Saint-Magloire,
ffà laquelle j'ay donné tous mes livres qui sont escrits cy-dessus, contenant douze
f pages, pour demeurer dans la bibliothèque, à condition qu'on ne les poura
revendre, donner ny eschanger en fasson quelquonque. Fait à Paris, ce vingt
rrsixiesme de may mille six cent quatre vingt quatre.
crDE LA Planche n
Presque tous les volumes provenant de la donation de Delaplanche portent
sa signature
et ces armoiries
La bibliothèque continua, après lui, à s'enrichir des libéralités que lui firent
les savants Oratoriens qui habitèrent le séminaire. Le P. Louis Thomassin s'y re-
tira, à la suite de ses violents démêlés avec les Jansénistes, et laissa en mourant
(1695) tous ses livres à la Maison; delà l'origine de l'inscription
EX DONO R. PATRIS THOMASSINI,
qui se rencontre sur un grand nombre de volumes provenant de l'établissement.
Il dut aussi de précieux manuscrits à Abel-Louis de Sainte-Marthe'^' (1697),
général de l'ordre et l'un des principaux auteurs du Gallia chrisliana. En 1708,
La Poterie, le dernier bibliothécaire de Mazarin, qui avait obtenu en 1688 une
Bibliothèque de l'Arsenal, manuscrits m-li\
u° 8 4 9. 1er.
Thiéry. Guide des amateurs et des étrangers ,
[. II, p. 2^8. On y trouve assez fréquemment cette
inscription :
EX DONO R. P. DE S" MARTHE.
SÉMINAIRE DE L'ORATOIRE. 367
pension de retraite^'' et s'était sans doute alors réfugié au séminaire, lui légua
sa bibliothèque. Ses confrères ne purent, à ce qu'il paraît, s'accorder sur l'ortho-
graphe de son nom, car les inscriptions qui mentionnent son legs portent tantôt :
EX DONO DOMINI DE LA POTEUYE,
et tantôt :
EX DONO DOMINI DE LA POTHERIE.
L'année précédente, une libéralité de la même nature, mais plus considérable
encore, et qui enrichissait l'établissement de plusieurs beaux manuscrits, lui
avait été faite par Louis Fouquet*'^', évêque d'Agde et frère du fameux surinten-
dant des finances. Les inscriptions qui le constatent sont presque toutes conçues
en ces termes :
EX DONO ILLUSTRISSIMI ET REVERENDISSIMI D. D. LUDOVICI FOUQUET^'\
EPISCOPI AGATHE NSIS.
Deux autres Oratoriens célèbres, le P. Charles Bordes en 1706 et le P. Le-
brun en 1729, laissèrent encore leurs livres au séminaire, comme l'indiquent
ces inscriptions très-fréquentes :
EX DONO CAR. RORDESII P. 0. D. J.
et
EX DONO R. P. LE BRUN.
Ce dernier possédait un grand nombre de précieux manuscrits, presque tous
relatifs aux matières canoniques.
On voit que les Oratoriens du séminaire inscrivaient, autant que possible, sur
chaque volume le nom de la personne qui l'avait procuré à l'établissement; par-
fois même, quand le nom leur manquait, ils y suppléaient par cette mention :
EX LIBRIS RENEFACTORUM.
Malheureusement beaucoup d'inscriptions sont trop concises pour qu'on puisse
aujourd'hui être bien fixé sur les personnages qu'elles désignent; nous citerons
cependant celles qui se rencontrent le plus fréquemment :
EX DONO DOMINI POITEVIN.
EX DONO D. D. FR. CLERMONT .
EX DONO R. P. FURSMI.
EX DONO R. P. DE LA RARRE.
''^ Voyez ci-dessous notre notice sur la biblio- Parfois Foucquet.
thèque du collège Mazarin. Peut-être François de Glermont-Tonnerre ,
Gallia christiana, t. VI. col. 702. èvéque de Novon, mort en 1701.
368
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
EX D0\0 D. DE FONTAINE, D. SORB.
EX DONO CLAIUSS. VIRI R. MORELLI^' .
EX DONO R. BOUCHÉ. P. 0. D. J, ^
Toutes ces donations arrivèrent à constituer une bibliothèque bien choisie, et
qui, au moment de ia Révolution, renfermait, non pas de dix-huit à vingt mille
volumes, comme le dit Thiéry'-', mais seulement quatorze mille cent soixante-sept
volumes'^'.
Les Pères de Saint-Magloire étaient, de toute manière, très-prodigues d'ins-
criptions sur leurs volumes; il y a aussi une grande variété dans celles qui sont
destinées à établir sur chaque ouvrage la propriété du séminaire. La plus fréquente
est celle-ci :
ORATORII SAMMÀGLORIANI.
Mais on trouve encore :
ORATORII D. JESU DOMUS MAGLORII.
EX BIBLIOTHECA ORATORII MAGLORII.
DE LA BIBLIOTHÈQUE DE S' MAGLOIRE.
Les bâtiments de ce séminaire furent, en 179a, affectés à rinstitution des
sourds-muets; ils ont été entièrement reconstruits en 1828.
Peut-être D. Robert Morel , bibliotlie'caire de
l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, mort en 1 78 1 .
Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers,
t. II, p. 9^8.
Etat général des livres de iGti maisons ecelé-
siastiques et relligieiises du département de Paris,
selon les déclarations reçues. Archives de l'Empire,
série M, carlon n° 797.
Fac-simile héliographique.
Plan de B. JaiUot {1717}.
BÉNÉDICTINS ANGLAIS.
Lors de la réforme religieuse opérée par Henri VIII en Angleterre, quelques
Bénédictins de ce royaume vinrent se réfugier en France, mais ils n'y trouvèrent
pas tout l'appui sur lequel ils avaient compté. Accueillis d'abord au collège deMon-
taigu, ils durent se transporter ensuite dans une pauvre maison du faubourg
Saint-Jacques. Le chef de la congrégation des Bénédiclines anglaises prit alors
leur sort en pitié, et leur procura un logement rue de Vaugirai'd ; iïs l'abandon-
nèrent bientôt pour se transporter rue d'Enfer, Enfin, en 16/10, le P. Gilïord,
archevêque de Reims, leur acheta trois maisons situées rue Saint-Jacques, auprès
du \ al-de-GnIce, et les Bénédictins anglais s'y établirent définitivement. Vingt-
quatre ans après, Joseph Shiburne, leur prieur, homme actif et intelligent, leur
créa de puissantes protections qui leur permirent de reconstruire les bâtiments
et d'entreprendre l'érection d'une église, qui fut achevée en 1C77 et consacrée
sous l'invocation de saint Edmond.
Aucun ouvrage imprimé ne mentionne l'existence d'une bibliothèque dans
cette Maison ; mais nous pouvons y suppléer au moyen de quelques documents
manuscrits.
De nombreuses donations particulières servirent certainement de premier
fonds aux Bénédictins anglais. Nous n'avons cependant trouvé qu'un seul volume
qui en conservât le souvemr. Il appartient aujourd'hui à la bibliothèque Maza-
rine, et le feuillet de garde porte ces trois inscriptions: ccHieronymus Collot,
cr régis litotbomista. i66/i.t! — cfDe Woolhouse, camerarius regius, opIithaU
rrmiator anglicus, Darbiensis.n — rrEx dono Joannis TIioukp de Woolhouse,
II. /..y
370 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
rrregi Magnae Britanniae Jacobo a*^" ex admissionalibus, sive a caméra privala
ff groom, secundum idioma anglicanum. i699''',t) La famille Collet fournit, de
pères en fils, à la France d'habiles chirurgiens qui, depuis Louis XI, se consa-
crèrent presque exclusivement à la lithotomie : Germain, Laurent, Philippe et
François eurent successivement le titre de lithotomistes du roi (2', mais Jérôme ne
figure dans aucun recueil biograpliique. Jean-ïhomas Woolhouse, célèbre ocu-
liste anglais et auteur de nombreux ouvrages d'ophthalmologie , passa, quoique
médecin de Guillaume III et de Jacques II, la plus grande partie de sa vie à
Paris; il mourut vers l'yao'^'.
Au moment de la Révolution, la bibliothèque des Bénédictins anglais renfer-
mait cinq mille trois cent six volumes'*', divisés en deux collections distinctes.
Ln certain nombre de religieux c[ui, en 1769, s'étaient constitués en académie,
possédaient quatre cent vingt-huit volumes, dont quatre manuscrits, et l'on
comptait dans la bibliothèque de la Maison quatre mille huit cent soixante et
dix-huit volumes, savoir : huit cent vingt-trois in-folio, sept cent cinq in-quarto,
onze cent dix-huit in-octavo et deux mille deux cent trente-deux in-douze.
Le catalogue de la collection avait été dressé en 1702. Il forme un volume in-
folio rédigé avec beaucoup de soin et qui a pour titre :
Calalogus lihrorum Biblinthecœ Benedictinorum anglorum sancti Edmimdi, Parisim,
M.DCC.II
Il contient :
1° (Index des livres classés par ordre de matières);
2° Catalogus alphabeticus authorurn ;
3° Catalogus alphabeticus librorum anonymorum ;
/i" Catalogus alphabeticus librorum hujus conventus monachis nostris cellensibus accommo-
da toru m ;
5° Catalogus alphabeticus librorum anonymorum hujus conventus monachis nostris cellen-
sibus accommodatorum ;
G" Catalogus alphabeticus librorum cellensium sumptibus hujus monasierii emplorum;
7° Catalogus alphabeticus librorum anonymorum cellensium sumptibus hujus monasierii
cmptorum ;
8° Catalogus alphabeticus librorum quos legavit D. Salo monachis cellensibus.
Les Archives de l'Empire possèdent trois inventaires partiels des livres de cette
collection. Voici les titres de ces documents :
Etat des livres trouvés dans la bibliothèque des ci-devant Bénédictins anglais, vue
Bibliollièque Mazarine, nouveau fonds, lliéo
logie, salle des doubles.
Eloy, Duitoiinaire historique de la médecine,
t. I, p 9 5o et suiv.
' Bayle et Thillaye , Bioff. médicale , t. II , p. 1 97 .
'■"^ Étal général des litres de 1 6ù maisons ecclé-
siastiques et relUgieuses du département de Paris,
selon les déclarations reaies. Archives de l Enipire,
série M, carton n" 797.
Bibliothèque Mazarine, manuscrits. n° 3-26().
BÉNÉDICTINS ANGLAIS. 371
Jacques, d"" de l' Observatoire, et soi-disant appartenans au citoyen Schaw; remis le
11 brumaire an y m par le citoyen de Lassaux , commissaire du département , en présence
du citoyen Cardin, commissaire de la municipalité du ii" arrondissement '^^^
Cet état comprend soixante et dix-sept volumes, qui furent transportés au dé|)ot
des Cordeliers.
Bibliothèque des Bénédictins anglais, rue Jacques. Etat sommaire des livres soi-disant
7'éclamés comme appartenant à une société particulière du couvent
Enfin :
Etat des livres provenant de la bibliothèque des ci-devant Bénédictins anglais, rue
Jacques, et choisis par le citoyen Barbier '^'^^ pour la bibliothèque du Directoire exécutif '^K
Cette pièce, qui est datée de brumaire an viu. contient Ténumération détaillée
de cinq cents volumes environ.
L'estampille que l'on trouve dans les livres provenant de cette bibliothèque
t»Ullf,.
est toujours frappée en rouge.
Les inscriptions manuscrites sont très-fréquentes, mais à peu près uniformes.
On ne rencontre guère que ces deux formules :
BENEDICTINOrMI ANGLOBUM SANCTI EDMUNDI PARISIIS.
AUX B. P. BÉNÉDICTINS ANGLOIS.
Les bâtiments occupés par ces religieux furent vendus le i3 fructidor an vu,
mais un arrêté du 3 messidor an xi les leur restitua. Ils sont devenus, depuis,
une propriété particulière, comprise entre la rue Saint-Jacques et la rue actuelle
des Feuillantines.
Archives de lEinpire, série F", carton
II" 1 1 9^ , pièce n" 3.
Archives de l'Empire, série F", carlon
n' 119^, pièce n° ti.
Sur la formation de la bibliothèque du Di-
rectoire exécutif par Barbier, voyez : Louis Bar-
bier, Notice biographique et littéraire sur Anl.-
Alex. Barbier, p. 5; et A.-F. A.-A. Barbier, dans
le Bibliopitile français, numéro du i" janvier 1869,
p. ihli.
''^ Archives de l'Empire, série F", caiton
n° 1163.
''7-
Fac-simile héliograptuque.
Plan de Jouvin ae Rochefort ( 1690 J.
CAPUCINS DU MARAIS.
Le P. Atlianase Molé, frère du célèbre premier président, était capucin. En
1623, il réussit à doter les religieux de son ordre d'un nouveau couvent, qui
s'éleva au Marais, au coin delà rue du Perche et de la rue d'Orléans
Cette Maison eut dès l'origine une bibliothèque, car elle l'ut construite en
même temps que le monastère, par les soins du P. Molé.
Les ouvrages imprimés restent muets à l'égard de cette collection ; mais on
peut en suivre le développement dans un registre in-folio très-curieux, qui est
conservé aux Arcliives de l'Empire et qui a pour titre : Livre des Archives (h
couvent des Capucins du Marais. Il débute ainsi : cr Au nom de Nostre Seigneur J.-C,
rrde la bien heureuse Vierge et de nostre séraphique père saint François, com-
^'Uiencent les archives du couvent du Marais, étably l'année 1698, soubz le liltre
crde la Conception de Nostre-Dame, à laquelle l'église est dédiée
INous lisons dans ce manuscrit qu'entre les années 1623 et 1626 on bâtit
rr l'église, le chœur, le cloistre, la bibliotèque. . . ^^\-n Cette dernière paraît ce-
pendant n'avoir été achevée qu'en i63ot*'.
Le premier fonds de livres fut sans doute fourni par le P. Molé, car c'est en
1662 seulement que nous voyons mentionnei- une donation de quelque impor-
tance; elle consistait en ouvrages manuscrits et provenait du P. Barthélémy de
la Haye'^l Puis, le 2 février 1676, mourut le P. Esprit d'Ivoy Sabatier, confes-
D. H. I. Supplément aux antiquilez de Paris Livre des archives, etc. p. i3.
de Dubrcul, p. 5o. i*' Livre des archives, etc. p. lO.
Archives de FEmpire, série S, carton n° 370O. Livre des archives , etc. ^. -i^.
Tili LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
seiir du couvent. Son frère donna à la Maison, rcen sa considération, une bonne
rrpartye des livres de nostre bibliotèque, dont la plupart sont marquez à ses
ff armes r> D'autres libéralités du même genre succédèrent certainement à celles-ci ,
car, en 1708, la bibliothèque se trouva trop petite pour contenir tous les livres
que ])ossédait le couvent, et l'on dut y faire d'importants changements : cr Au mois
rr de may, la bibliotèque fut agrandie de tout le costé qui joint la chapelle de Saint-
ff Josej)h , laquelle contenoit tout cette espace assez inutilement. L'on ne fit qu'ab-
rrbati'e la cloison qui la séparoit de la bibliotèque, et reculer le retable de l'autel,
f L'on osta les tabletes qui estoient du costé des fenêtres, et elles servirent à garnir
rrle nouveau costé comme il est. On la reblanchit toutte entière; l'on fit les lambris
rren peinture, et l'on renouvela toutes les serges vertes des tablettes, La dépense
fra esté d'environ cinquante écus; mais cet accomodement rend ladite bibliotèque
rr beaucoup plus commode et plus belle. Les deux grands globes de Coronelly qui
ff y ont esté mis, après avoir esté deux ou trois ans dans le cloître, appartiennent
rrà M, Truden, maître des requêtes, qui demeure proche les Enfans Rouges, Il a
rr comme fait entendre au P. Marc qu'il nous les donnoit, et c'est sur cela qu'on les
rra fait monter dans la bibliotèque n Ces embellissements étaient à peine ter-
minés quand mourut, en août 1706, le P, Philippe Duret, qui laissa au couvent
plus de cinq cents volumes'^'. Il fallut bientôt songer à augmenter encore le local
consacré à la collection, et en 1717 «on fit faire plusieurs tablettes dans la
rr bibliotèque pour y mettre des livres, au costé gauche en entrant qui est sur le
cr jardin du cloître Enfin la dernière donation dont le souvenir nous ait été
conservé date de 17/42; le 22 mai de cette année, le P. Jean-François Sautreau
laissa rt quantité de livres n au couvent
La bibliothèque des Capucins du Marais avait alors une certaine réputation,
puisque Durey de Noinville, le seul auteur qui l'ail mentionnée, la met au
nombre de celles où les érudits étaient facilement admis Mais il est probable
qu'à partir de cette époque les religieux commencèrent à négliger leur collection,
car, en 1790, elle ne renfermait, fcsauf erreur de calcul, ii que huit mille deux
cents volumes. Le dernier bibliothécaire du couvent, le R. P. Romain Joly, en
l'eligion Romain de Saint-Claude, déclarait en outre à la municipalité que la
bibliothèque ne possédait «ni manuscrit, ni aucun livre rare(''',n et il énumérait
ainsi qu'il suit ses principales richesses :
Livre des archives, etc. p. 5i.
Livre (les archives, etc. p. i63.
Livre des archives, etc. p. 168.
Livre des archives, etc. p. 200.
Livi-e des archives, clc. p 2 2 5.
'''' Durey de Noinville , Dissertation sur les biblio-
thèques, p. 5 4.
Cette de'claralion fut confirmée en ces termes
par les officiers de ia municipalité : r-INous nous
rr sommes fait conduire ensuite à ia bibliothèque,
rrcomposée de deux ailes de bâtiment donnant
rrsur l'ancien cloître; elle nous a parue propre à
rr contenir huit à neuf mille volumes, et mesdits
rrsieurs les religieux nous ont attesté qu'elle en
(r renfermait environ huit mille deux cents, qu'elle
rrne contenait ni manuscrits, ni livres rares. Ils
CAPUCINS DU MARAIS. 375
L'Écriture sainte, les divers expositeurs et commentaires, Dom Calmet et la
ff Bible d'Avignon n'y sont pas; une bonne partie des saints Pères d'ancienne
rr édition; tous les ouvrages de saint Thomas et de saint Bonaventure. . . Les
ff dictionnaires de Moréri, Trévoux, de Baile, et divers livres concernanls la
rr grammaire. Quelques anciens orateurs et poètes, avec un très petit nombre de
rr modernes. L'histoire de l'Eglise par Monsieur de Fleury , celle de Monsieur de
ff Choisi, l'histoire de l'Église gallicane, Baronius, etc.; plusieurs histoires saintes
ffct vies des Saints. L'histoire de France, grand Mézeray et son abrégé, le
ffP. Daniel et autres de cette espèce. Plusieurs histoires de diocèses, nations, et
ff celle en particulier de Monsieur Bolin. L'histoire des voyages et quelques iivi-es
ff concernants la géographie ... 11 y a des livres défendus sous clef, les uns
ff concernent les jansénistes et les autres les protestants ''^ . . n Tout cela, il faut
l'avouer, ne constituait pas une bibliothèque bien brillante.
Il avait été dressé deux cataloguesde cette collection. L<; piemier date de
1766 et forme un volume in-folio d'une très-belle écriture; il a pour titre :
Catalogue des aulheurs qui composent la Bihliotêque des Pères Capucins du Marais,
distribué par ordre alphabétique, sous le gouvernetnent du R. P. Robert de Paris, défi-
nileur et gardien de ce courent, par le Père Jean-Baptiste de Bétune, bibliothécaire.
A Paris, i'jà()^^\ Ce catalogue, qui semble n'avoir pas été terminé, est rédigé
par ordre de matières : mais on ne trouve guère, sous chaque rubrique, que les
noms d'auteurs; les titres des ouvrages y sont très-rarement joints.
Le second travail de ce genre est beaucoup plus complet; il comprend succes-
sivement : le catalogue des livres par ordre de matières, le catalogue alphabétique
des auteurs et le catalogue alphabétique des ouvrages anonymes. Il se compose
de deux volumes in-folio, en tête desquels est écrit : Catalogue des livres de la
Bibliothèque des Capucins du Marais, dressé et mis en ordre en lyyô^^K On lit en
tète de Y Avei'lissement qui le précède : ffPour remplir les devoirs de l'emploi qui
ff nous a été confié, et en même tems pour répondre aux intentions de nos supé-
ff rieurs, nous nous sommes déterminés à composer ce nouveau Catalogue, mais
ff sans nous flatter de le porter à sa perfection. Nous avons pris pour modèles ceux
ff ([ui avant nous ont été faits par d'habdes maîtres, et nous nous sommes surtout
ff appliqués à conserver l'ordre et la précision qui y régnent. Ce Catalogue sera
ff divisé en trois parties ... 17
mous ont également alteste's qu'ils ne possédaient
(rpoint de médailles. Cette bibliothèque est rangée
rrpar ordre de matière." [Procès-verbal de visite des
Capucins du Marais. Archives de TEmpire, série S,
carton n° 8706.)
Etat du produit, charges, dettes actives et
passives du couvent des Capucins du Marais , à Paris ,
présente à Messieurs les officiers municipaux , conjor-
mément au décret de rAssemIjlée nationale sanctioné
par le roi le 18 novembre lySg. Archives de
ri<]mpire, série S, carton n° 8706.
Bibliothèque Mazarine, maïuiscrils, n° 'dahi.
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n°'3â75
et 8976.
370 LES ANCIENNES BIBLIOTFiÈQUES DE PARIS.
Les Capucins du Marais ne possédaient point d'estampille; ils faisaient seule-
ment frapper en or sur les plats de la plu])art de leurs volumes ces mots en
grandes capitales, et ainsi disposés :
AUX CAPUCINS
DU MARAIS,
Une inscription analogue se trouve très-fréquemment écrite à la main sur le
titre des ouvrages; c'est tantôt :
et tantôt :
ALIX CAPUCINS DU MAREST,
AUX CAPUCINS DES MABETS DU TEMPLE, A PARIS.
Les bâtiments de ce couvent furent vendus en 1790. L'église, restituée au
culte en 180-2, devint alors, sous le nom de Saint-François-d'Assise, une des
succursales de Saint-Merri; elle a été reconstruite vers iS'^o, et porte aujourd'hui
le titre de Sainl-Joan-Saint-Francois.
Fac-âimile hëliographique
Flan de B. JaiUot (1717)-
SÉMINAIRE SAINT-FIRMIN
Le collège des Bons-Enfants, situé rue Saint-Victor, était contigu au collège du
cardinal Lemoine. On ignore la date de sa fondation; mais il existait certainement
avant 1267, puisque, à cette époque, l'évèque de Paris Renaud autorisa les bour-
siers à posséder une chapelle. Cet établissement semble avoir joui alors d'une
certaine réputation , car il est mentionné clans le testament de saint Louis, qui lui
légua une somme de quarante livres '-l Cette prospérité ne se soutint pas; le col-
lège, mal administré, tomba peu à peu, et au commencement du siècle il
était presque abandonné.
En 1626, l'archevêque de Paris, Jean-François de Gondi, en donna la direc-
tion à Vincent de Paul et celui-ci y jeta les fondements de la célèbre congré-
gation des Vlissions, qui, sept ans plus tard, établit son chef-lieu dans le grand
])rieuré de Saint-Lazare. En même temps, l'ancien nom de l'établissement fut
supprimé et remplacé par celui de Séminaire Saint-Firinin.
Nous n'avons trouvé aucune trace de l'existence d'une bibliothèque dans le col-
lège des Bons-Enfants; mais le séminaire en eut une de très-bonne heure. Le rè-
glement de la Maison voulait que tout nouvel admis apportât avec lui et un Bré-
rr viaire ou un Diurnal parisien, un ordinaire de la messe, une Bible, un Nouveau
r: Testament détaché, une Imitation de .lèsus-Christ et quelques autres livres de
Plan. de renvoi : 27. Communauté de
S" Geneviève. — -28. Les Bernardins. — .3o. Colége
de Tournay. — 3i . Cour de Bavière.
tfitem legamus Bonis-pueris Paris, xr, libr.
II.
( Teslamentum régis Ludovici IX, dans llisloriœ
Francorum scriptores , édit. André Duchesne, t. V,
p. 439.)
Abelly, Vie de Vincent de Paul, p. 67.
/i8
378 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
cr piété n Ce lut probablement là le premier tonds de cette collection, (|ui n'ac-
quit de l'importance que sous l'administration du P. Julien Barbé. Il fut supérieur
de l'établissement jusqu'à i 7 1 1, et, connaissant bien les livres, il n'épargna rien ,
dit G. Brice, «pour en avoir des mieux conditionnez^^'.
La règle de la Maison recommandait en ces termes la lecture aux élèves :
et Ils s'attacheront à la lecture des livi es qui leur seront prescrits par le supé-
rr rieur ou par leurs professeurs. Ils veilleront attentivement sur eux-mêmes pour
rr bannir de leur cœur l'amour de toute autre étude que de celle qui les peut aider
trà connaître et à aimer de plus en plus le Seigneur, et les mettre en état de tra-
rf vailler utilement à le faire connaître et à le faire aimer des autres; telle est l'étude
ffdes Saintes Ecritures, des Conciles, des Pères, de l'Histoire ecclésiastique, delà
Discipline de l'Eglise et de la Morale chrétienne. Exempts de prévention dans
rr leurs études, ils ne chercheront qu'à connaître la vérité, et ils s'y attacheront
rr lidellement^^'.
11 est difficile de déterminer f[uelle était, au moment de la Bévolution, l'impor-
tance de la bibliothèque. Le supérieur du séminaire s'exprimait ainsi dans la
Déclaration qu'il fit, le 27 février 1790, à la municipalité de Paris : rr . . . Une
cr bibliothèque renfermée dans deux salles, au troisième étage du bâtiment vieux
rr du séminaire, contenant envii on quatre mille volumes, dont huit cents in-folio,
rret traitant, presque tous, de matières relatives à l'étude de la théologie, tels que
crdes autlieurs sacrés, des commentateurs, quelques bonnes éditions des Pères,
rr saint Augustin, saint Jérôme, Tertulien, saint Ambroise, des Conciles, des Bubri-
rr quaires, quelques autheurs de Droit civil et canonique, et autres ouvrages propres
rrà former les jeunes ecclésiasti(jues du séminaire. Cette bibliotlièque ne renferme
rr aucun manuscrit'*l n Thiéry, en 1787, attribue cependant à cette collection
tr quatorze ou quinze mille volumes d'un bon choix '^li^ Le supérieur du séminaire
s'est-il donc i-endu coupable d'une fraude alors bien fréquente ? Nous ne le ])en-
sons pas. Piganiol de la Force présente en elfet cette bibliothèque comme rrplus
rr distinguée par la qualité que par la quantité des livi'es qui la composent*'''; ii et
en présence de ce témoignage, que rien ne contredit, nous pencherions à voir une
faute d'impression dans le chiffre foui-ni pai' Tliiéry.
Règlement du séminaire de Sainl-Firmiii , delà
Congrégation de la Mission, établi au collège des Bons-
Enfam, p. .3 g.
G. Brice, Nouvelle description de Paris, t. II,
p. /i58.
Règlement du séminaire de Saint-Firmin , etc.
p. 9 4.
Déclaration que donnent nu greffe de la coui-
nai ne de Paris, conformément au décret de l'Assein-
hlée nationale, du treize novonhre dernier, les supé-
rieur et prêtres de la congrégation de la Mission, du
séminaire Saint-Firmin, établi dans l'ancien collège
des Rons-Eii/ants , scis rué Saint-Victor. . . ., des
biens et revenus. . . ., des charges et du mobilier
dépendants dudit séminaire. Archives de l'Empire,
série S, carton n° 68/19.
Guide des amateurs et des étrangers voyageurs
à Paris, t. Il, p. 1 /i S.
I^iganiol de la Foi'ce, Description historique de
Paris, t. V. p. 989.
SÉMINAIRE SAINT-FIRMIN. 379
Les personnes studieuses ohlenaient assez facilement l'autorisation de; travailler
dans cette bibliothèque
Comme les Pères de Saint-Lazare, les reli[i[ieux du séminaire Saint-t'innin pos-
sédaienl, au lieu d'estampille, un vx lihris charmant,
IMPLËOR UT EFFUNDAM.
composé avec esprit et très-finement gravé.
Les inscriptions manuscrites se rencontrent du reste beaucoup plus fréquem-
ment que cet e,r lihris; en voici trois spécimens :
EX LIE. SEMIN. MISS. BONOBIJM PUERORUM.
EX un. CONG. MISSIONIS SEM"' BON. PUERORUM.
EX LIBRIS SEMIN A RU PARISIENSJS CONGREGATION IS MISSIONIS DOMUS
BONORUM PUERORUM.
La Révolution transforma le séminaire Saint-Firmin en maison d'arrêt, et,
pendant les journées de septembre, ([uatre-vingt-onze prêtres y furent massacrés;
dans le nombre figurait l'abbé J.-Ch.-M. Bernard, le dei-nier l)ibliothécaire de
l'abbaye Saint-Victor
Depuis, les bâtiments de ce séminaire, qui étaient voisins du chemin de ronde
intérieur de l'enceinte de Philippe-Auguste, furent occupés par l'institution des
Aveugles, à laquelle succéda une caserne. Ils sont aujourd'hui une propriété par-
ticulière, contiguë au dépôt du Domaine de l'État.
Durey de Noinville , Dissertation sur Ici liihiio- Mnrlijrnloge du clergé français pendant la Re-
thèques, p. 5i. voliilion, p. nli.
/i8.
Fac-similé hehographi-jue.
rian ce Jouvin de F.ocheforl (1690).
ÉGLISE SAINTE-MARGUERITE.
Jusqu'au milieu du xvii'' siècle, les faubourgs de Reuilly, de Picpus, de la Ro-
quette et de Popincourt eurent l'église Saint-Paul pour paroisse Antoine Fayet,
conseiller au Parlement et curé de Saint-Paul, attribua l'indifTérence religieuse
de ses ouailles à leur éloignement de tout lieu de culte, et résolut de fonder une
chapelle au milieu du faubourg Saint- Antoine. Le roi, voulant s'associer à cette
entreprise, lui concéda un terrain vague, situé entre la rue de Chai'onne et la rue
Saint-Bernard; et, dès 1626, la nouvelle chapelle fut consacrée sous l'invocation
de sainte Marguerite Dix ans après, elle fut érigée en succursale de Saint-Paub^',
et une assez vaste église s'éleva à côté de la chapelle. Enfin, en 1712, l'église
Sainte-Marguerite, distraite de toute dépendance, forma une cure particulière
qui fut confiée à Jean-Baptiste Goy, docteur en théologie et promoteur général
de l'archevêque de Paris.
Il était imjiossible, sous tous les rapports, de faire un meilleur choix. Placé
au milieu de l'un des quartiers les plus peuplés et les plus pauvres de la capitale,
M. Goy sut se concilier, par sa charité et son zèle, l'afiection de tous ses parois-
siens. Son testament, daté du 26 novembre 1737, fut une nouvelle preuve de
l'intérêt éclairé qu'il portait aux malheureux. 11 avait amassé une très-riche
bibliothèque, qu'il divisa, quelque temps avant sa mort, en deux collections
distinctes, et qu'il légua à son église. La première collection se composait de
nombreux ouviages d'érudition: M. Goy ordonna qu'elle serait ouverte au public
les lundis, mercredis et vendredis. La seconde, qui ne renfermait guère que des
Pig. de la Force, Z)e?cr.rfe P«m, t. V, p. 1 2O. D'Auvigny, etc. Histoire de Paris , t. V,
Thiëry. Guide des amateurs et des étrangers p. if^h.
voyageurs à Paris, t. 1", p. G/19. Lerouge, Curiosités de Paris, L. 1", p. 33q.
382 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
livres de piété en langue vulgaire, devait être mise à la disposition des ouvriers
du faubourg; mais, comme ceux-ci ne pouvaient consacrer à la lecture que peu
d'instants dans la journée, le testateur voulait que les volumes leur fussent prêtés,
afin qu'ils les emportassent chez eux. M. Goy laissait en outre quatre cents livres
de rente destinés à l'entretien de ces bibliothèques, et huit cents livres pour le
traitement des deux rr prêtres confesseurs , n qui rempliraient les fonctions de bi-
bliothécaires. Ceux-ci devaient être choisis parmi les prêtres habitués de la com-
munauté, en donnant toujours la préférence à ceux qui seraient nés sur le terri-
toire de la paroisse. Le catalogue de la collection devait être vérifié par eux tous
les ans, et les livres perdus aussitôt remplacés. Goy exigeait en outre que les bi-
bliotlièques restassent dans le local qu'elles occupaient de son vivant, et que les
bibliothécaires eussent leur appartement près des collections qu'ils étaient chargés
de conserver. H plaçait ensuite cette fondation sous la haute surveillance du rec-
teur de l'Université et du bâtonnier de fordre des avocats. Il les priait de s'y
transporter chaque année pour en faire la visite, et réglait d'avance les frais que
pouvait entraîner cette cérémonie, y compris rrun petit ralTraichementn destiné
aux deux inspecteurs L'inventaire des livres de J.-B. Goy, qui fut dressé le
2 9 janvier i^SS^^^ comprend la liste des ouvrages qu'il laissait à son église. Il avait
mis à part, pour la cr bibliothèque paroissiale , ti cinq cent soixante-neuf volumes,
qui furent estimés 908 livres i5 sols; ceux qu'il avait destinés à former la rr grande
cr bibliothèque T) furent divisés en seize lots, ainsi composés :
l'^'Iot 1 1 4 volumes, estimés 1,117!. 10 s,
lot 262 698 5
3" lot 975 9,967 ' °
i" lot 359 1,661 00
lot 563 i'909 00
6Mot 594 1,116 00
7'' lot 96Û i,9o3 00
8'' lot 3 10 9,o5o 5
lot 696 1,289
10° lot 157 9,01 5 10
11^ lot 85 39/1 i5
1 aMot 118 169 00
13" lot 169 i»978 00
ik" lot 218 569 00
i5" lot i58 libS 00
16" lot 175 3i9 00
Soit i, 1/12 volumes, estimés 19,07^1.158.
Voir le testament (Je J.-B. Goy, que nous re- p. 1/11 , et Leprince, Essai historique sur In hiblin-
profluisons ci-dessous. L'abbé Lebeuf, Histoire de In thcqne du Roi, ont mentionné cette fonflation.
ville et du diocèse de Paris, t. Il, p. SBy; Piganiol Inventaire après ledécèsdemessireJenn-Batiste
fie la Force, Description historique de Paris, t. V, fini/, prêtre . docteur de Snrhonne , curé de la paroisse
ÉGLISE SAINTE-MARGUERITE. 383
Les iiiai jjuilliers de Sainte-Marguerite, chargés d'assurer l'exécution du testa-
nient de (jov, apportèrent quelques modifications aux dernières volontés du tes-
tateur, i^a délibération la plus iinpoi'tante eut lieu le 18 janvier 1739. On y
représenta d'abord (jue deux ecclésiastiques ne pourraient suffire aux soins qu exi-
geraient les fonctions l'éuiiies de bibliothécaire, de prêtre habitué et de confesseur
des enfants; f'assenibfée décida, en conséquence, qu'un seuf bibliothécaire serait
placé à la tète de la collection, et que son traitennuit serait réduit de 800 à
/ioo livres. Les hoo livres restant devaient être partagées entre deux ecclésias-
ti(pies auxcjuels sei'ait dévolue la charge de confesseurs des enfants. Sur les /ioo
livres que Goy avait attribuées à l'augmentation de la bibliothè([ue, on accorda au
bibliothécaire 60 livres, afin qu'il pût cr avoir à ses dépens un garçon (pii néloye
rrla bibliotèque et époudre les livres, n On arrêta, en outi-e, (|ue le bibliothécaire
serait nommé de concert par le curé et les marguilliers, et les deux confesseurs
par le curé seul. La désignation des heures d'ouverture et de l'époque des va-
cances de la bibliothèque fut abandonnée au choix du procureur général'^'.
Nous avons rencontré quelques volumes qui portent ('crits à la main, au milieu
du titre, ces mots :
EX BIBUOTH. SAN M A BG A MET AN A.
(Test là la seule [)i ('uve que nous possédions de l'existence de cette bibliothèque.
Vendant longtemps même nous avons dû supposer que les dernières volontés de
Goy n'avaient point été exécutées, et que sa collection, livrée au pillage, n'avait
jamais reçu d'organisation sérieuse. Le clergé actuel de l'église Sainte-Marguerite
Il a j)u nous loui-nir à cet égard aucun renseignement, et il ne s'est conservé, dans
le ([uartier, aucune tradition relative à cette fondation popufaire.
de Saintc-Margiicrile du fauxbourg Saiiit-Antotne , à iNous donnons plus loin le |)rocès-veri)al de
Paris. Arcliivesdel Empire, scrieS. carton n°3637. cette séance.
38^
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
TESTAMENT DE MESSIRE JEAIN-BAPTISTE GOY.
PRÊTRE, DOCTEUR DE SORRONNE,
TF.STAMEM DE MA DERNIERE VOLONTE.
i" Je recommande mon àme à Dieu, mon créateur...; je le supplie i! • maccorder la rémis-
sion de tous mes péchez, par les mérites de la passion de Notre Seigneur
2° Je demande que mon corps soit enterré le matin, dans ma paroisse, devant l'autel des
Charniers
1 9° Je donne et lègue cent livres à l'Hopilal général, une fois payé.
1 3° Je donne et lègue cent livres à l'Hôtel-Dieu . . .
Je donne et lègue cent livres aux Enfans trouvez.
i5° Je donne et lègue à La Foresl, mon domestique, cent livres et deux cens livres
de rentes viagères sa vie durant
1 6" Je laisse et lègue au cuisinier de la communauté de messieurs nos ecclésiastiques de la
paroisse cent livres. . .
1 7° Je lègue au portier de ladite communauté . . . cent livres . . .
i8° Je lègue ce qui se poura trouver d'argent comptant à moy appartenant , un tiers à
la communauté de messieurs nos ecclésiastiques y demeurant et habituez, un tiers aux pauvres
malades, et un tiers aux deux assemblées des ménages et des veuves.
19° Je remets générallement aux pei'sonnes à qui j'ai presté de l'argent, soit qu'il se trouvent
des billets ou non, tout ce qu'ils nie doivent
9 0" Je lègue à l'œuvre et fabrique de Sainte Marguerite, ma paroisse, ma bibliotèque en-
fermée dans les armoires fermant à clefs, dans l'appartement que j'occuppe, qui a été par moi
acquis, tant les chambres par moi occuppées que celles qui sont occuppées par Monsieur le
vicaire, en contr'échange d'une maison bâtie par moi , que j'ai donné à cet effet à l'œuvre et fa-
brique de ma paroisse. Le tout ainsi qu'il est homologué par arrest du Parlement, suivant lequel
ledit appartement en entier restera pour le service de la bibliotèque, laquelle servira à l'usage
de messieurs les ecclésiastiques de la paroisse, qui y seront tous les jours pour y travailler, sans
pouvoir emporter aucuns livres hors la bibliotèque.
On fera tous les ans la révision du catalogue des livres, et on remplira ceux qui auront été perdus.
21° Je lègue les livres de piété en langue vulgaire, qui sont à part, pareillement à l'œuvre et
fabrique de ma paroisse, pour être presté par messieurs les confesseurs à leurs pénitens et pé-
nitentes qui n'auroient pas le moyen d'en acheter, à condition que lesdits sieurs confesseurs se
chargeront eux mêmes de les rapporter, au plus tard un mois après , sinon ils en payeront le
prix pour en acheter de semblables.
Nous reproduisons ce testament d'après une rares; la bibliothèque Mazarine en possède un qui
copie qui est conservée parmi les manuscrits de la est compris dans le recueil de pièces catalogué sous
liibliotlièque impériale, et cotée fonds français le n° •3']k A"; on trouve, en outre, ce document,
n° 26696 (ancien fonds delà Merci, n° .3), p. 299. imprimé et manuscrit, aux Archives de fEmpire,
Il a été imprimé, mais les exemplaires en sont fort dans les cartons cotés S 3/i35 et S^Sy.
ÉGLISE SAINTE-MARGUERITE. 885
Les personnes studieuses seront reçus dans la bibliolèqae les lundis, niécredis et vendredis
de chaque semaine; on leur communiquera les livres qu'ils demanderont, qui ne sortiront point
de la bibliotèque.
2 2° Je fais mes légataires universels les écoles de cliaritez de ma paroisse, à la charge de payer
six cens livres chaque année pour l'honnoraire de deux maîtres de chaque école de deux écoles
de charité des pauvres garçons, lesquels six cens livres seront prises sur les trois cens livres à
moi dus par la fabrique de ma paroisse et sur les loyers de ma maison de la cour d'Albret.
Plus, à la charge de paver huit cens livres chaque année pour l'honnoraire de deux prêtres
confesseurs qui seront tenus de confesser, l'un les garçons de la chai ité des écoles pendant le cours
d'une semaine, et l'autre les filles, pendant la semaine suivante, ce qui continuera ainsi alter-
nativement, en sorte que chaque confesseur aura une semaine destinée à la confession, et une
dans laquelle il ne confessera point, et que les garçons auront une semaine différente pour leurs
confessions de celle des filles. Lesquelles confessions se feront les lundis, mécredis et vendredis
après midis.
Seront aussi tenus lesdits confesseurs, la semaine qu'ils seront de fonctions pour lesdites con-
fessions, de dire la messe les festes et dimanches, sous les charniers, à l'heure que les enfans
des écoles de charité viennent l'entendre, dans laquelle ils annonceront les festes et jours d'abs-
tinence, et feront une exortation à ces enfans comme on a coutume de la faire.
Ils recevront l'honnoraire de la messe à la sacristie comme par le passé.
Ils seront pareillement obligé de faire la fonction do bibliotéquaire, chacun alternativement,
dans la semaine dans laquelle ils ne seront point occuppez aux confessions des pauvres enfans des
écoles de charilez, et, à cet effet, ils auront leur logement : l'un dans la chambre que j'occupe
et où je couche, l'autre dans l'appartement occupé par monsieur le vicaire, attendu que ces
chambres font partie de l'appartement que j'ai àquis pour la bibliotèque, comme il est marqué
cy-dessus.
Celui qui logera dans l'appartement de monsieur le vicaire ne jouira que des deux premières
chambres. La troisième sera réunie à la bibliotèque pour y placer les livres qui y seront ajoutez
à l'avenir.
Et pour contribuer à cette augmentation des livres de ladite bibliotèque, je charge mesdits
légataires universels de payer tous les ans, entre les mains de monsieur le Curé et des deux bi-
bliotéquaires, cpiatre cens livres chaque année, pour augmenter le nombre des livres de piété en
langue vulgaire, pour être presté aux pauvres paroissiens par les confesseurs de la paroisse.
Monsieur le Curé et les deux bibliotéquaires choisiront lesdits livres selon qu'ils jugeront les
plus convenables; on les inscrira en même tems sur les catalogues de la bibliotèque.
Et pour l'exacte exécution de tout ce qui regarde ladite bibliotèque, monsieur le Recteur de
l'Université et monsieur le Bâtonnier de messieurs les avocats seront priez de se transporter tous
les ans, le jour quils conviendront, ou l'un d'eux en cas d'empêchement de l'autre, pour prendre
connoissance si tout est exactement exécuté conformément à ce qui est dit cy dessus. Si ils
trouvent quelques contraventions, ils sont priez d'en donner part à monsieur le procureur géné-
ral et à messieurs les avocats généraux qui y pourvoyeronl, et on sera obligé de s'i soumetre comme
à un arrest de la Cour.
Mes légataires universels seront chargez de donner tous les ans, le jour de cette visite, vingt
cinq livres pour le carosse de monsieur le Recteur, vingt cinq livres pour le carosse de monsieur le
Bâtonnier, et vingt cinq livres pour un petit raffraichement qu'ils seront priez d'accepter le jour
de leur visite.
Monsieur le Curé avec un prêtre de la communauté, députez à cet effet par toute la commu-
II. 49
386 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
naulé, et le marguiHer actuellement en charge, auront la nomniination desdits confesseurs des
pauvres enfans et bibliotéquaires.
Ils ne pouront choisir qu'un prêtre habitué dans la communauté, et, s'il est possible, né sur
la paroisse, pourvu qu'il ait les qualitez nécessaires pour ces fonctions.
En cas de contestation , on s'en rapportera à monsieur le procureur général et à messieurs les
avocats généraux.
Ne pouront lesdits bibliotéquaires, après leur nomination, se charger d'autres fonctions dans
la paroisse, exceptez celle des prestres habituez et de confesseurs des enfans, sous peine d'être
révoquez et d'autres nommés à leur place, s'ils manquent à s'acquitter de ces deux fonctions, le
pouvant, ou s'ils veulent y en joindre d'autres.
9 3° Je charge encore mes légataires universels de payer tous les ans trois cens livres pour
servir de titre ecclésiastique à deux enfans de la paroisse qui auront de la vocation à l'état
ecclésiastique
96° Les revenus du legs universel seront reçus par monsieur le trésorier des pauvres de ma
paroisse, qui aura soin d'acquitter toutes les dispositions cy dessus marquées Il rendra
compte, tous les ans, de son administration devant monsieur le Cui'é, les bibliotéquaires et mar-
guilliers en charge.
27° Les autres sommes qui resteroient, après toutes les charges acquittées
seront employées à donner des livres aux enfans de la charité dans les écoles de l'un et de
l'autre sexe, principalement des Nouveaux Testamens et des Pseautiers de Monseigneur nôtre
archevêque à l'usage du Bréviaire nouveaux.
So" .le révoque tous autres testamens. Je veux que le présent soit exécuté comme ma dernière
volonté.
A la plus grande gloire de Dieu. Ainsi soit-il.
Fait à Paris, le vingt six novembre mil sept cens trente six.
Signé GoY.
DÉLIBÉRATION
DU
BUREAU DE L'ŒUVRE ET FABRIQUE DE LA PAROISSE SAINTE- MARGUERITTE,
AU FAUXBOURG SAINT-ANTOINE, À PARIS
RÉDIGÉE PAR M" LE CHANTEUR, NOTAIRE À PARIS ET GREFFIER DUDIT OEUVRE.
Au registre des délibérations de messieurs les curé et marguiliiers en charge et anciens de
l'œuvre et fabrique delà paroisse Sainle-Margueritle au fauxbourg Saint-Antoine, à Paris, est
inscrilte une délibération du dimanche dix-huit janvier mil sept cent trente neuf, quatre heures
de relevée, de l'assemblée générale de messieurs les marguiliiers de présent en charge de
l'œuvre et fabrique de l'église Sainte-Margueritte au fiiuxbourg Saint-Antoine, et de messieurs
les anciens marguiliiers, tenue en la salle du bureau de l'œuvre, convoquée par billets en la
Archives de l'Empire, se'rie L, carton n" 682.
ÉGLISE SAINTE-MARGUERITE. 387
manière ordinaire, où étoient monsieur Legaré, desservant, représentant monsieur le cure', mes-
sieurs Acioque, Senart, Flausl, Dupont et Hauguel, marguilliers de pre'sent en charge, et les
anciens marguilliers qui signeront la présente délibération, de laquelle a été extrait ce qui suit :
Lechanleur, notaire dudit œuvre et fabrique, aiant fait lecture du testament et ordonnance de
dernière volonté de défunt messire Jean-Ratisle Goy, prestre, docteur de Sorbonne, curé de la-
dite paroisse, du vingt six novembre mil sept cent trente six, déposé audit Lechanteur le vingt
deux janvier mil sept cens trente huit , controllé le vingt-quatre par Rlondelu , Texécution duquel
testament a été consentie et la délivrance de tous les legs y portés faite par la dame veuve Fran-
çois, sœur dudit feu sieur curé, et restée la seule et unique héritière par bénéfice d'inventaire,
au moyen des renonciations faites à sa succession par ses autres présomptifs héritiers, suivant
l'acte de ladite délivrance passé devant ledit Le Chanteur et son confrère, le vingt huit may der-
nier, il paroit que ledit feu sieur Goy a légué audit œuvre et fabrique sa bibiiotèque enfermée
dans des armoires fermantes à clefs dans l'aparlement qu'il occupoit qui a été par luy acquis,
tant les chambres qu'il occupoit que celles qui sont occupées par monsieur le vicaire, en contr'-
échange d'une maison par luy bastie, qu'il avoit donné à cet elfel à l'œuvre et fabrique de sa pa-
roisse, le tout omologué par arrest du Parlement, suivant lequel ledit appartement, en entier,
restera toujours pour le service de la bibiiotèque, laquelle servira à l'usage de messieurs les
eclésiastiques de la paroisse, qui y seront receus tous les jours pour y travailler, sans pouvoir
emporter aucuns livres hors de la bibiiotèque, à l'effet de quoy on fera tous les ans la révision du
catalogue des livres, et on remplacera ceux qui auront été perdus.
Par cemesme testament, ledit sieur curé institue ses légataires universelles, les écoles de cha-
rité de ladite paroisse, à la charge de paier huit cent livres chaque année pour l'honoraire de
deux prestres confesseurs, qui seront tenus de confesser, l'un les garçons des écoles de charité
pendant le cours d'une semaine, et l'autre les filles pendant la semaine suivante, ce qui conti-
nuera ainsi alternativement, en sorte que chaque confesseur aura une semaine destinée à la
confession et une dans laquelle il ne confessera point, et que les garçons auront une semaine
différente pour leurs confessions que celle des filles, lesquelles confessions se feront les lundis,
les mercredis et vendredis après midy, et lesdits confesseurs seront tenus, la semaine qu'ils se-
ront de fonction, de dire la messe les festes et dimanches sous les charniers, à l'heure que les
enfans des écoles de charité viennent l'entendre; ils seront pareillement obligés de faire la fonc-
tion de bibliotéquaire chacun alternativement dans la semaine dans laquelle ils ne seront point
occupés aux confessions des pauvres enfans des écoles de charité, et à cet efet auront leur loge-
ment, l un dans la chambre que ledit feu sieur curé occupoit et où il couchoit, l'autre dans l'a-
partement occupé par monsieur le vicaire, attendu que ces chambres font partie de fapartement
qu'il avoit acquis pour la bibiiotèque, comme il est cy dessus marqué; que celuy qui logera dans
l'apartement de monsieur le vicaire ne jouira que des deux premières chambre, la troisième
sera réiinie à la bibiiotèque pour y placer les livres qui y seront ajoutés à l'avenir. Ce même tes-
tament porte que monsieur le curé avec un prestre de la communauté député à cet efet par toute
la communauté, et le marguillier actuellement en charge , auront la nomination desdis confesseurs
des pauvres enfans et des bibliotéquaires, qu'ils ne pouront choisir qu'un prestre habitué dans
la communauté, et, s'il est possible, né sur la paroisse, pourvu qu'il ait les qualités nécessaires
pour ces fonctions, et qu'en cas de contestation on s'en raportera à monseigneur le procureur
générai et à messieurs les avocats généraux.
Et après la lecture dudit testament lesdits marguilliers en charge ont représenté à l'assemblée,
quaiant consulté plusieurs personnes, tant de jurisprudence qu'au fait des bibliotèques, elles
leur ont fait part de leurs réflexions sur les dificultés qui se trouvoient dans l'exécution précise
et litéralle dudit testament, en ce qui concerne la dite bibiiotèque.
388 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
La première, qu'il n est pas possible que deux eclésiastiques puissent sufire aux soins qu'exige
la charge de bibiiotéquaire , de prestre habitué et de confesseur des pauvres enfans des écoles , qui
sont en très grand nombre; et que, s'ils veulent s'acquitter de leurs devoirs, ils n'auront pas de
tems pour s'apliquer à l'étude et vacquer aux affaires indispensables qui leur surviendront.
La seconde , que l'inconvénient de deux biblioléquairesest considérable, et ne peut aller qu'au
dépérissement de la bibliotèque, parce que, s'il n'y a entr'eux aucune subordination, le premier
se déchargera sur le second, qui seul portera tout le poids.
Que le désir de prévenir ces dificultés a fait naître auxdits sieurs marguilliers en charge le
dessein de mettre un seul bibiiotéquaire à la nomination de messieurs les curé et marguilliers,
dans une assemblée convoquée à l'ordinaire, ce qui paroist convenable, la bibliotèque étant
léguée audit œuvre et fabrique, lequel bibiiotéquaire aura soin des livres et en sera chargé par
un catalogue.
Quant à la nomination des deux confesseurs des pauvres enfans des écoles de charité, de la
laisser déférée à monsieur le curé de la paroisse.
Que par cet arrangement chacun sera en état de se mieux acquiter de son employ.
Que l'exécution en sera d'autant plus aisée que les huit cent livres léguées par ledit feu sieui'
curé suffiront, sçavoir : quatre cent livres pour le bibiiotéquaire, et deux cent livres à chacun
des deux confesseurs, lesquels assisteront indépendamment de cette rétribution à tous les convois
de la communauté, auront encore l'honoraire de leurs messes et seront chargés de la messe de
l'exhortation des charniers les jours de festes et de dimanches , selon qu'il est marqué plus au
long dans ledit testament.
Que ces confesseurs auront à peu près le même revenu que les autres postes de la paroisse;
(|u'il y en a même plusieurs qui, outre l'honoraire des messes et l'assistance aux convois, ne pro-
duisent point deux cens livres à ceux qui les occupent; par exemple, les postes de diacre et sous-
diacre ne produisent pas cent soixante livres, et les deux confesseurs des pauvres malades n'ont
chacun que cent trente livres.
Qu'il faudroit, en ce cas, que, pour la seureté des livres et le service du public, le biblioté-
(|uaire ne pût être détourné pour aucune fonction du ministère, et qu'il fut obligé de dire sa
messe dans un tems où il ne seroit point occupé à la bibliotèque, qu'il ne se chargeât point
d'un jour pour aller aux malades et n'assistât point aux convois qui se feroient lorsque la biblio-
tèque seroit ouverte, mais seulement aux convois de communauté qui se feroient dans un autre
tems.
Que , comme il n'est pas ])Ossible que le bibiiotéquaire, avec un revenu modique de quatre cens
livres, puisse avoir à ses dépens un garçon qui nétoye la bibliotèque et époudre les livres, il con-
viendroit luy assigner au moins soixante livres sur les quatre cent livres destinées par ledit tes-
tament à l'augmentation de la bibliotèque, et le charger de faire nétoyer la bibliotèque par une
personne dont il sera sûr, et qu'il mettra à son gré.
Que, la fonction de bibiiotéquaire étant entièrement indépendante de la confession, il est
essentiel de marquer que la cessation des pouvoirs ne poura le faire révocquer, d'autant que, s'il
faloit nécessairement confesser pour occuper l'cmploy de bibiiotéquaire, messieurs les marguil-
liers ne pouroient presque point compter sur les personnes (pii en seroient chargées; qu'il est
cependant nécessaire que le bibiiotéquaire soit leur homme de confiance et (ju'il ne change point
aisément, étant à leur égard par raport à la bibliotèque (qui est un de leurs principaux efets
dont il sera le dépositaire) dans le même cas que le clerc de l'œuvre ])ar raport aux efets de la
fabrique qui luy sont confiés, lequel clerc de l'œuvre n'est point asiraint à confesser et même
pouroit être simple clerc : les autres officiers, comme diacre, soudiacrc et chantres n'étant
point aussi obligés par leurs places de confesser, les peuvent occuper sans avoir de pouvoirs, et
ÉGLISE SAINTE-MARGUERITE.
389
que le bibliotéqualic qui se Irouvo dans les mêmes circonstances doit aussi pouvoir garder son
poste, quand même il n'auroil point do pouvoirs.
Que cet arrangement ne fait qu'expliquer Tinlention de l'eu monsieur le Curé, qui veut que les
bibiiolequaires ne soient révocables que s'ils manquent à s'acquiter de leurs fonctions le pouvant.
Lesdits sieurs marguilliers en chaigo ont en outre observé que monsieur le Curé n'a eu d'aulre
intention que de procurer des confesseurs aux enfans des écoles et de pourvoir au soin de sa
hibiiotèque; que cette intention se trouve entièrement remplie par le plan cy dessus proposé,
et qu'on peut y ajouter que le l)iblioté([uaire sera chargé de donner aux enfans des billets pour
eslre admis aux écoles de charité des garçons, suivant l'usage de la paroisse, selon lequel, pour
ùter tout prétexte de plaintes aux maîtres de quartiers, on ne reçoit dans les écoles de charité
aucun enfant sans le billet d'un prostré préposé pour en donner aux enfans qui désirent y être
admis.
Qu'il est aussi à propos de lixer l'heure de l'ouverture et de la closture de la bibliotèque, tant
|)Our les jours où les eclésiastiques de la communauté ont droit d'y venir que pour les jours où
les personnes studieuses y seront admises; qu'il soit marqué dans chaque semaine quelques
après diner dans lesquels le bibliotéquaire puisse aller à ses afairos, et les vaccances qu'il poura
prendre.
Et sur tout l'exposé cy dessus lesdits sieurs marguilliers en charge requièrent la compagnie de
vouloir bien donner son avis.
Et ledit Le Chanteur niant recueilli les voix, la compagnie, d'une voix unanime, a délibéré et
arroslé qu'il n'y aura qu'un seul bibliotéquaire, dont les honoraires demeureront hxés à quatre
cent livres par an, outre soixante livres qui lui seront paiées, aussi par chacun an, pour faire
néloyer la bibliotèque et époudrer les livres; lequel bibliotéquaire sera à la nomination de mes-
sieurs les curé et marguilliers , dans une assemblée au bureau de l'œuvre , et ne poura être révoqué
(ju'en cas qu'il manque à s'acquitter do ses fonctions le pouvant. Et par une délibération prise
dans une assemblée au bureau dudit œuvre, ledit bibliotéquaire se chargera de la bibliotèque par
un catalogue, et ne poura estre détourné par aucunes fonctions du ministère dans les heures où
la bibliotèque sera ouverte.
Sera tenu de dire sa messe dans un tems où il ne sera point occupé à la bibliotèque, et n'as-
sistera point aux convois qui se feront lorsque la bibliotèque sera ouverte, mais seulement aux
convois qui se feront dans un autre tems, et demeurera chargé de donner aux enfans des billets
pour être admis aux écoles de charité des garçons, suivant l'usage de la paroisse.
Que les heures pour l'ouverture et closture de la dite bibliotèque el les jours do vaccances
seront réglés et fixés ainsi qu'il plaira à monseigneur le procureur général.
Que la nomination des deux confesseurs des pauvres des écoles de charité sera déférée et apar-
tiendra à monsieur le curé de la dite paroisse et à un eclésiastique député de la communauté, el
(pie les honoraires do chacun desdils confesseurs demeureront fixés à deux cent livres par an.
[)aiables sur les revenus du legs universel, aux charges et conditions portées par le testament
dudit feu s"^ Goy.
Et pour faire omologuer la présente délibération, la compagnie a autorisé messieurs les mar-
guilliers en charge à pnîsenter ref[uelte en la Cour, et de faire toutes les diligences nécessaires.
Fail,arresté et rédigé par ledit Le ChanLeur, notaire, conformément aux règlemens, les joui's,
an el heure que dessus, et ont signé. Signé Leoaué, desservant de Sainte-Marguerillo ; au-dessus
de laquelle signature est écrit : rrje consens aux deux articles concernant la disposition des six
rniille livres, à l'élection de M. Du Chesne pour trésorier; quant à l'élection du bibliotéquaire, je
rrla remet à monseigneui' le procureur général , pour s'en tenir aux termes du testament, n Au-
dessous sont les signatures suivantes : Aclocque, Senart l'aîné, Mauguel , Flaust , Dupont, Bouizi-
390 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
court, Pierre Muyron, P. Hue, Du Chesne , Naudier, Guillou, Tingauit, J.-P. Biidault, Petit,
P. Muyron et Simon, avec Le Chanteur, notaire, avec paraphes.
Extrait et coilationné par moy, conseiller du Roy, notaire au Chàtelet de Paris et greffier du
dit œuvre soussigné, sur ledit registre représenté, ce l'ait rendu cejourd'huy vingt neuf janvier
mil sept cent trente neuf.
Le Chanteur.
Fac-siraile héliographiqtie.
Plan dit de Turgot, ( 1 739 ).
CONGRÉGATION DE LA DOCTRINE CHRÉTIENNE.
La congrégation de la Doctrine chrétienne a été instituée en 1662 par César
de Bus'^'. Elle reçut une organisation nouvelle en 1616, puis en 16^7, mais dès
1627 elle était représentée à Paris; les religieux avaient acheté, rue des Fossés-
Saint-Victor, presque au coin de la rue Neuve-Saint-Etienne, l'hôtel de Verberie,
l'avaient agrandi et s'y étaient installés ''^^
Il y eut presque aussitôt une bibliothèque dans cette Maison ,
La Doctrine chrestienne aime sa Caroline,
dit Michel de Marolles t^l
Saint Charles Borromée était le patron des Pères de la Doctrine chrétienne; de
là l'épithète de «Caroline 11 donnée à la bibliothèque de l'établissement, qui était
lui-même souvent désigné sous le nom de Maison Saint-Charles.
Nous avons trouvé aux Archives de l'Empire le catalogue des livres que possédait
la congrégation en i68/i; il forme quatorze cahiers in-folio et a pour titre : Ca-
talogua lihrorum Biliothecœ (sic) Patrum Doctrinœ christianœ Domus 5" Caroli Parisiensis ,
anno i68à Il a été revu avec soin en 1696; on a alors ajouté en marge les titres
de plusieurs volumes achetés dans l'intervalle, et l'on a consacré les deux der-
t'' Gallia chrisiiana, t. VII, col. 966 et 968. — M. de Marolles, Paris ou description succincte
Cl. Malingre, Antiquités de Paris , p. 4-29. et néantmoins assez ample, etc. (1677), p. /17.
Çi. ^nce. Nouvelle description de Paris, i.W, '''' Archives de l'Empire, série M, carton
p. 4o8. 11° 793.
392 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
iiières pages à l'énumération des livres qui n'ont point été retrouvés lors de cette
révision.
Cette bibliothèque n'acquit cependant une importance réelle qu'à partir de
1705. A cette époque, Jean Miron, docteur de la maison de Navarre, qui avait
réuni une collection de livres assez nombreuse , la légua aux prêtres de la Doctrin(v
chrétienne. Un fait curieux, c'est que Miron ffavoit offert, de son vivant, ce legs
rrà différentes communautés, et qu'il en avoit toujours été refusé, soit à cause des
recharges qu'il ne vouloit point en séparer, soit à cause du revenu trop modique
rr qu'il assuroit pour l'augmentation des livres et pour leur entretien n
f^es conditions de ce legs étaient cependant fort acceptables.
Jean Miron avait dressé lui-même l'inventaire de sa bibliothèque; elle renfermait,
au jour de son décès, trois mille neuf cent vingt-quatre volumes, qui se divisaient
comme il suit :
Volumes in-folio
Volumes in-quarto
Volumes in-octavo
Volumes in-douze
Volumes in-seize et in-vingl-quatre
1 ,o53
922
1 ,000
200
Il faut y ajouter les cr manuscrits de la main du dit feu sieur Jean Miron, au
rr nombre de quinze liasses de quinze rames in-quarto, n comme s'exprime dédai-
gneusement le notaire chargé de rédiger le contrat de donation (-1
Miron laissait en oulre au couvent de la Doctrine chrétienne un capital de vingt
mille livres, dont le revenu annuel était alors de mille livres. Celte somme devait
être employée ainsi : trois cents livres au profit de la Maison, rr pour la dédommager
rr aucunement des frais et embarras de la bibliotèque publique, n trois cents livres
frpoui' le prestre qui aura soin de la bibliothèque , n et les quatre cents livres res-
tant pour rr l'entretien, accroissement et augmentation de ladite bibliotèque. n
Les seules charges que le testateur imposait en retour à la congrégation étaient
d'abord de dresser un inventaire exact des livres, puis de les placer dans un lieu
convenable et assez spacieux pour y permettre l'admission du public, rrafin, disait
rr Miron, que les personnes de lettres en puissent tirer tous les fruits nécessaires; n
enfin de faire graver en lettres d'or, sur une plaque de marbre noir, une inscrip-
tion destinée à conserverie souvenir de cette libéralité et le nom du donateur'^'.
Ces dispositions, très-naturelles et très-sages, furent singulièrement compliquées
par les exécuteurs testamentaires, qui les interprétèrent d'une manière fort défa-
De Vismes, Éloge du R. P. Baizé, dans le
Mercure de France de juin 17^6, p. gS.
Acte de fomIalioH de M' Miron, en l'joo,
d'une BibUolhèque j)iihli(jiie en la maison des prêtres
de la Doctrine chrétienne ditte de Saint Charles. Ar-
chives de l'Empire, série M, carton n" 79^.
Voyez plus loin un extrait du testament de
Miron.
CONGREGATION DE LA DOCTRINE CHRETIENNE. 393
vorable à la congrégation. Ainsi, dans un contrat passé le 19 septembre 1706
entre les héritiers de Miron et les Pères de la Doctrine chrétienne, ceux-ci durent
souscrire aux conditions suivantes, qui peuvent être regardées comme les véri-
tables bases de la nouvelle fondation.
Ils promirent donc, peine d'esti'e déclieiis du legsn :
En premier lieu, de composer et faire imprimer à leurs frais et dépends un catalogue desdits
livres dans six mois de ce jour, à la leste duquel seront les noms et (jualitez dudit feu s' Miron,
aveq mention de ladite fondation; duquel ils fourniront huit exemplaires, sçavoir : cinq ausdits
sieurs et dames héritiers, un audit sieur exéculeur testamentaire, un autre pour estre et de-
meurer joint à la minutte dudit inventaire, et le dernier à la minutte des présentes; duquel
catologue (sic) la véritfication en sera faite par l'un desdits sieurs héritiers comparans, et par
ledit sieur Le Berche, exécuteur testamentaire, sur celuy escrit de la main dudit feu sieur Miron
que lesdils Révérends Pères reconnoissent avoir par devers eux, contenant quatre vins treize
feuillets paraphez sur chacun d'iceux de la main dudit sieur Le Berche . . . qu'ils promettent de
représenter lors de ladite vérilTîcation , ensemble sur le suplément fait par lesdits Révérends
Pères qu'ils raporleront pareillement.
En second lieu, de rendre la bibliotèque publique à comraancer du premier jour de may
de ladite année prochaine, et estre ouverte, pour la commodité des estudians et gens de lettres,
les mercredys et samedys de chacune semaine, sçavoir : depuis la Saint Remy jusques à Pasques,
les matins depuis huit heures jusqu'à unze, et de relevée depuis une heure jusques à quatre;
et depuis Pasques jusqu'au premier octobre, les matins depuis sept heures jusques à onze, et
et de relevée depuis deux jusqu'à six : le tout à perpétuité.
En troisième lieu, d'entretenir un bibliotéquaire, qui se trouvera dans la bibliotèque lesdits
jours et lieures qu'elle sera ouverte cydessus marquez, pour donner à ceux qui y seront les livres
qu'ils désireront; et à cet effet lesdils Révérends Pères mettront dans ladite bibliotèque quatre
exemplaires dudit catalogue imprimé, reliez proprement en parchemin, pour la commodité de
ceux qui demanderont des livres, aveq des sièges et tables en nombre convenable, pour en pou-
voir prendre lecture et mesme pour en tirer des extraits.
En quatrième lieu, de faire apposer, dans le premier jour de l'aiiiiée prochaine mil sept cent
six, une inscription en lettres d'or, sur marbre noir, au dessus de la porte de ladite bibliotèque,
contenant les nom, surnom, patrie et qualitez dudit sieur testateur et la fondation par luy laite
])our l'ulililé du publiq , conformément au désir dudit testament.
En cinquième lieu, d'employer quatre cent livres annuellement et à perpétuité, suivant ledit
testament, à l'entretien, augmentation et accroissement de ladite bibliotèque, et dont lesdits
Révérends Pères tiendront un registre pour en jusliffier au chef ou à l'aisné de îa famille, ou à
l'un des hériliers et leurs descendans, en la maison des dits Révérends Pères, de deux ans eu
deux ans, s'ils en sont requis.
Et en sixième et dernier lieu, les frères, neveux, petits neveux et autres descendans des héri-
tiers dudit testateur auront droit d'entrer dans ladite bibliotèque, mêmes aux jours et heures
ausquels elle ne sera pas ouverte pour le publicq; et en outre s'obligent lesdits Révérends Pères
de fournir, à leurs despens, auxdits sieurs héritiers, une expédition du présent acte'''.
rrCar ainsy le tout a esté convenu entre les
rr parties Fait et passé à Paris, en la maison
ir desdits Révérends Pères, en leur chapitre, l'an
II.
f'rail sept cens cinq, le dix neuliesine jour de sep-
frtembre a|)rès midy.n (Acte de fondation, etc. Ar-
chives de FEinpire, série M, carton n° 79^.)
5o
S9à LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Le transport'" et le classement de cette importante donation retardèrent jus-
qu'en 1 7 1 8 l'exécution de la clause principale imposée par le testateur. C'est
seulement le novembre de cette année que la bibliothèque put être mise à
la disposition du public. L'inauguration eut lieu d'une manière solennelle. Elle
avait été annoncée par des afliches, et la salle était richement décorée. Le P. Baizé,
qui avait été nommé bibliothécaire**', prononça, en présence du duc de Noailles,
archevêque de Paris, et d'une nombreuse assemblée, un long discours que, par
modestie, dit-on, il ne voulut jamais laisser imprimer
Cette cérémonie entraîna des frais assez considérables pour l'époque, et dont
nous trouvons le détail curieux dans un cahier conservé aux Archives de l'Empire :
Pour les affiches et programes 19 i. os.
Au tapissier Guiileaumeau 901 o
Aux archers de ville 19 2
Pour l'ode du P. Maugras h o
Pour six lustres 16 o
Au froteur qui mit la bibliotèque en couleur 96 o
En carosses pour faire les invitations et porter les programmes. (Les PP.
Toubeau et d'Ardennes en furent chargés.) 9» o
Pour le menuisier 60 o
Aux garçons tapissiers 1 10
Pour le marbre mis à la porte de la bibliotèque i35 0 t**'
Total A97 la
Dès la semaine suivante, la collection fut ouverte à toutes les personnes stu-
dieuses le mardi et le vendredi et non les mercredis et les samedis comme s y
étaient engagés les religieux. Suivant G. Brice, ces deux jours avaient été choisis
Jean Miron demeurait rue de ia Montagne-
Sainte-Geneviève.
Déclaration de tous les biens et revenus de
la Maison de la Doctrine chrétienne, déposée le a 6 fé-
vrier lygo. Archives de l'Empire, série S, carton
n" 6838.
Piganiol de la Force , Description historique de
Paris, t. V, p. 202.
J.-G. Némeitz, Le séjour de Paris, ou instruc-
tion curieuses, etc. 1. 1", p. 272.
De Vismes, Eloge historique du R. P. Baizé ,
dans le Mercure de France de juin lyiô, p. g6. —
Déclaration de tous les biens, etc. Archives de l'Em-
pire, série S, carton n° 6838.
Mémoire instructif dressé par le procureur de la
Maison de Saint Charles , après le décès du R. P. Noël-
Philippe Baizé , premier bibliotécaire de la bibliotèque
publique de la ditte Maison depuis sa fondation , sur
les brouillons, registres et mémoires du dit R. P.
Baizé, au sujet de la recepte et dépense de la biblio-
tèque publique. ijâ6. Archives de l'Empire , série M .
carton n° 796.
S. de Valhebert, L'a^enfifa du voyageur à Paris
(1736), p. 69. — Antonini, Mémorial de Paris et
de ses environs (17^9), t. I", p. ao-J. — De la
Chesnaie des Bois, Dictionnaire des mœurs, cou-
tumes et usages des François (1767), t. I", p. 281.
— B. Jaiiiot, Recherches critiques, historiques et to-
pographiques sur Paris (1774), quartier de la place
Maubert, p. 173. — Hurtaut et Magny, Diction-
naire historique de Paris (i'J'jq) , t. II, p. 661. —
Déclaration de tous les biens et revenus de la Maison
de la Doctrine chrétienne, etc. (1790). Archives de
l'Empire, série S, carton n° 6838.
CONGRÉGATION DE LA DOCTRINE CHRÉTIENNE. 395
câlin ([Il il n'y en eût aucun dans la semaine qui manquât de hihliotlièque, les
tr autres jours élant marquez par d'autres Libliotlièques qui sont aussi j)ubiiques(''. n
Nous avons constat*'; ailleurs l'exactitude de cette remarque. Les portes étaient ou-
\('rles en hiver de huit à onze heures, puis de une à quati'e heures; en été de
sept à onze Jieures et de deux à six heures. Les vacances duraient de[)uisla saint
Barthélémy ('■j'Ji août) jusqu'au mardi ([ui suit la fête de saint Charles lîorromée
( Il novembre).
Cette bibliothè([ue, qui nous est [)résentée comme crl'ort propre et remplie de
r livres curieux'^', n renfermait environ douze mille volumes en 172!^ Elle reçut
alors un notable acci'oissement par le legs que lui fit Jacques Pinssonnat, profes-
seur d'Iiébreu au Collège de France. Le catalogue des ouvrages compris dans cette
donation est conservé aux Archives de l'Empire, il renq)lit pages in-folio (run(^
snj)erhe éci'iture, et porte en titre :
Catalogua
lihronm (pios moriens
Clar. Vir Jarnhus Pinssonal
Ga 1 la- Biu 'g un dus
Doctor Tlieol. Paris.
Regius liebr. linguœ Profcssor
Librorumque censor
ad utilitatem publicam
Bibliothecd' S. Caroli Paris,
legavit an. ijaS^'-'K
Vex libris de Pinssonnat, gravé avec soin,
figurait sur presque tous les volumes compris dans cette donation.
G. Hrice, Nouvelle description de Paris, t. II,
p. llQlJ.
Jèze , Elat ou tableau de la ville de Paris , rela-
livement à l'utile, etc. p. ig5. — Dehamie (17O3)
se li'onipe évideminenl rpiand il dit : ffDepuis la
^Saint-Marliii (/i juillet) jusqu'à la Saint-Louisn
(a5 août); voyez la légende qui accompagne son
Plan de Paris.
Lerouge, Curiosités de Paris, l. I", p. /119.
G. Wallin , Lntetia Purisiorum erudita sui tein-
poris , p. 120.
''^^ Archives de l'Empire, série xM, carton n° 79^.
396 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
S'il faut s'en rapporter à un mémoire rédigé en iy^6 par les Pères de la Doc-
trine rétienne, l'administration de la bibliothèque était fort onéreuse pour le
couvent. Les 20,000 livres léguées par Miron avaient été payées en titres de rentes
sur le Trésor, et le produit diminuait chaque année; en 1710, il était tombé de
1,000 livres à 928 livres 19 sols; en 1720, il n'était plus que de 4i2 livres
1 o sols. Il fallut réduire à 200 livres la somme réservée pour les acquisitions nou-
velles, et ài5o livres les appointements du bibliothécaire'''. Celui-ci, jusque-là,
n'avait pas changé; c'était toujours le P. Baizé, et il ne se souciait guère qu'on
diminuât son traitement; il ne vivait que pour la bibliothèque, et tout l'argent
dont il pouvait disposer, même celui qu'il recevait de sa famille, il l'employait à
acheter des livres, sur lesquels il apposait sa signature
mais qu'il ajoutait aussitôt à la collection du couvent. Il est vrai qu'en retour la
congrégation, dit un document olficiel, trl'a entretenu de tout sans exception,
rr allant avec empressement au devant de tous ses besoins, fournissant môme à ses
rr petites récréations avec la même abondance que s'il eût été absolument sans
ff ressource du côté de sa famille n
Mais les ouvriers ne se montraient pas aussi désintéressés que le bibliothécaire,
et le couvent dut dépenser, pour organiser et entretenir la bibliothèque, des
sommes bien supérieures au revenu qui lui avait été assigné dans ce but. Voici
le détail curieux des frais qu'occasionna la bibliothèque pendant les trente-liuit
premières années de sa publicité :
POUR LE BÀTIMKNT DE LA BIBLIOTEQUE.
Au maçon 879 I. 1 6 s.
Au charpentier i,36o 16
Au couvreur 190 o
Au serrurier, pour portes et croisées et ferrures du bâtiment 68 li
Au menuisier, pour portes et croisées 917 o
Au peintre, pour les croisées 7 9
POUR LE DEDANS DE LA BIBLIOTEQUE.
Au menuisier, pour armoires et les bureaux 77/1 1. 19 s.
Au serrurier, pour tablettes et bureaux i,383 16
Mémoire instructif dressé par le procnreiir de la
Maison de Saint-Charles , etc. Archives de l'Empire,
série M, carton n° 79^; et Déclaration de tous les
biens et revenus de la Maison de la Doctrine, etc.
Archives de l'Empire, série S, carton coté 6838.
Mémoire instructif dressé par le procureur de la
Maison de Saint-Charles , etc. Archives de l'Empire,
série M, carton n° 79^1.
CONGRÉGATION DE LA DOCTRINE CHRÉTIENNE. 'M)l
A l'épinglier, j)our les treillages 287!. 5 s.
Au tapissier, pour les tablettes et bureaux SSg 18
Total 5,55 1 9
DÉPENSES,
En livres aquis 9,6261. 10 s.
En relieures 1 ,97.3 1 1
Les frais pour l'ouverture de la bibliotèque A97 12
En menues dépenses, tables, chaises, porteleuils, etc 76 9
Papier, plumes, ancre pour les catalogues 1Ù7 6
Frais d'insinuation du legs de M. Pinsonnat 12 0
Les deux globes avec leurs axes 60 o
En décri de monnoye en 1709, 171^1, 1720 et 1726 9 8 6d.'''
Total 12,^02 9 (5
La salle qui renfermait celle bibliotlièque semble avoir été très-simplement
meiii)lée; une grande table à double pupitre et entourée de cbaises très-corumunes
la partageait dans toute sa longueur, et à l'une de ses extrémités se trouvaient les
deux globes, l'un céleste, l'autre terrestre, dont nous venons de parler.
En 1790, la bibliothèque de la Doctrine chrétienne renfermait vingt mille cent
quarante-six volumes, savoir : trois mille deux cent quatre-vingt-trois volumes in-
folio, quatre mille cinq cent trente et un in-quarto, douze mille trois cent trente-
deux in-octavo et in-douze.
Bien que, dans leur Déclaration officielle à l'Assemblée nationale, les religieux
aient soin de dire qu'on ne trouvait chez eux mii manuscrits, ni éditions rares et
reclierchées, 11 mais surtout des rr Bibles, des commentaires sur l'Ecriture sainte,
(Touvrages des Pères, droit canonique, histoire ecclésiastique, etc. ^'^,11 il est cer-
tain que cette bibliotlièque possédait d'excellents ouvrages et de précieux manus-
crits, ceux entre autres que leur avait légués l'abbé Lebeuf le savant auteui-
de Y Histoire du diocèse de Paris.
Le P. Baizé'') avait rédigé avec \m soin extrême le catalogue de ces richesses
bibliographiques en dix-neuf volumes in-folio qui sont conservés aujourd'hui à la
bibliothèque de l'Arsenal'^'. Ce travail ne porte point de titre, mais on lit sur la
Mémoire inslructif dressé par le procureur de la
Maison de Satnl-Charles , etc. Archives de l'Empire,
série M, carton n" 79/i.
Déclaration de tous les biens et revenus de la
Maison de la Doctrine chrétienne, déposée le 26 fé-
vrier ijQO. Archives de l Einpire, série S, carton
n" 6838.
Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers ,
t. II. p. 166. — H. Cocheris, L'abbé Lebeuf, sa
vie et ses œuvres, p. 57.
trDoclissiinus bibliothecœ Parisiensis DoctrincT
ffchristianae praefectus , n dit le Gallia christiana.
t. VII, col. 968.
^' Manuscrits , in-folio.
398 LKS ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PAllIS.
couverture : ce Cet excelleut catalogue est celui de la bibliothèque des Pères de 1;)
tr Doctrine chrétieune; il est très-précieux pour les notes et les extraits (ju'il cou-
fr tient, et les renvois aux journaux où il est parlé des ouvrages dont les titres sont
ce insérés dans ce catalogue ; n puis au-dessous, d'une autre écriture: et 11 a été l'ail
fren grande partie par le Père Baizé, religieux bibliothécaire, qui a écrit presque
ff toutes les notes critiques^^^ ii
La bibliothèque possédait encore deux autres catalogues que nous n'avons pu
i-etrouver. Le pi'emier, composé de ([uatre volumes in-folio, était disposé par noms
d'auteurs et par ordre alphabétique; le second, également in-lolio, était le plus
fréquemment employé pour répondre aux demandes du public
Le couvent de la Doctrine chrétienne eut fort tard une estan)j)ille gravée.
et on ne la trouve (jue sur un petit nombre de volumes; mais ou voit souveut sur
le plat des volumes, ou sur le dos, entre chaque nerf de la reliure,
une S et un G enli-elacés.
Les indications manuscrites sont très-fréquentes et très-variées. Sur le feuille!
de garde d'un grand nombre d'ouvrages, on rencontre rinscri|)ti()u suivante, tou-
jours exactement conçue de la même manièi'e :
EX un fus LUDovia miron.
'1 On a, eu outre, collé avec quatre pains à ca-
cheter, sur la première page, une leltre conçue en
ces ternies :
CLASSE
DK LITTKnATl'RE
H
ItRAUX ARTS.
INSTITUT NATIONAL
DES SCIENCES ET DES .\RTS.
Paris, le 28 plmii'ise, an \ii île lii
lU'pulilique fiani-uisc.
Respectable citoyen ,
I/aiilenr du catalojjue qui vous a paru si bien fait se nomme
Bézé. Il joignait à un rare mérite une modestie encore |)liis
rari'. Il est mort en t/Mi.
Le citoyen l5oullaiii;er m'a promis de vous indiquer la sourci'
où vous pouvez puiser des renseigneniens certains sur le
compte d'un homme qui a rendu aux sciences et aux lettres
un service très-signalé.
Je saisis avec empressement l'occasion de vous renouveller
les sentiments d'estime et de vénéralion dont je suis pénéiré
pour vous
Vdtie dévoue concitoyen,
Vll.HT.
Déclaration de Inus les hieiis cl retenus, etc.
Arcliivesde TEnipire, série S. rarlon n" ()M38.
CONGRÉGATION DE LA DOCTRINE CHRÉTIENNE. 399
11 s'agit sans doute ici d'un parent du fondateur de la bibliothèque, car, dans les
nombi'eux actes officiels qui nous ont passé sous les yeux, ce derniei- n'est jamais
désigné sous un autre nom (|ue Jean.
Les anciennes inscriptions, qui se rapportent en général à la bibliothècjue pri-
mitive de la Maison, sont ainsi rédigées :
EX LIBRIS PP. DOCW. XN/E DOMUS S. CAROLI PARIS.
ou
EX LIRRIS P.P. DOCTRINjE XN£ DOMUS SANCTI CAROLI PARISIENSIS,
ou encore
EX RIBLIOTHECA DOMUS S" CAROLI PARISIENSIS.
Ces formules furent ainsi modifiées après le legs de J. Miron :
EX BIRLIOTHECA PUBLICA SACERDOTUM DOCTRINA] CHRISTIAN M PARISIENSIUM.
EX BIRLIOTHECA PUBLICA DOCTRINE CHRISTIAN M PARIS.
Ces dernières inscriptions sont [)resque toujoui's accouqjagnées du chiffre d'ins-
cription du volume ;
Par exemple : Y 69G, H ^tj^ etc. etc.
L'indication suivante :
EX LIBRIS SEMINARII DIVI CAROLI CONGR. MISS. PARIS.
n'appartient point à la congrégation de la Doctrine chrétienne, mais à une autre
Maison de Saint-Charles, qui relevait des prêtres de la Mission de Saint- Lazare
et dont nous parlerons plus loin.
Les bâtiments qu'occupait le couvent de la Doctrine chrétienne forment au-
jourd'hui une propriété particulière.
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
EXTRAIT
DU
TESTAMENT DE MESSIRE JEAN MIRON,
PRESTRE, DOCTEUR EN THEOLOGIE DE LA FACULTE DE PARIS
Ce testament est reçu par Bobuffe et Fromont, notaires à Paris, le avril i^oS: et M. Le
Berche, notaire à Paris, y est eslu exécuteur testamentaire.
Ce qui concerne la bibliothèque est conçu en ces termes :
Item, donne et lègue ledit s"^ testateur aux Pères de la Doctrine chrestienne, establis en cette
ville de Paris, près le boulevart de la porte Saint Marcel, sa bibliothèque, qui est composée de
tous les livres qui sont ès lieux quil occupe en la maison où il demeure, dans lesquels livres
seront compris les manuscrits qui s'y trouveront. Outre ladite bibliothèque, ledit s' testateur donne
et lègue auxdits PP. de la Doctrine chrestienne la somme de 20,000 livres tournois, laquelle
somme produira mille livres de rentes, dont 3oo livres pour la congrégation desdits Pères de
la Doctrine chrestienne, vulgairement appellée de la Maison de Saint Charles; pareilles 3oo
livres pour le presire d'entre eux qui aura le soin de ladite bibliothèque, et les Zioo livres
de reste, fesanl le surplus, seront employées à l'entretien, accroissement et augmentation de la
dite bibliothèque, à la charge par lesdits Pères de la Doctrine chrestienne de Saint Charles
(le melire ladite bibliothèque et manuscrits dans un lieu convenable et assez spatieux pour mettre
au jour, au nom dudit s'' testateur, ladite bibliothèque et manuscrits, et les communiquer et en
aider le public, afin que les personnes de lettres en puissent tirer tous les fruits nécessaires; et
à cette fin seront mis les nom, surnom et qualilez dudit s' testateur on lettres d'or sur un
marbre noir, à la porte du lieu où seront mis lesdits livres et manuscrits, et au bas sera mis une
inscription, aussi en lettres d'or sur un marbre noir, portant que lesdits livres et manuscrits ont
esté donnez et léguez par ledit s*^ Miron par le présent testament; desquels livres et manuscrits
lesdits prestres de la Maison de Saint Charles seront seulement les gardiens et dépositaires pour
l'utilité et instruction du public au nom dudit s'' testateur. Et au cas que lesdits prestres de la
Maison de Saint Charles fissent difficulté d'aider et communiquer au public ladite bibliothèque
et manuscrits, l'exécuteur du présent testament poura l'aire transporter icelle bibliothèque et
manuscrits en telle autre communauté de prestres réguliers que bon luy semblera ; et, en ce cas,
lesdites 20,000 livres de la succession dudit s"^ testateur seront donnez à la communauté où se-
ront transportez lesdites bibliothèque et manuscrits aux mesmes conditions cy dessus stipulées.
Et pour connoislre à l'avenir le prix et valeur desdites bibliothèque et maimscrits, eu sera fait
une exacte description par les noms des auteurs et inscriptions desdils livres dans l'inventaire
qui sera fait après le déceds dudit s'' testateur; et seront lesdits manuscrits paraphez en fin de
chacun d'iceux de la main du notaire qui fera ledit inventaire. .
Archives de l'Empire, série M, carton n° 7 9 '4.
CHANGEMENTS ET CORRECTIONS.
Page 0, ligne 8, au lien de . silaii. lise: : sitam.
Page 1-20, ligne ao, au lieu de : Daussonval, lisez : d'Afssonval.
Page 176, note 7, au lieu de : i653, lisez : 1578.
Page 178, ligne 3, au lieu rfe ; en 1O70, lise: : en 1O79.
Page 19/1, ligne 28, au lieu de : Louis XIV, lisez : Louis XV.
Page 195, ligne 9, au lieu de : maréchal, lisez : cardinal.
Page -206, ligne 9, au lieu de : Van-Praet, lisez : Van Prael.
Page 210, ligne 93, au lieu de : 1068? à l'iii, lise: : 1873 à i^jio.
Page 3it), ligne 11, au lieu de : archevêque, lisez : évêque.
II.
TABLE DES MATIÈRES.
♦
• Pages.
SoMMAIllKS V
Origine des sujets gravés sur bois et sur acier xiii
Carmes de la place Maubort . i
Facullé de médecine i3
Collège de Tours G7
(îollége d'Autuii 69
Collège de Chanac ou de Saint-Michel 87
Célestins 8g
(^-ollège de Justice 101
Collège de Boissy 1 o5
Bibliothèque du Roi 107
Collège de la Marche 219
Collège de maître Gervais -220
Collège de Fortet. 239
Collège de Sèez. e33
Capucins de la rue Saint-Honoré 9 35
Collège Louis-le-G rand 245
Collège des Grassins 267
Maison professe des Jésuites * 269
Feuillants de la rue Saint-Honoré 281
Pénitents de Picpus 287
Frères de la Charité . . . 293
lîècollets 297
A ugustins déchaussés 3oi
Carmes déchaussés 3ii
Jacobins de la rue Saint-Honoré .'» 1 5
"TSlinimes de la place Royale 323
Oratoire 337
l*etits-A ugustins 3/i5
Congrégation de la Merci 35 1
Capucins de la rue Saint-Jacques 357
niuncs-Manteaux SSg
Séminaire de l'Oratoire 365
Rènèdicliiis anglais 369
Capucins du Marais 373
Séminaire Saint-Firniin 377
Eglise Sainte-Marguerite 38 1
Congrégation de la Doctrine chrétienne 391
Changements et corrections '40 i
I
GETTY RESEARCH INSTITUTE
HlS^'OïRE GÉNÉBiLE DE PARIS
Los volumes de Ici Cùlh'i^tinn sont dé formai ijrandiii-i".
Inlroilaction à TU oîrc i;(én<^rale de Paris [deuxième «iVag-r-).' i vol.. ir)rr.
GÉOLOGIE ET PALÉONTOLOGIE.
La Seine. — I. Le Ra' parisien abx âges améiiistoriques, par A. Belgrand, inspecteur {jénéral des Ponis el
Chaussées, directeur d( :ix et des égouts de la Ville de Paris; trois volumes avec de nombreuses planches sur hois.
on chromolilhograplii . i photolitho/jraphio.
i'' volume (texte). /lofr.
2° volume (planche ulùuiitoloijie) /,o
3' volume (plancbch éologie et de conoliyliologie) 4o
Les. trois volui'cs semble (au lieu d' 120 francs) ,00
TOPOGRAPHIE.
Topograpliie liiMoriqn tl icux Parîs(Ri;fiioN
DU LotVIlE ET DES TuiLE: j) .• foU A. BeRTY, IlislO-
riojjraplio de la Ville, et II. bECRA^D, architecte-topo-
graphe ; deux volumes avec soixante et une planches
sur acier, vingt et un bois gravés, deux héliographies
et deux feuilles d'un plan général de restitution.
T. I" 60 fr.
T. II 5o
Plans de rcsiilutlon. PARIS EN 1 SSO , plan cavalier
restitué par H. Legrand, continuateur de la Topogra-
phie; une feuille grand-aigle, accompagnée d'un Plan
de renvoi, d'une Notice historique et d'une Légende
explicative; le tout dans une reliure-boîte. . . 3o fr.
N. B. Pour les acquéreurs de l'ouwage intitulé : Paris et
SES Historiens aux xiv" et xv" siècles 10 fr.
NUMISMATIQUE ET HÉRALDIQUE.
1,0s Armoiries de la Ville d<> Paris : Sceaux et emblèmes- Devises; Codleurs et livrées; ouvrage posihuinc!
du Conili! Analolc de Coëtlogo.n. continué et achevé par-K; Service historique de la Ville do Paris; un volume aver
vingt plani lies hors texte, on noir et en couleur, et plus de trois cents bois gravés dans le texte (sous presse), .'x) fr.
80RIPTORES RERUM PARISIENSIUM.
Paris et ses Historiens aux XIW ctW" siècles. Documents et Écrits originaux, reciteillis el commentés fiai
fou LeB iux di; Ll^cv, conservateur honoraire de l.i bihlioihèque do l'Arsenal, el L.-M. Tisserand, sccrélairo-archivislo
de la Commission dos Travaux historiques do la Ville de Paris; un Irès-fort volume avec trente-huit planches hors
texio, dont treize tirées en or et en couleur, et Cinquante gravures sur bois ou eu héliographie dans le texte, 100 (1
BIBLIOTHEQUES
I.cs anciennes Bililiothèqncs de Paris (Éguse";,
MoNASTiTriiis, Collèges, etc.), par Alfred Fiîam>! in,
(lo 1,1 liihrK'llièque Mazarine; trois vol un;- « vingl-
qiialrc pla.iclieshor.s texte et plusde froiscc, i^i avirr p
dans !(! liisie; Ctiaqui' lolnrne .soparéiiicnl. . hol'v.
i,cs Irois volumes pris on-ninblc) . • fr ;oo
I.C Caliinet des manuscrits de la Bihliotliéque
li|ipèriale, Kïi:de .-.liii l.V^kmathjn dd/Ce bépAt, com-
• prenant les élémonls (i'iiije'lmloiro de la calligrapl ie.
de la miniature, de la reliure et du coniniorcedes livres
à Paris avant 1; dé "iiverle de l'imprimorie, par Lii.i-
POLD Delislr, mcoibre do l'instilul, t. I /io fr.
N. B. Ions les volumes de la Ccllection sont tiré» sur papier vélin très-fort. Il y a unpcti%nnmbre d'eremplai
Leur prix est // un tiers plus élevé que celui de» exemplaires sur papier ordinaire.
r/'s sur rer/'v.
.•\onr,T, rue .Séguier, iH.
Creiitiuuez, rue de Seine, 33.
Dumoulin, quai des Au);iislins, i3.
DtixoD , quai des Augustins, A9.
M 15 R A I n E S DEPOSITAIRES
Durand, rue Cujas, ç,.
F. S. Elus, à Londres .fRing Street, 33.
Fontaine, passafjc des Panoramas, 35-30.
Lacroix ET C", boulevard Montmartre, i5.
MAiir'>N, Siileries de fOdéoii.
Rapillv, quai Malaquais, b.
Renoo.mid, nie de Tourrion, (i.
Savï, rue Hautcreuiilr , a'i.